{"id":12581,"date":"2016-04-22T00:49:55","date_gmt":"2016-04-22T00:49:55","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=12581"},"modified":"2023-01-19T00:53:36","modified_gmt":"2023-01-19T00:53:36","slug":"grandir-en-france-en-etant-juive","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/grandir-en-france-en-etant-juive\/","title":{"rendered":"Grandir en France en \u00e9tant Juive"},"content":{"rendered":"<p>\n\tGrandir en France en &eacute;tant Juive<\/p>\n<div>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t\tPar&nbsp;Sarah Koskievic<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t&laquo; La seule raison que j&#39;accepterais si tu te fais virer de l&#39;&eacute;cole, c&#39;est si tu te bats parce qu&#39;on t&#39;a trait&eacute;e de &quot;sale Juive&quot;. &raquo; Du plus loin que je me souvienne, ma m&egrave;re m&#39;a toujours r&eacute;p&eacute;t&eacute; &ccedil;a, du haut de son m&egrave;tre soixante. Elle aussi, au coll&egrave;ge, elle s&#39;&eacute;tait battue et faite exclure &ndash; pour la m&ecirc;me raison. Elle n&#39;en &eacute;tait ni fi&egrave;re, ni honteuse. Elle avait simplement d&eacute;fendu ce qu&#39;elle &eacute;tait.<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\tC&#39;&eacute;tait &ccedil;a, chez nous, l&#39;identit&eacute; juive : toujours &ecirc;tre fiers, ne jamais se cacher, arborer nos Magen David la t&ecirc;te haute. Cette notion &eacute;tait tr&egrave;s pr&eacute;sente dans ma famille, moiti&eacute; ashk&eacute;naze, moiti&eacute; s&eacute;farade. De mon c&ocirc;t&eacute; polonais, il ne restait plus grand-chose. Comme de nombreuses familles d&#39;Europe de l&#39;Est, la mienne avait &eacute;t&eacute; en partie d&eacute;cim&eacute;e durant la Shoah. De ma famille tunisienne, issue de la diaspora et fi&egrave;rement repr&eacute;sent&eacute;e par ma m&egrave;re, on a gard&eacute; les traditions, la nourriture, les r&eacute;unions de famille pendant les f&ecirc;tes et le kiddouch du vendredi soir pour accueillir le Shabbat.<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\tChez moi, on aimait l&#39;&eacute;tat d&#39;Isra&euml;l. Je dirais, inconditionnellement. Les quelques membres de ma famille rescap&eacute;s de l&#39;Holocauste et que j&#39;ai connus, voyaient en Isra&euml;l un pays refuge. Au cas o&ugrave;. De fait, d&egrave;s l&#39;&acirc;ge de 11 ou 12 ans, j&#39;avais d&eacute;j&agrave; lu tous les bouquins de ma m&egrave;re sur le sujet, notamment le journal de Josef Mengele, c&eacute;l&egrave;bre criminel de guerre et &laquo; m&eacute;decin &raquo; nazi, qui exp&eacute;rimenta toutes sortes d&#39;op&eacute;rations inhumaines et absurdes sur les Juifs. Ma m&egrave;re ne m&#39;en a jamais dissuad&eacute;e. C&#39;est comme &ccedil;a qu&#39;elle m&#39;a inculqu&eacute; le devoir de m&eacute;moire.<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\tMes parents ne m&#39;ont jamais fait croire que notre religion ressemblait aux autres. De fait, nous ne f&ecirc;tions ni No&euml;l, ni P&acirc;ques, mais Hanoukka et Pessah. Bien s&ucirc;r, je jugeais mes petits camarades qui croyaient au P&egrave;re No&euml;l &ndash; ma m&egrave;re avait vaguement &eacute;voqu&eacute; un Papa Hanoukka, avant d&#39;abandonner cette id&eacute;e idiote. Pendant Pessah, &ccedil;a se corsait : moi aussi je voulais manger plein de petits chocolats mais c&#39;&eacute;tait impossible, ce n&#39;&eacute;tait pas cacher &ndash; autoris&eacute; &ndash; pendant Pessah. Aujourd&#39;hui, je prends un malin plaisir &agrave; me gaver de chocolat avant les f&ecirc;tes de Pessah. Une sorte de revanche sur la vie.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\t&Agrave; la maison, on mangeait cacher mais mon fr&egrave;re et moi &eacute;tions libres de notre juda&iuml;sme pass&eacute; la porte d&#39;entr&eacute;e. Peut-&ecirc;tre que mes parents estimaient qu&#39;il fallait tout voir pour tout savoir. Je pense surtout que c&#39;&eacute;tait leur mani&egrave;re de nous inculquer le libre arbitre. La seule limite demeurait le porc &ndash; l&#39;interdit absolu. Mais pour le reste et jusqu&#39;&agrave; mes 20 ans, j&#39;ai go&ucirc;t&eacute; de tout. Apr&egrave;s deux ann&eacute;es de fac de m&eacute;decine foir&eacute;es, je me suis demand&eacute; si Dieu ne testait pas ma r&eacute;sistance &agrave; l&#39;&eacute;chec scolaire. Si tel &eacute;tait le cas, j&#39;allais relever le d&eacute;fi. Du jour au lendemain, j&#39;ai commenc&eacute; &agrave; manger cacher. Adieu foie gras, Big Mac et autres joyeuset&eacute;s gustatives. Pour pallier ces manques, ma m&egrave;re a appris &agrave; tout cuisiner selon nos r&egrave;gles. Et elle m&#39;a tout transmis. Si vous venez d&icirc;ner &agrave; Shabbat chez moi, vous pourriez y manger un colombo de poulet ou un foie gras p&eacute;rigourdin, le tout certifi&eacute; cacher.<\/p>\n<p>\n\t\tLes souvenirs d&#39;enfance o&ugrave; j&#39;ai d&ucirc;, pour une raison ou pour une autre, justifier de mon juda&iuml;sme, sont rares. J&#39;ai une vague r&eacute;miniscence d&#39;un scandale &agrave; la cantine, en primaire. Ce midi-l&agrave;, il y avait des calamars au menu et, du haut de mes 8 ans, je savais bien que ce n&#39;&eacute;tait pas cacher. J&#39;ai refus&eacute; d&#39;en manger. La dame de la cantine a voulu me forcer. J&#39;ai hurl&eacute; que ce n&#39;&eacute;tait pas cacher et que je ne pouvais PAS. Ils ont &eacute;t&eacute; forc&eacute;s de pr&eacute;venir ma m&egrave;re du bordel que j&#39;avais fait, car c&#39;est la derni&egrave;re fois de ma scolarit&eacute; que j&#39;ai mang&eacute; &agrave; la cantine.<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\tAutre grand classique de l&#39;&eacute;cole primaire, la m&eacute;connaissance de la religion. Lorsque je disais &agrave; un autre gosse que j&#39;&eacute;tais feuj, il me r&eacute;pondait syst&eacute;matiquement : &laquo; Mais t&#39;es d&#39;origine juive ? &raquo; Je r&eacute;pondais que non, ce n&#39;est pas un pays. J&#39;ai entendu ce genre d&#39;erreurs de nombreuses fois dans ma vie. Et pas seulement venant d&#39;enfants.<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\tAu coll&egrave;ge, j&#39;&eacute;tais une caricature de feuj. La mode chalala battait son plein et je tra&icirc;nais ma m&egrave;re au Sentier pour m&#39;acheter des tee-shirts Morgan, des jeans Tark&#39;1 et des baskets No Name. J&#39;avais 14 ans, je jurais &laquo; sur la Torah &raquo;, chantais du Gilbert Montagn&eacute; et employais &ndash; &agrave; mauvais escient, je m&#39;en rends compte aujourd&#39;hui &ndash; des mots en arabe comme &laquo; darkha &raquo;, &laquo; blata &raquo; ou &laquo; batata &raquo;. (&laquo; marrant &raquo;, &laquo; culott&eacute; &raquo; et &laquo; grosse &raquo; en fran&ccedil;ais). Mais &ecirc;tre une Chal&#39;, &ccedil;a permettait de faire partie d&#39;une v&eacute;ritable communaut&eacute;, &agrave; la fois juive et jeune. Un peu comme une soci&eacute;t&eacute; secr&egrave;te, mais avec tr&egrave;s peu de go&ucirc;t en termes de v&ecirc;tements. R&eacute;trospectivement, je dirais qu&#39;on &eacute;tait surtout imbuvables, nous, les Chal&#39;.<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\tUne fois, j&#39;ai assist&eacute; &agrave; une r&eacute;union d&#39;information des &eacute;claireuses et &eacute;claireurs isra&eacute;lites de France. Quand ils ont expliqu&eacute; qu&#39;il fallait creuser un trou dans la nature pour aller pisser, je me suis tir&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\tPendant les vacances scolaires, mes parents m&#39;envoyaient en colonie de vacances juive. &Agrave; tous les repas, on faisait en cons&eacute;quence toutes les b&eacute;n&eacute;dictions sur la nourriture, et les vendredis et samedis, on observait le Shabbat. Apr&egrave;s trois semaines de colo, je revenais &agrave; la maison, pleine de nouvelles traditions que j&#39;essayais d&#39;imposer &agrave; ma famille et que j&#39;oubliais au bout de huit jours. J&#39;ai fait plusieurs colos o&ugrave; l&#39;on partait trois semaines &ndash; parfois plus &ndash; &agrave; la d&eacute;couverte d&#39;Isra&euml;l. Pendant ces voyages, on sillonnait le pays du Nord au Sud, et chaque &eacute;tape d&eacute;voilait un aspect du juda&iuml;sme. Les juifs heureux &agrave; Tel Aviv, les combattants de Tsahal, l&#39;Holocauste, encore, &agrave; Yad Vashem, le m&eacute;morial de la Shoah &agrave; J&eacute;rusalem. Et les kibboutz, ces villages collectivistes isra&eacute;liens, o&ugrave; tout le monde &laquo; vit ensemble en harmonie &raquo;.<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\tLe premier samedi du mois de septembre, il y avait le rendez-vous des colos. Celui-ci se tenait devant le H&auml;agen-Dazs des Champs-&Eacute;lys&eacute;es o&ugrave; l&#39;on se retrouvait pour &eacute;changer les souvenirs de nos &eacute;t&eacute;s, se sauter dans les bras et chanter les chansons qu&#39;on avait apprises. La police &eacute;tait l&agrave; car, invariablement, des mini-&eacute;meutes &eacute;clataient. Qui venait attaquer des petits feujs de 15 ans ? Je n&#39;ai jamais eu de r&eacute;ponse &agrave; cette question mais manifestement, &ccedil;a devait en affoler plus d&#39;un.<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\tAu lyc&eacute;e Turgot, dans le troisi&egrave;me arrondissement de Paris, on &eacute;tait plein de Juifs. Mais on &eacute;tait tous des Juifs diff&eacute;rents. On &eacute;tait li&eacute;s par la religion mais nos traditions &eacute;taient diverses. Au bahut, on &eacute;tait tous m&eacute;lang&eacute;s et parfois, je ne me reconnaissais pas dans la mani&egrave;re de vivre de mes potes juifs. Ils venaient de milieux plus populaires : du 19&nbsp;earrondissement, des Lilas ou de Pantin. Au coll&egrave;ge, ils avaient &eacute;t&eacute; avec des catholiques, des musulmans, des Noirs et des Arabes, des Asiatiques. Le samedi midi, j&#39;allais manger la dafina de Shabbat dans la cit&eacute; de mon meilleur pote, &agrave; Pantin. Apr&egrave;s le d&eacute;jeuner, on tra&icirc;nait avec ses amis en bas et j&#39;ai vite compris qu&#39;il n&#39;y avait ni religion, ni couleur entre eux. Il fallait juste trouver un <strong><a href=\"https:\/\/fr.jooble.org\/\">emploi en France<\/a><\/strong>. Mes parents aussi m&#39;avaient inculqu&eacute; cette valeur : aimer tout le monde de la m&ecirc;me mani&egrave;re. Seulement l&agrave;, ce principe se r&eacute;v&eacute;lait &ecirc;tre autre chose qu&#39;une simple th&eacute;orie.<\/p>\n<p>\n\t\tL&#39;adolescence est l&#39;&acirc;ge auquel on a envie de s&#39;engager politiquement. On cherche &agrave; se sentir utile, &agrave; faire entendre sa voix. Pas mal de mes proches ont donc choisi un mouvement de jeunesse. Moi, entre la droite et la gauche, je ne comprenais rien. J&#39;avais des opinions mais je ne me sentais pas en danger. En tout cas, pas assez pour porter un &eacute;tendard et me sentir r&eacute;ellement engag&eacute;e. J&#39;ai vaguement tent&eacute; de rejoindre un mouvement de jeunesse comme ma m&egrave;re et mon p&egrave;re l&#39;avaient fait plus jeunes. Une fois, j&#39;ai assist&eacute; &agrave; une r&eacute;union d&#39;information des EEIF, les &eacute;claireuses et &eacute;claireurs isra&eacute;lites de France. Quand ils ont expliqu&eacute; qu&#39;il fallait creuser un trou dans la nature pour aller pisser, je me suis tir&eacute;e.<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\tJusqu&#39;&agrave; mon arriv&eacute;e dans l&#39;&acirc;ge adulte, qui a co&iuml;ncid&eacute; avec le milieu de la deuxi&egrave;me Intifada de 2002, l&#39;antis&eacute;mitisme &eacute;tait encore une esp&egrave;ce de l&eacute;gende urbaine pour moi. Puis un jour, dans le bus qui me menait &agrave; la fac, un type avec un air un peu chelou s&#39;est plant&eacute; face &agrave; moi. Je voyais qu&#39;il fixait mon cou. Autour de celui-ci &eacute;tait accroch&eacute; le mot &laquo; ha&iuml; &raquo;, la vie, en h&eacute;breu. J&#39;ai eu beau m&#39;empresser de cacher mon collier sous mon pull, le mal &eacute;tait fait. Le mec s&#39;est mis &agrave; me hurler dessus. Il m&#39;a trait&eacute;e de &laquo; sale juive &raquo;, puis de &laquo; fille de colon sioniste &raquo;&nbsp;.&nbsp;Je suis imm&eacute;diatement sortie du bus, p&eacute;trifi&eacute;e par la violence de ces insultes. C&#39;est ainsi que j&#39;ai compris, bien malgr&eacute; moi, l&#39;expression &laquo; importer le conflit isra&eacute;lo-palestinien &raquo;.<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\tLorsqu&#39;il y a un conflit au Proche-Orient, on entend tout et n&#39;importe quoi. &Agrave; peu pr&egrave;s &agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque, j&#39;avais organis&eacute; une soir&eacute;e avec mes potes dans l&#39;appartement de mes parents. On avait la vingtaine, on picolait, on dansait. Et mes voisins n&#39;ont rien dit puisque j&#39;avais pris la peine de les informer individuellement que j&#39;allais profiter de l&#39;appart vide. Vers deux heures du mat&#39;, mes potes sont partis. &Eacute;videmment, ils &eacute;taient cuits et, en passant dans la cour, ils ont fait un boucan de tous les diables. Contre toute attente, le concierge de mon immeuble est sorti par la fen&ecirc;tre. Puis il a hurl&eacute; : &laquo; Sales Juifs, rentrez dans votre pays ! &raquo;<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\tOn a tous dessaoul&eacute;, d&#39;un coup. C&#39;est o&ugrave; notre pays ? En Juiverie ? En Pologne, en Tunisie ou au Maroc, d&#39;o&ugrave; nos grands-parents avaient &eacute;t&eacute; chass&eacute;s ? En Isra&euml;l, o&ugrave; l&#39;on avait &agrave; peine foutu les pieds ? On &eacute;tait tous issus de la deuxi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration de la diaspora ; on &eacute;tait tous Fran&ccedil;ais, n&eacute;s en France. C&#39;est o&ugrave; notre pays ? Le lendemain matin, avec la gueule de bois du si&egrave;cle ; je m&#39;appr&ecirc;tais &agrave; porter plainte pour antis&eacute;mitisme. L&agrave;, j&#39;ai compris ce que ma m&egrave;re me rab&acirc;chait depuis ma petite enfance.<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\tJe dis souvent que je n&#39;ai pas connu d&#39;antis&eacute;mitisme en France, que j&#39;ai toujours eu un groupe de potes digne d&#39;une pub Benetton. En vieillissant, je m&#39;aper&ccedil;ois que mon cas n&#39;est pas une g&eacute;n&eacute;ralit&eacute; car il n&#39;y a pas une seule et unique mani&egrave;re de ce que l&#39;on appelle &laquo; &ecirc;tre juif &raquo;. On n&#39;est certainement pas le m&ecirc;me Juif quand on grandit &agrave; Paris dans les ann&eacute;es 1980 qu&#39;&agrave; Toulouse en 2010.<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\tAu d&eacute;but de ma carri&egrave;re de journaliste, je couvrais pas mal de festivals de rap, pour&nbsp;Rap Mag, le magazine dans lequel je bossais. Avant une sc&egrave;ne, je me retrouve avec le rappeur Youssoupha et sa clique pour faire une interview. On parle de musique, bien s&ucirc;r, et je ne sais pas comment la conversation d&eacute;rive. Sur les religions. On est six et on fait un tour de table &laquo; Et toi, t&#39;es quoi ? &raquo; &laquo; Moi, je suis juive. &raquo; Trois longues secondes de silence. &laquo; Nan mais &ccedil;a va &ndash; &ccedil;a nous d&eacute;range pas. &raquo; J&#39;ai explos&eacute; de rire. Hey, encore heureux ! Si jamais quelqu&#39;un cherche un <strong><a href=\"https:\/\/fr.jooble.org\/\">emploi en France<\/a> .<\/strong><o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\tSarah est sur&nbsp;<a href=\"http:\/\/twitter.com\/RouletteRousse\" target=\"_blank\">Twitter<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Grandir en France en &eacute;tant Juive &nbsp; Par&nbsp;Sarah Koskievic &nbsp; &laquo; La seule raison que j&#39;accepterais si tu te fais virer de l&#39;&eacute;cole, c&#39;est si tu te bats parce qu&#39;on t&#39;a trait&eacute;e de &quot;sale Juive&quot;. &raquo; Du plus loin que je me souvienne, ma m&egrave;re m&#39;a toujours r&eacute;p&eacute;t&eacute; &ccedil;a, du haut de son m&egrave;tre soixante.&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":20544,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[10,1],"tags":[],"class_list":["post-12581","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-france","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12581","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12581"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12581\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20544"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12581"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12581"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12581"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}