{"id":1689,"date":"2016-04-26T11:43:39","date_gmt":"2016-04-26T11:43:39","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1689"},"modified":"2016-04-25T17:06:03","modified_gmt":"2016-04-25T17:06:03","slug":"dans-les-ruines-de-carthage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/dans-les-ruines-de-carthage\/","title":{"rendered":"Dans les ruines de Carthage"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"header-article\" sizcache=\"21\" sizset=\"25\">\n<h1>\n\t\tDans les ruines de Carthage<\/h1>\n<p class=\"heure\">\n\t\tPar Tristan Savin<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"content-article\" sizcache=\"21\" sizset=\"26\">\n<div class=\"article_container \" sizcache=\"21\" sizset=\"26\">\n<div class=\"entete\">\n<p>\n\t\t\t\tApr&egrave;s Hom&egrave;re, Flaubert, Maupassant ou Gide ont exalt&eacute; le golfe de Tunis, foyer de l&#39;&eacute;pop&eacute;e et de l&#39;histoire antiques.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"contenu-article\" sizcache=\"21\" sizset=\"26\">\n<p>\n\t\t\t\tAu cours de son Odyss&eacute;e, Ulysse accoste la &quot;terre des Lotophages&quot;. Les autochtones ont la particularit&eacute; de se nourrir d&#39;une plante magique, douce comme le miel, &agrave; laquelle succombent les compagnons du h&eacute;ros : &quot;D&egrave;s qu&#39;ils eurent mang&eacute; le doux lotos, ils ne song&egrave;rent plus ni &agrave; leur message, ni au retour ; mais, pleins d&#39;oubli, ils voulaient rester avec les Lotophages&#8230;&quot; Les historiens ont localis&eacute; le pays enchanteur sur l&#39;&icirc;le de Djerba. Depuis Hom&egrave;re, la terre tunisienne fascine les amateurs de civilisations antiques.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tFlaubert se plonge dans l&#39;histoire carthaginoise afin d&#39;oublier le proc&egrave;s de <em>Madame Bovary<\/em>. Il s&eacute;journe &agrave; Tunis au printemps 1858 et s&#39;impr&egrave;gne de l&#39;atmosph&egrave;re des ruines pour &eacute;crire son roman oriental&#8230; &quot;Serais-je venu &agrave; Carthage sans <em>Salammb&ocirc;<\/em> ?, s&#39;interroge aujourd&#39;hui Daniel Rondeau. Et sans cette phrase qui ouvre le roman de Gustave Flaubert, ces quelques mots tellement agr&eacute;ables &agrave; prononcer et dont je me suis souvent berc&eacute; : &quot;C&#39;&eacute;tait &agrave; M&eacute;gara, faubourg de Carthage, dans les jardins d&#39;Hamilcar.&quot;&quot; (<em>Carthage<\/em>, p. 153.)&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tFlaubert n&#39;est pas le premier. Fin 1846, Alexandre Dumas quitte Cadix &agrave; destination des c&ocirc;tes africaines, accompagn&eacute; de son fils Alexandre et de son &quot;n&egrave;gre&quot; Auguste Maquet. D&eacute;barqu&eacute;s &agrave; Tunis &agrave; la nuit tombante, ils sont accueillis par une meute de chiens &agrave; t&ecirc;te de loup. &quot;Nous nous engouffr&acirc;mes sous la vo&ucirc;te sombre et tortueuse qui sert d&#39;entr&eacute;e &agrave; Tunis.&quot; (<em>Le V&eacute;loce<\/em>, p. 44.) Dumas p&egrave;re compare les femmes mauresques &agrave; &quot;des spectres&quot; mais les yeux en amande d&#39;une jolie Juive lui font apercevoir les charmes orientaux. Il se laisse peu &agrave; peu envo&ucirc;ter par les lieux : &quot;Un magnifique palmier empanachait une petite mosqu&eacute;e. [&#8230;] A droite, s&#39;&eacute;tendait le grand cercle de montagnes qui ferme la baie de Tunis ; &agrave; gauche se prolongeait le cap de Carthage ; cette fois, je l&#39;avoue, j&#39;oubliais encore plus compl&egrave;tement Paris pour Tunis.&quot;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEn 1888, Guy de Maupassant fuit Paris &agrave; son tour et retrouve &quot;l&#39;aqueduc de Carthage dont parle Flaubert dans <em>Salammb&ocirc;<\/em>. Puis on c&ocirc;toie un beau village, on suit un lac &eacute;blouissant et on d&eacute;couvre les murs de Tunis.&quot; (<em>La vie errante<\/em>, p. 137.) La vieille cit&eacute; est un ravissement : &quot;O&ugrave; sommes-nous ? Sur une terre arabe ou dans la capitale &eacute;blouissante d&#39;Arlequin, d&#39;un Arlequin tr&egrave;s artiste, ami des peintres, coloriste inimitable qui s&#39;est amus&eacute; &agrave; costumer son peuple avec une fantaisie &eacute;tourdissante.&quot;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPour Paul Morand, la beaut&eacute; de la Tunisie, &quot;c&#39;est Tozeur et les oasis ; ce sont les p&ecirc;cheries d&#39;&eacute;ponges du golfe de Sfax ou la d&eacute;solation mystique de Kairouan, ou le pittoresque bleu et blanc de Sidi Bou-Sa&iuml;d et la chute de ses falaises sanglantes dans la mer, au cap Carthage avec son phare implacable sur les flots.&quot; (<em>M&eacute;diterran&eacute;e, mer des surprises<\/em>, p. 142.)&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tQuant &agrave; Andr&eacute; Gide, il s&#39;exclame &agrave; sa premi&egrave;re visite : &quot;Le fabuleux Orient nous est tranquillement apparu dans sa pacifique dorure.&quot; (<em>Amyntas<\/em>) A Sousse, il d&eacute;couvre son homosexualit&eacute; dans les bras d&#39;un jeune Tunisien. Il reviendra souvent arpenter ces &quot;terres de volupt&eacute;&quot;.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tRobert Dessaix est parti sur les traces de &quot;l&#39; immoraliste&quot; : &quot;Une partie de la s&eacute;duction exerc&eacute;e sur le jeune Gide, son Virgile en poche, par cette partie de l&#39;Afrique du Nord devait venir de cette sensation de se trouver transport&eacute; dans un monde qu&#39;il aimait tant. Tunis, c&#39;&eacute;tait la Rome antique ramen&eacute;e &agrave; la vie, et il suffisait d&#39;acheter un billet et de prendre le bateau pour y aller, comme par magie.&quot; (<em>Arabesques<\/em>, p. 187.)&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tVoyageur moderne, Michel Tournier arrive par les airs : &quot;On s&#39;avance sur la passerelle et on est envelopp&eacute; par un souffle de lance-flammes. [&#8230;] Les voyageurs s&#39;&eacute;lancent tels les habitants de Sodome fuyant sous la pluie du feu biblique.&quot; (<em>Voyages et paysages<\/em>, p. 164.) Puis le climat s&#39;adoucit pour rappeler l&#39;Eden : &quot;Le vent du soir se l&egrave;ve. Les baobabs palabrent entre eux, et les lauriers-roses rament dans le vide.&quot;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tMaurice Genevoix ne le contredit point : &quot;Qu&#39;il fait bon, radieusement doux et bon sur les dunes du cap Gammarth ! On nous dit que Mme de Beauvoir, allong&eacute;e au soleil sur ces m&ecirc;mes gr&egrave;ves o&ugrave; nous sommes, y a fait dans un demi-sommeil un r&ecirc;ve existentialiste. [&#8230;] Voici, &agrave; Sidi bou Sa&iuml;d, l&#39;escalier du petit caf&eacute; maure ; la cour &agrave; poterne ogivale &agrave; nos pieds derri&egrave;re les pics des alo&egrave;s.&quot; (<em>Ecrivain-voyageur<\/em>, p. 810.) Et l&#39;acad&eacute;micien de conclure : &quot;Rien n&#39;a chang&eacute; : les m&ecirc;mes buveurs devant les m&ecirc;mes petites tasses, le m&ecirc;me bourricot qui s&#39;&eacute;mouche au fond de la cour d&eacute;labr&eacute;e.&quot; &nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Dans les ruines de Carthage Par Tristan Savin Apr&egrave;s Hom&egrave;re, Flaubert, Maupassant ou Gide ont exalt&eacute; le golfe de Tunis, foyer de l&#39;&eacute;pop&eacute;e et de l&#39;histoire antiques. Au cours de son Odyss&eacute;e, Ulysse accoste la &quot;terre des Lotophages&quot;. 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