{"id":1445,"date":"2011-04-12T16:55:21","date_gmt":"2011-04-12T16:55:21","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1445"},"modified":"2011-04-12T16:58:37","modified_gmt":"2011-04-12T16:58:37","slug":"litterature-le-double-seder-du-jardin-des-finzi-contini-de-giorgio-bassani","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/litterature-le-double-seder-du-jardin-des-finzi-contini-de-giorgio-bassani\/","title":{"rendered":"LITTERATURE : LE DOUBLE SEDER DU JARDIN DES FINZI CONTINI DE GIORGIO BASSANI."},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"maintitle\">\n\tLITTERATURE : LE DOUBLE SEDER DU &quot;JARDIN DES FINZI CONTINI&quot; DE GIORGIO BASSANI.<\/h2>\n<div class=\"notice\" id=\"notice-box\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"error\" id=\"error-box\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"help\" id=\"help-box\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"headline\" id=\"headline-2011041231213\">\n<div class=\"headline-content\">\n<p class=\"topic\">\n\t\t\t<br \/>\n\t\t\tPar <strong>Samuel Nathan<\/strong><br \/>\n\t\t\t&nbsp;<em>Le jardin des Finzi Contini<\/em> de Giorgio Bassani est une &oelig;uvre majeure de la litt&eacute;rature italienne. Paru en 1962, le roman a &eacute;t&eacute; immortalis&eacute; par le film qu&rsquo;en a tir&eacute; Vittorio de Sica en 1971 avec Dominique Sanda et Helmut Berger.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;histoire se d&eacute;roule &agrave; la fin des ann&eacute;es 30 en Italie du nord, &agrave; Ferrare, dans la communaut&eacute; juive et une grande propri&eacute;t&eacute;, la fameuse <em>magna domus<\/em> appartenant &agrave; l&rsquo;aristocratique famille des Finzi Contini.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa fin des ann&eacute;es 30 en Italie, c&rsquo;est notamment la promulgation en 1938 par Mussolini des Leggi razziali, les sinistres lois raciales qui vont surprendre douloureusement des Isra&eacute;lites compl&egrave;tement int&eacute;gr&eacute;s dans un pays d&eacute;nu&eacute; de v&eacute;ritable tradition antis&eacute;mite.<br \/>\n\t\t\tLors d&rsquo;une conversation, on apprend que le p&egrave;re du narrateur, qui a pourtant adh&eacute;r&eacute; au parti fasciste depuis 1919, a &eacute;t&eacute; ray&eacute; de la liste des inscrits par le secr&eacute;taire f&eacute;d&eacute;ral et qu&rsquo;il vient d&rsquo;&ecirc;tre &laquo; d&eacute;missionn&eacute; &raquo; du Cercle des Commer&ccedil;ants par son pr&eacute;sident. En outre, il lui est d&eacute;sormais interdit d&rsquo;employer du personnel de maison non-juif.<\/p>\n<p>\n\t\t\tArrive le printemps 1939, froid, gris et enneig&eacute; et la c&eacute;l&eacute;bration de la P&acirc;que juive. Dans la famille du narrateur, autant dire que le c&oelig;ur n&rsquo;&eacute;tait pas &agrave; la f&ecirc;te. Le fr&egrave;re Ernesto &eacute;tait rest&eacute; &agrave; Grenoble pour ses &eacute;tudes ; le personnel manquait, si bien que le p&egrave;re d&eacute;cida de n&rsquo;organiser qu&rsquo;un seul repas au lieu des deux d&icirc;ners traditionnels et dans la petite salle &agrave; manger au lieu de la grande.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<em>&laquo; Ce ne fut pas un d&icirc;ner joyeux. Au centre de la table, la corbeille contenant en m&ecirc;me temps que les &laquo; bouch&eacute;es &raquo; rituelles la terrine de l&rsquo;haros&egrave;t, les pieds d&rsquo;herbe am&egrave;re, le pain azyme et l&rsquo;&oelig;uf dur qui m&rsquo;&eacute;tait r&eacute;serv&eacute; &agrave; moi, l&rsquo;a&icirc;n&eacute;, tr&ocirc;nait inutilement sur le mouchoir de soie blanc et bleu brod&eacute; quarante ans plus t&ocirc;t par ma grand-m&egrave;re Esther. Bien que mise avec tout le soin possible, et, m&ecirc;me, justement &agrave; cause de cela, la table de la salle &agrave; manger avait pris un aspect tr&egrave;s analogue &agrave; celui qu&rsquo;elle offrait les soirs de Kippour, quand elle &eacute;tait pr&eacute;par&eacute;e seulement pour eux, les morts de la famille, dont les ossements gisaient l&agrave;-bas, dans le cimeti&egrave;re au bout de la via Montebello, et qui, n&eacute;anmoins, &eacute;taient bien pr&eacute;sents ici, en esprit et en effigie. &raquo;<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\tA onze heures, alors que le chef de famille, pour dissiper l&rsquo;angoisse et la morosit&eacute; g&eacute;n&eacute;rales, entonne le premier couplet du <em>Capr&egrave;t ch&rsquo;avea comper&agrave; il signore Padre,<\/em> en h&eacute;breu le Had Gadiah, le narrateur re&ccedil;oit un coup de fil d&rsquo;Alberto Finzi Contini qui lui demande de venir terminer la soir&eacute;e du seder pascal &agrave; la <em>magna domus<\/em> en lui promettant une surprise. Secr&egrave;tement amoureux de sa s&oelig;ur Mic&ograve;l, absente depuis de longs mois en raison de ses &eacute;tudes &agrave; Venise, il accepte aussit&ocirc;t malgr&eacute; le froid la proposition de son ami et c&rsquo;est bien elle, Mic&ograve;l, en personne, qui l&rsquo;accueille sur le seuil de la maison.<\/p>\n<p>\n\t\t\tRe&ccedil;u tr&egrave;s cordialement par les membres de la famille Finzi Contini, le narrateur se livre au jeu de la fl&ucirc;te r&eacute;v&eacute;latrice d&rsquo;avenir &ndash; car telle &eacute;tait la surprise annonc&eacute;e par Alberto &ndash; et Dirce Perotti, la fille du gardien lui propose un dessert :<\/p>\n<p>\n\t\t\t<em>&laquo; Dirce entra &agrave; ce moment-l&agrave;, tenant haut, en &eacute;quilibre sur une seule main,un plat en bois sombre, surcharg&eacute; de g&acirc;teaux de P&acirc;que. Les joues de Dirce &eacute;taient roses, elles aussi,luisantes de sant&eacute; et de bonne humeur. En tant qu&rsquo;h&ocirc;te et dernier arriv&eacute;, je fus servi le premier. Les g&acirc;teaux, ceux nomm&eacute;s des zucarin, faits de p&acirc;te feuillet&eacute;e garnie de grains de raisins de Corinthe, &eacute;taient &agrave; peu pr&egrave;s semblables &agrave; ceux que j&rsquo;avais mang&eacute;s &agrave; contrecoeur quelque temps plus t&ocirc;t, chez moi. Mais ceux-ci, ceux des Finzi Contini, me parurent tout de suite bien meilleurs, extraordinairement savoureux : et je le dis m&ecirc;me, m&rsquo;adressant &agrave; la signora Olga, laquelle, occup&eacute;e &agrave; choisir un zucarin sur le plat que Dirce lui tendait, ne sembla pas entendre mon compliment. &raquo;<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\tCurieux des prouesses proph&eacute;tiques de la fl&ucirc;te, le narrateur apprit des commensaux pr&eacute;sents qu&rsquo;elle avait pr&eacute;dit dans un avenir proche une guerre longue, sanglante, mondiale qui verrait cependant la victoire compl&egrave;te des forces du bien. Quant &agrave; la suite &agrave; donner &agrave; son aventure sentimentale, il eut le pressentiment que &laquo; cette nuit, d&rsquo;ailleurs, ne finirait pas. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\tSamuel Nathan<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":15694,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[56,23,1],"tags":[],"class_list":["post-1445","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-italie","category-litterature","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1445","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1445"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1445\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15694"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1445"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1445"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1445"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}