{"id":1497,"date":"2017-04-27T01:44:39","date_gmt":"2017-04-27T01:44:39","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1497"},"modified":"2017-04-28T00:35:54","modified_gmt":"2017-04-28T00:35:54","slug":"comment-croire-en-dieu-apres-la-shoah","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/comment-croire-en-dieu-apres-la-shoah\/","title":{"rendered":"Comment croire en Dieu apr\u00e8s la Shoah"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"mainTitle\">\n<p>\n\t\tComment croire en Dieu apr&egrave;s la Shoah<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"mainTitle\">\n<p>\n\t\tComment croire en Dieu apr&egrave;s la Shoah<\/p>\n<p>\t<span class=\"auteur\">par <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/ariel_gurevitz\/\">Daniel Horowitz<\/a><\/span><\/p>\n<div class=\"dateline\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<p><!-- Fin id=\"mainTitle\" --><\/p>\n<div class=\"clear\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<p><!-- \n*********************************\nMAIN COLUMN\n*********************************\n--><\/p>\n<div id=\"mainContent\">\n<div id=\"mainBlock\">\n<div class=\"mainText\">\n<p class=\"firstLine\">\n\t\t\t\t<span class=\"dropcap\">B<\/span>eaucoup de juifs ont cess&eacute; de croire en Dieu apr&egrave;s la Shoah, cependant que d&rsquo;autres ont fait le chemin inverse. Mais Yeshayahou Leibowitz, philosophe, scientifique, juif orthodoxe, adepte et ex&eacute;g&egrave;te de Ma&iuml;monide, pense que ceux qui quittent comme ceux qui adh&egrave;rent &agrave; la religion sur base d&rsquo;&eacute;v&egrave;nements terrestres ne saisissent pas l&rsquo;essence du juda&iuml;sme, et se trompent probablement de religion.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div id=\"mainContent\">\n<div id=\"mainBlock\">\n<div class=\"mainText\">\n<div class=\"fenetreBoxesContainer\">\n<script><\/script>\t\t\t\t<\/p>\n<div class=\"saut_ligne\">\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t\t\tEn transposant Ma&iuml;monide en termes modernes, on peut dire que le monde est contingent, qu&rsquo;il aurait pu ne pas &ecirc;tre, ou &ecirc;tre diff&eacute;rent, ou sans hommes, ou sans vie, ou sans mati&egrave;re, ou encore sans rayonnement. Dieu en revanche est immuable, mais c&rsquo;est parce qu&rsquo;il ne fait pas partie du monde, n&rsquo;&eacute;tant ni &eacute;ternel ni mortel puisqu&rsquo;il se situe en dehors du temps.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tBeaucoup de juifs croient avec ferveur &agrave; un Dieu anthropomorphique qui r&eacute;compenserait les justes et punirait les m&eacute;chants. Il y a l&agrave; un paradoxe parce que bien que Ma&iuml;monide constitue la r&eacute;f&eacute;rence majeure du juda&iuml;sme, beaucoup de croyants ne sont pas vraiment impr&eacute;gn&eacute;s de sa th&eacute;ologie.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLe philosophe Hans Jonas a &eacute;crit un opuscule intitul&eacute; &laquo;&nbsp;Le Concept de Dieu apr&egrave;s Auschwitz&nbsp;&raquo;, o&ugrave; il exprimait le besoin de repenser Dieu apr&egrave;s la Shoah. Il y explique que face au mal absolu que repr&eacute;sente Auschwitz, il y a lieu de repenser le rapport &agrave; Dieu parce que la r&eacute;alit&eacute; des camps d&rsquo;extermination nazis s&rsquo;accommode mal d&rsquo;un Dieu attentif &agrave; ce qui d&eacute;roule au monde.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tHans Jonas constate qu&rsquo;il n&rsquo;y eut pas d&rsquo;intervention divine lors de la Shoah, mais l&rsquo;attribue &agrave; la Contraction (Tsimtsoum, dans le langage de la Kabbale) de Dieu et non pas &agrave; son absence dans l&rsquo;absolu. Confront&eacute; &agrave; cette Contraction, le monde fonctionnerait donc selon des lois de la Nature uniquement. C&rsquo;est d&rsquo;une certaine mani&egrave;re la conception de Spinoza, tout comme celle de Lucr&egrave;ce bien avant lui. Sauf que Spinoza ne voit l&agrave; rien de temporaire et y trouve la base de sa d&eacute;nonciation du monoth&eacute;isme.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLe juda&iuml;sme de Hans Jonas n&rsquo;est pas conforme &agrave; Ma&iuml;monide, et lui est m&ecirc;me contraire, bien qu&rsquo;il soit cit&eacute; &agrave; plusieurs reprises dans son ouvrage. Hans Jonas avance que le concept traditionnel de Dieu veut qu&rsquo;il soit <strong><em>le Seigneur de l&rsquo;Histoire<\/em><\/strong><em><strong>, et qu<\/strong><\/em><strong><em>&#39;<\/em><\/strong><em><strong>il porte le souci de ses cr&eacute;atures<\/strong><\/em>, ce qui d&rsquo;apr&egrave;s lui rel&egrave;verait des principes de la foi juive. Il propose donc de r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; l&rsquo;id&eacute;e de Dieu qu&rsquo;il convient de se faire apr&egrave;s la Shoah, ou il s&rsquo;av&egrave;re qu&rsquo;il n&rsquo;a mis en &oelig;uvre ni sa bont&eacute; ni port&eacute; le souci de ses cr&eacute;atures. Mais c&rsquo;est antith&eacute;tique de la pens&eacute;e de Ma&iuml;monide, qui pense que Dieu ne s&rsquo;est jamais manifest&eacute; nulle part depuis que le monde est monde. Ce g&eacute;ant de la pens&eacute;e du 12e si&egrave;cle n&rsquo;a donc pas attendu la Shoah pour dire que Dieu n&rsquo;intervenait ni dans l&rsquo;Histoire ni dans la Nature. La Kabbale &agrave; laquelle se r&eacute;f&egrave;re Hans Jonas est aux antipodes de la pens&eacute;e de Ma&iuml;monide. Du point de vue de Leibowitz c&rsquo;est une forme d&rsquo;idol&acirc;trie, c&rsquo;est-&agrave;-dire une pratique contre laquelle, justement, le juda&iuml;sme a &eacute;t&eacute; con&ccedil;u d&egrave;s le d&eacute;part.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tMais si comme le dit Ma&iuml;monide, Dieu ne fait pas partie du monde, si on ne peut pas parler de lui, ni lui parler, s&rsquo;il n&rsquo;influe en rien sur la Nature ni sur l&rsquo;Histoire, on peut se demander &agrave; quoi cela peut-il bien servir de le servir. Et quand bien m&ecirc;me cela servirait-il &agrave; quelque chose, par quel moyen peut-on d&eacute;terminer si les Commandements tels que prescrits par le juda&iuml;sme correspondent bien au service de Dieu.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLa r&eacute;ponse juive &agrave; cette question est que certains hommes arrivent &agrave; prendre de la distance par rapport &agrave; eux-m&ecirc;mes &agrave; un degr&eacute; tel, que tout ce qu&rsquo;ils expriment rel&egrave;ve de la v&eacute;rit&eacute; absolue, c&rsquo;est-&agrave;-dire de ce qui ne d&eacute;pend pas des sens mais de l&rsquo;intellect. Ces hommes exceptionnels sont ceux que l&rsquo;on appelle improprement les &laquo;&nbsp;proph&egrave;tes&nbsp;&raquo;, qui ne sont pas des diseurs d&rsquo;oracle au sens grec du terme, mais qui ont une perception tellement aigu&euml; de la r&eacute;alit&eacute; qu&rsquo;ils arrivent &agrave; anticiper ce qui est susceptible d&rsquo;arriver.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCe sont ces proph&egrave;tes qui ont trac&eacute; le long chemin de la tradition juive. Le premier et le plus grand d&rsquo;entre eux fut Mo&iuml;se, suppos&eacute; avoir &eacute;crit la Thora. Maimonide explique que Dieu ne s&rsquo;est jamais r&eacute;ellement adress&eacute; &agrave; lui, pas plus qu&rsquo;aux autres proph&egrave;tes, et que tout ce qui pourrait sugg&eacute;rer une telle communication doit &ecirc;tre compris au sens m&eacute;taphorique. Il en fait dans son ouvrage-cl&eacute; &laquo;&nbsp;Le Guide des &Eacute;gar&eacute;s&nbsp;&raquo; une ex&eacute;g&egrave;se complexe, robuste, m&eacute;thodique et coh&eacute;rente, o&ugrave; il int&egrave;gre la linguistique de mani&egrave;re it&eacute;rative et approfondie afin de d&eacute;montrer la nature po&eacute;tique, all&eacute;gorique et didactique du R&eacute;cit Biblique.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tL&rsquo;homme ne doit donc ne jamais s&rsquo;attendre &agrave; des ph&eacute;nom&egrave;nes qui d&eacute;fieraient les lois de la Nature. Cette mani&egrave;re de voir les choses n&rsquo;est ni simple ni facile &agrave; accepter pour le croyant sinc&egrave;re, mais au moins a-t-elle le m&eacute;rite de rendre le silence de Dieu plausible. C&rsquo;est en tout cas le message de Ma&iuml;monide, et l&rsquo;explication du silence de Dieu de tout temps.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tVu sous cet angle, il n&rsquo;y a ni plus ni moins de raisons de croire en Dieu apr&egrave;s la Shoah.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Comment croire en Dieu apr&egrave;s la Shoah<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":15718,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[287,16,1],"tags":[],"class_list":["post-1497","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-daniel-horowitz","category-judaisme","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1497","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1497"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1497\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15718"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1497"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1497"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1497"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}