{"id":2380,"date":"2013-08-22T23:12:54","date_gmt":"2013-08-22T23:12:54","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2380"},"modified":"2013-08-23T03:48:42","modified_gmt":"2013-08-23T03:48:42","slug":"le-soufisme-en-islam-un-chemin-vers-dieu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/le-soufisme-en-islam-un-chemin-vers-dieu\/","title":{"rendered":"Le soufisme en islam : Un chemin vers Dieu"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h1>\n\tLe soufisme en islam : Un chemin vers Dieu<\/h1>\n<div class=\"cadretexte\">\n<div class=\"chapo\">\n<p>\n\t\t\t<i>&laquo; Plusieurs chemins m&egrave;nent &agrave; Dieu, j&#39;ai choisi celui de la danse et de la musique. &raquo; &laquo; Dans les cadences de la musique est cach&eacute; un secret ; si je le r&eacute;v&eacute;lais, il bouleverserait le monde. &raquo; &laquo; Recherche sans rel&acirc;che le royaume d&#39;Amour Car l&#39;amour te permet d&#39;&eacute;vincer la mort. &raquo; &laquo; Purifie-toi de ton moi pour revivre en ta pure essence Relis dans ton coeur la parole des proph&egrave;tes, sans livre ni professeur, ni suivi de ma&icirc;tre. &raquo;<o p=\"\"><\/o><\/i><\/p>\n<p>\n\t\t\t<i><o p=\"\"><\/o>Djallal Eddine Roumi<o p=\"\"><\/o><\/i><\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\tDans une pr&eacute;c&eacute;dente contribution, &laquo; L&#39;apport de l&#39;Islam : Plaidoyer pour la tol&eacute;rance &raquo; (1), nous avons bri&egrave;vement d&eacute;crit la r&eacute;alit&eacute; de l&#39;Islam, faite de vivre ensemble et de tol&eacute;rance. Nous proposons dans cette nouvelle &eacute;tude de donner un &eacute;clairage sur le soufisme, qui a vu l&#39;av&egrave;nement de personnalit&eacute;s hors du commun qui ont marqu&eacute; leur &eacute;poque et sont plus que jamais d&#39;actualit&eacute;. Sans avoir la pr&eacute;tention de d&eacute;crire, d&#39;une fa&ccedil;on profonde, la force du soufisme, nous allons donner quelques exemples de soufis c&eacute;l&egrave;bres et comment chacun a trouv&eacute; sa voie (<i>tariqah)<\/i>. A c&ocirc;t&eacute; de Rabi&#39;ate al Addouya, &agrave; qui on attribue la paternit&eacute; du soufisme, il nous pla&icirc;t de citer et sans &ecirc;tre exhaustif, Djallal Eddine Roumi, pour qui la musique &eacute;tait un vecteur qui amenait &agrave; cet &eacute;tat de &laquo; Fana &raquo; (extinction du corps). <o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\tOn raconte qu&#39;en passant dans le bazar, il entendit le son des artisans tapant sur les plateaux de cuivre, il fut pris d&#39;un tourbillon, il voyait les astres tourner, il se mit &agrave; tourner autour de lui-m&ecirc;me comme les astres, donnant par la suite, &agrave; l&#39;&eacute;mergence des derviches tourneurs Leur ronde symboliserait celle des plan&egrave;tes autour du soleil et autour d&#39;elles-m&ecirc;mes. On ressent ici la perception de s&#39;unir au cosmos car le soufi sait qu&#39;il est identique &agrave; lui.<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\t<b>Qu&#39;est-ce que le soufisme ?<\/b><b> <o p=\"\"><\/o><\/b><\/p>\n<p>\n\t\tLe soufisme, &eacute;crit le Dr Nurbakhsh, est l&#39;&eacute;cole de l&#39;illumination int&eacute;rieure. Le but du soufisme est la connaissance de la V&eacute;rit&eacute; par une prise de conscience r&eacute;elle du coeur et de l&#39;esprit &agrave; travers l&#39;illumination int&eacute;rieure ; et non par l&#39;interm&eacute;diaire de th&eacute;ories et de raisonnements philosophiques ou rationnels. La m&eacute;thode du soufisme est l&#39;intention et la d&eacute;termination d&#39;aller vers la V&eacute;rit&eacute; par les moyens de l&#39;amour et de la d&eacute;votion. Cette pratique a pour nom la <i>tariqah<\/i>, la voie spirituelle ou le chemin vers Dieu &raquo;.(2) <o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\tLe soufi est l&#39;amoureux de la V&eacute;rit&eacute; ; c&#39;est celui qui, par les moyens de l&#39;amour et de la d&eacute;votion, va vers la Perfection dont tout le monde r&eacute;ellement est en qu&ecirc;te. Comme le n&eacute;cessite la jalousie de l&#39;amour, le soufi est d&eacute;tach&eacute; de tout &agrave; l&#39;exception de la V&eacute;rit&eacute; R&eacute;elle. Pour cette raison, il est dit dans le soufisme que, &laquo; ceux qui sont int&eacute;ress&eacute;s par l&#39;au-del&agrave; ne peuvent pas donner d&#39;importance au monde mat&eacute;riel. De la m&ecirc;me fa&ccedil;on, ceux qui sont pr&eacute;occup&eacute;s par le monde mat&eacute;riel ne peuvent pas &ecirc;tre int&eacute;ress&eacute;s par l&#39;au-del&agrave;. Mais le soufi (&agrave; cause de la jalousie de l&#39;amour) est incapable de s&#39;occuper de l&#39;un ou de l&#39;autre de ces deux mondes. Cette m&ecirc;me id&eacute;e est exprim&eacute;e par Shebli qui disait &laquo; Celui qui meurt pour l&#39;amour du monde mat&eacute;riel, meurt en hypocrite : Celui qui meurt pour l&#39;amour de l&#39;au-del&agrave; meurt en asc&egrave;te. Mais celui qui meurt pour l&#39;amour de la V&eacute;rit&eacute;, meurt en soufi. &raquo;(2)<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\t<b>La parabole de l&#39;&eacute;l&eacute;phant<\/b><o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\t&laquo; Pour le soufi, poursuit le Dr Nurbakhsh, les sages ne voient la perfection de l&#39;Absolu que d&#39;un point de vue limit&eacute; ; aussi ils ne voient qu&#39;une partie de l&#39;Absolu et non l&#39;infini dans sa globalit&eacute;. Il est en fait vrai que ce que les sages voient est juste ; n&eacute;anmoins ils ne voient qu&#39;une partie de l&#39;ensemble. Ceci rappelle la fameuse histoire, cont&eacute;e par Roumi, &agrave; propos d&#39;un groupe d&#39;hindous qui n&#39;avaient jamais vu un &eacute;l&eacute;phant de leur vie. Un jour, ils vinrent dans un lieu o&ugrave; se trouvait un &eacute;l&eacute;phant. Dans l&#39;obscurit&eacute; compl&egrave;te, ils s&#39;approch&egrave;rent de l&#39;animal, chacun le d&eacute;finissant &agrave; sa mani&egrave;re. Plus tard, ils d&eacute;crivirent ce qu&#39;ils pensaient avoir per&ccedil;u. Naturellement, leurs descriptions &eacute;taient diff&eacute;rentes. Ceux qui avaient touch&eacute; le pied de l&#39;animal pr&eacute;tendaient qu&#39;il &eacute;tait une colonne. D&#39;autres le jugeaient d&#39;apr&egrave;s son oreille, semblable &agrave; un &eacute;ventail, quelques-uns le jugeaient &agrave; sa trompe, et ainsi de suite. Chacune des descriptions, par rapport aux diff&eacute;rentes parties que chacun avait touch&eacute;e, &eacute;tait correcte. Cependant, quand il s&#39;agissait de d&eacute;crire correctement l&#39;ensemble, leur conception &eacute;tait loin de la r&eacute;alit&eacute;. S&#39;ils avaient eu une chandelle, les divergences d&#39;opinion n&#39;auraient pas &eacute;merg&eacute;. La lumi&egrave;re de la chandelle aurait r&eacute;v&eacute;l&eacute; la nature de l&#39;&eacute;l&eacute;phant. C&#39;est seulement par la lumi&egrave;re de la Voie spirituelle et la Voie mystique que la V&eacute;rit&eacute; peut r&eacute;ellement se r&eacute;aliser. Pour que l&#39;individu soit r&eacute;ellement t&eacute;moin de la perfection de l&#39;Absolu, il doit voir avec la vue int&eacute;rieure qui per&ccedil;oit la r&eacute;alit&eacute; dans sa globalit&eacute;. Ce t&eacute;moignage se manifeste quand on devient parfait, c&#39;est-&agrave;-dire quand on perd son existence partielle dans le Global.(2)<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\t\t&laquo; Pour pouvoir aller vers la Perfection, l&#39;individu doit d&#39;abord changer sa fa&ccedil;on n&eacute;gative de penser et transmuer ses passions et sa peur. Cela s&#39;accomplit en s&#39;harmonisant avec la nature divine. Cette voie d&#39;harmonie (la voie spirituelle) est compos&eacute;e de pauvret&eacute; spirituelle, de d&eacute;votion, et du souvenir constant et d&eacute;sint&eacute;ress&eacute; de Dieu. De cette mani&egrave;re, l&#39;individu vient &agrave; percevoir la V&eacute;rit&eacute; telle qu&#39;elle est vraiment. (&#8230;) Dans le soufisme, c&#39;est au moyen de la <i>tariqah <\/i>(la voie spirituelle) que les passions sont progressivement purifi&eacute;es et transform&eacute;es en attributs divins, jusqu&#39;a ce que tout ce qui est propre au moi individuel disparaisse. Alors, tout ce qui reste est le Parfait, le moi divin. La <i>tariqah<\/i> est le chemin, la voie par laquelle le soufi vient en harmonie avec la nature divine. Comme nous l&#39;avons dit, cette voie comprend le &laquo; <i>faqr<\/i> &raquo; ou la pauvret&eacute; spirituelle, la d&eacute;votion et le souvenir continuel et d&eacute;sint&eacute;ress&eacute; de Dieu, qui sont repr&eacute;sent&eacute;s par le Khirqa ou l&#39;investiture honorifique du derviche. Le disciple &agrave; travers ces &eacute;tapes de la purification, voyage &agrave; travers la voie int&eacute;rieure, la Voie spirituelle (<i>tariqah<\/i>). Mais il (ou elle) peut faire ce voyage seulement en suivant les devoirs et obligations de l&#39;Islam (<i>Shari&#39;a<\/i>). Apr&eacute;s avoir travers&eacute; cette voie, le disciple devient un homme parfait et arrive au seuil de la V&eacute;rit&eacute; (<i>haquiqah<\/i>).Mohammed disait : &laquo; La Shari&#39;a forme ma parole, la Tariqa constitue ma pratique, et la <i>haquiqah <\/i>n&#39;est que mon &eacute;tat &raquo; &raquo;.(2)<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\t<b>L&#39;&eacute;corce et le noyau (el-qishr oua el-lobb)<\/b><b> <o p=\"\"><\/o><\/b><\/p>\n<p>\n\t\tLe grand Maitre maghr&eacute;bin &laquo; Chikh al Akbar &raquo;, Ibn &lsquo;Arabi n&eacute; &agrave; Murcie dans l&rsquo;Espagne muulmane d&rsquo;alors , ne dit pas autre chose quand il parle d&#39;&eacute;corce et de noyau. Ren&eacute; Gu&eacute;non nous en parle : &laquo; Ce titre[ l&#39;&eacute;corce et le noyau], qui est celui d&#39;un des nombreux trait&eacute;s de Seyidi Mohyiddin ibn Arabi, exprime sous une forme symbolique les rapports de l&#39;exot&eacute;risme et de l&#39;&eacute;sot&eacute;risme, compar&eacute;s respectivement &agrave; l&#39;enveloppe d&#39;un fruit et &agrave; sa partie int&eacute;rieure, pulpe ou amande. L&#39;enveloppe ou l&#39;&eacute;corce <i>(el-qishr)<\/i> c&#39;est la <i>shari&rsquo;&acirc;<\/i>, c&#39;est-&agrave;-dire la loi religieuse ext&eacute;rieure, qui s&#39;adresse &agrave; tous et qui est faite pour &ecirc;tre suivie par tous, comme l&#39;indique d&#39;ailleurs, le sens de &laquo; grande route &raquo; qui s&#39;attache &agrave; la d&eacute;rivation de son nom. Le noyau (<i>el-lobb<\/i>), c&#39;est la <i>haq&icirc;qah<\/i>, c&#39;est-&agrave;-dire la v&eacute;rit&eacute; ou la r&eacute;alit&eacute; essentielle, qui, au contraire de la shariy&acirc;h, n&#39;est pas &agrave; la port&eacute;e de tous, mais est r&eacute;serv&eacute;e &agrave; ceux qui savent la d&eacute;couvrir sous les apparences et l&#39;atteindre &agrave; travers les formes ext&eacute;rieures qui la recouvrent, la prot&eacute;geant et la dissimulant tout &agrave; la fois. (&#8230;) &raquo; (3)<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\t&laquo; On peut dire que la shariyah, la &laquo; grande route &raquo; parcourue par tous les &ecirc;tres, n&#39;est pas autre chose que ce que la tradition extr&ecirc;me-orientale appelle le &laquo; courant des formes &raquo;, tandis que la <i>haq&icirc;qah<\/i>, la v&eacute;rit&eacute; une et immuable, r&eacute;side dans l&#39; &laquo; invariable milieu &raquo;. Pour passer de l&#39;une &agrave; l&#39;autre, donc de la circonf&eacute;rence au centre, c&#39;est-&agrave;-dire le &laquo; sentier &raquo;, la voie &eacute;troite qui n&#39;est suivie que par un petit nombre. Il y a d&#39;ailleurs, une multitude de turuq, de voies qui sont toutes les rayons de la circonf&eacute;rence pris dans le sens centrip&egrave;te, puisqu&#39;il s&#39;agit de partir de la multiplicit&eacute; du manifest&eacute; pour aller &agrave; l&#39;unit&eacute; principielle : chaque <i>tar&icirc;qah,<\/i> partant d&#39;un certain point ; mais toutes, quel que soit leur point de d&eacute;part, tendent pareillement vers un point unique, toutes aboutissent au centre et ram&egrave;nent ainsi les &ecirc;tres qui les suivent &agrave; l&#39;essentielle simplicit&eacute; de l&#39;&laquo; &eacute;tat primordial &raquo;.(3)<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\t\t&laquo; Seulement, poursuit Ren&eacute; Gu&eacute;non,, c&#39;est ici que l&#39;&eacute;corce s&#39;interpose et cache tout ce qui se trouve &agrave; l&#39;int&eacute;rieur, tandis que celui qui l&#39;aura perc&eacute;e, prenant par-l&agrave; m&ecirc;me conscience du rayon correspondant &agrave; sa propre position sur la circonf&eacute;rence, sera affranchi de la rotation ind&eacute;finie de celle-ci et n&#39;aura qu&#39;&agrave; suivre ce rayon pour aller vers le centre ; ce rayon est la tar&icirc;qah par laquelle, parti de la shar&icirc;yah, il parviendra &agrave; la haq&icirc;qah. C&#39;est pourquoi Allah, de m&ecirc;me qu&#39;il est le &laquo; Premier et le Dernier &raquo; (El-Awwal wa El-Akher), est aussi &laquo; l&#39;Ext&eacute;rieur et l&#39;Int&eacute;rieur &raquo; (<i>Ez-Zaher wa El-Baten<\/i>) (l&#39;apparent et le cach&eacute;), car rien de ce qui est ne saurait &ecirc;tre hors de Lui, et en Lui seul, est contenue toute r&eacute;alit&eacute;, parcequ&#39; Il est Lui-m&ecirc;me la R&eacute;alit&eacute; absolue, la V&eacute;rit&eacute; totale : <i>Huwa El-Haqq<\/i> &raquo;.(3)<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\t<b>Le soufisme et son ascendant en Europe<\/b><b> <o p=\"\"><\/o><\/b><\/p>\n<p>\n\t\t<b><o p=\"\"><\/o><\/b>Pendant pr&egrave;s de huit si&egrave;cles, la civilisation musulmane a illumin&eacute; l&#39;Europe dans l&#39;Italie du Sud et surtout en Andalousie et pendant quelques d&eacute;cennies dans le sud-ouest de la France. Eric Geoffroy Youn&egrave;s a fait l&#39;inventaire de ces acculturations depuis le haut Moyen-&acirc;ge. Il &eacute;crit : &laquo; La mystique <span class=\"spip_surligne\">juive<\/span> m&eacute;di&eacute;vale, t&eacute;moigne d&#39;une impr&eacute;gnation profonde &#8211; et avou&eacute;e &#8211; par le tasawwuf, au Moyen-Orient, en Espagne musulmane, et jusqu&#39;en Catalogne et en Provence. L&#39;influence supput&eacute;e du soufisme sur sainte Th&eacute;r&egrave;se d&#39;Avila et saint Jean de la Croix aurait chemin&eacute; via les mystiques juifs espagnols. Par ailleurs, les sciences occultes telles que l&#39;alchimie, l&#39;astrologie ou l&#39;arithmologie doivent beaucoup au monde de l&#39;Islam, mais elles ne sauraient &ecirc;tre identifi&eacute;es &agrave; la discipline du tasawwuf &raquo;.(4) <o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\t&laquo; Une des seules traces tangibles de la pr&eacute;sence du soufisme en France &agrave; l&#39;&eacute;poque m&eacute;di&eacute;vale, poursuit Eric Geoffroy Youn&egrave;s, provient d&#39;un proche du roi Saint Louis, son chroniqueur et ami Joinville (m. 1317). Celui-ci cite le Dominicain Yves Le Breton, arabisant, qui avait rencontr&eacute; &agrave; Acre au XIIIe si&egrave;cle une femme tenant le m&ecirc;me langage sur l&#39;amour divin que R&acirc;bia Adawiyya (m. 801), la sainte musulmane la plus renomm&eacute;e en terre d&#39;Islam. (&#8230;) Elle suscite l&#39;admiration des partisans du Pur Amour : il faut aimer Dieu ni par d&eacute;sir de Son paradis ni par crainte de Son enfer. Les &laquo; soufis &raquo; contemporains reconnaissent &eacute;galement une dette &agrave; l&#39;&eacute;gard de religieux chr&eacute;tiens qui ont pr&eacute;sent&eacute; des pans majeurs du patrimoine soufi&#8230;Certains chercheurs ont conjoint domaine d&#39;&eacute;tude et orientation spirituelle en pratiquant l&#39;islam soufi, tel Eva de Vitray-Meyerovitch (m. 1998) et Michel Chodkiewicz. (&#8230;) Ren&eacute; Gu&eacute;non est le principal artisan de la p&eacute;n&eacute;tration du soufisme en France au XXe si&egrave;cle. Sa pratique islamique et son appartenance soufie ont pourtant &eacute;t&eacute; marqu&eacute;es du sceau de la discr&eacute;tion, mais son oeuvre ainsi que la correspondance qu&#39;il a entretenue avec beaucoup de &laquo; chercheurs de v&eacute;rit&eacute; &raquo;, a d&eacute;termin&eacute; l&#39;entr&eacute;e dans la Voie de nombreux Fran&ccedil;ais ; ceux-ci seront souvent affili&eacute;s &agrave; la m&ecirc;me voie-m&egrave;re que Gu&eacute;non, la Sh&acirc;dhiliyya, qui a g&eacute;n&eacute;ralement incarn&eacute; un soufisme sobre et lettr&eacute;. Le &laquo; cheikh &laquo; Abd al-W&acirc;hid Yahia &raquo;, tel qu&#39;il est connu en milieu musulman, &eacute;tabli au Caire en 1930 et d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 1951, continue d&#39;exercer une influence singuli&egrave;re en Occident et dans quelques cercles en terre d&#39;Islam &raquo;.(4)<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\tS&#39;agissant justement de l&#39;&eacute;tude du soufisme, on peut &eacute;voquer, lit-on sur le site soufisme.org, l&#39;enseignement des Naqchabandi principalement en Asie, des derviches tourneurs en Anatolie et en Europe balkanique, des Qadiri et des Chadilites majoritairement dans le Maghreb et au Proche-Orient et des Tijani en Afrique. Ces diff&eacute;rentes voies se sont r&eacute;pandues depuis le Moyen &Acirc;ge au sein de confr&eacute;ries (tariqas) dans lesquelles le disciple effectue un travail de transformation int&eacute;rieure sous la guidance d&#39;un ma&icirc;tre vivant r&eacute;alis&eacute;. De nombreux ouvrages de soufis illustres ont &eacute;t&eacute; traduits, principalement en anglais et en fran&ccedil;ais, si bien que des auteurs tels qu&#39;Ibn Arab&icirc;, Ghazali ou R&ucirc;mi peuvent &ecirc;tre appr&eacute;ci&eacute;s par un public de plus en plus large. Il n&#39;est pas inutile de rappeler que, durant le dernier mill&eacute;naire, une partie de l&#39;Europe m&eacute;diterran&eacute;enne n&#39;a pas toujours &eacute;t&eacute; majoritairement chr&eacute;tienne. L&#39;Espagne et l&#39;Italie du Sud ont &eacute;t&eacute; administr&eacute;es pendant plusieurs si&egrave;cles par les musulmans. Cette pr&eacute;sence a notamment pu favoriser le d&eacute;veloppement de voies soufies dont un de ses plus illustres repr&eacute;sentants fut Mouyiddin Ibn Arab&icirc;, n&eacute; &agrave; Murcie en 1165. &raquo;(5) <o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\t&laquo; Une homonymie remarquable concerne l&#39;utilisation du mot &laquo; pauvre &raquo;. Ce mot d&eacute;signe &agrave; la fois les disciples (<i>i poveri<\/i>) de saint Fran&ccedil;ois d&#39;Assise (1182-1226) et les aspirants d&#39;une voie soufie (foqaras en arabe). La doctrine de saint Fran&ccedil;ois d&#39;Assise pr&eacute;sente beaucoup de similitudes avec l&#39;enseignement propre aux voies soufies. Une entrevue dat&eacute;e de 1219 est rest&eacute;e c&eacute;l&egrave;bre entre saint Fran&ccedil;ois d&#39;Assise et le sultan al-M&acirc;lik al K&acirc;mil assist&eacute; du soufi Fakhr ad din Farisi. On ne conna&icirc;t pas les propos qui furent &eacute;chang&eacute;s &agrave; cette occasion, mais on sait que l&#39;entretien dura plusieurs jours et qu&#39;il s&#39;acheva par de chaleureuses salutations r&eacute;ciproques &raquo;. Un &eacute;crivain qui s&#39;inspira des &eacute;crits soufis fut Dante Alighieri (1265-1321) et son oeuvre ma&icirc;tresse &laquo; La divine com&eacute;die &raquo;. Cette oeuvre d&eacute;crit le voyage symbolique de Dante &agrave; travers l&#39;Enfer, le Purgatoire, et le Paradis. Sa symbolique reprend tr&egrave;s fid&egrave;lement les notions d&eacute;velopp&eacute;es par les po&egrave;tes soufis. En particulier, de nombreuses correspondances avec le &laquo; Livre du Voyage nocturne &raquo; de Ibn Arabi, &eacute;crit un si&egrave;cle plus t&ocirc;t, et qui montre la descente aux enfers puis l&#39;ascension &agrave; travers les diff&eacute;rents cieux, accomplie par le Proph&egrave;te de l&#39;Islam (Qsssl), ont pu &ecirc;tre &eacute;tablies. Il est en effet possible que Dante ait pu prendre connaissance des diverses traductions du &laquo; Livre de l&#39;&eacute;chelle &raquo; (<i>Kitab al mir&#39;aj<\/i>) qui ont circul&eacute; au XIIIe si&egrave;cle &agrave; la cour de Alphonse X le Sage, successivement en castillan, en latin et en fran&ccedil;ais &raquo;.(5) <o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\t&laquo; Plus pr&egrave;s de nous, lit-on en conclusion, l&#39;Emir Abdelkader (1808-1883) fut surtout c&eacute;l&egrave;bre pour son r&ocirc;le de r&eacute;sistant face &agrave; la conqu&ecirc;te de l&#39;Alg&eacute;rie par la France et il s&#39;illustra, notamment par sa bravoure et son esprit chevaleresque. Son rattachement d&egrave;s le plus jeune &acirc;ge &agrave; une voie soufie et la richesse in&eacute;puisable de ses &laquo; Ecrits spirituels &raquo; attestent la grande dimension spirituelle de ce combattant-&eacute;crivain hors du commun. Lorsque quelques ann&eacute;es plus tard, alors qu&#39;il avait trouv&eacute; refuge &agrave; Damas, il prot&eacute;gea des milliers de chr&eacute;tiens qui risquaient d&#39;&ecirc;tre massacr&eacute;s au cours d&#39;un conflit. (&#8230;) En fait, &agrave; travers chacun de ses actes, l&#39;Emir mettait en pratique l&#39;enseignement qu&#39;il avait re&ccedil;u et son action dans le monde &eacute;tait le prolongement naturel de la contemplation de l&#39;Unique &raquo;.(5)<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\tEn conclusion, le soufisme, &agrave; travers ses diff&eacute;rentes voies spirituelles, se pr&eacute;sente avant tout comme un support de m&eacute;ditation et il a rarement eu une implication visible dans des ph&eacute;nom&egrave;nes de soci&eacute;t&eacute;. La m&eacute;ditation transcendantale du soufisme devrait &ecirc;tre pour nous un rep&egrave;re en ce mois de Ramadhan o&ugrave; on se goinfre pendant que 29.000 enfants somaliens sont morts et que dans les pays musulmans, il n&#39;y ait aucun exemple de solidarit&eacute; visible comme par exemple l&#39;organisation d&#39;un t&eacute;l&eacute;thon en lieu et place du m&#39;as-tu-vu de c&eacute;r&eacute;monies o&ugrave; les gens enturbann&eacute;s font assaut de salamalecs. 10 Da &#8211; &eacute;pargn&eacute; du bavardage du portable &#8211; par habitant c&#39;est pr&egrave;s de 4 millions de dollars, soit 8000 tonnes de bl&eacute;. C&#39;est cela le vrai Islam !<o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\t1.Chems Eddine Chitour : L&#39;Apport de l&#39;Islam &agrave; l&#39;humanit&eacute;. L&#39;Expression du 4 ao&ucirc;t 2011 <o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\t2.Dr Nurbakhsh <a href=\"http:\/\/www.journalsoufi.com\/soufisme%2026.07.2001\">http:\/\/www.journalsoufi.com\/soufisme 26.07.2001<\/a> <o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\t3.Textes de Ren&eacute; Gu&eacute;non : Shaykh Abd el Wah&icirc;d Yahia Notes : Le Voile d&#39;Isis, 03 193.p. 145 <a href=\"http:\/\/www.naqshbandi.fr\/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=15&amp;Itemid=30\">http:\/\/www.naqshbandi.fr\/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=15&amp;Itemid=30<\/a> <o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\t4.Eric Geoffroy : Le soufisme et la France Oumma.com 21 juillet 2011 <o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\t5.Traces de soufisme en Europe occidentale <a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.soufisme.org\/site\/spip.php?article33\" rel=\"nofollow\">http:\/\/www.soufisme.org\/site\/spip.p&#8230;<\/a><o p=\"\"><\/o><\/p>\n<p>\n\t\tProfeseur Chems Eddine Chitour<\/p>\n<p>\n\t\tEcole Polytechnique enp-edu.dz<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16089,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[38,10,11,15,1],"tags":[],"class_list":["post-2380","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-espagne","category-france","category-moyen-orient","category-religion","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2380","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2380"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2380\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16089"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2380"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2380"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2380"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}