{"id":2404,"date":"2015-05-29T06:32:53","date_gmt":"2015-05-29T06:32:53","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2404"},"modified":"2015-05-29T00:43:40","modified_gmt":"2015-05-29T00:43:40","slug":"lacan-maurras-et-les-juifs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/lacan-maurras-et-les-juifs\/","title":{"rendered":"Lacan, Maurras et les juifs"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\tLacan, Maurras et les juifs<\/h2>\n<div class=\"article_auteur\">\n\tNathalie Jaudel<\/div>\n<div class=\"entree\">\n<div class=\"wp-caption alignright\" id=\"attachment_6957\">\n\t\t<a href=\"http:\/\/laregledujeu.org\/2011\/08\/16\/6954\/lacan-maurras-et-les-juifs\/tumblr_la4kolbl3x1qzwof2\/\" rel=\"attachment wp-att-6957\"><br \/>\n\t\t<\/a><\/p>\n<p class=\"wp-caption-text\">\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\tLacan, Maurras et les juifs<\/h2>\n<div class=\"article_auteur\">\n\tNathalie Jaudel<\/div>\n<div class=\"entree\">\n<div class=\"wp-caption alignright\" id=\"attachment_6957\">\n\t\t<a href=\"http:\/\/laregledujeu.org\/2011\/08\/16\/6954\/lacan-maurras-et-les-juifs\/tumblr_la4kolbl3x1qzwof2\/\" rel=\"attachment wp-att-6957\"><br \/>\n\t\t<\/a><\/p>\n<p class=\"wp-caption-text\">\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t&Agrave; propos des ind&eacute;niables tentations maurassiennes de Lacan &agrave; la vingtaine, l&rsquo;attitude d&rsquo;&Eacute;lisabeth Roudinesco dans son <em>Jacques Lacan, Esquisse d&rsquo;une vie, histoire d&rsquo;un syst&egrave;me de pens&eacute;e<\/em> <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn1\">[1]<\/a>, est d&rsquo;une grande ambigu&iuml;t&eacute;, oscillant entre l&rsquo;amplification et la minimisation d&rsquo;un engagement qui fut aussi r&eacute;el que vite abandonn&eacute;, quoique jamais, certes, explicitement reni&eacute; par l&rsquo;int&eacute;ress&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\tD&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, elle ne manque pas de mentionner, &agrave; juste titre, les penchants du jeune homme pour ce mouvement r&eacute;actionnaire, n&eacute;o-monarchiste et anticl&eacute;rical qui se pr&eacute;tendait &laquo; le parti de l&rsquo;intelligence &raquo;, &agrave; ceci pr&egrave;s qu&rsquo;elle en est, comme tr&egrave;s souvent, r&eacute;duite &agrave; se contenter, faute de sources historiques pr&eacute;cises, &agrave; des &laquo; on dit &raquo;, &agrave; des t&eacute;moignages indirects &mdash; essentiellement, sans doute, celui de Marc-Fran&ccedil;ois, le fr&egrave;re de Jacques Lacan.<\/p>\n<p>\n\t\tSans citer de sources, elle affirme ainsi que Lacan aurait rencontr&eacute; Charles Maurras, &laquo; dont les id&eacute;es [avaient retenu] son attention &raquo; &agrave; plusieurs reprises, et particip&eacute; &agrave; des r&eacute;unions de l&rsquo;Action fran&ccedil;aise. Elle pr&eacute;cise toutefois, en une formule contourn&eacute;e, que ce fut &laquo; sans adh&eacute;rer aux principes de l&rsquo;antis&eacute;mitisme &raquo; <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn2\">[2]<\/a>. Puis elle en fait un &laquo; fervent admirateur &raquo; de Maurras, &laquo; nourri des romans de L&eacute;on Bloy &raquo; <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn3\">[3]<\/a>. Cette admiration pour le leader de l&rsquo;Action fran&ccedil;aise est de nouveau &eacute;voqu&eacute;e par la suite &mdash; mais cette fois en tant que masque de son attraction pour le pamphl&eacute;taire catholique : &laquo; Et ce n&rsquo;est pas un hasard si l&rsquo;admiration vou&eacute;e &agrave; Maurras ne fut chez Lacan que l&rsquo;apparence d&rsquo;une autre sorte d&rsquo;attachement litt&eacute;raire qui le portait vers L&eacute;on Bloy, proph&egrave;te par excellence de l&rsquo;outrance verbale et de la d&eacute;mesure prom&eacute;th&eacute;enne, stigmatisant les lumi&egrave;res de la r&eacute;volution et de la libert&eacute; pour leur opposer un catholicisme fanatique, nourri des folles inspirations de la tradition ex&eacute;g&eacute;tique. [&hellip;] On ne s&rsquo;&eacute;tonnera pas que le culte de l&rsquo;exc&egrave;s chez Lacan, o&ugrave; l&rsquo;identification toujours requise &agrave; un mode parano&iuml;aque de la connaissance &mdash; par quoi il retrouvait la fascination de Bloy pour la folie f&eacute;minine &mdash;, ait eu pour contrepartie constante un attachement visc&eacute;ral et quasi f&eacute;tichiste &agrave; l&rsquo;argent et &agrave; la possession d&rsquo;objets : livres pr&eacute;cieux, &oelig;uvres d&rsquo;art. &raquo; <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn4\">[4]<\/a>. Et pour finir, elle r&eacute;sume, en y adh&eacute;rant, la th&egrave;se de Bertrand Ogilvie <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn5\">[5]<\/a> sur le caract&egrave;re tr&egrave;s limit&eacute; de l&rsquo;influence des th&egrave;ses de Maurras sur la pens&eacute;e de Lacan, dans son texte sur la famille, &agrave; la fin des ann&eacute;es 30 <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn6\">[6]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\tOutre que l&rsquo;on voit mal d&rsquo;o&ugrave; proviendrait ce lien irr&eacute;fragable entre culte de l&rsquo;exc&egrave;s et attachement visc&eacute;ral aux objets dont le lecteur serait suppos&eacute; ne pas s&rsquo;&eacute;tonner, il convient de noter que la seule trace historique du fait que le jeune Lacan se serait &laquo; nourri &raquo; des romans de Bloy <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn7\">[7]<\/a>, jusqu&rsquo;&agrave; en &eacute;pouser tant les obsessions que les d&eacute;bordements, r&eacute;sulte de deux r&eacute;f&eacute;rences &agrave; cet auteur en trente ans de s&eacute;minaire public ; la premi&egrave;re, &agrave; <em>La femme pauvre<\/em>, fut effectu&eacute;e alors que Lacan &eacute;tait &acirc;g&eacute; de 60 ans <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn8\">[8]<\/a> ; il pr&eacute;cise l&rsquo;avoir &laquo; rep&eacute;r&eacute; il y a longtemps &raquo; et le qualifie de &laquo; livre &agrave; la limite du supportable que seul un analyste peut comprendre &raquo;. La deuxi&egrave;me renvoie &agrave; une sc&egrave;ne extraite du <em>Salut par les Juifs<\/em>, trois ans plus tard <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn9\">[9]<\/a>. De &laquo; Lacan a lu &raquo; &agrave; &laquo; Lacan s&rsquo;est nourri &raquo;, un saut est franchi &mdash; celui qui distingue curiosit&eacute; et go&ucirc;t, int&eacute;r&ecirc;t et fascination, d&eacute;couverte et hantise.<\/p>\n<p>\n\t\tPar ailleurs, la seule source historique certaine qui fasse &eacute;tat de l&rsquo;attrait de Lacan pour le mouvement dirig&eacute; par Maurras est une lettre adress&eacute;e par Pampille, la femme de L&eacute;on Daudet, &agrave; Charles Maurras, en 1924 (Lacan est alors &acirc;g&eacute; de 23 ans) :<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo; Cher et grand ami,<\/p>\n<p>\n\t\tUn jeune homme, ami de Maxime, qui s&rsquo;appelle Jacques Lacan (23 ans, &eacute;tudiant en m&eacute;decine, vient de renoncer &agrave; la m&eacute;decine, press&eacute; je pense &mdash; comme tant d&rsquo;autres &mdash; par la n&eacute;cessit&eacute; de gagner sa vie) me demande depuis plusieurs semaines d&rsquo;avoir une entrevue avec vous. J&rsquo;ai fait tra&icirc;ner la chose, car je vous sais bien occup&eacute;, et que ce jeune homme pr&eacute;somptueux m&rsquo;a fait l&rsquo;effet d&rsquo;&ecirc;tre assez empli de lui-m&ecirc;me ; il est r&eacute;cemment conquis &agrave; nos id&eacute;es, et pense naturellement que son adh&eacute;sion a une grande importance et qu&rsquo;il pourra faire beaucoup. Je crois qu&rsquo;il va partir prochainement pour le S&eacute;n&eacute;gal et d&eacute;sirerait vivement que vous lui donniez une direction intellectuelle pour la propagande royaliste qu&rsquo;il veut entreprendre. Pourrez-vous le recevoir cinq minutes, soit mardi, soit mercredi &agrave; l&rsquo;heure que vous voudrez ? Je lui ai dit de vous &eacute;crire afin de gagner du temps, quand vous l&rsquo;aurez lu, vous le conna&icirc;trez et n&rsquo;aurez plus qu&rsquo;&agrave; lui r&eacute;pondre oralement cela vous fera gagner du temps. Il me para&icirc;t cultiv&eacute;, intelligent, mais encore une fois assez pr&eacute;somptueux cependant, je pense qu&rsquo;il peut servir notre cause sacr&eacute;e [&hellip;]. &Agrave; bient&ocirc;t, cher ami, et je vous en prie, n&rsquo;accordez &agrave; ce petit Lacan qu&rsquo;une courte entrevue, il ne vaut pas plus &raquo;. <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn10\">[10]<\/a><\/p>\n<p>\n\t\tCurieusement, cette lettre, qui fut publi&eacute;e en 1995, soit entre la parution initiale du <em>Jacques Lacan<\/em> et sa r&eacute;&eacute;dition en Livre de poche, n&rsquo;est pas mentionn&eacute;e par &Eacute;lisabeth Roudinesco dans cette derni&egrave;re.<\/p>\n<p>\n\t\tElle est pourtant fort instructive, s&rsquo;agissant d&rsquo;un t&eacute;moignage, non pas reconstruit pour les besoins de l&rsquo;historien-enqu&ecirc;teur quelques d&eacute;cennies plus tard, mais <em>pris sur le vif<\/em>, du &laquo; petit Lacan &raquo;. On y trouve d&eacute;crits, en termes mod&eacute;r&eacute;ment am&egrave;nes, par une que le jeune freluquet impressionne &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence peu, plusieurs traits majeurs de la personnalit&eacute; de Lacan : l&rsquo;arrogance (pr&eacute;somptueux et assez empli de lui-m&ecirc;me) ; l&rsquo;impatience (il veut cet entretien tout de suite, le lendemain ou le surlendemain) ; la conscience d&rsquo;avoir un destin (il pense qu&rsquo;il pourra faire beaucoup) mais surtout on y apprend, incidemment, un &eacute;l&eacute;ment biographique majeur dont &Eacute;lisabeth Roudinesco n&rsquo;a jamais fait &eacute;tat : en 1924, Lacan aurait interrompu ses &eacute;tudes de m&eacute;decine avec l&rsquo;intention de partir pour le S&eacute;n&eacute;gal&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\tLacan obtint-il cette courte entrevue avec Maurras ? D&rsquo;autres s&rsquo;ensuivirent-elles ? Assista-t-il &agrave; des r&eacute;unions de l&rsquo;Action fran&ccedil;aise ? Rien ne le prouve ; ce qui est s&ucirc;r en revanche, c&rsquo;est qu&rsquo;il ne collabora pas au quotidien du m&ecirc;me nom, et qu&rsquo;il d&ucirc;t bien renoncer &agrave; un moment ou &agrave; un autre &agrave; son projet d&rsquo;&eacute;migration pour revenir &agrave; ses &eacute;tudes de m&eacute;decine. On sait &eacute;galement qu&rsquo;&agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque il fr&eacute;quentait la librairie d&rsquo;Adrienne Monnier <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn11\">[11]<\/a>. Y rencontra-t-il, d&egrave;s ce moment, certains surr&eacute;alistes ? &Eacute;lisabeth Roudinesco l&rsquo;affirme, sans citer de sources ; le premier texte o&ugrave; Lacan &eacute;voque Breton et &Eacute;luard date de 1931.<\/p>\n<p>\n\t\tTout en donnant, donc, aux sympathies maurassiennes de Lacan une envergure que les documents historiques sont bien en peine de confirmer, &Eacute;lisabeth Roudinesco ne recule pas, pour autant, &agrave; prendre haut et fort sa d&eacute;fense en attaquant violemment dans la presse ceux qui, &agrave; mots couverts ou non, osent traiter Lacan de &laquo; catholique int&eacute;griste &raquo;, voire de &laquo; pr&eacute;curseur de Vichy &raquo; : &laquo; De l&agrave; &agrave; faire de Lacan un adepte des papistes et, pire encore, de Maurras, de l&rsquo;Action fran&ccedil;aise, voire de Vichy, il y a un ab&icirc;me &raquo;, d&eacute;clare-t-elle dans un entretien paru en 2002 dans la revue <em>Cliniques m&eacute;diterran&eacute;ennes<\/em> <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn12\">[12]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\tMais, &agrave; l&rsquo;inverse, elle fait, hors de France, le choix d&rsquo;un traducteur am&eacute;ricain dont les positions rejoignent, voire majorent, celles des d&eacute;tracteurs de Lacan auxquels il vient d&rsquo;&ecirc;tre fait allusion.<\/p>\n<p>\n\t\tPour traduire le deuxi&egrave;me tome de son <em>Histoire de la psychanalyse en France<\/em>, qui parut aux &Eacute;tats-Unis sous le titre &eacute;vocateur de <em>Jacques Lacan &amp; Co : a history of psychoanalysis in France (1925-1985)<\/em> <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn13\">[13]<\/a>, elle fit en effet appel &agrave; un universitaire reconnu, sp&eacute;cialiste de la question de l&rsquo;antis&eacute;mitisme dans la litt&eacute;rature fran&ccedil;aise : Jeffrey Mehlman <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn14\">[14]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\tOr, le <em>Translator&rsquo;s Foreword<\/em> qui sert de pr&eacute;face &agrave; sa traduction du livre d&rsquo;&Eacute;lisabeth Roudinesco d&eacute;ploie des th&eacute;ories en tout point contraires aux positions que cette derni&egrave;re soutient avec vigueur dans la presse fran&ccedil;aise. Elles tendent en effet &agrave; d&eacute;montrer qu&rsquo;en d&eacute;pit de l&rsquo;aveuglement d&rsquo;&Eacute;lisabeth Roudinesco, non content d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; un disciple d&rsquo;&Eacute;douard Pichon (psychanalyste, grammairien et membre de l&rsquo;Action fran&ccedil;aise), Lacan &eacute;tait, sans aucun doute possible, un antis&eacute;mite.<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo; Sa dette &agrave; l&rsquo;&eacute;gard du psychanalyste le plus en vue de l&rsquo;Action fran&ccedil;aise laissa-t-elle une empreinte politique sur les travaux de Lacan ? Roudinesco sugg&egrave;re que non. Ceci &eacute;tant, consid&eacute;rons l&rsquo;utilisation exemplaire qu&rsquo;il fit du mythe d&rsquo;Act&eacute;on &agrave; la fin de &ldquo;La Chose freudienne&rdquo; [<em>The Freudian Thing<\/em>]. D&rsquo;une part, le mythe est une parabole, correctement interpr&eacute;t&eacute;e, de la psychanalyse : l&rsquo;analyste, confront&eacute; &agrave; la v&eacute;rit&eacute; de sa castration (Diane dans sa nudit&eacute;) est appel&eacute; &agrave; jouer Act&eacute;on, t&eacute;moignant de la violation de son <em>ego<\/em> par sa &ldquo;propre&rdquo; pulsion inconsciente (all&eacute;goriquement, les chiens). D&rsquo;autre part, le mythe est une all&eacute;gorie quelque peu parano&iuml;de de la trag&eacute;die historique de la psychanalyse &mdash; le travail de Freud-Act&eacute;on, ayant rencontr&eacute; la v&eacute;rit&eacute;, est mis en lambeaux par ses m&eacute;diocres adeptes. A pr&eacute;sent, ces disciples sont mentionn&eacute;s comme &ldquo;une diaspora&rdquo; d&rsquo; &ldquo;&eacute;migrants&rdquo;. C&rsquo;est-&agrave;-dire que les bandits de Lacan sont dans ce cas moins Am&eacute;ricains que Juifs. Freud-Act&eacute;on, d&rsquo;autre part, est dit &ecirc;tre inspir&eacute; par &ldquo;une pr&eacute;occupation proprement chr&eacute;tienne pour les mouvements de l&rsquo;&acirc;me&rdquo;. Dans la logique de cette lecture du mythe, qui plus est, le r&ocirc;le de Diane au bain &eacute;choit &agrave; nulle autre que Statue de la Libert&eacute;, devant laquelle, note Lacan, Freud et Jung sont pass&eacute;s en route vers la <em>Clark University<\/em> : la diaspora d&rsquo;&eacute;migrants inclut &ldquo;les chiens de la Libert&eacute;&rdquo;. Tout cela &mdash; la critique s&eacute;v&egrave;re de <em>l&rsquo;ego psychology<\/em> en tant que formation culturelle juive, l&rsquo;&eacute;trange identification de Freud &agrave; la chr&eacute;tient&eacute;, et l&rsquo;assimilation oblique de la tra&icirc;tresse Diane &agrave; la Statue de la Libert&eacute; &mdash; se conjoint pour faire revivre une lecture chr&eacute;tienne typologique du mythe &mdash;Act&eacute;on\/Christ et les Juifs\/chiens &mdash; que l&rsquo;on suspecte que le militant de l&rsquo;Action Fran&ccedil;aise qu&rsquo;&eacute;tait Pichon pourrait avoir appr&eacute;ci&eacute;e. &raquo; <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn15\">[15]<\/a><\/p>\n<p>\n\t\tLe caract&egrave;re incroyablement tir&eacute; par les cheveux du raisonnement laisse pantois. Raboutant avec malveillance des extraits, fort &eacute;loign&eacute;s les uns des autres, d&rsquo;un texte de plus de trente-cinq pages qui constitue l&rsquo; &laquo; amplification &raquo; d&rsquo;une conf&eacute;rence prononc&eacute;e &agrave; Vienne en 1955 &agrave; l&rsquo;occasion du centenaire de la naissance de Freud <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn16\">[16]<\/a>, Mehlman d&eacute;veloppe dans son avant-propos une interpr&eacute;tation, &agrave; tout le moins aussi parano&iuml;de que celle qu&rsquo;il reproche &agrave; l&rsquo;objet de son &eacute;tude et en tout cas proprement d&eacute;lirante, de la vis&eacute;e de Lacan.<\/p>\n<p>\n\t\tRe&ccedil;u par les caciques locaux d&rsquo;une IPA par laquelle il n&rsquo;avait pas encore &eacute;t&eacute; exclu, Lacan d&eacute;veloppait dans cette conf&eacute;rence sa conception du &laquo; retour &agrave; Freud &raquo; ; il y faisait de Vienne le lieu g&eacute;ographique contingent o&ugrave; Freud, &laquo; par sa seule pr&eacute;sence &raquo;, avait retrouv&eacute; une v&eacute;rit&eacute; &eacute;ternelle trahie depuis &mdash; &laquo; au point que le mot d&rsquo;ordre d&rsquo;un retour &agrave; Freud signifie un renversement &raquo;. Et de ce renversement, il rendait responsables, non sans une f&eacute;roce ironie, les psychanalystes &eacute;migr&eacute;s en Am&eacute;rique pour fuir le nazisme qui, pour s&rsquo;int&eacute;grer et &ecirc;tre reconnus, accept&egrave;rent de se transformer en <em>managers<\/em> de l&rsquo;&acirc;me &mdash; corruption d&rsquo;autant plus grave qu&rsquo;elle atteignit les meilleurs d&rsquo;entre eux, dit-il. L&rsquo;ironie de l&rsquo;histoire &eacute;tant que si Freud d&eacute;clara &agrave; Jung, lorsqu&rsquo;ils arriv&egrave;rent aux abords de la statue de la Libert&eacute; &laquo; ils ne savent pas que nous leur apportons la peste &raquo;, la sanction de cette <em>hybris<\/em> fut que la maladie qui d&eacute;barqua en Am&eacute;rique &agrave; la suite de Freud fut celle qui ravagea son enseignement malgr&eacute; les tentatives de ce dernier pour le maintenir dans sa rigueur premi&egrave;re. Et il ajoute : &laquo; Le sens d&rsquo;un retour &agrave; Freud, c&rsquo;est un retour au sens de Freud. Et le sens de ce qu&rsquo;a dit Freud, peut &ecirc;tre communiqu&eacute; &agrave; quiconque parce que, m&ecirc;me adress&eacute; &agrave; tous, chacun y sera int&eacute;ress&eacute; : un mot suffira pour le faire sentir, la d&eacute;couverte de Freud met en question la v&eacute;rit&eacute; &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tTexte &eacute;trange en effet, au ton tant&ocirc;t proph&eacute;tique, tant&ocirc;t ironique, o&ugrave; Lacan fait parler la V&eacute;rit&eacute;, s&rsquo;adressant aux successeurs de Freud : &laquo; Mais pour que vous me trouviez o&ugrave; je suis, je vais vous apprendre &agrave; quel signe me reconna&icirc;tre. Hommes, &eacute;coutez, je vous en donne le secret. Moi la v&eacute;rit&eacute;, je parle. [&hellip;] Cherchez, chiens que vous devenez &agrave; m&rsquo;entendre [&hellip;]. Entrez en lice &agrave; mon appel et hurlez &agrave; ma voix. D&eacute;j&agrave; vous voil&agrave; perdus, je me d&eacute;mens, je vous d&eacute;fie, je me d&eacute;file : vous dites que je me d&eacute;fends &raquo;. Et Lacan de comparer Freud &agrave; Act&eacute;on, pourchassant la Diane de la v&eacute;rit&eacute;, et s&rsquo;acharnant &agrave; relancer &agrave; sa poursuite ses chiens d&egrave;s son abord d&eacute;vi&eacute;s de leur courre. Que Diane lui offre-t-elle ? &laquo; Le lieu o&ugrave; le symbole se substitue &agrave; la mort pour s&rsquo;emparer de la premi&egrave;re boursouflure de la vie &raquo; &mdash; soit le lieu o&ugrave; le langage mortifie le corps de l&rsquo;&ecirc;tre parlant. Et Lacan ajoute : &laquo; Cette limite et ce lieu, on le sait, sont loin encore d&rsquo;&ecirc;tre atteints pour ses disciples, si tant est qu&rsquo;ils ne refusent pas de l&rsquo;y suivre, et l&rsquo;Act&eacute;on donc qui ici est d&eacute;pec&eacute;, n&rsquo;est pas Freud, mais bien chaque analyste &agrave; la mesure de la passion qui l&rsquo;enflamma et qui a fait, selon la signification qu&rsquo;un Giordano Bruno dans ses <em>Fureurs h&eacute;ro&iuml;ques<\/em> sut tirer de ce mythe, de lui la proie des chiens de ses pens&eacute;es. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tLe mot &laquo; juif &raquo; n&rsquo;est pas mentionn&eacute; une seule fois dans le texte, mais il est fait r&eacute;f&eacute;rence aux pers&eacute;cutions dont firent l&rsquo;objet les psychanalystes juifs, en ces termes : &laquo; &hellip;pendant que nous voyons passer la diaspora de ceux qui en &eacute;taient les porteurs [du message freudien] et que la pers&eacute;cution ne visait pas par hasard &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tAu lieu de se contenter, comme il le fait d&rsquo;ailleurs avant de se lancer dans des &eacute;lucubrations &eacute;chevel&eacute;es, de lire dans cette m&eacute;taphore que, pour le Lacan de 1955, le travail de Freud-Act&eacute;on, ayant rencontr&eacute; la v&eacute;rit&eacute;, &eacute;tait en voie d&rsquo;&ecirc;tre mis en lambeaux par ses m&eacute;diocres adeptes &mdash; interpr&eacute;tation qui, en effet, ne force pas le texte &mdash; il s&rsquo;&eacute;vertue &agrave; rapprocher, de fa&ccedil;on plus ou moins hasardeuse, des fragments &eacute;pars de celui-ci, pour en produire une lecture qui, elle, constitue bel et bien un for&ccedil;age &mdash; par exemple pour assimiler Diane et la statue de la Libert&eacute;, ce que ne fait pas Lacan &mdash; avant d&rsquo;inventer, d&rsquo;une part une &laquo; parabole de la psychanalyse &raquo; aussi fumeuse qu&rsquo;&eacute;trang&egrave;re &agrave; ce dernier &mdash; le psychanalyste confront&eacute; par Diane &agrave; sa castration et voyant son <em>ego <\/em>d&eacute;vor&eacute; par sa propre pulsion inconsciente&hellip; &mdash; et d&rsquo;autre part de tenter d&rsquo;accr&eacute;diter l&rsquo;id&eacute;e que si Lacan s&rsquo;en prend &agrave; l&rsquo;<em>ego psychology<\/em>, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il tient Freud pour un chr&eacute;tien et les &eacute;pigones de la pens&eacute;e freudienne pour les adeptes d&rsquo;une conspiration juive. Les chiens juifs d&eacute;vorant le Christ Freud &mdash; mais comment donc n&rsquo;y avait-on pas pens&eacute; plus t&ocirc;t ?<\/p>\n<p>\n\t\tUne telle interpr&eacute;tation serait d&eacute;cid&eacute;ment in&eacute;narrable, si elle ne figurait pas en t&ecirc;te d&rsquo;un livre &agrave; ambition historienne et pr&eacute;tention d&rsquo;objectivit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\tAucune allusion n&rsquo;est faite par Mehlman, en revanche, et on se demande pourquoi, &agrave; la r&eacute;f&eacute;rence faite par Lacan &agrave; l&rsquo;interpr&eacute;tation du mythe d&rsquo;Act&eacute;on par l&rsquo;h&eacute;r&eacute;tique Giordano Bruno, dans <em>Fureurs h&eacute;ro&iuml;ques<\/em>, o&ugrave; Act&eacute;on, accompagn&eacute; de ses pens&eacute;es, chasse le beau, le bien, la sagesse etc., et une fois en pr&eacute;sence de Diane, devient lui-m&ecirc;me proie de ses chiens\/pens&eacute;es, s&rsquo;&eacute;tant converti en ce qu&rsquo;il pourchassait : <em>E il gran&rsquo; cacciatore deviene caccia<\/em> <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn17\">[17]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\tOn aurait pu gloser, de fa&ccedil;on aussi d&eacute;lirante, dans bien d&rsquo;autres directions encore. Par exemple, lorsque Lacan &eacute;voque l&rsquo;embl&egrave;me proverbial de la v&eacute;rit&eacute; sortant nue du puits et &eacute;levant de son bras la lumi&egrave;re, aurait-on pu rappeler, ce qui certes, n&rsquo;e&ucirc;t pas &eacute;t&eacute; dans le sens de ce que Mehlman soutient, que la plus c&eacute;l&egrave;bre repr&eacute;sentation de cette all&eacute;gorie figure dans un tableau-manifeste d&rsquo;&Eacute;douard Debat-Ponsan, intitul&eacute; <em>Nec mergitur<\/em> ou <em>La V&eacute;rit&eacute; sortant du puits<\/em>, qui fut expos&eacute; au Salon de 1898 puis offert &agrave; Emile Zola au soutien la lutte pour la r&eacute;habilitation du capitaine Dreyfus&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\tJe passe sur ce qui suit, &agrave; savoir qu&rsquo;en &eacute;non&ccedil;ant, au moment de la dissolution de l&rsquo;&Eacute;cole freudienne de Paris en 1980, la formule <em>Delenda est<\/em> <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn18\">[18]<\/a>, Lacan, identifi&eacute; &agrave; Caton l&rsquo;Ancien et reprenant &agrave; son compte l&rsquo;id&eacute;e fixe du fanatique s&eacute;nateur romain, aurait donc t&eacute;moign&eacute; de sa volont&eacute; de d&eacute;truire Freud en tant que ce dernier &eacute;tait lui-m&ecirc;me identifi&eacute; &agrave; Hannibal le Carthaginois &mdash; carthaginois, donc descendant des ph&eacute;niciens, donc s&eacute;mite &mdash;, cette identification &eacute;tant la marque de son ind&eacute;fectible fid&eacute;lit&eacute; aux Juifs <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn19\">[19]<\/a>&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t&Eacute;lisabeth Roudinesco savait &agrave; qui elle s&rsquo;adressait pour traduire son &oelig;uvre, car Jeffrey Mehlman avait d&eacute;j&agrave; s&eacute;vi auparavant ; il &eacute;tait l&rsquo;auteur de deux articles liant express&eacute;ment Lacan &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me-droite antis&eacute;mite : &laquo; <em>The Suture of an Allusion: Lacan with Leon Bloy<\/em> &raquo; paru en 1982 <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn20\">[20]<\/a> puis republi&eacute; l&rsquo;ann&eacute;e suivante par son auteur dans un ouvrage intitul&eacute; <em>Legacies: Of Anti-Semitism in France<\/em> <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn21\">[21]<\/a> qui fut suivi d&rsquo;un texte contemporain de la traduction du tome 2 de l&rsquo;<em>Histoire de la psychanalyse en France<\/em> d&rsquo;&Eacute;lisabeth Roudinesco : &laquo; <em>The Paranoid Style in French Prose: Lacan with L&eacute;on Bloy<\/em> &raquo; <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn22\">[22]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\tDans le premier <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn23\">[23]<\/a>, Jeffrey Mehlman part d&rsquo;une r&eacute;f&eacute;rence erron&eacute;e de Lacan au <em>Salut par les juifs<\/em> de L&eacute;on Bloy &agrave; la fin du s&eacute;minaire XI sur <em>Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse<\/em>, erreur qu&rsquo;il assimile &agrave; une d&eacute;n&eacute;gation &mdash; une<em> Verneinung<\/em> &mdash;, des liens existant entre le texte de Lacan et le <em>Salut par les juifs<\/em>. Non seulement soutient-il l&rsquo;existence d&rsquo;une profonde similarit&eacute; entre le style de Bloy et celui de Lacan : &laquo; Mais c&rsquo;est sur la sp&eacute;cificit&eacute; de la prose que je voudrais insister : les paragraphes courts, chacun une phrase baroque dans sa longueur, qui semblent s&rsquo;achever dans le soulagement que leurs extr&ecirc;mes violents &mdash; latinismes et argot, allusions mythologiques et cette marque d&rsquo;espi&egrave;glerie que les fran&ccedil;ais appellent <em>gouaille<\/em> &mdash; a n&eacute;anmoins &eacute;t&eacute; contenue par la syntaxe prolif&eacute;rante, avant que leur pression accumul&eacute;e n&rsquo;ait amen&eacute; la page &agrave; un point de d&eacute;vastation. Ces particularit&eacute;s et la condescendance seigneuriale avec laquelle elles sont formul&eacute;es, sont plus proches des caract&eacute;ristiques distinctives de la prose de Lacan, sugg&eacute;r&eacute;-je, que d&rsquo;aucun autre auteur fran&ccedil;ais du si&egrave;cle. &raquo; <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn24\">[24]<\/a>, mais encore ne recule-t-il pas &agrave; multiplier les parall&egrave;les entre la pens&eacute;e de Lacan et les propos antis&eacute;mites de Bloy. Ainsi, l&rsquo;&eacute;chec de la pulsion &agrave; atteindre son objet devrait-elle &ecirc;tre rapproch&eacute;e de la phrase de Bloy selon laquelle &laquo; une synth&egrave;se de la question juive est l&rsquo;absurdit&eacute; m&ecirc;me, en dehors de l&rsquo;acceptation pr&eacute;alable du &ldquo;Pr&eacute;jug&eacute;&rdquo; d&rsquo;un <em>retranchement essentiel<\/em>, d&rsquo;une s&eacute;questration de Jacob dans la plus abjecte d&eacute;cr&eacute;pitude &raquo; <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn25\">[25]<\/a>. Ou encore : le concept de &laquo; r&eacute;p&eacute;tition &raquo; chez Lacan devrait plus aux &laquo; sp&eacute;culations tortur&eacute;es &raquo; de L&eacute;on Bloy qu&rsquo;&agrave; la synchronie structuraliste <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn26\">[26]<\/a>. Il va jusqu&rsquo;&agrave; faire de Bloy &laquo; l&rsquo;interpr&eacute;tant &raquo; &mdash; le m&eacute;diateur entre texte et intertexte &mdash; de la lecture de Freud par Lacan, comme Mallarm&eacute; serait celui de lecture de Hegel par Derrida dans <em>Glas<\/em> <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn27\">[27]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\tBref, le &laquo; retour &agrave; Freud &raquo; masquerait en r&eacute;alit&eacute; un &laquo; involontaire retour &raquo; de Lacan &agrave; l&rsquo;illisible L&eacute;on Bloy du <em>Salut par les juifs<\/em> <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn28\">[28]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\tComme il n&rsquo;est pas imaginable que le choix de ce traducteur ait &eacute;t&eacute; impos&eacute; &agrave; &Eacute;lisabeth Roudinesco, ni que sa pr&eacute;face ait pu figurer en t&ecirc;te de la traduction de son ouvrage sans qu&rsquo;elle ait &eacute;t&eacute; avis&eacute;e de son contenu, force est d&rsquo;en d&eacute;duire qu&rsquo;elle en a agr&eacute;&eacute; la teneur. Ceci est d&rsquo;ailleurs confirm&eacute; par le fait que, si dans <em>L&rsquo;Histoire de la psychanalyse en France<\/em>, parue en 1986 et traduite aux &Eacute;tats-Unis en 1990, elle ne fait pas r&eacute;f&eacute;rence aux accointances pr&eacute;sum&eacute;es entre Bloy et Lacan, celles-ci sont &eacute;voqu&eacute;es &agrave; plusieurs reprises &mdash; sans note et sans mention dans l&rsquo;index du nom de son traducteur am&eacute;ricain &mdash; dans sa biographie de Lacan parue en 1993.<\/p>\n<p>\n\t\tQu&rsquo;importe donc le fait que Lacan, non seulement &eacute;pousa une femme juive, Sylvia Makl&egrave;s, mais encore pr&eacute;nomma Judith la petite fille con&ccedil;ue avec elle et qui naquit&hellip; en 1941 ? N&eacute;gligeable, l&rsquo;admiration, non seulement pour Freud, mais encore pour Koj&egrave;ve, n&eacute; Kojevnikov, pour Koyr&eacute;, pour Jakobson, pour L&eacute;vi-Strauss &mdash; tous juifs. De peu de poids, l&rsquo;identification de Lacan &agrave; Spinoza victime de <em>herem <\/em>; les innombrables r&eacute;f&eacute;rences dans son enseignement au Dieu juif, &agrave; la Bible h&eacute;bra&iuml;que, &agrave; la tradition juive, les r&eacute;flexions sur la circoncision et le <em>chofar<\/em>, comme le rappel incessant de la dette de la psychanalyse vis-&agrave;-vis des juifs, du Talmud et de la Kabbale ; l&rsquo;&eacute;tude des <em>midrash<\/em> avec Emmanuel Ra&iuml;s, &eacute;l&egrave;ve du grand kabbaliste Jacob Gordin ; l&rsquo;affirmation selon laquelle : &laquo; Le Juif [&#8230;] est celui qui sait lire &raquo; <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn29\">[29]<\/a>. Indiff&eacute;rente, l&rsquo;&eacute;coute de ses patients victimes de l&rsquo;Holocauste ; plus indiff&eacute;rente encore &mdash; puisqu&rsquo;&Eacute;lisabeth Roudinesco ne daigne pas m&ecirc;me faire &eacute;tat d&rsquo;un t&eacute;moignage pourtant paru avant la r&eacute;&eacute;dition de son <em>Jacques Lacan <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn30\">[30]<\/a><\/em> &mdash; l&rsquo;hommage et les lettres du Dr Jacques Bi&eacute;zin, qui exer&ccedil;ait dans le service de Jean Delay et &agrave; qui Lacan aurait dit : &laquo; Je sais que vous &ecirc;tes juif. Si une grosse difficult&eacute; vous frappe, je vous aiderai. &raquo;, avant de le prendre gracieusement en analyse &mdash; tout autant que l&rsquo;h&eacute;bergement, pendant la guerre, du grand r&eacute;sistant que fut Gaston Deferre ; elle pr&eacute;f&egrave;re soutenir que, durant cette p&eacute;riode, &laquo; Lacan fut sans aucun doute effondr&eacute; par la d&eacute;b&acirc;cle et sans aucun doute bien plus attentif &agrave; la reconnaissance qu&rsquo;on pouvait accorder &agrave; ses travaux ou &agrave; sa personne qu&rsquo;&agrave; un quelconque engagement. Son hostilit&eacute; &agrave; l&rsquo;occupant se traduisit avant tout par une r&eacute;bellion esth&eacute;tique et par un r&eacute;flexe individualiste de survie et de d&eacute;brouillardise. Il s&rsquo;occupa d&rsquo;abord de lui et de son proche entourage, d&eacute;ployant dans ces circonstances des tr&eacute;sors d&rsquo;inventivit&eacute; &raquo; <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn31\">[31]<\/a>, ironiser sur le fait qu&rsquo;il aurait refus&eacute; de donner de l&rsquo;argent au fr&egrave;re d&rsquo;Andr&eacute; Malraux pour faire lib&eacute;rer celui-ci <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn32\">[32]<\/a>, d&eacute;crire longuement les f&ecirc;tes auxquelles il participa avec les proches de Leiris et de Bataille tandis que &laquo; se d&eacute;roulaient en Allemagne des exterminations massives de d&eacute;port&eacute;s &raquo; <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn33\">[33]<\/a>. Quant au fait que Lacan se soit rendu au commissariat de Cagnes pour se saisir, avant de les d&eacute;truire, en montant sur un tabouret, des dossiers administratifs de Sylvia Makl&egrave;s-Bataille et de sa m&egrave;re qui avaient pris le risque de se d&eacute;clarer juives aux autorit&eacute;s, en aucun cas cet &eacute;pisode n&rsquo;est-il mis sur le compte de son courage, encore moins d&rsquo;un quelconque h&eacute;ro&iuml;sme, auquel Lacan est d&eacute;clar&eacute; &laquo; inapte &raquo; <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn34\">[34]<\/a> &mdash; il ne fait signe que de sa &laquo; lucidit&eacute; politique &raquo; <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn35\">[35]<\/a> &mdash; et sert de pr&eacute;texte &agrave; rectifier la &laquo; l&eacute;gende &raquo; selon laquelle la d&eacute;marche aurait &eacute;t&eacute; effectu&eacute;e &laquo; &agrave; la Gestapo de Cannes &raquo; aupr&egrave;s de laquelle les deux femmes auraient &eacute;t&eacute; &laquo; d&eacute;nonc&eacute;es &raquo; <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn36\">[36]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\tDe m&ecirc;me, elle balaye en quelques mots le silence conserv&eacute; par Lacan pendant toute la dur&eacute;e du conflit : &laquo; Jacques Lacan ne publia pas une seule ligne pendant toute la dur&eacute;e de la guerre et, quand celle-ci prit fin, il &eacute;tait devenu un autre homme. Sa vie, ses m&oelig;urs et ses fr&eacute;quentations avaient chang&eacute;. &raquo; <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn37\">[37]<\/a><\/p>\n<p>\n\t\tOn est loin ici de l&rsquo;hommage rendu par Bernard-Henri L&eacute;vy dans son <em>Si&egrave;cle de Sartre<\/em> aux auteurs qui conserv&egrave;rent le silence : &laquo; Fallait-il en un mot garder le silence ? [&hellip;] Certains l&rsquo;ont fait. Certains ont fait le v&oelig;u de se taire, de ne plus rien publier, en France, tant que les Allemands y seraient. [ils] sont, ces hommes-l&agrave;, l&rsquo;honneur des lettre fran&ccedil;aises, [il] y a dans leur v&oelig;u de silence quelque chose de tr&egrave;s beau et [l&rsquo;on] peut r&ecirc;ver de ce qu&rsquo;e&ucirc;t &eacute;t&eacute; le discr&eacute;dit port&eacute;, non seulement sur l&rsquo;Occupation, mais sur Vichy, au cas o&ugrave; ils auraient &eacute;t&eacute; suivis et o&ugrave; tous les &eacute;crivains rest&eacute;s en France auraient, d&rsquo;une seule voix, choisi de se taire&hellip; &raquo; <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftn38\">[38]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\tAinsi s&rsquo;explique mieux le caract&egrave;re contourn&eacute; de la formule employ&eacute;e par &Eacute;lisabeth Roudinesco pour parler des rapports de Lacan &agrave; l&rsquo;antis&eacute;mitisme : non pas &laquo; il ne fut jamais antis&eacute;mite &raquo;, mais un &eacute;quivoque : &laquo; sans adh&eacute;rer aux principes de l&rsquo;antis&eacute;mitisme &raquo;. Une telle formulation ne serait-elle pas de nature &agrave; laisser penser au lecteur afflig&eacute; de mauvais esprit que, s&rsquo;il n&rsquo;adh&eacute;ra pas aux &laquo; principes &raquo; de l&rsquo;antis&eacute;mitisme (et sans vouloir pousser le raisonnement aussi loin que &laquo; cela ne le retint pas d&rsquo;adh&eacute;rer &agrave; ses fins &raquo;), &agrave; tout le moins cela ne l&rsquo;emp&ecirc;cha pas de ressentir une haine, au moins inconsciente, des juifs, par exemple de la vari&eacute;t&eacute; que pr&eacute;tend si &eacute;l&eacute;gamment d&eacute;montrer son pr&eacute;facier am&eacute;ricain ?<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Nathalie Jaudel<\/strong><\/p>\n<hr size=\"1\" \/>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref1\">[1]<\/a> La premi&egrave;re &eacute;dition du <em>Jacques Lacan, Esquisse d&rsquo;une vie, Histoire d&rsquo;un syst&egrave;me de pens&eacute;e<\/em> d&rsquo;&Eacute;lisabeth Roudinesco parut chez Fayard en 1993 ; elle fut r&eacute;&eacute;dit&eacute;e, conjointement avec les deux volumes de son<em> Histoire de la psychanalyse en France<\/em> au Livre de poche, en un volume, sous le titre : <em>Histoire de la psychanalyse en France<\/em> &ndash; <em>Jacques Lacan<\/em>, Paris, Le Livre de Poche, La Pochoth&egrave;que, 2009, le tout ayant &agrave; cette occasion &eacute;t&eacute; &laquo; corrig&eacute;, compl&eacute;t&eacute;, annot&eacute; ou au contraire amput&eacute; de certains passages [&hellip;] &raquo;. Sauf mention contraire, tous les renvois ult&eacute;rieurs feront r&eacute;f&eacute;rence &agrave; cette derni&egrave;re &eacute;dition (<em>HPF <\/em>et <em>JL<\/em>).<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref2\">[2]<\/a> <em>JL<\/em>, p. 1528.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref3\">[3]<\/a> <em>JL<\/em>, p. 1579.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref4\">[4]<\/a> <em>JL<\/em>, p. 1629.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref5\">[5]<\/a> Bertrand Ogilvie, <em>Lacan, le sujet<\/em>, Paris, PUF, 205, sp&eacute;cialement, p. 61.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref6\">[6]<\/a> <em>JL<\/em>, p. 1683.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref7\">[7]<\/a> L&eacute;on Bloy (1846-1917) partagea avec Anne-Marie Roul&eacute;, une prostitu&eacute;e qui fut finalement intern&eacute;e, une aventure mystique, accompagn&eacute;e de visions et de pressentiments apocalyptiques.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref8\">[8]<\/a> Jacques Lacan, <em>Le S&eacute;minaire, Livre VIII, Le Transfert<\/em>, p. XXX.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref9\">[9]<\/a> Jacques Lacan, <em>Le S&eacute;minaire, Livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse<\/em>, p. XXX.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref10\">[10]<\/a> Pierre-Jean Deschodt (&eacute;d.), <em>Cher ma&icirc;tre, Lettres &agrave; Charles Maurras<\/em>, Christian de Bartillat, 1995, p. 602.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref11\">[11]<\/a> &laquo; Sortant d&rsquo;un milieu sordide [&hellip;] il se trouve qu&rsquo;&agrave; dix-sept ans, gr&acirc;ce au fait que je fr&eacute;quentais chez Adrienne Monnier, j&rsquo;ai rencontr&eacute; Joyce. De m&ecirc;me que j&rsquo;ai assist&eacute;, quand j&rsquo;avais vingt ans, &agrave; la premi&egrave;re lecture de la traduction fran&ccedil;aise qui &eacute;tait sortie d&rsquo;Ulysse. &raquo; <em>&#8211;<\/em> Jacques Lacan, &laquo; Joyce le sympt&ocirc;me &raquo;, conf&eacute;rence donn&eacute;e le 16 juin 1975, <em>in<\/em> <em>Le S&eacute;minaire, Livre XXIII, Le sinthome<\/em>, Paris, Seuil, 2005, p. 162. Or la premi&egrave;re lecture en fran&ccedil;ais de Joyce eut lieu le 7 d&eacute;cembre 1922.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref12\">[12]<\/a> Entretien d&rsquo;&Eacute;lisabeth Roudinesco avec Fran&ccedil;ois Pommier, &laquo; Psychanalyse et homosexualit&eacute; : r&eacute;flexions sur le d&eacute;sir pervers, l&rsquo;injure et la fonction paternelle &raquo;, <em>Cliniques m&eacute;diterran&eacute;ennes<\/em>, n&deg; 65, 2002\/1. Ces critiques s&rsquo;adressent &agrave; Didier &Eacute;ribon et &agrave; Michel Tort.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref13\">[13]<\/a> &Eacute;lisabeth Roudinesco (author), Jeffery Mehlman (translator), <em>Jacques Lacan &amp; Co : a history of psychoanalysis in France (1925-1985), <\/em>University Of Chicago Press; 1st edition, October 1990.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref14\">[14]<\/a> Jeffrey Mehlman, professeur de litt&eacute;rature fran&ccedil;aise &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Boston est un sp&eacute;cialiste de critique litt&eacute;raire et d&rsquo;histoire des id&eacute;es. Il est officier de l&rsquo;Ordre des Palmes acad&eacute;miques en France.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref15\">[15]<\/a> <em>Translator&rsquo;s Foreword<\/em>, <em>in Jacques Lacan &amp; Co<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. xiv. Traduit par mes soins.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref16\">[16]<\/a> Jacques Lacan, &laquo; La Chose freudienne ou sens du retour &agrave; Freud en psychanalyse &raquo;, amplification d&rsquo;une conf&eacute;rence prononc&eacute;e &agrave; la clinique neuro-psychiatrique de Vienne, le 7 novembre I955, <em>in Ecrits<\/em>, Paris, Seuil, 1966, pp. 401-436.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref17\">[17]<\/a> Giordano Bruno, <em>Des fureurs h&eacute;ro&iuml;ques<\/em>, <em>in &OElig;uvres compl&egrave;tes<\/em>, vol. 7, Paris, les Belles Lettres, 1999 ; voir &eacute;galement : H&eacute;l&egrave;ne V&eacute;drine, <em>La conception de la nature chez Giordano Bruno<\/em>, Vrin, 1967.<em> <\/em><\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref18\">[18]<\/a> &laquo; Carthage doit &ecirc;tre d&eacute;truite ! &raquo; aurait &eacute;t&eacute; le mot d&rsquo;ordre de Caton l&rsquo;Ancien apr&egrave;s la Deuxi&egrave;me guerre punique ; selon une tradition non &eacute;tay&eacute;e, il aurait prononc&eacute; cette formule &agrave; chaque fois qu&rsquo;il commen&ccedil;ait ou terminait un discours.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref19\">[19]<\/a> <em>Translator&rsquo;s foreword<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, pp. xiv et xv.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref20\">[20]<\/a> Paru dans <em>SubStance<\/em>, Vol. 11, no. 1, Issue 33-34, pp. 99-110, University of Minnesota Press, 1982.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref21\">[21]<\/a> University of Minnesota Press, 1983.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref22\">[22]<\/a> Paru dans <em>The Oxford Literary Review<\/em>, vol. 12, 1990.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref23\">[23]<\/a> Je ne suis pas parvenue &agrave; consulter le second.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref24\">[24]<\/a> &laquo; <em>The Suture of an Allusion: Lacan with Leon Bloy<\/em> &raquo;, <em>op. cit.<\/em>, pp. 101-102.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref25\">[25]<\/a> <em>Ibidem<\/em>, p. 103.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref26\">[26]<\/a> <em>Ibidem<\/em>, p. 103 : &laquo; <em>It is at this level that the concept of repetition functions at its most radical, and seems less inherited by Lacan from the synchrony of the structuralists than from the tortured speculations of Bloy<\/em>. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref27\">[27]<\/a> <em>Ibid.,<\/em> p. 104 ; &laquo; <em>In this sense, Bloy would serve as an interpretant, in my reading, of Lacan&rsquo;s reading of Freud<\/em>. &raquo;<em> <\/em><\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref28\">[28]<\/a> <em>Ibid<\/em>., p. 104-105 : &laquo; <em>As though the return to Freud &#8211; to whom history has granted the nobility of Jewish genius &#8211; in fact masked an unwitting return to the &#8211; unreadable &#8211; Leon Bloy of <\/em>Le Salut par les juifs<em>.<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref29\">[29]<\/a> &laquo; Radiophonie &raquo;, [1970], <em>Autres &eacute;crits<\/em>, Paris, Seuil, 2001, p. 428.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref30\">[30]<\/a> Le t&eacute;moignage du Dr Bi&eacute;zin figure dans le livre de G&eacute;rard Haddad, <em>Le P&eacute;ch&eacute; originel de la psychanalyse. Lacan et la question juive<\/em>, paru au Seuil en 2007, alors que la r&eacute;&eacute;dition du <em>Jacques Lacan<\/em> revu et augment&eacute; d&rsquo;&Eacute;lisabeth Roudinesco date de 2009.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref31\">[31]<\/a> <em>JL<\/em>, p. 1699.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref32\">[32]<\/a> <em>JL<\/em>, p. 1701.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref33\">[33]<\/a> <em>JL<\/em>, p. 1713.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref34\">[34]<\/a> <em>JL<\/em>, p. 1589.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref35\">[35]<\/a> <em>JL<\/em>, p. 1698.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref36\">[36]<\/a> <em>JL<\/em>, p. 1953.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref37\">[37]<\/a> <em>JL<\/em>, p. 1715.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/article#_ftnref38\">[38]<\/a> Bernard-Henri L&eacute;vy, <em>Le Si&egrave;cle de Sartre<\/em>, Paris, Grasset &amp; Fasquelle, 2000, pp. 379-380.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Lacan, Maurras et les juifs Nathalie Jaudel &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16101,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[105,10,23,14,1,87,101],"tags":[],"class_list":["post-2404","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-alberta","category-france","category-litterature","category-paris","category-uncategorized","category-vichy","category-vienne"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2404","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2404"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2404\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16101"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2404"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2404"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2404"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}