{"id":1299,"date":"2013-09-25T03:01:55","date_gmt":"2013-09-25T03:01:55","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1299"},"modified":"2013-09-25T00:27:53","modified_gmt":"2013-09-25T00:27:53","slug":"resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqua-la-fin-du-xixeme-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqua-la-fin-du-xixeme-siecle\/","title":{"rendered":"R\u00e9sistances juives \u00e0 la kabbale depuis le Moyen Age jusqu\u2019\u00e0 la fin du XIXeme siecle"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"p1\">\n\tR&eacute;sistances juives &agrave; la kabbale Depuis le Moyen Age jusqu&rsquo;&agrave; la fin du XIXeme siecle<\/h3>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<em>G&eacute;n&eacute;ralit&eacute;s<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tComme on pouvait s&rsquo;y attendre, la vision kabbalistique du juda&iuml;sme rabbinique ne s&rsquo;est pas impos&eacute;e du jour au lendemain ni n&rsquo;a &eacute;t&eacute; &eacute;pargn&eacute;e par les critiques. Lors de son av&egrave;nement, elle avait soulev&eacute; de fortes r&eacute;sistances dans certains milieux philosophiques, mais aussi &agrave; l&rsquo;autre extr&eacute;mit&eacute; du spectre communautaire, c&rsquo;est-&agrave;-dire au sein de l&rsquo;orthodoxie et du camp conservateur. Cependant, d&egrave;s la fin du XVe si&egrave;cle, on peut affirmer que toute mise en cause de la th&eacute;ologie kabbalistique &eacute;tait consid&eacute;r&eacute;e par les autorit&eacute;s religieuses comme une attaque frontale &agrave; l&rsquo;encontre du juda&iuml;sme. C&rsquo;est seulement apr&egrave;s la redoutable crise provoqu&eacute;e par le sabbata&iuml;sme qui se solda par des milliers de d&eacute;fections que la kabbale et ses th&eacute;ologiens furent appel&eacute;s &agrave; rendre des comptes. A partir de cette date, la kabbale fut suspect&eacute;e d&rsquo;avoir des id&eacute;es h&eacute;r&eacute;tiques.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<em>Les premi&egrave;res contestations de l&rsquo;antiquit&eacute; du Zohar et de la paternit&eacute; litt&eacute;raire de Sim&eacute;on ben Yocha&iuml;.<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tVoici la traduction fran&ccedil;aise de l&rsquo;introduction de Zacuto au texte d&rsquo;Isaac d&rsquo;Acre<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&laquo;Rabbi Isaac d&rsquo;Acre s&rsquo;&eacute;tait rendu en Espagne afin d&rsquo;&eacute;lucider, de quelle fa&ccedil;on le Zohar, &eacute;crit dans une grotte par rabbi Si&nbsp;&raquo;mon et son fils rabbi El&eacute;azar, avait surgi de son temps&nbsp;: heureux ceux qui ont pu m&eacute;riter sa v&eacute;rit&eacute; car par sa lumi&egrave;re ils voient la lumi&egrave;re. Mais aussi pour &eacute;valuer son authenticit&eacute; car une partie de ce livre avait &eacute;t&eacute; &eacute;dulcor&eacute;e. Rabbi Isaac rapporte qu&rsquo;on lui avait dit ceci&nbsp;: il fallait admettre l&rsquo;authenticit&eacute; de tout ce qui &eacute;tait &eacute;crit en aram&eacute;en, car tels &eacute;taient bien les propos de rabbi Sim&eacute;on&nbsp;; en revanche, les parties h&eacute;bra&iuml;ques n&rsquo;&eacute;taient pas de lui mais d&rsquo;un falsificateur. De fait, le livre lui-m&ecirc;me avait &eacute;t&eacute; &eacute;crit dans la langue de J&eacute;rusalem (i.e. l&rsquo;aram&eacute;en).&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<em>Elya Delm&eacute;digo<\/em>&nbsp;(1460-1493)&nbsp;<em>et son Examen de la religion (Behinat ha-Dat)<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tNous avons affaire ici &agrave; un remarquable penseur qui fut &agrave; la fois m&eacute;decin, ex&eacute;g&egrave;te et traducteur mais qui ne laissa, en guise d&#39;oeuvre philosophico-religieuse &eacute;dit&eacute;e, qu&#39;un fascicule fort dense o&ugrave; il allait &agrave; l&#39;encontre du&nbsp;<em>Zeitgeist<\/em>, l&#39;esprit du temps. Elya fut le ma&icirc;tre d&#39;h&eacute;breu et l&#39;ami de Pic de la Mirandole,<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tElya acheva son livre&nbsp;<em>Behinat ha-Dat<\/em>&nbsp;(<em>Examen de la<\/em>&nbsp;<em>religion<\/em>) le 31 d&eacute;cembre 1490, &agrave; la demande de son disciple, Sa&uuml;l Ashk&eacute;nazi; en raison de ses attaques contre la kabbale qui r&eacute;gentait alors les esprits, le livre ne sera vraiment &eacute;dit&eacute; que 138 ans plus tard, en 1629, mais sera tr&egrave;s lu et &eacute;tudi&eacute; m&ecirc;me &agrave; l&#39;&eacute;tat de manuscrit<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDans tout ce passage, Elya entreprend m&eacute;thodiquement de saper les fondements de la kabbale en g&eacute;n&eacute;ral. Il parle des recteurs des acad&eacute;mies babyloniennes, les&nbsp;<em>gu&eacute;onim<\/em>, qui constituent un maillon irrempla&ccedil;able de la tradition rabbinique. Comme ces hommes avaient une connaissance profonde des sources anciennes (midrash et Talmud), il est impossible qu&rsquo;ils aient ignor&eacute; la kabbale si celle-ci avait r&eacute;ellement fait partie du legs religieux du juda&iuml;sme. Apr&egrave;s cette premi&egrave;re salve, Delm&eacute;digo va -montrer que Sim&eacute;on ben Yocha&iuml; n&rsquo;a jamais &eacute;crit le Zohar&nbsp;:<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\ta)&nbsp;si rabbi Sim&eacute;on &eacute;tait vraiment l&rsquo;auteur de cet ouvrage, le Talmud en citerait une bara&iuml;ta<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>&nbsp;ou une aggada comme il le fait pour Sifr&eacute;<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>&nbsp;et pour d&rsquo;autres dissertations talmudiques. Or, ce n&rsquo;es pas le cas.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tb)&nbsp;Les adversaires des kabbalistes font encore valoir que les noms des hommes cit&eacute;s dans le Zohar ont v&eacute;cu bien des ann&eacute;es apr&egrave;s rabbi Sim&eacute;on, comme on peut s&rsquo;en convaincre en comparant ces noms &agrave; ceux cit&eacute;s dans la litt&eacute;rature talmudique. On remarque aussit&ocirc;t que rabbi Sim&eacute;on ne peut pas avoir &eacute;crit cet ouvrage.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tc)&nbsp;Les adversaires des kabbalistes rel&egrave;vent aussi que le Zohar n&rsquo;est diffus&eacute; au sein de notre nation que depuis trois si&egrave;cles. Ils ajoutent que si rabbi Sim&eacute;on ben Yocha&iuml; &eacute;tait le p&egrave;re de tous ces kabbalistes et connaissait bien les myst&egrave;res et les allusions contenues dans les r&egrave;gles religieuses, la halakha e&ucirc;t &eacute;t&eacute; de son c&ocirc;t&eacute;. Or, nous savons qu&rsquo;il n&rsquo;en est rien. En outre, nous avons connaissance de nombreuses occurrences o&ugrave; les kabbalistes affirment que la r&egrave;gle religieuse doit &ecirc;tre en conformit&eacute; avec l&rsquo;allusion mystique (<em>r&eacute;mez)<\/em>&nbsp;; or, nous constatons que des d&eacute;cisionnaires et de grandes autorit&eacute;s talmudiques en ont d&eacute;cid&eacute; autrement&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<em>L&rsquo;autobiographie de L&eacute;on de Mod&egrave;ne (1571-1648) (La vie de Juda&nbsp;: Hayy&eacute; Yehouda)<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLe pire pour le courant &eacute;sot&eacute;rique juif &eacute;tait encore &agrave; venir; en effet, en 1639, le rabbin v&eacute;nitien bien connu, L&eacute;on de Mod&egrave;ne, qui nous a laiss&eacute; une autobiographie (<em>Hayy&eacute; Yehuda<\/em>), pleine de candeur et o&ugrave; il avoue sans d&eacute;tours sa passion pour le jeu, publia un v&eacute;ritable br&ucirc;lot contre la kabbale sous le titre&nbsp;<em>Ari<\/em>&nbsp;<em>noh&eacute;m (Lion rugissant<\/em>). Il fait son profit des critiques d&#39;Elya Delm&eacute;digo mais en ajoute de beaucoup plus fortes; &eacute;voluant dans un milieu chr&eacute;tien &agrave; l&#39;&eacute;poque de la Renaissance, le rabbin v&eacute;nitien d&eacute;plore que la kabbale et surtout le Zohar soient responsables de tant d&#39;apostasies chez les juifs. Comme on va le voir dans le chapitre suivant<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>, les kabbalistes chr&eacute;tiens (Pic, Reuchlin, Guillaume Postel..)s&#39;&eacute;taient entre-temps appropri&eacute;s la plupart des &eacute;crits kabbalistiques qu&#39;ils transformaient en arsenal d&#39;id&eacute;es contre le juda&iuml;sme. Puisque les kabbalistes statuaient dix&nbsp;sefirot&nbsp;dans leur conception dynamique de la divinit&eacute; et que les juifs n&#39;y trouvaient rien &agrave; redire, la trinit&eacute; chr&eacute;tienne ne devrait pas leur poser de gros probl&egrave;mes! L&eacute;on de Mod&egrave;ne d&eacute;plore par ailleurs que m&ecirc;me les jeunes gens &eacute;tudient le Zohar et n&eacute;gligent, pour cette raison, le talmud et la litt&eacute;rature des d&eacute;cisionnaires&#8230;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEn L&eacute;on de Mod&egrave;ne la kabbale trouva un implacable censeur. Pour cet auteur, le Zohar ainsi que l&rsquo;ensemble de la litt&eacute;rature kabbalistique n&rsquo;&eacute;taient qu&rsquo;un ramassis de th&egrave;ses erron&eacute;es et de doctrines h&eacute;r&eacute;tiques. Mais tout en contestant l&rsquo;antiquit&eacute; et l&rsquo;orthodoxie stricte des th&egrave;ses du Zohar, L&eacute;on de Mod&egrave;ne rend hommage &agrave; ses qualit&eacute;s litt&eacute;raires, &agrave; son style narratif et &agrave; son caract&egrave;re exhortatoire; il r&eacute;veille, avoue-t-il, les endormis, secoue les assoupis et inspire &agrave; ses lecteurs la crainte du Seigneur ainsi que la volont&eacute; de le servir. Mais le&nbsp;<em>Lion rugissant<\/em>&nbsp;subit le m&ecirc;me sort que&nbsp;<em>l&rsquo;Examen de la religion<\/em>&nbsp;de Delm&eacute;digo. Il ne connut les honneurs de l&rsquo;impression qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;poque de la Haskala&nbsp;; au cours du XIXe si&egrave;cle, le grand &eacute;rudit Abraham Geiger (dont on reparlera<em>infra<\/em>) lui consacra une attention toute particuli&egrave;re.Le rabbin Isaac Samuel Reggio (voir<em>supra)<\/em>&nbsp;de G&ouml;rizia qui avait d&eacute;j&agrave; r&eacute;&eacute;dit&eacute;&nbsp;<em>l&rsquo;Examen de la religion<\/em>&nbsp;de Delm&eacute;digo avec de substantiels commentaires, en fit de m&ecirc;me pour le texte de L&eacute;on de Mod&egrave;ne.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDans son introduction qui prend les allures d&rsquo;un v&eacute;ritable r&eacute;quisitoire contre le Zohar et les &eacute;crits kabbalistiques en g&eacute;n&eacute;ral, il n&rsquo;h&eacute;site pas &agrave; &eacute;crire que le courant &eacute;sot&eacute;rique est responsable de la dur&eacute;e interminable de l&rsquo;exil&hellip; Il &eacute;crivit m&ecirc;me ceci&nbsp;: je ne permettrai pas que les oracles trompeurs du Zohar mettent en p&eacute;ril le vignoble du Seigneur&hellip;<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<em>Jacob Emden (1697-1776)<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>&nbsp;ou l&#39;anti-Sabbata&iuml; Zewi<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDans le pr&eacute;c&eacute;dent chapitre consacr&eacute; au mouvement sabbata&iuml;ste et &agrave; ses adversaires les plus acharn&eacute;s, il a &eacute;t&eacute; souvent question de Jacob Emden et de son implacable d&eacute;nonciation de l&rsquo;h&eacute;r&eacute;sie sabbata&iuml;ste et de ses adeptes secrets. Ce rabbin de l&rsquo;Allemagne du nord nous a laiss&eacute; une autobiographie o&ugrave; il relate &agrave; la fois les grands moments de son existence et son combat incessant contre la secte sabbata&iuml;ste de Podolie. Mais ce controversiste n&rsquo;&eacute;tait pas seulement un pol&eacute;miste, ce fut aussi un &eacute;rudit rabbinique particuli&egrave;rement brillant.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tI. Tishby, l&rsquo;&eacute;minent sp&eacute;cialiste du Zohar et des &eacute;crits d&rsquo;Azriel, note dans son ouvrage<em>Wisdom of the Zohar<\/em>&nbsp;que le reclus d&#39;Altona avait pass&eacute; au crible chaque page du Zohar, r&eacute;pertoriant sans piti&eacute; les redites, les anachronismes, les invraisemblances etc&#8230; Mais dans sa pr&eacute;face, Emden, qui &eacute;tait pourtant un esprit fort, nous livre ses scrupules &agrave; porter atteinte &agrave; un livre si pr&eacute;cieux et quasi-sacr&eacute; aux yeux des juifs. Il identifie la partie principale du Zohar comme &eacute;tant l&#39;oeuvre de Mo&iuml;se de L&eacute;on mais ne peut s&#39;emp&ecirc;cher d&#39;&eacute;crire, en guise de conclusion, que l&#39;auteur du Zohar a re&ccedil;u &laquo;des &eacute;tincelles de l&#39;&acirc;me de rabbi Sim&eacute;on ben Yoha&iuml;&raquo;. Donc, qu&rsquo;il en &eacute;tait une sorte de r&eacute;incarnation, au point de se faire le porte parole d&rsquo;une certaine tradition juive&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<em>La kabbale dans l&rsquo;autobiographie<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>&nbsp;de Salomon Maimon (1752-1800)<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLe fait que S. Ma&iuml;mon se soit laiss&eacute; s&eacute;duire durant un temps par le prestige de la kabbale ne saurait &ecirc;tre le fruit du hasard. Il avouait lui-m&ecirc;me que la pratique quotidienne du Talmud, science aride par excellence selon l&#39;auteur, ne r&eacute;pondait pas &agrave; ses aspirations. M&ecirc;me Mo&iuml;se de L&eacute;on avait &eacute;t&eacute; d&eacute;&ccedil;u par le&nbsp;<em>Guide des &eacute;gar&eacute;s<\/em>&nbsp;et s&rsquo;&eacute;tait tourn&eacute; vers la kabbale. Ma&iuml;mon dit justement:<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&laquo;Je me mis en qu&ecirc;te de quelque chose pouvant rem&eacute;dier &agrave; cette carence. Je savais qu&#39;il existait une soi-disant science qui &eacute;tait tr&egrave;s en vogue aupr&egrave;s des &eacute;rudits de la r&eacute;gion, &agrave; savoir la kabbale, laquelle pouvait non seulement &eacute;tancher la soif de connaissance mais encore perfectionner l&#39;individu &agrave; un tr&egrave;s haut niveau et le rapprocher de Dieu.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&laquo;Il existe de nombreux syst&egrave;mes kabbalistiques, le premier est de rabbi Mosh&eacute; Cordov&eacute;ro (mort en 1570) et le second de rabbi Isaac Louria (1534-1572). Le premier est plus proche de la r&eacute;alit&eacute;, je veux dire qu&#39;il se rapproche de la raison beaucoup plus que le second. Ce dernier est plus formel, je veux dire par l&agrave;, qu&#39;il est plus syst&eacute;matique que le premier. Les n&eacute;o-kabbalistes pr&eacute;f&egrave;rent le syst&egrave;me de Louria &agrave; celui de Cordov&eacute;ro, car pour eux, la kabbale authentique ne conna&icirc;t pas de conception rationnelle. Ayant enfin mis la main sur les&nbsp;<em>Sha&#39;ar&eacute; Q&eacute;dusha<\/em>(Portiques de la saintet&eacute; de Hayyim Vital) que je d&eacute;vorai litt&eacute;ralement, je constatai que, mises &agrave; part toutes les extravagances et les excentricit&eacute;s qu&#39;il contenait, ce livre traitait surtout de psychologie.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tSe rendant compte que la kabbale ne devait pas seulement &ecirc;tre connue mais qu&#39;il convenait aussi de la comprendre, Ma&iuml;mon d&eacute;clare:<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&laquo;Peu satisfait de la connaissance litt&eacute;raire de cette science, je d&eacute;cidai d&#39;en p&eacute;n&eacute;trer l&#39;esprit; ayant remarqu&eacute; que toute cette science &ndash;si, toutefois, elle voulait m&eacute;riter ce nom- ne pouvait renfermer que les secrets de la nature, dissimul&eacute;s sous des fables et des all&eacute;gories, je me mis en qu&ecirc;te d&#39;&eacute;lucider tous ses myst&egrave;res et d&#39;&eacute;lever mes connaissances au niveau du savoir rationnel.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<em>La science du juda&iuml;sme d&rsquo;Abraham Geiger (1810-1874) &agrave; Julius Guttmann (1880-1950)<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLa kabbale, d&rsquo;une part, et le Zohar, d&rsquo;autre part, ont r&eacute;gn&eacute; presque sans partage sur le penser et le v&eacute;cu des juifs du XVe au XIXe si&egrave;cle. Apr&egrave;s cette date, la science du juda&iuml;sme<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>&nbsp;fit des pas d&eacute;cisifs dans l&rsquo;&eacute;tude historico-critique des grands textes de la mystique juive. L&rsquo;id&eacute;ologie de ce mouvement intellectuel &eacute;tait fonci&egrave;rement oppos&eacute;e au mysticisme qu&rsquo;il taxait d&rsquo;irrationalisme car il lui semblait militer contre les aspirations des juifs &agrave; l&rsquo;&eacute;galit&eacute; des droits avec leurs concitoyens allemands de confession chr&eacute;tienne. On craignait que la kabbale, en raison de son symbolisme sexuel exub&eacute;rant, de ses raccourcis &eacute;tranges et de son ex&eacute;g&egrave;se biblique atypique, ne dev&icirc;nt un argument contre l&rsquo;octroi des droits civiques. Et pourtant, tous les assauts de cette science moderne, principalement repr&eacute;sent&eacute;e par des personnalit&eacute;s aussi diff&eacute;rentes, au plan id&eacute;ologique et religieux, que Abraham Geiger et Heinrich Gr&auml;tz, ne parvinrent pas &agrave; freiner la dynamique du Zohar ni m&ecirc;me son avanc&eacute;e conqu&eacute;rante dans le c&oelig;ur et l&rsquo;esprit d&rsquo;un nombre sans cesse croissant de juifs. Etait-ce d&ucirc; &agrave; la personnalit&eacute; envo&ucirc;tante de Mo&iuml;se de L&eacute;on, consid&eacute;r&eacute; par Adolphe Jellinek (1821-1894) comme l&rsquo;auteur de la partie principale du Zohar&nbsp;? Ce n&rsquo;est pas &agrave; exclure.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tJellinek<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>&nbsp;constitue avec Philipp Bloch<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>&nbsp;(1841-1923) la double exception qui confirme la r&egrave;gle de cette science du juda&iuml;sme qui vouait aux g&eacute;monies toute la litt&eacute;rature kabbalistique<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>. Mais Jellinek fut le premier &agrave; comparer certains passages du Zohar au&nbsp;<em>Livre de l&rsquo;&acirc;me savante<\/em>, &eacute;crit en langue h&eacute;bra&iuml;que par Mo&iuml;se de L&eacute;on. Heinrich Gr&auml;tz, le fondateur de l&rsquo;historiographie juive moderne, reprit avec toute la vigueur qu&rsquo;on lui conna&icirc;t, les arguments de Jellinek. Ces deux savants furent soumis par G. Scholem &agrave; un examen serr&eacute;, au point qu&rsquo;il est permis de parler d&rsquo;un trio Jellinek-Gr&auml;tz-Scholem, v&eacute;ritable ossature de l&rsquo;&eacute;cole critique des &eacute;tudes kabbalistiques. En pr&eacute;cisant toutefois, que si Gr&auml;tz rejetait violemment cette branche de la pens&eacute;e juive, Jellinek, et surtout Scholem, lui t&eacute;moign&egrave;rent une incontestable bienveillance. A ces trois piliers de la recherche ancienne sont venus s&rsquo;ajouter des savants tels Georges Vajda, Alexandre Altmann et bien &eacute;videmment I. Tishby.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAbraham Geiger, le grand repr&eacute;sentant du juda&iuml;sme lib&eacute;ral allemand au XIXe si&egrave;cle<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>qualifiait la mystique juive de supercherie (<em>Betrug<\/em>); mais l&#39;ennemi le plus acharn&eacute; de la kabbale, en raison, pr&eacute;cis&eacute;ment, de sa grande &eacute;rudition, fut Heinrich Gr&auml;tz qui s&rsquo;est laiss&eacute; emporter par la haine<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>&nbsp;qu&rsquo;il vouait au mysticisme juif au point accabler Mo&iuml;se de L&eacute;on de graves reproches.Selon le c&eacute;l&egrave;bre historien, Mo&iuml;se de L&eacute;on aurait &eacute;t&eacute; un faussaire ambitieux, d&eacute;pourvu de scrupules et coupable d&rsquo;avoir infect&eacute; la tradition juive authentique d&rsquo;&eacute;lucubrations m&eacute;prisables. Tout en admettant le r&eacute;sultat des recherches philologiques et historico-critiques de Gr&auml;tz, rien ne nous oblige &agrave; reprendre &agrave; notre compte les jugements de valeur qu&rsquo;il porte sur les ma&icirc;tres de la kabbale Comme on le verra dans le dernier chapitre de ce livre, G. Scholem fut mieux inspir&eacute;&nbsp;:tout en reconnaissant absolument le caract&egrave;re pseud&eacute;pigraphique du Zohar, il s&rsquo;est refus&eacute; &agrave; le r&eacute;duire &agrave; un tissu de mensonges et de sottises. Il propose, au contraire, d&rsquo;y voir une tentative assez g&eacute;niale de pr&eacute;senter l&rsquo;essence du juda&iuml;sme sous un &eacute;clairage mystique.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tVoici un r&eacute;sum&eacute; succinct des griefs articul&eacute;s contre le Zohar et la kabbale&nbsp;:<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\ta)&nbsp;Le Zohar est un ouvrage apocryphe r&eacute;cent, falsifi&eacute; qui se fait passer pour ce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas, &agrave; savoir une &oelig;uvre du Tanna talmudique du IIe si&egrave;cle, Rabbi Sim&eacute;on ben Yoha&iuml;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tb)&nbsp;la kabbale est susceptible de mener vers l&rsquo;h&eacute;r&eacute;sie car elle constitue un renfort inesp&eacute;r&eacute; pour le pros&eacute;lytisme de l&rsquo;&eacute;glise catholique, laquelle s&rsquo;en est effectivement servie pour parvenir &agrave; ses fins. Cet aspect est m&ecirc;me effleur&eacute; dans la pr&eacute;face &agrave; l&rsquo;&eacute;dition du Zohar &agrave; Mantoue.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tc)&nbsp;Il est interdit de r&eacute;v&eacute;ler les secrets de la Tora &agrave; tous les publics. L&eacute;on de Mod&egrave;ne l&rsquo;interdisait dans ses&nbsp;<em>Hayy&eacute; Yehuda<\/em>. Mais les partisans de la kabbale pass&egrave;rent outre.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\td)&nbsp;La kabbale est une science trop t&eacute;nue, trop myst&eacute;rieuse pour qu&rsquo;on puisse s&rsquo;en occuper sans danger pour soi-m&ecirc;me et pour les autres.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\te)&nbsp;Le Talmud interdit que l&rsquo;on sur&eacute;value la tradition orale par rapport &agrave; la tradition &eacute;crite. Or, le Zohar et la kabbale font partie de la tradition orale.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tf)&nbsp;L&rsquo;impression du Zohar pourrait se solder par un nouvel autodaf&eacute;, semblable &agrave; celui de 1553 qui avait touch&eacute; le talmud. Et un Zohar imprim&eacute; pourrait conna&icirc;tre le m&ecirc;me sort.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tg)&nbsp;La spiritualisation, l&rsquo;abstraction, voire la vaporisation (<em>Verfl&uuml;chtigung<\/em>) du juda&iuml;sme ne doivent pas &ecirc;tre plac&eacute;es au c&oelig;ur de la vie religieuse juive.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\th)&nbsp;Les kabbalistes font pire que les Chr&eacute;tiens&nbsp;: ces derniers ont adopt&eacute; une croyance trinitaire tandis que les autres ont mis au centre de leur croyance une doctrine s&eacute;firotique d&eacute;cennaire&hellip;<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div id=\"ftn1\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><br clear=\"all\" \/><br \/>\n\t\t\t\t\t\t[1]<\/a>&nbsp;Terme aram&eacute;en d&eacute;signant une mishna rest&eacute;e &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur, donc non canonique.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn2\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a>&nbsp;Voir Strack-Stemberger-Hayoun,&nbsp;<em>Introduction au talmud et au midrash<\/em>&nbsp;Cerf, 1986, p 308s. Le Talmud confirme cette paternit&eacute; litt&eacute;raire.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn3\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftnref3\" name=\"_ftn3\"><\/a>.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn4\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftnref4\" name=\"_ftn4\"><\/a><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn5\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftnref5\" name=\"_ftn5\"><\/a><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn6\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a>&nbsp;Salomon Maimon,&nbsp;<em>Histoire de ma vie<\/em>. traduit de l&rsquo;allemand avec une introduction et des notes par Maurice-R. Hayoun. Paris, Berg International, 1983.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn7\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a>&nbsp;Cf. Maurice-R. Hayoun,&nbsp;<em>La science du juda&iuml;sme (Die Wissenschaft des<\/em>&nbsp;<em>Judentums<\/em>) PUF, QSJ&nbsp;?, 1995. Cet ouvrage contient une discussion approfondie des relations entre la kabbale et les coryph&eacute;es de cette science moderne.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn8\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a>&nbsp;On lira la note en h&eacute;breu de M. Idel,&nbsp;<em>A propos d&rsquo;Aharon (Adolphe) Jellinek<\/em>&nbsp;in&nbsp;<em>Peamim<\/em>&nbsp;100, 2005, p 14s.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn9\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a>&nbsp;On lui doit aussi un &eacute;l&eacute;gant r&eacute;sum&eacute; sur la question&nbsp;:&nbsp;<em>Geschichte der Entwickelung der Kabbala und j&uuml;dischen Religionsphilosophie kurz zusammengefasst<\/em>. Sigmund Mayer Verlag, 1894.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn10\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a>&nbsp;Nous reviendrons sur cette position anti-kabbalistique dans le chapitre 11 de cet ouvrage, consacr&eacute; &agrave; Gershom Scholem et &agrave; son approche de la mystique juive.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn11\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a>&nbsp;Au cours de ce m&ecirc;me XIXe si&egrave;cle les adversaires de la kabbale ne d&eacute;sarm&egrave;rent pas: on a vu comment Isaac Samuel Reggio, l&#39;&eacute;diteur moderne de<em>l&rsquo;Examen de la<\/em>&nbsp;<em>religion<\/em>&nbsp;de Delm&eacute;digo (Vienne, 1833) parlait du Zohar et de la kabbale en reprenant les arguments d&#39;Emden. En 1852 un autre &eacute;rudit, Samuel David Luzatto &eacute;crivit un livre contre la kabbale et le Zohar. Il est vrai, aussi, qu&rsquo;il fut pr&eacute;c&eacute;d&eacute; par un homonyme, Mosh&eacute; Hayyim Luzatto lequel avait r&eacute;dig&eacute; un plaidoyer en faveur de la litt&eacute;rature kabbalistique&#8230;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn12\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a>&nbsp;Dans son bel article (<em>Philosophy and kabbalah in Wissenschaft des Judentums<\/em>&nbsp;:&nbsp;<em>rethinking the narrative of neglect<\/em>) 2001, pp 56-71, David N. Myers parle m&ecirc;me de critiques venimeuses&hellip; (p 69).<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn13\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/mrhayoun.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/03\/24\/resistances-juives-a-la-kabbale-depuis-le-moyen-age-jusqu-a.html#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a>&nbsp;G. Scholem,&nbsp;<em>R&eacute;shit ha-Qabbala<\/em>, pp 173-175.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; R&eacute;sistances juives &agrave; la kabbale Depuis le Moyen Age jusqu&rsquo;&agrave; la fin du XIXeme siecle &nbsp; G&eacute;n&eacute;ralit&eacute;s Comme on pouvait s&rsquo;y attendre, la vision kabbalistique du juda&iuml;sme rabbinique ne s&rsquo;est pas impos&eacute;e du jour au lendemain ni n&rsquo;a &eacute;t&eacute; &eacute;pargn&eacute;e par les critiques. 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