{"id":13595,"date":"2016-09-18T16:18:02","date_gmt":"2016-09-18T16:18:02","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=13595"},"modified":"2016-09-18T16:18:02","modified_gmt":"2016-09-18T16:18:02","slug":"mes-jours-memorables-au-canada-par-therese-zrihen-dvir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/mes-jours-memorables-au-canada-par-therese-zrihen-dvir\/","title":{"rendered":"MES JOURS M\u00c9MORABLES AU CANADA,  PAR TH\u00c9R\u00c8SE ZRIHEN-DVIR"},"content":{"rendered":"<p>\n\tMES JOURS M&Eacute;MORABLES AU CANADA,<\/p>\n<p>\n\tPAR<\/p>\n<p>\n\tTH&Eacute;R&Egrave;SE ZRIHEN-DVIR<\/p>\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1473303197921_46115\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPour mon &eacute;poux, Eitan qui cherchait par tous les moyens &agrave; r&eacute;int&eacute;grer sa famille fuyant l&#39;ascension de Homeyni en Iran et ses r&eacute;percussions, Canada repr&eacute;sentait le pays des opportunit&eacute;s renouvel&eacute;es.<\/p>\n<p>\n\tEn 1981, apr&egrave;s avoir liquid&eacute; nos possessions immobili&egrave;res, la famille au complet quitta Isra&euml;l pour l&#39;Ontario, Canada. J&#39;avais timidement recommand&eacute; &agrave; mon conjoint le Qu&eacute;bec, notamment Montr&eacute;al o&ugrave; mon fr&egrave;re Jacques et sa famille r&eacute;sidaient, mais celui-ci &eacute;luda ma question, en me jetant un &quot;on verra bien une fois sur place.&quot;<\/p>\n<p>\n\tToronto, en ce jour de juillet &eacute;tait gris, chaud et humide. L&#39;air &eacute;tait suffocant et pesait lourdement sur mes poumons. Mon beau-fr&egrave;re et ma belle-m&egrave;re nous attendaient &agrave; l&#39;a&eacute;roport. En route pour Hamilton, j&#39;eus l&#39;opportunit&eacute; de traverser en &eacute;clair Toronto la ville, de confronter ses gratte-ciel effarouchants, ses grands boulevards et &eacute;trangement, je me sentis presque aussi minuscule qu&#39;une fourmi. C&#39;&eacute;tait pour moi un monde nouveau, une autre plan&egrave;te sur laquelle je venais &agrave; peine de poser pied. La toute petite femme de Marrakech que j&#39;&eacute;tais d&eacute;couvrait un Canada trop g&eacute;ant, trop spacieux qui l&#39;intimidait effroyablement. J&#39;eus le vertige rien qu&#39;&agrave; tourner ma t&ecirc;te dans tous les sens. Les grandes art&egrave;res routi&egrave;res m&#39;&eacute;pouvant&egrave;rent. Et dire que je suis une citadine, comment aurait r&eacute;agi un paysan, me demandais-je.<\/p>\n<p>\n\tMon premier contact avec la communaut&eacute; juive de Hamilton fut merveilleux. Rabbi Green nous souhaita les bienvenus d&egrave;s notre arriv&eacute;e &agrave; la synagogue qui regorgeait d&#39;hommes et de femmes dans leurs plus beaux apparats. Imm&eacute;diatement apr&egrave;s cette visite, je me rappelle avoir achet&eacute; trois chapeaux de diff&eacute;rentes couleurs pour mes prochaines apparitions au Shul.<\/p>\n<p>\n\tNotre int&eacute;gration au Canada se passa sans remous alarmants. Nous parlions tous plus ou moins l&#39;Anglais et l&#39;appartement qui nous fut sugg&eacute;r&eacute; n&#39;&eacute;tait qu&#39;&agrave; quelques blocs du centre communautaire et commercial juif, de l&#39;&eacute;cole Hebrew Accademy o&ugrave; je m&#39;&eacute;tais port&eacute;e volontaire pour enseigner l&#39;H&eacute;breu aux d&eacute;butants et aux retardataires. Ce ne fut que plusieurs mois plus tard que la d&eacute;cision de visiter Montr&eacute;al fut sugg&eacute;r&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\tLa veille de P&acirc;ques, nous pr&icirc;mes la longue route pour le Qu&eacute;bec suivis de nos amis marocains qui habitaient une ville avoisinante, Stoney Creek. Le trajet dura presque huit heures. Montr&eacute;al diff&eacute;rait du tout au tout de Toronto. Elle avait un quelque chose de chez nous que je ne pouvais m&#39;expliquer. Hormis la neige qui s&#39;amoncelait sur le bord des routes et le temps froid qui givrait les vitres des maisons et saupoudrait &agrave; frimas les arbres nus en ce mois d&#39;Avril, la ville, le trafic, les petites chopes, les maisons basses, les carrefours exhalaient un timbre plus familier, moins rigide. Je me sentis tout de suite &agrave; l&#39;aise.<\/p>\n<p>\n\tL&#39;ambiance marocaine, je la retrouvai en plein chez les beaux-parents de mon fr&egrave;re qui habitaient dans le coin de leur rue. Leurs meubles, leurs babioles accroch&eacute;es aux murs, les petites serviettes brod&eacute;es main, leur table avec tous les mets connus que l&#39;on servait &agrave; Marrakech pour le Seder de P&acirc;ques, le tout avait &eacute;t&eacute; conserv&eacute; intact comme si les ann&eacute;es, la distance, le pays nouveau n&#39;avaient rien alt&eacute;r&eacute;. Il y avait m&ecirc;me des poumons de vache cuits &agrave; l&#39;ail et au citron, de la cervelle marin&eacute;e et je passe. Le menu ne diff&eacute;rait en rien de celui que grand-m&egrave;re nous proposait pendant les f&ecirc;tes &agrave; Marrakech.<\/p>\n<p>\n\tQuand le ma&icirc;tre de maison lan&ccedil;a en s&#39;&eacute;gosillant son &quot;Halahma Ania,&quot; avec l&#39;accent marocain pur et que sa femme tournoya autour de nos t&ecirc;tes le vase de fleurs en ululant de joie, je sentis les larmes me monter aux yeux et l&#39;&eacute;motion m&#39;&eacute;treindre. Le miracle avait eu lieu, m&ecirc;me si loin de leur terre, de leurs sources, ils avaient tout pr&eacute;serv&eacute;, le charme, le ton, les couleurs, les parfums et leurs modulations si particuli&egrave;res. C&#39;&eacute;tait pour moi la renaissance du Mellah de Marrakech dans les confins du monde, dans cette petite maison &agrave; Montr&eacute;al, dans cette petite flamme de bougie juive.<\/p>\n<p>\n\tTh&eacute;r&egrave;se Zrihen-Dvir.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MES JOURS M&Eacute;MORABLES AU CANADA, PAR TH&Eacute;R&Egrave;SE ZRIHEN-DVIR &nbsp; &nbsp; Pour mon &eacute;poux, Eitan qui cherchait par tous les moyens &agrave; r&eacute;int&eacute;grer sa famille fuyant l&#39;ascension de Homeyni en Iran et ses r&eacute;percussions, Canada repr&eacute;sentait le pays des opportunit&eacute;s renouvel&eacute;es. 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