{"id":1901,"date":"2011-06-12T18:44:44","date_gmt":"2011-06-12T18:44:44","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1901"},"modified":"2011-06-12T18:51:53","modified_gmt":"2011-06-12T18:51:53","slug":"comment-nait-une-rumeur-raciste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/comment-nait-une-rumeur-raciste\/","title":{"rendered":"Comment na\u00eet une rumeur raciste"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h1 id=\"titre-contenu-ppal\">\n\tComment na&icirc;t une rumeur raciste<\/h1>\n<div class=\"object-right\" sizcache=\"15\" sizset=\"113\">\n<div class=\"menu-diapo\" id=\"menudiaporama\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"photo-article\" id=\"diapocontainer\" rel=\"\/var\/plain_site\/storage\/images\/actualites\/info-regionale\/comment-nait-une-rumeur-raciste\/5427008-1-fre-FR\/Comment-nait-une-rumeur-raciste_medium.jpg\" sizcache=\"15\" sizset=\"113\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div sizcache=\"15\" sizset=\"114\">\n<div class=\"publicite Position1\" sizcache=\"15\" sizset=\"114\">\n<script><\/script>\t\t\t<a href=\"http:\/\/memorix.sdv.fr\/5c\/www.courrier-picard.fr\/infoslocales\/divers_articles\/1610276999\/Position1\/SDVG_CP\/default\/empty.gif\/5446376f466b695a466b4141422b6955\" sizcache=\"13\" sizset=\"13\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" height=\"1\" src=\"http:\/\/memorix.sdv.fr\/5\/www.courrier-picard.fr\/infoslocales\/divers_articles\/1610276999\/Position1\/SDVG_CP\/default\/empty.gif\/5446376f466b695a466b4141422b6955?courrier&amp;picard&amp;actualite&amp;quotidien&amp;regional&amp;\" width=\"1\" \/><\/a><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"sous-titre\">\n<p>\n\t\tEn 1974, Jean-Pierre Garcia, directeur du festival du film d&rsquo;Amiens, s&rsquo;est battu contre une rumeur antis&eacute;mite. Aujourd&rsquo;hui, il analyse celle des Roumains voleurs d&rsquo;enfants.<\/p>\n<\/div>\n<p>\n\tDes citoyens roumains &agrave; bord d&rsquo;un fourgon blanc qui s&rsquo;arr&ecirc;tent &agrave; proximit&eacute; d&rsquo;&eacute;tablissements scolaires. Des enfants qui sont enlev&eacute;s et qui disparaissent, conduits dans un lieu inconnu o&ugrave; certains de leurs organes seront pr&eacute;lev&eacute;s dans le cadre d&rsquo;un trafic international&#8230;<\/p>\n<p>\n\tEn quelques jours, la rumeur s&rsquo;est r&eacute;pandue simultan&eacute;ment &agrave; Amiens, Beauvais et Saint- Quentin. Les maires, les services de police, les pr&eacute;fectures d&eacute;mentent, mais rien n&rsquo;y fait. La rumeur poursuit son chemin tortueux avant de s&rsquo;&eacute;teindre progressivement pour, telle l&rsquo;hydre, rena&icirc;tre dans quelques mois ou quelques ann&eacute;es.<\/p>\n<p>\n\tCe ph&eacute;nom&egrave;ne, Jean-Pierre Garcia le conna&icirc;t bien. Il n&rsquo;&eacute;tait pas encore directeur du Festival international du film d&rsquo;Amiens, mais il &eacute;tait d&eacute;j&agrave; militant antiraciste et responsable du Mouvement contre le racisme et pour l&rsquo;amiti&eacute; entre les peuples (MRAP) lorsqu&rsquo;est apparue, en 1974, ce qui devait s&rsquo;appeler &laquo; la rumeur d&rsquo;Amiens &raquo; et qui fit l&rsquo;objet d&rsquo;un film du m&ecirc;me nom, o&ugrave; Jean-Pierre Garcia interpr&eacute;tait son propre r&ocirc;le.<\/p>\n<p>\n\t<i>&laquo; Il se disait que des jeunes femmes, se rendant chez un commer&ccedil;ant de v&ecirc;tements du centre-ville, disparaissaient alors qu&rsquo;elles se trouvaient dans la cabine d&rsquo;essayage. On racontait que, par la suite, elles &eacute;taient conduites de force dans divers pays et contraintes de se livrer &agrave; la prostitution &raquo;<\/i>, se souvient-il.<\/p>\n<p>\n\tCette rumeur se d&eacute;veloppa &eacute;galement &agrave; Orl&eacute;ans et &agrave; Chalon-sur-Sa&ocirc;ne.<\/p>\n<p>\n\tEt elle est loin d&rsquo;&ecirc;tre innocente, cette rumeur d&rsquo;Amiens. Car le commer&ccedil;ant d&eacute;sign&eacute; avait la particularit&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre juif. &laquo;<i> Les gens ne disaient pas &quot;juif&quot;. Ils employaient plut&ocirc;t le terme &quot;isra&eacute;lite&quot;, comme si celles et ceux qui colportaient la rumeur ne voulaient pas &ecirc;tre tax&eacute;s d&rsquo;antis&eacute;mitisme. Rien n&rsquo;a v&eacute;ritablement chang&eacute; &agrave; ce point de vue. Hier, on disait isra&eacute;lite pour ne pas dire juif. Aujourd&rsquo;hui, on dit Roumain pour ne pas dire Rom. Cette rumeur renvoie au vieux mythe des gitans voleurs d&rsquo;enfants &raquo;<\/i>, explique Jean-Pierre Garcia.<\/p>\n<p>\n\tIl est tr&egrave;s difficile, voire impossible de trouver l&rsquo;origine pr&eacute;cise, voire l&rsquo;auteur, d&rsquo;une telle all&eacute;gation. En revanche, les raisons de son apparition, puis de son d&eacute;veloppement sont plus claires.<\/p>\n<p>\n\t&laquo;<i> Souvent les rumeurs traduisent une inqui&eacute;tude profonde chez les gens, d&rsquo;ordre social. Elles sont l&rsquo;expression d&rsquo;une inqui&eacute;tude sur l&rsquo;avenir, souligne Jean-Pierre Garcia. Il est important de noter que la rumeur est tr&egrave;s souvent colport&eacute;e par des personnes fragilis&eacute;es : de jeunes filles ou des adolescentes, des personnes &acirc;g&eacute;es ou plus simplement des femmes et des hommes qui vivent seuls. Mais l&rsquo;important, c&rsquo;est &eacute;galement la cible de la rumeur. Ce qui m&rsquo;avait choqu&eacute; en 1974, c&rsquo;est que la rumeur visait uniquement des commer&ccedil;ants juifs. Ces derniers temps, les Roms ont &eacute;t&eacute; la cible de nombreuses attaques. Comme par hasard, ce sont eux qui sont d&eacute;sign&eacute;s comme des voleurs d&rsquo;enfants. &raquo; <\/i><br \/>\n\tLa vieille rengaine du bouc &eacute;missaire est toujours l&agrave;. Dans ce contexte, la rumeur peut s&rsquo;av&eacute;rer bien utile &agrave; certains. <i>&laquo; Elle est sans doute tr&egrave;s utile &agrave; ceux qui veulent d&eacute;tourner l&rsquo;attention des gens de la r&eacute;alit&eacute;, selon le vieux principe qui veut que, pendant qu&rsquo;on parle de &ccedil;a, on ne parle pas d&rsquo;autre chose <\/i>&raquo;, confirme le directeur du festival d&rsquo;Amiens.<\/p>\n<p>\n\tReste que si elles sont puissantes et sournoises, les rumeurs ne sont pas invincibles. &laquo;<i> Il est &eacute;vident que des journaux comme <\/i>Le Courrier picard<i> ont un r&ocirc;le important &agrave; jouer, en v&eacute;rifiant l&rsquo;information et en la d&eacute;mentant lorsqu&rsquo;elle est fausse. <\/i><\/p>\n<p>\n\t<i>Toute personne qui, &agrave; un titre ou &agrave; un autre, est une autorit&eacute; morale &agrave; son r&ocirc;le &agrave; jouer, qu&rsquo;il s&#39;agisse du professeur des &eacute;coles du commissaire de police, du maire ou du pr&eacute;fet &raquo;<\/i><\/p>\n<p>\n\tToutes ces rumeurs naus&eacute;abondes, Jean-Pierre Garcia les combat depuis des ann&eacute;es par la parole mais aussi par l&rsquo;action. Il sait bien que c&rsquo;est par la connaissance de l&rsquo;autre qu&rsquo;on apprend &agrave; avoir moins peur de lui. &Agrave; sa fa&ccedil;on, le Festival international du cin&eacute;ma d&rsquo;Amiens contribue &agrave; cette action importante.<\/p>\n<p class=\"signature\">\n\tGEORGES CHARRI&Egrave;RES&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Comment na&icirc;t une rumeur raciste &nbsp; &nbsp; En 1974, Jean-Pierre Garcia, directeur du festival du film d&rsquo;Amiens, s&rsquo;est battu contre une rumeur antis&eacute;mite. Aujourd&rsquo;hui, il analyse celle des Roumains voleurs d&rsquo;enfants. Des citoyens roumains &agrave; bord d&rsquo;un fourgon blanc qui s&rsquo;arr&ecirc;tent &agrave; proximit&eacute; d&rsquo;&eacute;tablissements scolaires. 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