{"id":12953,"date":"2016-06-14T01:06:29","date_gmt":"2016-06-14T01:06:29","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=12953"},"modified":"2016-06-14T01:07:46","modified_gmt":"2016-06-14T01:07:46","slug":"ci-git-le-petit-matin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/ci-git-le-petit-matin\/","title":{"rendered":"Ci-g\u00eet Le Petit Matin"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><header> <\/header>\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCi-g&icirc;t Le Petit Matin<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tPar&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.webdo.tn\/author\/hatem-bourial\/\" itemprop=\"author\">Hatem Bourial<\/a><\/p>\n<\/div>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tUn chantier pas comme les autres suit son cours, rue Ali Bach Hamba. En effet, un immeuble des plus anciens vient d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;moli dans la perspective d&rsquo;une nouvelle construction. Beaucoup de liens m&rsquo;attachent &agrave; ce vieil immeuble qui, longtemps, fut le si&egrave;ge du Petit Matin, un journal quotidien paru jusqu&rsquo;en 1967.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>La rotative du Petit Matin<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tTout en haut de l&rsquo;immeuble tr&ocirc;naient jusqu&rsquo;&agrave; ces derniers jours , les lettres massives &laquo;&nbsp;PM&nbsp;&raquo; pour les nom du journal fond&eacute; en 1923 par Simon Zana.<\/p>\n<p>\n\t\tCe qui me lie encore &agrave; cet immeuble, c&rsquo;est d&rsquo;abord son emplacement rue Saint-Charles, devenue rue Ali Bach Hamba. Cette rue constituait mon chemin des &eacute;coliers puis, adulte, j&rsquo;y ai v&eacute;cu et travaill&eacute; puisque tous les grands quotidiens de Tunis s&rsquo;y trouvaient: La Presse, Le Temps et bien entendu Le Petit Matin.<\/p>\n<p>\n\t\tEnsuite, par un miraculeux hasard, lors de mes premi&egrave;res ann&eacute;es avec le journal Tunis-Hebdo, j&rsquo;ai pu travailler dans les anciens ateliers du Petit Matin. La rotative de ce journal et son atelier ont en effet &eacute;t&eacute; le berceau de Tunis-Hebdo et je me souviens bien de la presse massive, des linotypes, des flans, des maurasses ou des titreuses qui occupaient l&rsquo;atelier.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Hungaria, Bosphore, Orient, Chantilly et le casse-cro&ucirc;te de Nanou<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tA un niveau plus personnel, l&rsquo;immeuble avait accueilli des services de la Banque du sud et, jeunot, je passais y saluer un de mes oncles aujourd&rsquo;hui d&eacute;c&eacute;d&eacute;. Et pour l&rsquo;anecdote, l&rsquo;immeuble du Petit Matin se trouvait &agrave; la confluence de quelques unes des tables les plus fameuses de la restauration tunisoise.<\/p>\n<p>\n\t\tEn effet, &agrave; proximit&eacute; du Bosphore, de l&rsquo;Orient et du Carthage, cet immeuble jouxtait le Hungaria et se trouvait non loin du Chantilly et de la d&eacute;sormais oubli&eacute;e Brasserie Guillaume Tell. N&rsquo;oublions pas de mentionner l&rsquo;inoubliable Nanou qui avait son &eacute;choppe de casse-cro&ucirc;te dans les parages imm&eacute;diats.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Un concurrent pour La D&eacute;p&ecirc;che<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est vous dire si cela me fait un pincement au c&oelig;ur de voir cet immeuble en ruines, en souffrance de reconstruction. Cela me pousse r&eacute;solument &agrave; partager cette chronique que je voudrais essentiellement consacrer au Petit Matin qu&rsquo;encore enfant, il m&rsquo;&eacute;tait arriv&eacute; de lire&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\tAu tournant du vingti&egrave;me si&egrave;cle, et durant l&rsquo;entre-deux-guerres, le journal qui dominait la place de Tunis avait pour titre La D&eacute;p&ecirc;che tunisienne. Cr&eacute;&eacute; en 1899, ce journal &eacute;tait en quelque sorte l&rsquo;organe officieux de la R&eacute;sidence.<\/p>\n<p>\n\t\tEn 1923, en cr&eacute;ant Le Petit Matin, Simon Zana allait briser ce monopole et rapidement r&eacute;ussir &agrave; hisser la nouvelle publication vers les sommets. Avec Pierre Laffite pour r&eacute;dacteur en chef, Le Petit Matin allait grignoter des parts de march&eacute; et s&rsquo;imposer rapidement.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Le rapide essor du Petit Matin<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tSept ans apr&egrave;s sa fondation, le journal quittera ses premiers locaux de la rue de Bretagne (actuelle rue du 18 janvier) pour s&rsquo;installer dans l&rsquo;h&ocirc;tel particulier qui vient d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;moli cette semaine. En novembre 1930, la rotative Duplex-Tubular de 30 tonnes sera install&eacute;e dans la cave de l&rsquo;immeuble puis inaugur&eacute;e le 5 f&eacute;vrier 1931.<\/p>\n<p>\n\t\tJuif tunisien, Simon Zana avait fait fortune dans le commerce du bl&eacute;. Il avait lanc&eacute; son journal avec aussi pour objectif de rallier les lecteurs locaux. D&rsquo;ailleurs, du 6 f&eacute;vrier au 9 avril 1931, il lancera une &eacute;dition en arabe du Petit Matin sous le titre &laquo;&nbsp;Al Fajr&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tAvec ses deux pages, cette &eacute;dition allait rapidement disparaitre &agrave; cause d&rsquo;un complexe jeu d&rsquo;influences entre les principaux journaux arabophones (&laquo;&nbsp;Ennahdha&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Azzohra&nbsp;&raquo;), le r&eacute;sident fran&ccedil;ais et Simon Zana.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Quarante-quatre ans au service de la presse tunisienne<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tContre vents et mar&eacute;es, Le Petit Matin poursuivra sa carri&egrave;re jusqu&rsquo;en 1967. Epousant la cause des nationalistes, Zana saura n&eacute;gocier sa pr&eacute;sence sur la place m&eacute;diatique tunisienne mais mettra la cl&eacute; sous la porte une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es apr&egrave;s l&rsquo;ind&eacute;pendance.<\/p>\n<p>\n\t\tDemeurent les collections du Petit Matin qui, pendant 44 ans, aura suivi de pr&egrave;s l&rsquo;actualit&eacute; en Tunisie&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\tH.B.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; Ci-g&icirc;t Le Petit Matin Par&nbsp;Hatem Bourial &nbsp; Un chantier pas comme les autres suit son cours, rue Ali Bach Hamba. En effet, un immeuble des plus anciens vient d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;moli dans la perspective d&rsquo;une nouvelle construction. 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