{"id":12777,"date":"2016-05-19T00:50:14","date_gmt":"2016-05-19T00:50:14","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=12777"},"modified":"2016-05-19T00:53:28","modified_gmt":"2016-05-19T00:53:28","slug":"claude-hagege-imposer-sa-langue-cest-imposer-sa-pensee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/claude-hagege-imposer-sa-langue-cest-imposer-sa-pensee\/","title":{"rendered":"Claude Hag\u00e8ge : \u00ab\u00a0Imposer sa langue, c&rsquo;est imposer sa pens\u00e9e\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><header> <\/header>\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<header>\n<p>\n\t\tClaude Hag&egrave;ge : &quot;Imposer sa langue, c&#39;est imposer sa pens&eacute;e&quot;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tSource: Le Vif<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p itemprop=\"description\">\n\t\tPour le grand linguiste Claude Hag&egrave;ge, le constat est sans appel : jamais, dans l&#39;histoire de l&#39;humanit&eacute;, une langue n&#39;a &eacute;t&eacute; &quot;comparable en extension dans le monde &agrave; ce qu&#39;est aujourd&#39;hui l&#39;anglais&quot; (1). Oh ! il sait bien ce que l&#39;on va dire. Que la d&eacute;fense du fran&ccedil;ais est un combat ranci, franchouillard, pass&eacute;iste. Une lubie de vieux ronchon r&eacute;fractaire &agrave; la modernit&eacute;. Il n&#39;en a cure. Car, &agrave; ses yeux, cette domination constitue une menace pour le patrimoine de l&#39;humanit&eacute;. Et fait peser sur elle un risque plus grave encore : voir cette &quot;langue unique&quot; d&eacute;boucher sur une &quot;pens&eacute;e unique&quot; obs&eacute;d&eacute;e par l&#39;argent et le consum&eacute;risme. Que l&#39;on se rassure, cependant : si Hag&egrave;ge est inquiet, il n&#39;est pas d&eacute;faitiste. La preuve, avec cet entretien o&ugrave; chacun en prend pour son grade.<\/p>\n<\/header>\n<div>\n<div itemprop=\"reviewBody\">\n<p>\n\t\t\tLe Vif\/L&#39;Express :&nbsp;<strong>Comment d&eacute;cide-t-on, comme vous, de consacrer sa vie aux langues ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tClaude Hag&egrave;ge :&nbsp;Je l&#39;ignore. Je suis n&eacute; et j&#39;ai grandi &agrave; Tunis, une ville polyglotte. Mais je ne crois pas que ce soit l&agrave; une explication suffisante : mes fr&egrave;res, eux, n&#39;ont pas du tout emprunt&eacute; cette voie.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Enfant, quelles langues avez-vous apprises ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tA la maison, nous utilisions le fran&ccedil;ais. Mais mes parents m&#39;ont fait suivre une partie de ma scolarit&eacute; en arabe &#8211; ce qui montre leur ouverture d&#39;esprit, car l&#39;arabe &eacute;tait alors consid&eacute;r&eacute; comme une langue de colonis&eacute;s. J&#39;ai &eacute;galement appris l&#39;h&eacute;breu sous ses deux formes, biblique et isra&eacute;lienne. Et je connaissais l&#39;italien, qu&#39;employaient notamment plusieurs de mes ma&icirc;tres de musique.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Combien de langues parlez-vous ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tS&#39;il s&#39;agit de d&eacute;nombrer les idiomes dont je connais les r&egrave;gles, je puis en mentionner plusieurs centaines, comme la plupart de mes confr&egrave;res linguistes. S&#39;il s&#39;agit de recenser ceux dans lesquels je sais m&#39;exprimer ais&eacute;ment, la r&eacute;ponse sera plus proche de 10.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Beaucoup de Fran&ccedil;ais pensent que la langue fran&ccedil;aise compte parmi les plus difficiles, et, pour cette raison, qu&#39;elle serait &quot;sup&eacute;rieure&quot; aux autres. Est-ce vraiment le cas ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tPas du tout. En premier lieu, il n&#39;existe pas de langue &quot;sup&eacute;rieure&quot;. En France, le fran&ccedil;ais ne s&#39;est pas impos&eacute; au d&eacute;triment du breton ou du gascon en raison de ses suppos&eacute;es qualit&eacute;s linguistiques, mais parce qu&#39;il s&#39;agissait de la langue du roi, puis de celle de la R&eacute;publique. C&#39;est toujours comme cela, d&#39;ailleurs : un parler ne se d&eacute;veloppe jamais en raison de la richesse de son vocabulaire ou de la complexit&eacute; de sa grammaire, mais parce que l&#39;Etat qui l&#39;utilise est puissant militairement &#8211; ce fut, entre autres choses, la colonisation &#8211; ou &eacute;conomiquement &#8211; c&#39;est la &quot;mondialisation&quot;. En second lieu, le fran&ccedil;ais est un idiome moins difficile que le russe, l&#39;arabe, le g&eacute;orgien, le peul ou, surtout, l&#39;anglais.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>L&#39;anglais ? Mais tout le monde, ou presque, l&#39;utilise !<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tBeaucoup parlent un anglais d&#39;a&eacute;roport, ce qui est tr&egrave;s diff&eacute;rent ! Mais l&#39;anglais des autochtones reste un idiome redoutable. Son orthographe, notamment, est terriblement ardue : songez que ce qui s&#39;&eacute;crit &quot;ou&quot; se prononce, par exemple, de cinq mani&egrave;res diff&eacute;rentes dans through, rough, bough, four et tour ! De plus, il s&#39;agit d&#39;une langue impr&eacute;cise, qui rend d&#39;autant moins acceptable sa pr&eacute;tention &agrave; l&#39;universalit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Impr&eacute;cise ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tParfaitement. Prenez la s&eacute;curit&eacute; a&eacute;rienne. Le 29 d&eacute;cembre 1972, un avion s&#39;est &eacute;cras&eacute; en Floride. La tour de contr&ocirc;le avait ordonn&eacute; : &quot;Turn left, right now&quot;, c&#39;est-&agrave;-dire &quot;Tournez &agrave; gauche, imm&eacute;diatement !&quot; Mais le pilote avait traduit &quot;right now&quot; par &quot;&agrave; droite maintenant&quot;, ce qui a provoqu&eacute; la catastrophe. Voyez la diplomatie, avec la version anglaise de la fameuse r&eacute;solution 242 de l&#39;ONU de 1967, qui recommande le &quot;withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict&quot;. Les pays arabes estiment qu&#39;Isra&euml;l doit se retirer &quot;des&quot; territoires occup&eacute;s &#8211; sous-entendu : de tous. Tandis qu&#39;Isra&euml;l consid&egrave;re qu&#39;il lui suffit de se retirer &quot;de&quot; territoires occup&eacute;s, c&#39;est-&agrave;-dire d&#39;une partie d&#39;entre eux seulement.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Est-ce une raison pour partir si violemment en guerre contre l&#39;anglais ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tJe ne pars pas en guerre contre l&#39;anglais. Je pars en guerre contre ceux qui pr&eacute;tendent faire de l&#39;anglais une langue universelle, car cette domination risque d&#39;entra&icirc;ner la disparition d&#39;autres idiomes. Je combattrais avec autant d&#39; &eacute;nergie le japonais, le chinois ou encore le fran&ccedil;ais s&#39;ils avaient la m&ecirc;me ambition. Il se trouve que c&#39;est aujourd&#39;hui l&#39;anglais qui menace les autres, puisque jamais, dans l&#39;Histoire, une langue n&#39;a &eacute;t&eacute; en usage dans une telle proportion sur les cinq continents.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>En quoi est-ce g&ecirc;nant ? La rencontre des cultures n&#39;est-elle pas toujours enrichissante ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tLa rencontre des cultures, oui. Le probl&egrave;me est que la plupart des gens qui affirment &quot;Il faut apprendre des langues &eacute;trang&egrave;res&quot; n&#39;en apprennent qu&#39;une : l&#39;anglais. Ce qui fait peser une menace pour l&#39;humanit&eacute; tout enti&egrave;re.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>A ce point ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tSeuls les gens mal inform&eacute;s pensent qu&#39;une langue sert seulement &agrave; communiquer. Une langue constitue aussi une mani&egrave;re de penser, une fa&ccedil;on de voir le monde, une culture. En hindi, par exemple, on utilise le m&ecirc;me mot pour &quot;hier&quot; et &quot;demain&quot;. Cela nous &eacute;tonne, mais cette population distingue entre ce qui est &#8211; aujourd&#39;hui &#8211; et ce qui n&#39;est pas : hier et demain, selon cette conception, appartiennent &agrave; la m&ecirc;me cat&eacute;gorie. Tout idiome qui dispara&icirc;t repr&eacute;sente une perte inestimable, au m&ecirc;me titre qu&#39;un monument ou une oeuvre d&#39;art.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Avec 27 pays dans l&#39;Union europ&eacute;enne, n&#39;est-il pas bien utile d&#39;avoir l&#39;anglais pour converser ? Nous d&eacute;pensons des fortunes en traduction !<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tCette id&eacute;e est stupide ! La richesse de l&#39;Europe r&eacute;side pr&eacute;cis&eacute;ment dans sa diversit&eacute;. Comme le dit l&#39;&eacute;crivain Umberto Eco, &quot;la langue de l&#39;Europe, c&#39;est la traduction&quot;. Car la traduction &#8211; qui co&ucirc;te moins cher qu&#39;on ne le pr&eacute;tend &#8211; met en relief les diff&eacute;rences entre les cultures, les exalte, permet de comprendre la richesse de l&#39;autre.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Mais une langue commune est bien pratique quand on voyage. Et cela ne conduit en rien &agrave; &eacute;liminer les autres !<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tD&eacute;trompez-vous. Toute l&#39;Histoire le montre : les idiomes des Etats dominants conduisent souvent &agrave; la disparition de ceux des Etats domin&eacute;s. Le grec a englouti le phrygien. Le latin a tu&eacute; l&#39;ib&egrave;re et le gaulois. A l&#39;heure actuelle, 25 langues disparaissent chaque ann&eacute;e ! Comprenez bien une chose : je ne me bats pas contre l&#39;anglais ; je me bats pour la diversit&eacute;. Un proverbe arm&eacute;nien r&eacute;sume merveilleusement ma pens&eacute;e : &quot;Autant tu connais de langues, autant de fois tu es un homme.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Vous allez plus loin, en affirmant qu&#39;une langue unique aboutirait &agrave; une &quot;pens&eacute;e unique&quot;&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tCe point est fondamental. Il faut bien comprendre que la langue structure la pens&eacute;e d&#39;un individu. Certains croient qu&#39;on peut promouvoir une pens&eacute;e fran&ccedil;aise en anglais : ils ont tort. Imposer sa langue, c&#39;est aussi imposer sa mani&egrave;re de penser. Comme l&#39;explique le grand math&eacute;maticien Laurent Lafforgue : ce n&#39;est pas parce que l&#39;&eacute;cole de math&eacute;matiques fran&ccedil;aise est influente qu&#39;elle peut encore publier en fran&ccedil;ais ; c&#39;est parce qu&#39;elle publie en fran&ccedil;ais qu&#39;elle est puissante, car cela la conduit &agrave; emprunter des chemins de r&eacute;flexion diff&eacute;rents.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Vous estimez aussi que l&#39;anglais est porteur d&#39;une certaine id&eacute;ologie n&eacute;olib&eacute;rale&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tOui. Et celle-ci menace de d&eacute;truire nos cultures dans la mesure o&ugrave; elle est ax&eacute;e essentiellement sur le profit.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Je ne vous suis pas&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tPrenez le d&eacute;bat sur l&#39;exception culturelle. Les Am&eacute;ricains ont voulu imposer l&#39;id&eacute;e selon laquelle un livre ou un film devaient &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;s comme n&#39;importe quel objet commercial. Car eux ont compris qu&#39;&agrave; c&ocirc;t&eacute; de l&#39;arm&eacute;e, de la diplomatie et du commerce il existe aussi une guerre culturelle. Un combat qu&#39;ils entendent gagner &agrave; la fois pour des raisons nobles &#8211; les Etats-Unis ont toujours estim&eacute; que leurs valeurs sont universelles &#8211; et moins nobles : le formatage des esprits est le meilleur moyen d&#39;&eacute;couler les produits am&eacute;ricains. Songez que le cin&eacute;ma repr&eacute;sente leur poste d&#39;exportation le plus important, bien avant les armes, l&#39;a&eacute;ronautique ou l&#39;informatique ! D&#39;o&ugrave; leur volont&eacute; d&#39;imposer l&#39;anglais comme langue mondiale. M&ecirc;me si l&#39;on note depuis deux d&eacute;cennies un certain recul de leur influence.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Pour quelles raisons ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tD&#39;abord, parce que les Am&eacute;ricains ont connu une s&eacute;rie d&#39;&eacute;checs, en Irak et en Afghanistan, qui leur a fait prendre conscience que certaines guerres se perdaient aussi faute de compr&eacute;hension des autres cultures. Ensuite, parce qu&#39;Internet favorise la diversit&eacute; : dans les dix derni&egrave;res ann&eacute;es, les langues qui ont connu la croissance la plus rapide sur la Toile sont l&#39;arabe, le chinois, le portugais, l&#39;espagnol et le fran&ccedil;ais. Enfin, parce que les peuples se montrent attach&eacute;s &agrave; leurs idiomes maternels et se r&eacute;voltent peu &agrave; peu contre cette politique.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Pas en France, &agrave; vous lire&#8230; Vous vous en prenez m&ecirc;me de mani&egrave;re violente aux &quot;&eacute;lites vassalis&eacute;es&quot; qui m&egrave;neraient un travail de sape contre le fran&ccedil;ais.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tJe maintiens. C&#39;est d&#39;ailleurs un invariant de l&#39;Histoire. Le gaulois a disparu parce que les &eacute;lites gauloises se sont empress&eacute;es d&#39;envoyer leurs enfants &agrave; l&#39;&eacute;cole romaine. Tout comme les &eacute;lites provinciales, plus tard, ont appris &agrave; leur prog&eacute;niture le fran&ccedil;ais au d&eacute;triment des langues r&eacute;gionales. Les classes dominantes sont souvent les premi&egrave;res &agrave; adopter le parler de l&#39;envahisseur. Elles font de m&ecirc;me aujourd&#39;hui avec l&#39;anglais.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Comment l&#39;expliquez-vous ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tEn adoptant la langue de l&#39;ennemi, elles esp&egrave;rent en tirer parti sur le plan mat&eacute;riel, ou s&#39;assimiler &agrave; lui pour b&eacute;n&eacute;ficier symboliquement de son prestige. La situation devient grave quand certains se convainquent de l&#39;inf&eacute;riorit&eacute; de leur propre culture. Or nous en sommes l&agrave;. Dans certains milieux sensibles &agrave; la mode &#8211; la publicit&eacute;, notamment, mais aussi, pardonnez-moi de vous le dire, le journalisme &#8211; on recourt aux anglicismes sans aucune raison. Pourquoi dire &quot;planning&quot; au lieu d&#39;&quot;emploi du temps&quot; ? &quot;Coach&quot; au lieu d&#39;&quot;entra&icirc;neur&quot; ? &quot;Lifestyle&quot; au lieu de &quot;mode de vie&quot; ? &quot;Challenge&quot; au lieu de &quot;d&eacute;fi&quot; ?<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Pour se distinguer du peuple ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tSans doute. Mais ceux qui s&#39;adonnent &agrave; ces petits jeux se donnent l&#39;illusion d&#39;&ecirc;tre modernes, alors qu&#39;ils ne sont qu&#39;am&eacute;ricanis&eacute;s. Et l&#39;on en arrive &agrave; ce paradoxe : ce sont souvent les immigr&eacute;s qui se disent les plus fiers de la culture fran&ccedil;aise ! Il est vrai qu&#39;eux se sont battus pour l&#39;acqu&eacute;rir : ils en mesurent apparemment mieux la valeur que ceux qui se sont content&eacute;s d&#39;en h&eacute;riter.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMais que dites-vous aux parents qui pensent bien faire en envoyant leurs enfants suivre un s&eacute;jour linguistique en Angleterre ou aux Etats-Unis ?<\/p>\n<p>\n\t\t\tJe leur r&eacute;ponds : &quot;Pourquoi pas la Russie ou l&#39;Allemagne ? Ce sont des march&eacute;s porteurs et beaucoup moins concurrentiels, o&ugrave; vos enfants trouveront plus facilement de l&#39;emploi.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Si une seule mesure &eacute;tait &agrave; prendre, quelle serait-elle ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tTout commence &agrave; l&#39;&eacute;cole primaire, o&ugrave; il faut enseigner non pas une, mais deux langues vivantes. Car, si on n&#39;en propose qu&#39;une, tout le monde se ruera sur l&#39;anglais et nous aggraverons le probl&egrave;me. En offrir deux, c&#39;est s&#39;ouvrir &agrave; la diversit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Le fran&ccedil;ais pourrait-il &ecirc;tre le porte-&eacute;tendard de la diversit&eacute; culturelle dans le monde ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tJ&#39;en suis persuad&eacute;, car il dispose de tous les atouts d&#39;une grande langue internationale. Par sa diffusion sur les cinq continents, par le prestige de sa culture, par son statut de langue officielle &agrave; l&#39;ONU, &agrave; la Commission europ&eacute;enne ou aux Jeux olympiques. Et aussi par la voix singuli&egrave;re de la France. Songez qu&#39;apr&egrave;s le discours de M. de Villepin &agrave; l&#39;ONU, s&#39;opposant &agrave; la guerre en Irak, on a assist&eacute; &agrave; un afflux d&#39;inscriptions dans les Alliances fran&ccedil;aises.<\/p>\n<p>\n\t\t\t(1) Contre la pens&eacute;e unique, par Claude Hag&egrave;ge. Odile Jacob, 250 p.<\/p>\n<p>\n\t\t\tPROPOS RECUEILLIS PAR MICHEL FELTIN-PALAS<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\t<strong>Claude Hag&egrave;ge en 5 dates<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t1955&nbsp;Entr&eacute;e &agrave; l&#39;Ecole normale sup&eacute;rieure de Paris.&nbsp;1966&nbsp;Premi&egrave;re enqu&ecirc;te linguistique de terrain, au Cameroun. Depuis 1988 Professeur au Coll&egrave;ge de France.2009&nbsp;Dictionnaire amoureux des langues (Plon).&nbsp;2012&nbsp;Contre la pens&eacute;e unique (Odile Jacob).&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; Claude Hag&egrave;ge : &quot;Imposer sa langue, c&#39;est imposer sa pens&eacute;e&quot; &nbsp; Source: Le Vif Pour le grand linguiste Claude Hag&egrave;ge, le constat est sans appel : jamais, dans l&#39;histoire de l&#39;humanit&eacute;, une langue n&#39;a &eacute;t&eacute; &quot;comparable en extension dans le monde &agrave; ce qu&#39;est aujourd&#39;hui l&#39;anglais&quot; (1). 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