{"id":12309,"date":"2016-03-24T23:10:28","date_gmt":"2016-03-24T23:10:28","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=12309"},"modified":"2016-03-24T23:10:28","modified_gmt":"2016-03-24T23:10:28","slug":"la-dynastie-husseinite-en-tunisie-monarchique1705-1957","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-dynastie-husseinite-en-tunisie-monarchique1705-1957\/","title":{"rendered":"La dynastie husseinite en Tunisie monarchique(1705-1957)"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<a href=\"http:\/\/www.bourguiba.net\/index.php\/articles\/38-de-la-monarchie-a-la-republique\/85-la-dynastie-husseinite-par-mohamed-hedi-cherif\">La dynastie husseinite&nbsp;<\/a>en Tunisie monarchique(1705-1957)<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMohamed H&eacute;di Cherif&laquo;&nbsp;Le Tricentenaire de la dynastie husseinite est une date importante dans l&rsquo;histoire de la Tunisie&nbsp;&raquo;Entretien conduit par Noura BORSALI<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMohamed-H&eacute;di Ch&eacute;rif est professeur &eacute;m&eacute;rite&nbsp;d&#39;Histoire &agrave; la Facult&eacute; des Lettres et Sciences Humaines de Tunis, ex-doyen de la m&ecirc;me&nbsp;facult&eacute; (1987-1990) et sp&eacute;cialiste de l&#39;histoire&nbsp;moderne et contemporaine. Il est l&#39;auteur d&#39;un&nbsp;ouvrage intitul&eacute;&nbsp;: &quot; Pouvoir et soci&eacute;t&eacute; dans la Tunisie de H&#39;usayn bin `Ali (1705-1740) &quot; (Publications de l&#39;Universit&eacute; de Tunis, 1984), d&#39;une &eacute;tude intitul&eacute;e : &quot;&nbsp;H&#39;amm&ucirc;da Pacha Bey&nbsp;et l&#39;affermissement de l&#39;autonomie interne &#39;;&nbsp;in&nbsp;&quot;Les Africains&quot;&nbsp;,&nbsp;t.1, 1977&nbsp;et&nbsp;&nbsp;d&#39;autres travaux&nbsp;sur la dynastie husse&iuml;nite,&nbsp;la Tunisie&nbsp;moderne&nbsp;(fin XVI&egrave; si&egrave;cle-1881) et le mouvement national.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Comment expliquez-vous que le tricentenaire de la dynastie&nbsp;husseinite (15 juillet 1705 &#8211;&nbsp;juillet 1957) ait &eacute;t&eacute; pass&eacute; sous&nbsp;silence&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe tricentenaire de la dynastie husseinite est important. C&#39;est une date dans l&#39;histoire de la Tunisie mais c&#39;est un peu loin. Et depuis, beaucoup d&#39;&eacute;v&egrave;nements se sont pass&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\tEt n&#39;oublions pas que la dynastie husseinite &eacute;tait responsable de la faillite du r&eacute;gime en 1881. Elle nous a valu le protectorat fran&ccedil;ais.<\/p>\n<p>\n\tAlors, je pense qu&#39;on cherche &agrave; oublier cette histoire. Mais cela n&#39;emp&ecirc;che pas de consid&eacute;rer que l&#39;installation de la dynastie husseinite est, comme je l&#39;ai dit plus haut, une date importante dans l&#39;histoire de la Tunisie. Et cela vaut la peine de rappeler cet &eacute;v&egrave;nement.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Quand on &eacute;voque les beys, on a tendance &agrave; se les repr&eacute;senter d&#39;une part comme des monarques vieux et impotents, et d&#39;autre part comme des souverains faibles et compromis avec les puissances &eacute;trang&egrave;res. Ne trouvez-vous pas que cette vision n&eacute;gative est injuste &agrave; l&#39;&eacute;gard de ceux qui ont r&eacute;gn&eacute; durant deux si&egrave;cles et demi et pos&eacute; les jalons de&nbsp;l&#39;Etat moderne, en d&eacute;pit de toutes les aberrationsqu&#39;avaient connues parfois leurs r&egrave;gnes?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tJe pense qu&#39;il s&#39;agissait, en effet, de la construction de l&#39;&Eacute;tat&nbsp;moderne. Les beys ont d&eacute;fendu l&#39;ind&eacute;pendance de la Tunisie&nbsp;notamment vis-&agrave;-vis de nos amis et voisins turcs d&#39;Alger. Parce&nbsp;qu&#39;&agrave; Alger, le r&eacute;gime &eacute;tait rest&eacute; turc alors qu&#39;en Tunisie, le r&eacute;gime beylical s&#39;&eacute;tait tunisifi&eacute;, et ceci depuis le XVII&egrave;me si&egrave;cle,&nbsp;depuis les beys mouradites qui avaient pr&eacute;c&eacute;d&eacute; les Husseinites.&nbsp;Pour un certain nombre de beys, la vision ne peut &ecirc;tre que n&eacute;gative.<\/p>\n<p>\n\tPar exemple, Mohamed Sadok, le dernier bey avant le protectorat, celui qui a sign&eacute; le trait&eacute; du Bardo, &eacute;tait occup&eacute; par ses propres plaisirs et entour&eacute; de pi&egrave;tres personnages comme Mustapha&nbsp;Ben&nbsp;Isma&iuml;l. Mohamed Sadok Bey a conserv&eacute; cette&nbsp;&eacute;quipe jusqu&#39;au bout. Et quand la France voulait &eacute;carter Ben&nbsp;Isma&iuml;l, il a pleur&eacute; parce que c&#39;&eacute;tait son favori. Par rapport aux&nbsp;autres beys, vous savez que la r&egrave;gle de succession dans la&nbsp;dynastie husseinite &eacute;tait ce qu&#39;on appelait&nbsp;&quot;&nbsp;le tanistry&nbsp;&quot;&nbsp;selon&nbsp;lequel le plus vieux de la famille montait sur le tr&ocirc;ne.<\/p>\n<p>\n\tCette&nbsp;r&egrave;gle condamnait en effet le bey &agrave; &ecirc;tre vieux. Les premiers beys&nbsp;ont pu avoir le pouvoir aux alentours de la cinquantaine, comme Hussein Ben Ali et son successeur Ali Pacha. Ce dernier&nbsp;bey&nbsp;&eacute;tait&nbsp;trop &eacute;nergique et&nbsp;parfois injuste alors qu&#39;il &eacute;tait peut-&ecirc;tre&nbsp;leplus savant des beys de Tunisie car il a eu le temps de lire&nbsp;&eacute;norm&eacute;ment durant&nbsp;son exil en&nbsp;Alg&eacute;rie. Mais malheureusement,&nbsp;comme le&nbsp;clan pachiste a &eacute;t&eacute; vaincu, ce bey a &eacute;t&eacute; victime&nbsp;de&nbsp;l&#39;histoire.&nbsp;Et c&#39;est aujourd&#39;hui qu&#39;on essaie de&nbsp;voir ce qu&#39;&eacute;tait&nbsp;r&eacute;ellement&nbsp;Ali Pacha.<\/p>\n<p>\n\tIl a aussi tenu t&ecirc;te aux puissances&nbsp;europ&eacute;ennes&nbsp;tout en leur faisant justice, par exemple &agrave; propos&nbsp;de&nbsp;l&#39;importation des mati&egrave;res premi&egrave;res de certaines denr&eacute;esessentielles comme&nbsp;la&nbsp;ch&eacute;chia qui rapportait beaucoup d&#39;argent.&nbsp;Ces mati&egrave;respremi&egrave;res &eacute;taient, en effet, import&eacute;es par&nbsp;des&nbsp;n&eacute;gociants fran&ccedil;ais.&nbsp;Ali Pacha obligeait les marchands tunisiens&nbsp;&agrave; payer&nbsp;leurs dettes aux fournisseurs des mati&egrave;res&nbsp;premi&egrave;res en&nbsp;d&eacute;pit des quelques difficult&eacute;s qu&#39;ils avaient&nbsp;&agrave; le&nbsp;faire. Par&nbsp;ailleurs, ce&nbsp;bey&nbsp;a fait la guerre &agrave; la France en 1742 &agrave; cause du&nbsp;comptoir&nbsp;de Cap N&egrave;gre par o&ugrave;&nbsp;&eacute;taient export&eacute;s les bl&eacute;s, les&nbsp;c&eacute;r&eacute;ales vers le Sud&nbsp;de l&#39;Europe qui en avait un besoin urgentdurant l&#39;&eacute;poque moderne.&nbsp;De m&ecirc;me qu&#39;il&nbsp;a fait la guerre &agrave;&nbsp;l&#39;Alg&eacute;rie&nbsp;et a chass&eacute; les Turcs d&#39;Alger en 1746,&nbsp;sous les murs&nbsp;du Kef.<\/p>\n<p>\n\tMais, en 1756, ils ont envahi de nouveau Tunis et ce&nbsp;furent des sc&egrave;nes d&#39;horreur. Il s&#39;en est suivi que les gens de&nbsp;Tunis et ceux qui connaissaient cette histoire &eacute;taient devenusdes adeptes de la monarchie husseinite qui les a d&eacute;fendus.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Lorsqu&#39;on &eacute;voque leur r&egrave;gne, on croit qu&#39;ils s&#39;y sont &eacute;ternis&eacute;s. Or, le plus long r&egrave;gne a dur&eacute; 32 ans (celui de Hammouda Pacha) et le plus court quelques mois (celui d&rsquo;Othman Bey). Mokhtar Bey a calcul&eacute; la moyenne de leur r&egrave;gne qui n&#39;atteint que 13 ans et 17 jours. La monarchie ne rivalise-t-elle pas avec la r&eacute;publique ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tQuelle r&eacute;publique ? La monarchie a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s in&eacute;gale. Il y a eu des beys qui ont r&eacute;gn&eacute; trente ans et d&#39;autres comme Othman Bey trois mois. Toutefois, il n&#39;y a aucune comparaison entre la Tunisie beylicale et la Tunisie de l&#39;apr&egrave;s-ind&eacute;pendance parce que les beys d&eacute;fendaient leurs int&eacute;r&ecirc;ts propres et que leurs favoris avaient le pouvoir. Une th&egrave;se, celle de Mme Blili, qui vient d&#39;&ecirc;tre soutenue, a montr&eacute; le r&ocirc;le du harem dans cette politique.<\/p>\n<p>\n\tCe qui n&#39;est pas le cas de l&#39;ind&eacute;pendance.&nbsp;Il y a eu des beys qui ont &eacute;t&eacute; s&eacute;duits par la civilisation occidentale comme Ahmed Bey (1837-1855) et d&#39;autres de v&eacute;ritables orientaux comme son successeur Mohamed, dit M&#39;hamed Bey (1855-1859), dont le go&ucirc;t raffin&eacute; d&#39;oriental a marqu&eacute; les admirables salles du harem du Bardo (3).Tout comme le palais qu&#39;il s&#39;est fait construire &agrave; La Marsa et qui est aujourd&#39;hui le si&egrave;ge de l&#39;ambassade d&#39;Angleterre. Ahmed Bey a &eacute;t&eacute; effectivement s&eacute;duit par la civilisation occidentale. Sa cour comprenait des parents de sa m&egrave;re qui &eacute;tait italienne, si bien qu&#39;il a tent&eacute; d&#39;imiter les Etats europ&eacute;ens et de moderniser le pays. Mais, malheureusement, il a &eacute;chou&eacute; pour un tas de raisons. Il existe un travail en anglais fort int&eacute;ressant mais qui, malheureusement, n&#39;a pas &eacute;t&eacute; traduit en fran&ccedil;ais, c&#39;est celui de Karl Brown : &quot; The Tunisia of Ahmed Bey &quot;.<\/p>\n<p>\n\tCe bey a essay&eacute; de moderniser l&#39;arm&eacute;e, l&#39;enseignement de la Zitouna et de construire des usines de draps &agrave; Jde&iuml;da&#8230;<\/p>\n<p>\n\tC&#39;est lui qui a ouvert l&#39;&eacute;cole du Bardo pour former des officiers aptes &agrave; tenir devant une arm&eacute;e moderne et pris bon nombre d&#39;initiatives modernisantes. De m&ecirc;me que les m&oelig;urs de la cour ont &eacute;t&eacute; europ&eacute;anis&eacute;es mais, malheureusement, il a &eacute;chou&eacute; pour des raisons essentiellement financi&egrave;res. Le ma&icirc;tre des finances &eacute;tait son ministre Mustapha Khaznadar qui n&#39;&eacute;tait pas un exemple de probit&eacute;, et Ben Ayed non plus. Ce dernier a d&ucirc; fuir la Tunisie en 1852 avec une partie de la caisse.<\/p>\n<p>\n\tDestitu&eacute; le 21 octobre 1873, Khaznadar lui aussi a &eacute;t&eacute; traduit devant un Conseil sp&eacute;cial et condamn&eacute; &agrave; restituer &agrave; l&#39;Etat les sommes escroqu&eacute;es &eacute;valu&eacute;es &agrave; 30 millions de francs.&nbsp;Oui, tout &agrave; fait. Pour ce qui est des beys orientaux, M&#39;hamed Bey &eacute;tait un v&eacute;ritable oriental. Au d&eacute;but de son r&egrave;gne, il y a eu un malheureux incident. Un Juif qui a tenu des propos malveillants vis-&agrave;-vis de la religion musulmane a &eacute;t&eacute; traduit devant le char&acirc;a qui l&#39;a condamn&eacute; &agrave; mort et M&#39;hamed Bey l&#39;a fait imm&eacute;diatement ex&eacute;cuter.<\/p>\n<p>\n\tD&#39;o&ugrave; interventions des forces navales anglaises et fran&ccedil;aises qui lui ont impos&eacute; le Pacte Fondamental &quot; devant assurer l&#39;&eacute;galit&eacute; entre tous les habitants de la Tunisie quelle que f&ucirc;t leur confession, ainsi que la libert&eacute; de propri&eacute;t&eacute; et de commerce. M&#39;hamed Bey ne comprenait pas ce qui se passait. Son meilleur conseiller &eacute;tait le cheikh Beyram qui n&#39;&eacute;tait pas une lumi&egrave;re.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Quels sont, &agrave; votre avis, les beys qui ont marqu&eacute; un tournant de l&#39;histoire moderne de la Tunisie ?&nbsp;Et est- il juste de&nbsp;consid&eacute;rer le Bey Moncef comme le plus patriote et le plus&nbsp;nationaliste des monarques husseinites&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOui, le Bey Moncef a &eacute;t&eacute; le plus patriote vu les circonstances de&nbsp;son r&egrave;gne mais aussi son &eacute;ducation. Il a &eacute;t&eacute; &eacute;l&egrave;ve &agrave; Sadiki et a&nbsp;eu des amiti&eacute;s utiles. N&#39;oublions pas qu&#39;il &eacute;tait &eacute;galement le fils&nbsp;de Naceur Bey et a jou&eacute; un r&ocirc;le en 1922 quand il s&#39;agissait dedemander une certaine autonomie de la Tunisie.<\/p>\n<p>\n\tMoncef Bey est mont&eacute; sur le tr&ocirc;ne au moment o&ugrave; la France &eacute;tait d&eacute;faite et occup&eacute;e. Ce qui lui a laiss&eacute; les coud&eacute;es libres pour r&eacute;clamer non pas l&#39;ind&eacute;pendance mais des r&eacute;formes substantielles qui donneraient aux Tunisiens certaines fonctions essentielles. Comme&nbsp;patriotes, on peut citer aussi son successeur Lamine Bey qui, en&nbsp;1949, a&nbsp;&eacute;t&eacute; gagn&eacute; &agrave; cette cause par Salah&nbsp;Ben&nbsp;Youssef qui avait&nbsp;pour strat&eacute;gie de rallier la cour &agrave; la cause nationaliste. Et de&nbsp;1949 &agrave; 1951, Lamine Bey a appuy&eacute; les nationalistes et demand&eacute; que les Fran&ccedil;ais assurent&nbsp;&quot;&nbsp;un peu de pain&nbsp;&quot;&nbsp;aux Tunisiens.&nbsp;Il y a eu, avant eux Ahmed Bey parce que la Turquie s&#39;est r&eacute;install&eacute;e &agrave; Tripoli en 1835 et en a chass&eacute; la dynastie karameni&nbsp;(karem&acirc;nli) qui s&#39;est constitu&eacute;e de fa&ccedil;on analogue &agrave; la dynastie&nbsp;husseinite au d&eacute;but du XVIII&egrave;me si&egrave;cle.<\/p>\n<p>\n\tPouss&eacute;e par&nbsp;l&#39;Angleterre, Istanbul a voulu obliger Ahmed Bey &agrave; lui verser&nbsp;un tribut et &agrave; &ecirc;tre un sujet docile. N&#39;oublions pas qu&#39;officiellement la Tunisie &eacute;tait une r&eacute;gence c&#39;est-&agrave;-dire une province de&nbsp;l&#39;empire ottoman et que le Bey s&#39;adressait au Sultan commegouverneur de qui il recevait son firman d&#39;investiture, mais toujours a posteriori. Istanbul acceptait le fait accompli. Ahmed&nbsp;Bey a donc refus&eacute; de se soumettre aux injonctions de la&nbsp;Turquie.<\/p>\n<p>\n\tIl&nbsp;y a eu alors diverses ambassades envoy&eacute;es &agrave; Istanbul&nbsp;dont une dirig&eacute;e par Sidi Brahim Riahi et une autre par le chroniqueur&nbsp;Ben&nbsp;Dhiaf qui, tous deux, ont d&eacute;fendu la cause de l&rsquo;autonomie tunisienne. On ne peut pas dire qu&rsquo;Ahmed Bey &eacute;tait&nbsp;nationaliste parce qu&#39;il n&#39;y avait pas de nation &agrave; cette &eacute;poque&nbsp;l&agrave;. Toutefois, il a d&eacute;fendu l&#39;autonomie de la Tunisie. Il y a eu aussi Hammouda Pacha qui a r&eacute;ussi &agrave; &eacute;carter la mainmise du&nbsp;Dey d&#39;Alger sur la dynastie tunisienne. Hammouda Pacha &eacute;tait&nbsp;un bey plus ou moins &eacute;clair&eacute; selon l&#39;&eacute;poque et a r&eacute;ussi &agrave;&nbsp;d&eacute;fendre l&#39;autonomie de la Tunisie.<\/p>\n<p>\n\tPour ce qui est de Ali Bey,&nbsp;le deuxi&egrave;me souverain, il a, lui aussi, comme on l&#39;a dit plushaut, d&eacute;fendu l&#39;autonomie de la Tunisie et notamment son autonomie commerciale. Il a men&eacute; une guerre contre la France au&nbsp;moment o&ugrave; celle-ci &eacute;tait elle-m&ecirc;me en guerre contre&nbsp;l&#39;Angleterre et il a r&eacute;ussi &agrave; imposer ses conditions dont le baisemain que les consuls europ&eacute;ens refusaient &agrave; cette &eacute;poque. Il a&nbsp;donc r&eacute;ussi &agrave; leur imposer le c&eacute;r&eacute;monial de la Cour tunisienne.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Pour ce qui est de la question de la fondation de la monarchie, quand on regarde de pr&egrave;s les &eacute;v&eacute;nements qui ont port&eacute; Hussein&nbsp;Ben&nbsp;Ali au pouvoir en 1705, on s&#39;aper&ccedil;oit que&nbsp;rien n&#39;indiquait qu&#39;une monarchie avec, &agrave; la base, une&nbsp;famille r&eacute;gnante h&eacute;r&eacute;ditaire, allait na&icirc;tre en Tunisie.&nbsp;Comment est-on pass&eacute; au syst&egrave;me monarchique&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn effet, il n&#39;y avait pas de syst&egrave;me monarchique. Hussein Ben&nbsp;Ali avait succ&eacute;d&eacute; &agrave; Ibrahim Ch&eacute;rif, officier turc qui voulait re&shy;&quot;&nbsp;turquiser&nbsp;&quot;&nbsp;le syst&egrave;me politique en s&#39;appuyant essentiellement&nbsp;sur les Turcs. Hussein&nbsp;Ben&nbsp;Ali, &agrave; la suite de la d&eacute;faite d&rsquo;IbrahimCh&eacute;rif qui fut fait prisonnier par les Turcs d&#39;Alger en&nbsp;juillet 1705, a &eacute;t&eacute; sollicit&eacute; par les officiers turcs et les hommes&nbsp;de religion de Tunis parce que, ne l&#39;oublions pas, il &eacute;tait le k&eacute;hia du Bey. On dit toujours qu&#39;il &eacute;tait le commandant des spahis,&nbsp;oui il l&#39;a &eacute;t&eacute; au d&eacute;but de sa carri&egrave;re avant de grimper dans les&nbsp;grades pour devenir par la suite le k&eacute;hia du Bey, du dernier bey&nbsp;mouradite, le sinistre Mourad III et ensuite le kahia d&#39;Ibrahim Ch&eacute;rif. Apr&egrave;s des h&eacute;sitations, il a accept&eacute; de prendre le pouvoir et a r&eacute;ussi, pendant des ann&eacute;es, &agrave; pacifier le pays et &agrave; faire &oelig;uvre utile notamment dans le domaine hydraulique et dans celui des voies de communication. Hussein Ben Ali &eacute;tait fondateur d&#39;une dynastie dans la mesure o&ugrave; il a r&eacute;ussi pendant vingt&nbsp;cinq ans &agrave; tenir la situation en main et &agrave; rendre viables le r&eacute;gime et le pays<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>&Eacute;tait-ce d&eacute;j&agrave; les pr&eacute;misses d&#39;un Etat tunisien&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPour ce qui est de l&#39;&Eacute;tat en Tunisie, il ne faut pas oublier qu&#39;il&nbsp;y a eu une dynastie qui y a r&eacute;gn&eacute; trois si&egrave;cles, du XIII&egrave;me au&nbsp;XV&egrave;me si&egrave;cle, celle des Haf&ccedil;ides qui, &agrave; mon avis, ont commenc&eacute; &agrave; constituer une certaine entit&eacute; ifrikiyenne qui englobait&nbsp;une partie du Constantinois&nbsp;: &agrave; titre d&#39;exemple, le sultan haf&ccedil;ide avait un repr&eacute;sentant &agrave; Beja&iuml;a. Et c&#39;est cette entit&eacute; que les&nbsp;Turcs, apr&egrave;s leur conqu&ecirc;te de l&#39;Alg&eacute;rie, ont r&eacute;duite &agrave; la Tunisie&nbsp;actuelle. Pour ce qui est de la conscience d&#39;appartenir au pays,&nbsp;nous sommes g&ecirc;n&eacute;s de parler d&#39;une entit&eacute; tunisienne parce&nbsp;qu&#39;une bonne partie des habitants &eacute;taient des tribus attach&eacute;es a&nbsp;leurs propres identit&eacute;s et qui subissaient le pouvoir beylical sans&nbsp;pouvoir le contrer. L&agrave; o&ugrave; un certain patriotisme tunisien commen&ccedil;ait &agrave; se dessiner, c&#39;&eacute;tait au niveau des cit&eacute;s et surtout de Tunis, menac&eacute;e par les Turcs d&#39;Alger, voire conquise par eux en 1756 dans des conditions p&eacute;nibles. Les habitants de Tunis se&nbsp;sont regroup&eacute;s autour du Bey Ali, le fils d&rsquo;Hussein&nbsp;Ben&nbsp;Ali que&nbsp;les vainqueurs ont remis sur le tr&ocirc;ne.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>La dynastie husseinite s&#39;est construite dans la violence &agrave;&nbsp;cause de la question de la succession. Ce fait a abouti &agrave; des&nbsp;troubles et &agrave; des guerres sanglantes, &agrave; des t&ecirc;tes de beys d&eacute;capit&eacute;es, &agrave; des empoisonnements etc. La Cour a &eacute;t&eacute; domin&eacute;e&nbsp;par les ambitions personnelles, la soif du pouvoir (Ali Pacha&nbsp;et ses trois fils) allant jusqu&#39;&agrave; d&eacute;stabiliser la R&eacute;gence.&nbsp;Comment&nbsp;expliquez-vous cette violence sanglante qui a&nbsp;caract&eacute;ris&eacute; les d&eacute;buts du r&egrave;gne husseinite&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOui, il y a eu violence au d&eacute;but. La dynastie avec Ali II (1759&shy;\/1782), fils d&rsquo;Hussein&nbsp;Ben&nbsp;Ali et Hammouda Pacha (1782&shy;1814), a r&eacute;ussi &agrave; stabiliser la situation. Mais, depuis la crise de 1815-1830 au cours de laquelle les puissances europ&eacute;ennes ont&nbsp;impos&eacute; leurs int&eacute;r&ecirc;ts au Bey de Tunis, la situation s&#39;est d&eacute;grad&eacute;e sur le plan politique et &eacute;conomique. Si Ahmed Bey &eacute;tait l&#39;initiateur des r&eacute;formes, M&#39;hamed Bey qui lui a succ&eacute;d&eacute; &eacute;tait&nbsp;l&#39;homme du pass&eacute; et Sadok Bey n&#39;&eacute;tait pas du tout &agrave; la hauteur de ses responsabilit&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\tMais la Tunisie est entr&eacute;e, depuis, dans&nbsp;une crise du fait de l&#39;intrusion des puissances europ&eacute;ennes.&nbsp;Quant &agrave; la violence, c&#39;&eacute;tait l&#39;&eacute;poque qui le voulait et aussi l&#39;exp&eacute;rience turque.Savez-vous que jusqu&#39;&agrave;&nbsp;Soliman&nbsp;le&nbsp;Magnifique, on tuait syst&eacute;matiquement les fr&egrave;res du sultan pour&nbsp;qu&#39;il n&#39;y ait pas de concurrence et de guerre civile&nbsp;?&nbsp;Par la suite, on se contentait de les placer dans une sorte de prison dor&eacute;e qu&#39;on appelait&nbsp;&quot;&nbsp;le kaf&egrave;s&quot;&nbsp;(la cage). On leur envoyait des&nbsp;&quot; Iljias &quot;&nbsp;(des odalisques) niais ils ne pouvaient gu&egrave;re quitter&nbsp;leurs cages dor&eacute;es. La violence, c&#39;&eacute;tait les murs turques&nbsp;(presque tout autant qu&#39;en Europe, mais d&#39;une autre fa&ccedil;on).<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les premiers beys ont fini d&eacute;capit&eacute;s, tu&eacute;s dans leur lit ou&nbsp;empoisonn&eacute;s. Qu&#39;est-ce qui a fait que cette violence, qui a&nbsp;marqu&eacute; la succession au tr&ocirc;ne, a disparu apr&egrave;s Hammouda&nbsp;Pacha?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOui, &agrave; partir de janvier 1815, il n&#39;y a plus eu d&#39;assassinats. Mais&nbsp;le dernier mot revenait aux grandes puissances comme la&nbsp;France&nbsp;et l&#39;Angleterre qui ont impos&eacute; une certaine stabilisation&nbsp;de la situation, mais non pas au profit des autochtones. A l&#39;int&eacute;rieur, il y avait toujours cette arm&eacute;e beylicale, la&nbsp;&quot;&nbsp;mah&#39;alla&quot;,&nbsp;qui parcourait le pays pour pressurer les populations tribales&nbsp;;&nbsp;les violences continuaient &agrave; l&#39;int&eacute;rieur du pays au point que certaines de ces tribus ont menac&eacute; de demander la protection de la&nbsp;France.<\/p>\n<p>\n\tEt&nbsp;n&#39;oublions pas qu&rsquo;&agrave; partir de 1847-48, les gens riches&nbsp;et les n&eacute;gociants ainsi que les grands du pays se mettaient sous&nbsp;la protection des puissances europ&eacute;ennes. Chacun choisissait sa&nbsp;puissance&nbsp;:&nbsp;l&#39;Angleterre, la France et m&ecirc;me la Russie&nbsp;&#8230;&nbsp;Certains&nbsp;ont pris la nationalit&eacute; anglaise. La stabilisation du r&eacute;gime a &eacute;t&eacute;faite par les puissances &eacute;trang&egrave;res et &agrave; leur profit.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Henri Cambon, dans son ouvrage&nbsp;&laquo;&nbsp;Histoire de la&nbsp;R&eacute;gence&nbsp;de finis&nbsp;&raquo;, a &eacute;tabli un arbre g&eacute;n&eacute;alogique de la&nbsp;dynastie et pr&eacute;sent&eacute; les premiers beys, de Hussein Bey &agrave;Med Sadok Bey, comme&nbsp;&quot;&nbsp;&eacute;lus&nbsp;&quot;&nbsp;et, &agrave; partir du protectorat,&nbsp;les autres souverains comme &quot; nomm&eacute;s &quot;.&nbsp;Qu&#39;en pensez-vous&nbsp;?Elus ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&#39;est trop dire. Les premiers beys &eacute;taient choisis par leurs pr&eacute;d&eacute;cesseurs ou impos&eacute;s de l&#39;ext&eacute;rieur. Par exemple, les fils d&rsquo;Hussein Ben Ali ont &eacute;t&eacute; ramen&eacute;s dans les fourgons de l&#39;arm&eacute;e turque d&#39;Alger. Une distinction s&#39;impose entre la Tunisie o&ugrave; il y avait une dynastie tunisienne, haf&ccedil;ide etc. et l&#39;Alg&eacute;rie que les Turcs continuaient &agrave; dominer et &agrave; gouverner au point que le Dey d&#39;Alger devait n&eacute;cessairement &ecirc;tre natif de la Turquie.<\/p>\n<p>\n\tCes Turcs d&#39;Alger ont livr&eacute; des guerres aux Beys de Tunis qui ont essay&eacute; de se d&eacute;fendre comme ils pouvaient. Et, petit &acirc; petit, est n&eacute; un patriotisme, on ne peut pas dire national, mais tunisien symbolis&eacute; par les Beys, C&#39;est ainsi que les beys s&#39;&eacute;taient tunisifi&eacute;s, et en d&eacute;pit de ce qu&#39;on a &eacute;crit, par ailleurs, comme dans la th&egrave;se de Mme Blili qui a consid&eacute;r&eacute; que l&#39;ottomanisation du r&eacute;gime a continu&eacute;. Ce qui est, &acirc; mon avis, exag&eacute;r&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>De l&#39;instauration d&#39;une monarchie h&eacute;r&eacute;ditaire absolue, on est pass&eacute; &agrave; une monarchie lib&eacute;rale, voire constitutionnelle. Certains expliquent cette &eacute;volution de la monarchie et la &quot; dynamique institutionnelle &quot; qu&#39;elle a connues par la promulgation du &quot; Pacte fondamental &quot; (le 9 septembre 1857) et de la Constitution (le 26 avril 1861), par l&#39;influence des id&eacute;es lib&eacute;rales et r&eacute;publicaines (r&eacute;volution de 1848 en particulier), et d&#39;autres l&#39;attribuent &agrave; l&#39;influence des r&eacute;formesottomanes de 1839 et de 1856. Qu&#39;en pensez-vous&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes r&eacute;formes ottomanes y ont eu leur part. Mais je pense que le &quot; Pacte Fondamental &quot; et la Constitution ont &eacute;t&eacute; impos&eacute;s au Bey par la France et l&#39;Angleterre. Je ne pense pas que le Bey est devenu, de lui-m&ecirc;me, lib&eacute;ral et constitutionnel. Les r&eacute;formes ottomanes, quant &agrave; elles, ont r&eacute;ussi dans une certaine mesure et &eacute;chou&eacute; par d&#39;autres c&ocirc;t&eacute;s, notamment sous le r&egrave;gne d&rsquo;Abdelhamid Il qui s&#39;est termin&eacute; par la r&eacute;volution des &quot; Jeunes Turcs &quot; faite au nom de la modernisation de l&#39;arm&eacute;e et de la sauvegarde du territoire ottoman.&nbsp;.<\/p>\n<p>\n\tLes Fran&ccedil;ais ont consid&eacute;r&eacute; la Constitution de 1861-qui n&#39;a pas &eacute;t&eacute; abrog&eacute;e-comme incompatible avec le protectorat.&nbsp;Non, cette Constitution a &eacute;t&eacute; suspendue d&egrave;s 1864, au moment de la r&eacute;volte d&rsquo;Ali Ben Gdhehem. Elle n&#39;a &eacute;t&eacute; exhum&eacute;e que plus tard par les nationalistes et notamment par le Vieux Destour fond&eacute; en 1920 par Tha&acirc;lbi qui a r&eacute;clam&eacute; l&#39;application de certaines parties de la Constitution.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMais le texte en lui &shy;m&ecirc;me a &eacute;t&eacute; suspendu avant le protectorat.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les premiers Beys et la question de la souverainet&eacute; du pays&nbsp;dans un contexte r&eacute;gional domin&eacute; par la menace des Deys&nbsp;d&#39;Alger, et international par le jeu des puissances (la&nbsp;France, l&#39;Angleterre, l&#39;Italie&nbsp;&#8230;)&nbsp;et la suj&eacute;tion ottomane. Onconstate qu&#39;il y a eu comme un jeu de balance entre ceux qui ont cherch&eacute; &agrave; resserrer les liens de la R&eacute;gence avec la&nbsp;Sublime Porte, seul moyen pour eux d&#39;&eacute;carter toute influence &eacute;trang&egrave;re, ceux qui ont convoit&eacute; l&#39;appui des puissances&eacute;trang&egrave;res pour &eacute;chapper &agrave; la domination ottomane. Ne pensez-vous pas que l&#39;ind&eacute;pendance a &eacute;t&eacute; mise en jeu &agrave;&nbsp;chaque fois? Et peut-on parler d&#39;ind&eacute;pendance de l&#39;Etat&nbsp;tunisien &agrave; la veille du protectorat&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&#39;est difficile &agrave; dire. Ce qu&#39;on peut avancer, c&#39;est que le Bey &eacute;tait libre de sa politique, mais dans certaines limites impos&eacute;es par les puissances. Il y a eu une tentative de nationaliser le r&eacute;gime de la part de Kh&eacute;reddine. C&#39;est ainsi qu&#39;il a obtenu en 1870 ou 71 que la Porte reconnaisse non pas la souverainet&eacute; mais l&#39;autonomie de la dynastie husseinite et son mode de succession h&eacute;r&eacute;ditaire. Mais, jusqu&#39;en 1881, la Tunisie est rest&eacute;e th&eacute;oriquement province de l&#39;empire ottoman et pratiquement autonome. Pour ce qui est du jeu de bascule, en 1864, &agrave; Sfax, on a fait appel au Sultan pour se remettre sous sa protection. En 1881, on pensait &eacute;galement que la Turquie allait aider les r&eacute;sistants tunisiens &agrave; sauver le pays de la domination fran&ccedil;aise. Mais c&#39;&eacute;tait utopique. La Turquie &eacute;tait elle-m&ecirc;me soumise &agrave; l&#39;influence des puissances europ&eacute;ennes qui s&#39;&eacute;taient impos&eacute;es, par leur r&eacute;volution industrielle et politique, comme ma&icirc;tresses du jeu.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Peut-on parler d&#39;ind&eacute;pendance de l&#39;&Eacute;tat tunisien &agrave; la veille&nbsp;du protectorat&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOn peut parler d&#39;autonomie, mais avec cette obligation qu&#39;avait le pays de se plier aux injonctions des puissances europ&eacute;ennes dont les b&acirc;timents pouvaient bombarder &agrave; tout moment le palais du Bardo. Une de mes hypoth&egrave;ses est que si Ahmed Bey a voulu s&#39;installer &agrave; Mohammedia, c&#39;&eacute;tait pour &eacute;chapper pr&eacute;cis&eacute;ment aux canons des flottes europ&eacute;ennes. Le XIX&egrave;me si&egrave;cle, c&#39;&eacute;tait celui du triomphe des puissances europ&eacute;ennes et notamment de l&#39;Angleterre et de la France.Les Beys et la construction de l&#39;Etat tunisien. M&ecirc;me si les premiers monarques durant le XVIII&egrave;me si&egrave;cle ont emp&ecirc;ch&eacute; la cr&eacute;ation dans l&#39;Etat d&#39;organes politiques capables de faire contrepoids &agrave; leur autorit&eacute;, au cours du m&ecirc;me si&egrave;cle, les beys husseinites avaient d&eacute;velopp&eacute; et organis&eacute; les institutions tunisiennes. Hammouda Pacha, &agrave; titre d&#39;exemple a &eacute;t&eacute; consid&eacute;r&eacute; comme &quot;&nbsp;le r&eacute;g&eacute;n&eacute;rateur de l&#39;ind&eacute;pendance&nbsp;&quot; (4). Que doit aujourd&#39;hui l&#39;&Eacute;tat tunisien &agrave; nos monarques husseinites&nbsp;Je pense que le mot &quot; ind&eacute;pendance &quot; est &agrave; bannir. On peut parler d&#39;autonomie. Les archives sont claires : les beys n&#39;ob&eacute;issaient plus aux injonctions d&#39;Istanbul. Mais la Tunisie &eacute;tait th&eacute;oriquement province ottomane jusqu&#39;en 1881, seulement autonome pour ce qui est de sa politique int&eacute;rieure. En 1881, la France a reconnu l&#39;ind&eacute;pendance de la Tunisie par rapport au pouvoir turc. Mais en fait, tous les pouvoirs sont pass&eacute;s aux Fran&ccedil;ais. Il y avait ce paradoxe : quand la Tunisie est devenue officiellement ind&eacute;pendante, elle a perdu le pouvoir, la France s&#39;&eacute;tant substitu&eacute;e au pouvoir turc.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Quelle a &eacute;t&eacute; la r&eacute;action du Bey r&eacute;gnant, Mohamed Sadok Bey, vis-&agrave;-vis de l&#39;installation du protectorat, en 1881 ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&#39;Europe, gr&acirc;ce &agrave; sa r&eacute;volution industrielle et politique et notamment l&#39;Angleterre et puis la France, est devenue ma&icirc;tresse du monde. Le Bey a mobilis&eacute; son arm&eacute;e mais tr&egrave;s vite, il a compris qu&#39;il ne pouvait r&eacute;sister &agrave; l&#39;arm&eacute;e fran&ccedil;aise. D&#39;autre part, il &eacute;tait conseill&eacute; par un pi&egrave;tre personnage, Mustapha Ben Isma&iuml;l, que la France a tenu &agrave; &eacute;carter du premier minist&egrave;re pour y installer une personnalit&eacute; int&egrave;gre. Bouattour, qui a travaill&eacute; &agrave; l&#39;administration beylicale et s&#39;est soumis aux instructions de la France. Le Bey pleurait pour garder son favori mais sans r&eacute;sultat. Il faut dire que la France a r&eacute;tabli l&#39;ordre en Tunisie et install&eacute; une administration moderne qui a servi ses int&eacute;r&ecirc;ts mais dont les Tunisiens avaient profit&eacute; dans une certaine mesure. N&#39;oublions pas, et nous pouvons le dire cinquante ann&eacute;es plus tard, que le protectorat a eu des effets n&eacute;gatifs mais aussi positifs. N&#39;oublions pas que la population tunisienne, qui exc&eacute;dait de peu le million (1,2) en 1881, comptait, en 1956, plus de trois millions et demi d&#39;habitants tunisiens. Donc la population a tripl&eacute;, ce qui voudrait dire que les ressources de la Tunisie avaient augment&eacute;, permettant &agrave; une population triple de subsister.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Que doit l&#39;Etat tunisien aux monarques husseinites&nbsp;?&nbsp;Rien &agrave;&nbsp;votre avis&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSi les monarques ont r&eacute;gn&eacute; durant 250 ann&eacute;es, c&#39;est un peu gr&acirc;ce aux traditions instaur&eacute;es par les Haf&ccedil;ides. Ces derniers ont fait de la Tunisie un espace qui ob&eacute;issait &agrave; une certaine dynastie. Et les Husseinites ont construit l&#39;Etat tunisien malgr&eacute; toutes ces injustices et toutes ces contradictions. L&#39;Etat existait malgr&eacute; tout en 1881. Et cet Etat o&ugrave; malheureusement les habitants n&#39;avaient pas le droit &agrave; la parole, en &eacute;tait un alors qu&#39;en Alg&eacute;rie, il n&#39;y a pas eu pratiquement d&#39;Etat &agrave; cause de la g&eacute;ographie. La Tunisie &eacute;tait un pays de basse altitude, facile &agrave; organiser alors que l&#39;Alg&eacute;rie &eacute;tait un pays compartiment&eacute; par les montagnes et ferm&eacute; sur l&#39;ext&eacute;rieur du fait qu&#39;il &eacute;tait difficile d&#39;installer des ports sur la c&ocirc;te nord.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les Beys et la gestion de l&#39;Etat. Il faut reconna&icirc;tre que certains beys n&#39;ont pas &eacute;t&eacute; toujours constructifs. Certains par&nbsp;leur&nbsp;mauvaise gestion et leurs folles d&eacute;penses ont presque&nbsp;ruin&eacute; l&#39;Etat. L&#39;endettement de celui-ci aboutira &agrave; l&#39;&eacute;tablissement du protectorat le 12 mai 1881. Est-ce leur faire injustice que de reconna&icirc;tre qu&#39;ils n&#39;ont pas toujours &eacute;t&eacute; de bons&nbsp;gestionnaires et que certains &eacute;taient gagn&eacute;s par la cupidit&eacute;&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNous pouvons dire qu&#39;ils ne sont pas responsables de la perte de l&#39;ind&eacute;pendance. Ce sont plut&ocirc;t les puissances europ&eacute;ennes qui dictaient leurs volont&eacute;s aux Beys de Tunis. A la fin de son r&egrave;gne, la dynastie s&#39;est condamn&eacute;e parce qu&#39;&agrave; la fin de 1951, Lamine Bey a souscrit &agrave; ce que voulait la France, alors que Mohamed V au Maroc a r&eacute;sist&eacute; jusqu&#39;au bout : il a &eacute;t&eacute; d&eacute;tr&ocirc;n&eacute; et envoy&eacute; en exil, mais il a sauv&eacute; la monarchie alaouite. Et probablement, si Lamine Bey avait fait comme Mohamed V, la monarchie aurait probablement dur&eacute; davantage encore ; mais de toute fa&ccedil;on, Bourguiba &eacute;tait antimonarchiste et aurait saut&eacute; sur la premi&egrave;re occasion pour installer la R&eacute;publique.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Et qu&#39;en est-il de la cupidit&eacute; de certains beys, de leurs folles&nbsp;d&eacute;penses, de leurs listes civiles augment&eacute;es au gr&eacute; de leur&nbsp;soumission &agrave;&nbsp;&quot;&nbsp;la puissance protectrice&nbsp;&quot;,&nbsp;de leurs dettes&nbsp;accumul&eacute;es et laiss&eacute;es apr&egrave;s leurs r&egrave;gnes&nbsp;(5)?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&#39;est tout &agrave; fait vrai. Les beys se consid&eacute;raient comme des monarques et des &quot; possesseurs du Royaume de Tunis &quot;. Ils ont Pressur&eacute; les populations, surtout rurales. Ils n&#39;avaient pas compris que le pays ne pouvait pas supporter ce gaspillage et cette esp&egrave;ce de m&eacute;galomanie qu&#39;ils affectaient. Par exemple, Lamine Bey a laiss&eacute; un milliard de francs de dettes vis-&agrave;-vis du Tr&eacute;sor tunisien et demand&eacute; express&eacute;ment dans des lettres au Quai d&#39;Orsay qu&#39;on paye ses dettes avant que le gouvernement de Bourguiba ne s&#39;installe et ne le d&eacute;nonce de fa&ccedil;on formelle. La France a pay&eacute; les dettes de Lamine Bey : il avait v&eacute;cu avant son av&egrave;nement dans la mis&egrave;re; une fois Bey, il a exig&eacute; de la France des voitures luxueuses, une liste civile qui d&eacute;passait cinq ou six fois celle du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique&#8230; On peut dire qu&#39;il avait la mentalit&eacute; de &quot; prince oriental &quot;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Un petit-fils de Moncef Bey m&#39;a confi&eacute;, un jour, que les Beys husseinites &eacute;taient pauvres par rapport aux rois et princes&nbsp;orientaux. Ceci n&#39;est-il pas vrai&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNon. Parmi les beys, il y avait certaines branches qui descendaient de beys qui ont accumul&eacute; certaines richesses. D&#39;autres non. Et Lamine Bey a pris sa revanche une fois sur le tr&ocirc;ne, avec un milliard de francs de dettes. C&#39;&eacute;tait trop !<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Pensez-vous que si la Tunisie n&#39;avait pas connu le r&eacute;gime du protectorat, elle aurait &eacute;volu&eacute; vers des institutions d&eacute;mocratiques car pendant tout le protectorat, &eacute;tait en vigueur&nbsp;l&#39;absolutisme beylical qui permettait, &agrave; la France, de mieux&nbsp;exercer sa tutelle et son contr&ocirc;le sur le pays&nbsp;(2) ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSi le protectorat s&#39;&eacute;tait install&eacute;, c&#39;&eacute;tait un fait mondial. Les&nbsp;puissances europ&eacute;ennes avaient pratiquement impos&eacute; leur&nbsp;domination aux pays sous-d&eacute;velopp&eacute;s. Si la Tunisie avait gard&eacute;&nbsp;son ind&eacute;pendance, la situation aurait continu&eacute; comme elle l&#39;&eacute;tait probablement sous Sadok Bey, &agrave; moins qu&#39;un autre bey&nbsp;aussi intelligent et patriote que Hammouda Bey ait sauv&eacute; la&nbsp;situation qui &eacute;tait dramatique en 1881.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes Beys et les femmes : Ali Bey, comme ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs, faisait chercher &agrave; Constantinople de jeunes et belles esclaves qu&#39;il destinait &agrave; son harem ainsi qu&#39;&agrave; celui de son fils l&#39;illustre Hammouda Pacha. M&#39;hamed Bey, raconte-t-on, avait un harem qui grouillait de 1.200 femmes de toutes les couleurs au point que les cons&eacute;quences au niveau du budget de l&#39;Etat &eacute;taient d&eacute;sastreuses. Par contre, M&#39;hamed Sadok Bey n&#39;avait qu&#39;une femme. Comment expliquez-vous cela&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMalheureusement, il n&#39;y a eu que deux beys qui n&#39;ont eu qu&#39;une femme : Hammouda Pacha Bey et Sadok Bey qui avaient, tous deux, par ailleurs des Favoris. Certes, la cour pullulait d&#39;odalisques ramen&eacute;es de Constantinople notamment des Circassiennes r&eacute;put&eacute;es tr&egrave;s belles. On dit que M&#39;hamed Bey avait 1.200 femmes. Je pense que c&#39;&eacute;tait exag&eacute;r&eacute;. Mais il a eu beaucoup de femmes. Il partageait son temps ainsi : la matin&eacute;e &eacute;tait consacr&eacute;e aux affaires de l&#39;Etat, l&#39;apr&egrave;s-midi au repos et &agrave; ses plaisirs personnels et la nuit &agrave; ses femmes. Sadok Bey &eacute;tait homosexuel et faisait chercher ses favoris dans les rues au point qu&#39;on ne laissait pas son fils sortir dans la rue avant qu&#39;il n&#39;ait eu barbe au menton de peur qu&#39;il ne soit rafl&eacute; par les agents recruteurs du Bey et ramen&eacute; au harem masculin de leur ma&icirc;tre.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEt les cons&eacute;quences de toutes ces d&eacute;penses sur le budget de&nbsp;l&#39;&Eacute;tat beylical?<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tJe pense que le seul bey &eacute;conome qui ait laiss&eacute; un petit tr&eacute;sor &agrave; l&#39;&Eacute;tat &eacute;tait Hammouda Pacha parce qu&#39;il avait conscience qu&#39;il fallait d&eacute;fendre le pays contre les convoitises &eacute;trang&egrave;res, d&#39;abord de la Turquie qui a sugg&eacute;r&eacute; &agrave; son gouverneur de Tripoli d&#39;envahir la Tunisie. Ensuite, il a engag&eacute; une autre guerre contre l&#39;Alg&eacute;rie des Turcs qui avaient impos&eacute; une sorte de tribut &agrave; la Tunisie en 1756. Hammouda Pacha a laiss&eacute; &agrave; peu pr&egrave;s cinq millions de piastres dans les caisses de l&#39;&Eacute;tat. Ahmed Bey n&#39;&eacute;tait pas d&eacute;pensier pour lui-m&ecirc;me, mais ses r&eacute;formes mal conduites avaient ruin&eacute; l&#39;&Eacute;tat.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tComment jugez-vous la fin de la dynastie husseinite&nbsp;`?<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSi Lamine Bey avait mis son tr&ocirc;ne en jeu, il aurait sauv&eacute; la monarchie au moins pour quelque temps. Mais, il ne l&rsquo;a pas fait comme Mohamed V. Hegel disait&nbsp;: &quot;&nbsp;Un esclave n&#39;est esclave que&nbsp;parce qu&#39;il refuse de mettre sa vie en jeu&nbsp;&quot;.&nbsp;Je dirai que le bey&nbsp;d&eacute;tr&ocirc;n&eacute; ne l&#39;a &eacute;t&eacute; que parce qu&#39;il a refus&eacute; un certain moment&nbsp;de r&eacute;sister aux Fran&ccedil;ais.&nbsp;Lamine Bey a fini humili&eacute;, sa famille emprisonn&eacute;e&#8230;Le dernier monarque de la dynastie husseinite a toutefois termin&eacute;&nbsp;ses jours dans la mis&egrave;re.Effectivement, il a pay&eacute; le prix de ses faiblesses de la fin de 1951 sous Haute cloque et de 1954 au moment du gouvernement Mzali.&nbsp;Finissons cet entretien sur une note d&#39;optimisme. Si nous regardons la Tunisie architecturale, nos Beys husseinites nous ont l&eacute;gu&eacute; des tr&eacute;sors dont certains servent aujourd&#39;hui de b&acirc;timents &agrave; l&#39;Etat tunisien comme Dar el bey, le Palais du Bardo&#8230;ou encore des m&eacute;dresas, des mosqu&eacute;es etc&#8230;, m&ecirc;me si quelques-uns de ces patrimoines n&#39;ont pas &eacute;t&eacute; construits par les Beys eux-m&ecirc;mes, ils ont &eacute;t&eacute;, toutefois, r&eacute;nov&eacute;s et&nbsp;embellis par eux.Oui, durant deux si&egrave;cles, ils ont cr&eacute;&eacute; de belles architectures et&nbsp;ont fait de Tunis une capitale. Je vous renvoie &agrave; un ouvrage de&nbsp;Ahmed Sa&acirc;daoui sur l&#39;architecture de Tunis depuis la fin du&nbsp;XVI&egrave;me si&egrave;cle jusqu&#39;en 1881 et dans lequel il a montr&eacute; que les beys ont fait de Tunis une belle capitale jusque vers 1815. Et &acirc;&nbsp;partir de cette date, beaucoup de choses se sont d&eacute;grad&eacute;es du&nbsp;fait des probl&egrave;mes de tr&eacute;sorerie.<\/p>\n<p>\n\t<a href=\"http:\/\/www.espacemed.fr\/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=137:la-dynastie-husseinite-en-tunisie-monarchique&amp;catid=38:espace-culturel&amp;Itemid=53\">Source<\/a><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t(1)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &quot;N&egrave;gre je&nbsp;suis,&nbsp;n&egrave;gre je resterai&nbsp;&quot;.&nbsp;Livre d&#39;entretiens avec&nbsp;Fran&ccedil;oise Verg&egrave;s, Albin Michel 2005&nbsp;(2) &quot;&nbsp;Bulletin &eacute;conomique&nbsp;et&nbsp;social de la Tunisie. septembre 1955&nbsp;(3) D&#39;apr&egrave;s Henri Cambon, &quot; Histoire de la R&eacute;gence de Tunis, de&nbsp;1270&nbsp;&agrave;&nbsp;1948)&nbsp;&quot;,&nbsp;&Eacute;ditions Berger-Levrault,&nbsp;1948(4) Mansour Moalla.&nbsp;&quot;L&rsquo;Etat tunisien et l&#39;ind&eacute;pendance&nbsp;&quot;,CERES PRODUCTIONS,&nbsp;1992(5) Archives du Quai d&#39;Orsay disponibles &ugrave; l&#39;Institut sup&eacute;rieur du&nbsp;Mouvement national et archives nationales<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La dynastie husseinite&nbsp;en Tunisie monarchique(1705-1957) &nbsp; Mohamed H&eacute;di Cherif&laquo;&nbsp;Le Tricentenaire de la dynastie husseinite est une date importante dans l&rsquo;histoire de la Tunisie&nbsp;&raquo;Entretien conduit par Noura BORSALI &nbsp; Mohamed-H&eacute;di Ch&eacute;rif est professeur &eacute;m&eacute;rite&nbsp;d&#39;Histoire &agrave; la Facult&eacute; des Lettres et Sciences Humaines de Tunis, ex-doyen de la m&ecirc;me&nbsp;facult&eacute; (1987-1990) et sp&eacute;cialiste de l&#39;histoire&nbsp;moderne et contemporaine. 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