{"id":1585,"date":"2011-05-01T17:49:59","date_gmt":"2011-05-01T17:49:59","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1585"},"modified":"2011-05-01T17:49:59","modified_gmt":"2011-05-01T17:49:59","slug":"bienvenue-chez-monsieur-b-ou-lesprit-libre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/bienvenue-chez-monsieur-b-ou-lesprit-libre\/","title":{"rendered":"Bienvenue chez Monsieur B.! ou l\u2019esprit libre"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div property=\"dc:description\">\n<p>\n\t\tBienvenue chez Monsieur B.! ou l&rsquo;esprit libre<\/p>\n<p>\n\t\tpar Os&eacute;e Kamga<\/p>\n<p>\n\t\tBienvenue chez Monsieur B.! est un plaisir de lecture. L&rsquo;histoire se passe dans les cercles d&rsquo;influence juifs montr&eacute;alais, et met en lumi&egrave;re leurs ramifications avec le politique aussi bien &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle provinciale que f&eacute;d&eacute;rale. Maurice Ben Ha&iuml;m est recrut&eacute; par le philanthrope Monsieur B. pour diriger un organisme de sa cr&eacute;ation vou&eacute; &agrave; la r&eacute;conciliation des peuples. Le nouveau directeur va d&eacute;couvrir, atterr&eacute;, que le vrai pouvoir se situe &agrave; plusieurs lieux des cabinets minist&eacute;riels, que dans le jeu politique, les alliances se font et se d&eacute;font au gr&eacute; des int&eacute;r&ecirc;ts, que l&rsquo;argent a le dernier mot et les id&eacute;aux ne sont que vaines paroles.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong><em>Un roman qui ose<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tQuand Sylvain, le ma&icirc;tre d&rsquo;&oelig;uvre de Monsieur B., demande &agrave; Maurice d&rsquo;&eacute;crire un texte sur l&rsquo;invasion du Liban par Isra&euml;l, texte qui &laquo;&nbsp;expliquerait en d&eacute;tail les raisons de notre intervention au Liban&nbsp;&raquo;, ce dernier ne peut s&rsquo;emp&ecirc;cher de penser&nbsp;: &laquo;&nbsp;depuis quand &laquo;&nbsp;eux&nbsp;&raquo; c&rsquo;est &laquo;&nbsp;nous&nbsp;&raquo;? Autrement dit, par quelle osmose le Canada et Isra&euml;l en sont-ils venus &agrave; ne faire qu&rsquo;un? Ou plus prosa&iuml;quement, les int&eacute;r&ecirc;ts strat&eacute;giques d&rsquo;Isra&euml;l sont-ils toujours et n&eacute;cessairement ceux du Canada? Face au massacre de Palestiniens attribu&eacute; au g&eacute;n&eacute;ral isra&eacute;lien Chalom, Maurice se demande&nbsp;: &laquo;&nbsp;Jusqu&rsquo;o&ugrave; fallait-il aller pour assurer sa survie?&nbsp;&raquo; Les questions de Teboul, peu orthodoxes, bousculent les tabous et traduisent une revendication d&rsquo;autonomie de pens&eacute;e, c&rsquo;est-&agrave;-dire un intellect libre de l&rsquo;assujettissement ethnique. Mais on per&ccedil;oit dans le ton, non une r&eacute;probation ou un jugement, mais une inqui&eacute;tude, une angoisse, de l&rsquo;incompr&eacute;hension. &Agrave; une &eacute;poque o&ugrave; il n&rsquo;en faut pas beaucoup pour &ecirc;tre tax&eacute; d&rsquo;antis&eacute;mite, o&ugrave; il n&rsquo;en faut que peu pour &ecirc;tre accus&eacute; de faire le jeu de l&rsquo;antis&eacute;mitisme, Teboul, frondeur &agrave; souhait, a d&eacute;fini son terrain. Il pousse l&rsquo;audace d&rsquo;un cran en s&rsquo;attaquant &agrave; l&rsquo;unicit&eacute; souvent proclam&eacute;e de la souffrance juive. C&rsquo;est non sans ironie que le personnage d&rsquo;Arthur Goldberg d&eacute;clare&nbsp;: &laquo;&nbsp;Nous, Juifs, ne tol&eacute;rons pas que d&rsquo;autres que nous aient pu souffrir autant sinon plus que nous. On devrait ajouter la lettre <em>J<\/em>, en forme de <em>copyright<\/em>, dans un cercle apr&egrave;s le mot &laquo;&nbsp;souffrance&nbsp;&raquo;, pour nous r&eacute;server l&rsquo;exclusivit&eacute; des droits d&rsquo;auteur. <em>Because we all know that we have an exclusive copyright on suffering<\/em>.&rdquo; Un texte rafraichissant, qui nous change du discours doxique des Bernard Henri L&eacute;vy et autre Alain Finkielkraut, ces intellectuels juifs qui ont enfoui l&rsquo;&eacute;tincelle de leur entendement dans le limon d&rsquo;un irr&eacute;ductible activisme. Reste que le n&oelig;ud du roman c&rsquo;est bien la qu&ecirc;te de l&rsquo;harmonie entre les communaut&eacute;s, entre les peoples, avec une hypoth&egrave;se &agrave; la fois na&iuml;ve et r&eacute;volutionnaire&nbsp;: &laquo;&nbsp;l&rsquo;effacement de l&rsquo;histoire comme fondement de la r&eacute;conciliation.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tDans la forme, le style d&rsquo;&eacute;criture, tr&egrave;s dynamique, repose r&eacute;solument sur la voix active; un choix qui cadre avec &nbsp;la narration o&ugrave; les &eacute;v&eacute;nements s&rsquo;encha&icirc;nent tr&egrave;s rapidement.&nbsp; On passe d&rsquo;un lieu &agrave; l&rsquo;autre comme dans un film. Cette rapidit&eacute; et ce dynamisme fournissent &agrave; la lecture de <em>Bienvenue chez Monsieur B.!<\/em> toute sa fluidit&eacute;. Plus l&rsquo;histoire progresse, plus le personnage principal, Maurice Ben Ha&iuml;m, d&eacute;chante. Il comprend peu &agrave; peu que son poste de directeur du Conseil de la r&eacute;conciliation intercommunautaire est creux et que sa personne est tout &agrave; fait accessoire dans le n&eacute;buleux dessein de Monsieur B. dont le Conseil de la r&eacute;conciliation intercommunautaire ne serait &laquo;&nbsp;qu&rsquo;une autre de ces organisations servant de fa&ccedil;ade dans un sempiternel jeu de pouvoir.&nbsp;&raquo; L&rsquo;&eacute;ditorial qu&rsquo;il est cens&eacute; &eacute;crire lui est servi compl&egrave;tement confectionn&eacute;. Et tout ce qu&rsquo;on lui demande, c&rsquo;est d&rsquo;y apposer sa signature. L&rsquo;organisme de r&eacute;conciliation des peuples qu&rsquo;il dirige soutient des conflits et finance des attentats. Le tout, &agrave; son insu. M&ecirc;me le pantin sait qu&rsquo;il est l&agrave; pour servir l&rsquo;impression que le ventriloque veut cr&eacute;er. Maurice, lui, ignore tout du r&ocirc;le qu&rsquo;il est cens&eacute; jouer. Il faut noter par ailleurs le patronyme fonci&egrave;rement &eacute;vocateur des personnages; un travail minutieusement pens&eacute; par un auteur soucieux de cr&eacute;er des types.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong><em>&laquo;&nbsp;Jews are news&nbsp;&raquo;<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est ainsi que s&rsquo;intitule le neuvi&egrave;me chapitre du roman. En note, l&rsquo;auteur de pr&eacute;ciser&nbsp;: &laquo;&nbsp;expression signifiant que les nouvelles ayant trait au Juifs repr&eacute;sentent une occasion d&rsquo;augmenter le tirage d&rsquo;un journal.&nbsp;&raquo; Le moins qu&rsquo;on puisse dire cependant, c&rsquo;est qu&rsquo;un silence assourdissant entoure la parution de <em>Bienvenue chez Monsieur B.!<\/em> Apr&egrave;s l&rsquo;avoir d&eacute;vor&eacute;, j&rsquo;ai tent&eacute; de savoir comment la presse qu&eacute;b&eacute;coise l&rsquo;avait accueilli. Pourtant ce texte aux pr&eacute;occupations br&ucirc;lant d&rsquo;actualit&eacute; n&rsquo;a suscit&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; ce jour que peu d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t. <em>Jews are news<\/em>! Victor Teboul sert &agrave; la presse qu&eacute;b&eacute;coise une occasion en or de parler des Juifs, mais celle-ci se refuse de la saisir. Soit cette presse, tout comme l&rsquo;&eacute;nigmatique Monsieur B., ne lit pas le fran&ccedil;ais, soit Teboul n&rsquo;est pas Juif.<\/p>\n<p>\n\t\tTeboul donne le r&ocirc;le d&rsquo;un inconditionnel d&rsquo;Isra&euml;l &agrave; un Qu&eacute;b&eacute;cois, strat&eacute;gie qui pourrait en &eacute;tonner plus d&rsquo;un. Pourtant elle traduit une r&eacute;alit&eacute;. En d&eacute;couvrant le personnage de Sylvain et sa mani&egrave;re aveugle de soutenir les politiques quelquefois sanglantes d&rsquo;Isra&euml;l, je n&rsquo;ai pu m&rsquo;emp&ecirc;cher de revivre cette conversation avec un r&eacute;dacteur en chef du d&eacute;funt hebdomadaire montr&eacute;alais <em>Ici<\/em>. Un Qu&eacute;b&eacute;cois <em>pure laine<\/em>. Au terme de la discussion, j&rsquo;avais eu le sentiment que l&rsquo;homme, au d&eacute;tour d&rsquo;un voyage qu&rsquo;il venait d&rsquo;effectuer en Isra&euml;l, gracieuset&eacute; de je ne sais plus quel groupe d&rsquo;influence, avait perdu tout son sens critique. Le roman de T&eacute;boul touche ici quelque chose r&eacute;el, c&rsquo;est-&agrave;-dire cette efficacit&eacute; avec laquelle le sioniste s&eacute;culier, fort de ses ressources financi&egrave;res et ses r&eacute;seaux tentaculaires, r&eacute;ussit &agrave; fabriquer une forme de pros&eacute;lytes. Du coup, on est autoris&eacute; &agrave; se demander si l&rsquo;attachement de Sylvain &agrave; la survie d&rsquo;Isra&euml;l est d&eacute;sint&eacute;ress&eacute;, s&rsquo;il n&rsquo;est pas, de mani&egrave;re plus cynique, une simple question de survie personnelle. Apr&egrave;s avoir d&eacute;ball&eacute; les p&eacute;rip&eacute;ties de son enfance qui l&rsquo;ont conduit d&rsquo;abord dans un orphelinat, puis &agrave; l&rsquo;adoption par une famille juive, le Sylvain conclura&nbsp;: &laquo;&nbsp;La survie finalement, c&rsquo;est &ccedil;a qui compte. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on ne doit pas faire pour survivre, mon vieux!&nbsp;&raquo; Qui pourrait lui en vouloir!<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Bienvenue chez Monsieur B.! ou l&rsquo;esprit libre par Os&eacute;e Kamga Bienvenue chez Monsieur B.! est un plaisir de lecture. 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Maurice Ben Ha&iuml;m est recrut&eacute; par le philanthrope Monsieur B.&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":15755,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[76,40,23,136,1],"tags":[],"class_list":["post-1585","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-canada","category-liban","category-litterature","category-maurice","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1585","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1585"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1585\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15755"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1585"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1585"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1585"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}