{"id":12747,"date":"2016-05-16T23:04:34","date_gmt":"2016-05-16T23:04:34","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=12747"},"modified":"2016-05-16T23:04:34","modified_gmt":"2016-05-16T23:04:34","slug":"etre-homosexuel-aujourdhui-en-tunisie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/etre-homosexuel-aujourdhui-en-tunisie\/","title":{"rendered":"\u00catre homosexuel aujourd&rsquo;hui en Tunisie"},"content":{"rendered":"<header>\n<p>\n\t\t&Ecirc;tre homosexuel aujourd&#39;hui en Tunisie<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tDepuis la r&eacute;volution de 2011,&nbsp;les militants LGBT sont sortis de l&#39;ombre en Tunisie. Cependant, &ecirc;tre homosexuel est encore tr&egrave;s mal per&ccedil;u.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe Point.fr<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/header>\n<div data-sticky-wrap=\"\">\n<div data-sticky=\"top:0px\" itemprop=\"mainEntityOfPage\">\n<div>\n<p>\n\t\t\t\tCe fut un tabou. Une question discr&egrave;te, &eacute;voqu&eacute;e du bout des l&egrave;vres. Mais voil&agrave; que le d&eacute;bat sur l&#39;homosexualit&eacute; prend de l&#39;ampleur en&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/tunisie\">Tunisie<\/a>. D&#39;&eacute;missions enti&egrave;rement consacr&eacute;es &agrave; cette th&eacute;matique au drapeau arc-en-ciel r&eacute;cemment brandi sur la principale art&egrave;re de Tunis, les militants LGBT sont sortis de l&#39;ombre en Tunisie, mais leur condition reste tr&egrave;s pr&eacute;caire, du fait d&#39;un rejet social encore violent et d&#39;une l&eacute;gislation hostile.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLa d&eacute;fense des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels (LGBT), longtemps discr&egrave;te et taboue, s&#39;affiche peu &agrave; peu depuis la r&eacute;volution de 2011 et la lib&eacute;ration de la parole qui en a r&eacute;sult&eacute;. Plusieurs associations ont vu le jour, comme Mawjoudin (Nous existons) ou Shams (Soleil). Le d&eacute;bat a fait irruption sur la sc&egrave;ne publique au printemps dernier avec de francs appels &agrave; la d&eacute;p&eacute;nalisation de l&#39;homosexualit&eacute; de la part d&#39;associations. L&#39;article 230 du Code p&eacute;nal punit en effet la sodomie et le lesbianisme de trois ans de prison. &quot;Je ne vois pas pourquoi nous devons vivre cach&eacute;s. Notre vie priv&eacute;e ne regarde que nous&quot;, explique le jeune vice-pr&eacute;sident de Shams, Ahmed Ben Amor, qui, &agrave; 19 ans, a &eacute;t&eacute; chass&eacute; par sa famille et expuls&eacute; de son lyc&eacute;e pour avoir affich&eacute; son homosexualit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<strong>Une minorit&eacute; peut s&#39;exprimer<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tBravant l&#39;hostilit&eacute; d&#39;une large frange de la population, des associations ont tenu ces derniers mois des r&eacute;unions ouvertes au public. Drapeau arc-en-ciel &agrave; la main, des militants LGBT ont m&ecirc;me d&eacute;fil&eacute; &agrave; Tunis le 14 janvier, jour anniversaire de la r&eacute;volution. Signe de l&#39;opprobre, voire de la haine &agrave; leur encontre, des dizaines de personnes leur ont toutefois cri&eacute; de &quot;d&eacute;gager&quot;, obligeant la police &agrave; les escorter vers une rue adjacente.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAujourd&#39;hui, l&#39;homosexualit&eacute; est devenue un sujet r&eacute;current dans les m&eacute;dias tunisiens. Entendre des personnes parler publiquement d&#39;homosexualit&eacute; &eacute;tait pourtant &quot;une chose impensable il y a quelque temps&quot;, rel&egrave;ve Wahid Ferchichi, universitaire et pr&eacute;sident de l&#39;Association tunisienne de d&eacute;fense des libert&eacute;s individuelles. &quot;Le contexte post-r&eacute;volution a permis &agrave; une minorit&eacute; de s&#39;exprimer et de revendiquer son existence&quot;, explique le sociologue Mohamed Jouiri, pour qui &quot;la situation des homosexuels en Tunisie est bien meilleure que dans d&#39;autres pays arabes&quot;. Celle-ci reste toutefois tr&egrave;s d&eacute;licate.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<strong>Bannissement de la ville pour plusieurs jeunes homosexuels<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&quot;Quand tu es homo en Tunisie, il faut que tu vives avec deux visages&quot;, confie un jeune homosexuel de Bizerte (nord). &quot;Avec les h&eacute;t&eacute;ros, tu ne montres pas que tu es diff&eacute;rent, car il y a le risque d&#39;&ecirc;tre confront&eacute; &agrave; la violence. Et il y a un autre risque tr&egrave;s important, la loi.&quot; L&#39;an dernier, plusieurs jeunes ont &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;s et condamn&eacute;s &agrave; de la prison pour homosexualit&eacute;. Un tribunal de Kairouan (centre) a m&ecirc;me assorti son jugement &agrave; l&#39;encontre de six &eacute;tudiants d&#39;une peine de cinq ans de bannissement de la ville. Si le pr&eacute;sident&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/beji-caid-essebsi\">B&eacute;ji Ca&iuml;d Essebsi<\/a>&nbsp;a jug&eacute; cette derni&egrave;re mesure archa&iuml;que, il ne s&#39;est pas prononc&eacute; sur la peine de prison et a cat&eacute;goriquement exclu toute d&eacute;p&eacute;nalisation de l&#39;homosexualit&eacute;. &quot;Je refuse&quot; l&#39;abrogation de l&#39;article 230, a-t-il ass&eacute;n&eacute; dans un entretien &agrave; une t&eacute;l&eacute;vision &eacute;gyptienne. Des ONG fustigent aussi le recours aux tests anaux lors des interpellations, un traitement &quot;cruel, inhumain et d&eacute;gradant&quot;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<strong>Un p&eacute;ch&eacute; majeur<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAu quotidien, les homosexuels continuent en outre de souffrir d&#39;un profond rejet social et de l&#39;hostilit&eacute; ambiante. &quot;&Ecirc;tre homosexuel en Tunisie, c&#39;est pire qu&#39;avoir la peste&quot;, t&eacute;moigne Mohamed Ali, 22 ans, l&#39;un des &eacute;tudiants arr&ecirc;t&eacute;s &agrave; Kairouan. Le jeune homme se dit encore traumatis&eacute; par l&#39;examen anal qu&#39;il a subi sous le regard de deux policiers et par son passage dans une prison de Sousse (centre-est), o&ugrave; il raconte avoir &eacute;t&eacute; agress&eacute; et ridiculis&eacute; parce qu&#39;homosexuel. &quot;Des d&eacute;tenus me for&ccedil;aient &agrave; danser tout nu alors que les gardiens regardaient, amus&eacute;s et complices&quot;, affirme-t-il.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tSi le d&eacute;bat a le m&eacute;rite d&#39;exister, les r&eacute;actions sont souvent houleuses et la violence verbale est r&eacute;guli&egrave;re. Sur une vid&eacute;o circulant sur Internet, un imam de Sfax (centre-est) a r&eacute;cemment affirm&eacute; lors d&#39;un pr&ecirc;che que si deux hommes &eacute;taient d&eacute;clar&eacute;s coupables de sodomie, ils devaient &ecirc;tre condamn&eacute;s &agrave; mort et ex&eacute;cut&eacute;s en &eacute;tant jet&eacute;s du haut d&#39;un b&acirc;timent puis lapid&eacute;s. Devant le Parlement, un &eacute;lu du parti islamiste Ennahda, Abdellatif Mekki, a d&eacute;fendu la p&eacute;nalisation de l&#39;homosexualit&eacute; en jugeant que l&#39;autorisation de l&#39;association Shams repr&eacute;sentait &quot;un danger&quot; pour la paix sociale et &quot;un p&eacute;ch&eacute; majeur&quot;. Les partis dits progressistes se montrent, eux, tr&egrave;s frileux sur cette question &#8211; quand ils n&#39;y sont pas carr&eacute;ment oppos&eacute;s -, de crainte notamment des retomb&eacute;es dans l&#39;opinion publique.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&Ecirc;tre homosexuel aujourd&#39;hui en Tunisie &nbsp; &nbsp; Depuis la r&eacute;volution de 2011,&nbsp;les militants LGBT sont sortis de l&#39;ombre en Tunisie. Cependant, &ecirc;tre homosexuel est encore tr&egrave;s mal per&ccedil;u. Le Point.fr Ce fut un tabou. Une question discr&egrave;te, &eacute;voqu&eacute;e du bout des l&egrave;vres. 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