{"id":24262,"date":"2026-09-29T21:19:04","date_gmt":"2026-09-29T21:19:04","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=24262"},"modified":"2026-09-30T01:55:31","modified_gmt":"2026-09-30T01:55:31","slug":"les-beys-de-1574-a-la-decadence-1815","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-beys-de-1574-a-la-decadence-1815\/","title":{"rendered":"Les Beys de 1574 \u00e0 la d\u00e9cadence 1815"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<hr\/><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<p><b><\/p>\n<p> De la fin du XVI si\u00e8cle \u00e0 la fin du XVIII<\/p>\n<p> -De 1574 \u00e0 1594<\/p>\n<p> -De 1594 \u00e0 1705, l&rsquo;av\u00e8nement de la dynastie husseinite<\/p>\n<p> -De 1735 \u00e0 1756, sous Ali Pacha Bey<\/p>\n<p> -De 1756 \u00e0 1759, sous Mohammed Bey<\/p>\n<p> -De 1759 \u00e0 1782, sous Ali Bey<\/p>\n<p> De la fin du XVIII si\u00e8cle au d\u00e9but du XIX<\/p>\n<p> -De 1782 \u00e0 1814, sous Hamouda Bey<\/p>\n<p> De la fin du XVI i\u00e8me \u00e0 la fin du XVIII i\u00e8me si\u00e8cle<\/p>\n<p> Si, au XVI \u00e8me si\u00e8cle, les grands ports de la c\u00f4te africaine d\u00e9pendant de la Sublime Porte et faisant partie de l&#8217;empire ottoman, \u00e9taient des rep\u00e8res de corsaires, au XVII i\u00e8me si\u00e8cle, la situation se modifia. Attir\u00e9es par la gloire et la fortune, des bandes de ren\u00e9gats de toutes nationalit\u00e9s (Grecs, Croates, Danois, Corses, Siciliens, Anglais, Hollandais, Chinois, Allemands et m\u00eame Japonais) arriv\u00e8rent en foule \u00e0 Alger, Sal\u00e9, ou Tunis. Nombreux et indisciplin\u00e9s, faisant fi des trait\u00e9s pass\u00e9s entre les puissances europ\u00e9ennes et les Turcs, ils transform\u00e8rent peu \u00e0 peu la Course en piraterie pure et simple.<\/p>\n<p> Cette situation engendra de nombreux conflits, non seulement avec les souverains europ\u00e9ens, mais aussi entre les trois r\u00e9gences de Tripolitaine, de Tunisie et d&rsquo;Alg\u00e9rie, qui se trouvaient d\u00e9gag\u00e9es de l&rsquo;autorit\u00e9 directe de la Porte. Les Pachas en vinrent \u00e0 ne plus contr\u00f4ler les Janissaires et les Ra\u00efs. Livr\u00e9s \u00e0 leurs impulsions, m\u00fbs par leurs int\u00e9r\u00eats ou leurs haines, ils se disput\u00e8rent \u00e2prement les affaires publiques. De ces affrontements prirent naissance des pouvoirs nouveaux. En 1590, \u00e0 Tunis, les Deys remplac\u00e8rent les Pachas.<\/p>\n<p> Plus tard, en 1705, l&rsquo;instauration de la dynastie Husseinite, substituant les Beys au Deys, ne changea pas fondamentalement les relations de la Tunisie avec les autres pays m\u00e9diterran\u00e9ens.<\/p>\n<p> Ce n&rsquo;est qu&rsquo;au d\u00e9but du XIX i\u00e8me si\u00e8cle, sous la pression des puissances europ\u00e9ennes, que devaient dispara\u00eetre la Course et l&rsquo;esclavage des Blancs, mais aussi, corr\u00e9lativement, que commen\u00e7a la d\u00e9cadence de la marine des Beys.<\/p>\n<p> De 1574 \u00e0 1594 :<\/p>\n<p> La Tunisie \u00e9tait une province ottomane, un Odjack, gouvern\u00e9e par un Beleyrbey (ou Pacha), d\u00e9sign\u00e9 par la Turquie. Le Beleyrbey \u00e9tait soutenu par l&rsquo;Assembl\u00e9e des Officiers des Janissaires, le Divan. Ainsi, la Sublime Porte exer\u00e7ait-elle son autorit\u00e9 \u00e0 travers une occupation militaire, dont l&rsquo;objectif \u00e9tait strat\u00e9gique: il s&rsquo;agissait d&rsquo;interdire l&rsquo;acc\u00e8s au bassin oriental de la M\u00e9diterran\u00e9e, aux ennemis de la Turquie.<\/p>\n<p> De 1594 \u00e0 1705 :<\/p>\n<p> Les Janissaires, m\u00e9pris\u00e9s et opprim\u00e9s par le Divan, se r\u00e9volt\u00e8rent. Ils prirent le pouvoir et install\u00e8rent un Dey \u00e0 la t\u00eate des affaires du pays. Le Pacha ne disparut pourtant pas de la sc\u00e8ne politique et continua de repr\u00e9senter le Sultan. Son autorit\u00e9 \u00e9tait diminu\u00e9e et la Tunisie acquit ainsi une certaine ind\u00e9pendance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la Sublime Porte.<\/p>\n<p> La fonction de Capitan, chef de la marine, fut cr\u00e9\u00e9e, en Tunisie, en m\u00eame temps que celle de Bey, chef de l&rsquo;Arm\u00e9e. Cette derni\u00e8re fonction prit de plus en plus d&rsquo;importance, jusqu&rsquo;\u00e0 obtenir la r\u00e9alit\u00e9 du pouvoir sur le pays.<\/p>\n<p> Cependant, la Tunisie restait d\u00e9pendante de la Turquie, notamment la Marine qui resta plac\u00e9e sous les ordres du Sultan.<\/p>\n<p> De 1600 \u00e0 1666, ce fut une p\u00e9riode d&rsquo;affrontements entre les puissances europ\u00e9ennes et les corsaires des provinces ottomanes. Les Ra\u00efs mena\u00e7aient successivement les int\u00e9r\u00eats commerciaux de la France, de l&rsquo;Angleterre et de la Hollande. Ces nations, en perp\u00e9tuel conflit, \u00e9taient incapables d&rsquo;actions communes contre les commanditaires de cette Course. De leur c\u00f4t\u00e9, les autorit\u00e9s qui armaient les corsaires, prenaient soin de ne traiter qu&rsquo;avec une puissance \u00e0 la fois, afin de pouvoir poursuivre leurs entreprises agressives contre les autres, car la paix tarissait la source de leurs revenus.<\/p>\n<p> De plus, la coutume des cadeaux et pr\u00e9sents \u00e9chang\u00e9s lors de la signature de tout nouveau trait\u00e9, source de profits appr\u00e9ciables pour les Deys, favorisait la politique de l&rsquo;alternance des alliances.<\/p>\n<p> Ce fut donc une succession d&rsquo;affrontements et de paix bilat\u00e9rales \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, que chacun s&#8217;empressait de rompre pour favoriser ses int\u00e9r\u00eats maritimes.<\/p>\n<p> Si le XVII i\u00e8me si\u00e8cle fut une p\u00e9riode agit\u00e9e et troubl\u00e9e pour la Tunisie, ce pays ne connut cependant pas l&rsquo;anarchie, \u00e0 l&rsquo;instar de son voisin, l&rsquo;Alg\u00e9rie. Il avait un pass\u00e9 et des traditions qui ne sombr\u00e8rent pas avec la dynastie hafcide.<\/p>\n<p> Tunis devint une cit\u00e9 cosmopolite. Elle accueillit les musulmans, expuls\u00e9s d&rsquo;Espagne en 1609. Cette population, estim\u00e9e \u00e0 80.000 personnes, compl\u00e9t\u00e9e par des Orientaux immigr\u00e9s, adopta rapidement les coutumes tunisiennes. En \u00e9change, elle apporta une technique sup\u00e9rieure de la Course, dont les profits permirent l&#8217;embellissement de la ville.<\/p>\n<p> Mais, quelle que fut l&rsquo;importance de la Course pour l&rsquo;\u00e9conomie tunisienne, elle n&rsquo;acqu\u00eet jamais l&rsquo;envergure exclusive qu&rsquo;elle e\u00fbt dans la R\u00e9gence d&rsquo;Alger. Les n\u00e9cessit\u00e9s du n\u00e9goce et les relations internationales finirent m\u00eame par obliger le gouvernement \u00e0 en limiter les effets.<\/p>\n<p> En 1666, une nouvelle paix est sign\u00e9e entre la France et Alger. Les Fran\u00e7ais rentrent en possession de leurs comptoirs du Cap N\u00e8gre, qu&rsquo;ils avaient d\u00fb abandonner en 1637. L&rsquo;accalmie pour les Fran\u00e7ais signifia la temp\u00eate pour les autres nations chr\u00e9tiennes: Angleterre et Hollande. Le Fondouk des Fran\u00e7ais, b\u00e2ti en 1659, \u00e9tait alors le plus spacieux et le plus beau, car le consul de France prot\u00e9geait les commer\u00e7ants de toutes nationalit\u00e9s (\u00e0 l&rsquo;exception des ressortissants anglais et hollandais).<\/p>\n<p> En 1671, le bombardement d&rsquo;Alger et de B\u00f4ne par une escadre anglaise pr\u00e9cipita la chute des Pachas d&rsquo;Alg\u00e9rie, et la prise du pouvoir par un Ra\u00efs qui se proclama Dey. La Course reprit entre la France et les Etats \u00ab\u00a0barbaresques\u00a0\u00bb. Une nouvelle fois, les gens de Tunis expuls\u00e8rent les Fran\u00e7ais du Cap N\u00e8gre.<\/p>\n<p> En 1680, selon le sieur Dancour, qui le rapporte dans sa \u00ab\u00a0Relation d&rsquo;un voyage de Barbarie\u00a0\u00bb, la marine tunisienne ne comprenait que quatre gal\u00e8res et cinq vaisseaux, normalement bas\u00e9s \u00e0 Bizerte, avec lesquels elle courait les c\u00f4tes d&rsquo;Espagne et d&rsquo;Italie, tout en se maintenant \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de tout conflit avec le roi de France. En effet, entre temps, les relations franco-tunisiennes s&rsquo;\u00e9taient de nouveau normalis\u00e9es. Malheureusement, cette \u00e9poque de paix avec la France ne devait pas durer.<\/p>\n<p> Une nouvelle \u00e8re d&rsquo;affrontements commen\u00e7ait. La France fit intervenir Duquesne et son escadre \u00e0 plusieurs reprises, pour faire valoir ses droits. Plusieurs exp\u00e9ditions eurent lieu successivement contre Alger et Tripoli. Des trait\u00e9s furent sign\u00e9s en 1684 avec le Dey d&rsquo;Alger et le Pacha de Tripoli. La r\u00e9gence de Tunis, devant ces \u00e9venements, pr\u00e9f\u00e9ra renouveler ses anciens trait\u00e9s avec la France.<\/p>\n<p> A partir de 1690, les Etats europ\u00e9ens adopt\u00e8rent une nouvelle politique fond\u00e9e sur les \u00e9changes de cadeaux et de relations diplomatiques g\u00e9n\u00e9reuses pour \u00e9viter les affrontements. L&rsquo;id\u00e9e d\u00e9velopp\u00e9e pr\u00e9tendait que, bien pay\u00e9s, les Deys laisseraient le commerce s&rsquo;effectuer librement. En fait, ceux-ci profit\u00e8rent de ces nouvelles dispositions pour exercer un v\u00e9ritable chantage sur les Etats europ\u00e9ens. Les flottes corsaires voyaient leur r\u00f4le d&rsquo;instrument de menace, qu&rsquo;on appellerait aujourd&rsquo;hui \u00ab\u00a0dissuasion\u00a0\u00bb, s&rsquo;accro\u00eetre. Afin de maintenir la bonne harmonie entre la France et les cours de Tunis, Alger et Tripoli, les consuls devaient d\u00e9ployer des tr\u00e9sors d&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 et de diplomatie. Ils \u00e9taient mis en concurrence avec les repr\u00e9sentants de l&rsquo;Angleterre. Les Deys savaient parfaitement exploiter la situation.<\/p>\n<p> Cependant, cette nouvelle politique ne supprima pas les nombreux diff\u00e9rends et conflits qui intervinrent encore entre les Deys et les puissances europ\u00e9ennes, en d\u00e9pit des tentatives d&rsquo;actions communes qui furent conduites par la France et l&rsquo;Angleterre, au lendemain de la paix d&rsquo;Utrecht.<\/p>\n<p> De l&rsquo;av\u00e8nement de la Dynastie Husseinite (1705) \u00e0 1735.<\/p>\n<p> En 1705, Hussein Ben Ali (Bey de 1705 \u00e0 1735) prit le pouvoir. Il cumula alors les fonctions de Bey, de Dey et de Pacha, instaurant ainsi la Dynastie Husseinite qui se perp\u00e9tuera jusqu&rsquo;au XX i\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p> Le remplacement du r\u00e9gime des Deys par celui des Beys, n&rsquo;entra\u00eena pas de modifications notables dans le domaine de la Course: m\u00eame si, aux environs de 1725, la guerre de course connut un sensible affaiblissement, les relations demeur\u00e8rent tendues et meurtri\u00e8res.<\/p>\n<p> Sous Ali Pacha-Bey de 1735 \u00e0 1756<\/p>\n<p> L&rsquo;affaire de Tabarka :<\/p>\n<p> C&rsquo;est en 1741 que se situe l&rsquo;affaire de Tabarka.<\/p>\n<p> Les chr\u00e9tiens avaient \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s de Tamekart et d\u00e9port\u00e9s vers Tunis, tandis que leurs biens \u00e9taient confisqu\u00e9s. La France consid\u00e9ra que la paix avait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e et le roi ordonna d&rsquo;armer, \u00e0 Marseille, six grands vaisseaux de guerre qui devaient se diriger sur Tunis pour capturer tous les navires tunisiens qui tenteraient d&rsquo;entrer dans ce port ou d&rsquo;en sortir. Ce blocus ne modifia pas l&rsquo;attitude des autorit\u00e9s tunisiennes.<\/p>\n<p> Au m\u00eame moment, monsieur Fougasse, directeur du comptoir de La Calle, apprenait que la garnison, (d&rsquo;une centaine d&rsquo;hommes) qui gardait Tabarka \u00e9tait malade. L&rsquo;occasion lui parut bonne de venger la destruction du comptoir de Tamekart. Il \u00e9crivit dans ce sens \u00e0 l&rsquo;officier qui commandait les navires occup\u00e9s au blocus de Tunis. Ce coup de main sur l&rsquo;\u00eele devait humilier le Bey de Tunis, Ali Pacha.<\/p>\n<p> Le Marquis de Massiac, capitaine de vaisseau commandant la flotte devant Tunis, d\u00e9cida l&rsquo;op\u00e9ration et confia pour cela quelques fr\u00e9gates au lieutenant de vaisseau de Saurins-Murat. Le d\u00e9barquement eut lieu le soir m\u00eame.<\/p>\n<p> Rapidement, la troupe d\u00e9barqu\u00e9e se trouva en difficult\u00e9, et emprisonn\u00e9e, tandis que les fr\u00e9gates reprenaient le large apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 canonn\u00e9es depuis la c\u00f4te.<\/p>\n<p> Apprenant la nouvelle, le Marquis de Massiac proposa la paix \u00e0 Ali Pacha, en \u00e9change de la libert\u00e9 du lieutenant de vaisseau de Saurins et de sa troupe.<\/p>\n<p> La paix entre la France et Ali Pacha fut sign\u00e9e en 1742. Le roi de France d\u00e9signa un nouveau consul qui pr\u00e9senta, de sa part, de nombreux cadeaux au Bey. Ali Pacha d\u00e9cida d&rsquo;offrir en retour, un pr\u00e9sent au roi de France et choisit, parmi les plus grands officiers de sa cour, des commissaires extraordinaires qui furent charg\u00e9s de le lui apporter.<\/p>\n<p> Sous Mohammed-Bey de 1756 \u00e0 1759<\/p>\n<p> En 1756, les Alg\u00e9riens march\u00e8rent sur Tunis. Mohammed Bey voulut garantir Tunis contre toute attaque alg\u00e9rienne venant de la mer. Comme il ne disposait pas de forces navales suffisantes, il traita un arrangement avec Malte qui envoya trois vaisseaux, dont un de premier rang, pour rester au mouillage devant La Goulette, aussi longtemps que les Alg\u00e9riens ne se seraient pas \u00e9loign\u00e9s de Tunis. En \u00e9change, le Bey versait cent mille piastres et devait assurer les d\u00e9penses courantes des navires.<\/p>\n<p> Le Bey fut battu et les navires maltais se retir\u00e8rent, non sans enlever avec eux trois navires tunisiens richement charg\u00e9s de denr\u00e9es alimentaires.<\/p>\n<p> Sous Ali-Bey de 1759 \u00e0 1782<\/p>\n<p> La Course de 1764 \u00e0 1798<\/p>\n<p> Pendant ce temps la Course continuait d&rsquo;exercer ses activit\u00e9s \u00e0 partir des ports tunisiens.<\/p>\n<p> De 1764 \u00e0 1769, elle se faisait avec de petites unit\u00e9s. La plupart d&rsquo;entre elles \u00e9taient des galiotes, petits bateaux de 17 \u00e0 25 bancs . On trouvait m\u00eame des galiotes de six bancs arm\u00e9es par 15 hommes d&rsquo;\u00e9quipages. Ces petits navires ne devaient pas pouvoir se risquer bien loin. Durant cette m\u00eame p\u00e9riode le Beylik poss\u00e9dait encore deux gal\u00e8res de 24 et 23 bancs portant respectivement 350 et 300 hommes.<\/p>\n<p> Les Ra\u00efs provenaient, pour le plus grand nombre, du bassin oriental de la M\u00e9diterran\u00e9e ou d&rsquo;Albanie. Les Alg\u00e9riens et les Tunisiens \u00e9taient plus rares. Les Ra\u00efs, peu nombreux, pouvaient commander tour \u00e0 tour et suivant les circonstances, des navires tr\u00e8s diff\u00e9rents.<\/p>\n<p> Les armateurs \u00e9taient \u00e9galement assez peu nombreux et ce sont toujours les m\u00eames noms qui r\u00e9apparaissent. De 1764 \u00e0 1769 c&rsquo;est surtout le Beylik qui arme des corsaires, de 1783 \u00e0 1843 outre le Beylik, on retrouve essentiellement les Djellouli, les Ben Ayed, le saheb et-taba Youssef Khodja, Hadj Younes ben Younes, et Mohamed Khodja. Les proportions respectives des armements \u00e9taient:<\/p>\n<p> En 1790 en 1801 :<\/p>\n<p> Pour le Beylik 4 navires 12 navires<br \/> Pour les Djellouli 13 navires 7 navires<br \/> Pour les Ben Ayed 21 navires 12 navires<br \/> Pour Sahib et Taba 3 navires 9 navires<\/p>\n<p> Du point de vue du nombre de sorties, on rel\u00e8ve deux ann\u00e9es particuli\u00e8rement fastes pour la Course \u00e0 partir des ports tunisiens:<\/p>\n<p> Avec 47 sorties de navires, portant en tout 253 canons, dont 18 navires relevaient du Beylik.<\/p>\n<p> Avec 97 sorties de navires, portant en tout 1.052 canons.<\/p>\n<p> Bien qu&rsquo;il soit possible de retrouver les traces des activit\u00e9s des corsaires tunisiens jusqu&rsquo;en 1843, la Course prend fin, officiellement du moins, \u00e0 la mi-juillet 1816. A partir de cette date, les seuls navires qui apparaissent sur les registres des passeports comme quittant les ports de la R\u00e9gence sont munis de titres r\u00e9guliers, d\u00e9livr\u00e9s par le Beylik et affect\u00e9s \u00e0 des missions d\u00e9termin\u00e9es.<\/p>\n<p> Entre temps, l&rsquo;annexion de la Corse par la France, en \u00f4tant aux corsaires tunisiens des lieux de refuge commodes avait provoqu\u00e9 un conflit avec la r\u00e9gence de Tunis qui s&rsquo;\u00e9tait sold\u00e9, en 1770, par le bombardement massif de Bizerte et de Sousse, par une escadre royale. En 1771, la paix fut sign\u00e9e entre les deux nations, et une ambassade se rendit \u00e0 Versailles pour apporter les regrets du Bey \u00e0 Louis XV. Apr\u00e8s quoi le commerce avec Tunis se d\u00e9veloppa de fa\u00e7on harmonieuse.<\/p>\n<p> Le 25 mai 1777, un accord autorisa l&rsquo;implantation du premier consulat de France en Tunisie<\/p>\n<p> De la fin du XVIII i\u00e8me au d\u00e9but du XIX i\u00e8me si\u00e8cle :<\/p>\n<p> Cette p\u00e9riode fut faste pour la Marine tunisienne. Le Bey jouait des dissensions europ\u00e9ennes pour favoriser ses propres affaires. Il fit construire, \u00e0 cet effet, une flotte cons\u00e9quente et efficace.<\/p>\n<p> A la fin du XVIII i\u00e8me et au d\u00e9but du XIX i\u00e8me si\u00e8cle, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 qui r\u00e9gnait dans la M\u00e9diterran\u00e9e du fait de la guerre europ\u00e9enne, la flotte tunisienne connut un essor et une vigueur jamais atteints jusque-l\u00e0. Au d\u00e9but du XIX i\u00e8me si\u00e8cle, la Marine du bey comptait de 15 \u00e0 30 b\u00e2timents puissants. Le nombre de sorties en course approchait de cent en 1798 .<\/p>\n<p> Les Ra\u00efs tunisiens \u00e9taient capables d&rsquo;exploits spectaculaires tels que celui de l&rsquo;\u00eele Saint Pierre au cours duquel ces corsaires ramen\u00e8rent un millier d&rsquo;esclaves en cette m\u00eame ann\u00e9e, 1798. Ces derniers, hommes, femmes, enfants et vieillards avaient \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9s de nuit, dans leur ville. Ils repr\u00e9sentaient la quasi totalit\u00e9 de la population de cette petite \u00eele, situ\u00e9e au sud-ouest de la Sardaigne, qui fut pill\u00e9e puis d\u00e9truite par les corsaires apr\u00e8s qu&rsquo;ils eurent captur\u00e9 ses habitants.<\/p>\n<p> Sous Hamouda-Bey de 1782 \u00e0 1814<\/p>\n<p> Le 26 mars 1786, un trait\u00e9 \u00e9tait sign\u00e9 entre la Tunisie et les Etats-Unis d&rsquo;Am\u00e9rique, stipulant que tout bateau am\u00e9ricain entrant dans les eaux tunisiennes \u00e9tait plac\u00e9 sous la protection des canons des batteries c\u00f4ti\u00e8res dont la port\u00e9e \u00e9tait de trois milles.<\/p>\n<p> A la suite de la R\u00e9volution fran\u00e7aise de 1789, la marine de la R\u00e9publique \u00e9tant fort occup\u00e9e par les conflits europ\u00e9ens, le Bey de Tunis jugea l&rsquo;\u00e9poque propice \u00e0 une remise en cause des trait\u00e9s qui le liaient \u00e0 la France et conduisit des op\u00e9rations contre les int\u00e9r\u00eats de ce pays.<\/p>\n<p> Ces tentatives hostiles ayant \u00e9t\u00e9 r\u00e9prim\u00e9es, le Bey se vit contraint de signer un nouveau trait\u00e9 de paix avec la Convention fran\u00e7aise \u00e0 Tunis le 25 mai 1795.<\/p>\n<p> Jusqu&rsquo;alors, la R\u00e9gence s&rsquo;\u00e9tait engag\u00e9e \u00e0 ne pas pratiquer la Course dans une zone de trente milles au large des c\u00f4tes de France, contre les nations europ\u00e9ennes avec lesquelles elle \u00e9tait en guerre. Le nouveau trait\u00e9 modifia cette distance \u00e0 une port\u00e9e de canon.<\/p>\n<p> Une ambassade solennelle fut envoy\u00e9e en France par Hamouda-Bey en janvier 1797 pour sceller ce renouveau de l&rsquo;amiti\u00e9 franco-tunisienne. L&rsquo;ambassadeur tunisien \u00e9tait Mohammed-Khodjah, intendant de l&rsquo;arsenal de Tunis.<\/p>\n<p> En 1810, Hamouda Bey d\u00e9veloppa La Goulette et modernisa les installations. Il fit construire l&rsquo;arsenal et l&rsquo;organisa.<\/p>\n<p> La Marine tunisienne en 1810<\/p>\n<p> Au m\u00eame moment, la marine tunisienne se situait, du point de vue du nombre d&rsquo;unit\u00e9s, entre la marine alg\u00e9rienne et celle de Tripoli. Normalement stationn\u00e9e en hiver \u00e0 Porto-Farina, elle se rassemblait \u00e0 La Goulette avant de partir en course et ainsi peut \u00eatre d\u00e9nombr\u00e9e par un voyageur observateur. Les quinze \u00e0 trente b\u00e2timents, cit\u00e9s plus haut, se r\u00e9partissaient de la fa\u00e7on suivante:<\/p>\n<p> &#8211; Une fr\u00e9gate<\/p>\n<p> &#8211; Deux gros ch\u00e9beks<\/p>\n<p> &#8211; Quelques bricks et corvettes<\/p>\n<p> &#8211; Quelques petites pinques d&rsquo;origine napolitaine<\/p>\n<p> A cette marine de l&rsquo;Etat, il fallait ajouter vingt-quatre petits corsaires appartenant \u00e0 des particuliers, arm\u00e9s par quelques mauvais marins et encombr\u00e9s par autant de soldats que possible. Cette derni\u00e8re flotte connaissait une grande mis\u00e8re et \u00e9tait peu efficace.<\/p>\n<p> Contrairement \u00e0 la flotte alg\u00e9rienne, la flotte tunisienne respectait scrupuleusement les accords pass\u00e9s entre le Bey et les puissances \u00e9trang\u00e8res et n&rsquo;attaquait jamais les b\u00e2timents alli\u00e9s ou neutres.<\/p>\n<p> Apr\u00e8s cette p\u00e9riode faste de la marine de la R\u00e9gence, la flotte tunisienne, au lendemain de la paix europ\u00e9enne et de la prohibition de la Course, connut le d\u00e9but de sa p\u00e9riode de d\u00e9cadence.<\/p>\n<p> En effet, les nations europ\u00e9ennes qui n&rsquo;\u00e9taient plus occup\u00e9es par leurs guerres intestines pouvaient se d\u00e9cider \u00e0 contrecarrer les men\u00e9es des corsaires contre leur commerce maritime. Cette ambition \u00e9tait d&rsquo;autant plus facilement r\u00e9alisable que, quel que fut le nombre des unit\u00e9s de la Marine beylicale, celle-ci restait inf\u00e9rieure en potentiel aux marines nord-m\u00e9diterran\u00e9ennes et ne pouvait conduire que des op\u00e9rations de course qui ne r\u00e9sisteraient pas longtemps devant des forces disciplin\u00e9es et organis\u00e9es pour le combat naval.<\/p>\n<p> Enfin, s&rsquo;il est vrai que la perte de b\u00e2timents marchands pour un \u00e9tat europ\u00e9en \u00e9tait plus grave que celle d&rsquo;un petit corsaire tunisien de valeur insignifiante pour le Bey qui compensait celle-ci par la riche valeur des navires marchands captur\u00e9s, il suffisait aux escadres europ\u00e9ennes de s&rsquo;attaquer aux ports, bases et autres abris connus de ces corsaires pour les emp\u00eacher de nuire.<\/p>\n<p> Ainsi, les nations europ\u00e9ennes prenant conscience de leur sup\u00e9riorit\u00e9 militaire, envisag\u00e8rent-elles de modifier leur strat\u00e9gie et d&rsquo;imposer leur loi aux pays du sud de la M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n<p> <\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De la fin du XVI si\u00e8cle \u00e0 la fin du XVIII -De 1574 \u00e0 1594 -De 1594 \u00e0 1705, l&rsquo;av\u00e8nement de la dynastie husseinite -De 1735 \u00e0 1756, sous Ali Pacha Bey -De 1756 \u00e0 1759, sous Mohammed Bey -De 1759 \u00e0 1782, sous Ali Bey De la fin du XVIII si\u00e8cle au d\u00e9but du&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":23296,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[18],"tags":[],"class_list":["post-24262","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-histoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24262","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=24262"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24262\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":28224,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24262\/revisions\/28224"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23296"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=24262"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=24262"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=24262"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}