{"id":2320,"date":"2011-08-04T17:08:33","date_gmt":"2011-08-04T17:08:33","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2320"},"modified":"2011-08-04T17:08:33","modified_gmt":"2011-08-04T17:08:33","slug":"tunisie-ramadan-ordinaire-a-tunis-sous-35-a-lombre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tunisie-ramadan-ordinaire-a-tunis-sous-35-a-lombre\/","title":{"rendered":"Tunisie. Ramadan ordinaire \u00e0 Tunis, sous 35\u00b0 \u00e0 l\u2019ombre"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTunisie. Ramadan ordinaire &agrave; Tunis, sous 35&deg; &agrave; l&rsquo;ombre<a class=\"contentpagetitle\" href=\"http:\/\/www.kapitalis.com\/proximite\/53-societe\/5234-tunisie-ramadan-ordinaire-a-tunis-sous-35d-a-lombre-.html\"> <\/a><\/p>\n<p class=\"articleinfo\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva;\">Les magasins affichent les soldes d&rsquo;&eacute;t&eacute;. Les souks regorgent d&rsquo;aliments frais, mais les prix flambent. Les &laquo;fattaras&raquo; dans leur cachette et les je&ucirc;neurs tournent en rond. Jour de Ramadan &agrave; Tunis&hellip;<\/span> Reportage de <strong>Zohra Abid <\/strong><\/p>\n<hr style=\"width: 160px;\" width=\"160\" \/>\n<p>\n\tComment va le portefeuille du Tunisien alors qu&rsquo;il veut se servir de tout? Pour le moment, &ccedil;a peut aller. Il vient de toucher son salaire et il a de quoi g&acirc;ter son ventre et se payer des extras. Car Ramadan est aussi le mois de toutes les envies, y compris les achats compulsifs. Ensuite &laquo;iffarrajha rabbi&raquo; (Dieu nous d&eacute;livrera). Une balade, un jour de Ramadan, m&ecirc;me sous un soleil de plomb, en vaut la peine.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Tout se vend, tout s&rsquo;ach&egrave;te&#8230;<\/strong><br \/>\n\tTunis, le 3 ao&ucirc;t, est aussi le 3e jour de Ramadan? Pas du tout &eacute;vident de je&ucirc;ner lorsque la temp&eacute;rature d&eacute;passe la barre de 35&deg; &agrave; l&rsquo;ombre. Il faut vraiment le faire! &laquo;Lorsqu&rsquo;on est croyant, l&rsquo;endurance est dans le texte. Puis ce n&rsquo;est qu&rsquo;un petit mois dans l&rsquo;ann&eacute;e&raquo;, raconte une trentenaire. Elle se prom&egrave;ne au c&oelig;ur de l&rsquo;avenue Bourguiba. Au bout de son bras, son petit d&rsquo;&agrave; peine quatre ans. Elle est venue de Hammam-Lif par train pour faire les courses de l&rsquo;A&iuml;d (d&eacute;j&agrave;!). &laquo;On a tout rafl&eacute; et j&rsquo;ai du mal &agrave; trouver la taille du petit. Les gens ont achet&eacute; les habits de l&rsquo;A&iuml;d un peu plus t&ocirc;t que d&rsquo;habitude. Je les comprends. Pour le sacr&eacute; A&iuml;d, il faut vraiment se pr&eacute;parer. Sinon, ils vont se laisser aller avec les faux-frais de Ramadan et se trouver au final les poches vides&raquo;, ajoute-elle. La jeune maman change de voie et se dirige au quai d&rsquo;en face. Elle ach&egrave;te un petit jouet Made in China &agrave; son petit, des verres en faux cristal et un collier en fil noir avec un pendentif aux couleurs de la Libye rebelle et s&rsquo;en va.<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tSur les trottoirs, tous les trottoirs &agrave; droite et &agrave; gauche, des tr&eacute;teaux pleins d&rsquo;articles de tout genre, d&rsquo;autres produits (tabac de marque am&eacute;ricaine, parfum de renom et des fausses &eacute;tiquettes import&eacute;es de l&rsquo;Alg&eacute;rie voisine&#8230;) &agrave; m&ecirc;me le sol, se vendent &agrave; ciel ouvert, au vu et au su de tout le monde; et vive le march&eacute; parall&egrave;le!<br \/>\n\tLes pi&eacute;tons ont du mal &agrave; trouver un pav&eacute; pour passer mais composent tout de m&ecirc;me avec la situation dans le pays. Ils commencent &agrave; s&rsquo;habituer au paysage d&rsquo;anarchie&#8230; Eux aussi, ils grignotent un peu de la chauss&eacute;e. Ce qui rend la circulation impossible. Dans tous les coins et recoins, des vendeurs &agrave; la cri&eacute;e, et partout des klaxons. Mais l&agrave; c&rsquo;est une autre rengaine.<\/p>\n<p>\n\t<strong>&laquo;Hchichet romdhan&raquo;<\/strong><br \/>\n\tTout le monde semble sur ses nerfs et pr&ecirc;ts &agrave; se quereller pour un oui ou pour un non. Deux jeunes, en d&eacute;bardeur, le bras tatou&eacute;, le torse en tablette de chocolat, se lancent un chapelet de gros mots. Ils se chamaillent en fait pour&#8230; un rien. La col&egrave;re monte d&rsquo;un cran et &ccedil;a a failli tourner en rixe. Des passants sont vite intervenus pour calmer les esprits. A tout cela, le Tunisien trouve une explication. On met tout sur le dos de Ramadan et on l&rsquo;appelle chez nous: &laquo;hchichet romdhan&raquo; (la nervosit&eacute; de Ramadan).<br \/>\n\tDevant la Cath&eacute;drale de Tunis, tiens, voil&agrave; une caravane de touristes qui marche au ralenti sous un soleil br&ucirc;lant. &Ccedil;a fait tr&egrave;s longtemps que Tunis n&rsquo;a pas vu de caravane pareille traverser ses rues. Malgr&eacute; la campagne de pub, l&rsquo;ann&eacute;e touristique semble un fiasco. Une touriste tra&icirc;ne avec elle son enfant de huit ou dix ans. Elle profite de son passage au pays du Jasmin pour prendre en photos quelques souvenirs: un clic sur l&rsquo;&eacute;glise et plusieurs autres sur la place. La statue d&rsquo;Ibn Khaldoun quadrill&eacute;e de voitures de l&rsquo;arm&eacute;e et encercl&eacute;e de fils de fer barbel&eacute; et d&rsquo;une armada de soldats ne l&rsquo;a pas laiss&eacute;e indiff&eacute;rente. Son fils vient de terminer la derni&egrave;re gorg&eacute;e d&rsquo;eau de sa bouteille et il a apparemment tr&egrave;s soif.<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tLes p&acirc;tisseries offrent mille et une gourmandises et les g&acirc;teaux traditionnels sont bien mis en lumi&egrave;res. Devant chaque p&acirc;tisserie, il y a une file d&rsquo;attente. &laquo;Il faut que je me d&eacute;p&ecirc;che sinon je vais laisser tomber. Mon patron risque de revenir au bureau plus t&ocirc;t que d&rsquo;habitude et l&agrave;, &ccedil;a va &ecirc;tre la f&ecirc;te, ma f&ecirc;te !&raquo;, parle presque toute seule une jeune fille bien moul&eacute;e dans son bermuda et haut &eacute;chancr&eacute;. L&rsquo;homme qui la pr&eacute;c&egrave;de lui c&egrave;de sa place&#8230; gentiment. Elle le remercie &agrave; sa mani&egrave;re avant de tourner le talon.<br \/>\n\t13 heures, il fait de plus en plus chaud.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les &laquo;fattara&raquo; dans leur cachette<\/strong><br \/>\n\tTunis se remplit de plus en plus. Les gens n&rsquo;en peuvent plus, leur langue colle, ils cherchent l&rsquo;ombre d&rsquo;un mur, d&rsquo;un arbre pour se prot&eacute;ger du soleil. En pleine avenue, une mendiante a d&eacute;j&agrave; squatt&eacute; une place ombrag&eacute;e. Il n&rsquo;y a pas un caf&eacute; dans le coin? La majorit&eacute; ferme le jour et ouvre la nuit, et c&rsquo;est la f&ecirc;te &agrave; la cr&ecirc;pe, &agrave; la glace et au narguil&eacute;.<br \/>\n\tC&rsquo;est toujours ainsi au mois de Ramadan de Tunis. Parasols en berne, chaises et tables pli&eacute;es, portes ferm&eacute;es en attendant la vie revenir une petite heure apr&egrave;s la rupture du je&ucirc;ne. Quelques Europ&eacute;ens de passage ont bien pris des couleurs de la Tunisie. Ils semblent ne plus pouvoir tenir. Dans les parages, aucun bistrot pour se reposer et commander un soda ou autre boisson. Pas le choix, ils s&rsquo;adossent &agrave; un mur; ou s&rsquo;assoient un instant, comme des clodos, au seuil d&rsquo;une boutique avant de reprendre, chancelant, leur chemin, vers les souks.<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tPourtant, pas tr&egrave;s loin, il y a des coins pour les &laquo;fattara&raquo; (ceux qui ne je&ucirc;nent pas). Mais, il faut &ecirc;tre un habitu&eacute;. Car, les stores sont baiss&eacute;s et rien n&rsquo;indique qu&rsquo;il y a de la vie &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur. Les clients p&eacute;n&egrave;trent discr&egrave;tement dans leur cachette pour fumer une clope, prendre &agrave; la va-vite un caf&eacute; ou une boisson. Puis pudeur oblige, sortent rapidos, la forme retrouv&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t14 heures et quelques, les administrations semblent fermer avant l&rsquo;heure. Les rues se remplissent encore et encore. Tout le monde veut rentrer &agrave; la maison. Pas tous. Plusieurs pr&eacute;f&egrave;rent encore r&ocirc;der dans les march&eacute;s pour tuer le temps et s&rsquo;acheter n&rsquo;importe quoi. N&rsquo;importe quoi leur co&ucirc;te les yeux de la t&ecirc;te. Pas la peine de rappeler les prix du jour. Tout monte vertigineusement. Les prix des poissons, les volailles, les l&eacute;gumes, les fruits, sans oublier les sorties et les festivit&eacute;s de la nuit. Tout a un prix. &laquo;Tout co&ucirc;te cher sauf le citoyen qui ne co&ucirc;te plus rien&raquo;, dit un adage de chez nous. Pas grave, le Tunisien sait comment s&rsquo;en sortir : une avance sur son salaire du mois prochain et il aura de quoi continuer le mois. Comme toujours&#8230; Son salaire est consomm&eacute; d&rsquo;avance et il est condamn&eacute; &agrave; &ecirc;tre toujours endett&eacute;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Tunisie. 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