{"id":1889,"date":"2011-06-10T17:30:46","date_gmt":"2011-06-10T17:30:46","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1889"},"modified":"2011-06-10T17:30:46","modified_gmt":"2011-06-10T17:30:46","slug":"aida-masada","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/aida-masada\/","title":{"rendered":"A\u00efda a Masada"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Giuseppe Verdi (1813-1901)<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong><em>A&Iuml;DA<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n\top&eacute;ra en 4 actes (1871)<\/p>\n<p>\n\tlivret d&rsquo;Antonio Ghislanzoni<\/p>\n<p>\n\td&rsquo;apr&egrave;s un sc&eacute;nario d&rsquo;Auguste Mariette<\/p>\n<p>\n\tMise en sc&egrave;ne, Charles Roubaud<\/p>\n<p>\n\tD&eacute;cors, Emmanuelle Favre<\/p>\n<p>\n\tCostumes, Denise (Katia) Duflot<\/p>\n<p>\n\tLumi&egrave;res, Avi-Yona Bueno (Bambi)<\/p>\n<p>\n\tChor&eacute;graphie, Fin Walker<\/p>\n<p>\n\tSon, Bryan Grant<\/p>\n<p>\n\tVid&eacute;o, Nicolas Topor<\/p>\n<p>\n\tA&iuml;da, Kristin Lewis<\/p>\n<p>\n\tAmn&eacute;ris, Marianne Cornetti<\/p>\n<p>\n\tRadam&egrave;s, Marco Berti<\/p>\n<p>\n\tAmonasro, Alberto Gazale<\/p>\n<p>\n\tRamfis, Paata Burchuladze<\/p>\n<p>\n\tLe Roi, Carlo Striuli<\/p>\n<p>\n\tUn messager, Yosef Aridan<\/p>\n<p>\n\tUne pr&ecirc;tresse, Efrat Ashkenazi<\/p>\n<p>\n\tThe Israeli Opera Chorus<\/p>\n<p>\n\tMembers of the Tel-Aviv Philharmonic Choir<\/p>\n<p>\n\tThe Opera Orchestra &#8211; The Israel Symphony Orchestra Rishon LeZion<\/p>\n<p>\n\tDirection musicale, Daniel Oren<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tThe Israeli Opera Festival, Masada, 4 juin 2011, 22h<\/p>\n<p>\n\t<strong>Kristine Lewis, c&eacute;leste A&iuml;da<\/strong><\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;op&eacute;ra peut-il se satisfaire de repr&eacute;sentations en plein air &agrave; grands coups de figurants, de baffles et de lasers ? On pensait depuis longtemps avoir la r&eacute;ponse &agrave; cette question et voil&agrave; que cette <em>A&iuml;da<\/em> propos&eacute;e par l&rsquo;Israeli Opera Festival fait vaciller nos certitudes. D&eacute;j&agrave;, la prouesse de faire ainsi surgir d&rsquo;une terre aride un spectacle lyrique abouti m&eacute;rite consid&eacute;ration. Puis l&rsquo;utilisation comme &eacute;l&eacute;ment de d&eacute;cor du site de Masada, ce symbole de la r&eacute;sistance juive pos&eacute; en plein d&eacute;sert, impressionne. Employ&eacute;, ou au contraire effac&eacute;, par les &eacute;clairages savants d&rsquo;<strong>Avi-Yona Bueno <\/strong>(dit Bambi), le rocher habite la repr&eacute;sentation de sa masse parall&eacute;l&eacute;pip&eacute;dique jusqu&rsquo;au coup de th&eacute;&acirc;tre final o&ugrave;, devenu galaxie, il transfigure les amours d&rsquo;A&iuml;da et de Radam&egrave;s. Ce sont d&rsquo;ailleurs les lumi&egrave;res &ndash; magnifiques &ndash;, plus que la mise en sc&egrave;ne, qui donnent vie &agrave; l&rsquo;op&eacute;ra de Verdi. <strong>Charles Roubaud<\/strong>, comme pour son r&eacute;cent <em>Trouv&egrave;re<\/em> bordelais (voir <a href=\"http:\/\/www.forumopera.com\/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2524&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54\">notre compte-rendu<\/a>), se pr&eacute;occupe moins de th&eacute;&acirc;tre que d&rsquo;effets visuels (citons parmi eux l&rsquo;arriv&eacute;e tr&egrave;s po&eacute;tique d&rsquo;A&iuml;da &agrave; dos de chameau au d&eacute;but de l&rsquo;acte du Nil). Et comme toujours en de pareils cas, charge aux interpr&egrave;tes, livr&eacute;s &agrave; eux-m&ecirc;mes, d&rsquo;occuper l&rsquo;espace et d&rsquo;animer leur r&ocirc;le.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tVoil&agrave; qui n&rsquo;est pas pour arranger les affaires de <strong>Marianne Cornetti<\/strong> qui, emp&ecirc;tr&eacute;e dans le grand drap blanc qui lui sert de robe, tra&icirc;ne son Amn&eacute;ris comme une tortue sa carapace. Heureusement, le chant n&rsquo;a rien perdu de son impact et, apr&egrave;s une premi&egrave;re partie en retrait, la mezzo-soprano am&eacute;ricaine donne enfin sa mesure dans la grande sc&egrave;ne du quatri&egrave;me acte o&ugrave; il faut tout l&rsquo;obscurantisme des pr&ecirc;tres pour ne pas c&eacute;der &agrave; la fureur de ses invectives.<\/p>\n<p>\n\tTout aussi embarrass&eacute; sc&eacute;niquement mais nettement moins efficace vocalement, <strong>Marco Berti<\/strong> ne semble pas ce soir dans son assiette. On mettra sur le compte d&rsquo;une m&eacute;forme les erreurs d&rsquo;intonation et l&rsquo;absence de nuances qui handicapent son Radam&egrave;s. Les autres r&ocirc;les masculins ne font pas plus dans la finesse. Les accents expressionnistes d&rsquo;<strong>Alberto Gazale <\/strong>tirent Amonasro vers l&rsquo;anthropopith&egrave;que et <strong>Paata Burchuladze<\/strong> noircit son Ramfis &agrave; l&rsquo;exc&egrave;s.<\/p>\n<p>\n\tA vrai dire, ces malfa&ccedil;ons qui en d&rsquo;autres temps auraient pu nous contrarier nous laissent ce soir indiff&eacute;rent, trop occup&eacute; que nous sommes, sous un ciel t&acirc;ch&eacute; d&rsquo;&eacute;toiles, &agrave; assister &agrave; la naissance d&rsquo;une A&iuml;da. De l&rsquo;h&eacute;ro&iuml;ne de Verdi, <strong>Kristin Lewis<\/strong> a la peau sombre et la silhouette rac&eacute;e. Le geste, naturel quand nous regrettions qu&rsquo;il ne soit pas inn&eacute; chez ses partenaires, trahit la noble ascendance : fille de roi et non esclave de Pharaon. Combien de cantatrices savent ainsi emplir la sc&egrave;ne de leur pr&eacute;sence et charger de sens un simple bras tendu ? On pense &agrave; Callas &eacute;videmment et cela nous vaut d&rsquo;enfin comprendre l&rsquo;amour et la trahison de Radam&egrave;s, la jalousie d&rsquo;Amn&eacute;ris, les ficelles d&rsquo;un argument qui jusque l&agrave; nous avait sembl&eacute; tir&eacute; par les cheveux. On pourrait croire qu&rsquo;une telle composition th&eacute;&acirc;trale renvoie au second plan l&rsquo;interpr&eacute;tation musicale, voire qu&rsquo;elle autorise la chanteuse &agrave; prendre ses aises avec la partition. Il n&rsquo;en est rien. Dans un r&ocirc;le r&eacute;put&eacute; pour ses exigences, la voix se meut avec une aisance &eacute;tonnante. Le timbre poss&egrave;de une chair dense. Le grave est audible (ce que l&rsquo;on peut porter au cr&eacute;dit des micros), la ligne de chant royale et l&rsquo;aigu apparemment sans limite. Combien de sopranos sont ainsi capables de filer l&rsquo;Ut du Nil ? C&rsquo;est &agrave; Leontyne Price cette fois que l&rsquo;on pense.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOn a connu ch&oelig;urs plus envoutants, dans une &oelig;uvre qui leur fait la part belle, que ceux form&eacute;s par l&rsquo;association de l&rsquo;<strong>Israeli Opera Chorus<\/strong> et du <strong>Tel-Aviv Philharmonic Choir<\/strong>. La direction de <strong>Daniel Oren<\/strong> n&rsquo;appelle en revanche aucun reproche. La maitrise avec laquelle le chef conduit dans des conditions inhabituelles une &oelig;uvre &agrave; l&rsquo;architecture complexe tient de l&rsquo;exploit. Le tempo adopt&eacute; est plus rapide que la moyenne, au point parfois de ne pas laisser suffisamment le temps &agrave; l&rsquo;oreille d&rsquo;appr&eacute;cier le raffinement de l&rsquo;orchestration. Le r&eacute;sultat demeure d&rsquo;une efficacit&eacute; remarquable. Saluons aussi la qualit&eacute; du syst&egrave;me de sonorisation, indispensable dans un tel lieu, qui s&rsquo;il place les voix au premier plan pr&eacute;serve le relief des instruments. On retrouvera cette <em>A&iuml;da<\/em> au pied du mur d&rsquo;Orange dans quelques semaines mais sans Daniel Oren, ni Kristin Lewis. Dommage.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Christophe Rizoud<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Giuseppe Verdi (1813-1901) A&Iuml;DA op&eacute;ra en 4 actes (1871) livret d&rsquo;Antonio Ghislanzoni d&rsquo;apr&egrave;s un sc&eacute;nario d&rsquo;Auguste Mariette Mise en sc&egrave;ne, Charles Roubaud D&eacute;cors, Emmanuelle Favre Costumes, Denise (Katia) Duflot Lumi&egrave;res, Avi-Yona Bueno (Bambi) Chor&eacute;graphie, Fin Walker Son, Bryan Grant Vid&eacute;o, Nicolas Topor A&iuml;da, Kristin Lewis Amn&eacute;ris, Marianne Cornetti Radam&egrave;s, Marco Berti Amonasro, Alberto Gazale&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":15880,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[12,1],"tags":[],"class_list":["post-1889","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-israel","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1889","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1889"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1889\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15880"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1889"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1889"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1889"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}