{"id":12465,"date":"2016-04-11T23:16:48","date_gmt":"2016-04-11T23:16:48","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=12465"},"modified":"2016-04-11T23:16:48","modified_gmt":"2016-04-11T23:16:48","slug":"pays-emergents-une-nouvelle-ere-economique-commence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/pays-emergents-une-nouvelle-ere-economique-commence\/","title":{"rendered":"Pays \u00e9mergents : une nouvelle \u00e8re \u00e9conomique a commenc\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<strong><u>Pays &eacute;mergents&nbsp;: une nouvelle &egrave;re &eacute;conomique a commenc&eacute;<\/u><\/strong><u>(info # 011104\/16)<\/u><u>[Analyse &eacute;conomique]<\/u><\/p>\n<p>\n\tPar S&eacute;bastien Castellion <strong>&copy; Me<\/strong><strong>t<\/strong><strong>ula<\/strong><strong>N<\/strong><strong>ews<\/strong><strong>A<\/strong><strong>gency<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa semaine derni&egrave;re, l&rsquo;Institut de la Finance Internationale (IIF) a attir&eacute; l&rsquo;attention des &eacute;conomistes sur un ph&eacute;nom&egrave;ne radicalement nouveau apparu dans les statistiques &eacute;conomiques mondiales de 2015.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tChaque ann&eacute;e depuis plus de vingt ans, il y avait davantage d&rsquo;investissements des vieux pays industrialis&eacute;s (Etats-Unis, Europe, Japon) vers les pays dits &laquo;&nbsp;&eacute;mergents&nbsp;&raquo;, &agrave; l&rsquo;industrialisation plus r&eacute;cente, que dans le sens inverse. Ce flux d&rsquo;investissements, apr&egrave;s avoir baiss&eacute; lors de la crise financi&egrave;re des pays &eacute;mergents en 1997-98 et s&rsquo;&ecirc;tre momentan&eacute;ment arr&ecirc;t&eacute; du fait de la crise de 2008 (dans laquelle les pays &eacute;mergents n&rsquo;&eacute;taient pour rien), &eacute;tait ensuite reparti de plus belle, pour retrouver en 2010 son maximum historique de 2007, soit environ 520 milliards de dollars investis dans les march&eacute;s &eacute;mergents.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCes investissements r&eacute;guliers dans les pays &eacute;mergents pendant toute une g&eacute;n&eacute;ration ont chang&eacute; le visage de l&rsquo;&eacute;conomie mondiale. Ils ont fait sortir des centaines de millions d&rsquo;hommes de la pauvret&eacute;, cr&eacute;&eacute; des conflits sociaux dans le vieux monde sur les &laquo;&nbsp;d&eacute;localisations&nbsp;&raquo; et fait appara&icirc;tre de nouvelles puissances &eacute;conomiques &ndash; la Chine, l&rsquo;Inde, le Br&eacute;sil&hellip; &ndash; aussi essentielles aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;elles &eacute;taient m&eacute;pris&eacute;es il y a une g&eacute;n&eacute;ration.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCe nouveau monde, qui est encore celui qui dicte la plupart de nos raisonnements et de nos comportements &eacute;conomiques, a &agrave; son tour disparu en seulement deux ans&nbsp;; les donn&eacute;es analys&eacute;es par l&rsquo;IIF semblent montrer qu&rsquo;il n&rsquo;est pas pr&ecirc;t de revenir.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAlors que les flux nets des vieux pays industrialis&eacute;s vers les pays &eacute;mergents atteignaient environ 520 milliards de dollars en 2013, deux ans plus tard, l&rsquo;image s&rsquo;est enti&egrave;rement renvers&eacute;e&nbsp;: ce sont maintenant les pays &eacute;mergents qui ont investi pr&egrave;s de 800 milliards de plus vers le vieux monde qu&rsquo;ils n&rsquo;en ont re&ccedil;u d&rsquo;investissements.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPour 2016, si les tendances actuelles se poursuivent, le flux en provenance des pays &eacute;mergents serait moins important (environ 450 milliards de dollars)&nbsp;; mais il est trop t&ocirc;t dans l&rsquo;ann&eacute;e pour pouvoir s&rsquo;appuyer sur cette pr&eacute;vision. La seule chose certaine est que le mouvement d&rsquo;investissement net vers les vieilles &eacute;conomies industrielles se poursuit. L&rsquo;argent qui se dirigeait r&eacute;guli&egrave;rement depuis une g&eacute;n&eacute;ration vers des chantiers chinois, des usines indiennes ou des bons du Tr&eacute;sor br&eacute;silien sort d&eacute;sormais, en quantit&eacute;s massives, de ces march&eacute;s pour s&rsquo;investir en Am&eacute;rique et en Europe.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;explication de ce renversement est relativement simple. Elle tient, pour l&rsquo;essentiel, en un seul mot&nbsp;: la Chine.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tComme je l&rsquo;avais d&eacute;crit dans mon dernier article dans ces colonnes, le mod&egrave;le &eacute;conomique chinois, fond&eacute; sur une croissance ultra-rapide, un taux d&rsquo;&eacute;pargne &eacute;lev&eacute; et une recherche exclusive de parts de march&eacute; &agrave; l&rsquo;export a cess&eacute; de vivre. M&ecirc;me les taux de croissance officiellement affich&eacute;s par les statisticiens chinois (7% contre 10% nagu&egrave;re) sont assez peu cr&eacute;dibles dans un pays o&ugrave; tout est politiquement manipul&eacute;. L&rsquo;an dernier, la soci&eacute;t&eacute; Capital Economics, d&rsquo;habitude sp&eacute;cialis&eacute;e dans les pr&eacute;visions &eacute;conomiques, avait effectu&eacute; une contre-expertise des statistiques chinoises sur la premi&egrave;re moiti&eacute; de l&rsquo;ann&eacute;e 2015 et conclu que le taux annualis&eacute; r&eacute;el &eacute;tait probablement &agrave; peine sup&eacute;rieur &agrave; 4%.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes cons&eacute;quences du ralentissement chinois se font sentir sur toute la plan&egrave;te. Les capacit&eacute;s productives du monde entier &ndash; mines canadiennes, aci&eacute;ries br&eacute;siliennes, ing&eacute;nieries europ&eacute;ennes &ndash; se sont tourn&eacute;es depuis 25 ans vers la demande chinoise. Avec le ralentissement de cette demande, l&rsquo;&eacute;conomie mondiale est entr&eacute;e dans une p&eacute;riode de surcapacit&eacute; massive, qui concerne toutes les zones et la plupart des secteurs. Il y a, partout, plus d&rsquo;usines, d&rsquo;infrastructures et de comp&eacute;tences que la demande mondiale n&rsquo;en exprime le besoin.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCette surcapacit&eacute; g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e a deux cons&eacute;quences directes.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTout d&rsquo;abord, les investissements r&eacute;alis&eacute;s par les vieilles &eacute;conomies industrielles dans les pays &eacute;mergents perdent leur rentabilit&eacute;. Il n&rsquo;y a plus grand int&eacute;r&ecirc;t &agrave; ajouter une ligne de production de voitures en Tha&iuml;lande ou un haut-fourneau au Br&eacute;sil si la croissance chinoise n&rsquo;est plus l&agrave; pour acheter la production.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl devient aussi plus dangereux qu&rsquo;il y a quelques ann&eacute;es d&rsquo;investir ses &eacute;conomies dans les bons du Tr&eacute;sor des pays &eacute;mergents. Avec la baisse de leur croissance due au ralentissement de la demande chinoise, ces pays &ndash; traditionnellement moins attach&eacute;s que les vieilles &eacute;conomies industrielles au paiement des dettes de l&rsquo;Etat &ndash; pr&eacute;sentent un risque plus important de banqueroute.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEnsuite, en m&ecirc;me temps que les pays d&eacute;velopp&eacute;s perdent leur int&eacute;r&ecirc;t pour l&rsquo;investissement dans les pays &eacute;mergents, les investisseurs des pays &eacute;mergents ont, eux, une forte incitation &agrave; lancer des investissements en sens inverse.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDeux groupes d&rsquo;investisseurs des pays &eacute;mergents ont, aujourd&rsquo;hui, de gigantesques r&eacute;serves d&rsquo;argent pour lesquelles les &eacute;conomies industrielles sont un d&eacute;bouch&eacute; tentant.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe premier de ces groupes, ce sont les Chinois. Pendant un quart de si&egrave;cle de forte croissance, la priorit&eacute; de la Chine &eacute;tait de gagner des parts de march&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger. Pour ce faire, le pays r&eacute;duisait artificiellement la valeur de sa monnaie &ndash; ce qui ne peut se faire qu&rsquo;en achetant des r&eacute;serves importantes dans les autres monnaies, et avant tout en dollars.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn janvier dernier, les r&eacute;serves totales de la Chine atteignaient 3 230 milliards de dollars, soit autant que la richesse totale produite en 2015 par la France et la Belgique r&eacute;unies. Cette tirelire doit bien se placer quelque part.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe deuxi&egrave;me groupe est constitu&eacute; des investisseurs des pays exportateurs de gaz et de p&eacute;trole&nbsp;: Arabes du Golfe principalement, mais aussi Russes. La surcapacit&eacute; mondiale a r&eacute;duit les revenus qu&rsquo;ils re&ccedil;oivent de leurs industries nationales, mais n&rsquo;a pas fait dispara&icirc;tre l&rsquo;argent accumul&eacute; pendant les ann&eacute;es de prix &eacute;lev&eacute;s. Le moment est donc venu, pour eux, de r&eacute;duire les investissements dans leur propre industrie et de placer leur argent &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPour ces deux groupes d&rsquo;investisseurs, les vieilles &eacute;conomies industrielles offrent de belles garanties de placement. L&rsquo;Europe et l&rsquo;Am&eacute;rique sont pleines de comp&eacute;tences et de capital accumul&eacute;s pendant des si&egrave;cles. Le co&ucirc;t des investissements est en baisse, car la surcapacit&eacute; mondiale a les m&ecirc;mes effets que partout ailleurs&nbsp;: elle cr&eacute;e des besoins urgents de financement et r&eacute;duit le prix de nos capacit&eacute;s de production. Enfin, l&rsquo;environnement juridique est favorable aux investisseurs. Plus que dans les pays &eacute;mergents (en moyenne au moins), les vieilles &eacute;conomies industrielles garantissent le respect des contrats et le remboursement des dettes.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tToutes les conditions sont donc rassembl&eacute;es pour que nous entrions dans une p&eacute;riode durable o&ugrave; ce sont les investisseurs des pays &eacute;mergents, principalement Chinois et Arabes, qui investissent dans le vieux monde industriel et non l&rsquo;inverse. De m&ecirc;me que la pr&eacute;c&eacute;dente vague d&rsquo;investissements avait chang&eacute; l&rsquo;&eacute;conomie mondiale, de m&ecirc;me celle-ci aura des cons&eacute;quences durables.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCertaines seront positives&nbsp;: les investissements venus du Sud cr&eacute;eront de l&rsquo;activit&eacute; dans nos &eacute;conomies vieillies. D&rsquo;autres seront, disons, politiquement plus sensibles&nbsp;: celui qui investit obtient in&eacute;vitablement du pouvoir et de l&rsquo;influence dans les territoires o&ugrave; il s&rsquo;installe et aupr&egrave;s de leurs gouvernants. Mais, &agrave; moins d&rsquo;un nouveau renversement assez improbable des conditions &eacute;conomiques, nous n&rsquo;avons encore vu que le d&eacute;but de la nouvelle vague d&rsquo;investissements.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pays &eacute;mergents&nbsp;: une nouvelle &egrave;re &eacute;conomique a commenc&eacute;(info # 011104\/16)[Analyse &eacute;conomique] Par S&eacute;bastien Castellion &copy; MetulaNewsAgency &nbsp; La semaine derni&egrave;re, l&rsquo;Institut de la Finance Internationale (IIF) a attir&eacute; l&rsquo;attention des &eacute;conomistes sur un ph&eacute;nom&egrave;ne radicalement nouveau apparu dans les statistiques &eacute;conomiques mondiales de 2015. &nbsp; Chaque ann&eacute;e depuis plus de vingt ans, il y avait&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":20497,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[34,1],"tags":[],"class_list":["post-12465","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-divers","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12465","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12465"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12465\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20497"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12465"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12465"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12465"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}