{"id":24250,"date":"2026-09-29T21:19:03","date_gmt":"2026-09-29T21:19:03","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=24250"},"modified":"2026-09-30T01:55:23","modified_gmt":"2026-09-30T01:55:23","slug":"le-bombardement-de-porto-farina-et-de-bizerte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/le-bombardement-de-porto-farina-et-de-bizerte\/","title":{"rendered":"LE BOMBARDEMENT DE PORTO FARINA ET DE BIZERTE"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p><b><\/p>\n<p> Plusieurs causes furent \u00e0 l&rsquo;origine de cette crise:<\/p>\n<p> Tout d&rsquo;abord le rattachement de la Corse au Royaume de France : avant ce rattachement, la Corse et G\u00eanes \u00e9taient en guerre contre le Bey. Durant l&rsquo;affrontement que le Roi de France conduisit contre les Corses, il demanda et obtint de la R\u00e9gence des patentes pour ses navires afin qu&rsquo;ils ne soient pas attaqu\u00e9s par les corsaires tunisiens. Lorsque l&rsquo;\u00eele fut int\u00e9gr\u00e9e au Royaume, les Fran\u00e7ais jug\u00e8rent superflues ces patentes et n&rsquo;en renouvel\u00e8rent pas la demande puisque les deux Etats \u00e9taient en paix.<\/p>\n<p> Des navires tunisiens arm\u00e9s en course, rencontr\u00e8rent des b\u00e2timents fran\u00e7ais non pourvus de patentes, les attaqu\u00e8rent, les captur\u00e8rent et mirent les \u00e9quipages aux fers.<\/p>\n<p> En d\u00e9pit des protestations de Louis XV, Ali Bey repoussa les demandes de lib\u00e9ration et de r\u00e9paration transmises par un envoy\u00e9 du minist\u00e8re fran\u00e7ais.<\/p>\n<p> La deuxi\u00e8me cause concernait les privil\u00e8ges de p\u00eache au corail \u00e0 Tabarka. Le corail \u00e9tant particuli\u00e8rement abondant sur les c\u00f4tes nord de Tunisie, les G\u00e9nois avaient fond\u00e9 un \u00e9tablissement dans l&rsquo;Ile de Tabarka, en vue de cette p\u00eache. Ils payaient, pour cela, une redevance au Roi de Tunis et, en \u00e9change, en tiraient des profits consid\u00e9rables.<\/p>\n<p> Cette p\u00eacherie \u00e9tait pass\u00e9e aux mains des Fran\u00e7ais sous le nom de \u00ab\u00a0Compagnie d&rsquo;Afrique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p> En 1742, elle fut d\u00e9truite et la colonie chr\u00e9tienne de Tabarka fut r\u00e9duite en esclavage. Lorsque la paix fut r\u00e9tablie (voir annexe I) entre la R\u00e9gence et la France, cette derni\u00e8re obtint un nouveau bail d&rsquo;exploitation pour deux ans, renouvelable \u00e0 la demande du Roi de France. Ce bail profitait \u00e0 la colonie chr\u00e9tienne de La Calle (ville situ\u00e9e \u00e0 quelques kilom\u00e8tres \u00e0 l&rsquo;ouest de Tabarka ), qui se rendait sur les lieux de p\u00eache avec de petits bateaux corailleurs.<\/p>\n<p> Il se trouva qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;expiration du bail, le Bey annula la concession et d\u00e9clara la p\u00eache interdite. Des bateaux furent m\u00eame confisqu\u00e9s.<\/p>\n<p> La troisi\u00e8me cause \u00e9tait due \u00e0 un Ra\u00efs nomm\u00e9 Soliman El Djerba, commandant d&rsquo;un vaisseau de guerre tunisien arm\u00e9 en course qui, rencontrant un navire de commerce fran\u00e7ais, s&#8217;empara de sa cargaison et maltraita son capitaine.<\/p>\n<p> Le roi Louis XV d\u00e9cida une exp\u00e9dition contre Ali Bey.<\/p>\n<p> Trois vaisseaux fran\u00e7ais vinrent mouiller devant La Goulette, le 23 mai 1770, et firent le blocus de ce port pendant 25 jours. Le 21 juin 1770, l&rsquo;escadre fran\u00e7aise, command\u00e9e par le comte de Broves, vint rejoindre les trois premiers navires.<\/p>\n<p> Cette flotte comprenait seize b\u00e2timents:<\/p>\n<p> Deux vaisseaux de guerre, respectivement de 74 et de 50 canons,<\/p>\n<p> Deux fr\u00e9gates de 26 canons,<\/p>\n<p> Une grosse barque arm\u00e9e de 18 canons,<\/p>\n<p> Deux ch\u00e9becs de 20 canons,<\/p>\n<p> Deux galiotes \u00e0 bombes,<\/p>\n<p> Une fl\u00fbte, et quelques navires maltais.<\/p>\n<p> Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 deux jours devant Tunis, sans mouvement, le chef de l&rsquo;escadre fit remettre au Bey une d\u00e9p\u00eache en sept points, pr\u00e9cisant les r\u00e9parations exig\u00e9es par le Roi de France:<\/p>\n<p> La participation de la Corse aux avantages des trait\u00e9s conclus ant\u00e9rieurement entre la France et Tunis,<\/p>\n<p> La restitution, par le gouvernement tunisien de tous les b\u00e2timents et de tous les esclaves pris par le Bey ou par ses sujets, sur la Corse, depuis sa r\u00e9union \u00e0 la France,<\/p>\n<p> La restitution des esclaves corses captur\u00e9s avant que la Corse fut devenue fran\u00e7aise,<\/p>\n<p> La continuation du privil\u00e8ge pour les p\u00eacheries de corail,<\/p>\n<p> La r\u00e9installation d&rsquo;un \u00e9tablissement fran\u00e7ais tel qu&rsquo;il existait auparavant \u00e0 Tamekart, petite ville situ\u00e9e sur le Cap Negro,<\/p>\n<p> La punition du Ra\u00efs Soliman El Djerba, pour son attentat envers un sujet fran\u00e7ais,<\/p>\n<p> Enfin, le remboursement de tous les frais qu&rsquo;avait occasionn\u00e9s \u00e0 la France son armement contre Tunis.<\/p>\n<p> Cette d\u00e9p\u00eache pr\u00e9cisait qu&rsquo;au-del\u00e0 d&rsquo;un d\u00e9lai de trente heures, et en l&rsquo;absence de r\u00e9ponse du Bey, le bombardement commencerait aussit\u00f4t.<\/p>\n<p> Ali Bey fit remettre une r\u00e9ponse vague et \u00e9vasive, qui ne satisf\u00eet pas le chef de l&rsquo;escadre fran\u00e7aise. Ce dernier laissa trois vaisseaux en blocus devant La Goulette et alla bombarder Porto Farina pendant deux jours, et Bizerte durant un jour et demi. Trois cents bombes, lanc\u00e9es sur cette ville, provoqu\u00e8rent un incendie gigantesque qui entra\u00eena la fuite de ses habitants.<\/p>\n<p> Un violent coup de vent contraignit l&rsquo;escadre \u00e0 quitter le mouillage de Bizerte, pour prendre celui de La Goulette, le 6 ao\u00fbt 1770.<\/p>\n<p> Cette flotte r\u00e9appareilla pour aller bombarder Sousse, le 14 ao\u00fbt, avec plus de mille projectiles. Ensuite ce fut le tour de Monastir, avant que les b\u00e2timents ne regagnent \u00e0 nouveau La Goulette.<\/p>\n<p> Ces hostilit\u00e9s dur\u00e8rent ainsi trois mois.<\/p>\n<p> Entre temps, un envoy\u00e9 de la Sublime Porte \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 Tunis, pour demander \u00e0 Ali Bey un renfort en hommes et en navires afin d&rsquo;aider le Sultan \u00e0 se d\u00e9fendre contre les Russes, qui eux aussi attaquaient.<\/p>\n<p> Devant la situation, cet envoy\u00e9, Qapydjy Bachy, accepta de servir d&rsquo;interm\u00e9diaire entre les Tunisiens et les Fran\u00e7ais.<\/p>\n<p> La paix fut enfin conclue le 2 septembre 1770 sur les bases suivantes:<\/p>\n<p> La Corse fut assimil\u00e9e \u00e0 la France pour toutes les franchises et les privil\u00e8ges qu&rsquo;assuraient les trait\u00e9s ant\u00e9rieurs,<\/p>\n<p> Les esclaves corses faits prisonniers depuis le rattachement de la Corse \u00e0 la France, devaient, seuls, \u00eatre imm\u00e9diatement rendus par le gouvernement tunisien. Les b\u00e2timents corses, pris sous pavillon fran\u00e7ais devaient \u00eatre restitu\u00e9s ou remplac\u00e9s par une juste indemnit\u00e9.<\/p>\n<p> La jouissance de la p\u00eache du corail \u00e9tait prorog\u00e9e pour cinq ans, elle devait \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e par douze bateaux corailleurs de La Calle. Le Bey s&rsquo;engageait \u00e0 indemniser la Compagnie d&rsquo;Afrique du manque \u00e0 gagner provenant de l&rsquo;interruption des concessions.<\/p>\n<p> La Compagnie d&rsquo;Afrique obtenait de la R\u00e9gence le privil\u00e8ge d&rsquo;exporter une certaine quantit\u00e9 de bl\u00e9, sans \u00eatre soumise \u00e0 des taxes,<\/p>\n<p> La France renon\u00e7ait \u00e0 ses pr\u00e9tentions sur la restauration de l&rsquo;\u00e9tablissement de Tamekart,<\/p>\n<p> La France devait faire au Bey de Tunis, les pr\u00e9sents consacr\u00e9s par l&rsquo;usage, \u00e0 la conclusion de chaque trait\u00e9 de paix,<\/p>\n<p> L&rsquo;indemnit\u00e9 pour les frais de la guerre devait \u00eatre r\u00e9gl\u00e9e \u00e0 Versailles par un ambassadeur que le Bey enverrait prochainement,<\/p>\n<p> Les parties contractantes reconnaissaient comme r\u00e9tablies les conventions r\u00e9ciproques des trait\u00e9s ant\u00e9rieurs, notamment ceux de 1720, et de 1742.<\/p>\n<p> L&rsquo;escadre appareilla, et revint en France.<\/p>\n<p> Ali Bey envoya \u00e0 Versailles Ibrahim Khodjah, comme ambassadeur, pour recevoir la ratification du trait\u00e9 et les pr\u00e9sents destin\u00e9s au Bey.<\/p>\n<p> Cette crise ayant pris fin, les douze derni\u00e8res ann\u00e9es du r\u00e8gne d&rsquo;Ali Bey s&rsquo;\u00e9coul\u00e8rent dans la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9.<\/p>\n<p> Jean-Fran\u00e7ois Coustilli\u00e8re <\/b><\/p>\n<p><b> <a href=\"http:\/\/perso.wanadoo.fr\/jean-francois.coustilliere\/essais\/ANNEXE%20J.htm\"> http:\/\/perso.wanadoo.fr\/jean-francois.coustilliere\/essais\/ANNEXE%20J.htm<\/a> <\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plusieurs causes furent \u00e0 l&rsquo;origine de cette crise: Tout d&rsquo;abord le rattachement de la Corse au Royaume de France : avant ce rattachement, la Corse et G\u00eanes \u00e9taient en guerre contre le Bey. 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