{"id":1711,"date":"2011-05-17T16:10:38","date_gmt":"2011-05-17T16:10:38","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1711"},"modified":"2011-05-17T16:10:38","modified_gmt":"2011-05-17T16:10:38","slug":"qui-est-vraiment-dominique-strauss-kahn","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/qui-est-vraiment-dominique-strauss-kahn\/","title":{"rendered":"Qui est vraiment Dominique Strauss-Kahn"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div property=\"dc:description\">\n<p>\n\t\tQui est vraiment Dominique Strauss-Kahn<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Le journaliste Michel Taubmann a enqu&ecirc;t&eacute; sur le patron du FMI. <\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Des extraits exclusifs du &quot;Roman vrai de Dominique Strauss-Kahn&quot; (Editions du Moment, 310 pages, 19,95 euros) :<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t<strong>STRAUSS ET KAHN<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLe p&egrave;re de Dominique Strauss-Kahn, Gilbert, &eacute;tait &agrave; moiti&eacute; juif. Mais il ne s&#39;appelait pas Strauss-Kahn &agrave; sa naissance. Une grande partie de sa vie, on le connut simplement sous le nom de Gilbert Strauss. En fait, il avait deux p&egrave;res. L&#39;un, naturel, s&#39;appelait Strauss, et l&#39;autre, adoptif, Kahn. Ils aim&egrave;rent la m&ecirc;me femme et en eurent chacun un enfant. Cette histoire peu ordinaire m&eacute;rite quelques explications. Le p&egrave;re naturel de Gilbert Strauss, Gaston, &eacute;tait n&eacute; en 1875 &agrave; Bischwiller dans une de ces familles juives install&eacute;es depuis plusieurs si&egrave;cles en Alsace. Ce juif non pratiquant avait &eacute;pous&eacute; une catholique lorraine de Lun&eacute;ville, Yvonne Stengel, de dix-sept ans sa cadette, vendeuse dans le magasin de sa propre soeur a&icirc;n&eacute;e en Alsace. Il l&#39;emmena &agrave; Paris, o&ugrave; il monta un n&eacute;goce d&#39;&eacute;ponges. Son commerce &eacute;tait prosp&egrave;re, le couple &eacute;tait heureux. Gaston Strauss est &acirc;g&eacute; de 39 ans en 1914, lorsqu&#39;il part au front. Apr&egrave;s son retour d&eacute;finitif, son &eacute;pouse Yvonne accouche le 11 d&eacute;cembre 1918 d&#39;un petit Gilbert, qui sera le p&egrave;re de Dominique Strauss-Kahn. Au milieu des ann&eacute;es 20, les Strauss accueillent chez eux, dans le 20e arrondissement de Paris, un jeune cousin de Gaston qui vient &eacute;galement d&#39;Alsace, il s&#39;appelle Marius Kahn. Ses parents voudraient faire de lui un rabbin. Marius ne r&ecirc;ve que d&#39;une chose : quitter son milieu d&#39;origine pour partir &agrave; la conqu&ecirc;te d&#39;un monde plein de promesses en ce lendemain de guerre mondiale. C&#39;est ainsi qu&#39;il s&#39;installe &agrave; Paris o&ugrave;, tout en &eacute;tudiant le droit, il travaille comme acheteur pour la SPC (Soci&eacute;t&eacute; parisienne de confection), fournisseur des Galeries Lafayette. Dans la capitale, il d&eacute;couvre la modernit&eacute;, le socialisme et&#8230; sa cousine Yvonne, l&#39;&eacute;pouse de Gaston Strauss, qui l&#39;h&eacute;berge. Marius est un tout jeune homme d&#39;une vingtaine d&#39;ann&eacute;es et Yvonne en a pr&egrave;s de 35. Son mari Gaston, victime des gaz allemands pendant la Grande Guerre, est un quinquag&eacute;naire pr&eacute;matur&eacute;ment vieilli, aussi Marius s&#39;impose- t-il peu &agrave; peu comme l&#39;homme de la maison. Le &quot;vieux&quot; Strauss ne pouvant plus voyager, le jeune Kahn emm&egrave;ne Yvonne visiter l&#39;Espagne pendant six mois, avec, semble-t-il, l&#39;assentiment du mari. Gaston Strauss a vraiment l&#39;esprit large et beaucoup de g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;. Sentant sa fin proche, il laisse sa famille se recomposer sous ses yeux. Yvonne et lui ont donc un fils, Gilbert, n&eacute; en 1918, le futur p&egrave;re de Dominique Strauss-Kahn. Du vivant de Gaston, en 1931, Yvonne et Marius ont eu une fille, Elise, surnomm&eacute;e Lisette dans la famille. Gaston &eacute;tant mort en 1934, Marius &eacute;pouse Yvonne l&#39;ann&eacute;e suivante. A la fin de la d&eacute;cennie 40, il adoptera Gilbert, le fils de Gaston, et aussi&#8230; Elise Strauss, sa propre fille naturelle, que le d&eacute;funt avait reconnue pour qu&#39;elle naisse d&#39;une union l&eacute;gitime. Quant au p&egrave;re de DSK, il devient pour l&#39;&eacute;tat civil Gilbert Strauss-Kahn. &quot;Mon p&egrave;re, se rappelle Dominique Strauss-Kahn, ne rejetait pas Marius. Au contraire, ils &eacute;taient tr&egrave;s proches. Ils ont m&ecirc;me &eacute;t&eacute; associ&eacute;s professionnellement. Mais il n&#39;arrivait pas &agrave; le consid&eacute;rer comme un p&egrave;re. N&#39;ayant que quatorze ans de diff&eacute;rence avec lui, mon p&egrave;re consid&eacute;rait Marius comme un grand fr&egrave;re. Moi, en revanche, j&#39;ai toujours vu en lui mon grand-p&egrave;re. Si, dans ma jeunesse, je me faisais appeler Strauss, comme mon p&egrave;re, &agrave; partir des ann&eacute;es 70, j&#39;ai voulu me faire appeler Strauss-Kahn, conform&eacute;ment &agrave; mon &eacute;tat civil. C&#39;&eacute;tait une mani&egrave;re de montrer mon attachement &agrave; mon grand-p&egrave;re et aussi d&#39;affirmer mon identit&eacute; juive qui avait &eacute;t&eacute; r&eacute;veill&eacute;e par la guerre des Six- Jours en 1967, puis celle du Kippour en 1973.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>GILBERT ET JACQUELINE<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tMai 1943. Jacqueline Fellus, &agrave; 24 ans, est une tr&egrave;s belle jeune fille, brune, le teint mat, le type m&eacute;diterran&eacute;en. Les Am&eacute;ricains viennent de chasser les Allemands de Tunisie. Elle peut penser &agrave; son avenir. Elle a &eacute;tudi&eacute; le droit pendant deux ans et l&#39;histoireg&eacute;ographie pendant un an. C&#39;est &eacute;norme pour une jeune Tunisienne &agrave; cette &eacute;poque. Elle n&#39;a cependant aucun dipl&ocirc;me. Juste une vocation : l&#39;&eacute;criture Dans la capitale fran&ccedil;aise, elle va devenir une vraie journaliste. Par une relation de son p&egrave;re, elle est embauch&eacute;e &agrave; Gavroche, hebdomadaire socialiste sis sur les Grands Boulevards, dans l&#39;immeuble mitoyen de celui du Populaire, le quotidien de la SFIO. Jacqueline habite juste &agrave; c&ocirc;t&eacute;, avec ses fr&egrave;res, dans un magnifique appartement en location dot&eacute; d&#39;une terrasse, au 236, boulevard Raspail, o&ugrave; ils re&ccedil;oivent souvent leurs amis. L&#39;appartement appartient &agrave; des architectes partis pour un long s&eacute;jour en Tunisie. Au bout de quelques mois, cependant, les propri&eacute;taires rentr&eacute;s &agrave; Paris exigent de r&eacute;cup&eacute;rer leur logement du jour au lendemain. Jacqueline refuse. Pour d&eacute;fendre ses droits, elle consulte le conseiller juridique du Parti socialiste dont le bureau est situ&eacute; dans les locaux du Populaire, &agrave; quelques m&egrave;tres du sien. Il s&#39;appelle Gilbert Strauss. &quot;J&#39;ai gard&eacute; l&#39;appartement, &eacute;crira Jacqueline, et trouv&eacute; un mari.&quot; Le coup de foudre est r&eacute;ciproque. Malgr&eacute; la M&eacute;diterran&eacute;e qui les a s&eacute;par&eacute;s, tous deux sont issus de milieux proches, ouverts sur le monde, socialistes, et la&iuml;ques. Les parents de Dominique Strauss-Kahn se marient le 24 juillet 1946 &agrave; la mairie du 14e arrondissement de Paris. Jacqueline accouche avec quelques jours d&#39;avance le lundi 25 avril 1949. Mais Gilbert r&ecirc;ve de grands espaces, d&#39;aventure, de soleil et aussi de prendre un peu de champ par rapport &agrave; son p&egrave;re. (&#8230;) Gilbert apprend qu&#39;Agadir poss&egrave;de un seul avocat. Il y a l&agrave; un vide &agrave; combler, un avenir &agrave; construire. Jacqueline est r&eacute;serv&eacute;e mais se laisse convaincre. En novembre 1951, tous deux embarquent &agrave; Marseille pour Casablanca, accompagn&eacute;s du petit Dominique &acirc;g&eacute; de 2 ans et demi et d&#39;une jeune fille au pair allemande. Gilbert Strauss veut que ses enfants parlent la langue de Goethe comme lui, leur grand-p&egrave;re Marius Kahn et leurs anc&ecirc;tres alsaciens. Ces jeunes filles ayant leur vie en Allemagne, tous les deux ans arrivera par bateau une nouvelle &quot;Mademoiselle&quot;. Il y a toujours du monde &agrave; la table des Strauss. Des gens de milieux tr&egrave;s divers, aussi bien des Arabes que des Europ&eacute;ens de passage. &quot;Quand nos amis, &eacute;crit Jacqueline Strauss-Kahn, recevaient la visite de m&eacute;tropolitains qui leur posaient la question classique : &quot; Qu&#39;est-ce qu&#39;on fait tous les soirs &agrave; Agadir ?&quot; ils r&eacute;pondaient : &quot; On d&icirc;ne chez les Strauss.&quot;&quot; Le midi, en g&eacute;n&eacute;ral, ils se retrouvent avec des amis au club nautique, juste en bas de la maison. Domi arrive de l&#39;&eacute;cole, la Mademoiselle descend les petits. Le temps d&#39;une baignade suivie d&#39;un repas l&eacute;ger, Gilbert et Jacqueline remontent chez eux avec la Mademoiselle et les deux petits alors que Domi retourne &agrave; l&#39;&eacute;cole. Il n&#39;a pas 10 ans et adore la compagnie des Mademoiselles qui se succ&egrave;dent tous les deux ans au domicile familial. Gr&acirc;ce &agrave; elles et &agrave; son grand-p&egrave;re, Marius Kahn, avec qui il parlait allemand, Dominique Strauss- Kahn ma&icirc;trisera parfaitement la langue de Goethe, au m&ecirc;me titre que l&#39;anglais, alors qu&#39;il est moins &agrave; l&#39;aise avec l&#39;espagnol. Dominique aime manier les mots, il aime lire, il s&#39;int&eacute;resse &agrave; tout. Il a de bons r&eacute;sultats &agrave; l&#39;&eacute;cole sans se tuer &agrave; la t&acirc;che. La nature l&#39;a dot&eacute; d&#39;une m&eacute;moire ph&eacute;nom&eacute;nale qui lui permet d&#39;ingurgiter ses le&ccedil;ons plus vite que les autres.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>BONHEUR BRIS&Eacute;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLe bonheur marocain de la famille Strauss est bris&eacute; net par la trag&eacute;die sans pr&eacute;c&eacute;dent qui frappe Agadir, le tremblement de terre du 29 f&eacute;vrier 1960. Vivant dans la ville moderne, comme la majorit&eacute; des Europ&eacute;ens, les Strauss sont &eacute;pargn&eacute;s par la catastrophe. Dominique Strauss-Kahn en garde un souvenir intact : &quot;L&#39;immeuble a tenu, mais l&#39;appartement &eacute;tait sens dessus dessous, j&#39;&eacute;tais &agrave; moiti&eacute; r&eacute;veill&eacute;, ma m&egrave;re est venue nous chercher ma soeur, mon fr&egrave;re et moi.&quot; A la fin de l&#39;ann&eacute;e scolaire, les Strauss d&eacute;cident de quitter le Maroc. &quot;Mon p&egrave;re avait tout perdu dans le tremblement de terre. Les trois quarts de sa client&egrave;le &eacute;taient morts, sinistr&eacute;s ou avaient quitt&eacute; la ville. L&#39;argent de ses clients marocains &eacute;tait enti&egrave;rement d&eacute;pos&eacute; dans un coffre qui avait disparu. Il n&#39;avait plus aucun avenir &agrave; Agadir.&quot; Dominique Strauss-Kahn gardera la nostalgie des discussions interminables, entrecoup&eacute;es de rires, pendant les longues soir&eacute;es d&#39;&eacute;t&eacute; autour de la table familiale. Paradoxe apparent de Dominique Strauss-Kahn : il concilie un attachement profond &agrave; l&#39;Etat d&#39;Isra&euml;l et une sympathie sinc&egrave;re pour le monde musulman. Dans les ann&eacute;es 2000, tout comme Anne Sinclair, il a pris des cours d&#39;arabe, une langue dont il n&#39;avait gard&eacute; que quelques notions apprises dans son enfance. &quot;Il a d&ucirc; arr&ecirc;ter les cours, faute de temps, dit Anne Sinclair. Moi, j&#39;ai continu&eacute;. Dominique peut suivre une conversation. Mais je me d&eacute;brouille beaucoup mieux que lui &agrave; l&#39;&eacute;crit.&quot; Ainsi ce couple politico-m&eacute;diatique, d&eacute;nonc&eacute; parfois comme &quot;ultrasioniste&quot;, s&#39;int&eacute;resse et conna&icirc;t vraiment le monde et la culture arabo-musulmans.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>PREMIER AMOUR<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tH&eacute;l&egrave;ne Dumas n&#39;a rien oubli&eacute; : &quot;Je me rappelle Dominique sur la plage de Menton o&ugrave; nous avions pass&eacute; le BEPC, dit-elle. C&#39;&eacute;tait en juin 1963. Je participais comme lui &agrave; un piquenique avec les autres &eacute;l&egrave;ves du lyc&eacute;e Albert-Ier. Il &eacute;tait tr&egrave;s bronz&eacute;. J&#39;avais 16 ans, lui 14. Dominique est tomb&eacute; fou amoureux de moi.&quot; D&eacute;crivant leur lien fusionnel, Dominique expliqua ainsi &agrave; sa m&egrave;re : &quot;Tu comprends, c&#39;est la jeune fille avec qui je peux &agrave; la fois parler philo et danser le rock.&quot; Domi ouvre &agrave; H&eacute;l&egrave;ne les portes d&#39;une famille atypique. H&eacute;l&egrave;ne assiste &agrave; des discussions passionn&eacute;es sur la politique, mais aussi sur les probl&egrave;mes de soci&eacute;t&eacute; ou la philosophie. Jacqueline et Gilbert Strauss, farouchement la&iuml;ques et francs-ma&ccedil;ons, restent cependant attach&eacute;s aux traditions juives. Le couple a voulu que ses enfants soient juifs. Dominique a &eacute;t&eacute; circoncis peu apr&egrave;s sa naissance. Et, &agrave; 13 ans, il fait sa barmitsva. &quot;Ce fut un peu compliqu&eacute;, expliquet- il. On a organis&eacute; une c&eacute;r&eacute;monie tr&egrave;s sobre &agrave; la maison mais sans vraiment respecter les r&egrave;gles. Je n&#39;avais pas suivi les cours du Talmud- Torah qui servent &agrave; pr&eacute;parer la bar-mitsva. Je ne connaissais donc pas l&#39;h&eacute;breu. En r&eacute;alit&eacute;, cette c&eacute;r&eacute;monie a minima r&eacute;sultait d&#39;un compromis entre mes parents. Curieusement, mon p&egrave;re y &eacute;tait plus favorable, ce qui est paradoxal car ma m&egrave;re avait v&eacute;cu en Tunisie dans un milieu plus religieux. Le juda&iuml;sme, pour Gilbert Strauss, se r&eacute;duit principalement &agrave; une sorte de gymnastique intellectuelle appel&eacute;e &quot;pilpoul&quot;.&quot; Ce mot &eacute;trange, inconnu de la plupart des Fran&ccedil;ais, fait briller les yeux de tous ceux qui ont fr&eacute;quent&eacute; la famille Strauss dans les ann&eacute;es 60. Le pilpoul, qui signifie &quot;raisonnement aiguis&eacute;&quot;, &eacute;tait &agrave; l&#39;origine une m&eacute;thode d&#39;&eacute;tude du Talmud, invent&eacute;e au XVIe si&egrave;cle par les juifs de Pologne. Le ma&icirc;tre demandait &agrave; l&#39;&eacute;l&egrave;ve de d&eacute;fendre successivement et avec autant de ferveur deux th&egrave;ses contradictoires. La famille Strauss pratiquait une version la&iuml;que du pilpoul. H&eacute;l&egrave;ne Dumas, comme tous les amis de Dominique, en &eacute;tait fascin&eacute;e : &quot;Les repas, se souvient-elle, tournaient parfois &agrave; la partie de ping-pong intellectuelle entre Dominique et son p&egrave;re. Gilbert n&#39;avait pas toujours le dernier mot.&quot; A la table des Strauss, les enfants, tr&egrave;s jeunes, avaient droit &agrave; la parole. C&#39;&eacute;tait m&ecirc;me un devoir. &quot;Mes parents, d&eacute;taille Dominique Strauss- Kahn, &eacute;taient aussi adeptes de la ma&iuml;eutique, une technique venue de la Gr&egrave;ce antique qui consiste &agrave; aider une personne &agrave; se rem&eacute;morer un savoir cach&eacute; dans l&#39;inconscient. M&ecirc;me tout petits, pendant les repas, ils nous questionnaient sur telle ou telle connaissance qu&#39;on avait apparemment oubli&eacute;e.&quot; Gr&acirc;ce &agrave; la ma&iuml;eutique et au pilpoul, Dominique Strauss- Kahn a entretenu une incroyable m&eacute;moire et d&eacute;velopp&eacute; la capacit&eacute; d&#39;int&eacute;grer le point de vue de l&#39;autre. Il a h&eacute;rit&eacute; de son &eacute;ducation une grande libert&eacute; de ton et de comportement. Les Strauss &eacute;taient une famille hors norme, d&#39;esprit soixante-huitard bien avant Mai 68.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>LYC&Eacute;EN ET MARI&Eacute;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tEn 1967, Dominique &eacute;choue au concours d&#39;entr&eacute;e &agrave; HEC. Dominique traverse une ann&eacute;e difficile. Il lui manque le soleil et, surtout, il lui manque H&eacute;l&egrave;ne. &quot;Il &eacute;tait hors de question pour elle que je vive en concubinage.&quot; Les parents Strauss ne s&#39;opposent pas au mariage.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>LA POLITIQUE<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tL&#39;amiti&eacute; entre Lionel et Dominique ne se d&eacute;mentira pas pendant vingt-cinq ans. Strauss-Kahn se conduira en lieutenant fid&egrave;le de Jospin, qui sera son t&eacute;moin de mariage avec Anne Sinclair en 1991. &quot;Lionel et moi, nous avons connu pendant longtemps une grande proximit&eacute;, des liens tr&egrave;s forts qui demeurent, confie Dominique Strauss-Kahn. Je lui garde beaucoup de respect et d&#39;affection.&quot; Ces liens avec l&#39;ancien Premier ministre sont aujourd&#39;hui distendus : &quot;Nous avons toujours su que nous n&#39;&eacute;tions pas identiques. Lionel porte toujours un regard moralisateur sur les autres. Il m&#39;a fait le reproche, quand j&#39;&eacute;tais &agrave; Bercy, d&#39;inviter des patrons &agrave; ma table. C&#39;est un reste de vieux pr&eacute;jug&eacute; marxiste qui l&#39;am&egrave;ne &agrave; consid&eacute;rer les patrons comme des ennemis. L&agrave;-dessus, nous n&#39;avons jamais &eacute;t&eacute; d&#39;accord. Et on se le disait franchement. D&#39;une certaine mani&egrave;re, il me laissait faire des choses qu&#39;il n&#39;aurait pas faites mais qui &eacute;taient utiles au gouvernement. Sur ma vie personnelle aussi il portait un jugement s&eacute;v&egrave;re. Il me trouvait l&eacute;ger, pas assez vertueux. C&#39;est une banalit&eacute; de le dire, mais Lionel est un &quot;protestant aggrav&eacute;&quot;. Pour l&#39;appr&eacute;cier, il faut bien le conna&icirc;tre. Quand il se l&acirc;che, on peut se marrer. Avec le recul, cependant, je r&eacute;alise que dans notre relation, malgr&eacute; l&#39;amiti&eacute; et une vraie confiance en de nombreux domaines, il existait une partie de ma personnalit&eacute; que je ne pouvais pas d&eacute;velopper devant lui et des sujets dont on ne pouvait pas discuter.&quot; A la fin de l&#39;ann&eacute;e 1984, DSK prend du galon : il remplace Henri Guillaume comme commissaire g&eacute;n&eacute;ral adjoint au Plan. Il change de fr&eacute;quentations et noue des liens amicaux dans le monde des affaires, notamment avec Claude B&eacute;b&eacute;ar, Michel P&eacute;bereau, Louis Schweitzer et Yvette Chassagne, la pr&eacute;sidente de l&#39;UAP. Cette derni&egrave;re lui propose m&ecirc;me le poste de directeur financier de cette grande soci&eacute;t&eacute; d&#39;assurances. DSK d&eacute;cline poliment mais il est flatt&eacute;. Lui qui depuis son enfance a toujours aim&eacute; &ecirc;tre aim&eacute; go&ucirc;te sans d&eacute;plaisir les d&eacute;lices de la r&eacute;ussite. Dans la famille, on peine un peu &agrave; reconna&icirc;tre Domi en DSK. Il s&#39;est ras&eacute; la barbe, a d&eacute;finitivement remplac&eacute; ses grosses lunettes en &eacute;caille par des lentilles et porte d&eacute;sormais des costumes de couturiers &agrave; la mode. Derri&egrave;re ce changement de look il y a une femme, rencontr&eacute;e &agrave; Deauville en 1983 : Brigitte Guillemette. La trentaine comme Dominique, belle et &eacute;l&eacute;gante, cette fille de militaire dirige une grande soci&eacute;t&eacute; de communication. Apr&egrave;s vingt ans de relation fusionnelle, Dominique quitte H&eacute;l&egrave;ne. C&#39;est un d&eacute;chirement pour elle, pour lui et pour leurs amis de jeunesse qui ne les imaginaient pas l&#39;un sans l&#39;autre. Beaucoup choisissent H&eacute;l&egrave;ne. Brigitte les tient &agrave; distance avec, disentils, une forme de condescendance. Dominique, de toute fa&ccedil;on, leur &eacute;chappe. Il n&#39;est plus dans leur monde. Au d&eacute;but, certains croient &agrave; la crise d&#39;adolescence tardive d&#39;un trentenaire m&ucirc;ri trop t&ocirc;t. Mais l&#39;&eacute;vidence s&#39;impose. Dominique divorce d&#39;H&eacute;l&egrave;ne. Il &eacute;pouse Brigitte, qui lui a donn&eacute; une fille, Camille, en 1985. Adieu Domi, place &agrave; DSK, qui conna&icirc;t la cons&eacute;cration lorsque Le Monde, en 1985, fait de lui pour la premi&egrave;re fois le sujet central d&#39;un article intitul&eacute; &quot;Le monde selon Strauss-Kahn&quot;. Dominique Strauss-Kahn peut compter sur les conseils avis&eacute;s d&#39;une professionnelle de l&#39;audiovisuel. Elle est entr&eacute;e dans sa vie en 1989. Elle n&#39;en sortira plus. Au d&eacute;but, mari&eacute;s tous les deux, ils gardent leur liaison tr&egrave;s discr&egrave;te. &quot;Fran&ccedil;ois Mitterrand, raconte en souriant Jack Lang, adorait les potins. Au cours d&#39;un d&icirc;ner, il me dit : &quot;Jack, savez-vous pour Anne ?&quot; C&#39;est ainsi que j&#39;appris l&#39;idylle entre Anne Sinclair et Dominique Strauss-Kahn.&quot; Le jeune ministre est tr&egrave;s amoureux. Il t&eacute;l&eacute;phone &agrave; Anne Sinclair plusieurs fois par jour pour des conversations qu&#39;ils peinent l&#39;un et l&#39;autre &agrave; interrompre. Il va bient&ocirc;t &eacute;pouser la femme dont r&ecirc;vent une majorit&eacute; de Fran&ccedil;ais.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>SOUS LE BUSTE DE MARIANNE<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLa vedette de t&eacute;l&eacute;vision et le ministre de l&#39;Industrie se sont mari&eacute;s le mardi 26 novembre 1991 &agrave; la mairie du 16e arrondissement de Paris dans une intimit&eacute; confinant &agrave; la clandestinit&eacute;. Pour &eacute;viter toute indiscr&eacute;tion, ils ont demand&eacute; une dispense de publication des bans au procureur de la R&eacute;publique. Aucun journaliste n&#39;a &eacute;t&eacute; pr&eacute;venu, aucun clich&eacute; ne sera publi&eacute;. Et les photos prises par la photographe Micheline Pelletier, une amie d&#39;Anne, collaboratrice entre autres de Paris Match, ne seront donn&eacute;es qu&#39;aux mari&eacute;s. La c&eacute;r&eacute;monie se d&eacute;roulant &agrave; l&#39;heure du d&eacute;jeuner, elle ne dure que le temps n&eacute;cessaire, en pr&eacute;sence d&#39;une vingtaine d&#39;invit&eacute;s : la famille des mari&eacute;s, dont leurs six enfants, et quelques amis, parmi lesquels le Prix Nobel de la paix Elie Wiesel. DSK a choisi comme t&eacute;moins son p&egrave;re Gilbert et son ami Lionel Jospin, alors ministre de l&#39;Education nationale. Ceux d&#39;Anne Sinclair sont deux amies tr&egrave;s proches, la philosophe Elisabeth Badinter et la productrice Rachel Assouline, &eacute;pouse du journaliste Jean-Fran&ccedil;ois Kahn. Ce mariage poss&egrave;de une caract&eacute;ristique rarissime : il se d&eacute;roule en pr&eacute;sence du buste de la mari&eacute;e qui vient d&#39;&ecirc;tre choisie par les maires de France pour incarner Marianne en cette ann&eacute;e 1991.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>AVEC LA B&Eacute;N&Eacute;DICTION DU RABBIN<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t&quot;Dominique ne s&#39;&eacute;tait jamais pos&eacute; la question d&#39;un mariage religieux, explique Anne Sinclair, ses deux premi&egrave;res femmes n&#39;&eacute;tant pas juives. Il a accept&eacute; pour me faire plaisir.&quot; L&#39;&eacute;v&eacute;nement surprend un peu la famille Strauss-Kahn, o&ugrave; la religion est depuis longtemps rel&eacute;gu&eacute;e au rayon des antiquit&eacute;s. Anne Sinclair, sans &ecirc;tre une pratiquante r&eacute;guli&egrave;re, est attach&eacute;e aux traditions. Dominique Strauss-Kahn appr&eacute;cie ce retour aux sources, qu&#39;il a commenc&eacute; avant sa rencontre avec Anne en je&ucirc;nant chaque ann&eacute;e &agrave; l&#39;occasion de Kippour, la principale f&ecirc;te juive. Le remariage donne lieu &agrave; des n&eacute;gociations qu&#39;Anne Sinclair m&egrave;ne avec fermet&eacute; : &quot;Le rabbin de Sarcelles, un orthodoxe, dit-elle, voulait bien pardonner &agrave; Dominique ses deux premiers mariages avec des non-juives. Mais il &eacute;tait r&eacute;ticent devant la perspective de voir un Cohen &eacute;pouser une divorc&eacute;e.&quot; Le patronyme &quot;Kahn&quot; rattache DSK &agrave; la lign&eacute;e des Cohen, les pr&ecirc;tres h&eacute;breux soumis &agrave; plus de devoirs que les juifs ordinaires. La c&eacute;r&eacute;monie religieuse se d&eacute;roule au domicile du couple, dans le 16e arrondissement, juste apr&egrave;s le mariage civil, en pr&eacute;sence de la famille, finalement ravie et &eacute;mue. Pourquoi les mari&eacute;s ont-ils fait appel au rabbin orthodoxe de Sarcelles alors qu&#39;ils auraient pu solliciter un de ses coll&egrave;gues lib&eacute;raux ? Peut-&ecirc;tre un signe de la volont&eacute; durable d&#39;implantation du ministre de l&#39;Industrie dans la commune du Val-d&#39;Oise.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>LA RUPTURE DES PRIMAIRES<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tA l&#39;&eacute;t&eacute; 2005, Dominique Strauss-Kahn commence &agrave; songer s&eacute;rieusement aux primaires internes au PS pr&eacute;vues pour l&#39;ann&eacute;e suivante. Dans les tout derniers jours d&#39;ao&ucirc;t, profitant de l&#39;universit&eacute; estivale de La Rochelle, il se rend chez son ami Jospin sur l&#39;&icirc;le de R&eacute; : &quot;Nous &eacute;tions tous les trois, Lionel, Sylviane et moi, autour d&#39;une table dans la courette &agrave; l&#39;ext&eacute;rieur de leur maison. Je lui ai dit : &quot; Si tu veux te pr&eacute;senter &agrave; la pr&eacute;sidentielle, dis-le-moi maintenant afin que je m&#39;organise. Si, pour l&#39;instant, tu ne veux pas que cela se sache, tu peux me faire confiance, je sais garder un secret. Si tu es candidat, je suis ton homme et je te soutiendrai totalement. Mais tu dois au moins me donner un indice.&quot;&quot; Jospin aurait alors r&eacute;pondu : &quot;Je ne me suis pas pos&eacute; la question.&quot; Dominique Strauss-Kahn : &quot;Il a mal pris ma visite et m&#39;a reproch&eacute; d&#39;&quot;&ecirc;tre venu lui t&acirc;ter le pouls&quot;. C&#39;&eacute;tait un peu dommage car j&#39;avais juste voulu &ecirc;tre honn&ecirc;te avec lui.&quot; L&#39;ancien ministre de l&#39;Economie rentre de l&#39;&icirc;le de R&eacute; avec le sentiment que Jospin ne sera pas candidat. &quot;Je le connais bien, il d&eacute;teste l&#39;improvisation. S&#39;il avait choisi d&#39;&ecirc;tre candidat, il devait se mettre progressivement dans le circuit et au moins commencer &agrave; pr&eacute;venir ses amis. Si j&#39;avais eu le sentiment qu&#39;il voulait y aller, je n&#39;aurais jamais &eacute;t&eacute; candidat contre lui. Et m&ecirc;me s&#39;il m&#39;avait dit : &quot;Je ne sais pas encore&quot;, j&#39;aurais attendu jusqu&#39;en avril-mai 2006.&quot; D&eacute;but septembre 2006, &agrave; quelques semaines de la date officielle de d&eacute;p&ocirc;t des candidatures, il rend visite &agrave; Lionel Jospin dans son appartement parisien de la rue du Regard. Les deux hommes ne se sont pas vus depuis un an : &quot;Je lui annonce mon intention d&#39;&ecirc;tre candidat &agrave; la primaire. Il me dit alors : &quot;Je pourrais l&#39;&ecirc;tre, moi aussi.&quot; Je lui r&eacute;ponds : &quot;Lionel, ton temps est pass&eacute;. Il fallait le d&eacute;cider il y a un an. Une &eacute;quipe s&#39;est mobilis&eacute;e sur mon nom, des gens travaillent pour moi. Je crois en mes chances. Il n&#39;est pas question que je me retire en ta faveur.&quot; Notre &eacute;change est glacial. C&#39;est tr&egrave;s dur pour moi. Car je tiens beaucoup &agrave; notre amiti&eacute;. Mais je devais lui parler en face.&quot; Interview&eacute; &agrave; son sujet par France 2 lors d&#39;un voyage en Bretagne, Dominique Strauss- Kahn r&eacute;pond par une formule cruelle : &quot;Je trouve sa candidature inutile.&quot; Le 28 septembre au matin, au micro de RTL, Jospin jette officiellement l&#39;&eacute;ponge. Mais il se garde bien de la moindre d&eacute;claration en faveur de son ancien ministre des Finances. Leur amiti&eacute; de vingt-cinq ans s&#39;est fracass&eacute;e sur le mur des primaires. Anne Sinclair a crois&eacute; une fois Lionel Jospin lors d&#39;une c&eacute;r&eacute;monie de remise de la L&eacute;gion d&#39;honneur &agrave; une amie commune. Ils se sont froidement serr&eacute; la main. Quelques mois apr&egrave;s l&#39;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle de 2007, l&#39;ancien Premier ministre a publi&eacute; un livre, &quot;L&#39;impasse&quot;, qui met hors d&#39;elle Anne Sinclair. Il y d&eacute;crit en termes tr&egrave;s s&eacute;v&egrave;res l&#39;action et la personne de S&eacute;gol&egrave;ne Royal. Anne Sinclair envoie aussit&ocirc;t &agrave; l&#39;ancien ami une lettre pleine de d&eacute;pit qui se r&eacute;sume ainsi : &quot;Si tu pensais que S&eacute;gol&egrave;ne Royal repr&eacute;sentait un grand danger pour la gauche, tu aurais d&ucirc; soutenir Dominique, voire Fabius. Mais tu n&#39;as pas prononc&eacute; un seul mot en sa faveur. Cela m&#39;a bless&eacute;e, choqu&eacute;e. Dominique &eacute;tait ton ami, ton fils spirituel, ton fr&egrave;re. D&egrave;s lors que tu ne pouvais pas &ecirc;tre candidat, tu pr&eacute;f&eacute;rais au fond ta pire adversaire &agrave; ton fr&egrave;re.&quot; Dominique Strauss-Kahn, lui, ne fait aucun reproche &agrave; Lionel Jospin. Reste pourtant une blessure intime que DSK garde pour lui. Lors du d&eacute;c&egrave;s de sa m&egrave;re, le 14 novembre 2006, l&#39;avant-veille des primaires, il a re&ccedil;u de nombreux messages d&#39;amiti&eacute;, y compris de ses adversaires, Fabius et Royal. Aucun signe n&#39;est venu de Lionel Jospin.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Le Point.fr<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t&quot;Le roman vrai de Dominique Strauss-Kahn&quot;, de Michel Taubmann (Editions du Moment, 310 pages, 19,95 euros).<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Qui est vraiment Dominique Strauss-Kahn &nbsp; &nbsp; Le journaliste Michel Taubmann a enqu&ecirc;t&eacute; sur le patron du FMI. Des extraits exclusifs du &quot;Roman vrai de Dominique Strauss-Kahn&quot; (Editions du Moment, 310 pages, 19,95 euros) : STRAUSS ET KAHN Le p&egrave;re de Dominique Strauss-Kahn, Gilbert, &eacute;tait &agrave; moiti&eacute; juif. Mais il ne s&#39;appelait pas Strauss-Kahn&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[250,199,133,10,301,14,9,1],"tags":[],"class_list":["post-1711","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-alsace","category-anne-sinclair","category-dominique-strauss-kahn","category-france","category-lorraine","category-paris","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1711","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1711"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1711\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1711"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1711"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1711"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}