{"id":12311,"date":"2016-03-24T23:26:15","date_gmt":"2016-03-24T23:26:15","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=12311"},"modified":"2016-03-24T23:28:04","modified_gmt":"2016-03-24T23:28:04","slug":"une-decouverte-inopinee-mazal-tov-par-nicole-perez","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/une-decouverte-inopinee-mazal-tov-par-nicole-perez\/","title":{"rendered":"Une d\u00e9couverte inopin\u00e9e. Mazal tov ! Par Nicole Perez"},"content":{"rendered":"<p>\n\tUne d&eacute;couverte inopin&eacute;e. Mazal tov&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDeux registres matrimoniaux des juifs livournais de Tunis ont &eacute;t&eacute; r&eacute;cemment retrouv&eacute;s. Pour le plus grand bonheur des amateurs d&rsquo;histoire, de sociologie ou de g&eacute;n&eacute;alogie<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNicole Perez<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTunis, XIXe si&egrave;cle. Coexistent deux communaut&eacute;s juives&nbsp;: la <em>Twansa<\/em>, autochtone, et la <em>Grana<\/em>, originaire d&rsquo;Italie. Les membres de cette derni&egrave;re sont issus de juifs espagnols, expuls&eacute;s&nbsp; par l&rsquo;Inquisition, ayant trouv&eacute; refuge au Portugal, puis ayant d&ucirc; d&eacute;finitivement quitter la p&eacute;ninsule ib&eacute;rique, pour s&rsquo;installer &agrave; Livourne o&ugrave; les conditions &eacute;taient favorables. Ils se sont illustr&eacute;s dans le commerce, souvent avec l&rsquo;autre rive de la M&eacute;diterran&eacute;e, et nombre d&rsquo;entre eux se sont &eacute;tablis &agrave; Tunis.<\/p>\n<p>\n\tCette communaut&eacute; italo-ib&eacute;rique consignait rigoureusement ses documents&nbsp;: ainsi, de 1754 &agrave; 1917, sans interruption, dix registres comportant la totalit&eacute; des contrats de mariage religieux ou ket&ucirc;bbot ont &eacute;t&eacute; remplis, mais ils ont malheureusement &eacute;t&eacute; perdus par la suite. Trois d&rsquo;entre eux, retrouv&eacute;s dans les ann&eacute;es 1980, ont &eacute;t&eacute; analys&eacute;s par des chercheurs de l&rsquo;institut Ben-Zvi.<\/p>\n<p>\n\tAlain Nedjar, par un heureux hasard, en 2013, a mis la main sur deux autres volumes de cette s&eacute;rie&nbsp;: lors d&rsquo;une conversation Skype (sur un tout autre sujet) avec un responsable de la communaut&eacute; de Tunis, il aper&ccedil;oit ces livres, entrepos&eacute;s avec des milliers d&rsquo;autres, qui l&rsquo;interpellent, demande &agrave; les faire passer sous la webcam&hellip;<\/p>\n<p>\n\tLa suite, deux ans et demi plus tard, c&rsquo;est la publication du travail effectu&eacute; par Gilles Boulu et Alain Nedjar&nbsp;: la transcription en fran&ccedil;ais de ces <em>ket&ucirc;bbot<\/em> r&eacute;dig&eacute;es en caract&egrave;res cursifs s&eacute;farades, difficiles &agrave; d&eacute;chiffrer. Les auteurs mettent &agrave; la port&eacute;e des g&eacute;n&eacute;alogistes des donn&eacute;es in&eacute;dites sur les Livournais de Tunis. Pour chaque contrat, sont indiqu&eacute;s date du mariage, identit&eacute; des conjoints et de leurs p&egrave;res, montant de la dot, signataires (&eacute;poux, t&eacute;moins), paraphe du rabbin. Ces donn&eacute;es sont souvent compl&eacute;t&eacute;es de remarques biographiques et de r&eacute;f&eacute;rences. Des index alphab&eacute;tiques des conjoints permettent d&rsquo;acc&eacute;der ais&eacute;ment aux enregistrements des mariages. Tout ceci avec une pr&eacute;sentation tr&egrave;s soign&eacute;e, avec un code couleur par registre. Quelques familles de notables ou de rabbins ont le privil&egrave;ge de figurer dans l&rsquo;ouvrage avec des notices d&eacute;taill&eacute;es, des arbres g&eacute;n&eacute;alogiques et des fac-simil&eacute;s d&rsquo;archives. Les paraphes rabbiniques &ndash; sp&eacute;cifiques aux communaut&eacute;s du pourtour m&eacute;diterran&eacute;en &ndash; font l&rsquo;objet d&rsquo;une &eacute;tude pal&eacute;ographique d&eacute;taill&eacute;e qui permet de d&eacute;coder ces signatures complexes, exclusives, riches en symboles et en &eacute;l&eacute;ments d&eacute;coratifs.<\/p>\n<p>\n\tEt l&rsquo;enthousiasme pour cet ouvrage n&rsquo;est pas r&eacute;serv&eacute; aux descendants de Livournais f&eacute;rus de g&eacute;n&eacute;alogie. Les amateurs de sociologie liront avec int&eacute;r&ecirc;t les statistiques (fortune, unions mixtes <em>Grana-Twansa<\/em>, professions&hellip;) qui r&eacute;servent quelques surprises. Les splendides reproductions en quadrichromie de <em>ket&ucirc;bbot<\/em> orn&eacute;es avec un raffinement italien donnent envie d&rsquo;approfondir le sujet. Et les auteurs fournissent des cl&eacute;s pour le faire. Qui, de nos jours, serait insensible au contenu &ndash; sp&eacute;cifique aux <em>Grana<\/em> &ndash; de ces vieux contrats de mariage qui pr&eacute;voyaient quatre conditions (<em>tena&iuml;m<\/em>) favorables &agrave; l&rsquo;&eacute;pouse, en particulier l&rsquo;interdiction de la polygamie&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\tLa lecture de ce livre donne bien envie de lancer un avis de recherche pour retrouver les cha&icirc;nons manquants&nbsp;: dans cette s&eacute;rie, il reste &agrave; exhumer cinq registres matrimoniaux &eacute;gar&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong><em>La communaut&eacute; juive portugaise de Tunis dite livournaise ou Grana, Registres matrimoniaux, 1812-1844 et 1872-1881<\/em><\/strong><strong>, Gilles Boulu et Alain Nedjar, Cercle de g&eacute;n&eacute;alogie juive (secretariat@genealoj.org)<\/strong><\/p>\n<p>\n\tArticle de Nicole Perez paru dans Jerusalem Post fran&ccedil;ais.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une d&eacute;couverte inopin&eacute;e. 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