{"id":237,"date":"2016-04-19T03:45:34","date_gmt":"2016-04-19T03:45:34","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=237"},"modified":"2016-04-19T03:59:00","modified_gmt":"2016-04-19T03:59:00","slug":"juif-tunisien-et-francais-par-albert-memmi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/juif-tunisien-et-francais-par-albert-memmi\/","title":{"rendered":"Juif, Tunisien et Fran\u00e7ais, par Albert Memmi"},"content":{"rendered":"<p>\n\tJuif, Tunisien et Fran&ccedil;ais<\/p>\n<p>\n\tpar Albert Memmi<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tJ&#39;ai d&eacute;j&agrave; racont&eacute; comment, arrivant &agrave; Paris, il y a bien longtemps, j&#39;ai rendu visite &agrave; un vieil &eacute;crivain, fran&ccedil;ais-isra&eacute;lite, comme on disait alors. Lui ayant fait part de ma perplexit&eacute; devant ma triple appartenance: Juif, Tunisien et Fran&ccedil;ais, apr&egrave;s m&#39;avoir &eacute;cout&eacute;, il me r&eacute;pondit :\u2028&mdash; Eh bien, gardez tout, soyez tout cela &agrave; la fois.\u2028Mon interlocuteur, je dois le pr&eacute;ciser, &eacute;tait surtout un homme de devoir, plus que de revendications (il avait perdu un fils, engag&eacute; volontaire dans les forces fran&ccedil;aises, ce qu&#39;il supporta avec dignit&eacute;).\u2028Je pense n&#39;avoir jamais failli &agrave; ce triple programme.\u2028Ce ne fut pas toujours facile &agrave; vivre, ni m&ecirc;me &agrave; expliquer.\u2028Mes coreligionnaires juifs n&#39;ont pas toujours compris ma fid&eacute;lit&eacute; &agrave; la culture des peuples arabes et ma compr&eacute;hension solidaire de leurs revendications nationales; m&ecirc;me lorsqu&#39;ils ne nous rendaient pas toujours la pareille.\u2028Mes compatriotes tunisiens arabo-musulmans m&#39;ont quelquefois suspect&eacute; &agrave; cause de mon admiration et de ma pratique de la langue et de l&#39;art fran&ccedil;ais. Lorsque bien plus tard, ayant d&eacute;cid&eacute; de vivre &agrave; Paris et de devenir un universitaire fran&ccedil;ais, l&#39;ambassadeur de Tunisie, qui se trouvait &ecirc;tre mon ancien &eacute;l&egrave;ve (je ne le trahis pas: c&#39;est lui qui me fait l&#39;amiti&eacute; de se pr&eacute;senter ainsi), Mohamed Masmoudi refusa pendant quelques temps de me recevoir.\u2028Mes fr&egrave;res arabes s&#39;impatient&egrave;rent souvent contre moi &agrave; l&#39;occasion du conflit palestino-isra&eacute;lien sur lequel ils auraient souhait&eacute; de ma part une position plus tranch&eacute;e.\u2028Les Fran&ccedil;ais, mes compatriotes de choix et d&#39;adoption, ne m&#39;ont pas d&#39;abord pardonn&eacute; mes positions en faveur des colonis&eacute;s. Et lorsque j&#39;ai d&eacute;pos&eacute; mon dossier de naturalisation, on me fit r&eacute;pondre qu&#39;il ne serait &quot;jamais&quot; accept&eacute;. Il a fallu l&#39;intervention d&#39;amis &eacute;minents, comme Edgar Pisani ou L&eacute;o Hamon, pour que je devienne enfin un citoyen fran&ccedil;ais.<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<strong>Donc nous sommes juifs, tunisiens et fran&ccedil;ais<\/strong><\/p>\n<p>\n\tEtre juif n&#39;est pas une simple revendication plus ou moins romantique; c&#39;est un fait, qu&#39;il serait indigne de notre part et absurde de voiler.\u2028D&#39;autant plus que dans nos pays d&#39;origine, cette appartenance est beaucoup plus significative, plus large et plus complexe que celle d&#39;une dimension simplement religieuse.\u2028J&#39;h&eacute;site aujourd&#39;hui, comme beaucoup de gens, sur ces notions devenues &agrave; la mode et dont je suis l&#39;un des responsables de leur diffusion en Europe: celles de diff&eacute;rences, d&#39;identit&eacute;, de racines, etc. Mais enfin les n&ocirc;tres sont &eacute;videntes et tr&egrave;s pr&eacute;gnantes.\u2028Nous appartenons &agrave; l&#39;une des plus vieilles communaut&eacute;s de notre pays natal, puisque nous f&ucirc;mes l&agrave; avant le christianisme et bien avant l&#39;Islam. J&#39;ai racont&eacute; ailleurs, preuves &agrave; l&#39;appui, que je poss&egrave;de une fascinante petite m&eacute;daille, trouv&eacute;e dans les ruines de Carthage, grav&eacute;e de mon nom.\u2028Sans nul doute le christianisme de notre grand Saint Augustin, lui aussi n&eacute; &agrave; Carthage, n&#39;aurait pas r&eacute;ussi aupr&egrave;s des Puniques si leur juda&iuml;sation ne les y avait pas pr&eacute;par&eacute;s. L&#39;islamisation n&#39;aurait probablement pas si bien r&eacute;ussi si le monoth&eacute;isme juif, puis chr&eacute;tien, n&#39;y avait habitu&eacute; les esprits.\u2028Nous sommes donc des Juifs, mais nous sommes aussi les plus vieux Tunisiens. Nous avons adopt&eacute; tous les traits culturels successifs qui ont marqu&eacute; ce pays: le couscous et le burnous, lesquels d&#39;ailleurs sont probablement puniques, la sieste et le jasmin, le go&ucirc;t de la mer et la peur du soleil. Ma propre m&egrave;re n&#39;a jamais parl&eacute; le fran&ccedil;ais, ni aucune langue europ&eacute;enne. Je n&#39;ai moi m&ecirc;me parl&eacute; cette langue magnifique qu&#39;&agrave; partir de l&#39;&acirc;ge de sept ans.\u2028Je ne dirai pas que cette intime cohabitation, jusqu&#39;&agrave; la symbiose quelquefois, avec les Tunisiens, puniques d&#39;abord, chr&eacute;tiens ensuite, musulmans enfin, fut toujours ais&eacute;e.\u2028Nous f&ucirc;mes des minoritaires; dans des circonstances historiques o&ugrave; la religion &eacute;tait pr&eacute;sente dans toutes les d&eacute;marches de la vie: nous n&#39;&eacute;tions pas de la religion des majoritaires. D&#39;autre part, le r&eacute;gime beylical, qui nous appara&icirc;t aujourd&#39;hui nostalgiquement folklorique, &eacute;tait celui de petits tyranneaux, qui m&eacute;sestimaient totalement la libert&eacute; des gens et les droits de l&#39;homme. Du reste, le petit peuple arabo-musulman &eacute;tait sous la m&ecirc;me f&eacute;rule.\u2028Nous gardons un autre genre de regret: lorsque la jeune nation tunisienne s&#39;est affranchie de la tutelle du colonisateur, elle n&#39;a pas su garder une &eacute;lite juive de premier ordre et dont certains avaient pari&eacute; de toute leur &acirc;me pour leur int&eacute;gration dans cette jeune nation.\u2028Mais les jeunes nations, je l&#39;ai souvent not&eacute; moi-m&ecirc;me, sont jalouses, exclusives, d&#39;abord referm&eacute;es sur elles-m&ecirc;mes, comme si elles devaient d&#39;abord s&#39;assurer de leur identit&eacute; propre&#8230;\u2028Quoi qu&#39;il en soit, il est vrai que la plupart d&#39;entre nous ont choisi de suivre les Fran&ccedil;ais dans la m&eacute;tropole et de s&#39;y refaire une situation, devenue enviable quelquefois. Nous sommes fiers (si ce genre de sentiment avait quelque int&eacute;r&ecirc;t) de tant de grands noms, de femmes et d&#39;hommes &eacute;minents, dans la m&eacute;decine ou dans les universit&eacute;s fran&ccedil;aises.<\/p>\n<p>\n\tNous sommes donc devenus des Fran&ccedil;ais d&#39;adoption et l&#39;on ne doit pas nous reprocher notre nouvelle fid&eacute;lit&eacute; &agrave; un pays qui nous a adopt&eacute;s, nous a offert, presque sans discussion, de partager l&#39;opulence de sa culture, les bienfaits de la d&eacute;mocratie et de la justice &eacute;conomique.<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<strong>Alors, de quoi souffrons nous ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\tC&#39;est simple: nous avons mal &agrave; notre m&eacute;moire, nous souffrons d&#39;un d&eacute;faut de reconnaissance.\u2028Il suffit d&#39;un s&eacute;jour dans la Tunisie moderne pour constater que nous sommes exclus de son Histoire.\u2028Le temps use tout, c&#39;est vrai, les absents ont toujours tort. Nous ne sommes pas musulmans, c&#39;est vrai, et la Tunisie s&#39;est constitu&eacute;e en nation musulmane.\u2028Cela est la logique implacable de l&#39;Histoire. Mais il n&#39;y a pas que cette logique-l&agrave; et, nous souhaitons qu&#39;on ne pousse pas davantage la roue de l&#39;histoire dans ce sens.\u2028Ce pays musulman et arabe dans sa tr&egrave;s grande majorit&eacute; est aussi notre pays natal. Je l&#39;ai beaucoup &eacute;crit: on peut acqu&eacute;rir une patrie d&#39;adoption, la France pour nous, lui &ecirc;tre loyal et m&ecirc;me y &ecirc;tre heureux, on n&#39;a pourtant jamais fini avec son pays natal.\u2028Permettez au vieil &eacute;crivain que je suis de vous rappeler que ce terreau premier, o&ugrave; ont germ&eacute; les &eacute;motions, heureuses et malheureuses de l&#39;enfance, de l&#39;adolescence avec ses amours, ses d&eacute;ceptions et ses espoirs, est irrempla&ccedil;able. Toute mon &oelig;uvre en porte les traces profondes.\u2028Nous souhaitons r&eacute;int&eacute;grer la m&eacute;moire collective de l&#39;Afrique du Nord, que notre place, historique, &eacute;conomique, et culturelle, y soit d&eacute;finitivement reconnue et assur&eacute;e.\u2028Nous souffrons de constater l&#39;ignorance des jeunes g&eacute;n&eacute;rations de ce que fut notre participation, quelquefois militante, &agrave; l&#39;Histoire du pays. Permettez-moi encore une petite anecdote: lors de ce dernier s&eacute;jour &agrave; Tunis, j&#39;ai demand&eacute; &agrave; revoir la petite maison que nous avions, ma femme et moi, fait construire &agrave; Beau-Site, l&#39;un des faubourgs de la capitale. Comme nous passions devant le stade municipal, j&#39;ai demand&eacute; au chauffeur, un solide gaillard de trente ans, donc n&eacute; apr&egrave;s l&#39;Ind&eacute;pendance, si le b&acirc;timent lui &eacute;tait familier:\u2028&mdash; Oh, bien s&ucirc;r, dit-il les yeux brillants de plaisir, football, sport&#8230;&quot;.\u2028&mdash; Mais savez-vous, lui demandai-je, que c&#39;est l&agrave; que Bourguiba a fait son premier discours &agrave; la jeunesse tunisienne qui d&eacute;filait devant lui?\u2028Il me regarda avec un &eacute;tonnement respectueux : j&#39;avais connu Bourguiba!\u2028Mais j&#39;ajoutai :\u2028&mdash; Et derri&egrave;re Bourguiba, nous &eacute;tions assis, ma femme et moi&#8230;\u2028Cette fois, il me regarda avec une totale incr&eacute;dulit&eacute;; je ne sais s&#39;il n&#39;a pas pens&eacute; que je d&eacute;lirais.\u2028Dans cette m&ecirc;me salle, j&#39;aper&ccedil;ois l&#39;un de mes camarades d&#39;adolescence, qui fut atrocement tortur&eacute; pour avoir lutt&eacute; pour l&#39;ind&eacute;pendance de la Tunisie; un autre, plus jeune, fut renvoy&eacute; du lyc&eacute;e, pour avoir manifest&eacute; avec ses camarades tunisiens musulmans; l&#39;une de nos coll&egrave;gues &agrave; l&#39;universit&eacute;, ici pr&eacute;sente, a &eacute;t&eacute; jet&eacute;e en prison, avec son mari, &agrave; plusieurs reprises pour la m&ecirc;me cause. Dois-je rappeler l&#39;&oelig;uvre fondatrice du professeur Roger Nataf qui a cr&eacute;&eacute; l&#39;irrempla&ccedil;able r&eacute;seau de dispensaires ophtalmologiques, dans un pays o&ugrave; les maladies oculaires font des ravages?\u2028Ce jour est donc, par certains c&ocirc;t&eacute;s, empreint d&#39;une m&eacute;lancolique nostalgie. Mais ce jour est aussi, par sa possibilit&eacute; m&ecirc;me, le commencement de cette reconnaissance souhait&eacute;e.\u2028Je reviens de Tunis. Je tiens d&eacute;j&agrave; &agrave; t&eacute;moigner que tout ce que j&#39;y ai entendu, de la bouche de Monsieur le Ministre de la Culture, qui a bien voulu me recevoir, ou de celle de nombreux intellectuels, se pla&ccedil;ait d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment sous le signe de l&#39;ouverture politique et culturelle.\u2028Je dois rendre hommage par exemple aux efforts de la jeune Tunisie dans le domaine, ailleurs si retardataire, de la condition f&eacute;minine. Et maintenant &agrave; la courageuse reconsid&eacute;ration du r&ocirc;le de ses Juifs.\u2028Je crois que non seulement notre m&eacute;moire y gagnera mais celle du pays tout entier. Car nous sommes un fragment de pierre sculpt&eacute;e par les hommes et par le temps: qui saurait nous d&eacute;chiffrer reconstruirait l&#39;Histoire des peuples parmi lesquels nous avons v&eacute;cu, tels ces Juifs espagnols dispers&eacute;s &agrave; travers le monde, dont la langue demeure celle de Cervantes.\u2028Bien entendu, tous les probl&egrave;mes n&#39;auront pas subitement disparu. Il y faudra des efforts r&eacute;ciproques. Mais l&#39;Histoire a elle-m&ecirc;me beaucoup avanc&eacute;: le temps est loin o&ugrave; l&#39;on s&#39;est battu au cimeti&egrave;re du Djellaz aux environs de Tunis, pour emp&ecirc;cher l&#39;inhumation de quelques Tunisiens musulmans naturalis&eacute;s fran&ccedil;ais: l&#39;appartenance nationale et l&#39;appartenance religieuse semblaient co&iuml;ncider pour l&#39;&eacute;ternit&eacute;. On ne pouvait pas &ecirc;tre tunisien sans &ecirc;tre musulman. Aujourd&#39;hui, plus de trois cent mille Tunisiens et musulmans vivent en France; cinquante mille d&#39;entre eux se sont fait naturaliser fran&ccedil;ais. La Tunisie a sagement d&eacute;cid&eacute; qu&#39;ils demeureront cependant tunisiens. Si l&#39;on s&#39;en tient strictement &agrave; ces nouveaux crit&egrave;res institutionnels, n&#39;est-ce pas exactement la situation des Juifs tunisiens au regard de la loi tunisienne?\u2028J&#39;ai retrouv&eacute; ce m&ecirc;me probl&egrave;me dans mes travaux sur les litt&eacute;ratures maghr&eacute;bines: o&ugrave; placer dor&eacute;navant les jeunes beurs? Dans la litt&eacute;rature alg&eacute;rienne, tunisienne, marocaine, ou dans la litt&eacute;rature fran&ccedil;aise? Et pourquoi pas simultan&eacute;ment dans les deux?\u2028D&#39;une certaine mani&egrave;re nous avons &eacute;t&eacute;, &agrave; cause de notre condition m&ecirc;me, l&agrave; comme ailleurs, en avance sur l&#39;Histoire commune des hommes. Peut-&ecirc;tre sommes-nous, pour cela, d&#39;une certaine mani&egrave;re exemplaires. Est-il possible d&#39;&ecirc;tre &agrave; la fois Juifs, Tunisiens et Fran&ccedil;ais? C&#39;est en tout cas n&eacute;cessaire si nous voulons un jour cesser de nous entre-tuer. Si les hommes consentaient enfin &agrave; &ecirc;tre ceci <em>et <\/em>cela, et non ceci<em>ou<\/em> cela, admettaient que les autres puissent &ecirc;tre &agrave; la fois ceci et cela, et non obligatoirement ceci ou cela, que de drames seraient &eacute;vit&eacute;s! Cela signifierait qu&#39;il ont enfin appris &agrave; vivre ensemble.\u2028Il y a &eacute;galement le difficile probl&egrave;me des relations isra&euml;lo-palestiniennes. Je connais &agrave; cet &eacute;gard la sensibilit&eacute; de nos compatriotes tunisiens. Nous ne leur demandons qu&#39;une chose, c&#39;est qu&#39;ils comprennent que notre sensibilit&eacute; est aussi troubl&eacute;e. Mais l&agrave; encore l&#39;Histoire avance heureusement &agrave; grands pas et nous retenons tous notre souffle. Nul plus que moi ne souhaite une issue heureuse, n&eacute;goci&eacute;e, pour laquelle je tente de convaincre les deux parties depuis toujours.\u2028Je veux dire enfin avec simplicit&eacute;, que si les propositions de tol&eacute;rance et d&#39;ouverture du gouvernement actuel de notre Tunisie demeuraient fermes, nous y r&eacute;pondrions avec espoir et la m&ecirc;me fraternelle fermet&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t<em>Albert Memmiest &eacute;crivain. Il est l&#39;auteur de nombreux romans et essais, dont le dernier paru est <\/em>A contre courants<em>, traduit en vingt pays (Edition du Nouvel Objet<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Juif, Tunisien et Fran&ccedil;ais par Albert Memmi &nbsp; J&#39;ai d&eacute;j&agrave; racont&eacute; comment, arrivant &agrave; Paris, il y a bien longtemps, j&#39;ai rendu visite &agrave; un vieil &eacute;crivain, fran&ccedil;ais-isra&eacute;lite, comme on disait alors. 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