{"id":2215,"date":"2012-11-18T13:33:04","date_gmt":"2012-11-18T13:33:04","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2215"},"modified":"2012-11-19T21:51:39","modified_gmt":"2012-11-19T21:51:39","slug":"comment-re-apprendre-a-aimer-par-vanessa-de-loya","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/comment-re-apprendre-a-aimer-par-vanessa-de-loya\/","title":{"rendered":"Comment re-apprendre \u00e0 aimer ? par Vanessa De Loya"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">\n\tComment re-apprendre &agrave; aimer ?<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes anxi&eacute;t&eacute;s nouvelles, figur&eacute;es sous forme de paniques face &agrave; la rencontre, sont entendues par les psychanalystes &agrave; l&rsquo;&eacute;coute de la souffrance humaine: &laquo; il m&rsquo;est arriv&eacute; quelque chose &raquo; dit le patient.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe monde peut&ndash;&ecirc;re recr&eacute;&eacute; &agrave; deux, cette re-cr&eacute;ation ne se doit pas d&rsquo;&ecirc;tre grandiose ni spectaculaire mais viable, s&rsquo;ouvrant sur des possibles, inscrits dans un projet &agrave; partager, ici et maintenant, dans un espace proche.<\/p>\n<p>\n\tRetrouver le sens de l&rsquo;utopie partielle, atteinte de mani&egrave;re pragmatique, par des &ecirc;tres qui se savent en escale dans un monde ici-bas et vivent avec intensit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tRed&eacute;finir ce qui rassemble deux &ecirc;tres et vers quel futur ils veulent marcher.<\/p>\n<p>\n\tLe &laquo; moi &raquo; en qu&ecirc;te de &laquo;nous&raquo;. Le nous constitutif du moi, donnant lieu &agrave; une c&eacute;l&eacute;bration annonc&eacute;e du mot &laquo; ensemble &raquo;.<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est l&rsquo;autre qui me d&eacute;finit comme &laquo; personne &raquo; et fait de moi autre chose qu&rsquo;une &laquo;&nbsp;marionnette vivante&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSans l&rsquo;autre, je sombre dans la d&eacute;saffiliation et la d&eacute;sesp&eacute;rance propre &agrave; toute solitude. La peur confuse tourne autour des questions de filiation, d&rsquo;identit&eacute; personnelle, d&rsquo;inscription g&eacute;n&eacute;alogique. D&rsquo;o&ugrave; le besoin du lien, d&rsquo;une histoire vraie.<\/p>\n<p>\n\tNous balan&ccedil;ons entre le privil&egrave;ge &laquo; du choix de soi-m&ecirc;me &raquo; (selon Kierkegaard) et &laquo; le deuil &raquo; (D.H. Lawrence parlait de la crucifixtion de la solitude individuelle), cette vacuit&eacute; ind&eacute;finissable! Pour rien au monde, nous ne renoncerons &agrave; cette pr&eacute;cieuse autonomie, mais pour autant nous n&rsquo;en pouvons plus de ce vide!<\/p>\n<p>\n\tUne absolue libert&eacute; alli&eacute;e &agrave; un absolu d&eacute;sarroi! Individus lib&eacute;r&eacute;s mais pris de vertige devant leur propre victoire! L&rsquo;individu victorieux bascule dans la crainte de se dissoudre et r&eacute;agit &agrave; cette menace par surcro&icirc;t de narcissisme organis&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tInqui&egrave;tude, distraction, boulimie de travail, tout trahit un manque essentiel.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe &laquo;&nbsp;chat&nbsp;&raquo;, v&eacute;ritable ph&eacute;nom&egrave;ne de soci&eacute;t&eacute;: l&rsquo;anonymat est de mise (pseudo oblige), les corps sont absents. Quel paradoxe que ces relations flashs, denses et furtives entre des &laquo; inconnus intimes &raquo;! Le chat ou le d&eacute;versoir aux solitudes interactives: ni corps ni &acirc;ge mais un sexe assurement. L&rsquo;&egrave;re du flirt num&eacute;rique tire son succ&egrave;s du ludisme, jeu avec soi-m&ecirc;me, &laquo; la chance va tourner, je crois &agrave; la loterie &raquo;. Jeu avec l&rsquo;autre: v&eacute;ritable poker, parfois menteur, papillonner &agrave; sa guise par des &eacute;changes t&eacute;l&eacute;graphiques. Ensuite, l&rsquo;attente courte ou longue. On induit de la confidence, de la s&eacute;duction, de l&rsquo;&eacute;rotisme caracteris&eacute;. &Agrave; un rythme fr&eacute;n&eacute;tique, v&eacute;ritable ping-pong verbal, le chatteur veille &agrave; garder une certaine tension haletante, garante du plaisir. Le propre du net est de d&eacute;sinhiber, via des raccourcis donnant lieu &agrave; un marivaudage assum&eacute;: paradis des casaniers et insomniaques. La cyber-addiction ou le zapping relationnel est une pratique superficielle et amn&eacute;sique&nbsp;: pas de trace ni d&rsquo;archive du libertinage virtuel et libidineux.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOn voit appara&icirc;tre un nouveau couple: la femme hautement diplom&eacute;e, intelligente, active qui choisit un homme aux antipodes, plus petit et si possible transparent. Elle est tr&egrave;s gentille, douce et tol&eacute;rante avec lui et ne l&rsquo;aime pas.<\/p>\n<p>\n\tCette hypogamie, ce choix d&rsquo;un homme &laquo; sous elle&nbsp;&raquo; s&rsquo;enracine dans l&rsquo;histoire de cette femme d&eacute;sireuse de refroidir ses relations affectives, il s&rsquo;agit de ne pas r&eacute;p&eacute;ter le sch&eacute;ma de sa m&egrave;re pour ne pas se laisser dominer, pour pr&eacute;server son ind&eacute;pendance. Beaucoup de femmes terroris&eacute;es par la domination masculine &eacute;pousent un homme falot, c.a.d rassurant !<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe choix du partenaire est une d&eacute;cision tr&egrave;s peu individuelle, bas&eacute; sur un fantasme r&eacute;parateur, &agrave; la place de la m&egrave;re. Le partenaire &laquo;&nbsp;id&eacute;al&nbsp;&raquo; est rep&eacute;r&eacute; au travers des contraintes sociales et &eacute;thologiques. Ces fantasmes motivants se fondent sur les empreintes inconscientes acquises au cours de notre d&eacute;veloppement et du roman familial.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tObserver une relation amoureuse, c&rsquo;est observer la structure de notre langage.<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;odeur et le visuel , deux acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;espace &eacute;rotique :<\/p>\n<p>\n\tEn respirant son parfum, en regardant sa robe fluide ou stricte, en s&rsquo;&eacute;tonnant devant le choix de ses bijoux, ses chaussures aust&egrave;res ou mani&eacute;r&eacute;es, en un clin d&rsquo;oeil rep&egrave;re d&egrave;s la premi&egrave;re interaction, l&rsquo;admirateur recueille infiniment plus de renseignements qu&rsquo;avec un long discours. D&rsquo;autant qu&rsquo;il est difficile de dire avec des mots ce qu&rsquo;on peut exprimer avec ses cheveux, ses gestes et ses v&ecirc;tements.<\/p>\n<p>\n\tSes canaux de communication relatent notre mani&egrave;re de socialiser, de penser, d&rsquo;envisager notre projet d&rsquo;existence.<\/p>\n<p>\n\tErotiser, c&rsquo;est r&eacute;v&eacute;ler notre approche du bonheur et joie de vivre. Erotiser son attrait, c&rsquo;est soumettre &agrave; l&rsquo;autre, des indices pertinents du plaisir &agrave; parcourir &agrave; deux. Rien moins qu&rsquo;une invitation au voyage&hellip;<\/p>\n<p>\n\tLa p&eacute;n&eacute;tration amoureuse ne commence t-elle pas par le regard?<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDu leurre dans la s&eacute;duction, retenons deux m&eacute;canismes dissonants mais jumaux.<\/p>\n<p>\n\tLes femmes savent se transformer en leurre pour attirer leur partenaire, les hommes pratiquent &laquo;&nbsp;l&rsquo;escroquerie sexuelle&nbsp;&raquo;: s&eacute;duite et abandonn&eacute;e&hellip;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn finir avec la &laquo;&nbsp;dictature du bonheur&nbsp;&raquo;. Il n&rsquo;y a que des installations de possibles&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tCr&eacute;er du viable semble &ecirc;tre la pr&eacute;occupation de demain. On assiste &agrave; une dissidence silencieuse face au sh&eacute;ma conformiste de l&rsquo;id&eacute;ologie Jud&eacute;o-Chr&eacute;tienne.<\/p>\n<p>\n\tQue veut l&rsquo;humain? Vivre une exp&eacute;rience inattendue, avoir le sentiment d&rsquo;&ecirc;tre kidnapp&eacute; ailleurs.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl y a des liens qui enferment, qui d&eacute;solent et qui esseulent dont il faut apprendre &agrave; se lib&eacute;rer. D&rsquo;ou certains divorces inexorables.<\/p>\n<p>\n\tTout dans nos vies d&eacute;pend de la fa&ccedil;on dont nous r&eacute;pondent ceux que nous aimons. A nous de savoir r&eacute;pliquer sans animosit&eacute;, telle une presentation de soi, en formulant notre d&eacute;sir et nos r&eacute;sistances.<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;affectivit&eacute;, ce lieu du sentiment, parfois rejoint la r&eacute;flexion au travers du langage. L&rsquo;&eacute;change de la parole est salvatrice en ce sens ou ce sont des signes de soi que l&rsquo;on donne &agrave; entendre pour contourner le malentendu. Aimer quelqu&rsquo;un consiste &agrave; acquiescer &agrave; sa pr&eacute;sence, la souhaiter fr&eacute;quente, en &ecirc;tre nostalgique.<\/p>\n<p>\n\tA deux, on ne r&eacute;soud pas l&rsquo;&eacute;nigme du monde, on tente juste d&rsquo;adoucir le r&eacute;el en y &eacute;grenant des moments de gr&acirc;ce et de ravissement pour traverser les saisons avec sourire.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;Questions &agrave; soumettre et &agrave; d&eacute;battre de fa&ccedil;on inter-active:<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;internet n&rsquo;est-il pas en train de s&rsquo;imposer comme vecteur d&rsquo;adult&egrave;re?<\/p>\n<p>\n\tDu risque du &laquo;&nbsp;chatteur&nbsp;&raquo; &agrave; stationner dans le ludique sans passer &agrave; l&rsquo;acte&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\tComment r&eacute;sister &agrave; la barbarie, &agrave; la tyrannie du plaisir vehicul&eacute;e &ccedil;a et l&agrave;?<\/p>\n<p>\n\tComment contourner les images qui inondent notre quotidien et l&rsquo;idolatrie?<\/p>\n<p>\n\tComment ne pas stationner dans la solitude souveraine et d&eacute;sempar&eacute;e?<\/p>\n<p>\n\tComment se cristalliser sur un partenaire singulier et design&eacute; &agrave; &ecirc;tre aim&eacute;?<\/p>\n<p>\n\tComment reunir deux individualit&eacute;s dissonantes dans un couple?<\/p>\n<p>\n\tComment int&egrave;grer l&rsquo;irruption de l&rsquo;autre?<\/p>\n<p>\n\tComment g&eacute;rer le d&eacute;sordre enclanch&eacute; par sa venue?<\/p>\n<p>\n\tComment circonscrire un nouveau processus et y &eacute;voluer?<\/p>\n<p>\n\tComment taire ses regrets et relater ses aspirations?<\/p>\n<p>\n\tComment sortir de son isolement mental et g&eacute;ographique?<\/p>\n<p>\n\tApr&egrave;s une rupture, quoi retenir?<\/p>\n<p>\n\tEt si la rancune emp&ecirc;chait d&rsquo;aimer ?<\/p>\n<p>\n\tComment conjurer l&rsquo;errance du c&eacute;libat?<\/p>\n<p>\n\tA quel moment se sent-on pr&ecirc;t &agrave; passer &agrave; l&rsquo;acte ?<\/p>\n<p>\n\tLa question de &laquo;&nbsp;l&rsquo;id&eacute;al&nbsp;&raquo; et ses pi&egrave;ges .<\/p>\n<p>\n\tD&rsquo;ou vient ce besoin de promesse?<\/p>\n<p>\n\tComment devient-on magique pour l&rsquo;autre?<\/p>\n<p>\n\tComment &eacute;veiller une nouvelle sensualit&eacute;?<\/p>\n<p>\n\tComment transfigurer le banal en merveilleux?<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Vanessa De Loya &#8211; Psychanalyste<\/p>\n<p>\n\tvanessaorient@yahoo.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Comment re-apprendre &agrave; aimer ? &nbsp; &nbsp; &nbsp; Les anxi&eacute;t&eacute;s nouvelles, figur&eacute;es sous forme de paniques face &agrave; la rencontre, sont entendues par les psychanalystes &agrave; l&rsquo;&eacute;coute de la souffrance humaine: &laquo; il m&rsquo;est arriv&eacute; quelque chose &raquo; dit le patient. &nbsp; Le monde peut&ndash;&ecirc;re recr&eacute;&eacute; &agrave; deux, cette re-cr&eacute;ation ne se doit pas&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16016,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[34,43,1],"tags":[],"class_list":["post-2215","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-divers","category-le-monde","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2215","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2215"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2215\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16016"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2215"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2215"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2215"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}