{"id":13097,"date":"2016-07-11T00:54:21","date_gmt":"2016-07-11T00:54:21","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=13097"},"modified":"2016-07-10T19:06:51","modified_gmt":"2016-07-10T19:06:51","slug":"paris-depuis-linstallation-croissante-de-nombreuses-familles-le-17eme-le-vent-en-poupe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/paris-depuis-linstallation-croissante-de-nombreuses-familles-le-17eme-le-vent-en-poupe\/","title":{"rendered":"PARIS : DEPUIS L&rsquo;INSTALLATION CROISSANTE DE NOMBREUSES FAMILLES LE 17eme A LE VENT EN POUPE"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>\n\t\tPARIS : DEPUIS L&#39;INSTALLATION CROISSANTE DE NOMBREUSES FAMILLES LE 17eme A LE VENT EN&nbsp;POUPE.<\/p>\n<p>\n\t\tPAR ALAIN CHOUFFAN<\/p>\n<p>\n\t\tDepuis des ann&eacute;es, on le sait, les juifs de France sont inquiets. Beaucoup partent en Isra&euml;l. D&rsquo;autres, pouss&eacute;s par l&rsquo;hostilit&eacute; de leurs voisins arabes, d&eacute;m&eacute;nagent de la banlieue vers Paris, pour des quartiers o&ugrave; il fait bon vivre comme dans l&rsquo;&eacute;l&eacute;gant 17eme.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tPARIS : DEPUIS L&#39;INSTALLATION CROISSANTE DE NOMBREUSES FAMILLES LE 17eme A LE VENT EN&nbsp;POUPE.<\/p>\n<p>\n\t\tPAR ALAIN CHOUFFAN<\/p>\n<p>\n\t\tDepuis des ann&eacute;es, on le sait, les juifs de France sont inquiets. Beaucoup partent en Isra&euml;l. D&rsquo;autres, pouss&eacute;s par l&rsquo;hostilit&eacute; de leurs voisins arabes, d&eacute;m&eacute;nagent de la banlieue vers Paris, pour des quartiers o&ugrave; il fait bon vivre comme dans l&rsquo;&eacute;l&eacute;gant 17eme.<\/p>\n<p>\n\t\tEt ils sont nombreux ! &laquo; 60 000 des 350 000 juifs de Paris et sa r&eacute;gion ont d&eacute;m&eacute;nag&eacute; ces dix derni&egrave;res ann&eacute;es, diagnostique Sammy Gozlan, pr&eacute;sident du Bureau national de vigilance contre l&rsquo;antis&eacute;mitisme. Les communaut&eacute;s juives de banlieues ont &eacute;t&eacute; compl&egrave;tement d&eacute;sert&eacute;es Des synagogues sont sur le point de fermer. Comme &agrave; Saint-Denis, La Courneuve, Peyrefitte, Stains, Villepinte, Aulnay sous-bois, Bagnolet, Blanc-Mesnil. Un grand nombre de juifs sont partis en raison de l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; ressentie apr&egrave;s de multiples incidents de harc&egrave;lement, de pressions, d&rsquo;agressions physiques. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tAlors d&eacute;m&eacute;nager ? Oui, pour aller o&ugrave; ? &Agrave; Paris, de pr&eacute;f&eacute;rence. &laquo; On compte, grosso modo, deux grands axes de regroupement de cette population de banlieue, analyse Ha&iuml;m Korsia, Grand rabbin de France : &agrave; l&rsquo;Ouest, le 17e arrondissement qui est en pleine expansion, a f&eacute;d&eacute;r&eacute; autour de lui le 16e, Neuilly et Boulogne. &Agrave; l&rsquo;Est, autour du 12e arrondissement, s&rsquo;ajoutent Saint-Mand&eacute;, Vincennes, et Charenton. &raquo; La s&eacute;curit&eacute; a-t-elle jou&eacute; un r&ocirc;le majeur dans ces migrations qui ont, finalement, redessin&eacute; l&rsquo;implantation juive &agrave; Paris et en Ile-de-France ? Bien s&ucirc;r, mais ce n&rsquo;est pas l&rsquo;unique motif. J&eacute;r&ocirc;me Fourquet y rajoute une &laquo; logique d&rsquo;ascension sociale &raquo;. Selon le directeur du d&eacute;partement Opinion de l&rsquo;IFOP &laquo; certains sont amen&eacute;s &agrave; quitter la banlieue pour habiter dans des quartiers au cadre de vie plus agr&eacute;able. G&eacute;n&eacute;ralement, au terme d&rsquo;une vie bien remplie et surtout quand le statut social s&rsquo;est &eacute;lev&eacute;. Ce parcours r&eacute;sidentiel d&rsquo;ascension sociale n&rsquo;est pas &eacute;videmment sp&eacute;cifique &agrave; la population juive. Cependant, le d&eacute;part de familles juives du 93 vers Paris, notamment le 17e arrondissement, ou vers des communes ais&eacute;es des Hauts-de-Seine (Levallois, Neuilly) ou du Val-de-Marne que sont Vincennes et Saint-Mand&eacute;, renvoie pour partie &agrave; ce ph&eacute;nom&egrave;ne. Il en va de m&ecirc;me, par exemple, de certains d&eacute;m&eacute;nagements de Sarcelles ou Garges vers Saint-Brice, dans le Val d&rsquo;Oise, ou de Cr&eacute;teil vers la ville de Saint-Maur-des Foss&eacute;s. Ces mouvements de population sont souvent num&eacute;riquement cons&eacute;quents et parfois se voient car ils changent la physionomie de certaines villes. &raquo; (1)<\/p>\n<p>\n\t\tCette volont&eacute; de jouir d&rsquo;un cadre de vie plus agr&eacute;able, pour soi et sa famille, explique cet engouement pour le 17e arrondissement. &laquo; C&rsquo;est s&ucirc;r que si je ne gagnais pas bien ma vie, je n&rsquo;aurais jamais pu habiter le 17e arrondissement. Croyez-moi, c&rsquo;est cher ! &raquo;, avoue ce jeune publicitaire de 45 ans qui a cr&eacute;&eacute; sa propre agence de pub et qui habite rue de Courcelles. C&rsquo;est vrai que l&rsquo;ascension sociale de la communaut&eacute; juive s&eacute;farade, &eacute;tablie depuis les ann&eacute;es soixante, est fulgurante. &laquo; On le mesure partout ! D&egrave;s qu&rsquo;une boutique se lib&egrave;re, elle est prise par un commerce juif !, confirme Murielle Schor, chirurgien-dentiste, doyenne du 17e, adjointe au maire, la plus connue, et la plus militante de cet arrondissement. On le constate aussi dans les 16e et 17e arrondissements sur les plaques des m&eacute;decins, comme des dentistes ? Quand j&rsquo;ai ouvert mon cabinet de chirurgien-dentiste en 1983, avenue Niel, ce quartier &eacute;tait mort. Ma client&egrave;le &eacute;tait compos&eacute;e de plusieurs noms &agrave; particules. Des nobles ! Et j&rsquo;avais seulement un petit noyau de juifs. Et, petit &agrave; petit, ces dix derni&egrave;res ann&eacute;es, ma client&egrave;le juive s&rsquo;est agrandie. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tAndr&eacute; Cohen fait partie de ce noyau. Quand ce kin&eacute;sith&eacute;rapeute de 60 ans a pris, en 1997, la d&eacute;cision de s&rsquo;installer dans le 17e, il habitait Sarcelles depuis plus de vingt ans. &laquo; Nous &eacute;tions une famille heureuse, raconte-t-il avec nostalgie. Toutes les grandes marques parisiennes &eacute;taient repr&eacute;sent&eacute;es, et les &eacute;coles &eacute;taient performantes. Nous n&rsquo;avions m&ecirc;me plus besoin de descendre &agrave; Paris ! Nous formions une communaut&eacute; solidaire et joyeuse. Sarcelles &eacute;tait l&rsquo;antichambre de Paris ! Petit &agrave; petit, une petite d&eacute;linquance s&rsquo;est d&eacute;velopp&eacute;e, laquelle a entra&icirc;n&eacute; la fermeture de ces grands magasins qui &eacute;taient le joyau de Sarcelles. Tout a disparu en cinq ans. Et nous sommes partis. &raquo; Mais, il a voulu garder, &agrave; Sarcelles, son cabinet de kin&eacute;sith&eacute;rapeute. De porte-&agrave;-porte, de mon cabinet &agrave; la maison, il y a exactement vingt minutes. Beaucoup de m&eacute;decins, dentistes, kin&eacute;s ont gard&eacute; leurs cabinets &agrave; Sarcelles et habitent le 17e. Ici nous sommes respect&eacute;s et nous avons nos habitudes. La communaut&eacute; s&rsquo;est regroup&eacute;e. Nous avons une vie sociale int&eacute;ressante. Le salon Hoche o&ugrave; nous nous retrouvons pour Kippour, et le parc Monceau pour nos promenades. De petites &eacute;choppes chinoises de manucures et de p&eacute;dicures, bon march&eacute;, se sont incrust&eacute;es entre les commerces. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tDepuis l&rsquo;installation croissante de nombreuses familles juives, le 17e a le vent en poupe. C&rsquo;est Fran&ccedil;oise de Panafieu, l&rsquo;ancienne maire (2001-2008) du 17e qui a favoris&eacute; et facilit&eacute; l&rsquo;arriv&eacute;e des juifs dans ce quartier. &laquo; On compte aujourd&rsquo;hui 40 000 juifs pour 171 000 habitants de l&rsquo;arrondissement, soit 23 %, affirme Brigitte Kuster qui lui a succ&eacute;d&eacute; (2). Pourquoi ont-ils choisi le 17e ? Disons que les juifs de France s&rsquo;y sentent bien, et surtout se sentent prot&eacute;g&eacute;s. Mais je souhaite que les commerces soient un peu mieux r&eacute;partis. Et qu&rsquo;on ne refasse pas la rue des Rosiers ! Je fais un &eacute;norme travail pour entretenir un excellent lien entre les communaut&eacute;s. Le rabbin Ha&iuml;m Korsia a d&eacute;battu avec le cur&eacute; St&eacute;phane Biaggi dans le cadre du Lyons Club. Et au moment de l&rsquo;attentat contre l&rsquo;Hypermarch&eacute;, le lyc&eacute;e Blanche de Castille a ouvert sa cour aux enfants de l&rsquo;Ecole juive moderne. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tCe quartier hupp&eacute; du sud du 17e a tout pour s&eacute;duire les nouveaux venus. De grands boulevards, un parc Monceau aux allures de Central Park o&ugrave; courent des joggers tout au long de la journ&eacute;e, des immeubles cossus, plus de 30 restaurants casher &ndash; &agrave; peine moins que dans le 19e arrondissement &ndash;, quatre boucheries, 3 &eacute;piceries fines, 2 p&acirc;tisseries, une librairie Beit Hassofer, et l&rsquo;impressionnant Mus&eacute;e Nissim de Camondo des fr&egrave;res Pereire au XIXe si&egrave;cle. Sans oublier, trois &eacute;coles juives qui totalisent plus de 800 &eacute;l&egrave;ves. &laquo; Pour n&rsquo;en citer qu&rsquo;un seul exemple, l&rsquo;Ecole juive moderne, ses effectifs sont en progression constante : ouverte en septembre 2007 avec 22 enfants, elle compte aujourd&rsquo;hui plus de 160 enfants, pr&eacute;cise Patrick Petit-Ohayon, directeur de l&rsquo;action scolaire au FSJU.<\/p>\n<p>\n\t\tTous les &eacute;tablissements scolaires juifs, depuis janvier 2015, sont sous haute surveillance : rondes de militaires, cours pour pr&eacute;parer les enfants au pire, formation des parents &agrave; la vigilance&hellip; En effet, des &eacute;quipes volontaires de parents protecteurs, cr&eacute;&eacute;es en 2012, apr&egrave;s la tuerie de l&rsquo;&eacute;cole Ozar Hatorah, sont organis&eacute;es par le Service de Protection de la Communaut&eacute; juive (SPCJ), et qui assure, en liaison avec la police, la s&eacute;curit&eacute; des lieux juifs dans l&rsquo;Hexagone. Dans le 17e, c&rsquo;est l&rsquo;op&eacute;ration Sentinelle qui est d&eacute;ploy&eacute;e, explique un membre du minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur qui veut garder l&rsquo;anonymat. Devant les &eacute;coles, une garde statique de 3 militaires en armes pendant la dur&eacute;e des cours de 8 heures 30 &agrave; 16 heures 30. Dans tous les lieux publics, des patrouilles circulent, pour tout couvrir, sans passer au m&ecirc;me endroit, au m&ecirc;me moment, sinon &ccedil;a ne sert &agrave; rien de patrouiller. Mais je ne peux vous en dire plus ! &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tAlors, des gens heureux dans cet &eacute;crin bourgeois du 17e ? Sans doute. &Agrave; voir tous ces jeunes, assis autour d&rsquo;une table, chez Schwartz Deli, un delicatessen new-yorkais, avenue Niel, et dont ils ont fait leur quartier g&eacute;n&eacute;ral le week-end, on pourrait le penser. &laquo; C&rsquo;est pour moi, l&rsquo;arrondissement le plus branch&eacute; de Paris &raquo;, s&rsquo;exclame d&rsquo;une voix enjou&eacute;e, Johanna, 20 ans, &eacute;tudiante en droit, tout en continuant &agrave; manger un cheese cake qu&rsquo;elle trouve &laquo; grave bon &raquo;. Un bonheur qui se refl&egrave;te aussi sur le visage de Francine Zana dont le mari g&egrave;re les synagogues de la rue Barye, et qui habite le 17e depuis 1986.<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo; Au d&eacute;but, raconte-t-elle, mon mari avait une petite synagogue, qui n&rsquo;existe plus, o&ugrave; nous &eacute;tions une quarantaine de membres. Aujourd&rsquo;hui, nous sommes dix fois plus ! 400 membres ! C&rsquo;est incroyable ! &raquo; &laquo; On compte, ici, une vingtaine de synagogues, toutes fr&eacute;quent&eacute;es &raquo;, pr&eacute;cise Ha&iuml;m Korsia qui sait de quoi il parle puisqu&rsquo;il habite le 17e, qu&rsquo;il trouve plus accessible, &laquo; car on y trouve ce qu&rsquo;on veut, des &eacute;coles de bons niveaux comme le Lyc&eacute;e Carnot, de nombreux restaurants cashers, et surtout nous avons une bonne qualit&eacute; de vie. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tIsabelle Castro, 54 ans, d&eacute;coratrice d&rsquo;int&eacute;rieur, y habite depuis une vingtaine d&rsquo;ann&eacute;es. Si elle a choisi cet arrondissement, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il lui permet de retrouver son identit&eacute; juive. Jusque-l&agrave;, elle n&rsquo;en &eacute;prouvait pas le besoin. Elle s&rsquo;en explique : &laquo; Nous &eacute;tions avant tout des Fran&ccedil;ais juifs. Mais depuis la violente vague d&rsquo;antis&eacute;mitisme qui a d&eacute;ferl&eacute; en France avec les affaires Ilan Halimi, M&eacute;rah, l&rsquo;Hyper Cacher, et bien d&rsquo;autres, nous avons &eacute;t&eacute; d&eacute;&ccedil;us d&rsquo;&ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;s de cette fa&ccedil;on. Alors forc&eacute;ment, nous cherchons &agrave; nous regrouper, &agrave; &ecirc;tre solidaires, &agrave; vivre en communaut&eacute;. Du communautarisme dites-vous ? Oui, mais comment voulez-vous faire autrement ? Je n&rsquo;&eacute;tais pas particuli&egrave;rement pratiquante quand je suis arriv&eacute;e ici, mais je le suis devenue depuis que j&rsquo;y habite. En mangeant casher, je veux vivre pleinement mon juda&iuml;sme. Et cet arrondissement m&rsquo;offre cette possibilit&eacute; ! &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tInstall&eacute; depuis plus de 31 ans, le restaurant Nini est &agrave; lui tout seul une institution. Par sa notori&eacute;t&eacute;, il rayonne dans tout l&rsquo;arrondissement. &laquo; Tout est parti d&rsquo;ici, dit fi&egrave;rement le patron, Nini Laloum, un Tune jovial et accueillant. Quand j&rsquo;ai ouvert ici, rue Saussier Leroy, j&rsquo;&eacute;tais le seul restaurant casher Beth Din, uniquement tunisien ! Puis tout autour, se sont install&eacute;s d&rsquo;autres restaurants comme le Rendez-vous ou La Corniche, des synagogues, des agences de voyages, des boucheries, des &eacute;coles. Sans doute cela a-t-il incit&eacute; beaucoup de juifs &agrave; venir. &raquo; Il se l&egrave;ve pour chercher son livre d&rsquo;or et s&rsquo;exclame : &laquo; Regarder bien ! Tout le beau monde est venu chez moi : Jean-Paul Belmondo, Johnny Halliday, Patrick Bruel, Vincent Lindon, Richard Berri, Sarkozy, Lionel Jospin. La liste est longue&hellip; Pourquoi viennent-ils ? Parce que c&rsquo;est Nini ! Nous avons une client&egrave;le fid&egrave;le. J&lsquo;en suis &agrave; ma 4e g&eacute;n&eacute;ration ! Viennent &agrave; nous des jeunes dont on a connu l&rsquo;arri&egrave;re-grand-m&egrave;re ! &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tSi avec 40 000 juifs, le 17e compte le plus grand rassemblement de juifs de France, son caract&egrave;re va encore s&rsquo;intensifier avec&hellip; l&rsquo;ouverture du Centre Europ&eacute;en du Juda&iuml;sme (CEJ), fin 2017. Un complexe pharaonique dont la construction a d&eacute;j&agrave; commenc&eacute; ! 4 900 m2, &agrave; l&rsquo;angle de la commer&ccedil;ante rue de Courcelles et du boulevard Reims, avec des salles modulables pour les mariages et les f&ecirc;tes, des salles d&rsquo;expositions, un gymnase, un th&eacute;&acirc;tre, une grande synagogue, un mikv&eacute;, une grande terrasse pour accueillir une soucca, une biblioth&egrave;que, une m&eacute;diath&egrave;que, et m&ecirc;me un jardin ! Co&ucirc;t : 10 millions d&rsquo;euros, dont une contribution de 2,7 millions de l&rsquo;&Eacute;tat fran&ccedil;ais. &laquo; Est-ce le bon moment pour construire ? &raquo;, s&rsquo;interroge Jo&euml;l Mergui, Pr&eacute;sident du Consistoire de France pour qui ce Centre est l&rsquo;aboutissement institutionnel de 2 000 ans de pr&eacute;sence juive en France. &laquo; Oui, je le pense. Personne n&rsquo;a le droit de juger ceux qui partent mais personne n&rsquo;a le droit de d&eacute;cider de l&rsquo;avenir de la majorit&eacute; qui reste. Ce nouveau b&acirc;timent, lieu de vie, et symbole d&rsquo;espoir, montre que nous et personne d&rsquo;autre, poss&eacute;dons cet avenir. Il ajoute que ce que le nazisme n&rsquo;a pas r&eacute;ussi, l&rsquo;islamisme radical n&rsquo;y parviendra pas non plus, les juifs ne dispara&icirc;tront pas d&rsquo;Europe. Nous, juifs fran&ccedil;ais qui repr&eacute;sentons la plus importante communaut&eacute; juive d&rsquo;Europe, voulons croire en l&rsquo;avenir d&rsquo;un Juda&iuml;sme europ&eacute;en bimill&eacute;naire &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tPour Murielle Schor, qui accompagne le projet depuis dix-sept ans, c&rsquo;est la &laquo; r&eacute;alisation d&rsquo;un r&ecirc;ve et d&rsquo;une intuition &raquo; que tous les maires de la capitale ont soutenu depuis qu&rsquo;est n&eacute;e la possibilit&eacute; d&rsquo;avoir ce terrain. Le 29 juin 2015, un &laquo; d&icirc;ner des donateurs &raquo; a eu lieu dans les salons de l&rsquo;H&ocirc;tel de Ville (3) o&ugrave; les recevait Anne Hidalgo pour qui &laquo; Paris a une &acirc;me juive et une culture juive &raquo;. Parmi les invit&eacute;s, Brigitte Kuster, bien s&ucirc;r, qui a &laquo; beaucoup aid&eacute; &agrave; faire avancer le projet et qui se f&eacute;licite aujourd&rsquo;hui de voir la r&eacute;alisation d&rsquo;un centre culturel et cultuel juif &raquo;, les ministres Bernard Cazeneuve, Christiane Taubira et Harlem D&eacute;sir, Moshe Kantor, Pr&eacute;sident du Congr&egrave;s juif europ&eacute;en, Anne Sinclair, directrice &eacute;ditorialiste du Huffington Post, qui pense que &laquo; notre place est ici, la t&ecirc;te haute et la parole libre.B&acirc;tir ce Centre Europ&eacute;en, ouvert, culturel, tol&eacute;rant du juda&iuml;sme, en ces temps troubl&eacute;s est une initiative tr&egrave;s symbolique que je soutiens avec force &raquo;. Maurice L&eacute;vy, Pr&eacute;sident du directoire Publicis, Claude Berda (AB production), Mara Carfagna, d&eacute;put&eacute;e italienne, Jean-Claude Darmon, Sydney Tol&eacute;dano (groupe Dior), David de Rothschild, Alexandre Elicha (The Kooples) ou Enrico Macias. Les noms des Fondateurs seront grav&eacute;s sur un mur de pierres de J&eacute;rusalem. Enfin, Fran&ccedil;ois Hollande, recevant le jour m&ecirc;me &agrave; l&rsquo;&Eacute;lys&eacute;e, Mosh&eacute; Kantor, lui d&eacute;clarait en &eacute;voquant le CEJ (4) : &laquo; C&rsquo;est la meilleure r&eacute;ponse pour ceux qui pensent que l&rsquo;avenir des Juifs de France est ailleurs. Les Juifs fran&ccedil;ais m&eacute;ritent de vivre ici, de rester ici, et &ecirc;tre s&ucirc;rs et en s&eacute;curit&eacute;. &raquo; Un ensemble de d&eacute;clarations qui rassureront, certainement, les plus inquiets&hellip;.<\/p>\n<p>\n\t\t(1) J&eacute;r&ocirc;me Fourquet\/Sylvain Manternach, L&rsquo;an prochain &agrave; J&eacute;rusalem ? &raquo; Editions de l&rsquo;Aube. Un livre sur les inqui&eacute;tudes des juifs de France qui n&rsquo;ont cess&eacute; de cro&icirc;tre depuis une trentaine d&rsquo;ann&eacute;es.<\/p>\n<p>\n\t\t(2) Auteur du livre Madame le ou la maire ? Appelez-moi Brigitte (Editions Panth&eacute;on)<\/p>\n<p>\n\t\t(3) Deux si&egrave;cles apr&egrave;s l&rsquo;Assembl&eacute;e des notaires et le grand Sanh&eacute;drin qui particip&egrave;rent &agrave; la fondation du juda&iuml;sme fran&ccedil;ais et &agrave; la naissance du Consistoire.<\/p>\n<p>\n\t\t.<\/p>\n<p>\n\t\tSource l&rsquo;Arche Magazine<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PARIS : DEPUIS L&#39;INSTALLATION CROISSANTE DE NOMBREUSES FAMILLES LE 17eme A LE VENT EN&nbsp;POUPE. PAR ALAIN CHOUFFAN Depuis des ann&eacute;es, on le sait, les juifs de France sont inquiets. Beaucoup partent en Isra&euml;l. 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