{"id":12411,"date":"2016-04-04T22:50:49","date_gmt":"2016-04-04T22:50:49","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=12411"},"modified":"2016-04-04T22:54:52","modified_gmt":"2016-04-04T22:54:52","slug":"portrait-de-bernard-sberro-par-ronan-barrot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/portrait-de-bernard-sberro-par-ronan-barrot\/","title":{"rendered":"Portrait de Bernard Sberro par Ronan Barrot"},"content":{"rendered":"<p>\n\tPortrait de Bernard Sberro par Ronan Barrot<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tGalerie Claude Bernard stand B13 Art Paris<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<strong>Ronan Barrot, l&#39;ogre de peinture<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\">\n\t&middot;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <strong>HOME<\/strong>&nbsp;<strong>CULTURE<\/strong>&nbsp;<strong>ARTS EXPOSITIONS<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\">\n\to&nbsp;&nbsp;&nbsp; Par&nbsp;Val&eacute;rie Duponchelle<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le peintre est un ph&eacute;nom&egrave;ne contemporain qui d&eacute;tone et d&eacute;tonne dans son &eacute;poque si volontiers conceptuelle.<\/strong><\/p>\n<p>\n\tIl est trapu comme le Balzac de Rodin. Jovial et puissamment sensuel comme un homme l&acirc;ch&eacute; au th&eacute;&acirc;tre avec Degas. Lettr&eacute; comme un artiste &agrave; l&#39;ancienne qui sait sa po&eacute;sie, go&ucirc;te en gourmet les chemins de traverse et salue ses anciens avec respect (Goya, Chardin, Corot,&nbsp;<a href=\"http:\/\/plus.lefigaro.fr\/tag\/gustave-courbet\"><strong>Courbet<\/strong><\/a>, Daumier). Dr&ocirc;le comme une caricature mordante du Marseillais en blouse noire. Original comme il se doit. Ronan Barrot est un ph&eacute;nom&egrave;ne contemporain qui d&eacute;tone et d&eacute;tonne dans son &eacute;poque si volontiers conceptuelle.<\/p>\n<p>\n\tChevelu avec quelques fils d&#39;argent sous le bonnet marin, &oelig;il bleu qui vous darde et barbe drue de mousquetaire, il est le personnage id&eacute;al pour jouer le r&ocirc;le du peintre. Son atelier parisien est encombr&eacute; et vivant, couvert de m&eacute;gots et fleurant bon l&#39;essence de t&eacute;r&eacute;benthine, avec des articles et des images punais&eacute;s dans les coins, des toiles &#8211;&nbsp;&eacute;normes&nbsp;&#8211; rang&eacute;es &agrave; la hussarde, de la musique romantique qui emporte le tout.<\/p>\n<p>\n\tBreton par sa m&egrave;re (presqu&#39;&icirc;le de Crozon, Finist&egrave;re) et Proven&ccedil;al par son p&egrave;re (&laquo;la France du Comtat Venaissin qui ressemble &agrave; la Toscane par ses paysages tr&egrave;s rythm&eacute;s&raquo;), ce Parisien tout terrain de 41&nbsp;ans est un m&eacute;lange nord-sud parfaitement alternatif, &agrave; la fois entier et volubile, nuage &eacute;tale ou bourrasque tonitruante. &laquo;Je me sens m&eacute;ridional, d&eacute;termin&eacute; par les paysages vus dans l&#39;enfance, influence que souligna &Eacute;lie Faure (historien de l&#39;art et essayiste, 1873-1937, NDLR), le neveu du g&eacute;ographe &Eacute;lis&eacute;e Reclus. Avant les Beaux-Arts, j&#39;ai fait l&#39;&eacute;cole des beaux arbres&raquo;, s&#39;amuse-t-il, fan de l&#39;humour en vrac, un tiers Alphonse Allais, deux tiers Francis Blanche et Pierre Dac. Gros rire d&#39;ogre entre deux citations graves et belles comme le&nbsp;<em>Andre&iuml; Roublev<\/em>d&#39;Andre&iuml; Tarkovski.<\/p>\n<p>\n\t<strong>&laquo;Le monde est perdu quand on peint. On ne peut pas le recopier. Il faut tout r&eacute;inventer, tout reconstruire.&raquo;<\/strong><\/p>\n<p>\n\tRonan Barrot<\/p>\n<p>\n\tL&#39;art est son biotope naturel: &laquo;J&#39;ai grandi dedans. Le spectacle du visible est un d&eacute;fi effrayant. Tout de suite, on ne parlait que de &ccedil;a.&raquo; Ronan est fils de peintre, les amis de son p&egrave;re le furent aussi, le portraitiste et pastelliste &eacute;gytien Ibrahim Shahda (1929-1991) aux toiles chavir&eacute;es ou Paul Surtel, peintre de paysages placides (1893-1985). &laquo;J&#39;ai grandi au pied d&#39;un village magnifique, Venasque, dont l&#39;&eacute;glise abrite une merveille, une&nbsp;<em>Crucifixion&nbsp;<\/em>dat&eacute;e de 1498. Un tableau qui fut l&#39;&oelig;uvre de trois peintres, envoy&eacute; avec toute sa poussi&egrave;re directement au Louvre. Sous la pression de ses &eacute;lecteurs,<a href=\"http:\/\/plus.lefigaro.fr\/tag\/edouard-daladier\"><strong>&Eacute;douard Daladier<\/strong><\/a>, fils de Carpentras, pas encore pr&eacute;sident du Conseil, a fait revenir le tableau au village. Je vais souvent le revoir, confie-t-il. Mais le paysage travers&eacute; pour monter au village fait partie du bonheur du tableau.&raquo; Il y a chez Ronan Barrot l&#39;amour du r&eacute;cit &eacute;pique que le d&eacute;tail saugrenu ancre dans le r&eacute;el.<\/p>\n<p>\n\tIl fait sienne la phrase de son ami, l&#39;&eacute;crivain &Eacute;ric Vuillard, prix Franz-Hessel 2012 et prix Val&eacute;ry-Larbaud 2013 pour&nbsp;<em>Congo&nbsp;et&nbsp;La Bataille de l&#39;Occident<\/em>&nbsp;: &laquo;Le monde est une pr&eacute;sence et une &eacute;nigme.&raquo; &laquo;Comme dirait Borges, on ne peut pas faire une carte &agrave; &eacute;chelle&nbsp;1 de la Chine! Le monde est perdu quand on peint. On ne peut pas le recopier. Il faut tout r&eacute;inventer, tout reconstruire. Le r&eacute;alisme exige une grande puissance d&#39;imagination. C&#39;est le g&eacute;nie de Courbet que de r&eacute;ussir &agrave; faire vivre un tableau, &agrave; le rendre aussi vivant que le monde. La peinture aide &agrave; voir le monde, elle donne une intuition du monde. Quand on commence une toile, il va falloir mentir, toujours ajuster ses mensonges pour arriver au vivant.&raquo; Il aime cette phrase de Chardin parce qu&#39;elle dit tout, selon lui&nbsp;: &laquo;Je mets de la couleur jusqu&#39;&agrave; ce que ce soit ressemblant.&raquo; Et de citer Corot, peintre de nature sur le vif, auquel on reprochait un lac imaginaire: &laquo;Je l&#39;ai vu en venant!&raquo; Inventer pour montrer, voil&agrave; la morale de cet artiste digne de&nbsp;<em>La&nbsp;Boh&egrave;me<\/em>que l&#39;on verrait bien d&eacute;vorer toiles, femmes et banquets iod&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&laquo;Trac&raquo;, le mot lui revient sans cesse, mais on se demande o&ugrave; cette souris se cache derri&egrave;re la couenne de l&#39;&eacute;l&eacute;phant. &laquo;L&#39;appr&eacute;hension me va bien, car elle d&eacute;signe l&#39;acte de prendre et la peur du r&eacute;el. Un peintre lutte contre le temps, essaie de le saisir&raquo;, explique ce rebelle qui a fait les Beaux-Arts &agrave; Paris &agrave; un moment o&ugrave; la peinture &eacute;tait &laquo;d&eacute;test&eacute;e&raquo;. &laquo;On en parlait en se bouchant le nez, on nous matraquait toujours avec la phrase de&nbsp;<a href=\"http:\/\/plus.lefigaro.fr\/tag\/leonard-de-vinci\"><strong>Leonardo Da Vinci<\/strong><\/a>, la peinture est &ldquo;cosa mentale&rdquo;, donc vous &ecirc;tes un idiot de peindre. En fait, la phrase &eacute;tait tronqu&eacute;e, puisque le texte de Vinci, infiniment plus subtil, dit:&ldquo;La peinture est cosa mentale. D&#39;elle proc&egrave;de l&#39;ex&eacute;cution, beaucoup plus noble que ladite th&eacute;orie ou science.&rdquo; Il y avait l&agrave; une grosse honte, sans que personne ne puisse dire d&#39;o&ugrave; elle venait. Au nom de&nbsp;<a href=\"http:\/\/plus.lefigaro.fr\/tag\/duchamp\"><strong>Duchamp<\/strong><\/a>, on vous arr&ecirc;te! Il a &eacute;t&eacute; &shy;instrumentalis&eacute;, comme Guy Debord, d&#39;ailleurs. Il faudrait payer des voyages &agrave; Rouen &agrave; tous ces ignorants pour qu&#39;ils comprennent Duchamp.&raquo;<\/p>\n<p>\n\tCoqueluche de la gentry parisienne, Ronan Barrot aime aussi bien pourfendre que rendre justice. &Agrave; Jean-Fran&ccedil;ois Debord, son professeur de morphologie des Beaux-Arts, par exemple. &laquo;Il avait une fa&ccedil;on de commenter les dessins, les formes, leur logique, il nous apprenait &agrave; les lire aussi bien chez celles imagin&eacute;es par les artistes que dans celles qui se d&eacute;ploient devant nous, chaque jour. Comprendre comment une courbe se tend. Qu&#39;est-ce qu&#39;un angle, une flexion, un point, aussi bien pour un homme que pour un arbre.&raquo; Et voil&agrave; comment on se retrouve dans un atelier en fond de cour, pas chauff&eacute; en hiver, peu a&eacute;r&eacute; en &eacute;t&eacute;, &agrave; batailler avec la mati&egrave;re, la composition et le temps, trois sujets &eacute;ternels.<\/p>\n<p>\n\tRonan Barrot. Pendant la r&eacute;p&eacute;tition,&nbsp;<em>&agrave; la galerie Claude Bernard (Paris VIe), jusqu&#39;au 17&nbsp;mai. Catalogue bilingue, texte d&#39;&Eacute;ric Vuillard (15&nbsp;&euro;).<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Portrait de Bernard Sberro par Ronan Barrot &nbsp; Galerie Claude Bernard stand B13 Art Paris &nbsp; Ronan Barrot, l&#39;ogre de peinture &middot;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; HOME&nbsp;CULTURE&nbsp;ARTS EXPOSITIONS o&nbsp;&nbsp;&nbsp; Par&nbsp;Val&eacute;rie Duponchelle &nbsp; Le peintre est un ph&eacute;nom&egrave;ne contemporain qui d&eacute;tone et d&eacute;tonne dans son &eacute;poque si volontiers conceptuelle. Il est trapu comme le Balzac de Rodin. 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