{"id":24264,"date":"2026-09-29T21:19:04","date_gmt":"2026-09-29T21:19:04","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=24264"},"modified":"2026-09-30T01:55:32","modified_gmt":"2026-09-30T01:55:32","slug":"les-juifs-dans-la-nation-tunisienne-par-olfa-ben-achour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-juifs-dans-la-nation-tunisienne-par-olfa-ben-achour\/","title":{"rendered":"LES JUIFS DANS LA NATION TUNISIENNE, par Olfa Ben Achour"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p><b><br \/> (1945-1961)<\/p>\n<p> Olfa BEN ACHOUR<\/p>\n<p> Olfa Ben Achour pr\u00e9pare une th\u00e8se d\u2019histoire sous la direction de Jacques Fr\u00e9meaux (Paris IV &#8211; Sorbonne). Elle pose ici les premi\u00e8res bases de ce travail, en soulignant les perspectives et les questionnements qui la guident. Sur un th\u00e8me d\u00e9j\u00e0 balis\u00e9 par d\u2019autres chercheurs, Olfa Ben Achour propose une approche qui semble originale et prometteuse, qui reste bel et bien l\u2019expression d\u2019une \u00ab\u00a0recherche en cours\u00a0\u00bb, annonce d\u2019un vaste travail bibliographique et de terrain qu\u2019il reste \u00e0 concr\u00e9tiser.<\/p>\n<p> Entamer une th\u00e8se sur \u00ab\u00a0Les Juifs dans la nation tunisienne\u00a0\u00bb pose tant la difficult\u00e9 que la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9tablir un lien entre une minorit\u00e9 faisant partie int\u00e9grante de l\u2019histoire tunisienne, bien que n\u2019ayant \u00ab\u00a0sans doute jamais repr\u00e9sent\u00e9 plus de 2% de la population du pays\u00a0\u00bb1, et la Tunisie, pays qui apprend \u00e0 devenir une nation entre 1945 et 1961. Traiter de ce lien am\u00e8ne \u00e0 aborder les diff\u00e9rents param\u00e8tres sociopolitiques qui ont largement contribu\u00e9 \u00e0 fragiliser le pr\u00e9sent ainsi que le devenir de cette minorit\u00e9 face \u00e0 une nation en voie de construction. En effet, l\u2019enchev\u00eatrement des \u00e9v\u00e9nements sociopolitiques \u00e0 l\u2019\u00e9chelle tunisienne et internationale a rendu plus complexe (et plus douloureux) ce lien, pourtant ancestral, unissant les Juifs \u00e0 la Tunisie.<\/p>\n<p> Le contexte tunisien et international a en effet contraint la communaut\u00e9 juive de Tunisie \u00e0 se positionner face \u00e0 des r\u00e9alit\u00e9s fort diff\u00e9rentes. D\u2019abord, avec l\u2019\u00e9mergence d\u2019une prise de conscience nationaliste musulmane s\u2019opposant au r\u00e9gime du protectorat et dont le but premier \u00e9tait d\u2019acqu\u00e9rir l\u2019ind\u00e9pendance totale de la Tunisie, la minorit\u00e9 juive se devait d\u2019avoir une attitude claire, d\u2019une part envers la France \u00e0 qui elle devait un certain nombre d\u2019acquis depuis l\u2019\u00e9tablissement de son protectorat en Tunisie, d\u2019autre part envers l\u2019ensemble de la population autochtone et musulmane qui luttait pour l\u2019ind\u00e9pendance. Ensuite les Juifs de Tunisie ont d\u00fb se positionner face \u00e0 l\u2019ampleur du mouvement sioniste dans le monde, dont l\u2019impact dans leur pays \u00e9tait notamment le r\u00e9sultat de l\u2019application des lois raciales de Vichy et des pers\u00e9cutions nazies lors du d\u00e9barquement allemand (novembre 1942- mai 1943).<\/p>\n<p> Par ailleurs, la question du lien entre la minorit\u00e9 juive et une nation tunisienne en voie de construction \u00e9tait intimement li\u00e9e \u00e0 un probl\u00e8me d\u2019identification chez les Juifs. Trois options s\u2019ouvraient \u00e0 eux. La premi\u00e8re aurait \u00e9t\u00e9 de s\u2019assimiler \u00e0 cette prise de conscience nationaliste, et donc d\u2019opter pour la terre de leurs anc\u00eatres, la Tunisie, et combattre l\u2019\u00e9l\u00e9ment colonisateur, la France, aux c\u00f4t\u00e9s de la population musulmane. La seconde aurait \u00e9t\u00e9 de revendiquer l\u2019appartenance \u00e0 la France, pays des Lumi\u00e8res et des droits de l\u2019Homme gr\u00e2ce auquel ils se sentaient prot\u00e9g\u00e9s des al\u00e9as politiques d\u2019un gouvernement beylical bas\u00e9 sur les principes d\u2019une religion musulmane auxquels ils ne se sont jamais sentis appartenir. Il restait comme troisi\u00e8me solution, enfin, de s\u2019orienter \u00e0 travers le sionisme, vers la terre d\u2019Isra\u00ebl, leur terre la plus lointaine.<\/p>\n<p> Toutes les contradictions de la population juive tunisienne se cristallisaient autour de ces interrogations qui devinrent extr\u00eames au cours de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, et dont la fin ne devait pas supprimer les incertitudes des Juifs face \u00e0 leur avenir en Tunisie. D\u00e9stabilis\u00e9s par ce que leurs coreligionnaires dans le monde avaient d\u00fb subir de la politique fasciste et par l\u2019horreur des camps d\u2019extermination nazis, les Juifs de Tunisie devaient se souvenir aussi des r\u00e9percussions du d\u00e9barquement allemand en Tunisie. Ils se sentirent \u00e9galement vis\u00e9s par la consolidation des nationalismes dans le monde arabe autour de la lutte des peuples contre la colonisation.<\/p>\n<p> Le sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 des minorit\u00e9s juives de l\u2019ensemble du monde arabe dont la position devenait particuli\u00e8rement vuln\u00e9rable avec l\u2019exacerbation de la question arabo-juive en Palestine a d\u00fb aussi probablement les gagner.<\/p>\n<p> La projection vers un ailleurs, un lent : d\u00e9tournement qu\u00eate identitaire<\/p>\n<p> Plus qu\u2019un \u00e9v\u00e9nement d\u2019ordre messianique ou politique, la proclamation le 14 mai 1948 de la cr\u00e9ation de l\u2019\u00c9tat d\u2019Isra\u00ebl, a pu constituer &#8211; pour une frange importante de la population juive &#8211; une r\u00e9ponse concr\u00e8te \u00e0 un \u00e9tat de questionnement existentiel manifeste au lendemain de la guerre. En effet, les d\u00e9chirements internes \u00e0 la communaut\u00e9 juive, r\u00e9sultat de la confrontation aigu\u00eb des id\u00e9ologies communiste, socialiste, sioniste (toutes tendances confondues), assimilationniste et nationaliste, cristallisaient la question exprim\u00e9e par F. Allouche d\u00e8s 1929 au nom des Juifs tunisiens : \u00ab\u00a0Sommes-nous des Tunisiens ?\u00a0\u00bb2.<\/p>\n<p> La question isra\u00e9lo-palestinienne puis la cr\u00e9ation de l\u2019\u00c9tat d\u2019Isra\u00ebl, en plus des tensions politiques et sociales intra-communautaires d\u2019apr\u00e8s-guerre dues essentiellement \u00e0 la radicalisation du mouvement national, enclenchent donc le d\u00e9tournement de bon nombre de Juifs tunisiens de leur environnement arabo-musulman. Peut-on parler de fissure psychologique, voire d\u2019un d\u00e9but de d\u00e9nationalisation ? Ce processus est perceptible de deux mani\u00e8res : d\u2019une part, par l\u2019accroissement de l\u2019audience sioniste en Tunisie qui contribue largement \u00e0 l\u2019activer ou r\u00e9activer des journaux et organisations sionistes, et la mise en place de souscriptions pour le d\u00e9veloppement \u00e9conomique du futur \u00c9tat d\u2019Isra\u00ebl et pour l\u2019\u00e9migration en Terre Sainte ; d\u2019autre part, d\u2019une mani\u00e8re latente, le militantisme sioniste tunisien, tr\u00e8s minoritaire mais encadr\u00e9 par les organisations internationales, cr\u00e9e au sein de la population juive un climat d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 qui permet, au fil du temps, de faire m\u00fbrir l\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00e9ventuel d\u00e9part vers \u00ab\u00a0un ailleurs\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p> \u00c0 ce stade de l\u2019histoire, l\u2019id\u00e9e d\u2019un avenir commun entre juifs et musulmans ne pouvait plus se dessiner sereinement. Une fraction de la communaut\u00e9 juive, \u00e0 la recherche d\u2019un compromis politique, adh\u00e9rait \u00e0 l\u2019id\u00e9ologie communiste et socialiste dont les principes de non-discrimination et de lutte contre l\u2019imp\u00e9rialisme lui permettait de cristalliser sa propre id\u00e9e du nationalisme. N\u00e9anmoins le programme nationaliste \u00e9tait bien l\u2019expression politique d\u2019un mouvement exclusivement musulman.<\/p>\n<p> Dans ce contexte de complexification du cheminement sociopolitique des Juifs de Tunisie et de leurs rapports avec les autres communaut\u00e9s, on peut s\u2019interroger sur l\u2019attitude des populations autochtones et des autorit\u00e9s politiques vis-\u00e0-vis de cette minorit\u00e9 de 1948 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance de la Tunisie en 1956. Comment l\u2019\u00e9migration juive fut-elle per\u00e7ue par les autorit\u00e9s fran\u00e7aises et tunisiennes ? Comment la connotation politique de certaines actions men\u00e9es par les associations sionistes en Tunisie (organisation des cotisations de shekels ainsi que des d\u00e9parts vers Isra\u00ebl) a-t-elle pu \u00eatre tol\u00e9r\u00e9e par ces m\u00eames autorit\u00e9s ? Quelle fut la participation des Juifs italiens de Tunisie aux actions sionistes, eux qui avaient v\u00e9cu sous les menaces fascistes, nazies et vichystes3, et dont la situation de privil\u00e8ge inh\u00e9rente aux conventions franco-italiennes de 1896 rendues caduques apr\u00e8s la guerre, avait \u00e9t\u00e9 de fait annul\u00e9e ?<\/p>\n<p> Il nous semble n\u00e9cessaire d\u2019associer diff\u00e9rentes questions \u00e0 ce contexte : celle des r\u00e9percussions de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale qu\u2019elles soient internes ou externes \u00e0 la Tunisie ; les retomb\u00e9es du conflit isra\u00e9lo-palestinien sur le monde arabe, l\u2019opinion publique en Tunisie face \u00e0 la naissance de l\u2019\u00c9tat d\u2019Isra\u00ebl ; l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration du processus de d\u00e9colonisation, en Tunisie et dans le Maghreb en g\u00e9n\u00e9ral ; les motivations vari\u00e9es des familles \u00e9migrantes issues de classes socio-g\u00e9ographiques diff\u00e9rentes ; enfin l\u2019attitude des nationalistes et la politique qu\u2019ils adopt\u00e8rent envers les Juifs avant et apr\u00e8s l\u2019accession de la Tunisie \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance. Aussi, la corr\u00e9lation entre l\u2019exode des Juifs de Tunisie et la quasi-disparition des communaut\u00e9s juives du monde arabe semblent-elles s\u2019inscrire dans un mouvement g\u00e9n\u00e9ral. Peut-on aller jusqu\u2019\u00e0 croire \u00e0 la peur d\u2019une r\u00e9gression possible au statut de dhimmi une fois la d\u00e9colonisation devenue effective ?<\/p>\n<p> Vers la d\u00e9sillusion et la rupture<\/p>\n<p> La perspective de l\u2019ind\u00e9pendance de la Tunisie, suscitant de mani\u00e8re pr\u00e9matur\u00e9e chez bon nombre de Juifs tunisiens une certaine nostalgie des privil\u00e8ges accord\u00e9s sous le protectorat fran\u00e7ais, leur faisait aussi craindre la perte des garanties que procurait un statut de \u00ab\u00a0prot\u00e9g\u00e9s\u00a0\u00bb. Ils n\u2019avaient en effet aucune certitude de pouvoir acc\u00e9der pleinement \u00e0 la citoyennet\u00e9 tunisienne sous le nouveau gouvernement. Cette situation ambigu\u00eb exacerbe en retour le sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et de m\u00e9fiance vis-\u00e0-vis du nouveau pouvoir politique impose l\u2019id\u00e9e du d\u00e9part. En 1956, environ 15 000 personnes seraient parties sur 25 000 qui s\u2019expatrient de l\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 19604.<\/p>\n<p> Certaines mesures gouvernementales jettent la confusion, exacerbant l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 juridique ressentie par la communaut\u00e9 juive : la promulgation du Code du statut personnel, en ao\u00fbt 19565, entra\u00eene la suppression du tribunal rabbinique de Tunis, le tribunal musulman ayant \u00e9galement \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9 ; le Conseil de la communaut\u00e9 Isra\u00e9lite est remplac\u00e9 par une nouvelle structure. Au sein de la communaut\u00e9, on ne sait pas si ces nouvelles dispositions ont \u00e9t\u00e9 \u00e9dict\u00e9es uniquement par souci d\u2019appliquer le droit commun \u00e0 tous ou si elles sont l\u2019occasion pour le gouvernement de contr\u00f4ler ses actions6. Ce trouble persiste malgr\u00e9 la nomination de magistrats tunisiens de confession juive dans les juridictions de droit commun7. Il s\u2019amplifie lorsque l\u2019article 1 de la Constitution de 1958 d\u00e9finit la Tunisie comme \u00ab\u00a0un \u00c9tat libre, ind\u00e9pendant, souverain, sa religion est l\u2019islam, sa langue est l\u2019arabe et son r\u00e9gime la R\u00e9publique\u00a0\u00bb. De m\u00eame, l\u2019article 37 pr\u00e9cise que \u00ab\u00a0le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique est le chef de l\u2019\u00c9tat, sa religion est l\u2019islam\u00a0\u00bb. Le paradoxe qui s\u2019instaure entre le souci d\u2019appliquer le droit commun et l\u2019\u00e9nonc\u00e9 de la Constitution tend \u00e0 renforcer la d\u00e9sapprobation de ces mesures par la communaut\u00e9 juive. Il r\u00e9v\u00e8le surtout une r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 appr\u00e9hend\u00e9e et exprim\u00e9e au milieu des ann\u00e9es vingt par l\u2019\u00e9lite intellectuelle juive : \u00ab\u00a0Que feront-ils donc les Juifs tunisiens dans votre nouvel \u00c9tat ? Puisque pour vous, nationalit\u00e9 et religion ne sont qu\u2019un ? (\u2026) Que seront-ils les Juifs dans notre organisation ? Allez-vous leur imposer d\u2019\u00eatre jug\u00e9s selon votre loi religieuse ?8\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p> Est-ce \u00e0 dire que les nationalistes musulmans n\u2019ont pas pris en consid\u00e9ration cette ancienne crainte ? Ou bien l\u2019id\u00e9e de faire participer les Juifs \u00e0 la direction du pays \u00e9tait-elle trop pr\u00e9matur\u00e9e pour une action nationaliste longtemps \u00e9touff\u00e9e par le protectorat et impatiente de prendre en main son avenir ? Est-ce plut\u00f4t \u00ab\u00a0le pass\u00e9 de la communaut\u00e9 dans sa complexit\u00e9 et son ambigu\u00eft\u00e9, sa d\u00e9culturation et son acculturation\u00a0\u00bb9, ainsi que le r\u00f4le du conflit isra\u00e9lo-arabe dans la r\u00e9affirmation d\u2019une identit\u00e9 arabo-musulmane et juive, qui constituent alors des \u00e9l\u00e9ments d\u00e9favorables \u00e0 la participation des Juifs tunisiens dans la construction d\u2019une nouvelle Tunisie ?<\/p>\n<p> Toujours est-il que les premi\u00e8res transformations juridiques op\u00e9r\u00e9es par le gouvernement r\u00e9publicain ne semblent pas correspondre aux attentes de cette minorit\u00e9. S\u2019y adjoint en outre une discrimination inh\u00e9rente au favoritisme qui se dessine au b\u00e9n\u00e9fice de la population musulmane : P. Sebag note que \u00ab\u00a0toutes les fois qu\u2019il s\u2019agissait de pourvoir \u00e0 un poste de direction, seules les candidatures musulmanes \u00e9taient prises en compte\u00a0\u00bb10. Cet \u00e9tat de fait suffit \u00e0 discr\u00e9diter l\u2019id\u00e9e selon laquelle le gouvernement ind\u00e9pendant consid\u00e8rerait les Juifs comme des nationaux \u00e0 part enti\u00e8re. Cette discrimination reste \u00e0 \u00e9tudier dans le droit et dans les faits. Elle pourrait s\u2019\u00eatre \u00e9tendue au secteur commercial, pour les autorisations administratives concernant les licences d\u2019importation et l\u2019octroi de cr\u00e9dits bancaires, de mani\u00e8re plus importante qu\u2019il n\u2019y para\u00eet de prime abord.<\/p>\n<p> Si des milliers de Juifs partent au lendemain de l\u2019ind\u00e9pendance, la Tunisie n\u2019aura toutefois pas \u00e9t\u00e9 la seule source de leur d\u00e9sillusion. De nombreux \u00e9migrants tentent l\u2019exp\u00e9rience du sionisme, puis font des demandes de rapatriement apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s \u00e0 des difficult\u00e9s d\u2019int\u00e9gration dans un \u00c9tat encore embryonnaire et au sein d\u2019une population ashk\u00e9naze hostile aux valeurs juda\u00efques nord-africaines.<\/p>\n<p> La relance du mouvement migratoire d\u00e8s 195411, l\u2019ann\u00e9e des n\u00e9gociations franco-tunisiennes pour l\u2019autonomie interne de la Tunisie, rend n\u00e9cessaire l\u2019examen des mesures adopt\u00e9es pour l\u2019int\u00e9gration de la minorit\u00e9 juive tunisienne \u00e0 la nouvelle nation, et l\u2019analyse des parcours des membres de la communaut\u00e9 d\u00e8s la fin de la deuxi\u00e8me guerre mondiale et jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance de la Tunisie. Les bonnes intentions des N\u00e9o-destouriens vis-\u00e0-vis de la communaut\u00e9 juive, exprim\u00e9es dans les accords franco-tunisiens de juin 1955 sont salu\u00e9s par la majorit\u00e9 des Juifs en Tunisie et en France12. \u00c9manaient-elles cependant d\u2019une conviction profonde aussi bien chez les musulmans que chez les Juifs ? Peut-on \u00e9voquer l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une pression exerc\u00e9e par le gouvernement de Pierre Mend\u00e8s France sur les dirigeants nationalistes pour que soit envisag\u00e9e la participation des Juifs dans le nouveau gouvernement tunisien ?<\/p>\n<p> Comment croire en la fiabilit\u00e9 d\u2019un discours nationaliste qui, d\u2019une part, cultive les principes de citoyennet\u00e9 et de la\u00efcit\u00e9 et pr\u00f4ne l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre tous les Tunisiens sans distinction de confession ; et qui, d\u2019autre part, d\u00e9finit la Tunisie comme \u00e9tant un pays arabo-musulman ? Comment croire aussi en l\u2019unicit\u00e9 des aspirations de la communaut\u00e9 juive, elle-m\u00eame d\u00e9chir\u00e9e par des id\u00e9ologies diff\u00e9rentes ?<\/p>\n<p> B. Slama \u00e9voque la d\u00e9sillusion ressentie chez de nombreux Juifs d\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance de la Tunisie : \u00ab\u00a0Les ann\u00e9es qui ont suivi l\u2019ind\u00e9pendance ont \u00e9t\u00e9 pour moi une p\u00e9riode d\u2019enthousiasme, de projets, de travail, d\u2019esp\u00e9rances mais aussi de difficult\u00e9s et de d\u00e9ceptions. Je r\u00eavais, comme beaucoup d\u2019autres, d\u2019une vie nouvelle o\u00f9 nous participerions \u00e0 la construction d\u2019un pays ind\u00e9pendant et d\u00e9mocratique. Non plus seulement lutter contre mais agir pour. C\u2019\u00e9tait une utopie de plus : une fois encore, celle d\u2019avoir une place d\u2019acteur\u00a0\u00bb13. Ind\u00e9niablement, cette d\u00e9sillusion ne touche pas de la m\u00eame mani\u00e8re toutes les fractions de la population juive qui sont d\u00e9j\u00e0 divis\u00e9es entre militants du Parti communiste tunisien ou du N\u00e9o-Destour de Bourguiba, et d\u00e9fenseurs de la pr\u00e9sence fran\u00e7aise. L\u2019effondrement de l\u2019image d\u2019une Tunisie juste envers tous ses nationaux touche plus particuli\u00e8rement ceux qui ont lutt\u00e9 pour l\u2019ind\u00e9pendance et qui ont connu aux c\u00f4t\u00e9s des musulmans des sanctions et des peines d\u2019emprisonnement14.<\/p>\n<p> Les tensions politiques aigu\u00ebs dans un Maghreb en cours de d\u00e9colonisation et dans le monde arabe en g\u00e9n\u00e9ral, font craindre \u00e0 la population juive le retour \u00e0 un pass\u00e9 tr\u00e8s proche o\u00f9 le statut de dhimmi \u00e9tait encore en vigueur. La d\u00e9colonisation acc\u00e9l\u00e9ra les vagues migratoires vers la France et vers Isra\u00ebl. Le d\u00e9part pr\u00e9cipit\u00e9 des Fran\u00e7ais de Tunisie, notamment apr\u00e8s la crise de Bizerte en 1961, donne une impulsion suppl\u00e9mentaire. \u00c0 la fois complices et victimes de l\u2019histoire ou de leur propre histoire, en quittant la Tunisie, les Juifs \u00ab\u00a0mettaient fin \u00e0 deux mille ans d\u2019histoire et renouaient avec la mal\u00e9diction du juif errant qu\u2019ils s\u2019\u00e9taient efforc\u00e9 de conjurer\u00a0\u00bb15.<\/p>\n<p> Ici encore nos recherches devront r\u00e9pondre \u00e0 un certain nombre de questions. \u00c0 quel rythme cet exode s\u2019est-il d\u00e9roul\u00e9 ? Comment est-il v\u00e9cu par les Juifs et per\u00e7u par les autorit\u00e9s tunisiennes ? Les motivations de d\u00e9part sont-elles les m\u00eames pour chaque groupe social ? Quel devait \u00eatre le devenir des Juifs &#8211; tr\u00e8s peu nombreux &#8211; qui ont choisi de demeurer en Tunisie ?<\/p>\n<p> Questions m\u00e9thodologiques<\/p>\n<p> et perspectives de recherche<\/p>\n<p> Comprendre cette histoire, devrait nous permettre d\u2019appr\u00e9hender les diff\u00e9rentes approches que l\u2019on a pu en avoir, qu\u2019elles soient cognitives, pol\u00e9miques, m\u00e9morielles, etc. C\u2019est aussi acqu\u00e9rir la ma\u00eetrise d\u2019une d\u00e9marche m\u00e9thodologique dont la question de la p\u00e9riodisation est l\u2019un des principaux axes. En effet, la r\u00e9flexion sur l\u2019histoire des Juifs de Tunisie ne peut \u00eatre dissoci\u00e9e de l\u2019histoire m\u00eame du peuple tunisien dans sa longue lutte contre le colonialisme et dans ses rapports avec le monde politique international.<\/p>\n<p> En m\u00eame temps, on cherchera \u00e0 la mettre en relation avec l\u2019histoire de leur communaut\u00e9 qui fonctionnait autour de r\u00f4les politiques et \u00e9conomiques en rapports \u00e9troits avec l\u2019\u00c9tat. Dans ce sens le terme \u00ab\u00a0communaut\u00e9\u00a0\u00bb renvoie aux anciennes notions h\u00e9bra\u00efques de kahal (ou Kehila), c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 un groupe de personnes minoritaires, constituant une v\u00e9ritable administration et jouissant d\u2019une certaine autonomie interne. Cependant, ce terme est impropre dans la mesure o\u00f9 deux communaut\u00e9s juives ont exist\u00e9 en Tunisie : l\u2019une tunisienne (touansa), l\u2019autre livournaise (grana). Elles vivaient d\u2019une mani\u00e8re s\u00e9par\u00e9e en raison de leurs sp\u00e9cificit\u00e9s historiques et de leurs diff\u00e9rences<br \/> culturelles ; la premi\u00e8re \u00e9tait fortement impr\u00e9gn\u00e9e de l\u2019environnement arabo-musulman ; la seconde \u00e9tait attach\u00e9e \u00e0 des valeurs italiennes et \u00e0 un mode de vie occidental. Les questions de d\u00e9finition du lien communautaire restent donc encore en suspens.<\/p>\n<p> Appr\u00e9hender l\u2019histoire des Juifs dans la nation tunisienne est un travail qui demande une vigilance constante \u00e9tant donn\u00e9 les rapports entre le particulier et le g\u00e9n\u00e9ral, entre l\u2019intrins\u00e8que et l\u2019extrins\u00e8que, et la complexit\u00e9 historique et culturelle de cette minorit\u00e9. En \u00e9tudier l\u2019histoire dans un contexte de \u00ab\u00a0soul\u00e8vement\u00a0\u00bb des nationalismes arabes et tenter de mesurer le sens de son appartenance au concept de la nation rendent difficile la p\u00e9riodisation. Comment dissocier entre des p\u00e9riodes qui s\u2019imposent d\u2019elles-m\u00eames et celles qui doivent \u00eatre n\u00e9cessairement \u00e9tablies pour une meilleure compr\u00e9hension du sujet ?<\/p>\n<p> Un d\u00e9coupage en trois tranches nous para\u00eet correspondre \u00e0 une construction motiv\u00e9e par la p\u00e9riode 1945-1961, soit de l\u2019apr\u00e8s guerre imm\u00e9diate au d\u00e9nouement de la crise de Bizerte. Les ann\u00e9es 1945 \u00e0 1948 sont celles des r\u00e9percussions d\u2019apr\u00e8s-guerre qui vont crescendo jusqu\u2019\u00e0 la cristallisation des tensions internationales autour de la question isra\u00e9lo-palestinienne. Aussi l\u2019espoir de la cr\u00e9ation de l\u2019\u00c9tat d\u2019Isra\u00ebl appara\u00eet-il pour une fraction importante de la population juive tunisienne, comme une premi\u00e8re \u00e9chappatoire face \u00e0 une profonde d\u00e9ception de la France de Vichy et \u00e0 ses appr\u00e9hensions face \u00e0 l\u2019avenir.<\/p>\n<p> Entre 1948 et 1954, est atteint le point de non-retour pour une minorit\u00e9 qui s\u2019est d\u00e9j\u00e0 projet\u00e9e dans un \u00ab\u00a0ailleurs\u00a0\u00bb, alors qu\u2019elle reste tiraill\u00e9e entre le rappel de ses \u00ab\u00a0racines\u00a0\u00bb et la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une rupture avec cet enracinement. Les raisons en sont \u00e0 rechercher, entre autres, dans les nouvelles r\u00e9alit\u00e9s socio-politiques et \u00e9conomiques mat\u00e9rialis\u00e9es par la d\u00e9claration de l\u2019autonomie interne de la Tunisie en 1954.<\/p>\n<p> Enfin, la p\u00e9riode 1954-1961 que l\u2019on qualifiera de phase finale est celle o\u00f9, comme l\u2019a d\u00e9montr\u00e9 A. Allagui16, les d\u00e9parts des Juifs de Tunisie connaissent une relance sans pr\u00e9c\u00e9dent notamment entre 1954 et 1956, et encore en 1960, dans un contexte d\u2019ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p> Tenant compte, \u00e0 la fois, du probl\u00e8me de d\u00e9finition du concept de \u00ab\u00a0communaut\u00e9\u00a0\u00bb et de celui de la p\u00e9riodisation, nous envisageons de croiser deux approches. En premier lieu, on traitera des archives \u00e9crites qui demandent un travail analytique et on les recoupera avec diff\u00e9rentes sources ayant un lien direct ou indirect avec le sujet. Ensuite, on adoptera la d\u00e9marche qui consiste \u00e0 donner la parole \u00e0 un certain nombre de personnes, juives et non juives, ayant un v\u00e9cu et un regard susceptible d\u2019enrichir le champ des investigations. En effet, l\u2019apport des acteurs s\u2019impose \u00e0 nous dans la mesure o\u00f9 une bonne partie des sources relatives aux ann\u00e9es 1950 est encore inaccessible, r\u00e9serv\u00e9es par les services archivistiques fran\u00e7ais et tunisiens ou non communiqu\u00e9es par les familles qui les d\u00e9tiennent. Par exemple, une quantit\u00e9 non n\u00e9gligeable des archives des anciennes \u0153uvres juives de Tunisie est encore en la possession des descendants des anciens dirigeants. Ind\u00e9niablement, ce type d\u2019approche n\u00e9cessite une grande vigilance, en raison de la subjectivit\u00e9 de la m\u00e9moire des acteurs, et un travail d\u2019interaction constante entre les diff\u00e9rentes sources orales et \u00e9crites. Nonobstant cette difficult\u00e9, les t\u00e9moignages oraux sont \u00e0 consid\u00e9rer dans leur originalit\u00e9 car \u00e9tant vivants ils permettent d\u2019appr\u00e9hender la vie quotidienne de l\u2019\u00e9poque, le v\u00e9cu des individus et de leur temps : dans cette perspective, il s\u2019agit d\u2019abord de \u00ab\u00a0retrouvailles\u00a0\u00bb de \u00ab\u00a0re-m\u00e9moration\u00a0\u00bb : de rendre visible ce qui avait \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9 ou perdu\u00a0\u00bb17.<\/p>\n<p> Gr\u00e2ce \u00e0 un travail qui pourrait \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 avec des associations communautaires juives implant\u00e9es en France, un parcours original pourrait \u00eatre trac\u00e9 entre les deux rives de la M\u00e9diterran\u00e9e. Une recherche sur les deux terrains pourrait servir de jonction entre ceux qui sont partis et ceux qui sont rest\u00e9s. Cette forme d\u2019asym\u00e9trie enrichirait non seulement le savoir sur le juda\u00efsme tunisien en terre d\u2019islam, mais aussi reconstituerait une part non n\u00e9gligeable de la mosa\u00efque qui caract\u00e9rise l\u2019histoire tunisienne.<\/p>\n<p> Aujourd\u2019hui, la Tunisie compte environ 2 000 Juifs dont pr\u00e8s de la moiti\u00e9 se trouve \u00e0 Tunis, l\u2019autre sur l\u2019\u00eele de Djerba qui est assur\u00e9ment le lieu o\u00f9 la communaut\u00e9 juive a \u00e9t\u00e9 et demeure la plus ancr\u00e9e dans des traditions juda\u00efques. Elle a \u00e9t\u00e9 seule en particulier \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 l\u2019assimilation fran\u00e7aise en refusant l\u2019implantation d\u2019une \u00e9cole de l\u2019Alliance isra\u00e9lite sur l\u2019\u00eele. Il existe encore \u00e0 Djerba des yeshivot (\u00e9coles juives), ainsi que des synagogues dont la plus c\u00e9l\u00e8bre est la Ghriba.<\/p>\n<p> Une \u00e9tude anthropologique de terrain y a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e en 1978 et 1979, par L. Valensi et A.-L. Udovitch afin de tenter de \u00ab\u00a0comprendre le paradoxe d\u2019une communaut\u00e9 si intens\u00e9ment, si compl\u00e8tement juive, et en m\u00eame temps si profond\u00e9ment int\u00e9gr\u00e9e dans son environnement nord-africain et musulman\u00a0\u00bb18. Ses auteurs reconnaissent cependant le caract\u00e8re inachev\u00e9 de leur enqu\u00eate qui requiert d\u2019\u00eatre compl\u00e9t\u00e9e par d\u2019autres chercheurs : leur r\u00f4le serait d\u2019occuper la position sym\u00e9trique \u00e0 celle que les fronti\u00e8res religieuses et ethniques ont d\u00fb leur imposer19.<\/p>\n<p> Pour ma part, n\u2019ayant pas un champ d\u2019\u00e9tudes en anthropologie sociale et culturelle, je ferai l\u2019hypoth\u00e8se que les \u00ab\u00a0fronti\u00e8res religieuses et ethniques\u00a0\u00bb n\u2019interdisent pas d\u2019occuper cette \u00ab\u00a0position sym\u00e9trique\u00a0\u00bb : il ne s\u2019agit pas de p\u00e9n\u00e9trer l\u2019espace socioculturel de cette minorit\u00e9 dans sa vie quotidienne et ses rituels, mais de faire parler sa m\u00e9moire d\u2019un temps qui, d\u2019une certaine mani\u00e8re, est r\u00e9volu. Ainsi, une enqu\u00eate, aussi bien \u00e0 Djerba qu\u2019\u00e0 Tunis, devrait enrichir notre travail \u00e0 travers les diff\u00e9rents t\u00e9moignages que nous pourrons recueillir sur la p\u00e9riode 1945-1961. Nous tenterons ainsi de mesurer les rapports entre les deux communaut\u00e9s juive et musulmane, notamment dans les p\u00e9riodes de crise (relatives, par exemple, aux retomb\u00e9es du conflit isra\u00e9lo-palestinien en Tunisie et aux d\u00e9buts des n\u00e9gociations franco-tunisiennes pour l\u2019ind\u00e9pendance de la Tunisie), de mesurer la participation des deux communaut\u00e9s \u00e0 la lutte nationaliste, la perception de chaque communaut\u00e9 pour l\u2019autre ; et d\u2019autres aspects restent \u00e0 aborder et \u00e0 d\u00e9couvrir sur le terrain. Nous envisageons d\u2019effectuer la m\u00eame d\u00e9marche en Isra\u00ebl et en France, o\u00f9, \u00e0 l\u2019heure actuelle, des t\u00e9moins concern\u00e9s directement par certains aspects de notre sujet et par des axes cruciaux de la p\u00e9riode 1945-1961 peuvent nous aider \u00e0 d\u00e9chiffrer diff\u00e9rentes sources \u00e9crites.<\/p>\n<p> Retrouver les Juifs de Tunisie hors des limites nationales tunisiennes, les interroger sur les circonstances de leur d\u00e9part, la nature des liens qu\u2019ils ont gard\u00e9sdevrait \u00eatre apr\u00e8s leur exil et tenter de suivre une part de leur parcours notamment en Isra\u00ebl, l\u2019un des volets les plus passionnants de notre sujet. Nous aurons notamment \u00e0 \u00e9tablir le lien entre deux pays \u00e9loign\u00e9s, g\u00e9ographiquement et historiquement, \u00e0 travers une population qui se r\u00e9clame aussi de deux pays, de deux histoires.<\/p>\n<p> Si l\u2019histoire des Juifs de Tunisie est intrins\u00e8que \u00e0 l\u2019histoire m\u00eame de ce pays, l\u2019histoire de la Tunisie ne peut \u00eatre extrins\u00e8que \u00e0 celle de ses communaut\u00e9s qui sont partie int\u00e9grante d\u2019elle dans son cheminement social, \u00e9conomique et politique. Comme l\u2019a si bien exprim\u00e9 L. Valensi, il s\u2019agit de contribuer \u00e0 rassembler les fragments d\u2019une mosa\u00efque tunisienne dans laquelle les Juifs parmi d\u2019autres communaut\u00e9s (maltaise, sicilienne, grecque, fran\u00e7aise, etc.) s\u2019imbriquent, contribuant \u00e0 son harmonie.<\/p>\n<p> Tenter de rendre lisible une part de cette mosa\u00efque et de saisir le fil conducteur des \u00e9l\u00e9ments qui l\u2019ont amput\u00e9e \u00e0 son environnement sera l\u2019une des t\u00e2ches fondamentales de ce travail. Aussi, \u00e9tudier l\u2019histoire de la Tunisie \u00e0 travers le regard de l\u2019un de ses groupes socio-ethnique serait un compl\u00e9ment original \u00e0 ce qui n\u2019est jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent qu\u2019une lecture restreinte d\u2019une histoire tunisienne particuli\u00e8re et complexe.<br \/> <\/b><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.crif-marseilleprovence.com\/\">http:\/\/www.crif-marseilleprovence.com\/<\/a>\u00a0 <\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(1945-1961) Olfa BEN ACHOUR Olfa Ben Achour pr\u00e9pare une th\u00e8se d\u2019histoire sous la direction de Jacques Fr\u00e9meaux (Paris IV &#8211; Sorbonne). Elle pose ici les premi\u00e8res bases de ce travail, en soulignant les perspectives et les questionnements qui la guident. 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