{"id":1629,"date":"2011-05-06T16:45:11","date_gmt":"2011-05-06T16:45:11","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1629"},"modified":"2011-05-06T16:46:59","modified_gmt":"2011-05-06T16:46:59","slug":"tunisie-la-laicite-en-danger","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tunisie-la-laicite-en-danger\/","title":{"rendered":"Tunisie, la la\u00efcit\u00e9 en danger ?"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"conteneurBoiteOutil\">\n<h1>\n\t\tTunisie, la la&iuml;cit&eacute; en danger ?<\/h1>\n<h1>\n\t\t<span class=\"Apple-style-span\">par Frida Dahmani, &agrave; Tunis<\/span><\/h1>\n<\/div>\n<div class=\"share-box-top2\">\n<div class=\"infos\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"infos\">\n\t\t<span class=\"Apple-style-span\">Dans un paysage politique en recomposition, les citoyens s&rsquo;initient &agrave; la d&eacute;mocratie. La question de la place de la religion cristallise les tensions, &agrave; trois mois de l&rsquo;&eacute;lection d&rsquo;une Assembl&eacute;e constituante.<\/span><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"texteModifiable\" id=\"texte\">\n<p>\n\t\tD&eacute;sormais, en Tunisie, les d&eacute;bats politiques sur les prochaines &eacute;ch&eacute;ances &eacute;lectorales dament le pion aux matchs de football. Mais au sortir d&rsquo;une manifestation, Ali, architecte, est d&eacute;senchant&eacute;&thinsp;: &laquo;&nbsp;Ben Ali a su nous unir, nous avons fait bloc contre lui, et maintenant nous sommes divis&eacute;s. Et il est malheureusement clair que la primaut&eacute; est donn&eacute;e &agrave; la politique et non aux aspirations du peuple.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tDepuis le 14&nbsp;janvier, la Tunisie tangue sous le souffle d&rsquo;une r&eacute;volution qui a fait appara&icirc;tre une soci&eacute;t&eacute; civile vigilante, compos&eacute;e d&rsquo;innombrables associations citoyennes et humanitaires ainsi que d&rsquo;une cinquantaine de partis politiques. Quels sont les objectifs de ces derniers&thinsp;? &Agrave; quoi servent toutes les commissions qui ont &eacute;t&eacute; institu&eacute;es&thinsp;? Quel serait le bon mode de scrutin alors que l&rsquo;Instance sup&eacute;rieure pour la r&eacute;alisation des objectifs de la r&eacute;volution vient de pr&eacute;senter son projet de d&eacute;cret-loi pour l&rsquo;&eacute;lection de la Constituante&thinsp;? Quelles sont les chances d&rsquo;instaurer une v&eacute;ritable parit&eacute; hommes-femmes&thinsp;? Quelle place r&eacute;server aux anciens caciques du Rassemblement constitutionnel d&eacute;mocratique (RCD, l&rsquo;ancien parti au pouvoir, d&eacute;sormais dissous) dans les prochaines institutions&thinsp;? Ces questions troublent les Tunisiens, qui s&rsquo;initient &agrave; la d&eacute;mocratie tout en craignant de perdre certaines de leurs libert&eacute;s.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Double discours<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tAppel&eacute;s &agrave; voter pour former une Assembl&eacute;e constituante le 24&nbsp;juillet, ils ont pleinement conscience des enjeux, alors que la plupart feront valoir, souvent pour la premi&egrave;re fois, leurs droits d&rsquo;&eacute;lecteurs.<\/p>\n<p>\n\t\tDurant l&rsquo;&egrave;re Ben Ali, le RCD avait en main toutes les cartes du jeu politique. Aujourd&rsquo;hui, elles sont redistribu&eacute;es. Mais au profit de qui&thinsp;? &laquo;&nbsp;Le RCD n&rsquo;est plus, mais ses membres n&rsquo;ont pas disparu, ils &eacute;taient pr&egrave;s de 2,5&nbsp;millions, remarque Kamel, ancien militant syndicaliste. Des responsables du RCD ont cr&eacute;&eacute; des partis. De toute &eacute;vidence, ils pensent r&eacute;cup&eacute;rer des sympathisants. Mais le plus inqui&eacute;tant, c&rsquo;est la division des Tunisiens entre pro- et anti-Ennahdha&thinsp;: en l&rsquo;absence d&rsquo;autres leaders, c&rsquo;est le parti islamiste qui occupe la sc&egrave;ne.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tCe mouvement cristallise, en effet, toutes les craintes des militants des droits de l&rsquo;homme et de la la&iuml;cit&eacute;&thinsp;: si Allah s&rsquo;en m&ecirc;le, la Constituante pourrait conduire &agrave; une catastrophe. L&rsquo;intrusion dans le jeu politique d&rsquo;Ennahdha, absent de la r&eacute;volution, suscite un malaise, car le parti utilise la foi comme instrument politique. Apr&egrave;s avoir fait profil bas, clam&eacute; leur adh&eacute;sion &agrave; la d&eacute;mocratie et promis de pr&eacute;server tous les droits et libert&eacute;s acquis, y compris ceux des femmes, ses militants ont investi aussi bien les mosqu&eacute;es que les anciennes cellules du RCD.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Religion d&rsquo;&eacute;tat&thinsp;? <\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLeurs r&eacute;seaux mis en place, certains dirigeants du parti islamiste ont chang&eacute; de ton et ne cachent plus leur projet de &laquo; r&eacute;islamiser&nbsp;&raquo; la Tunisie avec une application graduelle de la charia, m&ecirc;me au niveau &eacute;conomique. &laquo;&nbsp;Nous avons &eacute;t&eacute; pers&eacute;cut&eacute;s sous Ben Ali et nous continuons &agrave; &ecirc;tre victimes de l&rsquo;intol&eacute;rance, proteste Hela, une &eacute;tudiante en &eacute;conomie qui arbore un niqab depuis la r&eacute;volution. Nous devrions &ecirc;tre libres d&rsquo;&ecirc;tre ce que nous sommes.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tLe regain de popularit&eacute; d&rsquo;Ennahd&shy;ha a &eacute;t&eacute; confort&eacute; par les apparitions spectaculaires de salafistes affichant des slogans pr&ocirc;nant un retour au califat et &agrave; l&rsquo;obscurantisme. De quoi effrayer tout pratiquant pieux rejetant la violence. Vient ensuite le malentendu autour de la la&iuml;cit&eacute;, devenue le grand enjeu postr&eacute;volutionnaire. Le premier article de l&rsquo;actuelle Constitution dispose que &laquo;&nbsp;la Tunisie est un &Eacute;tat libre, ind&eacute;pendant et souverain&thinsp;; sa religion est l&rsquo;islam, sa langue l&rsquo;arabe et son r&eacute;gime la R&eacute;publique&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tMais qui, de la Tunisie ou de l&rsquo;&Eacute;tat, a pour religion l&rsquo;islam&thinsp;? Sur ce point, progressistes et islamistes s&rsquo;opposent dans la perspective de l&rsquo;Assembl&eacute;e constituante. Les partis politiques plus anciens, eux, se taisent tandis qu&rsquo;Ennahdha laisse croire que la la&iuml;cit&eacute; revient &agrave; bannir la religion de la soci&eacute;t&eacute;. Maya Jribi, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;rale du Parti d&eacute;mocratique progressiste, est pratiquement la seule &agrave; d&eacute;monter le double discours du mouvement islamiste, alors qu&rsquo;Abdelaziz Belkhoja, du Parti r&eacute;publicain, veut rassembler les forces progressistes sous une banni&egrave;re unique.<\/p>\n<p>\n\t\tSi Ben Ali a exploit&eacute; la menace islamiste pour &eacute;touffer la soci&eacute;t&eacute;, cette m&ecirc;me soci&eacute;t&eacute; doit aujourd&rsquo;hui s&rsquo;&eacute;manciper, se remobiliser autour d&rsquo;id&eacute;aux partag&eacute;s par le plus grand nombre. Le d&eacute;fi est immense. &laquo;&nbsp;Il faut interpeller le peuple, affirme l&rsquo;avocate Bochra Belhaj Hmida, figure de l&rsquo;Association tunisienne des femmes d&eacute;mocrates. On ne peut plus permettre qu&rsquo;une minorit&eacute; m&egrave;ne le jeu&thinsp;; c&rsquo;est le contraire de la d&eacute;mocratie que nous voulons.&nbsp;&raquo; Et il y a urgence, selon Fay&ccedil;al, un habitant de Tataouine&thinsp;: &laquo;&nbsp;M&eacute;fiez-vous de la d&eacute;mocratie des ventres vides&thinsp;; sinon, cette d&eacute;mocratie sera brad&eacute;e pour une poign&eacute;e de&nbsp;dinars, le 24&nbsp;juillet prochain.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Tunisie, la la&iuml;cit&eacute; en danger ? par Frida Dahmani, &agrave; Tunis &nbsp; Dans un paysage politique en recomposition, les citoyens s&rsquo;initient &agrave; la d&eacute;mocratie. La question de la place de la religion cristallise les tensions, &agrave; trois mois de l&rsquo;&eacute;lection d&rsquo;une Assembl&eacute;e constituante. D&eacute;sormais, en Tunisie, les d&eacute;bats politiques sur les prochaines &eacute;ch&eacute;ances &eacute;lectorales&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":15777,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[24,415,13,9,1],"tags":[],"class_list":["post-1629","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ben-ali","category-frida-dahmani","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1629","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1629"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1629\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15777"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1629"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1629"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1629"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}