{"id":12597,"date":"2016-04-26T23:03:21","date_gmt":"2016-04-26T23:03:21","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=12597"},"modified":"2016-04-26T23:03:21","modified_gmt":"2016-04-26T23:03:21","slug":"nuit-debout-et-banlieue-pas-le-meme-combat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/nuit-debout-et-banlieue-pas-le-meme-combat\/","title":{"rendered":"Nuit debout et \u00ab\u00a0banlieue\u00a0\u00bb : pas le m\u00eame combat"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<u>Nuit debout et &quot;banlieue&quot;&nbsp;: pas le m&ecirc;me combat<\/u><u>(info # 012204\/16) <\/u><u>[Analyse]<\/u><\/p>\n<p>\n\tPar Patricia La Mosca <strong>&copy; Me<\/strong><strong>tula<\/strong><strong>N<\/strong><strong>ews<\/strong><strong>A<\/strong><strong>gency<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLorsque l&rsquo;on arrive place de la R&eacute;publique et que l&rsquo;on regarde les gens qui participent aux Nuits debout, on s&rsquo;aper&ccedil;oit imm&eacute;diatement que ce sont des Souchiens, comme les qualifie Houria Bouteldja, la porte-parole du parti des Indig&egrave;nes de la R&eacute;publique. Ceux qu&rsquo;elle avait d&eacute;sign&eacute;s, lors de l&rsquo;&eacute;mission &quot;Ce soir (ou jamais)&quot; comme des &quot;Blancs &agrave; qui il faut inculquer l&#39;histoire de l&#39;esclavage, de la colonisation&hellip;&quot;. Bref, ce sont les &quot;Fran&ccedil;ais blancs&quot;. Si l&rsquo;on croise quelques repr&eacute;sentants de la population immigr&eacute;e des banlieues sur la place, c&rsquo;est en nombre d&eacute;risoire.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tJe sais bien que cette observation suffit, par les temps qui courent, &agrave; vous classer dans des cat&eacute;gories de personnes stigmatis&eacute;es, soup&ccedil;onn&eacute;es d&rsquo;appartenir &agrave; la droite r&eacute;actionnaire et antisociale, aux proches du pouvoir, ou, pire encore, &agrave; l&rsquo;imperceptible courant islamophobe.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn ce qui me concerne, si je n&rsquo;ai ni l&rsquo;habitude de marcher les yeux ferm&eacute;s, ni de m&rsquo;abstenir, par r&eacute;serve politiquement correcte, de parler de ce que je vois, c&rsquo;est sans doute parce que, depuis trois ans, je passe trois jours entiers par semaine dans les banlieues-territoires perdus de la R&eacute;publique, dont l&rsquo;observation constitue le sujet principal de mon activit&eacute; professionnelle.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tJe ne rame pour personne, ne d&eacute;teste personne et, a priori, n&rsquo;ai de sympathie pour personne, m&ecirc;me si le troisi&egrave;me volet de ce triptyque m&rsquo;est venu pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; force de fr&eacute;quenter ces quartiers. Il est vrai que l&rsquo;on n&rsquo;y croise pas beaucoup de sentiments positifs et que l&rsquo;on peut y observer l&rsquo;&eacute;tiolement r&eacute;gulier des valeurs r&eacute;publicaines, doubl&eacute; de la segmentation de la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise, qui me semble depuis longtemps irr&eacute;versible.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOr si j&rsquo;ai l&rsquo;habitude de voir souvent des &quot;jeunes des quartiers&quot;, lisez des individus issus de l&rsquo;immigration, s&rsquo;en prendre &agrave; la propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e aussi bien que publique, s&rsquo;attaquer aux flics et d&eacute;truire leurs v&eacute;hicules, je note que cela faisait bien longtemps que je n&rsquo;avais pas vu de pr&egrave;s des &quot;Fran&ccedil;ais blancs&quot; descendre dans la rue &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;un vaste mouvement politique et faire valoir leurs revendications.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCela n&rsquo;a pas beaucoup d&rsquo;importance affirmeront certains, c&rsquo;est un d&eacute;tail de cette histoire, ajouteront d&rsquo;autres. Je ne le crois pas.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe ph&eacute;nom&egrave;ne des Nuits debout, &agrave; mon sens, instille une cassure durable entre les deux populations&nbsp;; la premi&egrave;re, celle des banlieues, &eacute;tant incapable de se sentir concern&eacute;e par les revendications de ces &quot;intellos pr&eacute;caires&quot;, comme les identifie le politologue Ga&euml;l Brustier. Ceux que l&rsquo;on rencontre sur la place de la R&eacute;publique sont des &quot;reconstructeurs&quot; de la soci&eacute;t&eacute;&nbsp;; ils l&rsquo;aiment, mais la voudraient plus juste, plus horizontale, mieux partag&eacute;e. C&rsquo;est cette gauche et l&rsquo;hyper-gauche qui se cherchent des lieux communs avec les habitants des quartiers, pas eux.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEux, ce qu&rsquo;ils veulent, c&rsquo;est surtout d&eacute;truire une soci&eacute;t&eacute; qu&rsquo;ils d&eacute;testent, prof&eacute;rant des valeurs nationales qu&rsquo;ils d&eacute;testent, une identit&eacute; qu&rsquo;ils d&eacute;testent, des origines religieuses qu&rsquo;ils d&eacute;testent&nbsp;; mais aussi, et c&rsquo;est remarquable, ils nourrissent une v&eacute;ritable ex&eacute;cration &eacute;galement pour les gens qui la composent. Et le fait que les Souchiens jettent des pierres dans les fa&ccedil;ades de quelques succursales bancaires ne les rend pas pour autant plus sympathiques aux yeux des rebeus.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tRien, en effet, dans leur organisation sociale, ne ressemble &agrave; ce dont on discute &agrave; la R&eacute;publique. Tandis que les nuitards s&rsquo;entourent de mille pr&eacute;cautions afin de pr&eacute;server l&rsquo;horizontalit&eacute; dans les prises de d&eacute;cisions, la participation de tous &ndash; c&rsquo;est m&ecirc;me un principe pilier du mouvement&nbsp;: on veut participer aux d&eacute;cisions, on ne veut plus &ecirc;tre des laiss&eacute;s pour compte -, la soci&eacute;t&eacute; issue de l&rsquo;immigration est exclusivement verticale. C&rsquo;est le chef de tribu, le ca&iuml;d, le grand trafiquant, l&rsquo;imam qui d&eacute;cide, &agrave; partir d&rsquo;un pi&eacute;destal social qu&rsquo;il a atteint presque toujours en &eacute;cartant son pr&eacute;d&eacute;cesseur par une forme ou une autre de violence, ou parce qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; serr&eacute; par les keufs.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa marge de d&eacute;cision de tous les autres habitants des &quot;banlieues&quot; est pratiquement inexistante et se limite &agrave; r&eacute;percuter la volont&eacute; du chef, en suivant pour cela le code de comportement que chacun conna&icirc;t par c&oelig;ur dans la cit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tA l&rsquo;oppos&eacute; diam&eacute;tral de ce que l&rsquo;on constate chez les dormeurs debout, qui rejettent et m&eacute;prisent l&rsquo;usage de la force, le terrorisme et les guerres, dans les territoires abandonn&eacute;s par la R&eacute;publique, la force brutale est v&eacute;n&eacute;r&eacute;e, elle est l&rsquo;apanage du boss et des bandes les mieux arm&eacute;es et les plus brutales et impitoyables.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMohamed Merah, les fr&egrave;res Kouachi, Coulibaly sont des h&eacute;ros intouchables. DAESH est admir&eacute;, particuli&egrave;rement les fr&egrave;res europ&eacute;ens, dont on envie le courage, notamment celui de faire sauter leurs ceintures explosives. Le massacre du Bataclan est consid&eacute;r&eacute; comme une grande victoire, &agrave; l&rsquo;issue de laquelle les Blanc ou les Fran&ccedil;ais &quot;n&rsquo;ont eu que ce qu&rsquo;ils m&eacute;ritaient&quot;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tQue m&eacute;ritaient-ils&nbsp;? Pour quelles raisons&nbsp;? On ne s&rsquo;embarrasse pas de ces questions de d&eacute;tail, on ne va pas aussi loin dans la r&eacute;flexion. Dans ce monde parall&egrave;le, dans cette v&eacute;rit&eacute; parall&egrave;le, la protopens&eacute;e r&egrave;gne en ma&icirc;tresse au royaume du non-dit, de ce que &quot;tout le monde sait&quot;, de ce qui est &eacute;vident, au point qu&rsquo;il est parfaitement inutile de l&rsquo;&eacute;noncer.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes Juifs&nbsp;? L&rsquo;ennemi satanique, des non-hommes, ceux qui tirent les ficelles, ceux &quot;qui s&rsquo;opposent &agrave; nous&quot;, des cibles &agrave; abattre. Ceux qui, &quot;l&acirc;chement&quot;, massacrent quotidiennement des milliers d&rsquo;enfants palestiniens. Les Palestiniens&nbsp;: les fr&egrave;res f&eacute;d&eacute;rateurs, l&rsquo;exemple absolu, le mythe. Les terroristes palestiniens qui poignardent des vieilles dames dans les rues de J&eacute;rusalem&nbsp;: des Superman.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est une sous-civilisation de barbares, dans laquelle les livres sont des ennemis &eacute;crits &quot;pour nous embrouiller les id&eacute;es&quot;. Une bonne dose de chichou pour se ramollir le bocal, et les paroles du rap, en guise d&rsquo;unique philosophie.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes femmes&nbsp;? Les Souchiennes sont toutes des putes, sans exception, les non-voil&eacute;es, des putes qui cherchent &agrave; se faire p&eacute;cho (chopper), celles qui ne sont pas mari&eacute;es et que l&rsquo;on soup&ccedil;onne automatiquement d&rsquo;avoir des relations, des putes aussi. La meuf est un accessoire de distraction et de reproduction qui s&rsquo;&eacute;value au kilo.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tA Paris, on tente de faire passer la description de ce mode de vie pour une caricature, un amalgame, des pr&eacute;jug&eacute;s, la r&eacute;alit&eacute; d&rsquo;une infime minorit&eacute; non-repr&eacute;sentative, de d&eacute;s&oelig;uvr&eacute;s, de casseurs. C&rsquo;est le fameux filtre des media fran&ccedil;ais, une infirmit&eacute; pathologique, qui agit aussi place de la R&eacute;publique&nbsp;; il consiste &agrave; priver d&rsquo;existence ce que l&rsquo;on ne peut pas g&eacute;rer.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tExiste-t-il, dans les &quot;banlieues&quot;, des personnes qui s&rsquo;opposent &agrave; ce syst&egrave;me&nbsp;? Oui. Mais on ne les entend pas, leur voix ne dispose d&rsquo;aucun espace pour &ecirc;tre &eacute;cout&eacute;e. Plus une soci&eacute;t&eacute; est violente et moins les objecteurs ont droit &agrave; la parole. On tend vers l&rsquo;uniformit&eacute; de la pens&eacute;e, si l&rsquo;on peut appeler cela une pens&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNaturellement, le monde que je d&eacute;cris n&rsquo;est pas &quot;de gauche&quot;. D&rsquo;abord parce que le d&eacute;bat gauche-droite ne le concerne pas, l&rsquo;affrontement se situe entre &quot;eux et nous&quot;. Accepter de se pr&ecirc;ter au jeu d&eacute;mocratique c&rsquo;est trahir, admettre la pr&eacute;&eacute;minence de l&rsquo;Etat, son existence, sa durabilit&eacute;. Ensuite, parce que ce mod&egrave;le de microsoci&eacute;t&eacute;, dans ce qu&rsquo;il a de tribal, de vertical, de traditionnel, de religieux, et par son &eacute;conomie, est bien plus proche, intrins&egrave;quement, de la droite que de la gauche. Il se base sur la distinction raciale, sur l&rsquo;origine, sur l&rsquo;immiscibilit&eacute;. A ces titres, il ressemble m&ecirc;me &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me droite et &agrave; la mafia.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est pour toutes ces raisons que la n&eacute;cessit&eacute; du courant des Debout, exprim&eacute;e par le philosophe Vincent Cespedes et beaucoup d&rsquo;autres, de s&rsquo;ouvrir aux populations des cit&eacute;s de banlieue, n&rsquo;a aucune chance d&rsquo;aboutir. Au fond, ils n&rsquo;ont rien en commun.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPlace de la R&eacute;publique, il y a aussi des casseurs, mais ce sont des amateurs compar&eacute;s &agrave; ceux des cit&eacute;s&nbsp;; et pour le compte, ils sont vraiment marginaux.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;essentiel, c&rsquo;est refaire la R&eacute;volution, la Commune, Mai 68. Multiplier les assembl&eacute;es constituantes et l&eacute;gif&eacute;rantes pour refaire le monde, qu&rsquo;ils nomment assembl&eacute;es g&eacute;n&eacute;rales et qui se tiennent une fois par jour.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe niveau est navrant, bobo, na&iuml;f, chiant. L&rsquo;impact mobilisateur est &agrave; l&rsquo;extra-gauche et derri&egrave;re le soutien &agrave; l&rsquo;abrogation de la &quot;Loi Travail&quot; de Myriam el Khomri, qui leur a servi de point de rassemblement&nbsp;; les quelques d&eacute;cisions prises lors des assembl&eacute;es g&eacute;n&eacute;rales sont insignifiantes et donc sans avenir. On veut surtout travailler moins et recevoir plus de droits. Ceux qui veulent remettre la France au travail, la rendre comp&eacute;titive, &agrave; l&rsquo;instar de Manuel Valls, sont des adversaires.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOn veut ne rien foutre, et d&rsquo;ailleurs, on ne fout rien. Des jours sans bosser &agrave; jouer aux Che Guevara des grands boulevards. Beaucoup de fils et filles de bourgeois, de d&eacute;&ccedil;us du &quot;socialisme&quot;, d&rsquo;&eacute;colos et d&rsquo;excentriques, parfois sympathiques.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMais la place de la R&eacute;publique est devenue un immense cloaque puant. On y urine partout, on jette ce que l&rsquo;on ne peut pas manger, on d&eacute;t&eacute;riore le monument en m&eacute;moire des victimes de novembre. On enl&egrave;ve les dalles de granit de ce bel endroit de Paris, r&eacute;cemment restaur&eacute; &agrave; grands frais, pour planter des arbres de rien, qui ne serviront &agrave; rien, qui seront &eacute;videmment arrach&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes commer&ccedil;ants du quartier n&rsquo;en peuvent plus des d&eacute;gradations, de la drogue, du bruit et des odeurs insupportables. Quel client s&rsquo;attardera face &agrave; leurs devantures dans des conditions pareilles&nbsp;? Les flics, qui se contentent d&rsquo;entourer la place, se font prendre &agrave; parti matin et soir. Ils ont ordre de ne rien faire, alors, ils regardent les d&eacute;t&eacute;riorations &eacute;c&oelig;ur&eacute;s. Certains refusent carr&eacute;ment les ordres qu&rsquo;on leur donne, devant ce condens&eacute; de d&eacute;clin de la R&eacute;publique.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl y a de l&rsquo;antis&eacute;mitisme &eacute;galement, mais rien &agrave; voir avec celui des cit&eacute;s, ici c&rsquo;est l&rsquo; &quot;antis&eacute;mitisme &agrave; la fran&ccedil;aise&quot;. Ceux qui n&rsquo;ont pas entendu crier &quot;sale Juif&quot; &agrave; la face de Finkielkraut sont d&eacute;cid&eacute;ment sourds. Simplement, ils ne l&rsquo;ont pas fait juste &agrave; c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;acad&eacute;micien, car cela r&eacute;clamait un certain courage. Finki facho&nbsp;? De droite&nbsp;? Ou simplement contre la d&eacute;structuration de l&rsquo;Etat et de toutes ses valeurs, du grand tout &agrave; l&rsquo;&eacute;gout&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tQuelques islamisants ont suffi pour proposer aux personnes pr&eacute;sentes de s&rsquo;associer au mouvement BDS de boycott d&rsquo;Isra&euml;l. Brandissant un drapeau palestinien, ils ont hurl&eacute;&nbsp;: &quot;Palestine vivra&nbsp;! Palestine vaincra&nbsp;!&quot;. R&eacute;action mitig&eacute;e dans la foule, un quart des pr&eacute;sents a applaudi.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est oublier que l&rsquo;intention d&eacute;clar&eacute;e du cr&eacute;ateur de BDS, Omar Barghouti, est l&rsquo;instauration d&rsquo;une Palestine &quot;ethnique&quot;, &quot;unitaire&quot;, d&rsquo;&quot;une terre musulmane pure, d&eacute;barrass&eacute;e des chr&eacute;tiens et des Juifs&quot;. &nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&quot;Palestine vaincra&nbsp;!&quot;, dans le sens BDS, c&rsquo;est simplement appeler &agrave; un nouveau g&eacute;nocide de sept millions de juifs et &agrave; l&rsquo;&eacute;tablissement d&rsquo;un Etat arabe et musulman du Jourdain &agrave; la M&eacute;diterran&eacute;e. Pas d&rsquo;opposition chez les Nuits Debout&nbsp;; ce sont les enfants de la t&eacute;l&eacute; d&rsquo;Enderlin, de Marius Schattner, de l&rsquo;<em>AFP<\/em>, de <em>Fr2<\/em>, et de l&rsquo;ensemble de la presse fran&ccedil;aise.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEtre anti-isra&eacute;lien en France n&rsquo;est pas devenu normal, c&rsquo;est devenu la norme. Quelques jours apr&egrave;s que la France, &agrave; l&rsquo;UNESCO, a vot&eacute; une r&eacute;solution qui dissocie le juda&iuml;sme du Temple de Salomon, qui devient un lieu saint uniquement musulman, &agrave; l&rsquo;instar du tombeau des Patriarches &agrave; H&eacute;bron, qui accuse les Isra&eacute;liens d&rsquo;&ecirc;tre responsables de se faire assassiner par les terroristes palestiniens, et qui d&eacute;clare que les Juifs enterrent des cercueils vides dans les cimeti&egrave;res musulmans de J&eacute;rusalem pour se les approprier, l&rsquo;autorisation laiss&eacute;e &agrave; BDS de manifester sur la voie publique est presque anodine.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes journalistes tricolores qui essaient par la force de leur occupation sans partage des media de transformer le conflit isra&eacute;lo-palestinien en guerre de d&eacute;colonisation, en r&eacute;p&eacute;tant &agrave; l&rsquo;infini le mot colonie &agrave; la place d&rsquo;implantation, devraient &eacute;couter ce qu&rsquo;en dit l&rsquo;&eacute;crivain alg&eacute;rien Boualem Sansal dans <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=_LWXuIq1yuw\">cette interview<\/a>, &agrave; partir de 8 minutes 15. Et Sansal en conna&icirc;t un morceau, en tant qu&rsquo;intellectuel alg&eacute;rien, en mati&egrave;re de colonisation et des authentiques colons&hellip; fran&ccedil;ais.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSi Sansal et la M&eacute;na, qui pr&eacute;tend la m&ecirc;me chose que lui depuis seize ans, ont raison, on ose &agrave; peine envisager l&rsquo;&eacute;tendue monstrueuse de la responsabilit&eacute; des intellos, des journaleux et des gouvernants fran&ccedil;ais dans l&rsquo;&eacute;pouvantable crise d&rsquo;antis&eacute;mitisme qui ravage litt&eacute;ralement l&rsquo;Hexagone. Et leur probl&egrave;me est que Sansal et Juffa ont ind&eacute;niablement raison.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUn autre point n&eacute;cessaire &agrave; la compr&eacute;hension globale de la situation concerne la perception de la situation dans les zones de non-droit&nbsp;: j&rsquo;ai pu me rendre compte qu&rsquo;en d&eacute;pit des centaines de morts innocents lors des attentats en France et en Belgique, de l&rsquo;&eacute;tat d&rsquo;urgence, de la r&eacute;pression qui vise les djihadistes, du d&eacute;mant&egrave;lement de plusieurs cellules terroristes, l&rsquo;atmosph&egrave;re n&rsquo;est assur&eacute;ment pas &agrave; la contrition ou &agrave; la remise en question de la &quot;justesse&quot; de l&rsquo;affrontement violent contre l&rsquo;Etat et sa d&eacute;mocratie lib&eacute;rale.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTout au contraire, la &quot;banlieue&quot; en tire un sentiment de fiert&eacute;, accompagn&eacute; de l&rsquo;impression qu&rsquo;elle est capable de d&eacute;r&eacute;gler le fonctionnement d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; qu&rsquo;elle ex&egrave;cre. Plus que cela, il existe une dynamique qui s&rsquo;est encore renforc&eacute;e &agrave; la faveur des actes de terrorisme r&eacute;cents, selon laquelle l&rsquo;islam (pas uniquement la religion mais aussi l&rsquo;environnement politique qui l&rsquo;accompagne) avance inexorablement vers le contr&ocirc;le du monde. Le manque de lucidit&eacute; de la soci&eacute;t&eacute; civile, qui induit la mollesse de sa r&eacute;action, surtout par peur de l&rsquo;amalgame, et qui se montre totalement incapable de renverser la tendance, sert naturellement d&rsquo;encouragement pour cette conviction. En r&eacute;sum&eacute;, l&#39;usage de la violence islamiste est ici g&eacute;n&eacute;ralement consid&eacute;r&eacute; comme la mani&egrave;re ad&eacute;quate d&rsquo;avancer vers l&rsquo;h&eacute;g&eacute;monie islamique. Le tout, enrob&eacute; dans un flou d&rsquo;exaltation et de spontan&eacute;it&eacute; qui fait l&rsquo;&eacute;conomie de toute analyse objective&nbsp;; le futur, c&rsquo;est du moins la conviction la plus r&eacute;pandue, se trouvant dans les mains d&rsquo;Allah et de son proph&egrave;te Mahomet. Et leur marche ne peut &ecirc;tre stopp&eacute;e par des mortels infid&egrave;les. La mort des terroristes n&rsquo;a aucune importance, puisqu&rsquo;ils deviennent des martyrs et qu&rsquo;ils trouvent la r&eacute;compense de leur sacrifice dans l&rsquo;au-del&agrave;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe foss&eacute; qui s&eacute;pare le mouvement des Nuits debout de l&rsquo;islamisme des cit&eacute;s tient dans la constatation que le premier est &eacute;ph&eacute;m&egrave;re par nature, alors que le second est enracin&eacute; dans un mode de vie, une ghetto&iuml;sation g&eacute;ographique ainsi qu&rsquo;une puissante &eacute;nergie s&rsquo;exprimant de fa&ccedil;on universelle.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLoin d&rsquo;&ecirc;tre une groupie de Guy Milli&egrave;re, mes constatations rejoignent son diagnostic quant &agrave; une d&eacute;gradation irr&eacute;versible et violente des valeurs humanistes et r&eacute;publicaines. Cette d&eacute;t&eacute;rioration est due &agrave; la corruption des intervenants de la soci&eacute;t&eacute; politique et &agrave; l&rsquo;aveuglement de ses responsables, conduisant vers l&rsquo;effondrement de ses d&eacute;fenses immunitaires, passant par la perte de la clairvoyance. &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nuit debout et &quot;banlieue&quot;&nbsp;: pas le m&ecirc;me combat(info # 012204\/16) [Analyse] Par Patricia La Mosca &copy; MetulaNewsAgency &nbsp; Lorsque l&rsquo;on arrive place de la R&eacute;publique et que l&rsquo;on regarde les gens qui participent aux Nuits debout, on s&rsquo;aper&ccedil;oit imm&eacute;diatement que ce sont des Souchiens, comme les qualifie Houria Bouteldja, la porte-parole du parti des Indig&egrave;nes&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":20551,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[10,1],"tags":[],"class_list":["post-12597","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-france","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12597","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12597"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12597\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20551"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12597"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12597"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12597"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}