{"id":1811,"date":"2015-08-25T23:21:03","date_gmt":"2015-08-25T23:21:03","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1811"},"modified":"2015-08-26T01:18:50","modified_gmt":"2015-08-26T01:18:50","slug":"sartre-cocteau-et-co-sous-loccupation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/sartre-cocteau-et-co-sous-loccupation\/","title":{"rendered":"Sartre, Cocteau et Co sous l\u2019Occupation"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;Alan Riding, qui a &eacute;t&eacute; douze ans correspondant culturel du &laquo;New York Times&raquo; en Europe, publie aux Etats-Unis un livre sans concession ni moraline sur Saint-Germain-des-Pr&eacute;s au temps des nazis. Il en est question dans un long article traduit par &laquo;BoOks&raquo; ce mois-ci.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Plus de trente ans apr&egrave;s la guerre, dans des entretiens publi&eacute;s r&eacute;cemment, Jean-Paul Sartre<\/strong> pr&eacute;tendait que les Fran&ccedil;ais, et en particulier les &eacute;crivains et les artistes, n&rsquo;avaient eu que deux options sous l&rsquo;occupation nazie: collaborer ou r&eacute;sister. Il avait choisi la seconde, naturellement: <em>&laquo;Notre travail &eacute;tait de dire &agrave; tous les Fran&ccedil;ais, nous ne serons pas dirig&eacute;s par les Allemands (1).&raquo;<\/em><\/p>\n<p>\n\tEn fait, le comportement de Sartre pendant l&rsquo;Occupation, bien qu&rsquo;il n&rsquo;ait jamais &eacute;t&eacute; un <em>collabo<\/em> (2), fut moins h&eacute;ro&iuml;que que ses d&eacute;clarations de l&rsquo;imm&eacute;diat apr&egrave;s-guerre pourraient le laisser croire. <strong>Alan Riding<\/strong>, dont le jugement sur l&rsquo;intelligentsia fran&ccedil;aise n&rsquo;est ni moralisateur ni indulgent, place Sartre tr&egrave;s largement &agrave; la p&eacute;riph&eacute;rie de la R&eacute;sistance. Ses pi&egrave;ces, tel &laquo;Huis clos&raquo;, furent consid&eacute;r&eacute;es par certains de ses admirateurs (et certainement par Sartre lui-m&ecirc;me, avec le recul du temps) comme des expressions voil&eacute;es d&rsquo;une opposition aux nazis. Mais elles re&ccedil;urent sans probl&egrave;me le visa de la censure allemande, et les officiers du Reich eurent le plaisir d&rsquo;assister &agrave; leur premi&egrave;re, ainsi qu&rsquo;&agrave; la r&eacute;ception qui suivit.<\/p>\n<p>\n\tLe philosophe &eacute;tait s&ucirc;rement plus proche de la v&eacute;rit&eacute;, sur lui-m&ecirc;me en tout cas, quand il d&eacute;clarait, dans ces m&ecirc;mes entretiens: &laquo;<em>En 1939-1940, nous &eacute;tions terrifi&eacute;s de mourir, de souffrir, pour une cause qui nous d&eacute;go&ucirc;tait. C&rsquo;est-&agrave;-dire pour une France d&eacute;go&ucirc;tante, corrompue, inefficace, raciste, antis&eacute;mite, dirig&eacute;e par les riches pour les riches &ndash; personne ne voulait mourir pour &ccedil;a, jusqu&rsquo;&agrave; ce que, eh bien, jusqu&rsquo;&agrave; ce que nous comprenions que les nazis &eacute;taient pires.&raquo;<\/em><\/p>\n<p>\n\t(&hellip;)<\/p>\n<p>\n\tDe peur que les lecteurs ne portent trop facilement un jugement s&eacute;v&egrave;re sur les Fran&ccedil;ais, Riding fait assez justement remarquer qu&rsquo;un certain nombre d&rsquo;entre eux, dont des conservateurs comme <strong>Claudel<\/strong>, chang&egrave;rent tr&egrave;s vite d&rsquo;avis, et conclurent avec Sartre que, quels que fussent les probl&egrave;mes dont souffrait la France, &laquo;<em>les nazis &eacute;taient pires<\/em>&raquo;.<\/p>\n<p>\n\tIl y eut des poches de r&eacute;sistance d&egrave;s les premiers jours de la guerre, notamment parmi des hommes et des femmes li&eacute;s au mus&eacute;e de l&rsquo;Homme. Amateurs en mati&egrave;re de r&eacute;sistance clandestine, ces chercheurs et &eacute;crivains courageux, men&eacute;s par l&rsquo;ethnologue <strong>Boris Vild&eacute;<\/strong>, furent vite arr&ecirc;t&eacute;s et, pour la plupart, ex&eacute;cut&eacute;s. Leurs tracts et leurs r&eacute;unions ne h&acirc;t&egrave;rent en rien la fin de la guerre.<\/p>\n<p>\n\t&Agrave; une &eacute;poque o&ugrave; la victoire allemande en Europe semblait assur&eacute;e, et o&ugrave; la voix de Charles de Gaulle &eacute;tait &agrave; peine entendue (&agrave; supposer qu&rsquo;on lui pr&ecirc;t&acirc;t attention), leurs actions pouvaient &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;es comme irr&eacute;alistes, voire t&eacute;m&eacute;raires. Et cependant, comme Riding le souligne, c&rsquo;&eacute;tait important: &laquo;<em>Ils estimaient que, bien avant qu&rsquo;un combat arm&eacute; ne f&ucirc;t viable, les Fran&ccedil;ais devaient apprendre &agrave; se <\/em>penser<em> en r&eacute;sistants, &agrave; rejeter la collaboration ouverte et &agrave; se convaincre que l&rsquo;opposition &agrave; l&rsquo;occupation &eacute;tait possible.&raquo;<\/em><\/p>\n<p>\n\t(&hellip;)<\/p>\n<p>\n\tCertains artistes et intellectuels, tel <strong>Jean Paulhan<\/strong> (3), furent actifs dans la R&eacute;sistance, mais, dans sa grande majorit&eacute;, l&rsquo;&eacute;lite culturelle n&rsquo;apporta pas de contribution particuli&egrave;re. &Eacute;tait-on en droit d&rsquo;en attendre davantage? C&rsquo;est la question qui traverse le livre de Riding.<\/p>\n<p>\n\tLe fait que les &eacute;crivains furent plus durement trait&eacute;s apr&egrave;s la guerre que des industriels ou des fonctionnaires ayant collabor&eacute; sugg&egrave;re que de nombreux Fran&ccedil;ais r&eacute;pondirent &agrave; cette question par l&rsquo;affirmative. Sartre, par exemple, pensait que les intellectuels avaient une plus haute responsabilit&eacute; que les autres. De Gaulle semblait partager ce point de vue. Il refusa de sauver <strong>Robert Brasillach<\/strong> du peloton d&rsquo;ex&eacute;cution (alors m&ecirc;me que de vrais tueurs, comme <strong>Ren&eacute; Bousquet<\/strong>, poursuivirent une brillante carri&egrave;re dans l&rsquo;administration), parce que, selon ses termes, &laquo;<em>dans les lettres, comme en tout, le talent est un titre de responsabilit&eacute;<\/em>&raquo;. &Agrave; la diff&eacute;rence des Am&eacute;ricains, les Fran&ccedil;ais v&eacute;n&eacute;raient leurs &eacute;crivains et penseurs. Cette confiance avait-elle &eacute;t&eacute; trahie?<\/p>\n<p>\n\t<strong>Riding conclut que la majorit&eacute; des grands &eacute;crivains fran&ccedil;ais<\/strong> ne figuraient pas au nombre des collaborateurs: ni Gide ni Claudel, sans parler de Sartre, Camus, &Eacute;luard ou Aragon. Il fait &eacute;galement remarquer que la seule po&eacute;sie digne de ce nom fut &eacute;crite par des r&eacute;sistants. Il n&rsquo;y eut pas de bonne po&eacute;sie fasciste.<\/p>\n<p>\n\t<strong>C&eacute;line<\/strong> &eacute;tait indiscutablement un grand &eacute;crivain qui avait souscrit aux th&egrave;ses barbares des nazis, mais il &eacute;tait trop obs&eacute;d&eacute; par sa propre personne pour collaborer activement avec qui que ce f&ucirc;t, notamment les Allemands. La plupart des <em>collabos<\/em> culturels semblent en effet avoir &eacute;t&eacute; des hommes de lettres de second rang, mais <strong>Drieu la Rochelle<\/strong>, <strong>Abel Bonnard<\/strong> (ministre de l&rsquo;&Eacute;ducation nationale de Vichy), <strong>Paul Morand<\/strong> (qui devint en 1942 pr&eacute;sident de la Commission de censure cin&eacute;matographique de Vichy) et Brasillach &eacute;taient plus que de simples &eacute;crivaillons.<\/p>\n<p>\n\tCe serait une erreur na&iuml;ve que de confondre talent et vertu, et de voir dans la collaboration une preuve de m&eacute;diocrit&eacute; artistique. Car certains artistes fort talentueux &ndash; le danseur Serge Lifar, le pianiste Alfred Cortot &ndash; collabor&egrave;rent activement. D&rsquo;autres &ndash; Jean Cocteau, Maurice Chevalier, Marcel Jouhandeau, Sacha Guitry &ndash; &eacute;volu&egrave;rent dans une zone grise, tant&ocirc;t collaborant un peu, tant&ocirc;t venant en aide &agrave; un vieil ami juif si l&rsquo;occasion s&rsquo;en pr&eacute;sentait, tout en frayant en ville avec les Allemands les plus raffin&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Certaines des plus grandes figures de la vie culturelle<\/strong>, tels <strong>Picasso<\/strong>, <strong>Matisse<\/strong>, <strong>Poulenc<\/strong>, <strong>Messiaen<\/strong>, ainsi que Sartre et Simone de Beauvoir, firent plus ou moins comme si la guerre n&rsquo;existait pas, se concentrant sur leur travail, et produisant certaines de leurs meilleures &oelig;uvres. Quand il se vit proposer un visa pour &eacute;migrer aux &Eacute;tats-Unis &agrave; la fin de l&rsquo;ann&eacute;e 1940, Matisse le refusa en arguant que <em>&laquo;si tout ce qui a une valeur file de France, qu&rsquo;en restera-t-il, de la France?&raquo;<\/em><\/p>\n<p>\n\tCertains pourront consid&eacute;rer cette attitude comme une forme passive de collaboration, dans la mesure o&ugrave; les nazis voulaient cr&eacute;er une fa&ccedil;ade de normalit&eacute;, surtout &agrave; Paris. Les choses n&rsquo;&eacute;taient pas aussi simples. Hitler et Goebbels voulaient effectivement que Paris continu&acirc;t d&rsquo;&ecirc;tre une capitale culturelle, mais leur vision ne correspondait gu&egrave;re &agrave; ce que Matisse, Poulenc et m&ecirc;me Cocteau avaient &agrave; l&rsquo;esprit.<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;objectif des Allemands &eacute;tait de promouvoir une version de leur culture qui appara&icirc;trait comme l&rsquo;id&eacute;al le plus &eacute;lev&eacute; &agrave; atteindre, et de r&eacute;duire la culture fran&ccedil;aise &agrave; une caricature inoffensive de la frivolit&eacute; parisienne : com&eacute;dies futiles dans les th&eacute;&acirc;tres, danseuses dans les cabarets, films de distraction ineptes au cin&eacute;ma. Comme l&rsquo;a dit Goebbels: <em>&laquo;J&rsquo;ai donn&eacute; des directives tr&egrave;s claires pour que les Fran&ccedil;ais ne produisent que des films l&eacute;gers, vides, et si possible stupides.&raquo;<\/em><\/p>\n<p>\n\t(&hellip;)<\/p>\n<p>\n\t<strong>Jean Gu&eacute;henno, l&rsquo;essayiste, faisait exception<\/strong> dans son refus absolu de publier quoi que ce f&ucirc;t dans les organes officiels (4). Il m&eacute;prisait m&ecirc;me les &eacute;crivains qui continuaient &agrave; signer de leur propre nom, au lieu de le faire sous pseudonyme, dans la presse clandestine. <em>&laquo;Pourquoi &eacute;crire encore?<\/em>, explique-t-il dans son &laquo;Journal&raquo;. <em>Il n&rsquo;est plus gu&egrave;re possible de douter du ridicule qu&rsquo;il y a &agrave; exercer un m&eacute;tier si personnel. Ces temps nous rappellent &agrave; la modestie.&raquo;<\/em><\/p>\n<p>\n\tQue la plupart des &eacute;crivains fran&ccedil;ais n&rsquo;aient pas suivi son exemple s&rsquo;explique par de multiples raisons. L&rsquo;une d&rsquo;elles est que les Allemands cr&eacute;&egrave;rent d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment suffisamment de zones grises pour que les &eacute;crivains et artistes continuent de cr&eacute;er sans &eacute;prouver le sentiment d&rsquo;avoir totalement vendu leur &acirc;me. Il &eacute;tait possible de produire un art de grande qualit&eacute; dans le Paris occup&eacute; par les nazis, d&rsquo;une mani&egrave;re qui e&ucirc;t &eacute;t&eacute; inconcevable &agrave; Varsovie ou m&ecirc;me &agrave; Berlin.<\/p>\n<p>\n\tCet &eacute;tat de fait tenait en partie &agrave; la politique de s&eacute;duction des vainqueurs. Les Allemands charg&eacute;s de la politique culturelle en France, comme <strong>Otto Abetz<\/strong> ou <strong>Gerhard Heller<\/strong>, responsable de la censure litt&eacute;raire &agrave; la Propagandastaffel, &eacute;taient tout d&eacute;vou&eacute;s &agrave; la cause nazie, mais ils se consid&eacute;raient d&rsquo;une certaine fa&ccedil;on comme des francophiles. Mari&eacute; &agrave; une Fran&ccedil;aise, Abetz &eacute;tait, de son propre aveu, amoureux de la litt&eacute;rature du pays. Lui et d&rsquo;autres repr&eacute;sentants de l&rsquo;administration allemande faisaient tout ce qu&rsquo;ils pouvaient pour purger la culture fran&ccedil;aise des influences juives et subversives, mais cela ne posait pas de probl&egrave;mes de conscience &agrave; des conservateurs comme <strong>Jouhandeau<\/strong> ou <strong>Henry de Montherlant<\/strong>.<\/p>\n<p>\n\tUne apparence de culture, &eacute;tay&eacute;e par la promesse de toutes sortes de privil&egrave;ges, permit &agrave; ces fonctionnaires allemands de transformer &eacute;diteurs, marchands de tableaux, propri&eacute;taires de galeries, &eacute;crivains et hommes de th&eacute;&acirc;tre en complices. Une bonne part de la censure &eacute;tait de l&rsquo;autocensure. Et les Allemands &eacute;taient assez intelligents pour laisser aux artistes et &eacute;crivains de talent, d&egrave;s lors qu&rsquo;ils n&rsquo;&eacute;taient pas juifs ou ouvertement antiallemands, juste assez de libert&eacute; pour produire des &oelig;uvres dignes de ce nom.<\/p>\n<p>\n\t(&hellip;)<\/p>\n<p>\n\t<strong>La r&eacute;action de Cocteau aux accusations de collaboration<\/strong> port&eacute;es contre lui apr&egrave;s la guerre est r&eacute;v&eacute;latrice. Il n&rsquo;avait jamais &eacute;t&eacute; nazi, pas plus qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait coupable d&rsquo;avoir aid&eacute; activement les nazis dans aucun de leurs crimes. Mais il &eacute;tait certainement d&eacute;pourvu de principes dans le choix de ses amis, parmi lesquels figuraient de hauts dignitaires nazis.<\/p>\n<p>\n\tPeut-&ecirc;tre que lui aussi, &agrave; l&rsquo;instar de Lifar, ne pouvait supporter de vivre dans l&rsquo;obscurit&eacute;, ou d&rsquo;&ecirc;tre &laquo;modeste&raquo; au sens donn&eacute; &agrave; ce terme par Jean Gu&eacute;henno. C&rsquo;&eacute;tait un artiste. Refuser la compagnie d&rsquo;Allemands cultiv&eacute;s lui aurait paru vulgaire. S&rsquo;il d&eacute;sirait fr&eacute;quenter Arno Breker et promouvoir ses absurdes sculptures d&rsquo;athl&egrave;tes aryens g&eacute;ants, il devait &ecirc;tre libre de le faire.<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est pourquoi il accusa ses accusateurs de pr&eacute;jug&eacute;s bourgeois mesquins: &laquo;<em>Pourquoi le destin d&rsquo;un po&egrave;te changerait-il<\/em><em>? <\/em><em>Mon royaume n&rsquo;est pas de ce monde et ce monde m&rsquo;en veut de ne pas suivre ses r&egrave;gles. Je souffrirai toujours la m&ecirc;me injustice.&raquo; <\/em>(&hellip;)<\/p>\n<p>\n\tSi l&#39;histoire de Paris occup&eacute; nous a appris quelque chose, ce n&#39;est pas que l&#39;utopisme est mort, mais l&#39;illusion que les &eacute;crivains et les artistes, m&ecirc;me les meilleurs parfois, puissent avoir des pr&eacute;tentions particuli&egrave;res au courage, &agrave; la vertu, ou &agrave; la moralit&eacute;. En ce sens, il ne sont ni meilleurs ni pires que l&#39;homme fabriquant un char dans les usines Renault.<em> <\/em><\/p>\n<p>\n\tIan Buruma<\/p>\n<p>\n\t<em>Cet article est paru dans la &laquo;New York Review of Books&raquo; le 24 f&eacute;vrier 2011. Il a &eacute;t&eacute; traduit par Philippe Babo.<\/em><\/p>\n<p>\n\t<em>=&gt; <a href=\"http:\/\/www.booksmag.fr\/histoire\/une-belle-operation-de-seduction\/\" target=\"_blank\">Lire l&#39;int&eacute;gralit&eacute; de cet article sur booksmag.fr<\/a><\/em><\/p>\n<p>\n\t1| John Gerassi, &laquo;Entretiens avec Sartre<em>&raquo;<\/em>, Grasset, 2011 (&laquo;Talking with Sartre, Yale University Press, 2009).<\/p>\n<p>\n\t2| Dans cet article, les mots en italiques sont en fran&ccedil;ais dans le texte.<\/p>\n<p>\n\t3| Jean Paulhan avait dirig&eacute; la prestigieuse &laquo;Nouvelle revue fran&ccedil;aise<em>&raquo;<\/em> (NRF), publi&eacute;e par les &eacute;ditions Gallimard, depuis 1925. Apr&egrave;s une interruption, la NRF reprit sa parution en d&eacute;cembre 1940 sous la direction de Drieu la Rochelle.<\/p>\n<p>\n\t4\/ | Ce fut le cas aussi de Ren&eacute; Char, Michel Leiris et Roger Martin du Gard.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp;Alan Riding, qui a &eacute;t&eacute; douze ans correspondant culturel du &laquo;New York Times&raquo; en Europe, publie aux Etats-Unis un livre sans concession ni moraline sur Saint-Germain-des-Pr&eacute;s au temps des nazis. Il en est question dans un long article traduit par &laquo;BoOks&raquo; ce mois-ci. 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