{"id":1617,"date":"2011-05-05T16:36:42","date_gmt":"2011-05-05T16:36:42","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1617"},"modified":"2011-05-05T16:36:42","modified_gmt":"2011-05-05T16:36:42","slug":"papa-was-not-rolling-stone-la-vie-de-merde-de-sylvie-ohayon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/papa-was-not-rolling-stone-la-vie-de-merde-de-sylvie-ohayon\/","title":{"rendered":"\u00ab Papa was not a Rolling Stone \u00bb, la vie de merde de Sylvie Ohayon"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h1 class=\"title\">\n\t&laquo;&nbsp;Papa was not a Rolling Stone&nbsp;&raquo;, la vie de merde de Sylvie Ohayon<\/h1>\n<div class=\"node\">\n<div class=\"info-bar clear-block\">\n<div class=\"submitted\">\n\t\t\tPar Marguoli<\/div>\n<div class=\"submitted\">\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"submitted\">\n\t\t\t<span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-size: 17px; line-height: 29px; \">Quand on vient tout juste de refermer &laquo;&nbsp;Life&nbsp;&raquo;, l&#39;autobiographie de Keith Richards, il semble normal de passer &agrave; &laquo;&nbsp;Papa was not a Rolling Stone&nbsp;&raquo; de Sylvie Ohayon. Si le premier est une histoire &agrave; couper l&#39;h&eacute;ro&iuml;ne, le second est un roman autobiographique &agrave; couper le souffle.<\/span><\/div>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"content\">\n<p>\n\t\t\t<!--break--><\/p>\n<p>\n\t\t\tPour raconter sa vie, qui n&#39;est pas celle de tout le monde, Sylvie Ohayon choisit le roman autobiographique. Tomb&eacute; du sein de sa m&egrave;re, fruit pourri venu du fruit d&eacute;fendu, Sylvie Ohayon attaque la falaise avec des mots qui percutent comme des uppercut. Loin de les &eacute;grener fa&ccedil;on <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Trois_Morceaux_en_forme_de_poire\" target=\"_blank\">&laquo;&nbsp;Trois morceaux en forme de poire&nbsp;&raquo;<\/a> d&#39;Erik Satie, elle les ass&egrave;ne. C&#39;est du <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Carl_Orff\" target=\"_blank\">Carl Orff<\/a> en ode &agrave; la joie, lancinant de douleur comme un Bol&eacute;ro de Ravel.<\/p>\n<h2>\n\t\t\tUne vie de merde<\/h2>\n<p>\n\t\t\tSylvie passe en revue une vie de merde et de bonheur. Elle a vendu des diamants, parsem&eacute; de p&eacute;pites sa carri&egrave;re de cr&eacute;ative publicitaire. Orf&egrave;vre et r&eacute;volt&eacute;e, elle &eacute;crit &agrave; la Kalachnikov, en rafale.<\/p>\n<p>\n\t\t\tElle fait des enfants comme une femelle de la nuit des temps. Remercie l&#39;homme qui l&#39;aime et qui a bien de la chance d&#39;&ecirc;tre aim&eacute; d&#39;elle.<\/p>\n<p>\n\t\t\tIci, pas de jeune fille en fleur mais des cornes de gazelle en guise de madeleines.<\/p>\n<p>\n\t\t\tElle ne parle pas d&#39;amour mais de brulures, de tortures g&eacute;antes. Le m&eacute;pris et les baffes, les injustices, Sylvie les prend au plexus, d&#39;un con qu&#39;elle refuse d&#39;appeler Papa. Puis, elle prie son dieu juif, son dieu kabyle et sa sainte vierge Marie, le cul entre trois prie-dieu, il vaut mieux, qui que l&#39;on r&eacute;v&egrave;re, envoyer plusieurs CV.<\/p>\n<h2>\n\t\t\tUne banlieue pleine d&#39;amour<\/h2>\n<p>\n\t\t\tAu fil des pages, cette jeune juive tunisienne de m&egrave;re, de grand-m&egrave;re et de c&oelig;ur, kabyle de d&eacute;shonneur &ndash; non Papa ne l&#39;a pas &eacute;lev&eacute;e, ne l&#39;a pas reconnue, ne lui a rien donn&eacute; que des regrets &ndash;, nous conte son enfance, sa jeunesse dans la cit&eacute; des 4 000 &agrave; La Courneuve.<\/p>\n<p>\n\t\t\tUne banlieue pourrie o&ugrave; r&eacute;side tout l&#39;amour de Margot, sa grand-m&egrave;re, de son irresponsable de m&egrave;re, Micheline, de son salopard de beau-p&egrave;re qui l&#39;a reconnue pour son malheur et lui a donn&eacute; son nom de goy qu&#39;on ne conna&icirc;tra jamais. Et d&#39;ailleurs, qui se soucie de cette brute qui ne bat qu&#39;une enfant, des records de haine et qui pue sous les bras&nbsp;:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t\t&laquo;&nbsp;Daniel ne m&#39;a pas tu&eacute;e. Daniel m&#39;a permis de ne pas avoir peur. J&#39;ai d&eacute;pass&eacute; ma peur de lui, et avec elle, celle de tous les autres hommes. [&hellip;] Il ne m&#39;a pas bris&eacute;e, il &eacute;tait &agrave; l&#39;ext&eacute;rieur, rien &agrave; voir avec moi, mes valeurs, mon &eacute;ducation. Sa m&eacute;chancet&eacute; m&#39;a appris &agrave; &ecirc;tre gentille, sa laideur &agrave; appr&eacute;cier la beaut&eacute;.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/blockquote>\n<h2>\n\t\t\tLa vraie belle vie<\/h2>\n<p>\n\t\t\tDe l&agrave;, elle nous emm&egrave;ne vers une vraie belle vie, faite de richesse, de clinquant, d&#39;h&ocirc;tels et d&#39;apparts &agrave; des mille et des cent o&ugrave; quand bien m&ecirc;me, elle en chie&nbsp;: un homme qui la trompe, des talents, en veux-tu en voil&agrave;, qu&#39;elle r&eacute;pand dans les agences de publicit&eacute; o&ugrave; elle fait la nique &agrave; Beigbeder, se fait des amis sans importance comme Jacques S&eacute;gu&eacute;la dont on peut dire tout ce qu&#39;on veut, il sait aimer la force, le talent, les particularit&eacute;s, la folie et aussi, la sagesse, la belle, la sagesse passionn&eacute;e &agrave; la Sylvie Ohayon.<\/p>\n<p>\n\t\t\tCe qu&#39;il y a de violence en Sylvie, c&#39;est ce qui la tient vivante, ce qui la fait &eacute;crire jusqu&#39;au bout sans oublier une virgule ni un point dans la gueule.<\/p>\n<h2>\n\t\t\tUn peu de morale ne fait pas de mal<\/h2>\n<p>\n\t\t\tElle est mal n&eacute;e, malmen&eacute;e, Sylvie, mais elle jure qu&#39;elle s&#39;en est sortie. Ses yeux crachent des larmes, sa plume &eacute;tincelle dans le noir tel un feu d&#39;artifice de volont&eacute; de vivre, de surmonter la vie moche de sa cit&eacute;, si belle pourtant car elle y trouve l&#39;amour et l&#39;amiti&eacute; de ceux qui ont pans&eacute; les blessures de toute une vie.<\/p>\n<p>\n\t\t\tBon, parfois, elle nous fait un peu la morale. Qu&#39;est ce qu&#39;on a &agrave; se plaindre, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de ce qu&#39;elle a v&eacute;cu&nbsp;?<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t\t&laquo;&nbsp;Avec Robert, [&hellip;] on est rest&eacute;s comme &ccedil;a toute la nuit sans dormir et j&#39;ai pens&eacute; que pour enfanter une aurore, le jour avait besoin de la nuit et c&#39;est comme &ccedil;a que j&#39;ai compris qu&#39;on n&#39;accomplit rien de grand et de beau tout seul.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\t\tParfois, on s&#39;embrouille&nbsp;: c&#39;est qui qui est mort&nbsp;? C&#39;est quand qu&#39;elle &eacute;tait &agrave; l&#39;hosto&nbsp;? C&#39;est quel enfant &agrave; qui elle donne la vie&nbsp;? Quelles &eacute;tudes elle a faites&nbsp;? Etait-elle dans la pub et dans le diamant en m&ecirc;me temps&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\t\t\tCela n&#39;emp&ecirc;che qu&#39;elle nous porte la bonne parole&nbsp;:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t\t&laquo;&nbsp;Trouvez-vous quelqu&#39;un &agrave; admirer, une homme, une femme, un chien, &ccedil;a vous donnera une direction. Moi, j&#39;avais Margot [sa grand-m&egrave;re tunisienne, ndlr] m&ecirc;me si je savais que je n&#39;&eacute;tais pas de ses entrailles. [&hellip;]&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\t\tEt maintenant&nbsp;? Elle se &laquo;&nbsp;tire &agrave; Brooklyn&nbsp;&raquo; pour finir son nouveau roman. &laquo;&nbsp;Je pleure puis j&#39;&eacute;cris&nbsp;&raquo;, confie-t-elle. La dame a des moyens.<\/p>\n<p>\n\t\t\tApr&egrave;s tout ce qu&#39;on a pris dans le buffet, on esp&egrave;re qu&#39;elle ne va pas nous m&eacute;nager. Et qu&#39;elle va nous refiler &agrave; nouveau des pages qui sont comme autant de claques.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &laquo;&nbsp;Papa was not a Rolling Stone&nbsp;&raquo;, la vie de merde de Sylvie Ohayon Par Marguoli &nbsp; Quand on vient tout juste de refermer &laquo;&nbsp;Life&nbsp;&raquo;, l&#39;autobiographie de Keith Richards, il semble normal de passer &agrave; &laquo;&nbsp;Papa was not a Rolling Stone&nbsp;&raquo; de Sylvie Ohayon. 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