{"id":24258,"date":"2026-09-29T21:19:03","date_gmt":"2026-09-29T21:19:03","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=24258"},"modified":"2026-09-30T01:55:28","modified_gmt":"2026-09-30T01:55:28","slug":"lepopee-navale-de-la-tunisie-a-travers-les-siecles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/lepopee-navale-de-la-tunisie-a-travers-les-siecles\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9pop\u00e9e navale de la Tunisie \u00e0 travers les si\u00e8cles"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p><b><\/p>\n<p> Premi\u00e8re \u00e9poque de \u2013850 Les Ph\u00e9niciens aux Arabes +647 :<\/p>\n<p> 1.1 l&rsquo;\u00e9poque punique (814-146 av. J.C.)<\/p>\n<p> Si les premiers vestiges connus remontent \u00e0 750 av. J.C., il est g\u00e9n\u00e9ralement admis que la cr\u00e9ation de Carthage date approximativement de 814 av.J.C.. La cit\u00e9 est alors un comptoir d\u00e9pendant de la ville de Tyr. Mais rapidement, elle acquiert son ind\u00e9pendance, et d\u00e9veloppe un r\u00e9seau de succursales sur tout le bassin occidental de la M\u00e9diterran\u00e9e, cr\u00e9ant ainsi un empire maritime.<br \/> Cette activit\u00e9 maritime supposait une grande ma\u00eetrise de la navigation et de la construction navale, dont les Carthaginois avaient h\u00e9rit\u00e9 des Ph\u00e9niciens et des Grecs. Ne dit-on pas que le p\u00e9riple d&rsquo;Hannon le conduisit jusqu&rsquo;aux rivages de Cornouailles?<\/p>\n<p> Les p\u00e9riples d&rsquo;Hannon et d&rsquo;Himilcon :<\/p>\n<p> Le r\u00e9cit du voyage du Carthaginois Hannon est tr\u00e8s contest\u00e9. Il semble qu&rsquo;il soit parti au V\u00b0 si\u00e8cle av.J.C., avec 60 navires emmenant environ 30 000 hommes et femmes, pour fonder des colonies, et sans doute reconna\u00eetre de nouvelles routes vers l&rsquo;or du Soudan. Les ex\u00e9g\u00e8ses les plus audacieuses voudraient qu&rsquo;Hannon ait atteint, au fond du Golfe de Guin\u00e9e, le Mont Cameroun. Pour d&rsquo;autres, il n&rsquo;aurait pas d\u00e9pass\u00e9 le sud du Maroc. Quoi qu&rsquo;il en soit, le r\u00e9cit de ce voyage ne manque pas d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, et repr\u00e9sente un v\u00e9ritable t\u00e9moignage sur cette exploration de contr\u00e9es inhospitali\u00e8res ou paradisiaques. Dans le m\u00eame temps, Himilcon explorait l&rsquo;Atlantique au nord du d\u00e9troit de Gibraltar, \u00e0 la recherche de l&rsquo;\u00e9tain n\u00e9cessaire \u00e0 la confection du bronze. Il parvint, sans doute, jusqu&rsquo;aux c\u00f4tes de l&rsquo;Armorique ou de la Grande-Bretagne, et m\u00eame, peut -\u00eatre de l&rsquo;Irlande.<\/p>\n<p> Ainsi, la cit\u00e9 dominera la M\u00e9diterran\u00e9e centrale et occidentale jusqu&rsquo;en 146 av J.C., date \u00e0 laquelle elle se trouvera battue, puis \u00e9cras\u00e9e et enfin supplant\u00e9e par sa rivale, Rome.<\/p>\n<p> De l&rsquo;entente cordiale \u00e0 la guerre, (535-264 av J.C.), ou la conqu\u00eate de la Sicile.<\/p>\n<p> En 535 av. J.C., les Grecs dominaient la M\u00e9diterran\u00e9e. Les Carthaginois et les Etrusques s&rsquo;alliaient parfois contre l&rsquo;ennemi commun et c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;apr\u00e8s une bataille livr\u00e9e pour le contr\u00f4le de la Corse les deux alli\u00e9s victorieux se partag\u00e8rent leurs conqu\u00eates: la Corse \u00e0 Rome et la Sardaigne \u00e0 Carthage. Les Carthaginois s&rsquo;install\u00e8rent en Sardaigne en 530 av. J.C. La Corse (bataille navale d&rsquo;Alalia en 540 av. J.C.) et la Sardaigne ayant \u00e9t\u00e9 reprises aux Grecs, les alli\u00e9s d\u00e9cid\u00e8rent de s&rsquo;attaquer \u00e0 la conqu\u00eate de la Sicile. Mais les Etrusques furent, peu \u00e0 peu, supplant\u00e9s par les Romains qui cr\u00e9\u00e8rent la R\u00e9publique de Rome.<\/p>\n<p> En 509 av. J.C., un trait\u00e9 est sign\u00e9 (voir Annexe B) entre Rome et Carthage qui contraint les Romains dans leur navigation, leur interdisant notamment de circuler dans la zone comprise entre le Cap Bon et le Moyen Orient. Les Romains avaient \u00e9galement interdiction de s&rsquo;installer en Sardaigne. Cette mesure fut maintenue jusqu&rsquo;en 238 av. J.C., date de la conqu\u00eate romaine de cette \u00eele.<\/p>\n<p> De 489 \u00e0 276, Carthage s&rsquo;effor\u00e7a de conqu\u00e9rir la Sicile (voir annexe A). Cette p\u00e9riode connut une succession d&rsquo;affrontements contre les tyrans de Syracuse, durant lesquels les Carthaginois engag\u00e8rent des flottes de guerre consid\u00e9rables, m\u00eame si les chiffres annonc\u00e9s par les historiens de l&rsquo;\u00e9poque ont pu para\u00eetre excessifs:<br \/> exp\u00e9dition contre Palerme, 2000 b\u00e2timents de guerre<br \/> exp\u00e9dition de S\u00e9linonte, 60 b\u00e2timents de guerre, 1500 de transport<br \/> exp\u00e9dition d&rsquo;Agrigente, plus de 1000 navires<br \/> exp\u00e9dition de reconqu\u00eate de Motya, 400 vaisseaux de guerre, 600 de transport.<\/p>\n<p> Tout au long de cette p\u00e9riode, les relations avec Rome demeur\u00e8rent cordiales. Les diff\u00e9rents trait\u00e9s de 306 et de 279 av. J.C. renforc\u00e8rent les exigences de Carthage, et interdirent le passage du D\u00e9troit de Messine aux navires romains. En \u00e9change, Rome \u00e9tait libre de ses ambitions en Italie.<\/p>\n<p> En 272, Rome et Carthage s&rsquo;alli\u00e8rent m\u00eame pour repousser les Perses hors de Sicile, quand Pyrrhus tenta de conqu\u00e9rir celle-ci.<\/p>\n<p> Mais, en 264, Rome, fortement int\u00e9ress\u00e9e par les riches r\u00e9coltes de bl\u00e9 de la Sicile, vint soutenir les mercenaires campaniens install\u00e9s autour de Messine, contre les Carthaginois qui r\u00e9sidaient dans cette \u00eele. Ce fut le d\u00e9but de la guerre de Sicile, et les pr\u00e9ludes \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre Punique.<\/p>\n<p> La guerre de Sicile, (264-241 av J.C.).<\/p>\n<p> Carthage et Rome ayant rompu leur alliance, les guerres puniques devaient \u00e9clater et modifier les \u00e9quilibres politiques de la M\u00e9diterran\u00e9e occidentale.<\/p>\n<p> La Premi\u00e8re Guerre Punique<\/p>\n<p> En 264 av J.C., Messine fut occup\u00e9e par les Romains. Le Consul Appius Claudius Caudex projeta de poursuivre la conqu\u00eate de la Sicile. Une Marine de 100 quinqu\u00e9r\u00e8mes et 20 trir\u00e8mes fut construite, mais subit quelques \u00e9checs sous le commandement de Corn\u00e9lius Scipion. Cependant, en 261, la Sicile est partag\u00e9e, Rome occupe l&rsquo;int\u00e9rieur, tandis que Carthage contr\u00f4le les rivages.<\/p>\n<p> En 260, \u00e0 la bataille de Myles, Hannibal (3) fut d\u00e9fait par l&rsquo;amiral romain Duilius. Ce dernier avait inaugur\u00e9 la tactique des \u00ab\u00a0corbeaux\u00a0\u00bb, qui consistait \u00e0 rapprocher les navires gr\u00e2ce \u00e0 des sortes de ponts-levis am\u00e9nag\u00e9s \u00e0 la proue des navires, \u00e0 partir desquels un harpon \u00e9tait lanc\u00e9 pour h\u00e2ler le navire adverse le long de son propre bord. Ainsi, la bataille navale se transformait-elle en bataille terrestre, entre les soldats embarqu\u00e9s \u00e0 bord des deux navires jumel\u00e9s,.<\/p>\n<p> En 254, la flotte romaine comprenait 230 unit\u00e9s de combats, tandis que Carthage alignait 250 vaisseaux. Rome, encourag\u00e9e par son pr\u00e9c\u00e9dent succ\u00e8s, estima que la conqu\u00eate des c\u00f4tes africaines \u00e9tait \u00e0 sa port\u00e9e et monta une exp\u00e9dition navale contre celles-ci. L&rsquo;escadre carthaginoise, stationn\u00e9e \u00e0 Lilyb\u00e9e, voulut lui barrer la route, et subit un grave revers, durant la bataille d&rsquo;Ecnome (voir annexe C), o\u00f9 330 navires romains s&rsquo;oppos\u00e8rent \u00e0 autant de navires carthaginois.<\/p>\n<p> Les Romains poursuivirent leurs op\u00e9rations et conquirent K\u00e9libia, puis Tunis en 255, pour ensuite venir menacer Carthage Cette derni\u00e8re fut sauv\u00e9e par Xanthippe, un chef grec embrigad\u00e9 par les Carthaginois.<\/p>\n<p> Durant 13 ans, Rome et Carthage s&rsquo;affront\u00e8rent. Carthage semblait dominer, sans pouvoir vaincre. Sa sup\u00e9riorit\u00e9 sur mer \u00e9tait incontestable. Rome d\u00e9cida d&rsquo;abandonner l&rsquo;Afrique et reprit son offensive contre la Sicile:<br \/> &#8211; 254: Dr\u00e9pane, succ\u00e8s carthaginois<br \/> &#8211; 250: Palerme, succ\u00e8s romain<br \/> &#8211; 249: blocus de Lilybee, succ\u00e8s romain (voir annexe C)<br \/> bataille de Dr\u00e9pane, victoire du Carthaginois Adherbal (voir annexe C)<br \/> &#8211; 242: blocus de Dr\u00e9pane, par les Romains.<\/p>\n<p> Carthage envoya une flotte au secours de Dr\u00e9pane, qui fut d\u00e9truite en mars 241, dans la bataille des \u00eeles A\u00e9gates (voir annexe C). L&rsquo;amiral Hannon est crucifi\u00e9 \u00e0 Carthage, pour cette d\u00e9faite.<\/p>\n<p> La guerre d&rsquo;Afrique (241-238 av J.C.)<\/p>\n<p> Apr\u00e8s leur d\u00e9faite navale aux \u00eeles A\u00e9gates (241 av.J.C.), les Carthaginois abandonn\u00e8rent la Sicile, tandis qu&rsquo;Hamilcar et Hannon \u00e9taient occup\u00e9s \u00e0 mater la r\u00e9volte des mercenaires.<\/p>\n<p> En effet, ces soldats, rapatri\u00e9s sur le continent attendaient le versement des arri\u00e9r\u00e9s de solde que l&rsquo;Etat, en raison de ses difficult\u00e9s \u00e9conomiques, ne parvenait pas \u00e0 leur verser. Ils finirent par se r\u00e9volter, se rassembl\u00e8rent dans un camp \u00e9tabli pr\u00e8s de Tunis et menac\u00e8rent Carthage.<br \/> L&rsquo;insurrection se r\u00e9pandit rapidement, et une guerre civile cruelle et meurtri\u00e8re eut lieu, qui ne prit fin qu&rsquo;en 238.<br \/> Carthage \u00e9tait \u00e9puis\u00e9e et ruin\u00e9e, Rome en profita pour attaquer et conqu\u00e9rir la Sardaigne.<\/p>\n<p> Dans le m\u00eame temps, les Carthaginois entreprenaient leur conqu\u00eate de l&rsquo;Espagne.<\/p>\n<p> La guerre d&rsquo;Hannibal (238-150 av J.C.).<\/p>\n<p> Entre 226 et 225 av.J.C., Carthage reprit son expansion coloniale, et Hasdrubal fonda Carthag\u00e8ne (221), en Espagne .<\/p>\n<p> La Deuxi\u00e8me Guerre Punique<\/p>\n<p> En 218 av.J.C., d\u00e9buta la Seconde Guerre Punique.<\/p>\n<p> Hannibal Barca voulait venger les d\u00e9faites que Rome avait fait subir \u00e0 Carthage, profitant de son \u00e9tat de faiblesse. Il se lan\u00e7a \u00e0 la conqu\u00eate de l&rsquo;Espagne dont il esp\u00e9rait tirer les moyens n\u00e9cessaires \u00e0 son exp\u00e9dition.<br \/> Il mena sa conqu\u00eate de victoire en victoire jusqu&rsquo;en 216 devant Cannes. Mais, entre temps, les Romains occupaient Sagonte et ainsi coupaient les voies de communication terrestres d&rsquo;Hannibal. Seule la voie maritime restait utilisable pour ravitailler les troupes carthaginoises.<br \/> Heureusement, impressionn\u00e9es par les victoires d&rsquo;Hannibal, la Sicile et la Sardaigne basculaient du c\u00f4t\u00e9 Carthaginois. Mais cela ne suffit pas et Carthage commen\u00e7a \u00e0 \u00e9prouver des difficult\u00e9s dans le soutien des op\u00e9rations militaires d&rsquo;Hannibal qui, d\u00e9s 214, dut reculer.<\/p>\n<p> La Marine carthaginoise perdait de son efficacit\u00e9. En 210, Agrigente et la Sicile tomb\u00e8rent pendant que les Romains prenaient Carthag\u00e8ne en 209 avant de relancer l&rsquo; offensive en Espagne, puis en Afrique.<br \/> En 204, une op\u00e9ration de d\u00e9barquement fut effectu\u00e9e \u00e0 Cap Farina. Elle permit la conqu\u00eate de Tunis.<\/p>\n<p> La paix fut enfin sign\u00e9e en 202, mais la situation restait tendue et la guerre reprit de fa\u00e7on sporadique jusqu&rsquo;en 195, date \u00e0 laquelle Hannibal s&rsquo;exila en Orient<\/p>\n<p> A l&rsquo;issue de cette seconde guerre, Rome exigera de Carthage qu&rsquo;elle livre 200 navires et 200.000 armures. Bien que ces chiffres soient \u00e9minemment contestables, ils laissent cependant entrevoir l&rsquo;ampleur de ces combats antiques.<\/p>\n<p> La destruction de Carthage (150-146 av J.C.).<\/p>\n<p> La Troisi\u00e8me Guerre Punique<\/p>\n<p> La Troisi\u00e8me Guerre Punique d\u00e9buta en 149 av.J.C. Carthage fut prise et d\u00e9truite par Scipion-Emilien.<br \/> En 146, l&rsquo;Empire carthaginois est \u00e9cras\u00e9 en d\u00e9pit de la r\u00e9sistance arm\u00e9e de la Cit\u00e9. La Marine s&rsquo;opposa \u00e0 l&rsquo;ennemi jusqu&rsquo;au dernier moment. Elle per\u00e7a une ouverture dans le mur d&rsquo;enceinte du port pour tromper le blocus romain et faire sortir, \u00e0 la plus grande surprise des assaillants, 120 navires dont 50 trir\u00e8mes. Mais elle ne sut pas utiliser cet exploit et, trois jours apr\u00e8s, vit tous ses b\u00e2timents d\u00e9truits devant le port.<\/p>\n<p> Les moyens carthaginois.<\/p>\n<p> Les Carthaginois \u00e9taient tr\u00e8s jaloux des conqu\u00eates et des connaissances acquises dans le domaine maritime.<br \/> On raconte l&rsquo;anecdote selon laquelle un capitaine carthaginois se voyant suivi par des navigateurs romains dans une zone o\u00f9 les Puniques d\u00e9tenaient, jusqu&rsquo;alors, le monopole de la navigation et du n\u00e9goce, pr\u00e9f\u00e9ra \u00e9chouer volontairement son navire sur un haut-fond, entra\u00eenant, du m\u00eame coup, la perte de ses poursuivants, plut\u00f4t que de leur r\u00e9v\u00e9ler le bon passage. Ce capitaine, aussi courageux que retors, devait, du reste, survivre \u00e0 cette aventure, et se voir d\u00e9dommager par l&rsquo;Etat carthaginois de la perte de sa cargaison.<\/p>\n<p> Cette activit\u00e9 maritime n\u00e9cessitait la ma\u00eetrise de techniques avanc\u00e9es:<\/p>\n<p> Les ports :<\/p>\n<p> Il para\u00eet int\u00e9ressant de relever la liste des ports les plus importants de Tunisie, \u00e0 cette \u00e9poque. Il s&rsquo;agissait de:<br \/> Mahdia, Carthage, Tunis, Hadrum\u00e8te (Sousse),Taparura (Sfax), Kerkenna, Takap\u00e8s (Gab\u00e8s), Hippodiarestus (Bizerte)<\/p>\n<p> A Carthage, existaient deux ports puniques. L&rsquo;un r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la flotte de guerre, l&rsquo;autre aux bateaux de commerce.<br \/> Le port militaire comprenait un bassin circulaire, autour d&rsquo;une \u00eele, elle-m\u00eame circulaire de 120m de diam\u00e8tre. Cette \u00eele, ainsi que les bords ext\u00e9rieurs du bassin, \u00e9taient am\u00e9nag\u00e9s en une s\u00e9rie de rampes couvertes en pente douce, descendant jusqu&rsquo;au niveau de la mer, o\u00f9 les Carthaginois pouvaient h\u00e2ler leurs navires au sec et \u00e0 l&rsquo;abri, en les faisant glisser sur des poutres dispos\u00e9es transversalement. Certaines de ces rampes \u00e9taient pourvues de fosses, analogues \u00e0 celles de nos stations services, qui permettaient de se glisser sous les coques pour les entretenir, et les r\u00e9parer. Un \u00e9tage sup\u00e9rieur h\u00e9bergeait des magasins o\u00f9 pouvaient \u00eatre stock\u00e9s agr\u00e8s et accessoires. Au centre de l&rsquo;\u00eele, un pavillon sur\u00e9lev\u00e9 abritait le poste de commandement de l&rsquo;amiral, et un poste de guet. De l\u00e0, l&rsquo;amiral pouvait diriger les manoeuvres, et surveiller la haute mer.<\/p>\n<p> Ce port avait une capacit\u00e9 de 200 vaisseaux et, secret militaire oblige, restait dissimul\u00e9 aux regards des marins de commerce comme des gens de la ville, par une double enceinte.<\/p>\n<p> Datant de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du II\u00b0 si\u00e8cle av.J.C., il est donc post\u00e9rieur aux grands combats navals, et aux principales guerres men\u00e9es par Carthage, \u00e0 l&rsquo;exception de la Troisi\u00e8me Guerre Punique.<\/p>\n<p> Le port marchand, situ\u00e9 imm\u00e9diatement au sud du pr\u00e9c\u00e9dent, est plus ancien. Il remonterait \u00e0 la fin du quatri\u00e8me ou au d\u00e9but du troisi\u00e8me si\u00e8cle av J.C.. D&rsquo;abord rectangulaire, il pr\u00e9sentait dans son dernier \u00e9tat, la forme d&rsquo;un hexagone allong\u00e9.<\/p>\n<p> Les ports de Carthage \u00e9taient appel\u00e9s Cothons, d&rsquo;une racine ph\u00e9nicienne d\u00e9signant l&rsquo;action de creuser. Il s&rsquo;agit bien, en effet, de ports creus\u00e9s \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des terres, parfois au prix de terrassement consid\u00e9rables.<\/p>\n<p> Les navires :<\/p>\n<p> Les Carthaginois passaient pour d&rsquo;excellents architectes navals. Leur flotte se composait de navires de guerre longs, \u00e0 proue effil\u00e9e, arm\u00e9s d&rsquo;un \u00e9peron, et propuls\u00e9s \u00e0 la rame, et de navires marchands, bateaux ronds \u00e0 proue relev\u00e9e, gr\u00e9\u00e9s de voiles. Celles-ci \u00e9taient rectangulaires et se fixaient sur une vergue perpendiculaire au m\u00e2t.<\/p>\n<p> Le gouvernail d&rsquo;\u00e9tambot, bien \u00e9videmment, n&rsquo;existait pas. Les Carthaginois utilisaient, pour diriger leurs navires, une rame fix\u00e9e par deux amarres sur le flanc du bateau. Une barre, implant\u00e9e dans le haut de cette rame, perpendiculairement \u00e0 son axe, en facilitait l&#8217;emploi. Les navires pouvaient ainsi disposer de deux rames-gouvernails, mais seule l&rsquo;une d&rsquo;entre elles, alternativement, \u00e9tait utilis\u00e9e.<\/p>\n<p> Les navires carthaginois \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement plus l\u00e9gers et plus manoeuvrants que les vaisseaux romains. De plus, leurs marins \u00e9taient r\u00e9put\u00e9s plus habiles et plus exp\u00e9riment\u00e9s.<\/p>\n<p> A partir de 500, un changement intervint: les l\u00e9g\u00e8res pent\u00e9cont\u00e8res, gal\u00e8res \u00e0 50 rameurs, firent place aux tri\u00e8res \u00e0 trois rangs de rames, avec un \u00e9quipage de 200 hommes.<\/p>\n<p> Le calfatage de ces b\u00e2timents \u00e9tait assur\u00e9 par un mortier de chaux et de sable. La car\u00e8ne \u00e9tait, ext\u00e9rieurement, doubl\u00e9e de feuilles de plomb.<\/p>\n<p> Cependant, pilotes extraordinaires, et charpentiers experts, les Carthaginois ne paraissent pas avoir invent\u00e9 de proc\u00e9d\u00e9s nouveaux dans l&rsquo;art de la construction navale. Il semble qu&rsquo;ils se soient content\u00e9s d&rsquo;appliquer et de mettre en oeuvre les connaissances qu&rsquo;ils tenaient des Grecs.<\/p>\n<p> 1.2. l&rsquo;\u00e9poque romaine (146 av J.C.-439 ap J.C.)<\/p>\n<p> La victoire romaine lors de la Troisi\u00e8me Guerre Punique se traduisit par la destruction de Carthage et par la disparition de son empire au profit de Rome.<\/p>\n<p> Mais Rome n&rsquo;\u00e9tait pas une cit\u00e9 maritime. L&#8217;empire romain sera conquis essentiellement par voie de terre. La Marine romaine eut surtout pour mission de transporter les troupes. Celles-ci, m\u00eame lorsqu&rsquo;elles combattaient \u00e0 la mer, se servaient des navires comme de pontons mobiles, recr\u00e9ant ainsi les conditions du combat terrestre.<\/p>\n<p> La pr\u00e9dominance romaine jusqu&rsquo;en 439 ap J.C..<\/p>\n<p> En 46 av.J.C., Jules C\u00e9sar d\u00e9barqua \u00e0 hauteur du site actuel de Skan\u00e9s et s&rsquo;y installa. La Tunisie devint romaine.<\/p>\n<p> Cette p\u00e9riode de l&rsquo;histoire de la Tunisie semble avoir \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement calme. Int\u00e9gr\u00e9e dans l&rsquo;Empire Romain, l&rsquo;Ifriquya para\u00eet avoir b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des bienfaits de la paix, enti\u00e8rement occup\u00e9e aux activit\u00e9s rurales et commer\u00e7antes.<br \/> Il est vrai que peu d&rsquo;ouvrages traitent, du point de vue naval, de ces ann\u00e9es l\u00e0.<\/p>\n<p> Les moyens romains :<\/p>\n<p> Les ports :<\/p>\n<p> Les Romains, occupant la \u00ab\u00a0Provincia Africa\u00a0\u00bb, Carthage ne tarda pas \u00e0 en redevenir la capitale. Ils reconstruisirent les ports et les r\u00e9am\u00e9nag\u00e8rent.<\/p>\n<p> Rome avait besoin de transporter le bl\u00e9 de la plaine de la Medjerda vers la R\u00e9publique En 180 apr\u00e8s JC, l&#8217;empereur Commode fit construire une flotte sp\u00e9cialement destin\u00e9e \u00e0 cet usage, ce qui dit assez quelle pouvait \u00eatre pour Rome, l&rsquo;importance de Carthage et de son port.<\/p>\n<p> Ce port n&rsquo;\u00e9tait plus couvert. Il ne semble pas qu&rsquo;il ait dispos\u00e9 des infrastructures n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;entretien et \u00e0 la r\u00e9paration.<\/p>\n<p> Au centre, un temple fut construit, tandis que le reste de l&rsquo;\u00eele semblait consacr\u00e9 aux mouvements marchandises et aux \u00e9changes.<\/p>\n<p> Les techniques navales :<\/p>\n<p> Les navires \u00e9taient surcharg\u00e9s d&rsquo;hommes. En effet, bien que les Romains aient dot\u00e9 leurs gal\u00e8res d&rsquo;\u00e9perons, ainsi que le voulait l&rsquo;usage depuis le premier mill\u00e9naire avant J\u00e9sus-Christ, ils pr\u00e9f\u00e9raient l&rsquo;abordage \u00e0 l&rsquo;aide de grappins. Les combats navals \u00e9taient en r\u00e9alit\u00e9 des combats de fantassins sur la mer.<\/p>\n<p> 1.3. la d\u00e9cadence (439-647)<\/p>\n<p> L&rsquo;occupation vandale (439-533).<\/p>\n<p> En 439 ap.J.C. , les Vandales derri\u00e8re leur chef Genselric, envahirent \u00e0 leur tour la Tunisie. Ils s&rsquo;entendirent avec les populations autochtones et lev\u00e8rent notamment l&rsquo;interdiction qui leur \u00e9tait faite de s&rsquo;int\u00e9resser aux affaires de la mer. En collaboration avec les Berb\u00e8res, ils construisirent une escadre, et attaqu\u00e8rent Rome par voie de mer, en 455 ap.J.C. et proc\u00e8d\u00e8rent au pillage sans merci de la c\u00e9l\u00e8bre cit\u00e9.<\/p>\n<p> La colonisation byzantine (533-647).<\/p>\n<p> Pendant ce temps, Byzance projettait d&rsquo;envahir la Tunisie. Ses forces d\u00e9barqu\u00e8rent en 533 ap.J.C. et s&rsquo;\u00e9tablirent \u00e0 Carthage, sous le commandement de Belisaire. La Tunisie devint byzantine et chr\u00e9tienne. Les nouveaux occupants n&rsquo;\u00e9taient pas tr\u00e8s concern\u00e9s par les affaires de la mer et la marine ne fut pas leur pr\u00e9occupation essentielle.<\/p>\n<p> En 647, les Arabes envahirent le pays. Les Byzantins essay\u00e8rent vainement de r\u00e9sister et Carthage devint musulmane en 698.<\/p>\n<p> La Douda. <\/b><\/p>\n<p><b>Deuxi\u00e8me \u00e9poque de 647 Les Arabes \u00e0 1574 Les Ottomans :<\/p>\n<p> La conqu\u00eate arabe, la cr\u00e9ation de l&#8217;empire musulman<\/p>\n<p> -L&rsquo;\u00e9poque aghlabide (800-909)<\/p>\n<p> -L&rsquo;\u00e9poque fatimide (909-1048)<\/p>\n<p> -L&rsquo;\u00e9poque ziride (1048-1148)<\/p>\n<p> -L&rsquo;\u00e9poque almohade (1160-1236)<\/p>\n<p> La reconqu\u00eate europ\u00e9enne et l&rsquo;invasion ottomane<\/p>\n<p> -L&rsquo;\u00e9poque hafcide (1236-1574)<\/p>\n<p> 2. DE 647 A LA CONQUETE OTTOMANE (1574)<\/p>\n<p> 2.1. la conqu\u00eate arabe, la cr\u00e9ation de l&#8217;empire musulman<\/p>\n<p> L&rsquo;arriv\u00e9e des Arabes, en 647, est rapidement suivie d&rsquo;une large conqu\u00eate de toute la Tunisie jusqu&rsquo;en 1236.<\/p>\n<p> En 711, alors que l&#8217;empire arabo-musulman atteint sa plus grande ampleur, les Arabes d\u00e9cident d&rsquo;occuper Rome, en vue de conqu\u00e9rir l&rsquo;Europe. Entre temps, Moussa Ibn Nousair \u00e9difie un arsenal \u00e0 Rad\u00e8s.<\/p>\n<p> Les dynasties aghlabide, fatimide, ziride et almohade se succ\u00e8dent, organisant le pays et le d\u00e9fendant contre les tentatives germaniques ou normandes.<\/p>\n<p> L&rsquo;\u00e9poque aghlabide 800-909<\/p>\n<p> En 800, Ibrahim Ibn El Aghlab devint Emir d&rsquo;Ifriqya et s&rsquo;effor\u00e7a de r\u00e9concilier Arabes et Berb\u00e8res. Il instaura ainsi la dynastie aglhlabide. Cet Emir \u00e9tait tr\u00e8s soucieux des dangers venant de la mer et il fit construire une importante flotte de combat. Il \u00e9difia un r\u00e9seau de ribaats, sortes de s\u00e9maphores arm\u00e9s, destin\u00e9s \u00e0 surveiller le large et \u00e0 transmettre l&rsquo;alerte vers les autorit\u00e9s du pays.<\/p>\n<p> LES RIBAATS:<\/p>\n<p> Ces constructions fortifi\u00e9es \u00e9taient arm\u00e9es par des troupes divis\u00e9es en trois \u00e9quipes qui permettaient d&rsquo;assurer une veille permanente vers le large, \u00ab\u00a0par tiers\u00a0\u00bb. L&rsquo;\u00e9difice \u00e9tait surmont\u00e9e d&rsquo;une grande tour appel\u00e9e Nador, destin\u00e9e \u00e0 accro\u00eetre la port\u00e9e de la vue des guetteurs.<\/p>\n<p> En cas de danger d&rsquo;incursion, ou d&rsquo;invasion, l&rsquo;alerte \u00e9tait transmise vers la capitale, de veilleur en veilleur, par des signaux optiques ou sonores.<\/p>\n<p> Les hommes qui occupaient ces forts avaient \u00e9galement un r\u00f4le religieux et leurs communaut\u00e9s pouvaient \u00eatre compar\u00e9es \u00e0 celles des ordres monastiques .<\/p>\n<p> En 827, le patrice Constantin, nomm\u00e9 gouverneur de la Sicile, par l&#8217;empereur de Constantinople , envoya son lieutenant Phima, avec quelques vaisseaux, ravager et piller les c\u00f4tes d&rsquo;Afrique. Peu apr\u00e8s, Zyadet Allah, troisi\u00e8me successeur d&rsquo;Ibrahim et quatri\u00e8me roi de Tunis dans la dynastie aghlabide, d\u00e9cida de profiter des troubles survenus en Sicile lors de la destitution de Phima pour venger cette agression.<\/p>\n<p> Il fit appareiller une flotte de cent vaisseaux de Sousse, leur port de construction, et en confia le commandement \u00e0 Assad Ibn Fourath. Ces b\u00e2timents portaient dix mille hommes d&rsquo;infanterie et sept cents cavaliers. Ils conquirent l&rsquo;\u00eele qui passa sous la domination aghlabide<\/p>\n<p> En 835, la flotte appareilla de Palerme pour venir en aide au Duc Andr\u00e9 de Naples qui s&rsquo;opposait \u00e0 ses voisins de Benevent. Devant ses succ\u00e8s, la marine aghlabide poursuivit son exp\u00e9dition en contournant le sud de l&rsquo;Italie pour p\u00e9n\u00e9trer en mer Adriatique. Elle attaqua alors Brindisi, qu&rsquo;elle pilla avant de reprendre la mer.<\/p>\n<p> En 840, cette m\u00eame flotte parvint \u00e0 conqu\u00e9rir Tarente, et \u00e0 d\u00e9truire une escadre v\u00e9nitienne de 60 navires venue au secours de la ville.<\/p>\n<p> En 846, les Aghlabides lanc\u00e8rent une force de 73 vaisseaux portant 500 chevaux et dix mille hommes, \u00e0 la conqu\u00eate de la Province Romaine. Ils d\u00e9barqu\u00e8rent dans l&#8217;embouchure du Tibre et se dirig\u00e8rent aussit\u00f4t vers Rome. La ville fut pill\u00e9e, puis ce fut le tour d&rsquo;Ostie, de Gaete et de Benevent. Rome et Ostie furent occup\u00e9es quelque temps, mais les Aghlabides d\u00e9cid\u00e8rent rapidement de r\u00e9embarquer avec leur butin pour rejoindre leur port d&rsquo;attache.<\/p>\n<p> Ils ne devaient pas pouvoir profiter de leurs prises car une temp\u00eate survint et engloutit leur flotte.<\/p>\n<p> Un autre d\u00e9sastre attendait la marine aghlabide: en 880, une flotte byzantine de 140 navires devait surprendre l&rsquo;escadre au large du Cap Milazzo, et lui infliger une d\u00e9faite cuisante.<\/p>\n<p> En 902, la Calabre devient musulmane.<\/p>\n<p> L&rsquo;\u00e9poque fatimide 909-1048<\/p>\n<p> En 909, l&rsquo;av\u00e8nement de la dynastie fatimide ne remit pas en cause la politique de la dynastie pr\u00e9c\u00e9dente. La construction navale continua de se se d\u00e9velopper. Mahdia fut b\u00e2tie en 921, par Obeid Allah El Mahdi. Ce port avait une capacit\u00e9 de 30 bateaux, tandis que l&rsquo;arsenal attenant pouvait en recevoir 200. La flotte devait s&rsquo;accro\u00eetre jusqu&rsquo;en 973. Elle \u00e9tait initialement destin\u00e9e \u00e0 un vaste projet d&rsquo;exp\u00e9dition vers l&rsquo;Orient.<\/p>\n<p> D\u00e8s 922, les Fatimides lanc\u00e8rent une op\u00e9ration navale contre l&rsquo;Italie. La flotte, sous le commandement d&rsquo;Obeid Allah El Mahdi, s&#8217;empara de Lombardi et de Uria, faisant plus de 10 000 prisonniers. Elle poursuivit ses conqu\u00eates en Calabre, puis occupa Tarente et Otrante.<\/p>\n<p> En 924, une deuxi\u00e8me flotte fatimide de 44 bateaux, sous le commandement de Saiin, s&rsquo;attaqua \u00e0 la Sardaigne et \u00e0 G\u00eanes.<\/p>\n<p> En 933, une troisi\u00e8me campagne fut lanc\u00e9e contre la Corse, et, de nouveau, les \u00eeles sardes.<\/p>\n<p> Mais, en 980, Othon II, empereur du Saint Empire Romain Germanique, entreprit de conqu\u00e9rir le sud de l&rsquo;Italie byzantine. Il occupa certaines villes comme Naples et Tarente. Les Ducs italiens firent alors appel aux Tunisiens de Mahdia.<\/p>\n<p> Une coalition arabo-italienne se constitua pour repousser les troupes germaniques d&rsquo;Othon II. En mer, les escadres tunisiennes et byzantines lutt\u00e8rent de concert. L&rsquo;expansion germanique en M\u00e9diterran\u00e9e fut arr\u00eat\u00e9e, en 983.<\/p>\n<p> L&rsquo;\u00e9poque ziride 1048-1148<\/p>\n<p> Les Fatimides, qui n&rsquo;avaient pas abandonn\u00e9 leur projet initial, \u00e9taient occup\u00e9s en Orient. Ils confi\u00e8rent l&rsquo;administration de la petite et lointaine Ifriqya au chef d&rsquo;une famille locale, les Ziri. Imprudence!<\/p>\n<p> En 1048, ce fut la rupture qui permit l&rsquo;\u00e9tablissement de la dynastie ziride.<\/p>\n<p> La Sicile, sous contr\u00f4le musulman depuis 827, fut reconquise en 1096 par Roger 1er, seigneur normand, qui devint ainsi Grand Comte de Calabre et de Sicile et gouverna cette \u00eele jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1101.<\/p>\n<p> En 1115, Ali, septi\u00e8me roi de Tunis dans la dynastie ziride, commen\u00e7a son r\u00e8gne en envoyant une flotte contre Djerba dont les habitants s&rsquo;\u00e9taient rebell\u00e9s et infestaient les c\u00f4tes d&rsquo;Afrique en y pratiquant la piraterie. Il se heurta ensuite, en 1117 \u00e0 la r\u00e9volte de Gab\u00e9s, soutenue par les troupes de Roger 2\u00b0, Comte de Sicile et successeur de Roger 1\u00b0, mais \u00e9choua et se replia sur Madhia, o\u00f9 il fut lui m\u00eame assi\u00e9g\u00e9, avant de pouvoir reprendre l&rsquo;avantage et de repousser les rebelles vers Gab\u00e9s.<\/p>\n<p> Le successeur d&rsquo;Ali, son fils Hassan, ne fut pas beaucoup plus heureux. Les d\u00e9sastres s&rsquo;accumul\u00e8rent. En 1125, les Normands de Sicile s&#8217;empar\u00e8rent de l&rsquo;\u00eele de Djerba. La situation \u00e9conomique \u00e9tait catastrophique et la famine s\u00e9vissait.<\/p>\n<p> Roger 2\u00b0 profita de l&rsquo;occasion et arma une flotte qu&rsquo;il r\u00e9unit pr\u00e8s de Pantelleria, avant de la lancer \u00e0 la conqu\u00eate des c\u00f4tes de l&rsquo;Ifriqya. Il s&#8217;empara de Tripoli en 1146, puis de Madhia, de Sfax et de Sousse en 1148. Il domina toute la contr\u00e9e qui s&rsquo;\u00e9tendait de Tripoli \u00e0 Tunis.<\/p>\n<p> Le huiti\u00e8me roi, Hassan, s&rsquo;enfuit. Il se r\u00e9fugia aupr\u00e8s de Abd El Moumen, fondateur de la dynastie Almohade et lui demanda de le r\u00e9tablir sur son tr\u00f4ne. Abd El Moumen se d\u00e9cida facilement \u00e0 aller expulser les Normands de leurs conqu\u00eates d&rsquo;Afrique. Il entreprit en 1159 cette guerre sainte, et parvint victorieux \u00e0 Madhia en 1160.<\/p>\n<p> Aucune des parties reconquises ne fut rendue au prince d\u00e9tr\u00f4n\u00e9 et la dynastie ziride prit ainsi fin.<\/p>\n<p> L&rsquo;\u00e9poque almohade 1160-1236<\/p>\n<p> Les provinces sous contr\u00f4le almohade d\u00e9pendaient d&rsquo; un gouverneur nomm\u00e9 par Abd El Moumen.<\/p>\n<p> Tunis n&rsquo;\u00e9chappa pas \u00e0 la r\u00e8gle et fut soumise au gouvernement des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s envoy\u00e9s par la r\u00e9sidence royale. Ce fut l&rsquo;occasion de nombreuses vexations et spoliations de la part d&rsquo;oppresseurs qui profit\u00e8rent de l&rsquo;\u00e9loignement du chef-lieu de gouvernement pour se supplanter et se d\u00e9pouiller mutuellement.<\/p>\n<p> Plus d&rsquo;une famille musulmane abandonna alors Tunis pour aller chercher asile et protection chez les chr\u00e9tiens de Sicile.<\/p>\n<p> Mais simultan\u00e9ment, le commerce redevint florissant. Les musulmans, qui furent les premiers \u00e0 organiser les formes de leurs \u00e9changes selon les n\u00e9cessit\u00e9s du trafic international, perfectionn\u00e8rent leurs m\u00e9thodes tandis que les chr\u00e9tiens s&rsquo;en inspir\u00e8rent. Les n\u00e9gociants chr\u00e9tiens vinrent trafiquer \u00e0 Tunis, et s&rsquo;y \u00e9tablirent m\u00eame Le Maghreb almohade commer\u00e7ait avec l&rsquo;Espagne, mais aussi avec Pise, G\u00e8nes, Marseille et Venise.<\/p>\n<p> Chaque nation avait son consul pour d\u00e9fendre ses ressortissants et disposait d&rsquo;un fondouk pour y entreposer ses marchandises et servir de refuge en cas d&rsquo;\u00e9meute.<\/p>\n<p> Des trait\u00e9s sp\u00e9ciaux furent conclus pour prot\u00e9ger les personnes et les biens: en 1231 avec Venise, 1234 avec Pise, 1236 avec G\u00eanes.<\/p>\n<p> Les Almohades disposaient d&rsquo;une escadre qui passait pour \u00eatre la premi\u00e8re de M\u00e9diterran\u00e9e. Elle \u00e9tait l&rsquo;oeuvre du berb\u00e8re Youssouf. Ce dernier avait servi sur les bateaux du Comte de Sicile, Roger 2\u00e8me avant d&rsquo;\u00eatre nomm\u00e9 amiral par Abou Yacoub, troisi\u00e8me souverain de la dynastie almohade.<\/p>\n<p> 2.2. la reconqu\u00eate europ\u00e9enne et l&rsquo;invasion ottomane<\/p>\n<p> Cette p\u00e9riode connait, \u00e0 ses d\u00e9buts, l&rsquo;expansion d&rsquo;une v\u00e9ritable civilisation hafcide, riche et rayonnante, elle voit aussi se d\u00e9grader les relations entre les gouvernants de Tunisie et les puissances europ\u00e9ennes, notamment l&rsquo;Espagne.<\/p>\n<p> La Course appara\u00eet alors et, rapidement, elle devient un instrument \u00e9conomique, mais aussi politique. Elle succ\u00e8de aux escadres organis\u00e9es des dynasties pr\u00e9c\u00e9dentes.<\/p>\n<p> Puis la supr\u00e9matie navale arabe va lentement s&rsquo;estomper. Les corsaires \u00e9chappent de plus en plus souvent au contr\u00f4le des rois de Tunis pour ne s&rsquo;int\u00e9resser qu&rsquo;\u00e0 leurs seuls profits. La Tunisie redevient un enjeu que se disputent de nombreuses nations: Turquie, Espagne et Alg\u00e9rie, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la Sublime Porte impose sa domination.<\/p>\n<p> L&rsquo;\u00e9poque hafcide 1236-1574<\/p>\n<p> La fin de la supr\u00e9matie arabe<\/p>\n<p> En 1270, d\u00e9buta la croisade de Saint Louis. Ce fut \u00e0 partir de cette date que prit fin la supr\u00e9matie arabe incontest\u00e9e sur la M\u00e9diterran\u00e9e: jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour, \u00ab\u00a0nulle planche ne pouvait flotter en M\u00e9diterran\u00e9e sans l&rsquo;assentiment des autorit\u00e9s arabes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p> La marine de guerre hafcide commen\u00e7a \u00e0 d\u00e9cliner. La piraterie se d\u00e9veloppa sans que le calife soit capable de la contr\u00f4ler. Les bateaux furent oblig\u00e9s de naviguer en convois. Parall\u00e8lement \u00e0 la piraterie, un ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau appar\u00fbt: la Course. Cette activit\u00e9 se diff\u00e9renciait de la pr\u00e9c\u00e9dente par le fait qu&rsquo;elle \u00e9tait commandit\u00e9e par une autorit\u00e9 \u00e0 terre, alors que la piraterie s&rsquo;exer\u00e7ait au seul profit des capitaines et \u00e9quipages des navires.<\/p>\n<p> Les ports de Tunis et de Bizerte se constitu\u00e8rent en R\u00e9publiques autonomes organis\u00e9es pour cette Course. Ils arm\u00e8rent des gal\u00e8res qui parcouraient la M\u00e9diterran\u00e9e pour leur compte. les corsaires du XIV\u00b0 et du XV\u00b0 si\u00e8cle n&rsquo;\u00e9taient pas seulement des pillards, comme le deviendront plus tard les Turcs, mais des soldats de la \u00ab\u00a0guerre-sainte\u00a0\u00bb contre les chr\u00e9tiens. Ils songeaient moins au trafic des captifs qu&rsquo;\u00e0 l&#8217;emprisonnement des infid\u00e8les.<\/p>\n<p> Les conflits \u00e9taint de plus en plus nombreux.<\/p>\n<p> En 1335, Djerba fut reprise. Les G\u00e9nois et les Siciliens tent\u00e8rent vainement de la reconqu\u00e9rir. Les relations se tendirent et la rivalit\u00e9 entre marins chr\u00e9tiens et corsaires de Mahdia aboutit, en 1390, \u00e0 l&rsquo;envoi d&rsquo;une flotte v\u00e9nitienne, g\u00e9noise et fran\u00e7aise contre cette \u00eele, place-forte d&rsquo;Ifryqia. L&rsquo;attaque \u00e9choua.<\/p>\n<p> D\u00e8s 1500, la reconqu\u00eate des Europ\u00e9ens sur les territoires colonis\u00e9s par les Arabes fut entam\u00e9e. L&rsquo;Espagne \u00e9tait lib\u00e9r\u00e9e, puis le nord de l&rsquo;Afrique .<\/p>\n<p> Alors que la piraterie, f\u00e9roce et ardente \u00e0 recruter des chiourmes aux d\u00e9pends de l&rsquo;adversaire, \u00e9tait en d\u00e9clin, l&rsquo;Espagne jugea n\u00e9cessaire de d\u00e9truire les rep\u00e8res des corsaires barbaresques et entreprit une s\u00e9rie d&rsquo;interventions.<\/p>\n<p> Ce fut le d\u00e9but de la \u00ab\u00a0Croisade africaine\u00a0\u00bb dont les motivations religieuses ont \u00e9t\u00e9 largement exag\u00e9r\u00e9es. Le roi d&rsquo;Espagne subordonna le triomphe de la Foi aux imp\u00e9ratifs des affaires int\u00e9rieures mais surtout \u00e0 ceux de sa politique \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n<p> En 1510, les Espagnols se heurt\u00e8rent aux Ottomans en Tunisie, ils furent notamment battus \u00e0 Djerba par Khereddine et Orudj.<\/p>\n<p> En 1533, le prince hafcide Moulay Mohammed, d&rsquo;un caract\u00e8re faible et d&rsquo;un \u00e2ge avanc\u00e9, d\u00e9signa pour lui succ\u00e9der et bien qu&rsquo;il ne soit pas son fils a\u00een\u00e9, son fils Moulay Hassan. Ce choix \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 satisfaire son \u00e9pouse pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p> Parvenu sur le tr\u00f4ne, le nouveau roi s&#8217;empressa de faire \u00e9trangler ses fr\u00e8res dont il redoutait la vengeance. Mais le plus jeune, Rachid, lui \u00e9chappa et se r\u00e9fugia \u00e0 Alger aupr\u00e8s de Khereddine dont il implora la protection. Ce dernier l&#8217;emmena \u00e0 Constantinople et proposa \u00e0 Soliman, douzi\u00e8me prince de la dynastie ottomane, de se servir du nom de ce malheureux prince pour faire la conqu\u00eate de Tunis.<\/p>\n<p> La tentative turque<\/p>\n<p> Une flotte formidable fut rassembl\u00e9e dans le but annonc\u00e9 de remettre le jeune prince sur son tr\u00f4ne \u00e0 Tunis. Entre temps celui-ci \u00e9tait jet\u00e9 en prison et la flotte, command\u00e9e par Khereddine, fit route vers la Goulette. A son arriv\u00e9e, les Tunisiens prirent les armes et renvers\u00e8rent leur roi au profit de Rachid. Ils ouvrirent leurs portes \u00e0 Khereddine et d\u00e9couvrirent la supercherie trop tard. L&rsquo;Amiral ottoman leur annon\u00e7a qu&rsquo;ils avaient \u00e0 pr\u00e9sent, pour ma\u00eetre, le sultan Soliman.<\/p>\n<p> Moulay Hassan, ayant vainement fait appel aux tribus arabes pour s&rsquo;opposer \u00e0 l&rsquo;envahisseur ottoman, recourut \u00e0 Charles Quint qu&rsquo;il d\u00e9cida facilement \u00e0 mener une op\u00e9ration contre les Turcs.<\/p>\n<p> Premi\u00e8re restauration<\/p>\n<p> En 1535, les flottes combin\u00e9es d&rsquo;Espagne, du Portugal, de Flandre et de G\u00eanes firent route vers la Sardaigne o\u00f9 elles retrouv\u00e8rent celles d&rsquo;Italie et de Malte. Ce furent quatre cents voiles, dont quatre-vingt dix gal\u00e8res qui arriv\u00e8rent devant Carthage. Sept mille hommes d\u00e9barqu\u00e8rent. Les Turcs n&rsquo;oppos\u00e8rent qu&rsquo;une faible r\u00e9sistance.<\/p>\n<p> La Goulette et Tunis tomb\u00e8rent aux mains de Charles Quint. Barberousse prit la fuite.<\/p>\n<p> Charles Quint r\u00e9tablit Moulay Hassan sur son tr\u00f4ne avant de se retirer. Mais peu de temps apr\u00e8s, ce dernier fut de nouveau rejet\u00e9 par ses sujets.<\/p>\n<p> Deuxi\u00e8me restauration<\/p>\n<p> En 1537, Charles Quint consentit \u00e0 demander au vice-roi de Sicile d&rsquo;intervenir au profit de Moulay Hassan.<\/p>\n<p> La ville de Sousse fut soumise, puis en 1539, suite \u00e0 l&rsquo;intervention d&rsquo;Andrea Doria, ce fut le tour des villes de Sfax, Kelibia et Monastir.<\/p>\n<p> Mais cette deuxi\u00e8me restauration ne fut pas plus heureuse que la premi\u00e8re et Moulay Hassan fut de nouveau mis en fuite en 1542. Cette fois son fils Hamidah en profita pour se faire proclamer Roi de Tunis.<\/p>\n<p> Hamidah \u00e9prouva de nombreuses difficult\u00e9s \u00e0 contr\u00f4ler son royaume. Il fit successivement appel aux Espagnols et aux Turcs, mais sans grand succ\u00e8s. La place \u00e9tait libre pour les diff\u00e9rents Ra\u00efs qui exerc\u00e8rent sans contrainte leurs activit\u00e9s de piraterie ou de course, selon les circonstances. L&rsquo;un des plus c\u00e9l\u00e8bres fut Dragut.<\/p>\n<p> Philippe II avait les yeux tourn\u00e9s vers La Goulette, mais les difficult\u00e9s \u00e9conomiques de l&rsquo;Espagne l&#8217;emp\u00eachait de mettre \u00e0 ex\u00e9cution ses projets de conqu\u00eate. Cependant en 1559, il autorisa les Chevaliers de Malte et le Vice Roi de Naples \u00e0 monter l&rsquo;op\u00e9ration de Djerba.<\/p>\n<p> La flotte de M\u00e9dina Coeli attendit l&rsquo;automne et se mit en route alors que les navires ottomans \u00e9taient retenus \u00e0 Gallipoli. La conqu\u00eate de l&rsquo;\u00eele se fit sans difficult\u00e9, mais le 15 mars 1560, en quittant son mouillage, elle fut assaillie par l&rsquo;escadre de Piali-Pacha et de Dragut, qui coula trente navires, et fit cinq mille prisonniers.<\/p>\n<p> La petite garnison chr\u00e9tienne de Djerba fut extermin\u00e9e apr\u00e8s une farouche d\u00e9fense. Les ossements furent amoncel\u00e9s en une pyramide: la tour des cr\u00e2nes (Borj Er Rous).<\/p>\n<p> En r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;attaque espagnole sur Djerba, les Turcs assi\u00e8g\u00e8rent Malte. Dragut et Outch Ali (voir annexe F) se distingu\u00e8rent dans les combats. Dragut mourut en 1565 pendant ces op\u00e9rations.<\/p>\n<p> En 1568, Outch Ali est charg\u00e9 du Pachalik d&rsquo;Alger.<\/p>\n<p> L&rsquo;affrontement entre l&rsquo;Empire Ottoman et les puissances chr\u00e9tiennes se poursuivit jusqu&rsquo;en 1571. La bataille de L\u00e9pante, le 9 octobre 1571, marqua la victoire de la coalition catholique. Outch Ali y fit preuve d&rsquo;une bravoure particuli\u00e8re et gagna le titre de Capitan-Pacha, c&rsquo;est \u00e0 dire, commandant de la flotte ottomane.<\/p>\n<p> La tentative alg\u00e9rienne<\/p>\n<p> Hamidah resta au pouvoir jusqu&rsquo;en 1570, date \u00e0 laquelle le Pacha d&rsquo;Alger, Outch Ali, attaqua Tunis et en fit la conqu\u00eate.<\/p>\n<p> L&rsquo;intervention espagnole<\/p>\n<p> Mais Philippe II, Roi d&rsquo;Espagne, inquiet de l&rsquo;expansion alg\u00e9rienne, d\u00e9cida une nouvelle exp\u00e9dition contre cet \u00e9tat. Il en confia le commandement \u00e0 Don Juan d&rsquo;Autriche, son Fr\u00e8re naturel, d\u00e9j\u00e0 c\u00e9l\u00e8bre par son comportement \u00e0 la bataille de L\u00e9pante.<\/p>\n<p> Don Juan re\u00e7ut l&rsquo;ordre de conqu\u00e9rir puis de raser toutes les villes barbaresques qu&rsquo;il pourrait atteindre.<\/p>\n<p> Il parvint \u00e0 Tunis et \u00e9pargna la ville qu&rsquo;il confia \u00e0 l&rsquo;administration d&rsquo;un fr\u00e8re de Hamidah. Il conquit \u00e9galement Bizerte et fit construire de nouveaux forts o\u00f9 il laissa des forces espagnoles.<\/p>\n<p> La conqu\u00eate ottomane<\/p>\n<p> Le sultan Selim Shah, treizi\u00e8me prince de la dynastie ottomane, \u00e9tait irrit\u00e9 des succ\u00e8s de Don Juan. En trois ans, il fit reconstruire la flotte ottomane qui avait \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement d\u00e9truite en 1571 \u00e0 L\u00e9pante.<\/p>\n<p> En 1574, il envoya cette nouvelle flotte contre les Espagnols de Tunis, avec quarante mille hommes. Celle-ci \u00e9tait command\u00e9e par Sinan Pacha et Outch Ali (Ali el Fartaz &#8211; le teigneux). Elle comprenait deux cents gal\u00e8res fortement arm\u00e9es, accompagn\u00e9es de plusieurs navires de transport de munitions et de mat\u00e9riel de guerre.<\/p>\n<p> Les premi\u00e8res hostilit\u00e9s eurent lieu devant Tabarka. La Goulette et Tunis tomb\u00e8rent . Cette double victoire livra la Tunisie aux Turcs:elle devint un pachalik. Le Maghreb prit alors sa physionomie moderne avec les trois blocs politiques du Maroc, de la Tunisie et de l&rsquo;Alg\u00e9rie.<\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Premi\u00e8re \u00e9poque de \u2013850 Les Ph\u00e9niciens aux Arabes +647 : 1.1 l&rsquo;\u00e9poque punique (814-146 av. J.C.) Si les premiers vestiges connus remontent \u00e0 750 av. 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