{"id":2354,"date":"2011-08-09T17:01:56","date_gmt":"2011-08-09T17:01:56","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2354"},"modified":"2011-08-09T17:03:33","modified_gmt":"2011-08-09T17:03:33","slug":"dune-haine-gratuite-a-lamour-gratuit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/dune-haine-gratuite-a-lamour-gratuit\/","title":{"rendered":"D\u2019une haine gratuite \u00e0 l\u2019amour gratuit"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;D&#39;une haine gratuite &agrave; l&#39;amour gratuit<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\t<span style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-size: 11px; \">Par Rony Akrich pour Guysen International News<\/span><\/p>\n<div class=\"toolbox\">\n<div class=\"utility\">\n<div class=\"tool\">\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n<p>\tSelon la tradition, la destruction du Premier Temple fut provoqu&eacute;e par la transgression des trois m&eacute;faits les plus farouchement prohib&eacute;s dans le juda&iuml;sme : le meurtre, l&#39;idol&acirc;trie et la d&eacute;bauche. Ce sont en effet des d&eacute;lits pour lesquelles la Torah nous prescrit clairement : &laquo; Vous mourrez mais vous ne les enfreindrez point &raquo;. En revanche, c&#39;est &agrave; cause d&#39;un seul crime, la haine gratuite, que le Second Temple a &eacute;t&eacute; ruin&eacute; par les arm&eacute;es romaines.<\/p><\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify; LINE-HEIGHT: normal\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tIl est deux formules psychiques de la haine : la haine de l&#39;autre et la haine de soi, celle-ci n&#39;apparaissant pas en g&eacute;n&eacute;ral comme telle. Mais il faut comprendre que les deux ont une racine commune, le refus de la structure mentale d&#39;admettre ce qui, pour elle, est, au m&ecirc;me titre, &eacute;tranger : l&#39;individu assimil&eacute; dont elle a &eacute;t&eacute; forc&eacute;e de rev&ecirc;tir la forme, les individus sociaux dont elle est forc&eacute;e d&#39;accepter l&#39;accompagnement.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tLa haine d&eacute;termine la guerre et se manifeste dans la guerre. La phrase d&#39;Andr&eacute; Malraux, dans Les N oyers d&#39;Altenburg : &laquo; Que la victoire dans cette guerre reste &agrave; ceux qui l&#39;auront faite sans l&#39;aimer &raquo;, exprime un v&oelig;u r&eacute;fut&eacute; par la r&eacute;alit&eacute; de quasiment tous les conflits. Autrement, on ne saisirait pas comment il aurait &eacute;t&eacute; possible pour des millions et des millions de gens &agrave; travers toute l&#39;histoire collective de l&#39;esp&egrave;ce humaine d&#39;&ecirc;tre pr&ecirc;ts, d&#39;une seconde &agrave; l&#39;autre, &agrave; abattre des personnes inconnues et &agrave; &ecirc;tre tu&eacute;s par elles. Et, lorsque les exp&eacute;dients de ce r&eacute;servoir de haine ne sont pas r&eacute;solument d&eacute;sign&eacute;s, ils se manifestent sourdement sous les formes du m&eacute;pris, de la x&eacute;nophobie et du racisme.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tOn aurait pu penser qu&#39;au moment de la seconde destruction, le comportement des Juifs &eacute;tait peut-&ecirc;tre moins incriminable. Mais le Talmud refuse cette approche et propose de juger ces deux trag&eacute;dies en fonction de leurs cons&eacute;quences pour Isra&euml;l dans le temps.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tLe Talmud appr&eacute;hende la faute de la haine gratuite, devenue si courante &agrave; l&#39;&eacute;poque du Second Temple, comme clairement plus s&eacute;rieuse que les trois interdits ant&eacute;rieurement &eacute;voqu&eacute;s. Selon lui, en ces temps troubl&eacute;s, le peuple juif pouvait en effet r&eacute;v&eacute;rer la Torah et ses lois, pratiquait la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; envers autrui, et en m&ecirc;me temps, &ecirc;tre capable de s&#39;abandonner &agrave; une haine d&eacute;vastatrice et injuste. Comment concevoir une telle contradiction ? Comment le peuple juif pouvait-il en m&ecirc;me temps &eacute;tudier la Torah et dispenser tant de haine ? S&#39;il agissait ainsi, &eacute;tait-ce en raison des carences dans son &eacute;tude ? Comment pouvait-on respecter les commandements tout en ha&iuml;ssant l&#39;autre ? N&#39;est-il pas &eacute;crit : &laquo; Tu aimeras ton prochain comme toi-m&ecirc;me &raquo; ? Le peuple avait-il donc omis d&#39;&eacute;tudier ce commandement ? Et lorsqu&#39;il est question d&#39;altruisme, comment accorder ce trait de caract&egrave;re avec la haine gratuite ?<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tIl suffit qu&#39;un certain nombre de personnes soient r&eacute;unies par hasard dans le compartiment d&rsquo;un train et qu&#39;elles sympathisent entre elles pour que soudain tous les autres passagers soient consid&eacute;r&eacute;s d&rsquo;un &oelig;il m&eacute;fiant et m&ecirc;me vaguement hostile. C&#39;est ainsi que commence tout sectarisme : que des hommes parlent entre eux, et les voil&agrave; misogynes ; que des autochtones se reconnaissent, et les voil&agrave; x&eacute;nophobes&#8230;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tO&ugrave; que l&rsquo;on soit, avec quiconque, un instinct gr&eacute;gaire nous rapproche, et nous distingue du reste du monde : il y a &laquo; les miens &raquo;&#8230; et les autres qui, manquants, ont toujours tort. Au niveau particulier d&eacute;j&agrave;, un homme qui cherche &agrave; s&rsquo;affirmer se compare &agrave; l&rsquo;Autre. L&rsquo;Autre : cette horreur (&ccedil;a r&eacute;fl&eacute;chit ! &ccedil;a n&rsquo;est pas semblable &agrave; moi ! c&rsquo;est tellement insolite, il n&rsquo;est pas certain qu&#39;il admette mes capacit&eacute;s !) qui vit malgr&eacute; ma g&egrave;ne, et m&ecirc;me qui m&rsquo;est indispensable. Il cherche &agrave; se discerner, &agrave; se d&eacute;couvrir lui-m&ecirc;me, il doit conc&eacute;der les limites du soi que l&rsquo;autre personnifie. L&rsquo;autre est une n&eacute;gation de soi, intol&eacute;rable d&egrave;s l&rsquo;abord.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t<br \/>\n\tLe groupe aura une m&ecirc;me impression d&eacute;sobligeante face &agrave; un milieu inhabituel et donc contradictoire. Il para&icirc;t inacceptable que d&rsquo;autres pr&ocirc;nent des valeurs diff&eacute;rentes, agissent de concert mais pas comme nous. M&ecirc;me avec les meilleurs sentiments du monde (par exemple en consid&eacute;rant que les &eacute;trangers sont pr&eacute;cieux parce que dissemblables), nous n&rsquo;&eacute;vitons pas les guerres de synagogue : nous parlons, dans le meilleur des cas, d&rsquo;int&eacute;gration (il s&rsquo;agira d&rsquo;int&eacute;grer les autres dans notre syst&egrave;me), comme si les autres ne devaient pas persister trop longtemps &agrave; rester hors de nous.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tTout un chacun reprochera &agrave; autrui de ne pas saisir l&rsquo;&eacute;vidente concordance de ses r&egrave;gles, l&rsquo;autre est fautif d&rsquo;&ecirc;tre diff&eacute;rent. Sa diff&eacute;renciation est vue comme un d&eacute;ni de communiquer. On impute &agrave; l&rsquo;autre d&rsquo;&eacute;tablir une rupture inadmissible ; quand on le peut, on va jusqu&rsquo;&agrave; l&#39;obliger &agrave; nous reconna&icirc;tre, on d&eacute;sirerait tarir l&rsquo;&eacute;tranget&eacute; comme une bizarrerie qu&rsquo;il ne s&rsquo;agirait jamais que de faire tr&eacute;passer pour qu&rsquo;enfin nous soyons tous entre nous. Les autres sont autant d&rsquo;objets de tentation qui nous fuient, ils ne sont cependant pas des choses, nous le voudrions, sans cesse nous tentons de les transformer, de les exploiter, de les torturer jusqu&rsquo;&agrave; leur faire admettre notre &eacute;minence dans notre monde. Il faut vaincre pour convaincre&hellip;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tEn fait, les Juifs de l&#39;&eacute;poque percevaient le commandement d&#39;aimer son prochain &agrave; leur fa&ccedil;on : ils all&eacute;guaient que leurs prochains dont la Torah discute n&#39;&eacute;taient que leurs &laquo; proches &raquo;, les gens de leur milieu, de leur groupe, et certainement pas l&#39;ensemble du peuple. Ils estimaient ainsi poss&eacute;der la science infuse, tandis que les autres &eacute;taient dans l&#39;erreur et m&eacute;ritaient la mort.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tPour ces leaders de clans, le monde &eacute;tait divis&eacute; en deux parties : les &laquo; bons &raquo; qui faisaient partie de leur entourage, et les autres qui &eacute;taient ha&iuml;s et d&eacute;test&eacute;s uniquement parce qu&#39;ils ne se rangeaient pas &agrave; leur avis. Ils disaient ainsi : &laquo; Quiconque est diff&eacute;rent de moi est mon ennemi &raquo;. Or la haine gratuite, c&#39;est pr&eacute;cis&eacute;ment cette n&eacute;gation de l&#39;autre.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tL&rsquo;accueil de soi par amour de soi, on est violent parce qu&rsquo;on ne s&rsquo;aime pas, parce qu&rsquo;on se nie soi-m&ecirc;me. La brutalit&eacute; m&#39;abandonne lorsque je suis capable de m&rsquo;affirmer moi-m&ecirc;me, c&rsquo;est une invraisemblance car on croit souvent que n&rsquo;&ecirc;tre pas violent, c&rsquo;est &laquo; penser aux autres &raquo;, donc limiter l&rsquo;affirmation de soi. Or c&rsquo;est l&rsquo;illusion sur laquelle repose toute violence, l&rsquo;illusion que nier l&rsquo;autre, c&rsquo;est s&rsquo;affirmer soi-m&ecirc;me ; que l&rsquo;affirmation de soi implique la n&eacute;gation de l&rsquo;autre. C&rsquo;est le contraire qui est vrai, la violence, n&eacute;gation de l&rsquo;autre, repose sur une profonde n&eacute;gation de soi, sur la haine de soi. Inversement, l&#39;authentique r&eacute;v&eacute;lation de soi est toujours aussi r&eacute;v&eacute;lation de l&rsquo;autre.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tLe juste amour de soi est amour de l&rsquo;autre. C&rsquo;est ce que nous enseignent les sages. La sagesse, c&rsquo;est une r&eacute;ception inconditionnelle de l&rsquo;&ecirc;tre, de soi et de l&rsquo;autre. C&rsquo;est l&rsquo;affirmation souveraine, le oui sans r&eacute;serve &agrave; l&rsquo;abondance de la vie, &agrave; la naissance et &agrave; la mort des figures. La sagesse est un oui &agrave; l&rsquo;existence. Le sage est donc dans l&rsquo;affirmation absolue de soi. Et c&rsquo;est ce qui lui permet d&rsquo;&ecirc;tre dans l&rsquo;affirmation, dans la confirmation absolue de l&rsquo;autre. Face &agrave; un sage, on se sent accueilli inconditionnellement, on se sent aim&eacute;. La violence est un non ontologique. La sagesse, un oui existentiel. La sagesse est la seule v&eacute;ritable non-violence.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tMais que signifie &laquo; ha&iuml;r gratuitement &raquo; ? Lorsque c&#39;est la conduite pernicieuse du prochain qui la motive, elle n&#39;est donc pas vraiment gratuite et sans raison. Mais elle n&#39;en demeure pas moins interdite. Au lieu d&#39;ha&iuml;r notre prochain, essayons de le reprendre et surmontons notre ressentiment qui est malsain pour tout le monde.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tLe premier entendement est la conception initiale de soi &agrave; soi, car comprendre c&rsquo;est prendre avec soi. La principale intimit&eacute; est la familiarit&eacute; originaire de soi &agrave; soi, car nul ne saurait &ecirc;tre l&#39;intime de qui que ce soit, s&rsquo;il n&rsquo;est d&rsquo;abord l&#39;intime de lui-m&ecirc;me.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tC&rsquo;est uniquement quand la conscience de soi a &eacute;t&eacute; ind&eacute;niable que la conscience de l&rsquo;autre peut l&rsquo;&ecirc;tre, et peut l&rsquo;&ecirc;tre en un lieu qui n&rsquo;est pas exclusivement celui de la pens&eacute;e, mais aussi celui du c&oelig;ur. C&#39;est dans l&rsquo;harmonie du sentiment, par del&agrave; toute diff&eacute;rence et distinction, que prend place la facult&eacute;. Il n&rsquo;existe pas de confusion ni de rupture dans le renvoi au Soi mais unit&eacute;. Il y a &eacute;veil de l&rsquo;un par l&rsquo;autre, compr&eacute;hension au sens pur du terme de l&rsquo;un par l&rsquo;autre, c&rsquo;est-&agrave;-dire prise de l&rsquo;un en l&rsquo;autre et de l&rsquo;autre en l&rsquo;un. Les termes autre et un ne sont pas r&eacute;versibles, car l&rsquo;autre est dans l&rsquo;Un et c&rsquo;est dans l&rsquo;un que l&rsquo;autre est aim&eacute; et accept&eacute; pour ce qu&rsquo;il est.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tDans les mille fa&ccedil;ons de s&#39;exprimer, de raconter l&rsquo;unit&eacute;, il y a celle qui hasarde le jeu de la diff&eacute;rence et qui d&eacute;cide que, dans cette totalit&eacute;, tout sert &agrave; l&rsquo;unit&eacute;, rien ne peut &ecirc;tre en dehors d&rsquo;elle. Elle est la voix qui dit d&rsquo;ouvrir les bras et le c&oelig;ur et de prendre tout en soi, de prendre tout, celle de l&rsquo;acceptation. Le Oui int&eacute;gral &agrave; la Vie, &agrave; la vie qui est pr&eacute;cis&eacute;ment le jeu de l&rsquo;unit&eacute; dans la multiplicit&eacute;. Ce que nous avons besoin de red&eacute;couvrir encore et encore, ce n&rsquo;est pas tant de reconna&icirc;tre par la pens&eacute;e que l&rsquo;autre est autre et tout autre, que d&rsquo;aller trouver l&rsquo;autre en soi-m&ecirc;me.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tVisitez les demeures des autres qui sont en vous, allez rencontrer le autres qui sont en vous &hellip; Faites l&rsquo;exercice de retrouver en vous &ndash; par le sentiment le plus profond &ndash; la pr&eacute;sence de l&rsquo;autre.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tToute autre est la haine gratuite.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tDans son introduction &agrave; son commentaire sur la Torah intitul&eacute; Hamek Davar, le Natziv, Rabbi Naphtali Tzvi Yehouda Berlin, estime que la haine gratuite est l&rsquo;excr&eacute;tion de personnes diff&eacute;rentes de soi ou appartenant &agrave; un autre courant de pens&eacute;e que le sien: on ne hait pas de haine gratuite une personne sp&eacute;cifique, mais on peut ha&iuml;r un groupe de personnes. Pourtant, chaque &ecirc;tre humain est diff&eacute;rent de l&#39;autre et ce droit &agrave; la diff&eacute;rence est essentiel.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tA l&#39;&eacute;poque du Second Temple, cette haine, injustement cristallis&eacute;e par des hommes de loi et de foi, &eacute;tait au nom de cette loi et de cette foi. D&egrave;s que l&#39;on se r&eacute;clame d&#39;une quelconque cause, on fait tout pour la justifier et la travestir d&#39;une reconnaissance &eacute;minente. &laquo; L&#39;enfer est pav&eacute; de bonnes intentions &raquo;, dit le proverbe. Cette haine avait donc des fondements id&eacute;alistes, Il y avait bel et bien des Justes et des sages mais, ceux l&agrave;, n&#39;avaient nul &eacute;gard envers autrui.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tLe sentiment religieux, la foi des individus et des groupes humains r&eacute;v&egrave;lent toujours des aspirations &eacute;thiques et sociales plus ou moins universelles: non-violence, s&eacute;curit&eacute;, bonheur, salut post-mortem, soumission &agrave; un ordre juste, autonomie etc. Or ces espoirs ne sont pas fatalement conciliables et cette incompatibilit&eacute; v&eacute;cue exige toujours r&eacute;flexion, compromis et implique conflit et dialogue avec soi et les autres. Toute religion, comme machine de pouvoir, doit donc s&#39;adapter &agrave; l&#39;&eacute;volution des soci&eacute;t&eacute;s pour en contr&ocirc;ler le cours et ce afin de pr&eacute;server son savoir aupr&egrave;s des consciences.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tElle doit pour ce faire interpr&eacute;ter et ouvrir le contenu sacr&eacute; qui la fonde id&eacute;ologiquement &agrave; la discussion rationnelle &agrave; un effort de r&eacute;interpr&eacute;tation en son sein. Le fanatisme est pour elle &agrave; terme un danger mortel. Si donc tout fanatisme est religieux, y compris les fanatismes pr&eacute;tendument ath&eacute;es d&egrave;s lors qu&#39;ils se r&eacute;clament de dogmes salvateurs irrationnels indiscutables, toute religion n&#39;est pas toujours fanatique, mais elle a tendance &agrave; le devenir dans un contexte o&ugrave; son autorit&eacute; est compromise et\/ou elle ne peut r&eacute;pondre aux &eacute;volutions culturelles et &eacute;conomiques des soci&eacute;t&eacute;s sur lesquelles elle pr&eacute;tend exercer son autorit&eacute; spirituelle.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tLe recul du fanatisme religieux signifie soit le recul du religieux dans la vie politique et sociale et sa mise &agrave; l&#39;&eacute;cart dans la vie priv&eacute;e (situation actuelle), soit sa capacit&eacute; &agrave; prendre en main le changement qui s&#39;annonce en se corrigeant dans un sens favorable aux aspirations nouvelles qu&#39;il met en &oelig;uvre.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tMais une religion de la libert&eacute; de pens&eacute;e sans rivage transcendant, ni contr&ocirc;le des consciences est logiquement absurde. Donc toute religion est travaill&eacute;e de l&#39;int&eacute;rieur entre l&#39;exigence de soumission &agrave; l&#39;autorit&eacute; divine et cl&eacute;ricale et la n&eacute;cessit&eacute; d&#39;une &eacute;volution lib&eacute;ratrice. Refuser cette contradiction est donc objectivement pour elle un signe de faiblesse mortelle ; elle cherche alors, dans le pire des cas, &agrave; le refouler dans l&#39;extr&ecirc;me violence parano&iuml;aque compensatrice et narcissiquement enivrante contre la r&eacute;alit&eacute; humaine et les aspirations des soci&eacute;t&eacute;s au changement et des individus &agrave; une plus grande autonomie.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tEn fait, nous remarquons que le laps de temps du premier exil a &eacute;t&eacute; trop court pour permettre au temp&eacute;rament de l&#39;homme de se modifier. Le peuple n&#39;a pas pu reconna&icirc;tre son m&eacute;fait et lui trouver une th&eacute;rapeutique : il a conserv&eacute; sa nature pa&iuml;enne, violente et d&eacute;bauch&eacute;e qui l&#39;avait d&eacute;j&agrave; pr&eacute;cipit&eacute; dans la forfaiture.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tEn effet, &agrave; l&#39;&eacute;poque du Premier Temple, tout le monde pouvait constater les meurtres ou les actes de d&eacute;bauche.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tDans le trait&eacute; talmudique Yoma (p. 9b), on nous explique ainsi : &laquo; Les premiers, leurs fautes &eacute;taient perceptibles c&#39;est pourquoi leur d&eacute;livrance de l&#39;exil a &eacute;t&eacute; rapide. Mais les derniers, leurs fautes n&#39;&eacute;taient pas palpables, c&#39;est pourquoi leur exil se poursuit encore &raquo;.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tIl ne faut donc pas se fier aux apparences. Les transgressions de l&#39;&eacute;poque du Premier Temple semblaient beaucoup plus graves que celles du Second, car au Second Temple, les commandements y &eacute;taient respect&eacute;s&#8230; Mais la perception de nos Sages a toujours &eacute;t&eacute; plus profonde: ils ont compris que la situation du peuple &agrave; l&#39;&eacute;poque du Second Temple &eacute;tait en fait plus grave. Le c&eacute;l&egrave;bre historien Flavius Jos&egrave;phe d&eacute;crit parfaitement bien l&#39;&eacute;tat d&#39;esprit qui r&eacute;gnait alors: &laquo;Pendant la journ&eacute;e, nous luttions contre les Romains et pendant la nuit, nous luttions les uns contre les autres.&raquo; Est-il capital d&#39;&ecirc;tre un grand dirigeant pour appr&eacute;hender que la volont&eacute; du peuple &agrave; se d&eacute;figurer au devant de son histoire, am&egrave;neraient les Romains &agrave; une victoire et &agrave; une reddition sans conditions ?<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tA notre &eacute;poque, nous semblons avoir fait de tr&egrave;s net progr&egrave;s en mati&egrave;re d&#39;histoire g&eacute;n&eacute;rale: D.ieu soit lou&eacute;, il n&#39;existe pas de guerre civile entre Juifs, m&ecirc;me si de s&eacute;rieuses diff&eacute;rences d&#39;opinion continuent de partager notre soci&eacute;t&eacute;.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tOn classe ainsi trois mouvements primordiaux au sein du peuple juif : les religieux, les nationalistes et les s&eacute;culiers.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tLe mouvement religieux reste soucieux de la seule &eacute;tude de la Torah utilitaire. Le mouvement nationaliste s&#39;assure d&#39;un s&eacute;rieux essentiel &agrave; restituer la souverainet&eacute; juive sur cette terre. Quant au courant humaniste ou la&iuml;c, il c&egrave;de la primaut&eacute; aux valeurs humaines, ainsi qu&#39;aux id&eacute;aux de la culture et de la moralit&eacute;, sans tenir compte des pr&eacute;ceptes religieux, ni m&ecirc;me parfois, du nationalisme juif.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tCes trois courants poss&egrave;dent tous une portion de v&eacute;rit&eacute;, mais chacun d&#39;eux croit d&eacute;tenir l&#39;authenticit&eacute; unique. Chaque mouvement tente donc, parfois prestement, de persuader l&#39;autre du bien-fond&eacute; de ses opinions au lieu de s&#39;impr&eacute;gner des principes positifs de l&#39;autre.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tMalheureusement, des relents de cette inimiti&eacute; arbitraire envers ceux qui sont diff&eacute;rents de nous subsistent encore. Nul n&#39;est parfait, nous avons tout un chacun la responsabilit&eacute; d&rsquo;examiner les tares qui sont en nous, de les fustiger et d&rsquo;y rem&eacute;dier, tout en r&eacute;v&eacute;lant et en appr&eacute;hendant les qualit&eacute;s que poss&egrave;dent autrui.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tC&#39;est le cas au niveau individuel et &eacute;galement sur le plan collectif: les nationalistes doivent comprendre le r&ocirc;le essentiel des lois thoraniques et les religieux doivent admettre l&#39;importance de l&#39;Etat.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tChacun doit conserver sa sp&eacute;cificit&eacute;. Le patriarche Jacob avait douze fils dont chacun re&ccedil;ut une b&eacute;n&eacute;diction diff&eacute;rente et appropri&eacute;e. Ensuite, Mo&iuml;se a ent&eacute;rin&eacute; ces diff&eacute;rences au niveau des tribus qui toutes ensemble, allaient construire la Nation juive unifi&eacute;e. Nous sommes cependant convaincus que la haine gratuite dispara&icirc;tra totalement.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tLe Rav Kook estimait qu&#39;aucune collectivit&eacute; &agrave; l&#39;int&eacute;rieur du peuple juif ne pouvait &ecirc;tre parfaite, c&#39;est pourquoi il ne se r&eacute;clamait d&#39;aucun courant sp&eacute;cifique. Il appartenait &agrave; tous les courants et tendances du peuple juif. Nous aussi, nous devrions pouvoir nous reconna&icirc;tre au travers tout ce qui est positif dans tout mouvement, quel qu&rsquo;il soit, au sein de notre soci&eacute;t&eacute;. Ce qui fut d&eacute;truit par haine gratuite ne sera reconstruit que par un amour gratuit.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tErich Fromm (1900-1980) en &eacute;tait convaincu : &laquo; L&rsquo;amour n&rsquo;est pas un sentiment &agrave; la port&eacute;e de n&rsquo;importe qui. &raquo; Rompant avec la vision romantique des philosophes du XIXe si&egrave;cle &ndash; qui concevaient l&rsquo;amour comme un affect passif, au sens o&ugrave; il s&rsquo;emparait du sujet sans pr&eacute;venir et prenait possession de lui &ndash;, le psychanalyste estimait que l&rsquo;amour &eacute;tait une &laquo; activit&eacute; &raquo;.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tIl &eacute;tait un &laquo; prendre part &agrave; &raquo; et non un &laquo; se laisser prendre &raquo;, &eacute;crivait-il. Quiconque aspirait &agrave; conna&icirc;tre l&rsquo;amour se devait d&egrave;s lors de le consid&eacute;rer comme un art.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tPlus question de s&rsquo;en remettre au hasard en esp&eacute;rant &ecirc;tre touch&eacute; par les fl&egrave;ches de Cupidon.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tIl fallait au contraire, en adoptant une d&eacute;marche volontariste, apprendre &agrave; aimer. Le d&eacute;sarroi face &agrave; l&rsquo;amour est rest&eacute; le m&ecirc;me. Loin de pr&eacute;tendre donner des recettes miracles, il entendait plut&ocirc;t signaler les &eacute;cueils &agrave; &eacute;viter et sugg&eacute;rer des voies pour acc&eacute;der &agrave; une forme d&rsquo;union &eacute;panouissante, harmonieuse et durable.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tPour passer ma&icirc;tre dans l&rsquo;art d&rsquo;aimer, il faut &laquo; proc&eacute;der de la m&ecirc;me mani&egrave;re que pour apprendre n&rsquo;importe quel autre art, &agrave; savoir la musique, la peinture, la charpenterie ou l&rsquo;art de la m&eacute;decine &raquo;. C&rsquo;est-&agrave;-dire commencer par acqu&eacute;rir un ensemble de connaissances th&eacute;oriques, puis s&rsquo;attacher avec assiduit&eacute; &agrave; les mettre en pratique.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tLa plupart des candidats &agrave; l&rsquo;amour commettent g&eacute;n&eacute;ralement trois erreurs :<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tLa premi&egrave;re est de croire que &laquo; le probl&egrave;me essentiel de l&rsquo;amour est de savoir comment &ecirc;tre aim&eacute; alors qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;apprendre &agrave; aimer &raquo;.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tLa deuxi&egrave;me est de &laquo; supposer que le probl&egrave;me de l&rsquo;amour est un probl&egrave;me d&rsquo;objet et non de facult&eacute; &raquo;.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tLa troisi&egrave;me, enfin, est de confondre l&rsquo;exp&eacute;rience initiale de &laquo;tomber &raquo; amoureux et l&rsquo;&eacute;tat permanent &laquo;d&rsquo;&ecirc;tre amoureux &raquo;, ou mieux encore, de &laquo;se tenir dans l&rsquo;amour &raquo;.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tL&rsquo;engouement des premiers temps, n&rsquo;est pas assimilable &agrave; l&rsquo;amour, Il n&rsquo;est que le reflet de nos solitudes ant&eacute;rieures.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tCe n&rsquo;est qu&rsquo;apr&egrave;s, dans la connaissance de l&rsquo;autre, que l&rsquo;on peut acc&eacute;der &agrave; l&rsquo;amour, &laquo; qui consiste essentiellement &agrave; donner, non &agrave; recevoir &raquo;.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tFromm insiste &agrave; juste titre sur l&rsquo;importance de surmonter notre narcissisme et notre besoin de d&eacute;pendance pour acc&eacute;der &agrave; un v&eacute;ritable &eacute;change.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tL&rsquo;une des cl&eacute;s de la r&eacute;ussite amoureuse est effectivement d&rsquo;admettre que l&rsquo;&ecirc;tre id&eacute;al (le &laquo; bon objet &raquo;) n&rsquo;existe pas, d&rsquo;apprendre &agrave; composer avec ses imperfections et &agrave; travailler sur les n&ocirc;tres. &laquo; Se tenir &raquo; en amour, c&rsquo;est faire inlassablement ce travail. Sinon ce sera l&rsquo;exp&eacute;rience de la solitude, qui suscitera tr&egrave;s vite l&rsquo;angoisse.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tEtre seul signifie &ecirc;tre coup&eacute; de, sans &ecirc;tre du tout en mesure d&rsquo;exercer mes facult&eacute;s humaines.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tD&egrave;s lors, &ecirc;tre seul signifie &ecirc;tre d&eacute;muni, incapable de saisir le monde &ndash; objets et personnes &ndash; activement; cela signifie que le monde peut m&rsquo;envahir sans qu&rsquo;il soit en mon pouvoir de r&eacute;agir.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tDe plus, la solitude suscite un sentiment de honte et de culpabilit&eacute;: sentiment qui s&rsquo;exprime dans l&rsquo;histoire biblique d&rsquo;Adam et &Egrave;ve.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tApr&egrave;s avoir mang&eacute; de &laquo; l&#39;arbre de la connaissance du bien et du mal &raquo;, apr&egrave;s avoir d&eacute;sob&eacute;i, apr&egrave;s leur naissance comme &ecirc;tres humains &ndash; ils virent &laquo;qu&rsquo;ils &eacute;taient nus &ndash; et ils eurent honte &raquo;. Devenus conscients d&rsquo;eux-m&ecirc;mes et l&rsquo;un de l&rsquo;autre, l&rsquo;homme et la femme prennent aussi conscience de leur s&eacute;paration et de leur diff&eacute;rence, dans la mesure o&ugrave; ils appartiennent &agrave; des sexes diff&eacute;rents.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tMais tout en reconnaissant leur s&eacute;paration, ils restent &eacute;trangers parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas encore appris &agrave; s&rsquo;aimer l&rsquo;un l&rsquo;autre (ce qui est aussi mis en lumi&egrave;re par le fait qu&rsquo;Adam se d&eacute;fend en bl&acirc;mant &Egrave;ve plut&ocirc;t qu&rsquo;en essayant de la d&eacute;fendre).<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tLa conscience de la s&eacute;paration humaine, sans r&eacute;union par l&rsquo;amour &ndash; est source de honte. Elle est en m&ecirc;me temps source de culpabilit&eacute; et d&rsquo;angoisse. Ainsi donc, le besoin le plus profond de l&rsquo;homme est de surmonter sa s&eacute;paration, de fuir la prison de sa solitude.<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div style=\"TEXT-ALIGN: justify\">\n\tL&rsquo;homme, &ndash; de tout &acirc;ge et de toute culture &ndash; se trouve ainsi confront&eacute; &agrave; la solution d&rsquo;un seul et m&ecirc;me probl&egrave;me: comment surmonter la s&eacute;paration, comment accomplir l&rsquo;union, comment transcender sa propre vie individuelle et trouver l&rsquo;unicit&eacute;<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;D&#39;une haine gratuite &agrave; l&#39;amour gratuit Par Rony Akrich pour Guysen International News &nbsp; Selon la tradition, la destruction du Premier Temple fut provoqu&eacute;e par la transgression des trois m&eacute;faits les plus farouchement prohib&eacute;s dans le juda&iuml;sme : le meurtre, l&#39;idol&acirc;trie et la d&eacute;bauche. 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