{"id":12925,"date":"2016-06-09T00:42:41","date_gmt":"2016-06-09T00:42:41","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=12925"},"modified":"2016-06-09T00:42:41","modified_gmt":"2016-06-09T00:42:41","slug":"lettre-de-freud-a-sa-fille-mathilde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/lettre-de-freud-a-sa-fille-mathilde\/","title":{"rendered":"Lettre de Freud \u00e0 sa fille Mathilde"},"content":{"rendered":"<header>\n<p>\n\t\tLettre de Freud &agrave; sa fille Mathilde<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\tTu sais peut-&ecirc;tre qu&#39;aimer doit s&#39;apprendre, comme tout le reste.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/header>\n<section itemprop=\"articleBody\">\n<div id=\"intro\">\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tSigmund Freud (6 mai 1856 &ndash; 23 septembre 1939), m&eacute;decin neurologue autrichien, est le p&egrave;re de la psychanalyse. Celui qui consacrera sa vie &agrave; sa discipline fut &eacute;galement un p&egrave;re aimant, toujours pr&ecirc;t &agrave; aider ses enfants dans leurs questionnements. Ici, le th&egrave;me est l&rsquo;amour et Sigmund Freud livre une r&eacute;ponse simple, pleine de justesse, &agrave; sa fille sur l&rsquo;apprentissage d&rsquo;un tel sentiment. Apprendre &agrave; aimer n&rsquo;est pas une mince affaire !<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t<strong>Lettres de famille<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\t6 mai 1908<\/p>\n<p>\n\t\t\tMa ch&egrave;re Mathilde,<\/p>\n<p>\n\t\t\tCe que tu m&rsquo;as &eacute;crit ne m&rsquo;a pas compl&egrave;tement pris au d&eacute;pourvu. J&rsquo;attendais, bien s&ucirc;r, que tu prennes toi-m&ecirc;me la parole. Car j&rsquo;avais confiance en toi, et je crois que tu n&rsquo;as pas tromp&eacute; cette confiance. Si tu es contente de toi, je peux l&rsquo;&ecirc;tre aussi.<\/p>\n<p>\n\t\t\tJe ne peux que te donner quelques conseils et attirer ton attention sur quelques pr&eacute;cautions. Tu sais peut-&ecirc;tre qu&rsquo;aimer doit s&rsquo;apprendre, comme tout le reste. Il est donc difficile d&rsquo;&eacute;viter, ce faisant, des erreurs&nbsp;; ce n&rsquo;est pas forc&eacute;ment le premier amour qui devient durable. Ton dessein de fr&eacute;quenter R.[obert] H.[ollitscher] jusqu&rsquo;&agrave; ce que vous ayez fait connaissance est sans doute le seul raisonnable. Mais tu connais aussi les risques encourus, combien peu de libert&eacute; la soci&eacute;t&eacute; laisse &agrave; une jeune fille et combien il est vain pour l&rsquo;individu de s&rsquo;opposer &agrave; la soci&eacute;t&eacute;. Le plus grand danger est peut-&ecirc;tre qu&rsquo;on se laisse soi-m&ecirc;me &laquo;&nbsp;glisser&nbsp;&raquo; dans la chose plus vite et plus profond&eacute;ment qu&rsquo;on ne l&rsquo;a voulu au d&eacute;part&nbsp;; il est de toute fa&ccedil;on dans la nature de l&rsquo;homme de presser. Si tu peux donc encore maintenir assez longtemps la relation au niveau d&rsquo;une amiti&eacute; sur fond chaleureux, ne manque pas de le faire.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDes premiers renseignements glan&eacute;s sur lui, je retire la vague impression que sa m&egrave;re est une malade mentale incurable, et qu&rsquo;il n&rsquo;aurait pas lui-m&ecirc;me la r&eacute;putation d&rsquo;un homme en bonne sant&eacute;. Or, de la sant&eacute;, il faudrait que tu en trouves chez ton mari, et de l&rsquo;&eacute;nergie&nbsp;; malheureusement, les personnalit&eacute;s fines et correctes ne sont pas toujours les plus solides. Je ne sais rien de certain. Maintenant, je vais naturellement m&rsquo;y int&eacute;resser, et demander &agrave; tante de sonder les Dub sur sa situation. Tu ne consid&eacute;reras certainement pas que de telles froides supputations sont indignes d&rsquo;&ecirc;tre prises en compte en parall&egrave;le avec les sentiments.<\/p>\n<p>\n\t\t\tQue tu ne sois pas l&agrave; est pour moi en ces circonstances particuli&egrave;rement commode&nbsp;; j&rsquo;esp&egrave;re que tes &eacute;motions ne vont pas te reprendre ce que le soleil et l&rsquo;air ajoutent &agrave; ton bon &eacute;tat g&eacute;n&eacute;ral. Au total, tu le sais bien, je ne suis pas press&eacute; de te savoir cas&eacute;e avant l&rsquo;&acirc;ge de 24 ans, et tu plairas, je l&rsquo;esp&egrave;re, aussi &agrave; d&rsquo;autres. Mais n&rsquo;en conclus pas que j&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; quelque chose contre R. H., en dehors de la pr&eacute;vention la plus naturelle, comme il va de soi. J&rsquo;avais toujours attendu que t&rsquo;emporterait en souvenir un de mes sympathiques &eacute;l&egrave;ves et adeptes.<\/p>\n<p>\n\t\t\tTu vois que je suis toujours &agrave; ta disposition pour te donner des conseils, mais, &agrave; vrai dire, il faut que ce soit toi qui diriges la man&oelig;uvre, comme d&rsquo;ailleurs il se doit. &Agrave; propos de Salzbourg, je ne peux rien t&rsquo;&eacute;crire. Je n&rsquo;en au pas le temps, mais je te r&eacute;pondrai bient&ocirc;t &agrave; nouveau. Seulement ceci&nbsp;: l&rsquo;&eacute;dition d&rsquo;annales qui nous soient propres et assur&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\t\tTransmets bien des salutations aux Raab et accepte les meilleurs v&oelig;ux de<\/p>\n<p>\n\t\t\tTon p&egrave;re qui t&rsquo;aime de tout son c&oelig;ur.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/section>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lettre de Freud &agrave; sa fille Mathilde &nbsp; Tu sais peut-&ecirc;tre qu&#39;aimer doit s&#39;apprendre, comme tout le reste. &nbsp; Sigmund Freud (6 mai 1856 &ndash; 23 septembre 1939), m&eacute;decin neurologue autrichien, est le p&egrave;re de la psychanalyse. 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