{"id":13503,"date":"2016-09-05T00:24:29","date_gmt":"2016-09-05T00:24:29","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=13503"},"modified":"2016-09-05T23:16:14","modified_gmt":"2016-09-05T23:16:14","slug":"nous-ne-reverrons-plus-le-jasmin-isabelle-hazan-vollant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/nous-ne-reverrons-plus-le-jasmin-isabelle-hazan-vollant\/","title":{"rendered":"Nous ne reverrons plus le jasmin &#8211;  Isabelle Hazan Vollant"},"content":{"rendered":"<p>\n\tNous ne reverrons plus le jasmin<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIsabelle Hazan Vollant<\/p>\n<p>\n\t<span>A ma grand m&egrave;re Marcelle, A ma famille, &Agrave; mes amis &hellip;&nbsp;<\/span><\/p>\n<p>\n\tLalou Bokobza &eacute;tait n&eacute; &agrave; Tunis en mai 1881. Il &eacute;tait fils unique, ses parents tenaient une petite boutique de valises et de divers articles de voyage. Le p&egrave;re Bokobza avait pu, gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e des fran&ccedil;ais, quitter la boutique crasseuse de la hara pour s&rsquo;installer dans une boutique &agrave; peine plus grande mais beaucoup plus lumineuse et propre, rue des tanniers, &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e du ghetto.<\/p>\n<p>\n\tEn 1882, soit quelques mois apr&egrave;s la signature du trait&eacute; du Bardo, madame Bokobza annon&ccedil;a fi&egrave;rement &agrave; ses voisines et amies, qu&rsquo;elle ne les accompagnerait plus &agrave; la fontaine car des ouvriers avaient install&eacute; une salle d&rsquo;eau dans leur maison. Evidemment, en annon&ccedil;ant fi&egrave;rement la nouvelle, elle tenait serr&eacute;e contre sa poitrine, une main de fatma cens&eacute;e la prot&eacute;ger du mauvais &oelig;il, que ses voisines, vertes de jalousie, ne manqueraient pas de lui adresser. n cette fin de si&egrave;cle, Tunis changeait tr&egrave;s vite sous l&rsquo;influence des fran&ccedil;ais. De plus en plus de familles juives, les plus riches d&rsquo;abord, puis celles de la toute petite bourgeoisie avaient quitt&eacute; la hara pour s&rsquo;installer dans les nouveaux quartiers fran&ccedil;ais. Ils &eacute;chappaient ainsi au joug du bey et &agrave; leur ancien ghetto. Les colons fran&ccedil;ais leur promettaient une meilleure situation sociale, la possibilit&eacute; d&rsquo;instruire leurs enfants et d&rsquo;&eacute;chapper &agrave; leur condition de dhimmi. Les Bokobza qui aspiraient &agrave; appartenir &agrave; cette petite bourgeoisie &eacute;taient, comme l&rsquo;&eacute;crasante majorit&eacute; des juifs, tr&egrave;s favorables &agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e des fran&ccedil;ais, qu&rsquo;ils consid&eacute;raient comme leurs sauveurs.<\/p>\n<p>\n\tLa famille Bokobza s&rsquo;adapta vite &agrave; certains changements techniques ainsi d&eacute;but 1882, install&egrave;rent- ils une cuisini&egrave;re &agrave; gaz &agrave; la place de l&rsquo;ancestral Kanoun. Par contre ils conserv&egrave;rent leur mode vestimentaire, madame Bokobza garda son pantalon bouffant et consid&eacute;rait les robes des fran&ccedil;aises choquantes avec leur d&eacute;collet&eacute;. Le p&egrave;re Boukobza portait toujours sa sh&acirc;shiya orn&eacute; d&rsquo;un ruban bleu fonc&eacute;. Ils ne s&rsquo;adapt&egrave;rent jamais compl&egrave;tement &agrave; la culture fran&ccedil;aise, ils parlaient le fran&ccedil;ais avec maintes fautes de syntaxe et y m&ecirc;laient sans cesse des mots du dialecte jud&eacute;o arabe.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLeur fils Lalou qu&rsquo;ils avaient eu sur le tard, fut, lui, un &laquo; vrai petit fran&ccedil;ais &raquo; selon l&rsquo;expression consacr&eacute;e. Ses parents l&rsquo;envoy&egrave;rent d&egrave;s sept ans &agrave; l&rsquo;Ecole de l&rsquo;alliance isra&eacute;lite universelle ou en plus d&rsquo;apprendre l&rsquo;h&eacute;breu, il suivait le m&ecirc;me programme scolaire que les petits fran&ccedil;ais de la m&eacute;tropole. Gr&acirc;ce aux cours de l&rsquo;instituteur, M Damien, le petit gar&ccedil;on sut rapidement lire et &eacute;crire un fran&ccedil;ais parfait. M Damien expliquait &agrave; ses &eacute;l&egrave;ves que seule l&rsquo;instruction permettrait aux habitants de Tunisie de mieux vivre. Il leur disait, par exemple, de ne pas faire confiance aux gu&eacute;risseurs mais de consulter les m&eacute;decins pour se soigner. M Damien fut un second p&egrave;re pour Lalou.<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;instituteur lui apprit &agrave; v&eacute;n&eacute;rer les hommes de sciences et lui inculqua le go&ucirc;t de l&rsquo;&eacute;tude. Lalou aimait l&rsquo;&eacute;tude et passait plusieurs heures chaque soir, &agrave; apprendre ses r&eacute;citations sur la table familiale. Le p&egrave;re et la m&egrave;re &eacute;taient contents que leur fils unique apprenne &agrave; lire et &agrave; compter, car dans le commerce, disaient-ils, cela peut toujours servir.<\/p>\n<p>\n\tLes ann&eacute;es passant, Lalou remettait en question les croyances familiales. La deg&acirc;zza, les jnounes et le mauvais &oelig;il &eacute;taient des idioties. En France personne ne croyait &agrave; de telles superstitions. A 14 ans, Lalou &eacute;tait un adolescent r&ecirc;veur qui se promettait de grandes choses : &eacute;tudier, lire, devenir &eacute;crivain. A l&rsquo;&eacute;cole, il excellait en latin, fran&ccedil;ais et histoire. A ces moments l&agrave; de son adolescence, le soleil avait une luminosit&eacute;, un &eacute;clat sur Tunis que Lalou ne devait plus jamais conna&icirc;tre dans sa vie. Les &eacute;t&eacute;s &eacute;taient chauds et &eacute;clatants, les couleurs &eacute;taient plus brillantes que jamais.<\/p>\n<p>\n\tLalou avait des envol&eacute;es lyriques, des joies qui le transportaient. Il se sentait promis &agrave; de grandes choses : apprendre aux jeunes &agrave; aimer les livres, combattre les injustices sociales par sa plume. Tous les lieux communs, les id&eacute;es re&ccedil;ues sur la litt&eacute;rature se m&ecirc;laient dans sa t&ecirc;te, r&eacute;sultat de ses lectures faites au hasard et jusque tard dans la nuit dans l&rsquo;appartement familial. Il avait d&eacute;cid&eacute; de son avenir : il serait instituteur comme M Damien.<\/p>\n<p>\n\tMais apr&egrave;s l&rsquo;obtention de son certificat d&rsquo;&eacute;tudes en 1907, son p&egrave;re et sa m&egrave;re lui annonc&egrave;rent qu&rsquo;il &eacute;tait hors de question qu&rsquo;il continua ses &eacute;tudes au lyc&eacute;e comme il le souhaitait. Il en savait d&eacute;j&agrave; suffisamment, toute cette &eacute;ducation, toutes ces lectures lui &eacute;tait mont&eacute;es &agrave; la t&ecirc;te le rendant p&acirc;le et maigre. Il se devait de tenir le magasin de valises de son p&egrave;re. Ils ne l&rsquo;enverraient jamais au lyc&eacute;e pour gagner un mis&eacute;rable salaire d&rsquo;instituteur, cette &eacute;ducation prolong&eacute;e jusqu&rsquo;&agrave; 14 ans &eacute;tait bien suffisante. La vraie raison &eacute;tait que ses parents commen&ccedil;aient &agrave; se m&eacute;fier de ce fils qui leur tenait t&ecirc;te ouvertement, n&rsquo;avait pas peur des jnounes, des chouettes qui annoncent la mort des nouveaux n&eacute;s et que Lalou trainait les pieds pour accompagner son p&egrave;re &agrave; la vieille synagogue du ghetto le vendredi soir.<\/p>\n<p>\n\tDe plus, la situation financi&egrave;re de ses parents n&rsquo;&eacute;tait pas aussi brillante qu&rsquo;ils l&rsquo;auraient voulue. alou fut effondr&eacute; devant cet ordre parental, il pensa m&ecirc;me s&rsquo;enfuir &agrave; Paris pour continuer ses &eacute;tudes. Il allait se retrouver dans cette boutique &eacute;troite et crasseuse qu&rsquo;il d&eacute;testait, &agrave; discuter d&rsquo;idioties avec des ignorants. Mais il n&rsquo;avait pas d&rsquo;autre choix et il ob&eacute;it &agrave; ses parents. La mort dans l&rsquo;&acirc;me, il reprit le commerce paternel. Son p&egrave;re et sa m&egrave;re cohabitaient avec lui comme c&rsquo;&eacute;tait encore la coutume &agrave; l&rsquo;&eacute;poque et vivaient dans une petite pi&egrave;ce &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la boutique, ils passaient leur temps &agrave; boire du th&eacute; &agrave; la menthe, &agrave; fumer le narguil&eacute; et &agrave; manger des p&acirc;tisseries qu&rsquo;ils partageaient avec leurs amis.<\/p>\n<p>\n\tAh ! Ils avaient bien m&eacute;rit&eacute; leur retraite apr&egrave;s toutes ses ann&eacute;es de dur labeur ! Lalou, les deux premi&egrave;res ann&eacute;es de sa vie de commer&ccedil;ant eut des angoisses, des palpitations, des &eacute;tourdissements, cons&eacute;quences des r&ecirc;ves qu&rsquo;il enfouissait dans sa poitrine. Sa m&egrave;re le for&ccedil;ait &agrave; prendre des sucres avec de l&rsquo;eau de fleur d&rsquo;oranger pour soigner ses angoisses. Plus que tout, il en voulait &agrave; sa m&egrave;re qui pensait que son fils avait quelque maladie organique. Une maladie du corps alors qu&rsquo;il se trouvait condamn&eacute; &agrave; faire un m&eacute;tier qu&rsquo;il d&eacute;testait pour le reste de sa vie !<\/p>\n<p>\n\tSes parents ne pouvaient comprendre quels r&ecirc;ves myst&eacute;rieux emplissaient l&rsquo;&acirc;me et l&rsquo;esprit de l&lsquo;adolescent. Leur esprit n&rsquo;avait jamais d&eacute;pass&eacute; les murs &eacute;troits de leur magasin, et leur &acirc;me ceux de la vieille synagogue de la hara dans laquelle un vieux rabbin &acirc;nonnait d&rsquo;une voix monocorde la paracha de la semaine. Dans leur t&ecirc;te c&rsquo;&eacute;taient les id&eacute;es communes qui d&eacute;filaient : croyances, superstitions nageaient dans leur esprit comme l&rsquo;eau coulait vers les &eacute;gouts que les fran&ccedil;ais venaient d&rsquo;installer dans la ville. Or une vie contraire aux aspirations d&rsquo;une &acirc;me sensible, cr&eacute;e de fa&ccedil;on s&ucirc;re et efficace des crises d&rsquo;angoisses, des migraines, des naus&eacute;es. Comment ses parents qui m&acirc;chaient et rem&acirc;chaient le quotidien, &agrave; la fa&ccedil;on dont les vaches broutent l&rsquo;herbe, auraient- ils pu comprendre quelque chose &agrave; la nature de leur fils ? Les ann&eacute;es pass&egrave;rent et petit &agrave; petit Lalou s&rsquo;adapta au m&eacute;tier.<\/p>\n<p>\n\tA dix sept ans, il s&rsquo;inventa un personnage : il se for&ccedil;ait &agrave; se tenir droit, s&rsquo;acheta un petit lorgnon, pour disait- il mieux voir, mais surtout pour se donner une certaine contenance.<\/p>\n<p>\n\tDans le quartier arabe, il acheta un narguil&eacute; qu&rsquo;il remplit d&rsquo;opium pour calmer ses angoisses. Dans son m&eacute;tier, il servait les clients, le dos droit et le regard froid. Il tirait les valises d&rsquo;un coup sec et adroit d&eacute;montrant aux clients la qualit&eacute; de l&rsquo;article d&rsquo;un geste s&ucirc;r de la paume. Il excellait surtout &agrave; vendre des sacs aux dames. Il affola son p&egrave;re par sa fa&ccedil;on de vendre parfois jusqu&rsquo;au double du prix r&eacute;el. Mais si je vous assure madame, ce sac est du dernier cri &agrave; Paris, il est copi&eacute; sur une gravure de la mode parisienne.<\/p>\n<p>\n\tComment vous n&rsquo;oserez pas porter du rouge mais c&rsquo;est une couleur magnifique. Et il affolait la cliente, la poussait &agrave; acheter. Peu &agrave; peu, il se d&eacute;cida &agrave; prendre une revanche : ses parents l&rsquo;avait condamn&eacute; &agrave; abandonner les belles lettres, une carri&egrave;re de professeur ou d&rsquo;&eacute;crivain pour &ecirc;tre un boutiquier et bien il allait &ecirc;tre meilleur commer&ccedil;ant qu&rsquo;eux. Il nettoya de fond en comble le magasin, acheta des &eacute;tag&egrave;res en bois clair et installa des miroirs dans les angles pour donner un effet d&rsquo;optique qui agrandissait le magasin. Il changea le type d&rsquo;objets vendus, moins de grosses valises familiales pour plus de sacoches d&rsquo;affaires et de sacs f&eacute;minins.<\/p>\n<p>\n\tAu bout de trois ans, il vendait &eacute;galement des gants pour femmes, en cuir de chevreau, et de la petite bijouterie en s&rsquo;inspirant de la revue la mode parisienne. La client&egrave;le changea : la boutique devint pris&eacute;e par la bourgeoisie juive tunisienne et par les colons fran&ccedil;ais. A une cliente qui venait pour acheter un sac &agrave; main, il arrivait toujours &agrave; vendre un collier de petites perles ou des gants de dentelles. Le jeune homme mit son ambition au service des articles de cartons et de cuir qu&rsquo;il vendait. Il se vengeait ainsi de ses parents montrant &agrave; son p&egrave;re qu&rsquo;il avait mieux r&eacute;ussi que lui. Bient&ocirc;t il put agrandir le magasin et eut deux employ&eacute;s, un catholique et un juif, qui se chargeaient des livraisons et du m&eacute;nage. Au m&ecirc;me &acirc;ge, il commen&ccedil;a &agrave; fr&eacute;quenter les bordels de la Hara. Beau gar&ccedil;on, il plaisait et souvent ne payait presque rien. Bref, il fr&eacute;quentait &laquo; &agrave; l&rsquo;&oelig;il &raquo;.<\/p>\n<p>\n\tMalgr&eacute; sa r&eacute;ussite, que de nombreux commer&ccedil;ants de son &acirc;ge lui enviaient, Lalou perdait contenance lorsqu&rsquo;ils recevaient des hommes de lettres, des jeunes filles instruites qui avaient &eacute;t&eacute; au lyc&eacute;e. Il devenait alors servile, obs&eacute;quieux par honte. Il voyait en eux ce qu&rsquo;il aurait r&ecirc;v&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre et le g&acirc;chis de sa jeunesse lui revenait par bouff&eacute;es glaciales. En plein milieu de la nuit, des angoisses le r&eacute;veillaient, le corps en sueur, les draps tremp&eacute;s, il ne savait comment soulager sa souffrance. Alors seules les bouff&eacute;s d&rsquo;opium de son narguil&eacute; pouvaient le calmer et lui permettre de retrouver le sommeil. &nbsp;<\/p>\n<p>\n\tA 23 ans, press&eacute; par sa m&egrave;re qui s&rsquo;inqui&eacute;tait de ses mauvaises fr&eacute;quentations, entendons le bordel de la hara, il eut recours aux services de la samsara. Il enrageait de devoir compter sur une vieille femme pour rencontrer des jeunes filles. ! Mais voil&agrave; les jeunes filles comme il faut &agrave; Tunis, n&rsquo;&eacute;taient pas comme les fran&ccedil;aises des romans on ne pouvait pas les emmener au cin&eacute;ma ou au caf&eacute; sans &ecirc;tre pr&eacute;sent&eacute; par la samsara.<\/p>\n<p>\n\tAussi accepta &ndash;t- il de rencontrer la fille d&rsquo;un petit commer&ccedil;ant assez fortun&eacute; Sarah Fitoussi. La jeune fille allait avoir 18 ans et n&rsquo;&eacute;tait toujours pas fianc&eacute;e. La samsara vanta comme il se doit &agrave; la famille Bokobza les qualit&eacute;s de la jeune fille : elle &eacute;tait s&eacute;rieuse, jamais elle ne regardait les hommes, elle faisait le m&eacute;nage, la cuisine comme pas deux. Elle faisait le plus d&eacute;licieux couscous aux &eacute;pinards, et des beignets au miel magnifiques. Avec tout cela elle &eacute;tait &eacute;conome. Sans &ecirc;tre jolie, elle avait du charme et de beaux cheveux noirs.<\/p>\n<p>\n\tMadame Bokobza n&rsquo;aurait jamais accept&eacute; une bru jolie, &ecirc;tre jolie apporte le mauvais &oelig;il et cr&eacute;e toujours des complications dans un couple. Sarah avait fr&eacute;quent&eacute; l&rsquo;Ecole de l&rsquo;Alliance isra&eacute;lite jusqu&rsquo;au certificat &eacute;l&eacute;mentaire, ce que Madame Bokobza consid&eacute;rait comme une sottise dans l&rsquo;&eacute;ducation d&rsquo;une fille mais elle savait que son fils refuserait d &eacute;pouser une fille qui ne parla pas un fran&ccedil;ais parfait.<span>&nbsp;<\/span><\/p>\n<p>\n\thttp:\/\/www.lejasmin.eu\/roman2bis.pdf<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous ne reverrons plus le jasmin &nbsp; Isabelle Hazan Vollant A ma grand m&egrave;re Marcelle, A ma famille, &Agrave; mes amis &hellip;&nbsp; Lalou Bokobza &eacute;tait n&eacute; &agrave; Tunis en mai 1881. Il &eacute;tait fils unique, ses parents tenaient une petite boutique de valises et de divers articles de voyage. 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