{"id":2235,"date":"2014-07-09T00:26:02","date_gmt":"2014-07-09T00:26:02","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2235"},"modified":"2014-07-08T22:18:10","modified_gmt":"2014-07-08T22:18:10","slug":"lalya-une-vieille-histoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/lalya-une-vieille-histoire\/","title":{"rendered":"L\u2019Alya, une vieille histoire"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"p1\">\n\tL&#39;Alya, une vieille histoire<\/h3>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<span lang=\"FR\">En raison d&#39;une certaine m&eacute;connaissance de l&#39;histoire, beaucoup s&#39;imaginent que les Juifs ont &eacute;t&eacute; totalement absents du paysage de leur terre depuis la r&eacute;volte de Bar-Kokhba, quelque soixante ans apr&egrave;s la destruction du second Temple, et jusqu&#39;aux grands mouvements d&#39;immigration, enclench&eacute;s &agrave; la suite de la fondation en Russie et en 1881 du mouvement Bilou (acrostiche de Maison de Jacob, allons, marchons&hellip;, du verset d&#39;Isa&iuml;e, II, 5). Sans rien diminuer de l&#39;importance des six grandes vagues de nouveaux arrivants, jusqu&#39;en 1947, qui ont assaini les marais et fait reverdir le d&eacute;sert, contribuant au nouvel essor &eacute;conomique, nous ne devons pas oublier qu&#39;hormis le fait que la pr&eacute;sence juive s&#39;est maintenue d&#39;une fa&ccedil;on ininterrompue entre ces deux &eacute;poques, d&#39;autres groupes sont revenus quelques si&egrave;cles plus t&ocirc;t. On distingue donc le Yichouv Hahadash, le nouvel habitat, d&eacute;but&eacute; en 1881, et le Yichouv Hayachan, l&#39;ancien habitat, qui a &eacute;t&eacute; renforc&eacute; par diff&eacute;rents mouvements d&#39;Alya, et que nous verrons plus bas.<\/span><\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t<span lang=\"FR\">Si la premi&egrave;re grande Alya des temps moderne remonte au d&eacute;but des ann&eacute;es 1880, les pr&eacute;misses de la premi&egrave;re grande ville moderne remontent quant &agrave; eux &agrave; 1878. La &laquo;m&egrave;re des colonies&raquo;, Petah-Tikva, a &eacute;t&eacute; effectivement fond&eacute;e par des habitants de souche beaucoup plus ancienne, qui avait d&eacute;cid&eacute; d&#39;acc&eacute;der &agrave; l&#39;autonomie &eacute;conomique, et de travailler la terre sans &ecirc;tre tributaires de l&#39;aide financi&egrave;re apport&eacute;e par les communaut&eacute;s juives de l&#39;&eacute;tranger. D&#39;autres villages agricoles ont vu le jour peu apr&egrave;s, comme Rishon Lezion, Rosh Pina, Rehovot ou encore Zikhron Ya&#39;acov. Ces derni&egrave;res ont &eacute;t&eacute; fond&eacute;es en revanche par des immigrants de Russie, de Roumanie et de divers autres pays. Malgr&eacute; l&#39;aspiration des pionniers &agrave; l&#39;ind&eacute;pendance &eacute;conomique, une aide cons&eacute;quente a &eacute;t&eacute; fournie par le &laquo;c&eacute;l&egrave;bre m&eacute;c&egrave;ne&raquo; Edmond de Rothschild. Il a &eacute;t&eacute; jusqu&#39;&agrave; engager des ing&eacute;nieurs agronomes pour former les n&eacute;o agriculteurs.<\/span><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<span lang=\"FR\">Les habitants de la terre d&#39;Isra&euml;l avant le grand mouvement du retour se r&eacute;partissent donc essentiellement dans quatre villes saintes du juda&iuml;sme: H&eacute;bron, J&eacute;rusalem, Safed et Tib&eacute;riade. Ils &eacute;tudient la Torah et sont le catalyseur qui unit la diaspora et la Palestine. Les exil&eacute;s se tournent trois fois par jours vers la cit&eacute; de J&eacute;rusalem dont ils esp&egrave;rent la reconstruction. &laquo;L&#39;an prochain &agrave; J&eacute;rusalem&raquo; n&#39;est pas pour eux une simple affirmation th&eacute;orique: ils sont tr&egrave;s sensibles au maintien de la pr&eacute;sence de leur peuple qui &eacute;tudie la Torah en terre d&#39;&eacute;lection. Aussi revendiquent-ils le m&eacute;rite de soutenir et d&#39;entretenir ce vestige de leur antique splendeur et le tremplin de leur r&eacute;surrection future. Un peu avant les grands mouvements du retour, la population juive du pays se compose d&#39;environ 24000 &acirc;mes, dont presque les trois quarts vivent &agrave; J&eacute;rusalem. A peu pr&egrave;s 85% des ressources financi&egrave;res proviennent de l&#39;ext&eacute;rieur, maintenant une symbiose entre les Juifs de l&#39;exil et ceux qui vivent sur le terre d&#39;Isra&euml;l. Cependant, cette dimension n&#39;est pas uniquement mat&eacute;rielle, elle est &eacute;galement spirituelle, car les personnes charg&eacute;es de ramasser les fonds &agrave; l&#39;&eacute;tranger ne sont pas de simples commis ; ils comptent parmi les plus illustres &eacute;rudits et rabbins du peuple d&#39;Isra&euml;l, les Shadarim (&eacute;missaires rabbiniques).<\/span><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<span lang=\"FR\">Ces sommit&eacute;s du savoir juif sillonnent l&#39;Europe, l&#39;Asie et l&#39;Afrique du Nord pour que chacun puisse apporter son obole, mais aussi pour dispenser des enseignements et en recueillir, de sorte que les &eacute;changes entre les diff&eacute;rentes communaut&eacute;s ne sont pas uniquement mat&eacute;riels, mais spirituels. Des piliers de la tradition vivaient en terre d&#39;Isra&euml;l au cours des derniers si&egrave;cles. L&#39;un des plus &eacute;minents sages de la terre d&#39;Isra&euml;l, Rabbi Abraham Azoulay, est n&eacute; &agrave; Fez, au Maroc, en 5330 (1570), dans un milieu descendant de l&#39;expulsion d&#39;Espagne. A l&#39;&acirc;ge de trente ans, il s&#39;installe &agrave; H&eacute;bron. En 5379 (1619), la ville est frapp&eacute;e par une &eacute;pid&eacute;mie et il d&eacute;m&eacute;nage et s&#39;installe momentan&eacute;ment &agrave; Gaza. Eminent kabbaliste, il est l&#39;auteur de nombreux ouvrages encore &eacute;tudi&eacute;s aujourd&#39;hui, comme Zahor&eacute; Hama ou Or Hahama, une ex&eacute;g&egrave;se du Zohar, Hessed L&eacute;Abraham, ou encore Ba&#39;al&eacute; Berith Abram. C&#39;est lui qui annonce la fin de la censure traditionnellement impos&eacute;e &agrave; l&#39;&eacute;tude des textes kabbalistiques, lev&eacute;e &agrave; la veille de la &laquo;derni&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration&raquo;, en l&#39;an 5250 (1490). Il est d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 1644. Son descendant direct est le Hida, Rabbi Ha&iuml;m Yossef David Azoulay. N&eacute; &agrave; J&eacute;rusalem, il est consid&eacute;r&eacute; comme l&#39;un des grands d&eacute;cisionnaires de son &eacute;poque. En raison des nombreux &eacute;crits qui retracent ses voyages en tant qu&#39;envoy&eacute; des rabbins, dans le cadre desquels il s&#39;est entretenu avec de nombreux grands rabbins de la diaspora, il est l&#39;un des premiers historiens du monde juif. A cheval entre le XVIII&egrave;me et le XIX&egrave;me si&egrave;cle, il a contribu&eacute; &agrave; l&#39;entretien des relations &eacute;conomiques et spirituelles entre J&eacute;rusalem et les communaut&eacute;s de l&#39;exil. Il est d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 1806, soit pr&egrave;s d&#39;un si&egrave;cle avant les premi&egrave;res vagues d&#39;immigration.<\/span><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<span lang=\"FR\">Le Hida se rattache par ailleurs &agrave; un autre mouvement d&#39;immigration, ayant &eacute;pous&eacute; la fille de Rabbi Y&eacute;houda Hahassid, rabbin et &eacute;rudit qui est venu s&#39;installer &agrave; J&eacute;rusalem avec un groupe de mille personnes. Trente-et-une familles s&#39;&eacute;taient rassembl&eacute;es autour de lui &agrave; Doubno, en Pologne. Soulevant un certain enthousiasme, et malgr&eacute; les difficult&eacute;s r&eacute;elles, le d&eacute;part pour le retour en terre promise a rapidement rassembl&eacute; mille cinq cents candidats. Il a fallu trois ans pour qu&#39;en 5461 (le 14 octobre 1700), mille d&#39;entre eux parviennent &agrave; la capitale &eacute;ternelle, cinq cents ayant p&eacute;ri en route ou ayant abandonn&eacute; le d&eacute;fi. Rabbi Y&eacute;houda est lui-m&ecirc;me d&eacute;c&eacute;d&eacute; quelques mois apr&egrave;s son arriv&eacute;e, &agrave; quarante-et-un ans. Les autres se sont joints aux quelque 1200 habitants de la ville. Des pr&eacute;paratifs ont &eacute;t&eacute; organis&eacute;s peu avant leur arriv&eacute;e. Quarante b&acirc;timents contenant des appartements, une synagogue, une maison d&#39;&eacute;tude, un mikw&eacute; et des puits d&#39;eau potable ont &eacute;t&eacute; pr&eacute;par&eacute;s &agrave; leur intention. Mais, comme quelques partisans du faux messie Shabta&iuml; Zwi se sont joints &agrave; son groupe, de vives difficult&eacute;s ont &eacute;t&eacute; &eacute;prouv&eacute;es, et la m&eacute;fiance suscit&eacute;e par ce mouvement a rendu r&eacute;ticents la communaut&eacute; d&#39;accueil envers tous les arrivants. L&#39;un des disciples de Rabbi Y&eacute;houda, le rabbin Guedalia Masmiatich, a donc &eacute;t&eacute; d&eacute;sign&eacute; et a d&ucirc; parcourir le monde pour subvenir aux besoins de ce groupe. Il a en outre r&eacute;dig&eacute; un livre, Shaalou Shelom Yeroushala&iuml;m (Recherchez la paix de J&eacute;rusalem), pour encourager d&#39;autres Juifs &agrave; venir en terre d&#39;Isra&euml;l. Les &eacute;l&egrave;ves de Rabbi Y&eacute;houda Hahassid ne sont pas au bout de leurs peines: en raison de la mort pr&eacute;matur&eacute;e de leur chef spirituel, le projet de construction de la nouvelle synagogue ne peut aboutir, et d&#39;importantes dettes se soldent par l&#39;interdiction d&#39;habiter dans les murs de la ville. Ce n&#39;est que plus de cent ans plus tard que le terrain est rachet&eacute; et les dettes r&eacute;gl&eacute;es, sous l&#39;impulsion de Rabbi Abraham Shlomo Zalman Zoref, et que la c&eacute;l&egrave;bre Hourvat Rabbi Y&eacute;houda Hahassid peut enfin &ecirc;tre construite et inaugur&eacute;e. Par la suite, elle sera dynamit&eacute;e par les Jordaniens, avant sa reconstruction achev&eacute;e en 2010.<\/span><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<span lang=\"FR\">Une autre arriv&eacute;e importante est celle des &eacute;l&egrave;ves du Gaon de Vilna. Grand rabbin des Pharisiens, les Perushim, ou encore du mouvement des Mitnagdim, &agrave; distinguer du mouvement hassidique, il quitte la Lituanie pour se rendre en terre d&#39;Isra&euml;l. Ses &eacute;l&egrave;ves et le public qui suit son initiative se rendent en terre d&#39;Isra&euml;l en trois mouvements rapproch&eacute;s, en 1809. Le premier groupe, dirig&eacute; par le Rav Menahem Mendel de Shklov, cit&eacute;e situ&eacute;e &agrave; environ 300 kilom&egrave;tres au sud de Vilna. Il s&#39;installe &agrave; Safed apr&egrave;s un passage par Ha&iuml;fa et Tib&eacute;riade. Puis, en 1816, il rejoint J&eacute;rusalem. Le deuxi&egrave;me se joint au pr&eacute;c&eacute;dent quelques mois plus tard, avec le Rav Saadia de Shklov, suivie de la troisi&egrave;me, dirig&eacute;e par le Rav Isra&euml;l de Shklov. Dans un premier temps, ils ne peuvent s&#39;afficher officiellement comme Juifs ashk&eacute;nazes dans la ville sainte, en raison des impay&eacute;s du pr&eacute;c&eacute;dent groupe, plus d&#39;un si&egrave;cle auparavant. Ils leur faudra dix ans pour trouver un arrangement afin de recouvrir les impay&eacute;s et trente ans pour que les autorit&eacute;s &eacute;gyptiennes interviennent et finissent par annuler les dettes de leurs &laquo;p&egrave;res&raquo;, avec l&#39;intervention de Rabbi Abraham Shlomo Zalman Zoref aupr&egrave;s des consuls de Russie et d&#39;Autriche. Les rescap&eacute;s du troisi&egrave;me groupe d&#39;immigrants du tremblement de terre de Safed en 1837 rejoignent la communaut&eacute; de J&eacute;rusalem.<\/span><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<span lang=\"FR\">De 1807 &agrave; 1840, le nombre des exil&eacute;s revenus en Palestine, et qui y parviennent en groupes ou individuellement, est estim&eacute; &agrave; 5000. De 1800 au mouvement Bilou non compris, la population juive de J&eacute;rusalem passe &agrave; 17000 (les autres populations atteignent alors 14000 &acirc;mes.) La plupart des Juifs vivent dans la Vieille Ville, mais de nouveaux quartiers sont fond&eacute;s en dehors des murailles. En 1857, l&#39;h&ocirc;pital Bikour Holim ouvre ses portes. L&#39;&eacute;conomie fonctionne jusqu&#39;en 1877 principalement avec l&#39;aide de la diaspora. Puis des terres sont rachet&eacute;es et exploit&eacute;es, &agrave; Nebi Samuel, &agrave; Petah-Tikva ou encore &agrave; Maskeret Batya.<\/span><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; L&#39;Alya, une vieille histoire &nbsp; En raison d&#39;une certaine m&eacute;connaissance de l&#39;histoire, beaucoup s&#39;imaginent que les Juifs ont &eacute;t&eacute; totalement absents du paysage de leur terre depuis la r&eacute;volte de Bar-Kokhba, quelque soixante ans apr&egrave;s la destruction du second Temple, et jusqu&#39;aux grands mouvements d&#39;immigration, enclench&eacute;s &agrave; la suite de la fondation en Russie&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16025,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[39,38,19,18,28,273,44,1],"tags":[],"class_list":["post-2235","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-afrique-du-nord","category-espagne","category-europe","category-histoire","category-maroc","category-roumanie","category-russie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2235","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2235"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2235\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16025"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2235"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2235"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2235"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}