{"id":1827,"date":"2015-12-11T06:25:15","date_gmt":"2015-12-11T06:25:15","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1827"},"modified":"2015-12-11T01:22:08","modified_gmt":"2015-12-11T01:22:08","slug":"la-genetique-des-populations-et-le-peuple-juif","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-genetique-des-populations-et-le-peuple-juif\/","title":{"rendered":"La G\u00e9n\u00e9tique des Populations et le Peuple Juif"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>EN REPONSE A <a href=\"http:\/\/www.harissa.com\/news\/article\/l%E2%80%99invention-du-peuple-juif-d%E2%80%99apr%C3%A8s-shlomo-sand-par-daniel-horowitz\">L&#39;ARTICLE SUR SHLOMO SAND <\/a><\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>La G&eacute;n&eacute;tique des Populations et le Peuple Juif<\/strong><\/p>\n<p>\n\tM. Fellous , J. Feingold , L.Quintana -Murci <em>(Paris)<\/em>et<\/p>\n<p>\n\tJ.S. Beckmann<em>(<\/em><em>Lausanne<\/em><em>),<\/em>H. Ostrer<em>(<\/em><em>New York<\/em><em>),<\/em>D. Behar<em>(Ha&iuml;fa).<\/em><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>EN REPONSE A <a href=\"http:\/\/www.harissa.com\/news\/article\/l%E2%80%99invention-du-peuple-juif-d%E2%80%99apr%C3%A8s-shlomo-sand-par-daniel-horowitz\">L&#39;ARTICLE SUR SHLOMO SAND <\/a><\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>La G&eacute;n&eacute;tique des Populations et le Peuple Juif<\/strong><\/p>\n<p>\n\tM. Fellous , J. Feingold , L.Quintana -Murci <em>(Paris)<\/em>et<\/p>\n<p>\n\tJ.S. Beckmann<em>(<\/em><em>Lausanne<\/em><em>),<\/em>H. Ostrer<em>(<\/em><em>New York<\/em><em>),<\/em>D. Behar<em>(Ha&iuml;fa).<\/em><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDans son ouvrage publi&eacute; r&eacute;cemment sous le titre &laquo;&nbsp;Comment fut invent&eacute; le peuple juif&nbsp;&raquo; (&eacute;d. Fayard 2008), Shlomo Sand, professeur d&rsquo;histoire contemporaine &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Tel-Aviv, avance l&rsquo;id&eacute;e de la &ldquo;d&eacute;construction d&rsquo;une histoire mythique&ldquo;, celle du Peuple juif, qu&rsquo;il consid&egrave;re comme une pure cr&eacute;ation n&eacute;e de l&rsquo;imaginaire d&rsquo;historiens du XIX<sup>&egrave;me<\/sup> si&egrave;cle. En tant que g&eacute;n&eacute;ticiens nous ne souhaitons pas discuter le concept de peuple et sa d&eacute;finition, mais plut&ocirc;t apporter notre pierre au d&eacute;bat par l&rsquo;&eacute;clairage qu&rsquo;apportent les travaux scientifiques de G&eacute;n&eacute;tique des Populations auxquels ont contribu&eacute; certains d&rsquo;entre nous. En r&eacute;v&eacute;lant des continuit&eacute;s et des coh&eacute;rences entre populations, ces travaux, &agrave; l&rsquo;encontre de l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une &laquo;&nbsp;invention&nbsp;&raquo; du peuple, vont dans le m&ecirc;me sens que des disciplines telles que l&rsquo;histoire ou l&rsquo;arch&eacute;ologie.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa G&eacute;n&eacute;tique des Populations est une science probabiliste qui analyse au moyen d&rsquo;un grand nombre de marqueurs g&eacute;n&eacute;tiques des cohortes d&rsquo;individus importantes. Ces marqueurs &#8211; all&egrave;les ou sites polymorphes &#8211; peuvent varier d&rsquo;un individu &agrave; l&rsquo;autre &#8211; au niveau de leur ADN (g&eacute;notype) ou de leurs caract&egrave;res vari&eacute;s comme les groupes sanguins&nbsp;(ph&eacute;notypes). On estime que deux individus pris au hasard dans la population diff&egrave;rent l&rsquo;un de l&rsquo;autre &agrave; quelques millions de ces sites, suffisamment pour attribuer l&rsquo;unicit&eacute; de chaque individu au niveau de son ADN, sauf &eacute;videmment pour des jumeaux vrais.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOn comprend d&egrave;s lors pourquoi dans cette branche scientifique, il ne peut s&rsquo;agir d&rsquo;&eacute;tudes individuelles, portant sur tel ou tel individu, mais sur un ensemble d&rsquo;individus. Nous parlons alors de fr&eacute;quences all&eacute;liques pour chacun de ces marqueurs, fr&eacute;quences qui peuvent &ecirc;tre significativement plus &eacute;lev&eacute;es dans une population humaine que dans une autre. On estime qu&rsquo;environ 85% de la variabilit&eacute; g&eacute;n&eacute;tique est commune &agrave; toutes les populations humaines, les 15% restants expliquant les diff&eacute;rences notoires comme celles entre les divers groupes ethniques des cinq continents. La conclusion de ces travaux est qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de &laquo;&nbsp;races humaines&nbsp;&raquo;, les diff&eacute;rences inter-populationnelles s&rsquo;exprimant essentiellement en termes de diff&eacute;rences de fr&eacute;quence all&eacute;lique<em>.<\/em><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDans les travaux de G&eacute;n&eacute;tique des Populations, les marqueurs g&eacute;n&eacute;tiques utilis&eacute;s ne sont, en g&eacute;n&eacute;ral, pas des &laquo;&nbsp;g&egrave;nes&nbsp;&raquo; mais de simples changements de paires de bases d&rsquo;ADN, dont la classe la plus fr&eacute;quente est appel&eacute;e SNP (&agrave; prononcer snip). Ces derniers sont pr&eacute;sents en tr&egrave;s grand nombre, quelques bons millions dispers&eacute;s tout le long de notre ADN y compris sur le chromosome Y. Ce chromosome a deux caract&eacute;ristiques h&eacute;r&eacute;ditaires qui le rendent particuli&egrave;rement int&eacute;ressant pour de telles &eacute;tudes. D&rsquo;une part, il se transmet exclusivement de p&egrave;re en fils, et repr&eacute;sente donc un outil id&eacute;al pour des &eacute;tudes de filiation paternelle. D&rsquo;autre part n&rsquo;&eacute;tant pr&eacute;sent qu&rsquo;en une seule copie, il est stable et se transmet de g&eacute;n&eacute;ration en g&eacute;n&eacute;ration sans recombiner (contrairement aux autres chromosomes). Il nous autorise donc un regard historique. Ainsi la pr&eacute;sence de millions de SNP sur nos chromosomes, et en particulier les SNP pr&eacute;sents sur le chromosome Y (il existe au moins 40 types de chromosomes Y dans les diverses populations humaines) a permis de reconstituer ces 10 derni&egrave;res ann&eacute;es l&rsquo;histoire extraordinaire des migrations humaines anciennes.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNous avons &eacute;tudi&eacute; et publi&eacute; la G&eacute;n&eacute;tique des Populations de deux grands groupes de populations juives&nbsp;: les S&eacute;pharades&nbsp;(ou orientaux) et Ashk&eacute;nazes (de l&rsquo;Europe orientale). Nos r&eacute;sultats ainsi que ceux de g&eacute;n&eacute;ticiens travaillant en Italie, Espagne, Angleterre, Isra&euml;l, Afrique du Sud, Tunisie, Maroc ou encore aux USA semblent d&eacute;montrer deux points, objet de la controverse du livre du Pr. S. Sand&nbsp;: d&rsquo;une part, il y a eu exils de populations juives &agrave; partir du Moyen-Orient&nbsp;; d&rsquo;autre part, s&rsquo;il y a eu des conversions au juda&iuml;sme de populations non-juives comme celles des Berb&egrave;res ou Khazars, que personne ne remet en doute, elles semblent minoritaires ou en tout cas ne pas avoir affect&eacute; les caract&eacute;ristiques communes et anciennes de ces groupes du moins en &eacute;tudiant leurs chromosome Y.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPar exemple nos travaux &nbsp;ont montr&eacute; que les Juifs de Djerba, en Tunisie, partagent fr&eacute;quemment les m&ecirc;me types de chromosome Y d&eacute;nomm&eacute;&nbsp; par certain&laquo;&nbsp;cohanim&nbsp;&raquo; compatible avec l&rsquo;histoire orale qui raconte l&rsquo;exil des grands pr&ecirc;tres (ou cohanim) lors de la destruction du premier temple et dont l&rsquo;origine remonte donc au Moyen-Orient. En effet,<\/p>\n<p>\n\tce type de chromosome Y a &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;, a une moindre fr&eacute;quence ,chez d&rsquo;autres populations du Moyen Orient&nbsp;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAutre exemple,&nbsp;les analyses comparatives des marqueurs du chromosome Y de populations &nbsp;S&eacute;pharades vivant en Tunisie, Maroc ou celles des Ashk&eacute;nazes vivant en Pologne ou en Ukraine, avec ceux pr&eacute;sents dans les populations non-juives de ces m&ecirc;mes pays, r&eacute;v&egrave;lent une forte ressemblance entre S&eacute;pharades et Ashk&eacute;nazes et les hommes du Moyen-Orient, ressemblance plus forte qu&rsquo;avec leurs voisins respectifs actuels.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCes r&eacute;sultats renforcent la notion d&rsquo;une origine commune datant d&rsquo;environ une centaine de g&eacute;n&eacute;rations, remontant au Moyen-Orient.&nbsp;En effet, la distribution de ces polymorphismes du chromosome Y &#8211; partag&eacute;s par les S&eacute;pharades et Ashk&eacute;nazes &#8211; se rapprochent,&nbsp;certes avec des fr&eacute;quences&nbsp; diff&eacute;rentes,&nbsp;de ceux des populations Libanaises, Syriennes ou Druzes par exemple.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCes m&ecirc;mes r&eacute;sultats montrent que les S&eacute;pharades d&rsquo;Afrique du Nord &eacute;tudi&eacute;s ressemblent davantage aux Ashk&eacute;nazes d&rsquo;Europe orientale qu&rsquo;aux populations locales des pays o&ugrave; ils vivent ou vivaient comme les Berb&egrave;res (ou les Khazars pour les Ashk&eacute;nazes).<\/p>\n<p>\n\tLes conversions au juda&iuml;sme n&rsquo;ont, semble t-il, pas aussi &eacute;t&eacute; massives&nbsp;que le d&eacute;crit dans son livre le Pr. S. Sand ou, en tout cas, n&rsquo;ont effectivement pas affect&eacute; les caract&eacute;ristiques g&eacute;n&eacute;tiques de ces populations juives.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl est d&rsquo;ailleurs dommage que dans le chapitre V de son livre ou est abord&eacute; ce domaine de la G&eacute;n&eacute;tique des Populations l&rsquo;auteur ne cite pas ces derni&egrave;res donn&eacute;es scientifiques. Il est aussi regrettable qu&rsquo;&agrave; plusieurs reprises il parle de &laquo;&nbsp;g&egrave;nes juifs&nbsp;&raquo;. Comme nous le pr&eacute;cisons, il n&rsquo;y &laquo;&nbsp;ni&nbsp;g&egrave;nes juifs, ni marqueurs g&eacute;n&eacute;tiques juifs&nbsp;&raquo;, encore moins &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle d&rsquo;un individu.<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;auteur aurait pu solliciter l&rsquo;expertise de g&eacute;n&eacute;ticiens du m&ecirc;me campus comme les Professeurs Y. Shiloh&nbsp; ou D.Gurwitz.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;De meme ,dans ce chapitre V&nbsp; son auteur confond connaissance , d&eacute;marche scientifiques et opinion&nbsp;:<\/p>\n<ol>\n<li>\n\t\t<span dir=\"LTR\">la majorit&eacute; des travaux de g&eacute;n&eacute;tiques n&rsquo;ont pas toujours impliqu&eacute; des Isra&eacute;liens mais les USA,UK ,l&rsquo;Italie ou la France,ils ne sont pas tous de religieux orthodoxe avec des arri&egrave;res pens&eacute;es(p 379).L&rsquo;auteur devrait savoir que tous les articles scientifiques de ces&nbsp; domaines sont analys&eacute;s avant leur &eacute;ventuelle publication par des scientifiques anonymes et internationaux&nbsp; de diff&eacute;rentes cultures!<\/span><\/li>\n<li>\n\t\t<span dir=\"LTR\">Il n&rsquo;y a pas de manipulation des r&eacute;sultats comme le sugg&egrave;re son auteur vis-&agrave;-vis du Professeur Mourant&nbsp; le pionner internationalement reconnu dans la G&eacute;n&eacute;tique des groupes sanguin et population!(p 387-379)<\/span><\/li>\n<li>\n\t\t<span dir=\"LTR\">L&rsquo;auteur avance l&rsquo;id&eacute;e que l&rsquo;intifada pouvait avoir modifi&eacute; les d&eacute;marches des chercheurs .&nbsp;!(p 382)<\/span><\/li>\n<li>\n\t\t<span dir=\"LTR\">L&rsquo;auteur dans ce chapitre personnalise avec des remarques &laquo;&nbsp;personnelles&nbsp;&raquo; sur les chercheurs&nbsp; qui participent a ces travaux! (p 384- 381) Non&nbsp; la d&eacute;marche&nbsp; des chercheurs n&rsquo;est&nbsp; pas orient&eacute;e par leurs opinions politiques ou religieuses.<\/span><\/li>\n<\/ol>\n<p>\n\tTous les articles dans ces domaines impliquent des collaborations internationales avec des religions et opinions tr&egrave;s vari&egrave;es de leurs auteurs .Il en est de m&ecirc;me pour les rewievers de nos articles.Cette remarque est d&eacute;sobligeante pour notre int&eacute;grit&eacute; scientifique&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDe plus l&rsquo;histoire des Populations du Monde doit int&eacute;grer, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la G&eacute;n&eacute;tique des Populations, les donn&eacute;es historiques, linguistiques, arch&eacute;ologiques ou celles sur les maladies h&eacute;r&eacute;ditaires. Ainsi parmi celles-ci,&nbsp;certaines tr&egrave;s rares,&nbsp;sont retrouv&eacute;es &agrave; la fois chez les S&eacute;pharades et les Ashk&eacute;nazes, sugg&eacute;rant leur pr&eacute;sence bien avant leur l&rsquo;exil du Moyen-Orient et la s&eacute;paration historique de ces deux groupes. Au contraire d&rsquo;autres mutations semblent sp&eacute;cifiques ou plus fr&eacute;quentes chez, respectivement, les Ashk&eacute;nazes (Tay-Sachs) ou les S&eacute;pharades (Fi&egrave;vre m&eacute;diterran&eacute;enne) car apparues apr&egrave;s leur exil et s&eacute;paration&nbsp;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl est fascinant de constater que l&rsquo;application des outils d&rsquo;analyses modernes de notre patrimoine g&eacute;n&eacute;tique nous offre la possibilit&eacute; de reconstruire certaines pages de l&rsquo;histoire de divers groupes humains. Pour les historiens, cela devrait repr&eacute;senter une riche source d&rsquo;information &agrave; ne pas n&eacute;gliger.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; EN REPONSE A L&#39;ARTICLE SUR SHLOMO SAND &nbsp; La G&eacute;n&eacute;tique des Populations et le Peuple Juif M. Fellous , J. Feingold , L.Quintana -Murci (Paris)et J.S. Beckmann(Lausanne),H. Ostrer(New York),D. 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