{"id":24220,"date":"2026-09-29T21:19:01","date_gmt":"2026-09-29T21:19:01","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=24220"},"modified":"2026-09-30T01:54:58","modified_gmt":"2026-09-30T01:54:58","slug":"histoire-de-la-tunisie-par-pinacolada","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/histoire-de-la-tunisie-par-pinacolada\/","title":{"rendered":"Histoire de la Tunisie, par Pinacolada"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<hr\/><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<p><b> Population de la Tunisie: 9,8 millions.<\/p>\n<p> &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<br \/> L&rsquo;histoire de la TUNISIE remonte a huit mille ans avant J\u00e9sus Christ . De multiples civilisations se sont succ\u00e9d\u00e9es, donnant lieu \u00e0 un vaste brassage culturel qui a fa\u00e7onn\u00e9 la personnalit\u00e9 tunisienne.<\/p>\n<p> La TUNISIE a toujours \u00e9t\u00e9 \u00e0 la crois\u00e9e des anciennes civilisations: capsienne, berb\u00e8re, vandales, punique, romaine, byzantine, arabe, espagnole et turque. Elle a connu toutes les phases de la pr\u00e9histoire maghr\u00e9bine, de l&rsquo;\u00e9poque de la pierre taill\u00e9e \u00e0 celle des pierres polies. Des dolmens et des m\u00e9galithes, appartenant au N\u00e9olitique ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s au Cap-Bon et des vestiges du Pal\u00e9othique dans la r\u00e9gion de Gafsa.<\/p>\n<p> LA PREHISTOIRE<\/p>\n<p> Au IVe mill\u00e9naire avant J.C d\u00e9bute en Tunisie le n\u00e9olithique dit de tradition Capsienne (vient de Capsa, antique Gafsa): polissage de haches, taille bi-faciale des pointes de fl\u00e8ches, c\u00e9ramique grossi\u00e8re, \u00e9levage, agriculture. Des invasions en provenance du sud (Sahara) en s&rsquo;int\u00e9grant aux Capsiens constitu\u00e8rent une nouvelle ethnie appel\u00e9e \u00ab\u00a0protolybiens\u00a0\u00bb et dont les berb\u00e8res sont les descendants directs. C&rsquo;\u00e9tait une tribu nomade pratiquant le culte des morts.<\/p>\n<p> LA VILLE DE CARTHAGE<\/p>\n<p> Selon la tradition, la ville de Kart Hadasht, la \u00ab\u00a0Ville Neuve\u00a0\u00bb aurait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e vers 814 par Elissa, soeur du roi de Tyr, Pygmalion, accompagn\u00e9e de notables tyriens et de Chypriotes. Aux VIII\u00e8 et VII\u00e8, la cit\u00e9 se tourne ver la mer et se d\u00e9veloppe gr\u00e2ce au cabotage.<\/p>\n<p> Le dieu tut\u00e9laire de la cit\u00e9 est Baal Hammon, le El ph\u00e9nicien auquel on voue des sacrifices d&rsquo;enfants en son sanctuaire de Salammb\u00f4. Vers 660 avant J.C., les Carthaginois s&rsquo;installent \u00e0 Ibiza, dans les Bal\u00e9ares. La ville antique est situ\u00e9e au fond du golfe de Tunis, sur une presqu&rsquo;\u00eele. Des collines dispos\u00e9es en arc de cercle la dominent \u00e0 l&rsquo;ouest. La plus haute porte la citadelle de Byrsa, sur les autres s&rsquo;\u00e9tend la n\u00e9cropole. Au del\u00e0, vers Sidi bou Said et La Marsa, s&rsquo;\u00e9tend la banlieue de M\u00e9gara. La ville, gouvern\u00e9e par des rois de la famille des Magonides, s&rsquo;allie aux Etrusques, domine la Sicile du sud ouest, prend pied en Sardaigne, repousse les Grecs Phoc\u00e9ens en Corse, s&rsquo;installe \u00e0 Gadir (Cadix) apr\u00e8s avoir aid\u00e9 la cit\u00e9 \u00e0 chasser les Ib\u00e8res. Enfin, elle \u00e9limine les colons spartiates de Tripolitaine.<\/p>\n<p> Vers -470, le marin carthaginois Hannon effectue un voyage d&rsquo;exploration le long des c\u00f4tes de l&rsquo;Afrique Occidentale jusqu&rsquo;au golfe de Guin\u00e9e. Une seconde exp\u00e9dition m\u00e8ne les Carthaginois vers le nord, probablement jusqu&rsquo;aux c\u00f4tes d&rsquo;Angleterre. Carthage \u00e9tend ainsi son empire colonial et maritime sur tout l&rsquo;ouest de la M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n<p> DIDON ET LA LEGENDE<\/p>\n<p> Elissa, s\u0153ur de Pygmalion, roi de Tyr, avait \u00e9pous\u00e9 son oncle Sicharbas. Le tyran Pygmalion fait assassiner Sicharbas. Se sentant menac\u00e9e, Elissa s&rsquo;enfuit de Tyr avec plusieurs citoyens ph\u00e9niciens, emmenant ses richesses.<\/p>\n<p> Apr\u00e8s un s\u00e9jour \u00e0 Chypre, l&rsquo;exil\u00e9e s&rsquo;en vient sur les c\u00f4tes d&rsquo;Afrique pr\u00e8s du site de la future Carthage. Elle demande \u00e0 Iarbas, roi des indig\u00e8nes G\u00e9tules une concession de terrain ne couvrant que la peau d&rsquo;un b\u0153uf, ce qui est royalement accord\u00e9. Elle fait alors d\u00e9couper la peau en tr\u00e8s fines lani\u00e8res et le fait mettre bout \u00e0 bout, d\u00e9limitant ainsi un territoire assez vaste pour y \u00e9tablir une cit\u00e9 sur une colline, Byrsa (\u00a0\u00bb Peau de b\u0153uf \u00a0\u00bb en grec). Plus tard, refusant sa main au roi Iarbas par fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la m\u00e9moire de son \u00e9poux, Elissa se suicide en se jetant dans un b\u00fbcher. Telle est la l\u00e9gende grecque<\/p>\n<p> Virgile associa \u00e0 cette Elissa le personnage de Didon dans l&rsquo;En\u00e9ide. Reine de Carthage, elle accueille En\u00e9e en sa cit\u00e9 et en tombe follement amoureuse. Ne pouvant retenir le prince troyen partant vers l&rsquo;Italie y fonder Rome, elle se poignarde sur un b\u00fbcher.<\/p>\n<p> LES GUERRES CONTRE LES GRECS<\/p>\n<p> En -480, les marins ph\u00e9niciens forment en grande partie la marine Perse. Ils sont \u00e9cras\u00e9s par les Grecs \u00e0 Salamine. De son c\u00f4t\u00e9, le Grec G\u00e9lon, tyran de Syracuse, bat les Carthaginois \u00e0 Him\u00e8re, en Sicile. Les Magonides \u00e9vacuent la Sicile, se replient en Afrique du Nord et mettent leur territoire en valeur.<\/p>\n<p> A la fin du V\u00e8, un nouveau conflit \u00e9clate entre les Carthaginois et les Grecs. Le roi magonide Himilcon d\u00e9barque en Sicile, prend S\u00e9linonte, G\u00e9la, Agrigente, mais \u00e9choue devant Syracuse bien d\u00e9fendue par Denys l&rsquo;Ancien (Vers -390). Cet \u00e9chec marque la fin des Magonides. La noblesse punique, qui veut la paix, installe vers -380 au pouvoir le Tribunal des Cent-Quatre, charg\u00e9 de surveiller les g\u00e9n\u00e9raux qui ont remplac\u00e9 les rois. Au panth\u00e9on carthaginois, Baal Hammon est \u00e9vinc\u00e9 par Tanit Pene Baal, et le culte de Dem\u00eater est introduit dans la cit\u00e9. La lutte contre les Grecs continue, mais avec moins d&rsquo;intensit\u00e9, surtout apr\u00e8s les mort de Denys en -367. Carthage signe alliance avec Rome en -348.<\/p>\n<p> La guerre avec les Grecs en Sicile reprend avec intensit\u00e9: en -339. les Carthaginois sont vaincus par Timol\u00e9on et chass\u00e9s de Sicile. Le Tyran de Syracuse Agathocle d\u00e9barque m\u00eame en Afrique en -310. S&rsquo;alliant au grec, le roi de Carthage Bomilcar tente alors de renverser l&rsquo;oligarchie punique, mais il \u00e9choue en -307. Cette date marque le d\u00e9but de la puissance de l&rsquo;oligarchie carthaginoise. Apr\u00e8s la mort d&rsquo;Alexandre le Grand, la cit\u00e9 punique s&rsquo;allie avec la dynastie Lagide qui succ\u00e8de \u00e0 Alexandre en Egypte, Ph\u00e9nicie et Palestine. Carthage s&rsquo;ouvre largement aux influences hell\u00e9nistiques de Sicile, d&rsquo;Italie et d&rsquo;Egypte. l&rsquo;Etat punique domine \u00e9conomiquement la M\u00e9diterran\u00e9e Occidentale et entretient d&rsquo;excellentes relations avec le monde Oriental. En -268, une nouvelle alliance avec Rome permet d&rsquo;\u00e9liminer Pyrrhus d&rsquo;Epire, qui tentait de cr\u00e9er une empire hell\u00e9nistique en Occident.<\/p>\n<p> LA PREMIERE GUERRE PUNIQUE: 264-241<\/p>\n<p> Il \u00e9tait in\u00e9vitable que Rome et Carthage en viennent \u00e0 l&rsquo;affrontement: Rome vient d&rsquo;unifier l&rsquo;Italie; au S\u00e9nat les grandes familles ont un esprit de domination et d&rsquo;expansion vers la mer. De son c\u00f4t\u00e9 Carthage domine toute la M\u00e9diterran\u00e9e Occidentale et n&rsquo;a pas renonc\u00e9 \u00e0 la Sicile. Le conflit entre les deux cit\u00e9s va rev\u00eatir une importance capitale pour tout le bassin m\u00e9diterran\u00e9en, et pour plus de huit si\u00e8cles. Il dure de -264 \u00e0 -146 et conna\u00eet trois grandes phases: la premi\u00e8re aura comme enjeu la Sicile.<\/p>\n<p> Rome intervient en Sicile pour prot\u00e9ger ses alli\u00e9s, les Mamertins et prend Agrigente aux Carthaginois. En r\u00e9ponse, ceux-ci ravagent les ports romains de Sicile et de la c\u00f4te Italienne. Alli\u00e9e aux Etrusques, Rome cr\u00e9\u00e9 une flotte puissante et d\u00e9truit une escadre punique \u00e0 Mylea en -260. L&rsquo;\u00e9quilibre naval est r\u00e9tabli. La consul R\u00e9gulus d\u00e9barque en -256 au Cap Bon, portant la guerre en Afrique. Apr\u00e8s avoir inflig\u00e9 de grosses pertes \u00e0 Carthage (Ruines de Kerkouane, la \u00ab\u00a0Pompei punique\u00a0\u00bb), il est battu et fait prisonnier en -255. Lib\u00e9r\u00e9 sur parole pour n\u00e9gocier un \u00e9change de prisonniers, il dissuade le S\u00e9nat d&rsquo;accepter les conditions de Carthage et fid\u00e8le \u00e0 sa parole, retourne en Afrique ou il est supplici\u00e9 (-250).<\/p>\n<p> En -254 les Carthaginois perdent Palerme, mais la victoire navale de Drepanum (Trapani) sur les Romains en -249 leur permet de maintenir quelques garnisons en Sicile (Eryx, Lilyb\u00e9e). Elles y m\u00e8nent une rude guerre de commandos avec leur chef, Hamilcar Barca. Le pourrissement de la situation am\u00e8ne la paix. Un convoi carthaginois ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit en -241, le gouvernement Punique demande la tr\u00eave. La paix est honorable. Carthage perd la Sicile mais conserve ses autres possessions ext\u00e9rieures, y compris Corse et Sardaigne.<\/p>\n<p> LES MERCENAIRES<\/p>\n<p> La demi-d\u00e9faite de Carthage lors de la premi\u00e8re guerre punique du r\u00e9gime oligarchique au pouvoir. Contre la classe dirigeante se dressent les paysans libyens asservis, les innombrables mercenaires non pay\u00e9s, les classes moyennes menac\u00e9es dans leurs int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et enfin les militaires \u00ab\u00a0nationalistes\u00a0\u00bb, dont le chef, le g\u00e9n\u00e9ral Hamilcar Barca (290-229), prend la t\u00eate. En -240, les Mercenaires, conduits par le Libyen Math\u00f4 se r\u00e9voltent et assi\u00e8gent Utique. Il faudra 2 ans \u00e0 Hamilcar Barca et Hannon le Grand pour les vaincre et les exterminer. (Gustave Flaubert en tirera un c\u00e9l\u00e8bre roman en 1862, \u00ab\u00a0Salammb\u00f4\u00a0\u00bb). L&rsquo;\u00e9crasement de cette r\u00e9volte permet \u00e0 Hamilcar Barca de prendre le pouvoir. Rome, inqui\u00e8te, annexe aussit\u00f4t la Sardaigne.<\/p>\n<p> Hamilcar n&rsquo;a qu&rsquo;un but: pr\u00e9parer sa revanche sur Rome. Pour \u00eatre totalement ind\u00e9pendant et \u00e9chapper au contr\u00f4le du gouvernement carthaginois, il cr\u00e9\u00e9 en Espagne un v\u00e9ritable royaume personnel avec une arm\u00e9e de redoutables soldats Ib\u00e8res enti\u00e8rement d\u00e9vou\u00e9s \u00e0 sa personne et \u00e0 sa famille (237-229). Son gendre Hasdrubal \u00ab\u00a0le Beau\u00a0\u00bb poursuit sa politique de \u00ab\u00a0r\u00e9armement\u00a0\u00bb et fonde Carthag\u00e8ne (Carthago Nova, -227) avant d&rsquo;\u00eatre assassin\u00e9 en -221.<\/p>\n<p> LA SECONDE GUERRE PUNIQUE : 219-202<\/p>\n<p> A Hasdrubal succ\u00e8de le fils de Hamilcar, Hannibal. Il adopte imm\u00e9diatement une attitude intransigeante, veut diviser son ennemi et utiliser ses adversaires pour le mettre \u00e0 genoux. Il d\u00e9clenche le conflit en prenant en -219 la ville de Sagonte, alli\u00e9e de Rome. Pensant s&rsquo;allier les Celtes de Gaule, il marche contre Rome par la Provence. Malgr\u00e9 la d\u00e9fection des Gaulois Cisalpins, il traverse les Alpes en -218, v\u00e9ritable exploit (d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il poss\u00e8de des \u00e9l\u00e9phants), s&rsquo;allie aux Celtes du P\u00f4 et \u00e9crase les l\u00e9gions romaines sur le Tessin, \u00e0 la Tr\u00e9bie (-218) puis \u00e0 Trasim\u00e8ne (-217). Evitant Rome, il marche vers le sud de l&rsquo;Italie o\u00f9 il compte sur les Apuliens et les Lucaniens. Le 2 ao\u00fbt -216, les l\u00e9gions des Consuls Varro et Paul Emile sont \u00e9cras\u00e9es \u00e0 Cannes, laissant sur le terrain 46 000 l\u00e9gionnaires \u00e0 l&rsquo;issue d&rsquo;une des plus grandes batailles de l&rsquo;Antiquit\u00e9. La voie vers Rome est libre. Hannibal n&rsquo;en profite pas et s&rsquo;installe dans le sud de la P\u00e9ninsule.<\/p>\n<p> Les difficult\u00e9s commencent alors: sur mer, la ma\u00eetrise reste romaine. Rome reconstitue ses l\u00e9gions et m\u00e8ne une guerre d&rsquo;usure. Les d\u00e9fections se font nombreuses du cot\u00e9 des Carthaginois&#8230; Pire: le royaume punique d&rsquo;Espagne s&rsquo;effondre face aux l\u00e9gions romaines, et en -215 il ne reste aux Carthaginois que la B\u00e9tique (Andalousie) et quelques ports du sud-est de l&rsquo;Espagne. En -208, Asdrubal II, fr\u00e8re cadet d&rsquo;Hannibal, part secourir son fr\u00e8re en passant \u00e0 son tour en Italie par les Alpes. Mais il est battu et tu\u00e9 sur le M\u00e9taure. Hannibal tente alors de s&rsquo;allier Philippe V de Mac\u00e9doine, en r\u00e9volte contre Rome. Mais ce dernier ne le soutient que mollement.<\/p>\n<p> Aussi, Rome reconquiert peu \u00e0 peu le sud de l&rsquo;Italie. Hannibal perd pied dans le Bruttium alors que Scipion \u00ab\u00a0l&rsquo;Africain\u00a0\u00bb ach\u00e8ve la conqu\u00eate de l&rsquo;Espagne puis d\u00e9barque en Afrique o\u00f9 il offre le royaume de Numidie au prince Berb\u00e8re Massinissa en \u00e9change de son alliance; l&rsquo;autre grand prince berb\u00e8re, Syphax, reste fid\u00e8le \u00e0 Carthage. Hasdrubal et Syphax sont d\u00e9faits. Hannibal, en -202 s&rsquo;\u00e9chappe d&rsquo;Italie et d\u00e9barque, non \u00e0 Carthage pratiquement bloqu\u00e9e, mais \u00e0 Hadrum\u00e8te (l&rsquo;actuelle Sousse) et marche sur la capitale orientale des Numides, Zama. La rencontre d\u00e9cisive \u00e0 lieu non loin de Zama. Hannibal y est vaincu malgr\u00e9 les ressources de son g\u00e9nie militaire. La paix dict\u00e9e par Scipion r\u00e9duit Carthage \u00e0 un \u00e9tat vassal, mais lui maintient ses possessions en Afrique du Nord. Revenu \u00e0 Carthage, Hannibal r\u00e9ussit \u00e0 se faire \u00e9lire suff\u00e8te en -195. Mais Rome exige son \u00e9limination. R\u00e9fugi\u00e9 en Syrie, il assiste \u00e0 la victoire de Rome en Asie Mineure et est \u00e0 nouveau oblig\u00e9 de fuir en Bithynie. Rome exige du roi de Bithynie, Prusias, de lui livrer son h\u00f4te. Le roi accepte. Hannibal n&rsquo;a d&rsquo;autre issue que le suicide \u00e0 Libyssa (Brousse) en -183. Hannibal mort, Carthage perd toute influence politique.<\/p>\n<p> LA TROISIEME GUERRE PUNIQUE : 149-146<\/p>\n<p> A Rome, vers -155, alors que tout danger est \u00e9cart\u00e9 de voir se relever la puissance punique, une campagne de propagande bien orchestr\u00e9e cr\u00e9e une v\u00e9ritable haine du Punique. A sa t\u00eate, Caton l&rsquo;Ancien et sa c\u00e9l\u00e8bre formule \u00ab\u00a0Delenda quoque Carthago\u00a0\u00bb. Les agrariens romains redoutent en effet la concurrence de l&rsquo;agriculture carthaginoise. Vers la m\u00eame p\u00e9riode, le monde romain est agit\u00e9 par d&rsquo;importants troubles, particuli\u00e8rement en Gr\u00e8ce et \u00e0 Carthage o\u00f9 des radicaux se soul\u00e8vent contre les Numides, alli\u00e9s de Rome. Celle-ci d\u00e9cide d&rsquo;en finir. Les Romains chargent Massinissa de la t\u00e2che. Le vieux chef Numide soumet les carthaginois&#8230; mais r\u00e9clame des Romains la livraison de la ville. Somm\u00e9s d&rsquo;abandonner leur cit\u00e9, les carthaginois se r\u00e9voltent. Massinissa est \u00e9cart\u00e9, et en -148, les l\u00e9gions romaines assi\u00e8gent la ville, provoquant une r\u00e9volte g\u00e9n\u00e9rale, \u00e0 laquelle ne participent cependant pas Hadrum\u00e8te (Sousse) ni Utique, qui restent fid\u00e8les \u00e0 Rome. L&rsquo;int\u00e9rieur du territoire l\u00e8ve les armes et les soldats romains sont mis \u00e0 mal. Au bout de deux ann\u00e9es de d\u00e9boires, Rome fait appel \u00e0 Scipion Emilien: au printemps -146, ses l\u00e9gions r\u00e9ussissent \u00e0 ouvrir une br\u00e8che dans les fortifications de la ville. Une terrible bataille de rue s&rsquo;ach\u00e8ve par l&rsquo;incendie du temple d&rsquo;Eshmoun.<\/p>\n<p> LA PERIODE ROMAINE<\/p>\n<p> La destruction de Carthage par Rome met fin \u00e0 une obsession s\u00e9culaire: la crainte de voir aux fronti\u00e8res de l&rsquo;Italie une puissance maritime et militaire redoutable. Dans un premier temps les Romains encouragent l&rsquo;expansion d&rsquo;un royaume berb\u00e8re Numide, celui de Massinissa et de ses fils qui s&rsquo;\u00e9tend sur le Constantinois Alg\u00e9rien, l&rsquo;Ouest et le Sud de la future Tunisie. En m\u00eame temps, se m\u00e9fiant de leur turbulent voisin, Rome annexe le territoire de Carthage et mat\u00e9rialise la fronti\u00e8re avec la Numidie par un foss\u00e9, la Fossa R\u00e9gia partant de l&rsquo;actuelle Tabarka et allant pratiquement en ligne droite jusqu&rsquo;\u00e0 Thenae, au sud de Sfax. Le territoire propre de Carthage devient \u00ab\u00a0ager publicis\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0domaine du peuple romain\u00a0\u00bb, mais les villes puniques qui s&rsquo;\u00e9taient alli\u00e9es aux romains dans la lutte contre Carthage en -146 restent ind\u00e9pendantes tout en signant un trait\u00e9 avec Rome: Utique, Thapsus, Leptis Minor, Thysdrus&#8230;<\/p>\n<p> La premi\u00e8re vague de colonisation s\u00e9rieuse d\u00e9bute en -123, par l&rsquo;installation de 6 000 colons Italiens dans la basse vall\u00e9e de la Medjerda, sur l&rsquo;initiative des Gracques. Ces colons deviennent assez puissants pour influencer la politique de Rome vis-\u00e0-vis du royaume Numide. Le royaume de Massinissa \u00e9choit \u00e0 Jughurta, un b\u00e2tard l\u00e9gitim\u00e9, qui entre en conflit avec Rome en &#8211; 112 quand Jughurta massacre les n\u00e9gociants Romains install\u00e9es \u00e0 Cirta (Constantine). Tr\u00e8s intelligent, Jughurta tient en \u00e9chec les l\u00e9gions romaines en corrompant leurs chefs. Vaincu par Metellus \u00e0 Vaga en -109, il continue la lutte et il faudra la trahison de son beau p\u00e8re Bocchus, achet\u00e9 par Caius Marius, pour le vaincre: livr\u00e9 en -105, il est jet\u00e9 en prison \u00e0 Rome pour y mourir de faim. Le tr\u00f4ne de Numidie passe aux mains de Bocchus, et la politique d&rsquo;alliance de Rome avec ses voisins Numides et Libyens permet d&rsquo;\u00e9tendre la colonisation.<\/p>\n<p> La guerre entre Pomp\u00e9e et C\u00e9sar (50-46) met la r\u00e9gion en \u00e9moi lorsque le roi de Numidie, Juba I prend position contre C\u00e9sar. Ils est vaincu avec Pomp\u00e9e \u00e0 Thapsus (Sud de Monastir) en -46 et se suicide. C\u00e9sar annexe alors la Tunisie ainsi que le Constantinois. La conqu\u00eate de tout le Maghreb est chose faite par Octave en -33.<\/p>\n<p> C\u00e9sar reprend l&rsquo;id\u00e9e de fonder une colonie \u00e0 Carthage. Apr\u00e8s son assassinat, en ex\u00e9cution de ses volont\u00e9s, les triumvirs installent en -44 une colonie, un peu au nord ouest de l&rsquo;antique cit\u00e9. En 29, Octave Auguste y envoie 3 000 familles et fait cadastrer le sol maudit pour \u00e9difier dans un carr\u00e9 de 1 400 m de c\u00f4t\u00e9 maisons et \u00e9difices publics. La colonie est dot\u00e9e de terres s&rsquo;\u00e9tendant jusqu&rsquo;\u00e0 Dougga, \u00e0 plus de 100 km de distance.<\/p>\n<p> Cette \u00a0\u00bb Colonia Julia Karthago \u00a0\u00bb retrouve rapidement sa prosp\u00e9rit\u00e9 au point de devenir une des plus grandes villes romaines de l&rsquo;Occident. Elle aurait compt\u00e9 plus de 300 000 habitants au II\u00e8. La ville se dote de magnifiques ensembles monumentaux: les Thermes d&rsquo;Antonin (145-162), le th\u00e9\u00e2tre, l&rsquo;Od\u00e9on, l&rsquo;Amphith\u00e9\u00e2tre&#8230;, de riches demeures (Colline du Th\u00e9\u00e2tre, M\u00e9gara) et de magnifiques lieux de culte (dont on n&rsquo;a malheureusement pas retrouv\u00e9 de vestiges).<\/p>\n<p> Cette p\u00e9riode de prosp\u00e9rit\u00e9 ne sera troubl\u00e9e en 70 par la guerre civile cons\u00e9cutive \u00e0 la mort de N\u00e9ron et en 180 par des agitateurs religieux protestant contre la romanisation du culte. En 238, Carthage prend partie avec les villes romaines d&rsquo;Afrique pour Gordien qui se proclame empereur contre Maximin le Thrace. La L\u00e9gion III Augusta, command\u00e9e par Capellien, fid\u00e8le de Maximin, \u00e9crase les milices carthaginoises et ravage la ville. En 311, la ville, dans l&rsquo;ob\u00e9dience de Maxence, entre en r\u00e9bellion contre lui. Elle tente de faire s\u00e9cession avec Domitius Alexander qui se proclame empereur. Maxence envoie une exp\u00e9dition punitive qui an\u00e9antit en grande partie la cit\u00e9. Carthage, sauv\u00e9e par la victoire de Constantin sur Maxence en 312, sera magnifiquement reconstruite.<\/p>\n<p> L&rsquo;essor le plus important de ces premiers si\u00e8cles de la Pax romana est celui de l&rsquo;urbanisation: sans doute les Romains trouvent un \u00ab\u00a0noyau\u00a0\u00bb de cit\u00e9s puniques (Carthage, Utique, Hadrum\u00e8te&#8230;) ou de cit\u00e9s lybico-numido-puniques (Maktar, Bulla Regia&#8230;). Mais ils font beaucoup plus: pour eux, la ville est le symbole m\u00eame de la romanisation, car elle est le centre o\u00f9 s&rsquo;administre la vie de la province: elle accueille les cadres administratifs, sociaux et politiques, les grands et moyens propri\u00e9taires, les cadres militaires. Elle s&rsquo;ordonne autour du capitole et de ses temples, du forum ; elle comprend des march\u00e9s, la basilique, si\u00e8ge de la vie civique et judiciaire, les thermes, la palestre, l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre. Ces villes fleurissent au Ier, et surtout au III\u00e8 sous les S\u00e9v\u00e8res. La ville est le plus puissant facteur de romanisation, et l&rsquo;Etat lui reconna\u00eet un statut de plus en plus int\u00e9gr\u00e9: simple cit\u00e9, puis municipe de droit latin, enfin cit\u00e9 romaine de plein droit sous le nom de \u00ab\u00a0colonie\u00a0\u00bb Ainsi, en Tunisie, Carthage, Hadrum\u00e8te (Sousse), Taparura (Sfax), Thenae, Utique, Tabarka, Bulla Regia (Hammam Derradji), Vaga (B\u00e9ja), Aquae Callidae Carpitanae (Korbous), Thuburbo Majus, Mactaris (Maktar), Thugga (Dougga), Clupea (Kelibia), Curubis (Korba), Thysdrus (El Djem), Capsa (Gafsa), Cillium (Kasserine), Sufetula (Sbeitla), Tusoros (Tozeur), Zama&#8230; Ces cit\u00e9s refl\u00e8tent la richesse du pays, de sa vie artistique et culturelle dont t\u00e9moignent particuli\u00e8rement les magnifiques mosa\u00efques des monuments et villas tunisiennes (Mus\u00e9e du Bardo).<\/p>\n<p> Vers 250, Carthage a pour \u00e9v\u00eaque un \u00e9minent th\u00e9ologien, C\u00e9cilius Cyprien, berb\u00e8re romanis\u00e9 et riche r\u00e9theur carthaginois, victime de la pers\u00e9cution de Val\u00e9rien en 258. Entre les p\u00e9riodes de pers\u00e9cution les conversions sont multiples. De m\u00eame que le sont les apostasies lors des pers\u00e9cutions et les probl\u00e8mes pos\u00e9s par ces \u00ab\u00a0lapsi\u00a0\u00bb provoquent un v\u00e9ritable schisme, doubl\u00e9 d&rsquo;une opposition entre paysans et bourgeois, lorsqu&rsquo;un certain Donat, s&rsquo;appuyant sur la population rurale berb\u00e8re, se s\u00e9pare de l&rsquo;Eglise \u00e0 laquelle il reproche son attitude de bienveillance vis-\u00e0-vis des lapsi. Les troubles menacent la prosp\u00e9rit\u00e9 du pays: domaines et Eglises sont saccag\u00e9s. C&rsquo;est dans ce contexte que na\u00eet \u00e0 Thagaste (Pr\u00e8s d&rsquo;Annaba) en 358 celui qui allait devenir Saint Augustin. Il fait ses \u00e9tudes \u00e0 Carthage. Devenu \u00e9v\u00eaque d&rsquo;Hippone, il consacre son \u00e9nergie \u00e0 combattre le donatisme et r\u00e9ussi \u00e0 faire proclamer l&rsquo;Eglise catholique comme seule Eglise v\u00e9ritable en juin 411 lors d&rsquo;un synode \u00e0 Carthage.<\/p>\n<p> La Carthage chr\u00e9tienne compte au moins 12 \u00e9glises, toutes d\u00e9truites par les Vandales. Parmi elles, la cath\u00e9drale, basilique \u00e0 11 nefs avec baptist\u00e8re, thermes et une vaste rotonde; une basilique \u00e0 7 nefs (entre La Malga et La Marsa) d\u00e9di\u00e9e peut-\u00eatre aux Saintes Perp\u00e9tue et F\u00e9licit\u00e9, la basilique dite de Saint Cyprien (Falaise de Sa\u00efda), le groupe d&rsquo;\u00e9glises du quartier de Dermech, le monast\u00e8re de Saint Etienne&#8230;<\/p>\n<p> LES VANDALES<\/p>\n<p> Au IV\u00e8 la d\u00e9cadence g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Empire romain atteint l&rsquo;Afrique: le pays est secou\u00e9 par la grande crise sociale et religieuse du Donatisme: la moiti\u00e9 des terres sont abandonn\u00e9es. Personne ne put arr\u00eater la d\u00e9composition de l&#8217;empire.<\/p>\n<p> Apr\u00e8s une tentative infructueuse des Goths d&rsquo;Alaric en 410 et des Wisigoths d&rsquo;Espagne contre Gab\u00e8s quelques ann\u00e9es plus tard, les Vandales Ariens de Gens\u00e9ric passent les colonnes d&rsquo;Hercule (d\u00e9troit de Gibraltar) en 429 et se r\u00e9pandent dans le Maghreb. Devant le danger, les rivalit\u00e9s romaines entre donatistes et orthodoxes cessent, ce qui n&#8217;emp\u00eache pas Gens\u00e9ric de battre le comte Boniface et de mettre le si\u00e8ge devant Hippone (B\u00f4ne) o\u00f9 Saint Augustin meurt pendant le si\u00e8ge en 430. Aetius, ma\u00eetre de l&#8217;empire, traite avec Gens\u00e9ric, laissant le Vandale faire main basse sur le pays: en 439, il s&#8217;empare de Carthage dont il fait sa capitale, et en 442 il est ma\u00eetre de la Zeugitane, de la Byzac\u00e8ne et d&rsquo;une partie de la Tripolitaine. Gens\u00e9ric alterne vis \u00e0 vis de catholiques une politique tant\u00f4t tol\u00e9rante, tant\u00f4t rigide, au gr\u00e9 de int\u00e9r\u00eats du moment. En 455, il jette son arm\u00e9e sur Rome qu&rsquo;il pille pendant 15 jours, ramenant \u00e0 Carthage un \u00e9norme butin. il s&#8217;empare de la Corse, de la Sicile, de la Sardaigne puis annexe les deux Maur\u00e9tanies. Ma\u00eetre de la M\u00e9diterran\u00e9e il detruit en 468 une flotte de l&#8217;empire d&rsquo;Orient au Cap Bon. A sa mort, son royaume est le plus puissant du monde m\u00e9ditrerran\u00e9en. Ses successeurs n&rsquo;ont pas son envergure: son fils Hun\u00e9ric (477-484) n&rsquo;a de cesse que de pers\u00e9cuter durement les catholiques. Gunthamund (484-496) et Thrasamund (496-523) sont plus tol\u00e9rants. Hild\u00e9ric enfin (523-530) ne peut emp\u00eacher les Maures des chotts de Gafsa de d\u00e9faire l&rsquo;arm\u00e9e Vandale. Cette derni\u00e8re le d\u00e9pose en 530 au profit de G\u00e9limer. C&rsquo;est l&rsquo;occasion attendue par Justinien, empereur d&rsquo;Orient.<\/p>\n<p> LES BYZANTINS<\/p>\n<p> En 533 Justinien d\u00e9cide de reconqu\u00e9rir le pays. En quelques mois, son g\u00e9n\u00e9ral B\u00e9lisaire r\u00e9duit \u00e0 n\u00e9ant l&rsquo;\u00e9tat Vandale (Batailles de Ad Decimum et Tricamarum) et refoule les Berb\u00e8res sans toutefois arriver \u00e0 les vaincres. Pour les contenir, il fait construire d&rsquo;imposantes forteresses (Sbeitla, Thelepta B\u00e9ja, Justiniapolis-Sousse&#8230;). La prosp\u00e9rit\u00e9 revient, Carthage est reconstruite, l&rsquo;Eglise catholique, restaur\u00e9e, retrouve son prestige. Mais elle est entra\u00een\u00e9e dans les h\u00e9r\u00e9sies orientales. La fiscalit\u00e9 \u00e9drasante, l&rsquo;accaparement des terres par les militaires et les nobles entretiennent un esprit de r\u00e9volte permanent. Les menaces Berb\u00e8res sont perp\u00e9tuelles. En 610, La province aide H\u00e9raclius \u00e0 monter sur le tr\u00f4ne de Byzance&#8230; La propsp\u00e9rit\u00e9 semble vouloir revenir&#8230;<\/p>\n<p> LA CONQU\u00caTE MUSULMANE<\/p>\n<p> Date de 670 apr\u00e9s des raids ant\u00e9rieurs sans lendemain. Elle fut op\u00e9r\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral Oqba ibn Nafii qui fonda \u00e0 cette occasion la ville de Kairouan qui servit de base d&rsquo;op\u00e9rations \u00e0 la fois contre les byzantins et contre les berb\u00e8res. Il fallut attendre 702 pour que le pays soit enti\u00e8rement soumis et gouvern\u00e9 par un repr\u00e9sentant de calife omeyyade de Damas.<br \/> Les berb\u00e8res et autres tribus se convertirent \u00e0 l&rsquo;Islam et ce furent eux principalement qui conquirent en 711 l&rsquo;Espagne et s&rsquo;avanc\u00e9rent jusqu&rsquo;\u00e0 Poitiers en 733. Malg\u00e9 cela, ils demeur\u00e9rent toujours des vaincus aux yeux des arabes. En reaction, ils adopt\u00e9rent l&rsquo;h\u00e9resie Kjar\u00e9jite qui proclamait l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de tous les mulsumans. En 745, ils prirent Kairouan.<br \/> Le califat passa aux mains des Abbasides vers 750 donc passa de Damas \u00e0 Bagdad. Il fallu attendre 800 et le gouverneur Ibrahim ibn el Aghlab pour r\u00e9tablir la paix dite Aghlabide. Le gouverneur devint emir. Sa dynastie dura un si\u00e8cle jusqu&rsquo;en 909.<br \/> Son successeur Ziyadet Allah conquit en 831 Palerme et Taormina en 902. Leur si\u00e8cle de r\u00e9gne fut consid\u00e9r\u00e9 comme un si\u00e8cle d&rsquo;or : organisation d&rsquo;un gouvernement r\u00e9gulier ouvert \u00e0 toutes les classes de la population, travaux d&rsquo;utilit\u00e9 publique et notemment le bassin des Aghlabides \u00e0 Kairouan ou encore construction de forts appel\u00e9s \u00ab\u00a0Ribats\u00a0\u00bb tel celui de Sousse ou de Monastir.<br \/> Si\u00e8cle de foi egalement, avec les d\u00e9v\u00f4ts qui font retraite dans les ribats et les contreverses th\u00e9ologiques. Les chr\u00e9tiens et les juifs etaient libres d&rsquo;exercer leur religion et leurs activit\u00e9s. En 909, chute des Aghlabides et remplacement par les Fatimides venant d&rsquo;egypte.<\/p>\n<p> Le mahdi Obaid Allah prit le pouvoir gr\u00e2ce aux berb\u00e8res et s&rsquo;installa en 910 \u00e0 Kairouan, en attendant de poursuivre sa conqu\u00eate du califat. Deux exp\u00e9ditions contre l&rsquo;Egypte fatimides echou\u00e8rent en 913 et 920. Il s&rsquo;installa, pour faciliter ses op\u00e9rations maritimes \u00e0 Mahdia, ancien port ph\u00e9nicien et romain.<br \/> Son fils dut subir une insurrection sous les murs de la ville. Insurrection qu&rsquo;il r\u00e9prima gr\u00e2ce aux canhaja (tribu du sud d&rsquo;Alger). Les successeurs fatimides s&rsquo;\u00e9tablirent dans les environs de Kairouan et fond\u00e9rent une capitale nouvelle: Mancouriya.<br \/> En 969, El Moezz r\u00e9ussit \u00e0 conqu\u00e9rir l&rsquo;Egypte et fonda le Caire o\u00f9 il s&rsquo;installa en 973. Il laissa le gouvernement du pays devenu province au chef des Canhaja qui appartenait \u00e0 la famille des Ziri. Ces derniers favoris\u00e9rent une certaine prosp\u00e9rit\u00e9 aussi bien sur le plan de l&rsquo;agriculture, de l&rsquo;industrie que sur le plan intellectuel et artistique.<br \/> En 1048, les Zirides rejettent la tutelle des fatimides et reconnaissent comme souverain le calife abbaside de Bagdad. En r\u00e9action, le calife du Caire envoit des tribus arabes nomades qui saccagent et pillent l&rsquo;Ifr\u00eeqiya(tunisie) pendant des ann\u00e9es. A cela s&rsquo;ajoute les invasions des Pisans et des G\u00e9no\u00ees \u00e0 la fin du 11e si\u00e8cle et des Normans au d\u00e9but du 12e.<br \/> En 1148, le dernier Ziride s&rsquo;enfuit de Mahdia et en 1159, les Almohades s&rsquo;installent en provenance du Maroc sous la conduite d&rsquo;Abd el Moussin qui conquit l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Afrique du Nord.<br \/> Tunis devient la capitale du pays. Mais de nouveaux d\u00e9sordres apparaissent avec l&rsquo;arriv\u00e9e et l&rsquo;alliance entre des tribus arabes hostiles et des membres du clan Almoravide venant des Bal\u00e9ares. D\u00e9sordres qui se prolong\u00e9rent jusqu&rsquo;au d\u00e9but du 13e. Le calife Almohade envoya Abou Hafc pour r\u00e9tablir l&rsquo;ordre. Son fils prit en 1230 le titre d&rsquo;\u00e9mir et quelques ann\u00e9es plus tard naquit la dynastie Hafcide.<br \/> Il reconstitua le royaume Ziride et re\u00e7ut des ambassades d&rsquo;Italie et des pays de la Mediterran\u00e9e. Son autorit\u00e9 fut reconnu jusqu&rsquo;en Egypte. Le pays connut un demi-si\u00e8cle de prosp\u00e9rit\u00e9 avec un gouvernement et une arm\u00e9e bien organis\u00e9e et une agriculture et une industrie en essor. Tunis se d\u00e9veloppa et devint la premi\u00e8re place de commerce du Maghreb.<br \/> Pendant plus de trois si\u00e8cles, la dynastie d\u00e9clina lentement avec de multiples crises politiques et des soubresauts jusqu&rsquo;au d\u00e9but du 16e siecle o\u00f9 le pays fut en proie aux pirates et aux nouveaux ma\u00eetres de la m\u00e9dit\u00e9rran\u00e9e \u00e0 savoir les Turcs, les Italiens, les Greques et les Espagnols.<\/p>\n<p> LES TURCS (1574-1881)<\/p>\n<p> Prise de la Tunisie \u00e0 partir de 1534 par Kheir ed din, un des fr\u00e8res Barberousse, au nom du sultan de Constantinople. L&rsquo;Occident se sentant mena\u00e7\u00e9, Charles Quint envoya une arm\u00e9e de 30000 hommes pour reprendre Tunis, qui tomba le 14 juillet 1535.<br \/> Le dernier haf\u00e7ide Moulay Hassan retrouva ses pr\u00e9rogatives mais il \u00e9choua contre les turcs en 1550 du fait de la trahison de son fils Ahmed soltan. Le sultan Soliman installa en 1556 Dragut en tant que gouverneur de Tripoli. Dragut conquit Jerba et kairouan entre autres et dut affronter en vainqueur les chevaliers de l&rsquo;ordre de Malte et le vice roi de Naples .<br \/> Seule Tunis continua \u00e0 \u00eatre un enjeu entre les turcs et les espagnols. Tunis fut prise en 1569 par le Pacha d&rsquo;Alger et reprise en 1573 par Don juan d&rsquo;Autriche, apr\u00e9s L\u00e9pante en 1571. Reprise par les turcs en 1574, elle fut ainsi que le reste de la Tunisie soumise pendant 3 si\u00e8cles \u00e0 l&#8217;empire Ottoman.<br \/> Un pacha fut nomm\u00e9 par le Sultan pour trois ans, un Agha (commandant de la milice) egalemment avec ses officiers sup\u00e9rieurs. Cela constituait le \u00ab\u00a0Divan\u00a0\u00bb ou conseil de gouvernement. En 1590 \u00e9clata une r\u00e9volte de la milice qui aboutit \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;un conseil de 40 Deys \u00e0 la place du divan accus\u00e9 d&rsquo;abus de pouvoir. Les Deys \u00e9taient des officiers de moindre importance. Ils \u00e9lirent l&rsquo;un deux pour partager le pouvoir de la milice avec l&rsquo;Agha<br \/> Le Dey pris en fait la place la plus importante et devint le chef du gouvernement. En 1594, Othman Dey s&#8217;empara du pouvoir effectif au d\u00e9triment du Pacha et du divan. Parall\u00e8lement, le commandant des troupes charg\u00e9 aussi de la lev\u00e9e des imp\u00f4ts, le Bey, augmenta sa puissance et en 1612, Mourad re\u00e7ut le titre de Pacha avec le droit de transmettre ce titre \u00e0 ses h\u00e9ritiers.<br \/> La \u00ab\u00a0Course\u00a0\u00bb avec ses \u00ab\u00a0Ra\u00efs\u00a0\u00bb, patrons corsaires, fut une institution qui sous couvert de la guerre sainte ne fut en fait que de la piraterie. Les marchandises pill\u00e9es se retrouv\u00e8rent dans les souks et les esclaves dans les bagnes. La course se ralentit au milieu du 17e si\u00e8cle du fait de la pr\u00e9sence de la marine fran\u00e7aise et anglaise notemment en m\u00e9dit\u00e9rann\u00e9e. Cela eut pour effet de d\u00e9velopper le commerce au niveau des comptoirs g\u00e9no\u00ees et fran\u00e7ais de Tabarka et du Cap N\u00e9gre.<br \/> En 1702, un complot renversa la dynastie Mouradide. Husain ben ali, Agha, s&#8217;empara du pouvoir en 1705 et supprima le titre de Dey mais conserva ceux de Bey et de Pacha. Il instaura egalement une monarchie h\u00e9r\u00e9ditaire. Du fait des querelles succ\u00e9ssorales, il y eut des guerres civiles entretenues par le Dey d&rsquo;Alger qui s&#8217;empara de Tunis en 1756 et investit un nouveau Bey, Mohammed le fils d&rsquo;Ali Pacha, l&rsquo;instigateur de la r\u00e9volte. Ses successeurs furent Ali pacha (1759-1782) et Hammo\u00fbda Bey(1782-1814) qui consolid\u00e9rent le pouvoir beylical.<br \/> Hammo\u00fbda Bey r\u00e9ussit \u00e0 se d\u00e9faire de la tutelle d&rsquo;Alger et r\u00e9tablit le Pacha de Tripoli. La Tunisie, malg\u00e9 cela perdit peu \u00e0 peu son ind\u00e9pendance economique au profit de commer\u00e7ants \u00e9trangers. Avec les rentr\u00e9es d&rsquo;argent issues des concessions accord\u00e9es, les Beys succ\u00e9ssifs construisirent des \u00e9coles, des forts, des palais dont celui du Bardo.<\/p>\n<p> Le peuple tunisien n&rsquo;a pas fait que subir les influences berb\u00e8re, Pheniciennes, Andalouse, Turque, arabe, africaine et europ\u00e9enne. Il a su, \u00e0 chaque fois, en soustraire le substrat n\u00e9cessaire et l&rsquo;int\u00e9grer \u00e0 son mode de vie, dans une dialectique particuli\u00e8re de la d\u00e9pendance et de l&rsquo;insoumission.<\/p>\n<p> Perm\u00e9ables \u00e0 tous les souffles civilisationnels depuis trois mille ans, la TUNISIE est parvenue, au terme d&rsquo;audacieuses synth\u00e8ses, \u00e0 se forger une identit\u00e9 existentielle, marqu\u00e9e au plan socio-id\u00e9ologique, \u00e0 la fois, du sceau de l&rsquo; OUVERTURE et de la TOLERANCE et d&rsquo;une forme de pragmatisme r\u00e9solument moderne.<\/p>\n<p> Les diff\u00e9rentes civilisations et formations \u00e9tatiques qui ont domin\u00e9 la Tunisie \u00e0 travers les \u00e2ges ont contribu\u00e9 \u00e0 asseoir une tradition d&rsquo;ouverture, de dialogue et de tol\u00e9rance caract\u00e9ristique de la Tunisie actuelle. L&rsquo;ouverture est d&rsquo;abord culturelle.<\/p>\n<p> En hommage \u00e0 un pays riche d&rsquo;une civilisation ouverte depuis trois mill\u00e9naires sur le dialogue interculturel, l&rsquo;Organisation des Nations Unies pour l&rsquo;Education, la Science et la Culture (UNESCO) a d\u00e9sign\u00e9 TUNIS comme capitale culturelle r\u00e9gionale pour l&rsquo;ann\u00e9e 1997. Une cons\u00e9cration m\u00e9rit\u00e9e pour une civilisation qui a produit, depuis Carthage, des hommes illustres, tels le navigateur Himilcon, le p\u00e8re de la Science agronomique Magon, le grand strat\u00e8ge militaire Hannibal que Napol\u00e9on qualifia de \u00ab\u00a0plus grand capitaine du monde\u00a0\u00bb, ou les po\u00e8tes et philosophes latins tels Tertullien, Apul\u00e9e, Saint Augustin.<\/p>\n<p> La Tunisie s&rsquo;illustre comme le pays le plus occidentalis\u00e9 du Maghreb. Le Tunisien n&rsquo;est, certes, pas un extraverti ou un d\u00e9racin\u00e9, mais plut\u00f4t un homme \u00e0 la fois fid\u00e8le \u00e0 son pass\u00e9 et ouvert sur le monde. T\u00e9moignage d&rsquo;une ouverture culturelle f\u00e9condante, le nombre et la vari\u00e9t\u00e9 de festivals internationaux organis\u00e9s dans le pays. Outre ceux, c\u00e9l\u00e8bres, de Carthage, de Dougga et de Hammamet qui accueillent les artistes internationaux les plus renomm\u00e9s, il y a aussi le Festival international d&rsquo;El Jem, sp\u00e9cialis\u00e9 dans la musique symphonique ou celui de Testour dans la musique andalouse. Le dialogue interculturel est ainsi permanent, ce qui contribue \u00e0 enraciner dans les m\u0153urs, la culture de la tol\u00e9rance n\u00e9cessaire \u00e0 la coh\u00e9sion sociale.<\/p>\n<p> En Tunisie, vivent, de longue date, des communaut\u00e9s arabes, juives, chr\u00e9tiennes et berb\u00e8res dans une harmonie rarement perceptible, ailleurs dans le Maghreb et le monde arabe. Les habitudes vestimentaires, l&rsquo;architecture urbaine et le mode de vie sont en constante mutation et port\u00e9s vers la modernit\u00e9. Le pays a ainsi conserv\u00e9 l&#8217;empreinte profonde de l&rsquo;Orient et de la civilisation musulmane, tout en s&rsquo;ouvrant \u00e0 la modernit\u00e9 occidentale. Mais d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 comme de l&rsquo;autre, le ph\u00e9nom\u00e8ne de l&rsquo;appropriation et de la transformation a jou\u00e9, contribuant \u00e0 la cr\u00e9ation et \u00e0 l&rsquo;enracinement du particularisme tunisien.<\/p>\n<p> Certains auteurs situent la naissance de la construction \u00e9tatique tunisienne au dix-septi\u00e8me si\u00e8cle. Pour Michel Camau \u00ab\u00a0l&rsquo;instauration, \u00e0 partir du XVIIe si\u00e8cle, du pouvoir h\u00e9r\u00e9ditaire des beys dans le cadre de la R\u00e9gence (turque) de Tunis a jet\u00e9 les fondations de l&rsquo;Etat tunisien. Elle a d\u00e9limit\u00e9 une entit\u00e9 au sein de l&rsquo;Empire ottoman et l&rsquo;a dissoci\u00e9e de celui-ci en d\u00e9pit de l&rsquo;all\u00e9geance formelle du bey au sultan d&rsquo;Istambul\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p> La proclamation, en juillet 1957, de la R\u00e9publique Tunisienne n&rsquo;est en fait, que l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une construction \u00e9tatique vieille de plusieurs si\u00e8cles. <\/b><\/p>\n<p><b>Pinacolada<\/b><\/p>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Population de la Tunisie: 9,8 millions. &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212; L&rsquo;histoire de la TUNISIE remonte a huit mille ans avant J\u00e9sus Christ . De multiples civilisations se sont succ\u00e9d\u00e9es, donnant lieu \u00e0 un vaste brassage culturel qui a fa\u00e7onn\u00e9 la personnalit\u00e9 tunisienne. La TUNISIE a toujours \u00e9t\u00e9 \u00e0 la crois\u00e9e des anciennes civilisations: capsienne, berb\u00e8re, vandales, punique, romaine,&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":23296,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[18],"tags":[],"class_list":["post-24220","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-histoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24220","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=24220"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24220\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":28183,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24220\/revisions\/28183"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23296"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=24220"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=24220"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=24220"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}