{"id":12371,"date":"2016-04-01T00:18:51","date_gmt":"2016-04-01T00:18:51","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=12371"},"modified":"2016-03-31T21:41:27","modified_gmt":"2016-03-31T21:41:27","slug":"la-farce-iranienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-farce-iranienne\/","title":{"rendered":"La farce iranienne"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<strong><u>La farce iranienne&nbsp;<\/u><\/strong><u>(info # 013003\/16)<\/u><u>[Analyse]<\/u><\/p>\n<p>\n\tPar St&eacute;phane Juffa&nbsp;<strong>&copy; Me<\/strong><strong>tula<\/strong><strong>N<\/strong><strong>ews<\/strong><strong>A<\/strong><strong>gency<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAujourd&rsquo;hui et demain, le pr&eacute;sident-trompe l&rsquo;&oelig;il de la &quot;R&eacute;publique&quot; Islamique d&rsquo;Iran, Hassan Rohani, aurait d&ucirc; se trouver en Autriche afin d&rsquo;y signer quelques mirobolants contrats d&rsquo;achat de biens et d&rsquo;&eacute;quipements. Il a cependant inform&eacute; ses h&ocirc;tes &agrave; la derni&egrave;re minute qu&rsquo;il annulait son d&eacute;placement &quot;pour des raisons s&eacute;curitaires&quot;. A Vienne, dans l&rsquo;ancienne capitale de l&rsquo;Empire austro-hongrois, les services du Pr&eacute;sident Heinz Fischer ont annonc&eacute; ignorer de quelles raisons s&eacute;curitaires il &eacute;tait question.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn fait, Rohani &eacute;tait envoy&eacute; en Autriche par le &quot;guide supr&ecirc;me&quot; et unique de la satrapie chiite, Ali Khamenei, pour tenter de d&eacute;bloquer la lev&eacute;e des sanctions &eacute;conomiques qui les frappent&nbsp;; des sanctions qui, aux termes de l&rsquo;accord sign&eacute; en juillet dernier entre T&eacute;h&eacute;ran et les grandes puissances, auraient, en grande partie &agrave; tout le moins, d&ucirc; dispara&icirc;tre &agrave; la mi-janvier.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMais elles sont toujours en place, ce qui irrite les Iraniens au plus haut point, sans que personne ne soit capable de leur fournir une explication compr&eacute;hensible. Heinz Fischer, mis sous pression par les ayatollahs, comme tous les chefs d&rsquo;Etat qu&rsquo;ils rencontrent, pour qu&rsquo;il fasse bouger les choses, a avou&eacute;, &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision iranienne avant la visite pr&eacute;vue, &quot;que le processus de lev&eacute;e des sanctions avait commenc&eacute;&quot;, mais qu&rsquo; &quot;il ne pouvait pas pr&eacute;dire combien de temps cela prendrait&quot;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tToujours sur la cha&icirc;ne&nbsp;<em>Irib<\/em>, Fischer a ajout&eacute;&nbsp;: &quot;La lev&eacute;e des sanctions d&eacute;pend de toute la communaut&eacute; internationale et il est impossible de pr&eacute;dire quand cela interviendra dans les faits&quot;. Il a d&eacute;voil&eacute; une lapalissade en expliquant que &quot;son pays ne peut &agrave; lui seul annuler les sanctions, non plus que l&rsquo;Union Europ&eacute;enne, mais qu&rsquo;il appartenait &agrave; toute la communaut&eacute; internationale de le faire&quot;, entendez par l&agrave;, que l&rsquo;on attend le feu vert de Washington. Il a termin&eacute; son intervention en &quot;esp&eacute;rant que toutes les parties restent engag&eacute;es par l&rsquo;accord nucl&eacute;aire afin que toutes les sanctions soient lev&eacute;es en temps voulu&quot;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTraduit de la langue diplomatique, cela signifie que l&rsquo;Autrichien esp&egrave;re que les Perses ne r&eacute;initialisent pas leur programme nucl&eacute;aire, uniquement vou&eacute; &agrave; des applications militaires, pour la raison qu&rsquo;ils ne re&ccedil;oivent pas l&rsquo;unique contrepartie face &agrave; leurs restreinte, non plus qu&rsquo;une date pr&eacute;visionnelle, m&ecirc;me approximative, pour la lib&eacute;ration de leurs cent milliards et plus, gel&eacute;s dans les institutions bancaires occidentales. &nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn r&eacute;alit&eacute;, les Europ&eacute;ens aimeraient bien recommencer &agrave; commercer avec l&rsquo;Iran en lib&eacute;rant les avoirs qu&rsquo;ils retiennent, mais ils craignent des repr&eacute;sailles de la part des Etats-Unis, qui persistent &agrave; imposer des limitations draconiennes sur les &eacute;changes avec les banques et les soci&eacute;t&eacute;s iraniennes.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tA l&rsquo;occasion du Nouvel an perse, le Grand leader Khamenei est sorti personnellement de son antre, tr&egrave;s courrouc&eacute;, pour affirmer publiquement que &quot;les Am&eacute;ricains ne respectent pas les engagements qu&rsquo;ils ont pris lors de la conclusion de l&rsquo;accord&quot;, argumentant qu&rsquo; &quot;ils n&rsquo;ont lev&eacute; les sanctions que sur le papier, mais que, par des voies d&eacute;tourn&eacute;es, ils emp&ecirc;chent la &quot;R&eacute;publique&quot; Islamique d&rsquo;atteindre ses objectifs&quot;. Il faut bien le lui conc&eacute;der, sur ce point au moins, le Guide supr&ecirc;me a parfaitement raison.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDans les faits, il est victime de ce qu&rsquo;on pourrait appeler un retour de manivelle&nbsp;; car s&rsquo;il est vrai que les Yankees, qui ne pipent rien &agrave; la mentalit&eacute; moyenne-orientale, ils se sont fait rouler dans la farine par Mohammad Zarif lors des n&eacute;gociations en vue de l&rsquo;accord, Khamenei apprend &agrave; ses d&eacute;pens que les Iraniens, &agrave; leur tour, ne comprennent rien au mode op&eacute;ratoire en vigueur &agrave; Washington.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tA Gen&egrave;ve, Lausanne et Vienne, l&rsquo;&eacute;t&eacute; dernier, les n&eacute;gociateurs de la dictature chiite ont certes eu beau jeu de ridiculiser John Kerry en vidant l&rsquo;accord d&rsquo;une grande partie de son sens, notamment en conservant la totalit&eacute; de leurs centrifugeuses, en emp&ecirc;chant les inspecteurs de l&rsquo;AIEA d&rsquo;avoir un libre acc&egrave;s &agrave; leurs installations nucl&eacute;aires et d&rsquo;enqu&ecirc;ter sur leurs activit&eacute;s pass&eacute;es dans le domaine de la recherche nucl&eacute;aire &agrave; des fins militaires, de ne pas inclure leur programme de d&eacute;veloppement de missiles balistiques dans le trait&eacute;, de ne pas provisionner la lib&eacute;ration des Am&eacute;ricains innocents d&eacute;tenus &agrave; T&eacute;h&eacute;ran, et d&rsquo;interdire que l&rsquo;accord inclue toute mention quant &agrave; l&rsquo;am&eacute;lioration du respect des droit de l&rsquo;homme dans leur dictature.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIls &eacute;taient contents. On se rappelle le sourire moqueur de Zarif sur le balcon de son h&ocirc;tel suisse&nbsp;; c&rsquo;&eacute;tait presque trop facile, il avait saisi que l&rsquo;Administration Obama, pour des raisons politiciennes, avait absolument besoin d&rsquo;annoncer la signature de l&rsquo;accord &agrave; n&rsquo;importe quel prix, et l&rsquo;Iranien exploita cette faille jusqu&rsquo;&agrave; la lie.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDepuis la signature du trait&eacute; et jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;ch&eacute;ance de la mi-janvier, aucune am&eacute;lioration des relations entre l&rsquo;Iran et les USA n&rsquo;&eacute;tait intervenue, contrairement &agrave; ce qu&rsquo;escomptait Washington&nbsp;: Khamenei r&eacute;p&eacute;tait &agrave; l&rsquo;envi que l&rsquo;Am&eacute;rique restait plus que jamais le Grand Satan, et on continuait, sur les boulevards de sa capitale, &agrave; br&ucirc;ler le Stars &amp; Stripes en hurlant &quot;Mort &agrave; l&rsquo;Am&eacute;rique&quot;. Mieux encore, les Gardiens de la R&eacute;volution arraisonnaient puis humiliaient des commandos-marins de la Navy en plein milieu du Golfe arabo-persique. Et puis on a multipli&eacute; les tirs d&rsquo;essai de missiles balistiques, &agrave; grands frais de publicit&eacute;, en invoquant, face aux critiques des Occidentaux, que les engins test&eacute;s &eacute;taient inadapt&eacute;s pour l&rsquo;emport de bombes atomiques.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPour enfoncer le clou, on a demand&eacute; au troupier de service, le Brigadier G&eacute;n&eacute;ral Amir Ali Hajizadeh, le chef de l&rsquo;armement a&eacute;rospatial de l&rsquo;Arm&eacute;e iranienne, de pousser la provoc en d&eacute;clarant&nbsp;: &quot;M&ecirc;me s&rsquo;ils construisent un mur autour de l&rsquo;Iran, notre programme de missiles ne s&rsquo;arr&ecirc;tera pas&quot;, et d&rsquo;ajouter&nbsp;: &quot;Ils tentent d&rsquo;effrayer nos officiels avec des sanctions et des invasions. Cette crainte est notre plus grande menace&quot;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOn a aussi pri&eacute; le pr&eacute;sident potiche Rohani, le clown &quot;r&eacute;formateur&quot; du r&eacute;gime, de compl&eacute;ter l&rsquo;ench&egrave;re en ajoutant&nbsp;: &quot;Nous poursuivrons tous les efforts afin de renforcer notre d&eacute;fense, ce qui participe de notre politique strat&eacute;gique&quot;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa th&eacute;ocratie chiite a feint d&rsquo;ignorer la R&eacute;solution 2231 du Conseil de S&eacute;curit&eacute; appelant l&rsquo;Iran &agrave; ne pas se livrer &agrave; la moindre activit&eacute; relative aux missiles capables de transporter des charges nucl&eacute;aires. C&rsquo;est la &quot;R&eacute;publique&quot; Islamique qui avait insist&eacute; afin que la question des missiles n&rsquo;entre pas dans l&rsquo;accord de juillet, et elle en subit d&eacute;sormais le contrecoup. Il y a, dans cette r&eacute;solution, plus de choses qu&rsquo;il n&rsquo;en faut pour permettre aux Am&eacute;ricains de retarder sine die le d&eacute;blocage des sanctions, non seulement de leur part, mais &eacute;galement chez leurs partenaires.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa junte th&eacute;ocratique dispose en th&eacute;orie de deux solutions&nbsp;: la premi&egrave;re consiste &agrave; d&eacute;noncer l&rsquo;accord de l&rsquo;&eacute;t&eacute; et &agrave; se remettre &agrave; produire de l&rsquo;uranium hautement enrichi. Mais cela entra&icirc;nerait automatiquement l&rsquo;annulation du trait&eacute; par les 5+1, ou par la partie significative d&rsquo;entre eux, et ram&egrave;nerait sur le tapis et avec une vigueur redoubl&eacute;e l&rsquo;&eacute;ventualit&eacute; d&rsquo;une action militaire de l&rsquo;Am&eacute;rique ou de ses turbulents alli&eacute;s isra&eacute;liens et arabes, qui n&rsquo;attendent que cela pour en d&eacute;coudre avec les ayatollahs.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPour ne rien arranger des affaires des Perses, Barack Obama, le pr&eacute;sident oppos&eacute; par principe &agrave; toute intervention militaire mais aussi &agrave; sa propre arm&eacute;e, est devenu un canard boiteux en cette ann&eacute;e &eacute;lectorale. Aussi, s&rsquo;il ne prend pas les dispositions qui conviennent face &agrave; une &eacute;ventuelle d&eacute;nonciation de l&rsquo;accord sur le nucl&eacute;aire, on peut compter sur ses successeurs pour le faire &agrave; sa place, en particulier sur Donald Trump, &eacute;videmment.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDe plus, aux Etats-Unis, il existe traditionnellement une disparit&eacute; importante entre les d&eacute;cisions politiques prises par la Maison Blanche et leur mise en pratique, qui d&eacute;pend de la bonne volont&eacute; d&rsquo;une myriade de fonctionnaires, qui, s&rsquo;ils veulent mettre les b&acirc;tons dans les roues de la politique pr&eacute;sidentielle, pratiquent avec une efficacit&eacute; redoutable. Or, &agrave; ce niveau, que l&rsquo;on ait des sympathies D&eacute;mocrates ou R&eacute;publicaines, on a en commun la d&eacute;testation du r&eacute;gime iranien et de l&rsquo;accord d&eacute;gradant conclu &agrave; Lausanne.&nbsp;&nbsp; &nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;autre solution qui s&rsquo;offre &agrave; Khamenei est celle d&rsquo;attendre patiemment la lev&eacute;e graduelle des sanctions, en rongeant son frein et en montrant patte blanche.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl n&rsquo;en existe pas de troisi&egrave;me, et pour l&rsquo;Iran, outre le fait de s&rsquo;exposer &agrave; des pressions militaires, le grand souci se situe dans la situation catastrophique de son &eacute;conomie. On comptait sur une am&eacute;lioration fulgurante de l&rsquo;&eacute;tat des finances avec la lev&eacute;e des sanctions, mais elle ne vient pas. Lors, on reste plong&eacute; dans son marasme.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEt la &quot;R&eacute;publique&quot; Islamique est un pays pauvre, &agrave; peine mieux loti que ceux qui se trouvent en voie de d&eacute;veloppement. Avec un PIB nominal de 549 milliards de dollars pour 80 millions d&rsquo;Iraniens, on obtient un PIB par habitant de 5 300 dollars (chiffres du Fonds Mon&eacute;taire International [FMI]). A titre de r&eacute;f&eacute;rence, le PIB d&rsquo;Isra&euml;l s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve &agrave; 300 milliards, soit 35 000 dollars par habitant. Soit un Produit Int&eacute;rieur Brut pour l&rsquo;Iran qui est moins du double de celui de l&rsquo;Etat h&eacute;breu, mais pour une population dix fois plus nombreuse.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tT&eacute;h&eacute;ran a beau d&eacute;tenir la 4<sup>&egrave;me<\/sup>&nbsp;r&eacute;serve de p&eacute;trole de la plan&egrave;te et la 2<sup>&egrave;me<\/sup>&nbsp;de gaz naturel, pour le moment, il extrait avec peine 1.5 millions de barils\/jour, qu&rsquo;il doit toujours n&eacute;gocier en-dessous du cours du march&eacute; &agrave; cause des sanctions qui le frappent.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tKhamenei annon&ccedil;ait pouvoir rapidement r&eacute;nover son infrastructure d&rsquo;extraction et d&rsquo;acheminement du brut, et &eacute;lever sa production &agrave; 4 millions de b\/j, voire &agrave; 4.5 millions, mais il est en train de d&eacute;chanter. D&rsquo;abord, parce que l&rsquo;argent dont il a besoin demeure bloqu&eacute;, ensuite, parce que l&rsquo;on ne se trouve plus en p&eacute;riode de ru&eacute;e vers l&rsquo;or noir, loin s&rsquo;en faut. On est m&ecirc;me en &eacute;poque de trop plein, avec des cours d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment bas pour les producteurs, et un march&eacute; engorg&eacute;. Dans ces conditions, compl&eacute;t&eacute;es par un environnement politique d&eacute;favorable au commerce, les soci&eacute;t&eacute;s sp&eacute;cialis&eacute;es dans la recherche et le forage, dont un grand nombre sont am&eacute;ricaines, ne se bousculent pas au portillon.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAvec un prix du Brent clou&eacute; au-dessous des 40 dollars, la recherche de nouveaux gisements est &agrave; peine rentable, et l&rsquo;on voit que des pays autrement plus accueillants que la dictature chiite, &agrave; l&rsquo;instar d&rsquo;Isra&euml;l, rencontrent les plus grandes peines du monde &agrave; int&eacute;resser des soci&eacute;t&eacute;s de forage &agrave; partager leurs risques dans des termes contractuels d&eacute;cents&nbsp;; ce, m&ecirc;me lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;exploiter des champs gaziers d&eacute;j&agrave; identifi&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tBref, m&ecirc;me en augmentant sensiblement sa production de p&eacute;trole et de gaz, l&rsquo;Iran n&rsquo;est pas pr&egrave;s de devenir un eldorado. Et en attendant, c&rsquo;est un pays mis&eacute;reux, o&ugrave; on manque de tout, avec un march&eacute; domestique limit&eacute; &agrave; 80 millions de clients potentiels, eux-m&ecirc;mes ne disposant que de moyens tr&egrave;s r&eacute;duits.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCe qui nous am&egrave;ne &agrave; nous poser des questions quant &agrave; l&rsquo;engouement quasi hyst&eacute;rique des soci&eacute;t&eacute;s industrielles pour le march&eacute; iranien. Et l&rsquo;on peut d&eacute;j&agrave; affirmer que cet enthousiasme est terriblement disproportionn&eacute;, voire qu&rsquo;il fleure le ridicule.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNous nous sommes par exemple pench&eacute;s sur le contrat du si&egrave;cle avec Airbus, portant sur l&rsquo;acquisition de 128 appareils&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.airbus.com\/newsevents\/news-events-single\/detail\/from-the-a320-to-a380-iran-air-selects-the-full-airbus-jetliner-portfolio-for-its-fleet-modernisation\/\">[communication Airbus]<\/a>repr&eacute;sentant un&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.airbus.com\/presscentre\/pressreleases\/press-release-detail\/detail\/translate-to-francais-new-airbus-aircraft-list-prices-for-2015\/\">prix catalogue<\/a>annonc&eacute; de 27.5 milliards de dollars.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOn sait, certes, qu&rsquo;aucune compagnie a&eacute;rienne ne paie jamais le prix affich&eacute;, qui ne sert qu&rsquo;&agrave; soigner l&rsquo;effet d&rsquo;annonce d&rsquo;Airbus et de Boeing, et que les gros contrats se n&eacute;gocient entre 40 et 65 pour cent du prix catalogue, les plus gros discounts &eacute;tant r&eacute;serv&eacute;s aux soci&eacute;t&eacute;s&nbsp;<em>low cost<\/em>&nbsp;(dont la commande se limite &agrave; un seul type d&rsquo;appareil) ainsi qu&rsquo;aux transporteurs a&eacute;riens jouissant aupr&egrave;s des fabricants d&rsquo;un statut privil&eacute;gi&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes Iraniens n&rsquo;appartenant &agrave; aucune de ces deux cat&eacute;gories, on peut raisonnablement imaginer qu&rsquo;ils obtiendraient un rabais de 50 pour cent sur les prix publi&eacute;s. Il resterait tout de m&ecirc;me 13.7 milliards de dollars &agrave; d&eacute;bourser. Lors, on sait que sur&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.challenges.fr\/salon-du-bourget\/20130612.CHA0743\/le-vrai-prix-des-avions-d-airbus-et-de-boeing.html\">le march&eacute; des avions<\/a>&nbsp;de transport, le prix d&rsquo;achat d&rsquo;un avion ne repr&eacute;sente que 15 pour cent de son &quot;co&ucirc;t total de possession&quot; sur 20 ans. Cela repr&eacute;sente pour l&rsquo;Iran encore 78 milliards &agrave; trouver, et c&rsquo;est toujours sans calculer le prix d&rsquo;exploitation et le faible pouvoir d&rsquo;achat des passagers potentiels des compagnies a&eacute;riennes perses.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAu-del&agrave; de la vente des avions &agrave; proprement dite, Airbus entend signer un contrat suppl&eacute;mentaire pour la mise &agrave; niveau de l&rsquo;infrastructure a&eacute;ronautique iranienne, du contr&ocirc;le a&eacute;rien, de l&rsquo;assistance pour les op&eacute;rations au sol et vol, pour l&rsquo;harmonisation de sa r&eacute;glementation a&eacute;rienne, l&rsquo;enseignement au niveau technique et acad&eacute;mique, l&rsquo;encadrement des fonctions d&rsquo;entretien et de r&eacute;parations, ainsi que dans le domaine de la coop&eacute;ration industrielle.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAu bas mot, le co&ucirc;t de 92 milliards sur 20 ans pour les Iraniens devrait encore doubler, ce, alors qu&rsquo;ils ne disposent pas du premier Rial n&eacute;cessaire &agrave; l&rsquo;achat du premier pneu du premier Airbus.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSi l&rsquo;on consid&egrave;re que les repr&eacute;sentants de la junte et les hommes d&rsquo;affaire iraniens signent des contrats &agrave; tire-larigot, totalisant des centaines de milliards de dollars d&rsquo;engagements, que le r&eacute;gime continue le d&eacute;veloppement de son armement &ndash; notamment de centaines de missiles balistiques -, ach&egrave;te des missiles en Russie et des chasseurs-bombardiers par dizaines en Chine, finance la guerre en Syrie, en Irak, au Y&eacute;men et le Hezbollah au Liban, et se doit d&rsquo;entretenir et d&rsquo;approvisionner ses immenses installations nucl&eacute;aires, on doit en d&eacute;duire que l&rsquo;Iran passe son temps &agrave; signer des ch&egrave;ques en blanc.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe pays dispose certes de grosses r&eacute;serves de combustibles fossiles, mais qui se trouvent &agrave; des ann&eacute;es de la solvabilit&eacute;, bien plus que les fournisseurs sont capables d&rsquo;attendre.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tA ce stade de nos observations, nous sommes en mesure d&rsquo;affirmer que la course au tr&eacute;sor des industriels &eacute;trangers en Iran, de m&ecirc;me que le l&eacute;chage des pieds des ayatollahs par les dirigeants occidentaux, le basculement des int&eacute;r&ecirc;ts nationaux des Etats sunnites vers la junte th&eacute;ocratique chiite, les alliances militaires dangereuses avec les Perses, le d&eacute;dain affich&eacute; pour la neutralisation du projet nucl&eacute;aire militaire des ayatollahs au travers de l&rsquo;accord de Lausanne, la r&eacute;int&eacute;gration de la diplomatie iranienne dans le giron des forums internationaux, le traitement de la dictature chiite au niveau d&rsquo;une puissance r&eacute;gionale, le tout, moyennant l&rsquo;abandon de la population autochtone aux gibets du r&eacute;gime ainsi qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;oppression perp&eacute;tuelle, sont pour le moins intempestifs.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDans un avenir visible, que les sanctions soient lev&eacute;es ou non &ndash; leur montant &eacute;tant d&eacute;j&agrave; plusieurs fois hypoth&eacute;qu&eacute; -, la grande majorit&eacute; des contrats commerciaux sign&eacute;s ne sera pas r&eacute;alis&eacute;e. En revanche, le prix politique terriblement lourd a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; pay&eacute; en totalit&eacute; et sans la moindre raison sens&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOn est en pr&eacute;sence d&rsquo;une formidable faute d&rsquo;appr&eacute;ciation, caus&eacute;e par les difficult&eacute;s &eacute;conomiques rencontr&eacute;es par l&rsquo;industrie mondiale, la n&eacute;cessit&eacute; de pr&eacute;senter des montants de contrats exorbitants aux &eacute;lectorats des pays d&eacute;mocratiques inquiets de leur situation &eacute;conomique, et parl&rsquo;opportunisme d&eacute;plac&eacute; des d&eacute;cideurs politiques, eux aussi fr&eacute;quemment soumis &agrave; des situations inextricables.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIls ont fait un g&eacute;ant d&rsquo;un nain, alors que le nain n&rsquo;est pas m&ecirc;me capable de se tenir debout. &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La farce iranienne&nbsp;(info # 013003\/16)[Analyse] Par St&eacute;phane Juffa&nbsp;&copy; MetulaNewsAgency &nbsp; Aujourd&rsquo;hui et demain, le pr&eacute;sident-trompe l&rsquo;&oelig;il de la &quot;R&eacute;publique&quot; Islamique d&rsquo;Iran, Hassan Rohani, aurait d&ucirc; se trouver en Autriche afin d&rsquo;y signer quelques mirobolants contrats d&rsquo;achat de biens et d&rsquo;&eacute;quipements. 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