{"id":12591,"date":"2016-04-25T17:01:02","date_gmt":"2016-04-25T17:01:02","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=12591"},"modified":"2016-04-25T17:03:58","modified_gmt":"2016-04-25T17:03:58","slug":"allemagne-pas-de-blagues-contre-le-sultan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/allemagne-pas-de-blagues-contre-le-sultan\/","title":{"rendered":"Allemagne : Pas de Blagues contre le Sultan"},"content":{"rendered":"<div id=\"print_content\">\n<div id=\"print_content\">\n<div id=\"print_content\">\n<p>\n\t\t\t\tAllemagne : Pas de Blagues contre le Sultan<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\t\tpar&nbsp;<a href=\"http:\/\/fr.gatestoneinstitute.org\/author\/Stefan+Frank\">Stefan Frank<\/a><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"print_content_3\">\n<div itemprop=\"description\">\n<ul>\n<li>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t\tLa chanceli&egrave;re allemande Angela Merkel a donn&eacute; suite &agrave; la demande du pr&eacute;sident turc Recep Tayyip Erdogan de poursuivre au plan p&eacute;nal le com&eacute;dien Jan B&ouml;hmermann, auteur d&#39;un po&egrave;me insultant. B&ouml;hmermann est accus&eacute; d&#39;avoir viol&eacute; une loi interdisant les &laquo; insultes contre les institutions ou les repr&eacute;sentants d&#39;un &Eacute;tat &eacute;tranger &raquo;, d&eacute;lit passible d&#39;une peine maximale de 5 ans de prison.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t\tErdogan a acquitt&eacute; le Pr&eacute;sident du Soudan Omar al Bachir de l&#39;accusation de g&eacute;nocide : &laquo; Les musulmans sont incapables de g&eacute;nocide. &raquo; Erdogan exprime une attitude largement r&eacute;pandue dans la classe politique et m&eacute;diatique allemande : les crimes ne sont pas des crimes quand ils sont commis par des musulmans. Il est rarissime qu&#39;un despote ou un d&eacute;magogue musulman fasse l&#39;objet de critique en Allemagne. En revanche, quand il s&#39;agit de diffamer le christianisme, les inhibitions tombent.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t\tLe gouvernement f&eacute;d&eacute;ral allemand a r&eacute;p&eacute;t&eacute; &agrave; de nombreuses reprises &agrave; la Turquie : nous sommes totalement d&eacute;pendants et ne pouvons pas vivre sans la Turquie. Faut-il s&#39;&eacute;tonner ensuite de la m&eacute;galomanie d&#39;Erdogan ?<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t\t&laquo; La &#39;sensibilit&eacute; culturelle&#39; pratiqu&eacute;e par les soci&eacute;t&eacute;s lib&eacute;rales n&#39;a rien &agrave; voir avec la sensibilit&eacute; ou le tact. Elle d&eacute;coule de la peur de la violence. &raquo; &mdash; Henryk M. Broder, journaliste et auteur.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul><\/div>\n<div itemprop=\"articleBody\">\n<p>\n\t\t\t\t\tQui l&#39;eut cru ? Une loi allemande toujours en vigueur punit le crime de &laquo; l&egrave;se-majest&eacute; &raquo;. Le pr&eacute;sident turc Recep Tayyip Erdogan va en profiter, au risque de plonger l&#39;Allemagne dans une (nouvelle) &laquo; crise nationale &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLes termes &laquo; crise nationale &raquo; et &laquo; crise gouvernementale &raquo; ont &eacute;t&eacute; utilis&eacute;s &agrave; maintes et maintes reprises ces derniers temps, en raison des probl&egrave;mes massifs que traverse l&#39;Allemagne. Mais cette fois ci,&nbsp;l&#39;expression&nbsp;surgit du po&egrave;me insultant qu&#39;un artiste de cabaret, Jan B&ouml;hmermann, a consacr&eacute; au pr&eacute;sident turc Recep Tayyip Erdogan. Erdogan a demand&eacute; la t&ecirc;te de B&ouml;hmermann et, la semaine derni&egrave;re, la chanceli&egrave;re Merkel s&#39;est rang&eacute;e &agrave; son c&ocirc;t&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tL&#39;affaire a d&eacute;marr&eacute; en mars, quand une station r&eacute;gionale de t&eacute;l&eacute;vision a diffus&eacute;, au cours d&#39;une &eacute;mission de divertissement,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=R2e2yHjc_mc\" target=\"_blank\">un clip musical<\/a>&nbsp;qui clouait au pilori de l&#39;humour la r&eacute;pression et les violations des droits de l&#39;homme orchestr&eacute;es par Erdogan. Le gouvernement turc a convoqu&eacute; l&#39;ambassadeur d&#39;Allemagne et a exig&eacute; que la vid&eacute;o cesse d&#39;&ecirc;tre accessible sur Internet. Les Allemands ont ainsi d&eacute;couvert que leur ambassadeur est r&eacute;guli&egrave;rement convoqu&eacute; &agrave; Ankara ; pas moins de trois fois d&eacute;j&agrave; cette ann&eacute;e. Selon la presse, le gouvernement turc s&#39;est plaint ainsi des manuels scolaires du Land de Saxe qui traitent du g&eacute;nocide arm&eacute;nien.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t\t&laquo; Le com&eacute;dien Jan B&ouml;hmermann a lui-m&ecirc;me reconnu en souriant, que son &laquo; po&egrave;me diffamatoire &raquo;, va au-del&agrave; du cadre juridique allemand de la libert&eacute; d&#39;expression. B&ouml;hmermann a accus&eacute; le pr&eacute;sident Erdogan d&#39;avoir des relations sexuelles avec des ch&egrave;vres et des moutons, entre autres choses &raquo;.La r&eacute;v&eacute;lation qu&#39;Erdogan est sensible &agrave; l&#39;insulte a incit&eacute; certains &agrave; franchir les bornes. Jan B&ouml;hmermann, artiste de cabaret, a ainsi diffus&eacute; un &laquo; Po&egrave;me Insultant &raquo; (c&#39;est le titre) sur ZDF Neo, une petite cha&icirc;ne publique de divertissement dont la part d&#39;audience ne d&eacute;passe pas 1%. Le libelle &eacute;tait truff&eacute; de sp&eacute;culations sur les pr&eacute;f&eacute;rences culinaires et sexuelles de Erdogan. L&#39;AFP&nbsp;indique&nbsp;que :<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tB&ouml;hmermann a op&eacute;r&eacute; un mixte entre ces accusations infond&eacute;es et des commentaires sur l&#39;oppression des minorit&eacute;s en Turquie (Erdogan veut &laquo; la peau des Kurdes, taillader les chr&eacute;tiens &raquo;).<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<strong>Capitulation sans combat<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tAvant m&ecirc;me qu&#39;Erdogan d&eacute;pose sa plainte, la ZDF a capitul&eacute; sans combattre, &#8211; nombre d&#39;Allemands estiment que l&agrave; est le vrai scandale &ndash; et a imm&eacute;diatement supprim&eacute; la vid&eacute;o de ses archives Internet. &laquo; Cette parodie qui vise le pr&eacute;sident turc sur un mode satirique ne remplit pas les crit&egrave;res de qualit&eacute; exig&eacute;s par la ZDF pour ce type de programmes &raquo; a&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.zeit.de\/kultur\/film\/2016-04\/jan-boehmermann-zdf-loescht-recep-tayyip-erdogan-satire-video\" target=\"_blank\">expliqu&eacute;<\/a>&nbsp;le service de communication de la station. &laquo; C&#39;est la raison pour laquelle nous avons retir&eacute; cette s&eacute;quence du programme &raquo;. Norbert Himmler, directeur des programmes de la ZDF, a ajout&eacute; que la d&eacute;cision avait &eacute;t&eacute; prise &laquo; en concertation avec Jan B&ouml;hmermann &raquo;. Les limites de la satire et de l&#39;ironie auraient donc &eacute;t&eacute; d&eacute;pass&eacute;es.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLes journalistes de la ZDF ont&nbsp;critiqu&eacute;&nbsp;la d&eacute;cision de la direction et demand&eacute; que la vid&eacute;o soit &agrave; nouveau accessible dans les archives.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLa chanceli&egrave;re Merkel &ndash; qui ne passe pas pour particuli&egrave;rement r&eacute;active dans les crises &#8211; a tent&eacute; d&#39;apaiser Erdogan tout de suite apr&egrave;s la diffusion du programme. Au cours d&#39;une&nbsp;conversation t&eacute;l&eacute;phonique&nbsp;avec le premier ministre turc Davutoglu, elle a reconnu que le po&egrave;me &eacute;tait &laquo; volontairement blessant &raquo; et &laquo; inacceptable &raquo;. Sans doute esp&eacute;rait-elle r&eacute;gler le probl&egrave;me sans avoir &agrave; prononcer d&#39;excuses officielles. Telle a &eacute;t&eacute; l&#39;analyse formul&eacute;e par de nombreux allemands de tous les bords politiques. Mais Erdogan n&#39;a pas souhait&eacute; en rester l&agrave;. Il a exig&eacute; que B&ouml;hmermann soit poursuivi. Le procureur de Mayence a d&eacute;j&agrave; commenc&eacute; d&#39;instruire plusieurs plaintes d&eacute;pos&eacute;es contre B&ouml;hmermann et les dirigeants de la ZDF.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<strong>Les lois de l&#39;empire allemand<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLa l&eacute;gislation allemande ne facilite pas les choses. Des lois qui datent de l&#39;empire allemand et dont aucun Allemand n&#39;a jamais entendu parler, sont en r&eacute;alit&eacute; applicables. En Allemagne, la notion de &laquo; critique abusive &raquo; n&#39;est connue que des juristes ; l&#39;interdiction de faire d&eacute;g&eacute;n&eacute;rer les conflits est probablement plus famili&egrave;re au grand public. Mais ce qui est tr&egrave;s peu connu &ndash; et beaucoup moins accept&eacute; &ndash; est&nbsp;la loi de 1871&nbsp;qui interdit les &laquo; insultes contre les institutions ou les repr&eacute;sentants d&#39;un &Eacute;tat &eacute;tranger &raquo;, un d&eacute;lit passible d&#39;une peine maximale de 5 ans de prison.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLe 14 avril, Angela Merkel a annonc&eacute; qu&#39;elle donnait droit de cit&eacute; &agrave; la demande du pr&eacute;sident truc d&#39;engager des poursuites judiciaires contre B&ouml;hmermann ; et ce malgr&eacute; les objections du Parti social-d&eacute;mocrate (SPD), son alli&eacute; dans la coalition au pouvoir.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tEn Allemagne, c&#39;est &agrave; la justice de d&eacute;cider, pas au gouvernement a d&eacute;clar&eacute; Merkel. Une d&eacute;claration que nombre de commentateurs ont jug&eacute; hypocrite, car Erdogan avait d&eacute;j&agrave; port&eacute; plainte &agrave; titre individuel devant le tribunal de Mayence. Ce que Merkel autorise l&agrave;, est un&nbsp;autreproc&egrave;s pour &laquo; l&egrave;se-majest&eacute; &raquo;. Le&nbsp;Tagesspiegel&nbsp;de Berlin &eacute;crit :<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t&laquo; La majorit&eacute; des Allemands sont contre le fait qu&#39;elle [Merkel] se conforme aux exigences de sa majest&eacute; Recep Tayyip Erdogan. &laquo; Majest&eacute; &raquo; est le terme appropri&eacute;, puisque l&#39;article 103 du code p&eacute;nal punit la l&egrave;se-majest&eacute;. L&#39;article 103 a &eacute;t&eacute; introduit en 1871, &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; nous roulions en cal&egrave;che et avions un empereur. Une &eacute;poque o&ugrave; les Turcs avaient un sultan &raquo;.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\t\t\t\tLa d&eacute;cision de Merkel a &eacute;t&eacute; jug&eacute;e d&#39;autant plus absurde que, le m&ecirc;me jour, la chanceli&egrave;re a d&eacute;clar&eacute; vouloir abolir la loi anti l&egrave;se-majest&eacute; &laquo; d&#39;ici 2018 &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLe message que Merkel envoie est que l&#39;&laquo; honneur &raquo; du pr&eacute;sident turc est plus important que celui des citoyens allemands ; face &agrave; la calomnie, les citoyens n&#39;ont acc&egrave;s qu&#39;au doit commun et ne peuvent se pr&eacute;valoir de la &laquo; protection d&#39;honneur &raquo; &eacute;tendue r&eacute;serv&eacute;e aux &laquo; princes &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tErdogan a obtenu que les r&egrave;gles qu&#39;il a instaur&eacute; en Turquie soient &eacute;tendues &agrave; l&#39;Allemagne. Il y a quelques mois, alors que personne en Turquie n&#39;avait entendu parler de Jan B&ouml;hmermann,&nbsp;Die Welt&nbsp;a&nbsp;&eacute;crit&nbsp;:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t&laquo; Le paragraphe 229 du code p&eacute;nal turc punit l&#39;insulte au chef de l&#39;Etat d&#39;une peine pouvant aller jusqu&#39;&agrave; 4 ans d&#39;emprisonnement. Comme l&#39;a r&eacute;v&eacute;l&eacute; une enqu&ecirc;te du parti CHP (Cumhuriyet Halk Partisi, ou Parti du Peuple), cette infraction politique fait l&#39;objet d&#39;une utilisation intensive en Turquie. Au cours des dix premiers mois de l&#39;ann&eacute;e derni&egrave;re, 98 personnes ont &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;es au titre de l&#39;article 229. Soixante-six d&#39;entre elles ont &eacute;t&eacute; mises en examen et 15 maintenues en garde &agrave; vue. Le nombre des enqu&ecirc;tes pr&eacute;liminaires est inconnu ; les associations de d&eacute;fense des droits de l&#39;homme l&#39;&eacute;valuent &agrave; plusieurs centaines. &laquo; Ces proc&eacute;dures montrent combien les critiques sont justifi&eacute;es. Un r&eacute;gime qui r&eacute;pond &agrave; la critique par des proc&eacute;dures p&eacute;nales va droit &agrave; la dictature &raquo; estime Sezgin Tanrikulu, charg&eacute; de la d&eacute;fense des droits de l&#39;homme au CHP &raquo;.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\t\t\t\t<strong>Le code p&eacute;nal turc deviendrait-il applicable &agrave; l&#39;Allemagne ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<strong>&laquo; Crimes contre l&#39;Humanit&eacute;&nbsp;&raquo;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLe gouvernement turc a&nbsp;d&eacute;clar&eacute;&nbsp;que la calomnie contre Erdogan repr&eacute;sentait un &laquo; crime s&eacute;rieux contre l&#39;humanit&eacute; &raquo;. Des mots qui rappellent opportun&eacute;ment la mani&egrave;re dont Erdogan a&nbsp;acquitt&eacute;&nbsp;le pr&eacute;sident soudanais pr&eacute;sident Omar al Bachir accus&eacute; de g&eacute;nocide au Darfour : &laquo; les musulmans ne peuvent commettre de g&eacute;nocide &raquo;. En s&#39;exprimant ainsi, Erdogan refl&egrave;te une attitude assez r&eacute;pandue en Occident : les crimes ne sont pas des crimes quand ce sont des musulmans qui les commettent. Un point de vue tr&egrave;s partag&eacute; au sein de la classe politique et m&eacute;diatique allemande. Face &agrave; un despote ou un d&eacute;magogue musulman, la retenue critique est g&eacute;n&eacute;rale en Allemagne ; en revanche, d&egrave;s qu&#39;il s&#39;agit de vilipender l&#39;&eacute;glise ou le christianisme, personne ne souffre plus d&#39;inhibition.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tC&#39;est ce deux poids &#8211; deux mesures que Mathias D&ouml;pfner, PDG d&#39;Axel Springer, le plus important groupe de presse allemand, a d&eacute;nonc&eacute; dans une&nbsp;Lettre ouverte &agrave; B&ouml;hmermann, publi&eacute;e par&nbsp;Die Welt.&nbsp;Appelant &agrave; la &laquo; solidarit&eacute; avec Jan B&ouml;hmermann &raquo;, D&ouml;pfner &eacute;crit :<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t&laquo; Avant toute chose, je tiens &agrave; vous dire que votre po&egrave;me est tr&egrave;s r&eacute;ussi. J&#39;ai &eacute;clat&eacute; de rire. Je le souligne et c&#39;est &agrave; mes yeux important, car, ces derniers jours, aucun article n&#39;est paru, accusateur ou approbateur, qui n&#39;ait soulign&eacute; d&#39;abord &#8211; sans doute pour satisfaire au&nbsp;captatio benevolentiae&nbsp;(figure de rh&eacute;torique destin&eacute;e &agrave; capter la sympathie du lecteur, NdT) &#8211; le mauvais go&ucirc;t, l&#39;aspect primaire ou vexatoire de votre satire sur Erdogan &raquo;.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\t\t\t\tSelon D&ouml;pfner, mettre en avant le mauvais go&ucirc;t &eacute;quivaut &laquo; &agrave; reprocher &agrave; un constructeur de Formule 1 de produire des voitures trop rapides &raquo;. Etre primaire et vexatoire &eacute;tait le but recherch&eacute; et a eu d&#39;utiles cons&eacute;quences : &laquo; les r&eacute;actions &agrave; votre satire sont tr&egrave;s r&eacute;v&eacute;latrices. Elles marquent un tournant &raquo;. D&ouml;pfner &eacute;voque les &oelig;uvres de diff&eacute;rents artistes, com&eacute;diens et dessinateurs qui ont entrepris de moquer les chr&eacute;tiens et leur foi. &laquo; Quand il s&#39;agit de provoquer la religion, et plus pr&eacute;cis&eacute;ment d&#39;offenser les sentiments chr&eacute;tiens tout est permis en Allemagne. Ce n&#39;est jamais trop irr&eacute;v&eacute;rencieux ou vexatoire &raquo;. Mais, ajoute-t-il, s&#39;en prendre &agrave; Erdogan, enclenche une &laquo; sorte de crise nationale &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tD&ouml;pfner a rappel&eacute; qu&#39;Erdogan s&#39;est attaqu&eacute; &agrave; la libert&eacute; d&#39;expression en Turquie, aux minorit&eacute;s et &agrave; l&#39;&eacute;galit&eacute; homme &ndash; femme, et a mentionn&eacute; &laquo; la violence impitoyable de l&#39;arm&eacute;e turque &raquo; contre les Kurdes. Pourquoi quelques insultes contre Erdogan engendrent elles un tel remous ? D&ouml;pfner &eacute;crit :<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&laquo; Contre un petit d&eacute;dommagement de 3 milliards d&#39;euros, Erdogan a &eacute;t&eacute; charg&eacute; de r&eacute;guler le flux migratoire, afin que la situation ne d&eacute;rape pas en Allemagne. Vous devez donc comprendre, cher Monsieur B&ouml;hmermann, que le Gouvernement F&eacute;d&eacute;ral a &eacute;t&eacute; dans l&#39;obligation de s&#39;excuser pour vos remarques insensibles. Celles-ci sont contreproductives &#8211; libert&eacute; artistique ou non &#8211; dans le contexte actuel. Nous pourrions appeler cela : se mettre &agrave; plat ventre. Ou bien reprendre le titre du chef d&#39;&oelig;uvre de Michel Houellebecq sur la d&eacute;mission volontaire de l&#39;occident d&eacute;mocratique : soumission &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<strong>Des courbettes &agrave; la Turquie<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tErdogan, qui a&nbsp;men&eacute; campagne&nbsp;en Allemagne &agrave; la veille des &eacute;lections turques, semble consid&eacute;rer l&#39;Allemagne comme une province de l&#39;empire Ottoman. Il a&nbsp;rappel&eacute;&nbsp;aux turcs allemands que &laquo; l&#39;assimilation est un crime contre l&#39;humanit&eacute; &raquo;. Il jouit donc d&#39;un grand pouvoir en Allemagne. Non seulement du fait de puissantes associations comme la DITIB (Union islamique turque pour les affaires religieuses), contr&ocirc;l&eacute;e par le gouvernement turc, mais aussi par sa capacit&eacute; de nuisance. La chanceli&egrave;re Merkel lui a&nbsp;accord&eacute; encore de plus pouvoir&nbsp;en l&#39;implorant d&#39;emp&ecirc;cher plusieurs centaines de milliers de migrants de mettre le pied en Europe. La situation est d&#39;autant plus grave que Merkel explique &agrave; qui veut l&#39;entendre qu&#39;il n&#39;existe pas d&#39;autre solution &agrave; la crise des migrants.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tMerkel trouve ind&eacute;cent que les Europ&eacute;ens s&eacute;curisent leurs fronti&egrave;res sur la base de lois nationales, mais trouve normal de conc&eacute;der les pleins pouvoirs &agrave; Erdogan en mati&egrave;re d&#39;immigration en Allemagne.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tA de nombreuses reprises dans le pass&eacute;, l&#39;Allemagne f&eacute;d&eacute;rale a r&eacute;p&eacute;t&eacute; aux turcs le m&ecirc;me message : nous sommes totalement d&eacute;pendants de la Turquie et ne pouvons vivre sans elle. Comment s&#39;&eacute;tonner ensuite de la m&eacute;galomanie galopante d&#39;Erdogan ?<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tNous avons besoin que quelqu&#39;un dise : non, nous n&#39;avons pas besoin &agrave; ce point de la Turquie. Malheureusement, ce discours n&#39;est pas en vue. L&#39;Allemagne et l&#39;Europe ont fait le choix de pr&ecirc;ter all&eacute;geance au Sultan.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLes apparitions t&eacute;l&eacute;vis&eacute;es de B&ouml;hmermann ont &eacute;t&eacute; suspendues. Il craint pour sa vie et se d&eacute;place sous protection polici&egrave;re.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<strong>La peur en Occident<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLe journaliste et &eacute;crivain allemand Henryk M. Broder, a &eacute;t&eacute; l&#39;un des premiers &agrave; critiquer la capitulation de l&#39;Occident face aux dictateurs et &eacute;meutiers musulmans. En 2006, il a publi&eacute;&nbsp;Hourra, nous capitulons ! Sur le d&eacute;sir de se rendre.&nbsp;Interrog&eacute; par Gatestone sur la situation pr&eacute;sente, il &eacute;crit :<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t&laquo;&nbsp;Apeasement&nbsp;est un mot anglais, mais il est partie int&eacute;grante de la culture politique allemande. Il est fond&eacute; sur le proverbe : le sage est celui qui c&egrave;de. En r&eacute;alit&eacute;, c&#39;est le faible qui c&egrave;de et qui tente de masquer son inf&eacute;riorit&eacute; par une apparente sagesse. Si le Pape s&#39;offense de certaines caricatures, il &eacute;crit une lettre &agrave; l&#39;&eacute;diteur ou ne dit rien. Mais il ne menace pas et n&#39;envoie pas de kamikazes dont il ne dispose pas de toute fa&ccedil;on.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t\tLa &laquo; sensibilit&eacute; culturelle &raquo; pratiqu&eacute;e par les soci&eacute;t&eacute;s lib&eacute;rales n&#39;a rien &agrave; voir avec la sensibilit&eacute; ou le tact. Elle surgit de la peur de la violence. Le sc&eacute;nario de la peur qui a &eacute;t&eacute; b&acirc;ti au fil des ans n&#39;est pas sans cons&eacute;quences. Aucun artiste ne veut vivre sous le poids d&#39;une fatwa comme Salman Rushdie, ou &ecirc;tre prisonnier de son propre domicile comme Kurt Westergaard.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t\tLa critique de la &laquo; vulgarit&eacute; &raquo; est en r&eacute;alit&eacute; une forme de gestion des risques. On peut illustrer la situation actuelle avec une vieille blague juive : deux juifs sont dirig&eacute;s vers un camp de concentration. Ils voient un SS :<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t&#8211; &laquo; Moshe, demande lui ce qu&#39;ils comptent faire de nous &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t&#8211; &laquo; Ne sois pas stupide Shlomo &raquo; r&eacute;pond l&#39;autre. &laquo; Il ne faut pas provoquer les Allemands, ils pourraient se mettre en col&egrave;re &raquo;.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\t\t\t\tStefan Frank est journaliste ind&eacute;pendant et &eacute;crivain. Il vit en Allemagne.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\thttp:\/\/fr.gatestoneinstitute.org\/7898\/allemagne-erdogan-satire<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Allemagne : Pas de Blagues contre le Sultan par&nbsp;Stefan Frank &nbsp; La chanceli&egrave;re allemande Angela Merkel a donn&eacute; suite &agrave; la demande du pr&eacute;sident turc Recep Tayyip Erdogan de poursuivre au plan p&eacute;nal le com&eacute;dien Jan B&ouml;hmermann, auteur d&#39;un po&egrave;me insultant. 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