{"id":2137,"date":"2011-07-12T17:42:08","date_gmt":"2011-07-12T17:42:08","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2137"},"modified":"2011-07-12T17:42:08","modified_gmt":"2011-07-12T17:42:08","slug":"louis-b-mayer-le-grand-mogol-dhollywood","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/louis-b-mayer-le-grand-mogol-dhollywood\/","title":{"rendered":"Louis B. Mayer &#8211; Le \u00ab grand Mogol d\u2019Hollywood \u00bb"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div property=\"dc:description\">\n<p>\n\t\tLouis B. Mayer<\/p>\n<p>\n\t\tLe &laquo; grand Mogol d&#39;Hollywood &raquo;. N&eacute; en Russie, le cofondateur de la MGM est devenu dans les ann&eacute;es 1920 la figure la plus embl&eacute;matique de l&#39;industrie du cin&eacute;ma aux Etats-Unis. Dans ses films, il s&#39;est fait le promoteur des &laquo; valeurs am&eacute;ricaines &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tEcrit par<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Tristan GASTON-BRETON<\/strong><br \/>\n\t\tJournaliste<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div property=\"dc:description\">\n<p>\n\t\tLouis B. Mayer<\/p>\n<p>\n\t\tLe &laquo; grand Mogol d&#39;Hollywood &raquo;. N&eacute; en Russie, le cofondateur de la MGM est devenu dans les ann&eacute;es 1920 la figure la plus embl&eacute;matique de l&#39;industrie du cin&eacute;ma aux Etats-Unis. Dans ses films, il s&#39;est fait le promoteur des &laquo; valeurs am&eacute;ricaines &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tEcrit par<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Tristan GASTON-BRETON<\/strong><br \/>\n\t\tJournaliste<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo; Autant en emporte le vent &raquo;, &laquo; Ben Hur &raquo;, &laquo; Quo vadis &raquo;, &laquo; Les R&eacute;volt&eacute;s du Bounty &raquo;, &laquo; Le Docteur Jivago &raquo;, &laquo; 2001 : l&#39;odyss&eacute;e de l&#39;espace &raquo;&#8230; On ne compte plus les succ&egrave;s plan&eacute;taires sortis des studios de la Metro Goldwyn Mayer (MGM). Avec son c&eacute;l&egrave;bre lion rugissant &#8211; L&eacute;o le lion, imagin&eacute; en 1928 -, la firme hollywoodienne ne s&#39;est pas seulement impos&eacute;e comme l&#39;une des majors de l&#39;industrie du cin&eacute;ma. Elle a &eacute;galement incarn&eacute; la face la plus brillante du &laquo; r&ecirc;ve am&eacute;ricain &raquo;. Il faut dire que, de Clark Gable &agrave; Sinatra en passant par Fred Astaire, Cary Grant, Paul Newman, Elizabeth Taylor, Greta Garbo ou Katharine Hepburn, la MGM fut sous contrat avec les plus grands acteurs am&eacute;ricains qu&#39;elle transforma en stars plan&eacute;taires. Elle joua ce faisant un r&ocirc;le d&eacute;cisif dans la diffusion de l&#39;&laquo; American way of life &raquo;. Un r&ocirc;le qui, loin d&#39;&ecirc;tre le r&eacute;sultat d&#39;un simple concours de circonstances, fut au contraire le fruit d&#39;une strat&eacute;gie d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e de la part du fondateur des studios : Louis B. Mayer.<\/p>\n<p>\n\t\tA l&#39;origine de la Metro Goldwyn Mayer, il y a en effet un homme, fils d&#39;un juif &eacute;migr&eacute; de Russie, anim&eacute; d&#39;une formidable envie de r&eacute;ussir. Avec ses costumes impeccables, sa coupe de cheveux soign&eacute;e et ses fines lunettes rondes, Louis Mayer a des allures d&#39;intellectuel. Il n&#39;en fut pourtant jamais un. Intuitif, sachant tr&egrave;s vite &agrave; qui il avait affaire, autoritaire, m&eacute;galomaniaque, &laquo; le grand Mogol du cin&eacute;ma &raquo;, comme on l&#39;appelait, parvint cependant &agrave; faire de la MGM une magnifique machine &agrave; faire de l&#39;argent avec du r&ecirc;ve.<\/p>\n<p>\n\t\tLe r&ecirc;ve am&eacute;ricain<\/p>\n<p>\n\t\tLouis B. Mayer na&icirc;t &agrave; Minsk, en Russie, en 1885, dans une famille de paysans juifs ais&eacute;s. A cette &eacute;poque, il ne fait pas bon &ecirc;tre de confession isra&eacute;lite dans l&#39;empire des tsars. La communaut&eacute; fait souvent l&#39;objet de pogroms qui obligent ses membres &agrave; fuir. C&#39;est pr&eacute;cis&eacute;ment ce que choisit de faire Jacob Mayer, le p&egrave;re de Louis. En 1886, il quitte la Russie et s&#39;installe au Canada. Pour nourrir leur famille, Jacob et sa femme doivent travailler dur. Tandis que cette derni&egrave;re &eacute;l&egrave;ve des poulets qu&#39;elle vend &agrave; ses voisins, son mari s&#39;installe comme ferrailleur. A force de sacrifices, la famille acc&egrave;de &agrave; une relative aisance qui permet &agrave; Jacob d&#39;envoyer tous ses enfants &agrave; l&#39;&eacute;cole.<\/p>\n<p>\n\t\tL&#39;&eacute;cole n&#39;est cependant gu&egrave;re du go&ucirc;t du jeune Louis. Le futur &laquo; grand Mogol du cin&eacute;ma &raquo; ne d&eacute;passera jamais le niveau du cours &eacute;l&eacute;mentaire. D&egrave;s l&#39;&acirc;ge de quatorze ans, il travaille avec son p&egrave;re. La petite affaire est suffisamment prosp&egrave;re pour lui permettre de mettre de l&#39;argent de c&ocirc;t&eacute;. Si l&#39;on en croit la l&eacute;gende, le futur cr&eacute;ateur de la MGM aurait &eacute;t&eacute; persuad&eacute; d&egrave;s cette &eacute;poque qu&#39;il <em>&laquo; deviendrait quelqu&#39;un &raquo;<\/em>. Fascin&eacute; par le r&ecirc;ve am&eacute;ricain et les formidables opportunit&eacute;s d&#39;ascension sociale qu&#39;il offre, il ne pense qu&#39;&agrave; une chose : traverser la fronti&egrave;re et gagner les Etats-Unis. L&agrave;, pense-t-il, il deviendra ce qu&#39;il ambitionne secr&egrave;tement de devenir : un homme riche et c&eacute;l&egrave;bre. A bien des &eacute;gards, l&#39;histoire de Louis Mayer est celle d&#39;un homme habit&eacute; par une obsession : devenir un Am&eacute;ricain &agrave; part enti&egrave;re. Une obsession qui le poussera &agrave; choisir le 4 juillet &#8211; date de l&#39;Ind&eacute;pendance am&eacute;ricaine -comme date anniversaire.<\/p>\n<p>\n\t\tC&#39;est en 1907 qu&#39;il se d&eacute;cide &agrave; sauter le pas. Cette ann&eacute;e-l&agrave;, Louis Mayer s&#39;installe avec sa famille &agrave; Boston, dans le Massachusetts. Il a remarqu&eacute; un petit th&eacute;&acirc;tre au bord de la faillite. Fr&eacute;quent&eacute; par les classes laborieuses, il met en sc&egrave;ne de m&eacute;diocres vaudevilles et organise de temps &agrave; autre quelques projections de films muets. Louis Mayer a-t-il d&egrave;s cette &eacute;poque l&#39;intuition de ce que deviendra plus tard l&#39;industrie du cin&eacute;ma ? Sans doute pas. Fascin&eacute; par le cin&eacute;ma, il a &eacute;t&eacute; frapp&eacute; par l&#39;enthousiasme du public pour les images anim&eacute;es. Avec l&#39;argent &eacute;conomis&eacute;, il rach&egrave;te le th&eacute;&acirc;tre, lui donne un coup de pinceau, le rebaptise &laquo; Orpheum &raquo; et annonce qu&#39;il ne projettera plus que des films de qualit&eacute;. Le public se laisse s&eacute;duire. Louis Mayer assiste &agrave; toutes les projections, m&ecirc;l&eacute; &agrave; la foule des spectateurs dont il note soigneusement les commentaires. Cette &laquo; &eacute;coute &raquo; permanente du public lui permet de &laquo; coller &raquo; au plus pr&egrave;s &agrave; ses go&ucirc;ts et de privil&eacute;gier les films l&eacute;gers. Le succ&egrave;s ne tarde pas. Dans les sept ans qui suivent l&#39;inauguration de l&#39;Orpheum, Louis Mayer ouvre six nouvelles salles &agrave; Boston et en NouvelleAngleterre. L&#39;ancien ferrailleur est devenu patron d&#39;une v&eacute;ritable petite cha&icirc;ne.<\/p>\n<p>\n\t\tCap sur Hollywood<\/p>\n<p>\n\t\tA la veille de la Premi&egrave;re Guerre mondiale, le succ&egrave;s croissant que rencontre le cin&eacute;ma dans le public le persuade de se lancer dans la commercialisation des films aupr&egrave;s des salles de cin&eacute;ma, en clair la distribution. Louis Mayer fait son entr&eacute;e dans ce m&eacute;tier en 1914. L&#39;ann&eacute;e suivante, il gagne 500.000 dollars en distribuant le film de Griffith &laquo; Naissance d&#39;une nation &raquo; dont l&#39;achat lui a co&ucirc;t&eacute; moins de 50.000 dollars ! Un beau succ&egrave;s qui lui permet de voir beaucoup plus loin. Produire ses propres films : telle est d&eacute;sormais l&#39;ambition du jeune entrepreneur. En 1916, il cr&eacute;e dans ce but l&#39;American Feature Film Company. Producteur, distributeur, g&eacute;rant de salles : Mayer est d&eacute;sormais pr&eacute;sent sur toute la &laquo; cha&icirc;ne &raquo; cin&eacute;matographique. Producteur ind&eacute;pendant, il collabore de temps &agrave; autre avec la Metro Pictures Corporation, une affaire cr&eacute;&eacute;e par Marcus Loew, son futur associ&eacute; dans la MGM, et install&eacute;e &agrave; ce moment &agrave; New York.<\/p>\n<p>\n\t\tC&#39;est en 1918, juste apr&egrave;s la guerre, que Louis Mayer d&eacute;cide de quitter la c&ocirc;te Est pour la Californie. Il n&#39;est pas le premier &agrave; le faire. Depuis quelques ann&eacute;es, un nombre croissant de maisons de production ont en effet choisi de s&#39;y installer. La plupart ont &eacute;lu domicile &agrave; Hollywood, une petite bourgade au charme d&eacute;suet. L&#39;endroit pr&eacute;sente de nombreux atouts : de la place pour y construire des studios et des d&eacute;cors artificiels, une lumi&egrave;re favorable aux prises de vues, un climat qui cadre bien avec l&#39;image que veut donner d&#39;elle la jeune industrie et des co&ucirc;ts infiniment inf&eacute;rieurs &agrave; ceux de New York o&ugrave; la location d&#39;un studio atteint des montants astronomiques.<\/p>\n<p>\n\t\tC&#39;est donc l&agrave;, dans cette petite ville o&ugrave; les studios commencent &agrave; pousser comme des champignons et que fr&eacute;quente toute une faune d&#39;acteurs en qu&ecirc;te de r&ocirc;les que Louis Mayer d&eacute;m&eacute;nage en 1918 sa maison de production, rebaptis&eacute;e pour l&#39;occasion Louis B. Mayer Production Company. L&#39;ann&eacute;e suivante, il signe son premier contrat avec l&#39;actrice Anita Stewart. A une &eacute;poque o&ugrave; les contrats ne pr&eacute;voient aucune clause de protection pour les producteurs et o&ugrave; les acteurs n&#39;h&eacute;sitent pas &agrave; quitter un tournage pour rejoindre une autre maison leur offrant un cachet plus important, Louis Mayer innove en s&#39;assurant l&#39;exclusivit&eacute; des acteurs pour plusieurs ann&eacute;es. En &eacute;change, ces derniers se voient offrir un pourcentage sur les entr&eacute;es.<\/p>\n<p>\n\t\tManipulateur consomm&eacute;<\/p>\n<p>\n\t\tJusqu&#39;au milieu des ann&eacute;es 1920, la Louis B. Mayer Production Company reste cependant modeste en regard de ses concurrents Universal Studios et Metro Pictures Corporation. Deux &eacute;v&eacute;nements vont transformer la destin&eacute;e de celui qui n&#39;est alors qu&#39;un producteur parmi d&#39;autres. Le premier est la rencontre avec Irving G. Thalberg, embauch&eacute; en 1923 comme directeur de la production. Ce jeune homme de vingt-six ans va jouer un r&ocirc;le crucial dans l&#39;essor tr&egrave;s rapide de la future MGM. Le deuxi&egrave;me &eacute;v&eacute;nement est la fusion, la m&ecirc;me ann&eacute;e, entre la Metro Pictures de Marcus Loew et la Goldwyn Pictures de Samuel Goldwyn. En 1924, Marcus Loew propose &agrave; Louis Mayer de les rejoindre. C&#39;est ainsi que na&icirc;t la Metro Goldwyn Mayer (MGM) qui se hisse, d&egrave;s sa cr&eacute;ation, &agrave; la premi&egrave;re place des maisons de production am&eacute;ricaines. Louis Mayer est nomm&eacute; vice-pr&eacute;sident de la nouvelle compagnie. Trois ans plus tard, la mort de Marcus Loew fait de l&#39;ancien ferrailleur le v&eacute;ritable patron de la MGM. Cette m&ecirc;me ann&eacute;e, le premier film parlant de l&#39;histoire sort sur les &eacute;crans.<\/p>\n<p>\n\t\tUne &egrave;re nouvelle commence alors pour la jeune industrie du cin&eacute;ma qui va faire la fortune de la MGM. Gr&acirc;ce aux moyens dont elle dispose et au talent de Thalberg, la compagnie multiplie, surtout dans les ann&eacute;es 1930 et 1940, les &laquo; superproductions &raquo; diffus&eacute;es dans toutes les salles des Etats-Unis. &laquo; Tarzan &raquo;, &laquo; Le Magicien d&#39;Oz &raquo;, &laquo; Autant en emporte le vent &raquo; : c&#39;est l&#39;&eacute;poque des premiers grands films, diffus&eacute;s en couleurs. Ils contribuent &agrave; attirer dans les studios tous les acteurs qui comptent &agrave; l&#39;&eacute;poque, justifiant ainsi le slogan de la MGM &laquo; Plus de stars qu&#39;il y en a au paradis. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tD&egrave;s la fin des ann&eacute;es 1920, Louis Mayer est devenu la figure la plus embl&eacute;matique de l&#39;industrie du cin&eacute;ma. Avec un salaire annuel de 1 million de dollars, il est l&#39;homme le mieux pay&eacute; des Etats-Unis. Egocentrique, tyrannique, manipulateur, il terrorise Hollywood. Ses relations avec les acteurs sont l&eacute;gendaires. Dans son gigantesque bureau &#8211; <em>&laquo; il faut une voiture pour acc&eacute;der jusqu&#39;&agrave; sa table de travail &raquo;<\/em> dit-on &agrave; Hollywood -, il passe des heures enti&egrave;res &agrave; m&eacute;goter pour 100 dollars. Capable de se jeter en larmes au pied d&#39;un acteur pour le persuader de signer un contrat, il n&#39;h&eacute;site pas &agrave; manier le chantage pour obtenir ce qu&#39;il veut. Dans les ann&eacute;es 1940, il menace ainsi Clark Gable, qui est venu le trouver pour exiger une augmentation, de r&eacute;v&eacute;ler &agrave; sa femme la liaison qu&#39;il a alors avec une jeune actrice ! L&#39;acteur pr&eacute;f&eacute;rera battre en retraite&#8230; Paternaliste, Louis Mayer est pr&ecirc;t &agrave; tout pour prot&eacute;ger &laquo; ses &raquo; acteurs. Lorsque le m&ecirc;me Clark Gable, dans un moment d&#39;ivresse, tue un pi&eacute;ton au volant de sa voiture, il &laquo; arrange le coup &raquo; avec le sh&eacute;rif. En &eacute;change d&#39;un poste bien r&eacute;mun&eacute;r&eacute; de gardien des studios, ce dernier accepte de passer sous silence les t&eacute;moignages les plus accablants et d&#39;&laquo; oublier &raquo; l&#39;&eacute;tat de l&#39;acteur au moment des faits. La version finale de l&#39;affaire affirmera que le pi&eacute;ton, dans un moment d&#39;&eacute;garement, s&#39;est jet&eacute; sous les roues du v&eacute;hicule&#8230;<\/p>\n<p>\n\t\tCe manipulateur consomm&eacute; qui manie avec brio la menace et la s&eacute;duction a tout de m&ecirc;me un sujet tabou : sa m&egrave;re, ou plut&ocirc;t la m&egrave;re en g&eacute;n&eacute;ral, &agrave; laquelle il voue un v&eacute;ritable culte. Certains acteurs en font d&#39;ailleurs l&#39;exp&eacute;rience. Lorsqu&#39;un beau jour, Jack Gilbert a la mauvaise id&eacute;e de traiter la m&egrave;re de sa partenaire de &laquo; putain &raquo;, Louis Mayer se pr&eacute;cipite sur l&#39;acteur et le roue litt&eacute;ralement de coups. A l&#39;inverse, lorsque l&#39;actrice Ann Rutherford, faute d&#39;obtenir la moindre augmentation, finit par lui dire que c&#39;est pour acheter une maison &agrave; sa m&egrave;re, Louis Mayer signe aussit&ocirc;t un ch&egrave;que de 100.000 dollars !<\/p>\n<p>\n\t\tLes ann&eacute;es passant, l&#39;autoritarisme du patron des studios MGM devient de plus en plus pesant. N&#39;oubliant pas ce qu&#39;il doit &agrave; sa patrie d&#39;accueil, Louis Mayer s&#39;affiche clairement comme un d&eacute;fenseur acharn&eacute; des valeurs traditionnelles de l&#39;Am&eacute;rique profonde, des valeurs que les films produits par les studios ont pour mission premi&egrave;re de v&eacute;hiculer partout dans le monde. Cette vision id&eacute;ologique explique le ton moralisateur qui impr&egrave;gne les productions de la MGM &#8211; ainsi la c&eacute;l&egrave;bre s&eacute;rie &laquo; Andy Hardy &raquo;, hymne &agrave; la gloire de la famille -tout au long des ann&eacute;es 1930 et 1940. Elle explique aussi l&#39;engagement de Louis Mayer, devenu l&#39;un des piliers du Parti r&eacute;publicain de Californie qu&#39;il pr&eacute;side pendant une dizaine d&#39;ann&eacute;es. R&eacute;solument conservateur, le patron de la MGM est, au d&eacute;but des ann&eacute;es 1950, l&#39;un des plus chauds partisans du s&eacute;nateur McCarthy, engag&eacute; dans une &laquo; chasse aux communistes &raquo; qui n&#39;&eacute;pargne pas les studios. Tous les acteurs soup&ccedil;onn&eacute;s de sympathie de gauche sont &eacute;limin&eacute;s de la MGM. La haine qu&#39;&eacute;prouve Louis Mayer pour les lib&eacute;raux est telle qu&#39;il va jusqu&#39;&agrave; d&eacute;sh&eacute;riter sa fille unique dont le seul tort est d&#39;avoir &eacute;pous&eacute; un d&eacute;mocrate.<\/p>\n<p>\n\t\tMais l&#39;homme commence &agrave; lasser. Au milieu des ann&eacute;es 1930 d&eacute;j&agrave;, il s&#39;&eacute;tait oppos&eacute; &agrave; Irving Thalberg, trop influent &agrave; ses yeux. Sa mort, en 1937, lui permet de reprendre la main. Quinze ans plus tard une nouvelle lutte d&#39;influence l&#39;oppose &agrave; Dore Schary, le successeur de Thalberg. Mais, cette fois, le &laquo; grand Mogol &raquo; ne s&eacute;duit plus. En 1951, le management de la MGM parvient &agrave; l&#39;&eacute;carter. Amer, Louis Mayer passe les derni&egrave;res ann&eacute;es de sa vie &agrave; fomenter en vain des complots contre la nouvelle &eacute;quipe. Il meurt en 1957. <em>&laquo; La seule raison pour laquelle tant de gens se d&eacute;plac&egrave;rent &agrave; son enterrement &eacute;tait de s&#39;assurer qu&#39;il &eacute;tait bien mort &raquo;,<\/em> &eacute;crira un journaliste. Triste &eacute;pitaphe pour celui qui fut, avec Walt Disney, le cr&eacute;ateur de l&#39;industrie des loisirs.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Louis B. Mayer Le &laquo; grand Mogol d&#39;Hollywood &raquo;. N&eacute; en Russie, le cofondateur de la MGM est devenu dans les ann&eacute;es 1920 la figure la plus embl&eacute;matique de l&#39;industrie du cin&eacute;ma aux Etats-Unis. Dans ses films, il s&#39;est fait le promoteur des &laquo; valeurs am&eacute;ricaines &raquo;. 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