{"id":1907,"date":"2011-06-13T16:18:55","date_gmt":"2011-06-13T16:18:55","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1907"},"modified":"2011-06-13T16:18:55","modified_gmt":"2011-06-13T16:18:55","slug":"erdogan-le-nouveau-sultan-turc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/erdogan-le-nouveau-sultan-turc\/","title":{"rendered":"Erdogan, le nouveau sultan turc"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h1>\n\tErdogan, le nouveau sultan turc<\/h1>\n<h4>\n\t&nbsp;<\/h4>\n<p class=\"sstitre\">\n\tL&rsquo;AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir &agrave; Ankara, a emport&eacute; les &eacute;lections l&eacute;gislatives hier. Le Premier ministre, qui ne cache pas ses ambitions pr&eacute;sidentielles, va entamer son troisi&egrave;me mandat.<\/p>\n<div class=\"clear\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<p class=\"clear  authors\">\n\t<small>Par <strong>MARC SEMO<\/strong> <small>Envoy&eacute; sp&eacute;cial &agrave; Ankara<\/small><\/small><\/p>\n<div class=\"articleContent\">\n<p>\n\t\tC&rsquo;&eacute;tait il y a un peu plus d&rsquo;un an, le 23 avril 2010, jour de la f&ecirc;te des enfants institu&eacute;e par Mustafa Kemal Atat&uuml;rk, le fondateur de la R&eacute;publique en 1923. Dans toute la Turquie ce jour-l&agrave;, les charges des responsables les plus importants, gouverneurs, ministres, pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, sont, pour quelques instants, confi&eacute;es &agrave; des &eacute;l&egrave;ves m&eacute;ritants. Dans l&rsquo;aust&egrave;re b&acirc;timent qui abrite les bureaux du Premier ministre &agrave; Kizilay, au centre d&rsquo;Ankara, Recep Tayyip Erdogan donne son fauteuil &agrave; une &eacute;coli&egrave;re du primaire. <em>&laquo;C&rsquo;est toi maintenant qui as le pouvoir&raquo;,<\/em> lance le Premier ministre et leader du parti islamo-conservateur, au pouvoir depuis neuf ans. Puis il ajoute en souriant: <em>&laquo;Si tu veux pendre tu pends, si tu veux couper tu coupes.&raquo;<\/em> Une allusion &agrave; l&rsquo;ancienne formule de d&eacute;f&eacute;rence pour le sultan disposant du droit de vie et de mort sur ses sujets. Ses collaborateurs rient. Diffus&eacute;e &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision, la sc&egrave;ne scandalise en revanche tous ceux qui s&rsquo;inqui&egrave;tent des tendances autoritaires de l&rsquo;ancien maire d&rsquo;Istanbul.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>&laquo;Mon&raquo; ministre, &laquo;mon&raquo; pr&eacute;fet.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tIl ne s&rsquo;agit certes que d&rsquo;une boutade mais elle r&eacute;v&egrave;le aussi le rapport au pouvoir d&rsquo;un Premier ministre reconduit hier pour la troisi&egrave;me fois cons&eacute;cutive dans ses fonctions. Recep Tayyip Erdogan a r&eacute;guli&egrave;rement annonc&eacute; que ce serait la derni&egrave;re, au nom de la r&egrave;gle qu&rsquo;il a lui-m&ecirc;me instaur&eacute;e dans le parti, limitant &agrave; trois mandats cons&eacute;cutifs les charges de d&eacute;put&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t\tMais le chef charismatique de l&rsquo;AKP, le Parti de la justice et du d&eacute;veloppement, parti islamiste qui se pr&eacute;sente d&eacute;sormais comme <em>&laquo;d&eacute;mocrate conservateur&raquo;<\/em>, ne cache pas sa volont&eacute; de devenir ensuite le premier Pr&eacute;sident &eacute;lu au suffrage universel de Turquie. Un pr&eacute;sident dot&eacute; de vrais pouvoirs comme aux Etats-Unis ou en France, ce qui implique un changement constitutionnel. Dans ses discours, il dit toujours <em>&laquo;mon&raquo;<\/em> ministre, <em>&laquo;mon&raquo;<\/em> pr&eacute;fet. Il aime aussi &agrave; afficher ses liens <em>&laquo;d&rsquo;amiti&eacute;&raquo;<\/em> avec des chefs d&rsquo;Etat &eacute;trangers, notamment Vladimir Poutine ou Silvio Berlusconi. Ou, dans la r&eacute;gion, avec le Syrien Bachar al-Assad, qu&rsquo;il croyait pouvoir convaincre d&rsquo;&eacute;couter son peuple avant de se rendre &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence (lire page 4).<\/p>\n<p>\n\t\tRecep Tayyip Erdogan, 57 ans, est assur&eacute;ment l&rsquo;homme politique le plus puissant de Turquie depuis Atat&uuml;rk. <em>&laquo;Sa force est de se sentir investi d&rsquo;une mission: redonner toute sa place &agrave; l&rsquo;islam en Turquie et redonner &agrave; la Turquie h&eacute;riti&egrave;re de l&rsquo;empire ottoman son rang dans le monde&raquo;,<\/em> explique un diplomate europ&eacute;en qui le conna&icirc;t de longue date.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>&laquo;La d&eacute;mocratie est un moyen, pas une fin&raquo;.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tIl est le fondateur du parti et son seul vrai patron. En un peu moins d&rsquo;une d&eacute;cennie, l&rsquo;&laquo;Akparti&raquo; &#8211; le &laquo;parti blanc&raquo;, c&rsquo;est-&agrave;-dire sans p&eacute;ch&eacute;, comme l&rsquo;appellent ses partisans &#8211; a pris en main tous les rouages de l&rsquo;Etat, et fait du pays devenu la 17<sup>e<\/sup> puissance &eacute;conomique mondiale et un membre du G20, avec une &eacute;conomie en plein boom. Pilier du flanc sud-est de l&rsquo;Otan, la Turquie s&rsquo;affirme comme une puissance globale et comme acteur r&eacute;gional majeur. Apr&egrave;s un demi-si&egrave;cle d&rsquo;attente, Ankara a finalement entam&eacute; en 2005 les n&eacute;gociations d&rsquo;adh&eacute;sion avec l&rsquo;Union europ&eacute;enne. Puis l&rsquo;enlisement de ce processus a incit&eacute; Ankara &agrave; regarder vers d&rsquo;autres horizons. Les r&eacute;formes, depuis, marquent le pas. Le bilan n&rsquo;en est pas moins impressionnant.<\/p>\n<p>\n\t\t<em>&laquo;Recep Tayyip Erdogan a autant &eacute;t&eacute; transform&eacute; par l&rsquo;Etat qu&rsquo;il a transform&eacute; l&rsquo;Etat&raquo;,<\/em> r&eacute;sume Rusen Cakir, sp&eacute;cialiste de l&rsquo;islam politique turc, auteur d&rsquo;une biographie du leader de l&rsquo;AKP datant de 2002. C&rsquo;est la seule hormis quelques ouvrages hagiographiques et une poign&eacute;e de pamphlets. L&rsquo;exercice est d&eacute;licat, alors m&ecirc;me que le Premier ministre multiplie les plaintes contre les articles ou les caricatures l&eacute;sant son <em>&laquo;honneur&raquo;<\/em>. <em>&laquo;Toute marque d&rsquo;opposition lui semble quelque chose d&rsquo;impie&raquo;, <\/em>soupire un ancien d&eacute;put&eacute; de l&rsquo;AKP. A chaque scrutin, une bonne moiti&eacute; d&rsquo;entre eux, voire les deux tiers comme cette ann&eacute;e, sont exclus des listes des candidats.<\/p>\n<p>\n\t\tLa d&eacute;mocratie fut un choix de raison pour Recep Erdogan qui, maire islamiste d&rsquo;Istanbul, expliquait encore en 1994 qu&rsquo;elle <em>&laquo;repr&eacute;sente un moyen et non une fin&raquo;<\/em>. Etudiant, il avait milit&eacute; &agrave; Milli G&ouml;rus (la voie nationale), l&rsquo;organisation du vieux chef islamiste Necmettin Erbakan, pourfendeur des <em>&laquo;complots de l&rsquo;Occident et des juifs&raquo;<\/em>. Il l&rsquo;a suivi dans ses partis successifs, r&eacute;guli&egrave;rement interdits, puis au Refah, devenu en 1995 la premi&egrave;re force politique du pays (21,5% des voix). Il se pose d&eacute;j&agrave; en moderniste.<\/p>\n<p>\n\t\tLe grand tournant a lieu en 1997, quand l&rsquo;arm&eacute;e, sans m&ecirc;me d&eacute;ployer ses chars, oblige Erbakan &agrave; d&eacute;missionner de son poste de Premier ministre puis interdit le Refah. <em>&laquo;Il a alors compris qu&rsquo;il &eacute;tait impossible de d&eacute;fier frontalement l&rsquo;Etat et qu&rsquo;il fallait inventer quelque chose de neuf m&ecirc;lant valeurs traditionnelles et ouverture au monde&raquo;, <\/em>explique Mehmet Metiner, un de ses anciens conseillers, relevant que c&rsquo;est alors qu&rsquo;il r&eacute;alise <em>&laquo;comment la voie europ&eacute;enne et les r&eacute;formes qu&rsquo;elle impose repr&eacute;sentent la meilleure garantie de libert&eacute; d&rsquo;expression et de d&eacute;veloppement pour l&rsquo;islam politique turc&raquo;<\/em>. Le tournant est pris. Quatre mois de prison <em>&laquo;pour incitation &agrave; la haine religieuse&raquo;<\/em> ne l&rsquo;emp&ecirc;chent pas de se lancer dans cette nouvelle aventure. Le parti triomphe aux &eacute;lections de 2002 avec 34,3% des voix. <em>&laquo;Ce fut une r&eacute;volution sociale avec l&rsquo;affirmation d&rsquo;une nouvelle bourgeoisie conservatrice et industrieuse anatolienne contre les vieilles &eacute;lites r&eacute;publicaines&raquo;,<\/em> souligne le politologue Soli Ozel.<\/p>\n<p>\n\t\tEn 2007, sur fond de bras de fer avec l&rsquo;arm&eacute;e et le camp la&iuml;c, l&rsquo;AKP accro&icirc;t encore son avantage avec 47 % des voix. <em>&laquo;Jusque-l&agrave;, l&rsquo;AKP &eacute;tait au gouvernement sans avoir vraiment le pouvoir. Depuis, Erdogan a mis l&rsquo;arm&eacute;e au pas et chang&eacute; la haute magistrature&raquo;,<\/em> explique l&rsquo;universitaire Menderes Cinar.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Femme et filles voil&eacute;es.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tGosse de pauvres de Kasimpasa, bas quartier de la partie europ&eacute;enne d&rsquo;Istanbul, ancien &eacute;l&egrave;ve d&rsquo;un &laquo;imam hatip&raquo; (lyc&eacute;e professionnel destin&eacute; &agrave; former les imams), Erdogan n&rsquo;a jamais aim&eacute; Ankara, la capitale r&eacute;publicaine cr&eacute;&eacute;e par Atat&uuml;rk sur le plateau anatolien. D&egrave;s qu&rsquo;il le peut, il revient dans son Istanbul et sa belle maison sur la rive asiatique du Bosphore. Inlassable d&eacute;fenseur des valeurs familiales &#8211; il compte remplacer le minist&egrave;re des Droits de la femme par un minist&egrave;re de la Famille -, il y vit avec sa femme Emine, toujours en foulard dans ses apparitions publiques. Il a deux fils et deux filles qui ont &eacute;tudi&eacute; aux Etats-Unis afin de pouvoir librement porter le voile.<\/p>\n<p>\n\t\tSes bureaux stambouliotes sont dans un pavillon annexe de Dolmabah&ccedil;e, l&rsquo;immense palais imp&eacute;rial construit au milieu du XIX<sup>e<\/sup>. Il aime y recevoir en grande pompe les chefs d&rsquo;Etat. Mais jamais il n&rsquo;a oubli&eacute; d&rsquo;o&ugrave; il venait. <em>&laquo;Il est issu d&rsquo;un milieu vraiment populaire et il en joue tr&egrave;s bien&raquo;,<\/em> souligne l&rsquo;universitaire Ahmet Insel, directeur de la revue <em>Birikim<\/em>. C&rsquo;est un tribun fort en gueule, qui alterne mots savants et accents faubouriens pour parler du quotidien difficile <em>&laquo;des Turcs si pauvres dans un pays si riche&raquo;<\/em>. Chaleureux, direct, il aime &agrave; raconter comment, enfant, il vendait des <em>&laquo;simit&raquo;<\/em> (pain en anneau recouvert de s&eacute;same) pour aider sa famille &agrave; joindre les deux bouts.<\/p>\n<p>\n\t\tAujourd&rsquo;hui encore, il n&rsquo;h&eacute;site pas &agrave; arr&ecirc;ter un cort&egrave;ge officiel pour acheter des <em>simit<\/em> &agrave; un vendeur ambulant. Dipl&ocirc;m&eacute; d&rsquo;une universit&eacute; de commerce, ce n&rsquo;est pas un intellectuel raffin&eacute;. <em>&laquo;Mais il pense vite et a un incroyable sens de la r&eacute;partie&raquo;<\/em>, confie un ancien collaborateur. Avec des formules choc, parfois douteuses. Exasp&eacute;r&eacute; par les r&eacute;centes critiques de la presse occidentale, il a &eacute;ruct&eacute; contre <em>&laquo;le gang global&raquo;<\/em> et <em>&laquo;le capital juif&raquo;<\/em>. Devant les foules, il se laisse emporter par sa rh&eacute;torique comme &agrave; Cologne, en Allemagne, o&ugrave; devant des immigr&eacute;s turcs, il fustigea <em>&laquo;l&rsquo;assimilation comme un crime contre l&rsquo;humanit&eacute;&raquo;<\/em>. Mais il excelle aussi &agrave; adapter son discours. <em>&laquo;Il peut, en une m&ecirc;me semaine, parler simultan&eacute;ment d&eacute;mocratie aux Kurdes, religion dans les mosqu&eacute;es, k&eacute;malisme &agrave; Ankara, Europe &agrave; Bruxelles et s&eacute;curit&eacute; &agrave; Washington&raquo;,<\/em> ironise un diplomate. Habile politique, il a toujours su reculer quand le rapport de forces n&rsquo;&eacute;tait pas favorable. Saura-t-il montrer le m&ecirc;me pragmatisme quant &agrave; ses ambitions de transformer la Turquie en R&eacute;publique pr&eacute;sidentielle ?<\/p>\n<p>\n\t\tAu sein de son propre parti, les r&eacute;ticences sont fortes. L&rsquo;intelligentsia lib&eacute;rale, qui soutenait au d&eacute;but l&rsquo;AKP, est vent debout. Le juriste Baskin Oran rappelle que <em>&laquo;la R&eacute;publique pr&eacute;sidentielle peut &ecirc;tre dangereuse dans un pays devenu une d&eacute;mocratie depuis &agrave; peine un demi-si&egrave;cle&raquo;.&nbsp;<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Erdogan, le nouveau sultan turc &nbsp; L&rsquo;AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir &agrave; Ankara, a emport&eacute; les &eacute;lections l&eacute;gislatives hier. Le Premier ministre, qui ne cache pas ses ambitions pr&eacute;sidentielles, va entamer son troisi&egrave;me mandat. &nbsp; Par MARC SEMO Envoy&eacute; sp&eacute;cial &agrave; Ankara C&rsquo;&eacute;tait il y a un peu plus d&rsquo;un an, le 23&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[194,21,10,11,41,1,247],"tags":[],"class_list":["post-1907","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ankara","category-etats-unis","category-france","category-moyen-orient","category-turquie","category-uncategorized","category-vladimir-poutine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1907","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1907"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1907\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1907"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1907"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1907"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}