{"id":1375,"date":"2014-12-30T00:41:58","date_gmt":"2014-12-30T00:41:58","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1375"},"modified":"2014-12-30T05:09:47","modified_gmt":"2014-12-30T05:09:47","slug":"voltaire-et-le-racisme-des-lumieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/voltaire-et-le-racisme-des-lumieres\/","title":{"rendered":"Voltaire et le racisme des lumieres"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"5\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<h1>\n\t\t\t\t\tVoltaire et le racisme des lumieres<\/h1>\n<address>\n\t\t\t\t\t&quot;Mais qu&#39;est-ce donc que Voltaire ? &nbsp;Voltaire, disons-le avec joie et tristesse, c&#39;est l&#39;esprit fran&ccedil;ais&quot;.&nbsp;<\/address>\n<div>\n<address>\n\t\t\t\t\t\t(Victor Hugo. &quot;Shakespeare&quot;)<\/address>\n<\/p><\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<div>\n\t<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/>\n\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Il est commun de consid&eacute;rer que l&#39;antis&eacute;mitisme moderne prend sa source dans le christianisme. Les chr&eacute;tiens accusent le peuple juif d&#39;&ecirc;tre responsable de la mort de J&eacute;sus-Christ. Cet antis&eacute;mitisme trouve &eacute;videmment sa limite en lui-m&ecirc;me. Le christianisme est issu du juda&iuml;sme, et l&#39;antis&eacute;mitisme chr&eacute;tien ne peut donc &ecirc;tre absolu. Sinon il se retournerait contre lui-m&ecirc;me.<br \/>\n\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; A propos de la Shoah, certains auteurs ont d&#39;ailleurs montr&eacute; que l&#39;antis&eacute;mitisme nazi est d&#39;une autre nature que l&#39;antis&eacute;mitisme europ&eacute;en traditionnel. L&eacute;on Poliakoff a point&eacute; l&#39;origine de l&#39;antis&eacute;mitisme nazi dans la philosophie des Lumi&egrave;res.<\/div>\n<h2>\n\tLe racisme des Lumi&egrave;res<\/h2>\n<div>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; Le texte le plus &eacute;clairant &agrave; ce sujet est l&#39;Essai sur les M&oelig;urs et l&#39;esprit des Nations, de Voltaire (1756). Par rapport au Trait&eacute; sur la Tol&eacute;rance qui est un texte tr&egrave;s court, cet ouvrage est monumental. Il occupe des centaines de pages, ce qui r&eacute;v&egrave;le son importance dans la pens&eacute;e, dans l&#39;&oelig;uvre et dans les pr&eacute;occupations du philosophe.<\/p>\n<p>\t&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; La th&egrave;se centrale de Voltaire est la perversit&eacute; de la religion chr&eacute;tienne &agrave; travers l&#39;histoire, et plus particuli&egrave;rement du catholicisme. Cette th&egrave;se passe par plusieurs d&eacute;monstrations, mais en particulier les deux suivantes :<br \/>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t1 &#8211; L&#39;enseignement chr&eacute;tien est fond&eacute; sur des erreurs. Ainsi, l&#39;id&eacute;e que tous les hommes sont issus d&#39;un m&ecirc;me p&egrave;re et d&#39;une m&ecirc;me m&egrave;re, Adam et Eve, est fausse. Les races humaines n&#39;ont rien &agrave; voir entre elles. Elles&nbsp;ont des origines diff&eacute;rentes.<br \/>\n\t2 &#8211; La religion chr&eacute;tienne est mauvaise d&egrave;s le d&eacute;part. En effet, elle prolonge la religion juive, qui est celle d&#39;une nation odieuse et ennemie du genre humain. La religion chr&eacute;tienne a h&eacute;rit&eacute; des tares du juda&iuml;sme.<\/div>\n<div>\n<p>\t&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; L&#39;adh&eacute;sion au christianisme fixait les limites de l&#39;antis&eacute;mitisme, et la th&eacute;orie de l&#39;anc&ecirc;tre commun fixait les limites du racisme. Voltaire brise les limites, et donne &agrave; la x&eacute;nophobie une puissance nouvelle, se revendiquant de la Raison.<br \/>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; Pressentant n&eacute;anmoins la catastrophe &agrave; laquelle pouvait mener une telle logique, Voltaire &eacute;laborera l&#39;antidote sept ans plus tard, dans son Trait&eacute; sur la Tol&eacute;rance, sans revenir r&eacute;ellement sur sa haine du catholicisme et du juda&iuml;sme. De toutes fa&ccedil;ons le mal &eacute;tait fait. Il s&#39;&eacute;panouira dans le totalitarisme du XX&egrave;me si&egrave;cle et se prolonge aujourd&#39;hui.<\/div>\n<div>\n<p>\t&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp; &nbsp; Plut&ocirc;t que de commenter l&#39;Essai sur les M&oelig;urs, je conseille &agrave; chacun de lire l&#39;ouvrage. Il n&#39;est pas facile &agrave; trouver, sauf dans des versions expurg&eacute;es, les &eacute;diteurs rectifiant sans scrupule les &eacute;crits d&#39;un personnage embl&eacute;matique de la culture fran&ccedil;aise. M&ecirc;me la biblioth&egrave;que nationale fran&ccedil;aise publie, sur Internet, une version expurg&eacute;e de l&#39;Essai sur les m&oelig;urs (site&nbsp; bnf.gallica.fr). Si l&#39;on veut &eacute;chapper &agrave; ceux qui recomposent le pass&eacute;, il faut chercher des &eacute;ditions anciennes dans les biblioth&egrave;ques, chez les bouquinistes ou sur les sites d&#39;ench&egrave;res.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; Les quelques citations ci-dessous donnent une id&eacute;e de la violence et de la conviction du propos. Des consid&eacute;rations du m&ecirc;me calibre &eacute;maillent l&#39;ouvrage par centaines. Celles qui sont livr&eacute;es ici sont extraites de l&#39;&eacute;dition de 1805 (Imprimerie Didot). Pour ceux qui souhaitent effectuer des v&eacute;rifications, j&#39;ai indiqu&eacute; le tome et la page. J&#39;ai conserv&eacute; l&#39;orthographe et la ponctuation de l&#39;&eacute;dition.<\/div>\n<hr \/>\n<p>\n\tA propos des races humaines :<\/p>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"20\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<div>\n<div>\n<p>\t\t\t\t\t\t&quot;Des diff&eacute;rentes races d&#39;hommes<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\tCe qui est plus int&eacute;ressant pour nous, c&#39;est la diff&eacute;rence sensible des esp&egrave;ces d&#39;hommes qui peuplent les quatre parties connues de notre monde.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\tIl n&#39;est permis qu&#39;&agrave; un aveugle de douter que les blancs, les n&egrave;gres, les Albinos, les Hottentots, les Lappons, les Chinois, les Am&eacute;ricains soient des races enti&egrave;rement diff&eacute;rentes.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\tIl n&#39;y a point de voyageur instruit qui, en passant par Leyde, n&#39;ait vu une partie du reticulum mucosum d&#39;un N&egrave;gre diss&eacute;qu&eacute; par le c&eacute;l&egrave;bre Ruysch. Tout le reste de cette membrane fut transport&eacute; par Pierre-le-Grand dans le cabinet des raret&eacute;s, &agrave; Petersbourg. Cette membrane est noire, et c&#39;est elle qui communique aux N&egrave;gres cette noirceur inh&eacute;rente qu&#39;ils ne perdent que dans les maladies qui peuvent d&eacute;chirer ce tissu, et permettre &agrave; la graisse, &eacute;chapp&eacute;e de ses cellules, de faire des t&acirc;ches blanches sous la peau.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\tLeurs yeux ronds, leur nez &eacute;pat&eacute;, leurs l&egrave;vres toujours grosses, leurs oreilles diff&eacute;remment figur&eacute;es, la laine de leur t&ecirc;te, la mesure m&ecirc;me de leur intelligence, mettent entre eux et les autres esp&egrave;ces d&#39;hommes des diff&eacute;rences prodigieuses. Et ce qui d&eacute;montre qu&#39;ils ne doivent point cette diff&eacute;rence &agrave; leur climat, c&#39;est que des n&egrave;gres et des n&eacute;gresses transport&eacute;s dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur esp&egrave;ce, et que les mul&acirc;tres ne sont qu&#39;une race b&acirc;tarde d&#39;un noir et d&#39;une blanche, ou d&#39;un blanc et d&#39;une noire.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\tLes Albinos sont, &agrave; la v&eacute;rit&eacute;, une nation tr&egrave;s petite et tr&egrave;s rare ; ils habitent au milieu de l&#39;Afrique : leur faiblesse ne leur permet gu&egrave;re de s&#39;&eacute;carter des cavernes o&ugrave; ils demeurent ; Cependant les N&egrave;gres en attrapent quelquefois, et nous les achetons d&#39;eux par curiosit&eacute;. Pr&eacute;tendre que ce sont des N&egrave;gres nains, dont une esp&egrave;ce de l&egrave;pre a blanchi la peau, c&#39;est comme si l&#39;on disait que les noirs eux-m&ecirc;mes sont des blancs que la l&egrave;pre a noircis. Un Albinos ne ressemble pas plus &agrave; un N&egrave;gre de Guin&eacute;e qu&#39;&agrave; un Anglais ou &agrave; un Espagnol. Leur blancheur n&#39;est pas la n&ocirc;tre : rien d&#39;incarnat, nul m&eacute;lange de blanc et de brun ; c&#39;est une couleur de linge ou plut&ocirc;t de cire blanchie ; leurs cheveux, leurs sourcils, sont de la plus belle et de la plus douce soie ; leurs yeux ne ressemblent en rien &agrave; ceux des autres hommes, mais ils approchent beaucoup des yeux de perdrix. Ils ressemblent aux Lappons par la taille, &agrave; aucune nation par la t&ecirc;te, puisqu&#39;ils ont une autre chevelure, d&#39;autres yeux, d&#39;autres oreilles; et ils n&#39;ont d&#39;homme que la stature du corps, avec la facult&eacute; de la parole et de la pens&eacute;e dans un degr&eacute; tr&egrave;s &eacute;loign&eacute; du n&ocirc;tre. Tels sont ceux que j&#39;ai vus et examin&eacute;s. &quot;<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; (Tome 1, pages 6 &agrave; 8)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"20\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<div>\n<div>\n\t\t\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t\t\t&quot;Les Samo&iuml;&egrave;des, les Lappons, les habitants du nord de la Sib&eacute;rie, ceux du Kamshatka, sont encore moins avanc&eacute;s que les peuples de l&#39;Am&eacute;rique. La plupart des N&egrave;gres, tous les Cafres, sont plong&eacute;s dans la m&ecirc;me stupidit&eacute;, et y croupiront longtemps.&quot;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;(Tome 1, page 11)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"20\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<div>\n<div>\n\t\t\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t\t\t&quot;La m&ecirc;me providence qui a produit l&#39;&eacute;l&eacute;phant, le rhinoc&eacute;ros et les N&egrave;gres, a fait na&icirc;tre dans un autre monde des orignaux, des condors, des animaux a qui on a cru longtemps le nombril sur le dos, et des hommes d&#39;un caract&egrave;re qui n&#39;est pas le notre.&quot;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; (Tome 1, page 38)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"20\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<div>\n<div>\n<p>\t\t\t\t\t\t&quot; Les blancs et les n&egrave;gres, et les rouges, et les Lappons, et les Samo&iuml;&egrave;des, et les Albinos, ne viennent certainement pas du m&ecirc;me sol. La diff&eacute;rence entre toutes ces esp&egrave;ces est aussi marqu&eacute;e qu&#39;entre un l&eacute;vrier et un barbet.&quot;<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; (Tome2, page 49)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr \/>\n<p>\n\tA propos des Juifs :<\/p>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"20\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n\t\t\t\t<img decoding=\"async\" alt=\"Voltaire \u00e0 table\" src=\"http:\/\/www.contreculture.org\/Images\/voltaireatable.gif\" \/><\/p>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; Voltaire &agrave; table<\/td>\n<td>\n<div>\n<div>\n\t\t\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t\t\t&nbsp; &quot;Si nous lisions l&#39;histoire des Juifs &eacute;crite par un auteur d&#39;une autre nation, nous aurions peine &agrave; croire qu&#39;il y ait eu en effet un peuple fugitif d&#39;Egypte qui soit venu par ordre expr&egrave;s de Dieu immoler sept ou huit petites nations qu&#39;il ne connaissait pas ; &eacute;gorger sans mis&eacute;ricorde les femmes, les vieillards et les enfants &agrave; la mamelle, et ne r&eacute;server que les petites filles ; que ce peuple saint ait &eacute;t&eacute; puni de son Dieu quand il avait &eacute;t&eacute; assez criminel pour &eacute;pargner un seul homme d&eacute;vou&eacute; &agrave; l&#39;anath&egrave;me. Nous ne croirions pas qu&#39;un peuple si abominable (les Juifs) eut pu exister sur la terre. Mais comme cette nation elle-m&ecirc;me nous rapporte tous ses faits dans ses livres saints, il faut la croire.&quot;<br \/>\n\t\t\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<div>\n\t\t\t\t\t&nbsp;(Tome 1, page 158-159)<\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"20\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<div>\n<div>\n\t\t\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &quot;Toujours superstitieuse, toujours avide du bien d&#39;autrui, toujours barbare, rampante dans le malheur, et insolente dans la prosp&eacute;rit&eacute;, voil&agrave; ce que furent les Juifs aux yeux des Grecs et des Romains qui purent lire leurs livres.&quot;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; (Tome 1, page 186)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"20\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<div>\n<div>\n\t\t\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &quot;Si Dieu avait exauc&eacute; toutes les pri&egrave;res de son peuple, il ne serait rest&eacute;s que des Juifs sur la terre ; car ils d&eacute;testaient toutes les nations, ils en &eacute;taient d&eacute;test&eacute;s ; et, en demandant sans cesse que Dieu extermin&acirc;t tous ceux qu&#39;ils ha&iuml;ssaient, ils semblaient demander la ruine de la terre enti&egrave;re.&quot;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; (Tome 1, page 197)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"20\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<div>\n<div>\n\t\t\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &quot; N&#39;est-il pas clair (humainement parlant, en ne consid&eacute;rant que les causes secondes) que si les Juifs, qui esp&eacute;raient la conqu&ecirc;te du monde, ont &eacute;t&eacute; presque toujours asservis, ce fut leur faute ? Et si les Romains domin&egrave;rent, ne le m&eacute;rit&egrave;rent-ils pas par leur courage et par leur prudence ? Je demande tr&egrave;s humblement pardon aux Romains de les comparer un moment avec les Juifs.&quot;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; (Tome 1, page 226)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"20\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<div>\n<div>\n<p>\t\t\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&quot;Si ces Isma&eacute;lites [les Arabes] ressemblaient aux Juifs par l&#39;enthousiasme et la soif du pillage, ils &eacute;taient prodigieusement sup&eacute;rieurs par le courage, par la grandeur d&#39;&acirc;me, par la magnanimit&eacute; : leur histoire, ou vraie ou fabuleuse, avant Mahomet, est remplie d&#39;exemples d&#39;amiti&eacute;, tels que la Gr&egrave;ce en inventa dans les fables de Pilade et d&#39;Oreste, de Th&eacute;s&eacute;e et de Pirithous. L&#39;histoire des Barm&eacute;cides n&#39;est qu&#39;une suite de g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;s inou&iuml;es qui &eacute;l&egrave;vent l&#39;&acirc;me. Ces traits caract&eacute;risent une nation.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; On ne voit au contraire, dans toutes les annales du peuple h&eacute;breu, aucune action g&eacute;n&eacute;reuse. Ils ne connaissent ni l&#39;hospitalit&eacute;, ni la lib&eacute;ralit&eacute;, ni la cl&eacute;mence. Leur souverain bonheur est d&#39;exercer l&#39;usure avec les &eacute;trangers ; et cet esprit d&#39;usure, principe de toute l&acirc;chet&eacute;, est tellement enracin&eacute;e dans leurs coeurs, que c&#39;est l&#39;objet continuel des figures qu&#39;ils emploient dans l&#39;esp&egrave;ce d&#39;&eacute;loquence qui leur est propre. Leur gloire est de mettre &agrave; feu et &agrave; sang les petits villages dont ils peuvent s&#39;emparer. Ils &eacute;gorgent les vieillards et les enfants ; ils ne r&eacute;servent que les filles nubiles ; ils assassinent leurs ma&icirc;tres quand ils sont esclaves ;ils ne savent jamais pardonner quand ils sont vainqueurs : ils sont ennemis du genre humain. Nulle politesse, nulle science, nul art perfectionn&eacute; dans aucun temps, chez cette nation atroce.&quot;<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;(Tome 2, page 83)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"20\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<div>\n<p>\t\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &quot; Lorsque, vers la fin du quinzi&egrave;me si&egrave;cle, on voulut rechercher la source de la mis&egrave;re espagnole, on trouva que les Juifs avaient attir&eacute; &agrave; eux tout l&#39;argent du pays par le commerce et par l&#39;usure. On comptait en Espagne plus de cent cinquante mille hommes de cette nation &eacute;trang&egrave;re si odieuse et si n&eacute;cessaire. (&#8230;)<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Les Juifs seuls sont en horreur &agrave; tous les peuples chez lesquels ils sont admis (&#8230;).<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; On feignait de s&#39;alarmer que la vanit&eacute; que tiraient les Juifs d&#39;&ecirc;tre &eacute;tablis sur les c&ocirc;tes m&eacute;ridionales de ce royaume long-temps avant les chr&eacute;tiens : il est vrai qu&#39;ils avaient pass&eacute; en Andalousie de temps imm&eacute;morial ; ils enveloppaient cette v&eacute;rit&eacute; de fables ridicules, telles qu&#39;en a toujours d&eacute;bit&eacute; ce peuple, chez qui les gens de bon sens ne s&#39;appliquent qu&#39;au n&eacute;goce, et o&ugrave; le rabbinisme est abandonn&eacute; &agrave; ceux qui ne peuvent mieux faire. Les rabbins espagnols avaient beaucoup &eacute;crit pour prouver qu&#39;une colonie de Juifs avait fleuri sur les c&ocirc;tes du temps de Salomon, et que l&#39;ancienne B&eacute;tique payait un tribut &agrave; ce troisi&egrave;me roi de Palestine ; il est tr&egrave;s vraisemblable que les Ph&eacute;niciens, en d&eacute;couvrant l&#39;Andalousie, et en y fondant des colonies, y avaient &eacute;tabli des Juifs qui servirent de courtiers, comme ils en ont servi partout ; mais de tout temps les Juifs ont d&eacute;figur&eacute; la v&eacute;rit&eacute; par des fables absurdes. Ils mirent en &oelig;uvre de fausses m&eacute;dailles, de fausses inscriptions ; cette esp&egrave;ce de fourberie, jointe aux autres plus essentielles qu&#39;on leur reprochait, ne contribua pas peu &agrave; leur disgr&acirc;ce.&quot;<\/p><\/div>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; (Tome 5, page 74-76)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"20\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<div>\n<p>\t\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &quot; Ils ont m&ecirc;me &eacute;t&eacute; sur le point d&#39;obtenir le droit de bourgeoisie en Angleterre vers l&#39;an 1750 et l&#39;acte du parlement allait d&eacute;j&agrave; passer en leur faveur. Mais enfin le cri de la nation, et l&#39;exc&egrave;s du ridicule jet&eacute; sur cette entreprise la fit &eacute;chouer. Il courut cent pasquinades repr&eacute;sentant mylord Aaron et mylord Judas s&eacute;ants dans la chambre des pairs. On rit, et les Juifs se content&egrave;rent d&#39;&ecirc;tre riches et libres ; (&#8230;)<br \/>\n\t\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Vous &ecirc;tes frapp&eacute;s de cette haine et de ce m&eacute;pris que toutes les nations ont toujours eus pour les Juifs. C&#39;est la suite in&eacute;vitable de leur l&eacute;gislation : Il fallait, ou qu&#39;ils subjugassent tout, ou qu&#39;ils fussent &eacute;cras&eacute;s. Il leur fut ordonn&eacute; d&#39;avoir les nations en horreur, et de se croire souill&eacute;s s&#39;ils avaient mang&eacute; dans un plat qui e&ucirc;t appartenu &agrave; un homme d&#39;une autre loi. Ils appelaient les nations vingt &agrave; trente bourgades leurs voisines qu&#39;ils voulaient exterminer, et ils crurent qu&#39;il fallait n&#39;avoir rien de commun avec elles. Quand leurs yeux furent un peu ouverts par d&#39;autre nations victorieuses qui leur apprirent que le monde &eacute;tait plus grand qu&#39;ils ne croyaient, ils se trouv&egrave;rent, par leur loi m&ecirc;me, ennemis naturels de ces nations, et enfin du genre humain. Leur politique absurde subsista quand elle devait changer ; leur superstition augmenta avec leurs malheurs : leurs vainqueurs &eacute;taient incirconcis ; il ne parut pas plus permis &agrave; un Juif de manger dans un plat qui avait servi &agrave; un Romain que dans le plat d&#39;un Amorrh&eacute;en ; ils gard&egrave;rent tous leurs usages, qui sont pr&eacute;cis&eacute;ment le contraire des usages sociables. Ils furent donc avec raison trait&eacute;s comme une nation oppos&eacute;e en tout aux autres ; les servant par avarice, les d&eacute;testant par fanatisme, se faisant de l&#39;usure un devoir sacr&eacute;. Et ce sont nos p&egrave;res ! &quot;<\/div>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; (Tome5, page 82-83)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr \/>\n<p>\n\tA propos des Tziganes :<\/p>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"20\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<div>\n<div>\n<p>\t\t\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &quot; Il y avait alors une petite nation, aussi vagabonde, aussi m&eacute;pris&eacute;e que les Juifs, et adonn&eacute;e &agrave; une autre esp&egrave;ce de rapine ; c&#39;&eacute;tait un ramas de gens inconnus, qu&#39;on nommait Boh&egrave;mes en France, et ailleurs Egyptiens, Giptes ou Gipsis, ou Syriens (&#8230;). Cette race a commenc&eacute; &agrave; dispara&icirc;tre de la face de la terre depuis que, dans nos derniers temps, les hommes ont &eacute;t&eacute; d&eacute;sinfatu&eacute;s des sortil&egrave;ges, des talismans, des pr&eacute;dictions et des possessions.&quot;<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; (Tome 5, page 83-84)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr \/>\n<p>\n\tA propos de l&#39;esclavage ; Voltaire homme d&#39;affaires<\/p>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"20\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Tous les &eacute;l&egrave;ves fran&ccedil;ais du secondaire sont persuad&eacute;s que Voltaire &eacute;tait antiesclavagiste, et on leur fait lire sa compassion pour l&#39;esclave du Surinam. Notre&nbsp;philosophe est un bel hypocrite : il a en effet sp&eacute;cul&eacute; en association avec les armateurs nantais, et avec la compagnie des Indes, dans les op&eacute;rations de traite des esclaves (par exemple dans l&#39;armement du bateau n&eacute;grier Le Congo). Dans la citation ci-apr&egrave;s, il est plus sinc&egrave;re ; il d&eacute;fend ses int&eacute;r&ecirc;ts.<\/p>\n<div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t&quot; Nous n&#39;achetons des esclaves domestiques que chez les N&egrave;gres ; on nous reproche ce commerce. Un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l&#39;acheteur.<br \/>\n\t\t\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Ce n&eacute;goce d&eacute;montre notre sup&eacute;riorit&eacute; ; celui qui se donne un ma&icirc;tre &eacute;tait n&eacute; pour en avoir.&quot;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<div>\n\t\t\t\t\t(tome 8, page 187)<\/div>\n<\/td>\n<td>\n\t\t\t\t<img decoding=\"async\" alt=\"Voltaire billet de banque\" src=\"http:\/\/www.contreculture.org\/Images\/Voltaire-billet-banque.gif\" \/><br \/>\n\t\t\t\tVoltaire et l&#39;argent ; une reconnaissance nationale<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\">\n\t\t\t\tLettre &agrave; Michaud de Nantes, son associ&eacute; &nbsp;dans l&#39;armement du Congo &nbsp;(Cit&eacute; par C&eacute;sar Cantu, Histoire universelle, 3&egrave;me &eacute;dition, Tome XIII, p 148. Accessible sur Google books)<br \/>\n\t\t\t\t&quot;Je me f&eacute;licite avec vous de l&#39;heureux succ&egrave;s du navire le Congo, arriv&eacute; si &agrave; propos sur la c&ocirc;te d&#39;Afrique pour soustraire &agrave; la mort tant de malheureux n&egrave;gres&#8230; Je me r&eacute;jouis d&#39;avoir fait une bonne affaire en m&ecirc;me temps qu&#39;une bonne action.&quot;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\">\n\t\t\t\t&quot;Il y a une trag&eacute;die anglaise qui commence par ces mots : mets de l&#39;argent dans ta poche et moque-toi du reste. Cel&agrave; n&#39;est pas tragique, mais cel&agrave; est fort sens&eacute;&quot; (lettre de Voltaire au P. de Menoux, 11 juillet 1960).<\/p>\n<p>\t\t\t\t&nbsp;Voltaire a sp&eacute;cul&eacute; pendant toute sa vie, ce qui explique son immense fortune. Pour se faire une id&eacute;e de son app&eacute;tit pour l&#39;argent et les manoeuvres financi&egrave;res, des pr&ecirc;ts qu&#39;il consentait &agrave; des taux exhorbitants, en dehors de toute &eacute;thique, le livre M&eacute;nage et finances de Voltaire (1854), de Louis Nicolardot est tr&egrave;s &eacute;clairant. L&#39;ouvrage est t&eacute;l&eacute;chargeable sur Google-books.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<h1>\n<p>\tLe racisme : un th&egrave;me r&eacute;current chez Voltaire<\/h1>\n<p>\n\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;En 1734, vingt-deux ans avant l&#39;Essai sur les moeurs, Voltaire publie le Trait&eacute; de M&eacute;taphysique. La th&egrave;se de l&#39;origine diff&eacute;rente et de l&#39;in&eacute;galit&eacute; des races humaines est d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sente, dans toute sa nudit&eacute; et toute sa violence.<\/p>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"20\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Descendu sur ce petit amas de boue, et n&#39;ayant pas plus de notion de l&#39;homme que l&#39;homme n&#39;en a des habitants de Mars ou de Jupiter, je d&eacute;barque vers les c&ocirc;tes de l&#39;Oc&eacute;an, dans le pays de la Cafrerie, et d&#39;abord je me mets &agrave; chercher un homme. Je vois des singes, des &eacute;l&eacute;phants, des n&egrave;gres, qui semblent tous avoir quelque lueur d&#39;une raison imparfaite. Les uns et les autres ont un langage que je n&#39;entends point, et toutes leurs actions paraissent se rapporter &eacute;galement &agrave; une certaine fin. Si je jugeais des choses par le premier effet qu&#39;elles font sur moi, j&#39;aurais du penchant &agrave; croire d&#39;abord que de tous ces &ecirc;tres c&#39;est l&#39;&eacute;l&eacute;phant qui est l&#39;animal raisonnable. Mais, pour ne rien d&eacute;cider trop l&eacute;g&egrave;rement, je prends des petits de ces diff&eacute;rentes b&ecirc;tes; j&#39;examine un enfant n&egrave;gre de six mois, un petit &eacute;l&eacute;phant, un petit singe, un petit lion, un petit chien: je vois, &agrave; n&#39;en pouvoir douter, que ces jeunes animaux ont incomparablement plus de force et d&#39;adresse; qu&#39;ils ont plus d&#39;id&eacute;es, plus de passions, plus de m&eacute;moire, que le petit n&egrave;gre; qu&#39;ils expriment bien plus sensiblement tous leurs d&eacute;sirs; mais, au bout de quelque temps, le petit n&egrave;gre a tout autant d&#39;id&eacute;es qu&#39;eux tous. Je m&#39;aper&ccedil;ois m&ecirc;me que ces animaux n&egrave;gres ont entre eux un langage bien mieux articul&eacute; encore, et bien plus variable que celui des autres b&ecirc;tes. J&#39;ai eu le temps d&#39;apprendre ce langage, et enfin, &agrave; force de consid&eacute;rer le petit degr&eacute; de sup&eacute;riorit&eacute; qu&#39;ils ont &agrave; la longue sur les singes et sur les &eacute;l&eacute;phants, j&#39;ai hasard&eacute; de juger qu&#39;en effet c&#39;est l&agrave; l&#39;homme; et je me suis fait &agrave; moi-m&ecirc;me cette d&eacute;finition:&nbsp;<\/p>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;L&#39;homme est un animal noir qui a de la laine sur la t&ecirc;te, marchant sur deux pattes, presque aussi adroit qu&#39;un singe, moins fort que les autres animaux de sa taille, ayant un peu plus d&#39;id&eacute;es qu&#39;eux, et plus de facilit&eacute; pour les exprimer; sujet d&#39;ailleurs &agrave; toutes les m&ecirc;mes n&eacute;cessit&eacute;s; naissant, vivant, et mourant tout comme eux.<\/p>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Apr&egrave;s avoir pass&eacute; quelque temps parmi cette esp&egrave;ce, je passe dans les r&eacute;gions maritimes des Indes orientales. Je suis surpris de ce que je vois: les &eacute;l&eacute;phants, les lions, les singes, les perroquets, n&#39;y sont pas tout &agrave; fait les m&ecirc;mes que dans la Cafrerie, mais l&#39;homme y para&icirc;t absolument diff&eacute;rent; ils sont d&#39;un beau jaune, n&#39;ont point de laine; leur t&ecirc;te est couverte de grands crins noirs. Ils paraissent avoir sur toutes les choses des id&eacute;es contraires &agrave; celles des n&egrave;gres. Je suis donc forc&eacute; de changer ma d&eacute;finition et de ranger la nature humaine sous deux esp&egrave;ces la jaune avec des crins, et la noire avec de la laine.&nbsp;<\/p>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Mais &agrave; Batavia, Goa, et Surate, qui sont les rendez-vous de toutes les nations, je vois un grande multitude d&#39;Europ&eacute;ens, qui sont blancs et qui n&#39;ont ni crins ni laine, mais des cheveux blonds fort d&eacute;li&eacute;s avec de la barbe au menton., On m&#39;y montre aussi beaucoup d&#39;Am&eacute;ricains qui n&#39;ont point de barbe: voil&agrave; ma d&eacute;finition et mes esp&egrave;ces d&#39;hommes bien augment&eacute;es.&nbsp;<\/p>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Je rencontre &agrave; Goa une esp&egrave;ce encore plus singuli&egrave;re que toutes celles-ci: c&#39;est un homme v&ecirc;tu d&#39;une longue soutane noire, et qui se dit fait pour instruire les autres. Tous ces diff&eacute;rents hommes, me dit-il, que vous voyez sont tous n&eacute;s d&#39;un m&ecirc;me p&egrave;re; et de l&agrave; il me conte une longue histoire. Mais ce que me dit cet animal me para&icirc;t fort suspect. Je m&#39;informe si un n&egrave;gre et une n&eacute;gresse, &agrave; la laine noire et au nez &eacute;pat&eacute;, font quelquefois des enfants blancs, portant cheveux blonds, et ayant un nez aquilin et des yeux bleus; si des nations sans barbe sont sorties des peuples barbus, et si les blancs et les blanches n&#39;ont jamais produit des peuples jaunes. On me r&eacute;pond que non; que les n&egrave;gres transplant&eacute;s, par exemple en Allemagne, ne font que des n&egrave;gres, &agrave; moins que les Allemands ne se chargent de changer l&#39;esp&egrave;ce, et ainsi du reste. On m&#39;ajoute que jamais homme un peu instruit n&#39;a avanc&eacute; que les esp&egrave;ces non m&eacute;lang&eacute;es d&eacute;g&eacute;n&eacute;rassent, et qu&#39;il n&#39;y a gu&egrave;re que l&#39;abb&eacute; Dubos qui ait dit cette sottise dans un livre intitul&eacute; R&eacute;flexions sur la peinture et sur la po&eacute;sie, etc.<\/p>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Il me semble alors que je suis assez bien fond&eacute; &agrave; croire qu&#39;il en est des hommes comme des arbres; que les poiriers, les sapins, les ch&ecirc;nes et les abricotiers, ne viennent point d&#39;un m&ecirc;me arbre, et que les blancs barbus, les n&egrave;gres portant laine, les jaunes portant crins, et les hommes sans barbe, ne viennent pas du m&ecirc;me homme.(&#8230;)<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Je me suppose donc arriv&eacute; en Afrique, et entour&eacute; de n&egrave;gres, de Hottentots, et d&#39;autres animaux. Je remarque d&#39;abord que les organes de la vie sont les m&ecirc;mes chez eux tous; les op&eacute;rations de leurs corps partent toutes des m&ecirc;mes principes de vie; ils ont tous &agrave; mes yeux m&ecirc;mes d&eacute;sirs, m&ecirc;mes passions, m&ecirc;mes besoins; ils les expriment tous, chacun dans leurs langues. La langue que j&#39;entends la premi&egrave;re est celle des animaux, cela ne peut &ecirc;tre autrement; les sons par lesquels ils s&#39;expriment ne semblent point arbitraires, ce sont des caract&egrave;res vivants de leurs passions; ces signes portent l&#39;empreinte de ce qu&#39;ils expriment: le cri d&#39;un chien qui demande &agrave; manger, joint &agrave; toutes ses attitudes, a une relation sensible &agrave; son objet; je le distingue incontinent des cris et des mouvements par lesquels il flatte un autre animal, de ceux avec lesquels il chasse, et de ceux par lesquels il se plaint; je discerne encore si sa plainte exprime l&#39;anxi&eacute;t&eacute; de la solitude, ou la douleur d&#39;une blessure, ou les impatiences de l&#39;amour. Ainsi, avec un peu d&#39;attention, j&#39;entends le langage de tous les animaux ; ils n&#39;ont aucun sentiment qu&#39;ils n&#39;expriment : peut-&ecirc;tre n&#39;en est-il pas de m&ecirc;me de leurs id&eacute;es ; mais comme il para&icirc;t que la nature ne leur a donn&eacute; que peu d&#39;id&eacute;es, il me semble aussi qu&#39;il &eacute;tait naturel qu&#39;ils eussent un langage born&eacute;, proportionn&eacute; &agrave; leurs perceptions.<\/p>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Que rencontr&eacute;-je de diff&eacute;rent dans les animaux n&egrave;gres? Que puis-je y voir, sinon quelques id&eacute;es et quelques combinaisons de plus dans leur t&ecirc;te, exprim&eacute;es par un langage diff&eacute;remment articul&eacute;? Plus j&#39;examine tous ces &ecirc;tres, plus je dois soup&ccedil;onner que ce sont des esp&egrave;ces diff&eacute;rentes d&#39;un m&ecirc;me genre. Cette admirable facult&eacute; de retenir des id&eacute;es leur est commune &agrave; tous ; ils ont tous des songes et des images faibles, pendant le sommeil, des id&eacute;es qu&#39;ils ont re&ccedil;ues en veillant ; leur facult&eacute; sentante et pensante cro&icirc;t avec leurs organes, et s&#39;affaiblit avec eux, p&eacute;rit avec eux. Que l&#39;on verse le sang d&#39;un singe et d&#39;un n&egrave;gre, il y aura bient&ocirc;t dans l&#39;un et dans l&#39;autre un degr&eacute; d&#39;&eacute;puisement qui les mettra hors d&#39;&eacute;tat de me reconna&icirc;tre ; bient&ocirc;t apr&egrave;s leurs sens ext&eacute;rieurs n&#39;agissent plus, et enfin ils meurent. (&#8230;)<\/p>\n<p>\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Enfin je vois des hommes qui me paraissent sup&eacute;rieurs &agrave; ces n&egrave;gres, comme ces n&egrave;gres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux hu&icirc;tres et aux autres animaux de cette esp&egrave;ce.<br \/>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><\/p>\n<p>\n\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Dix ans apr&egrave;s le Trait&eacute; de M&eacute;taphysique, et douze ans avant l&#39;Essai sur les moeurs, Voltaire publie sa Relation touchant un Maure blanc amen&eacute; d&#39;Afrique &agrave; Paris en 1744.<br \/>\n\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Voici la partie la plus int&eacute;ressante de ce&nbsp;texte. L&#39;observation voltairienne que la diff&eacute;rence entre les races humaines est &quot;aussi profonde que la diff&eacute;rence entre un l&eacute;vrier et un barbet&quot;&nbsp; se retrouvera dans l&#39;Essai sur les moeurs. Voltaire devait trouver cette comparaison suffisamment puissante, ou piquante, pour qu&#39;il se donne la peine de la r&eacute;p&eacute;ter.<\/p>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"20\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n\t\t\t\t<img decoding=\"async\" alt=\"Voltaire5\" src=\"http:\/\/www.contreculture.org\/Images\/voltaire5.gif\" \/><br \/>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/td>\n<td>\n\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; &quot;J&#39;ai vu, il n&#39;y a pas longtemps, &agrave; Paris un petit animal blanc comme du lait, avec un muffle taill&eacute; comme celui des Lapons, ayant, comme les n&egrave;gres, de la laine fris&eacute;e sur la t&ecirc;te, mais une laine beaucoup plus fine, et qui est de la blancheur la plus &eacute;clatante; ses cils et ses sourcils sont de cette m&ecirc;me laine, mais non fris&eacute;e; ses paupi&egrave;res, d&#39;une longueur qui ne leur permet pas en s&#39;&eacute;levant de d&eacute;couvrir toute l&#39;orbite de l&#39;oeil, lequel est un rond parfait.(&#8230;).<br \/>\n\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Cet animal s&#39;appelle un homme, parce qu&#39;il a le don de la parole, de la m&eacute;moire, un peu de ce qu&#39;on appelle raison, et une esp&egrave;ce de visage.&nbsp;<br \/>\n\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; La race de ces hommes habite au milieu de l&#39;Afrique: les Espagnols les appellent Albinos (&#8230;). Cette esp&egrave;ce est m&eacute;pris&eacute;e des n&egrave;gres, plus que les n&egrave;gres ne le sont de nous.<br \/>\n\t\t\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Voici enfin une nouvelle richesse de la nature, une esp&egrave;ce qui ne ressemble pas tant &agrave; la n&ocirc;tre que les barbets aux l&eacute;vriers. Il y a encore probablement quelque autre esp&egrave;ce vers les terres australes. Voil&agrave; le genre humain plus favoris&eacute; qu&#39;on n&#39;a cru d&#39;abord. Il e&ucirc;t &eacute;t&eacute; bien triste qu&#39;il y e&ucirc;t tant d&#39;esp&egrave;ces de singes, et une seule d&#39;hommes. C&#39;est seulement grand dommage qu&#39;un animal aussi parfait soit si peu diversifi&eacute;, et que nous ne comptions encore que cinq ou six esp&egrave;ces absolument diff&eacute;rentes, tandis qu&#39;il y a parmi les chiens une diversit&eacute; si belle.&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr \/>\n<h1>\n<p>\tLe Dictionnaire philosophique (1769)<\/h1>\n<div>\n\tL&#39;obsession antis&eacute;mite de Voltaire ne s&#39;endort jamais.<br \/>\n\tDans son Dictionnaire philosophique, il revient r&eacute;guli&egrave;rement sur la question des Juifs, m&ecirc;me quand il n&#39;existe aucun lien avec la philosophie ou avec le titre de l&#39;article.<\/div>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"20\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\tArticle &quot;Abraham&quot; :<br \/>\n\t\t\t\t&quot;Il est &eacute;vident que tous les royaumes de l&rsquo;Asie &eacute;taient tr&egrave;s florissants avant que la horde vagabonde des Arabes appel&eacute;s Juifs poss&eacute;d&acirc;t un petit coin de terre en propre, avant qu&rsquo;elle e&ucirc;t une ville, des lois et une religion fixe. Lors donc qu&rsquo;on voit un rite, une ancienne opinion &eacute;tablie en &Eacute;gypte ou en Asie, et chez les Juifs, il est bien naturel de penser que le petit peuple nouveau, ignorant, grossier, toujours priv&eacute; des arts, a copi&eacute;, comme il a pu, la nation antique, florissante et industrieuse.&quot;<\/p>\n<p>\t\t\t\tArticle &quot;Anthropophage&quot; :<br \/>\n\t\t\t\t&quot;Pourquoi les Juifs n&rsquo;auraient-ils pas &eacute;t&eacute; anthropophages ? C&rsquo;e&ucirc;t &eacute;t&eacute; la seule chose qui e&ucirc;t manqu&eacute; au peuple de Dieu pour &ecirc;tre le plus abominable peuple de la terre.&quot;<\/p>\n<p>\t\t\t\tArticle &laquo;Juifs&raquo; :<br \/>\n\t\t\t\t&quot;Vous ne trouverez en eux qu&rsquo;un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice &agrave; la plus d&eacute;testable superstition et &agrave; la plus invincible haine pour tous les peuples qui les tol&egrave;rent et qui les enrichissent. Il ne faut pourtant pas les br&ucirc;ler.&quot;<\/p>\n<p>\t\t\t\tArticle &laquo;Job&raquo; :<br \/>\n\t\t\t\t&quot;Leur profession fut le brigandage et le courtage ; ils ne furent &eacute;crivains que par hasard.&quot;<\/p>\n<p>\t\t\t\tArticle &laquo;Tol&eacute;rance&raquo; :<br \/>\n\t\t\t\t&quot;Le peuple juif &eacute;tait, je l&rsquo;avoue, un peuple bien barbare. Il &eacute;gorgeait sans piti&eacute; tous les habitants d&rsquo;un malheureux petit pays sur lequel il n&rsquo;avait pas plus de droit qu&rsquo;il n&rsquo;en a sur Paris et sur Londres.&quot;<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr \/>\n<h2>\n\t<br \/>\n\tLa fiert&eacute; de Voltaire d&#39;&ecirc;tre devenu un vrai seigneur f&eacute;odal<\/h2>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"20\" cellspacing=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n\t\t\t\tVoltaire, dans sa lettre &agrave; M. de Brenles du 27 d&eacute;cembre 1758, se vante de poss&eacute;der un droit de haute justice. Ce droit permet au seigneur f&eacute;odal de juger et prononcer toutes les peines sur son domaine, y compris la peine de mort. Le philosophe en parle &agrave; propos d&#39;un certain Grasset, avec qui il devait &ecirc;tre en conflit :<br \/>\n\t\t\t\t&quot;Il ne me reste plus que de le prier &agrave; diner dans un de mes castels et de le faire pendre au fruit. J&#39;ai heureusement haute justice chez moi, et si M. Grasset veut &ecirc;tre pendu, il faut qu&#39;il ait la bont&eacute; de faire chez moi un petit voyage.&quot;<\/p>\n<p>\t\t\t\tDans une lettre &agrave; Thibouville du 28 mai 1760, il revient sur son droit de haute justice, en particulier de mettre quiconque au pilori.<br \/>\n\t\t\t\t&quot; On me reproche d&#39;&ecirc;tre comte de Ferney. Que ces Jean f&#8230; l&agrave; viennent donc dans la terre de Ferney, je les mettrai au pilori. &quot;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n\t\t\t\tDans sa lettre &agrave; d&#39;Argental du 29 janvier 1764, Voltaire se pr&eacute;occupe des imp&ocirc;ts f&eacute;odaux, les d&icirc;mes, qu&#39;il pr&eacute;l&egrave;ve dans ses domaines :<\/p>\n<div>\n\t\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t\t&quot;Je crois que l&#39;affaire des Calas sera finie avant celle des d&icirc;mes de Ferney. Les trag&eacute;dies, les histoires et les contes n&#39;emp&ecirc;chent pas qu&#39;on songe &agrave; ces d&icirc;mes, attendu qu&#39;un homme de lettres ne doit pas &ecirc;tre un sot qui abandonne ses affaires pour barbouiller des choses inutiles.&quot;<\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<div>\n\t\t\t\t\tDans sa lettre &agrave; d&#39;Argental du 1er f&eacute;vrier 1764, Voltaire se vante d&#39;avoir droit de mainmorte, coutume li&eacute;e au servage et qui avait heureusement disparu un peu partout. La mainmorte fut officiellement abolie en 1790 par un d&eacute;cret de Louis XVI.<\/div>\n<p>\t\t\t\t&quot;Je remercie tendrement mes anges de toutes leurs bont&eacute;s ; c&#39;est &agrave; eux que je dois celles de M. le duc de Praslin, qui me conservera mes d&icirc;mes en d&eacute;pit du concile de Latran&#8230; Figurez-vous quel plaisir ce sera pour un aveugle d&#39;avoir entre les Alpes et le mont Jura une terre grande comme la main, ne payant rien au roi ni &agrave; l&#39;&eacute;glise, et ayant d&#39;ailleurs le droit de mainmorte sur plusieurs petites possessions.&quot;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>\n\t\t\t\t\tVoltaire se pr&eacute;tendit ennemi du servage, comme il s&#39;&eacute;tait dit ennemi de l&#39;esclavage. Il a &eacute;crit un texte &agrave; propos des serfs de Saint-Claude et du mont Jura, en pr&eacute;ambule au Discours aux Welches. Par une lettre du 7 novembre 1764, un habitant de Saint-Claude, Joseph Romain Joly, fr&egrave;re du maire, lui r&eacute;pondit qu&#39;il se trompait et qu&#39;il n&#39;y avait pas de serfs dans son petit pays. Il d&eacute;montra par citation de documents anciens que Saint Claude &eacute;tait &quot;ville franche&quot; depuis longtemps et que le droit de mainmorte n&#39;y avait jamais exist&eacute;.<br \/>\n\t\t\t\t\tLorsque les droits f&eacute;odaux furent abolis, dans la nuit du 4 ao&ucirc;t 1789, on s&#39;aper&ccedil;ut que le d&eacute;fenseur des serfs virtuels de Saint Claude avait refus&eacute; d&#39;&eacute;manciper les siens, qui pourtant &eacute;taient bien r&eacute;els. La preuve se trouverait dans les proc&egrave;s-verbaux de l&#39;Assembl&eacute;e constituante. Avis aux chercheurs.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\thttp:\/\/www.contreculture.org\/AG%20Voltaire.html<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Voltaire et le racisme des lumieres &quot;Mais qu&#39;est-ce donc que Voltaire ? &nbsp;Voltaire, disons-le avec joie et tristesse, c&#39;est l&#39;esprit fran&ccedil;ais&quot;.&nbsp; (Victor Hugo. &quot;Shakespeare&quot;) &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Il est commun de consid&eacute;rer que l&#39;antis&eacute;mitisme moderne prend sa source dans le christianisme. 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