{"id":1377,"date":"2013-11-28T01:28:18","date_gmt":"2013-11-28T01:28:18","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1377"},"modified":"2013-11-28T04:49:34","modified_gmt":"2013-11-28T04:49:34","slug":"andre-giami-la-goulette-1925-paris-2011","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/andre-giami-la-goulette-1925-paris-2011\/","title":{"rendered":"Andr\u00e9 Giami : la Goulette 1925 \u2013 Paris 2011"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Andr&eacute; Giami : la Goulette 1925 &ndash; Paris 2011<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>De la Goulette &agrave; Antibes&hellip;.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAndr&eacute; Giami nous a quitt&eacute;s le 24 F&eacute;vrier 2011, &agrave; l&#39;&acirc;ge de 85 ans.&nbsp; Il venait de passer six semaines &agrave; l&#39;h&ocirc;pital B&eacute;gin &agrave; Vincennes d&#39;abord puis au Val de Gr&acirc;ce ensuite. Son optimisme ind&eacute;fectible l&#39;a certainement aid&eacute; &agrave; survivre et &agrave; se projeter dans l&#39;avenir en faisant abstraction du pr&eacute;sent. Heureusement, il n&#39;a pas trop souffert.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tN&eacute; &agrave; la Goulette, rue Hamouda Pacha, une plage proche de Tunis connue pour la douceur de son climat, ses beignets au miel, ses boutargues et son poisson complet, il avait grandi dans une famille qui a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s t&ocirc;t marqu&eacute;e par la perte de sa s&oelig;ur ain&eacute;e Simone Giami, &agrave; l&#39;&acirc;ge de 20 ans et ensuite par celle de son p&egrave;re Jules Giami mort &agrave; 52 ans.&nbsp; Ensuite il s&#39;est occup&eacute; quotidiennement pendant plus de quinze ans de sa m&egrave;re Aline Giami, en veillant &agrave; ce qu&#39;elle ne manque de rien de ce qu&#39;elle aimait, surtout dans la situation difficile dans laquelle on s&#39;est trouv&eacute;s apr&egrave;s qu&#39;on ait du quitter Tunis en 1965, et venir nous installer &agrave; Paris. Les derni&egrave;res ann&eacute;es de son existence, il faisait r&eacute;guli&egrave;rement plus de deux cents kilom&egrave;tres pour lui apporter de la nourriture cacher&hellip;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMais la vie &agrave; Tunis avait du bon : emp&ecirc;ch&eacute; d&#39;&eacute;tudier dans sa famille endeuill&eacute;e, il s&#39;est form&eacute; aux Eclaireurs Isra&eacute;lites de France o&ugrave; il a rencontr&eacute; tous ses amis &ndash; et je remercie tous ceux qui sont l&agrave; aujourd&#39;hui &#8211; et surtout o&ugrave;, d&egrave;s 1945, il avait rencontr&eacute; Claudia, la belle romaine arriv&eacute;e de Rome &agrave; Tunis en 1938, en fuite du fascisme et de l&#39;extermination nazie et &agrave; qui il a manifest&eacute; sa tendresse d&egrave;s le d&eacute;but, avant que leur union soit accept&eacute;e par leurs familles et qu&#39;ils se marient en Juillet 1948.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tApr&egrave;s une formation rapide dans une &eacute;cole d&#39;Assurances, il s&#39;est lanc&eacute; dans la vie et avec l&#39;aide de Claudia, il a mont&eacute; son affaire florissante, rue de Colmar d&#39;abord et ensuite rue du Portugal &agrave; Tunis.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&#39;est aussi le temps de la construction de la famille : Alain n&eacute; en 1952, et Robert en 1954.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDot&eacute; d&#39;une &eacute;nergie immense, il fallait qu&#39;il d&eacute;veloppe d&#39;autres talents : supporter de l&#39;UST (&quot;les bleu et blanc) l&#39;&eacute;quipe de football des juifs de Tunis, et ensuite photographe de presse officiel de cette &eacute;quipe, il &eacute;tait de tous les matchs, dans les tribunes, sur le terrain et dans les vestiaires. L&#39;&eacute;t&eacute;, c&#39;est la plage et la p&ecirc;che qui ont constitu&eacute; sa passion jusqu&#39;au moment o&ugrave; il put s&#39;offrir son petit bateau de p&ecirc;che : la Marie-Andr&eacute; 2 qui fut ancr&eacute; au tr&egrave;s s&eacute;lect Yacht &ndash; Club de la Goulette, afin que nous puissions aussi passer du bon temps et que Maman ne soit pas trop d&eacute;laiss&eacute;e.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMais tout &agrave; une fin et d&egrave;s 1964, le climat politique avait chang&eacute; en Tunisie, et les Juifs ont commenc&eacute; &agrave; partir pour la France principalement. Il aimait nous raconter comment il avait fui la Tunisie apr&egrave;s ce qu&#39;il consid&eacute;rait comme des atteintes aux Droits de l&#39;Homme : un vrai r&eacute;cit de la sortie d&#39;Egypte.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tApr&egrave;s une prospection rapide, il avait d&eacute;cid&eacute; qu&#39;on s&#39;installerait &agrave; Vincennes o&ugrave; il a poursuivi sa profession avec succ&egrave;s depuis son petit bureau dans l&#39;appartement que nous avons tous occup&eacute; pendant quelques ann&eacute;es. A quarante ans, il est reparti &agrave; Z&eacute;ro, comme on dit, il a refait son chemin et apr&egrave;s quelques mois nous l&#39;avons rejoint &agrave; Paris.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa vie en France est diff&eacute;rente : c&#39;est lui qui restait &agrave; la maison pendant que Claudia prenait la voiture pour aller enseigner dans une lointaine banlieue, enneig&eacute;e en hiver. C&#39;est lui qui le matin faisait la vaisselle et pr&eacute;parait le caf&eacute; pour la famille : le monde renvers&eacute; ! L&#39;hiver 65 fut d&#39;ailleurs assez froid : on affrontait le froid, la neige, et notre nouvelle vie de parisiens. Il portait un manteau &agrave; col de fourrure : le manteau du Roi Farouk&hellip;. On d&eacute;couvrait un monde nouveau et on s&#39;est adapt&eacute; &agrave; ce nouveau monde.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSon &eacute;nergie s&#39;est concentr&eacute;e pendant ces ann&eacute;es sur l&#39;Assurance-Vie, o&ugrave; il a r&eacute;ussi pendant pr&egrave;s de vingt ans &agrave; remporter chaque ann&eacute;e le concours du meilleur Agent g&eacute;n&eacute;ral d&#39;assurances et ainsi partir en voyage avec ses coll&egrave;gues et Claudia, d&eacute;couvrir le monde : Santorin, Vienne, et d&#39;autres destinations de r&ecirc;ve. On a encore les photos, les nombreuses photos qu&#39;il prenait en permanence pour documenter notre existence.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEt puis, gr&acirc;ce au travail de Claudia qui avait r&eacute;ussi son Capes et &eacute;tait devenue professeur titulaire au Lyc&eacute;e Hector Berlioz, &agrave; deux pas de la maison, &agrave; la fin des ann&eacute;es 70, ils ont pu s&#39;offrir cet appartement de r&ecirc;ve &agrave; Antibes avec vue imprenable sur la mer et &agrave; proximit&eacute; des plages de la Riviera, o&ugrave; ils ont commenc&eacute; &agrave; passer leurs vacances.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tA 60 ans, il en a eu assez de travailler et il a pris une retraite bien m&eacute;rit&eacute;e pour profiter de la vie. Apr&egrave;s avoir re&ccedil;u son dipl&ocirc;me d&#39;Agent G&eacute;n&eacute;ral Honoraire et la m&eacute;daille de la Ville de Paris dont il &eacute;tait tr&egrave;s fier, Il a repris son activit&eacute; de photographe de fa&ccedil;on s&eacute;rieuse et passionn&eacute;e et il a m&ecirc;me r&eacute;alis&eacute; plusieurs expositions personnelles &agrave; la Maison de la Culture de Vincennes, &agrave; Antibes et &agrave; Gorbio dans les Alpes Maritimes. Il avait en particulier r&eacute;alis&eacute; une s&eacute;rie de clich&eacute;s de Venise, qu&#39;il allait vendre au porte &agrave; porte dans les pizzerias de la r&eacute;gion parisienne. Il a repris et d&eacute;velopp&eacute; son activit&eacute; de p&eacute;cheur et quelques-unes de ses prises sont rest&eacute;es dans les annales des p&eacute;cheurs d&#39;Antibes. Ils ont aussi continu&eacute; &agrave; voyager, et chaque ann&eacute;e, ils partaient pour des destinations lointaines : New York, la Californie, le Grand Canyon du Colorado et j&#39;en oublie certainement. A Paris, infatigable, il arpentait le march&eacute; aux Puces de Montreuil &agrave; la recherche d&#39;objets insolites pour alimenter ses collections de bric &agrave; brac.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn 1989 quand &nbsp;Andr&eacute; et Claudia sont devenus grands-parents : ils ont tout de suite r&eacute;serv&eacute; une chambre de leur appartement &ndash; qui est redevenue &quot;la chambre des enfants&quot; &#8211; pour accueillir Hugo et Lara et leur ont donn&eacute; leur affection sans compter. En 2001, un drame a frapp&eacute; notre famille avec la mort de Marianne leur m&egrave;re&hellip;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEt puis les ann&eacute;es ont continu&eacute; &agrave; passer ponctu&eacute;es par les f&ecirc;tes juives : Pessah, Yom Kippour, Rosh Hashana, les anniversaires des uns et des autres avec nos plats pr&eacute;f&eacute;r&eacute;s pr&eacute;par&eacute;s avec amour par Maman. Ils ont pass&eacute; plus de temps &agrave; Antibes : les quatre mois d&#39;&eacute;t&eacute; et deux mois d&#39;hiver.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&#39;&eacute;t&eacute; sur la plage de la Salice, Claudia et Andr&eacute; ont constitu&eacute; un groupe d&#39;amis fran&ccedil;ais et italiens qui se retrouvaient chaque ann&eacute;e sous les parasols pour profiter du soleil et de la mer.&nbsp; Le soir, &agrave; la fraiche, c&#39;&eacute;tait les concerts du festival de Jazz, les soir&eacute;es radiophoniques, le quart Perrier au Pam-Pam de Juan les Pins&hellip; et on aurait aim&eacute; que cela continue encore longtemps&hellip;.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMerci Papa pour tout ce que tu nous as donn&eacute;, je ne t&#39;oublierai pas&hellip;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAlain Giami<\/p>\n<p>\n\tCimeti&egrave;re nouveau de Vincennes<\/p>\n<p>\n\tle 28 F&eacute;vrier 2011<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Andr&eacute; Giami : la Goulette 1925 &ndash; Paris 2011 &nbsp; De la Goulette &agrave; Antibes&hellip;. &nbsp; Andr&eacute; Giami nous a quitt&eacute;s le 24 F&eacute;vrier 2011, &agrave; l&#39;&acirc;ge de 85 ans.&nbsp; Il venait de passer six semaines &agrave; l&#39;h&ocirc;pital B&eacute;gin &agrave; Vincennes d&#39;abord puis au Val de Gr&acirc;ce ensuite. 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