{"id":2440,"date":"2016-09-15T16:40:24","date_gmt":"2016-09-15T16:40:24","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2440"},"modified":"2016-09-15T00:31:23","modified_gmt":"2016-09-15T00:31:23","slug":"souvenir-de-la-ville-arabe-de-sfax-en-1956-par-victor-jean-claude-cohen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/souvenir-de-la-ville-arabe-de-sfax-en-1956-par-victor-jean-claude-cohen\/","title":{"rendered":"SOUVENIR DE LA VILLE ARABE DE SFAX EN 1956, par Victor Jean Claude Cohen"},"content":{"rendered":"<p>\n\tSOUVENIR DE LA VILLE ARABE DE SFAX EN 1956<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tpar Victor Jean Claude Cohen<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\tSOUVENIR DE LA VILLE ARABE DE SFAX EN 1956<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tpar Victor Jean Claude Cohen<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tNotre appartement avait une grande terrasse, avec une magnifique vue sur les remparts de la ville arabe de Sfax.<\/p>\n<p>\tOn pouvait apercevoir au bas de l&rsquo;immeuble cot&eacute; terrasse un magnifique boulevard bord&eacute; de palmiers tout le long des trottoirs.<\/p>\n<p>\tLes odeurs agr&eacute;ables des jasmins, pois de senteurs et des &oelig;illets plant&eacute;s sur les abords des remparts de la ville arabe envahissaient notre terrasse.<\/p>\n<p>\tCes odeurs, pourtant famili&egrave;res, aiguisaient &agrave; chaque fois mes sensations olfactives, je les respirais &agrave; pleins poumons sans jamais &ecirc;tre rassasi&eacute;s.<\/p>\n<p>\tNotre terrasse &eacute;tait &eacute;loign&eacute;e d&rsquo;&agrave; peine trois cent m&egrave;tres des remparts de la ville arabe, qui &eacute;tait le th&eacute;&acirc;tre quotidien des effervescences de la ville.<\/p>\n<p>\tMais ce qui m&rsquo;impressionnait le plus, c&rsquo;&eacute;tait la maison ou j&rsquo;habitais, &agrave; la rue d&rsquo;Ath&egrave;nes, un immeuble unique en son genre dans cette ville de Sfax, dot&eacute;e d&rsquo;une architecture baroque, m&eacute;connue dans cette ville.<\/p>\n<p>\tLa fa&ccedil;ade &eacute;tait truff&eacute;e de corniches, de statues repr&eacute;sentants des ch&eacute;rubins, des dragons, des gros volatiles, des bustes de personnages &eacute;tonnants, de couronnes de fleurs et plantes, le tout sculpt&eacute; dans la pierre ou moul&eacute; dans la mati&egrave;re.<\/p>\n<p>\tCet immeuble appartenait &agrave; une famille d&rsquo;origine maltaise, la famille SPITERI, famille, apparemment bourgeoise et certainement ais&eacute;e, en tous cas de tr&egrave;s braves gens.<\/p>\n<p>\tCertainement que cet immeuble a &eacute;t&eacute; construit par les a&iuml;eux de cette famille, car j&rsquo;ai aper&ccedil;u lors d&rsquo;un voyage a La Valette a Malte, quelques immeubles de ce style.<\/p>\n<p>\tSfax est la capitale du sud de la Tunisie, s&rsquo;y dresse de hauts et imposants remparts semblants rassur&eacute;s les habitants, ces murailles t&eacute;moignent d&rsquo;une ancienne fortification contre les pirates.<\/p>\n<p>\tLa ville europ&eacute;enne cit&eacute; moderne &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieure des remparts fut gagn&eacute;e petit &agrave; petit sur la mer de par de gravois des chantiers et des d&eacute;molitions sur le littoral, et aussi, de par un glissement de terrain lent et naturel des terres vers la mer.<\/p>\n<p>\tL&rsquo;int&eacute;rieur des remparts est appel&eacute; &laquo; ville arabe &raquo;, nom d&ucirc; aux nombreux souks qui s&rsquo;y trouvent, mais aussi &agrave; sa grande mosqu&eacute;e et &agrave; ses habitants en majorit&eacute; arabes musulmans.<\/p>\n<p>\tDans l&rsquo;antiquit&eacute; la ville &eacute;tait appel&eacute;e Taparoura, les romains chang&egrave;rent le nom en Syphax et plus tard, elle prit le nom de Sfax.<\/p>\n<p>\tLe soleil y brille en permanence presque toute l&rsquo;ann&eacute;e donnant une forte clart&eacute; &agrave; cette ville aux couleurs claires.<\/p>\n<p>\tSon grand port sert surtout, &agrave; l&rsquo;exportation de l&rsquo;huile d&rsquo;olive, car les alentours de cette ville, sont dot&eacute;s a plusieurs kilom&eacute;tr&eacute;s a la ronde d&#39;innombrables arbres d&#39;oliviers, mais aussi au phosphate venant de la ville voisine de Gafsa, situ&eacute;e &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur des terres ou s&#39;y trouve plusieurs mines de ce fertilisant.<\/p>\n<p>\tCette ville poss&egrave;de du cot&eacute; europ&eacute;en, des grands boulevards bord&eacute;s de palmiers, une gare desservant les principales villes telles que Gafsa, Gabes, Sousse et Tunis.<\/p>\n<p>\tIl y &agrave; dans cette ville aussi quelques immeubles diss&eacute;min&eacute;s &ccedil;a et l&agrave;, qui ont une l&rsquo;architecture orientale unique en son genre et tr&egrave;s typique.<\/p>\n<p>\tLeurs fa&ccedil;ades g&eacute;om&eacute;triques sont construites d&rsquo;un m&eacute;lange de pierres de tailles de couleurs vieux rose, centr&eacute;s sur des pourtours de murs blancs immacul&eacute;s &agrave; la chaux qui contrastent subtilement avec des touches de tuiles de terre cuite empaill&eacute;s en vert &eacute;meraude pos&eacute;es au dessus des corniches bordant les hauts de murs des enceintes des immeubles.<\/p>\n<p>\tCette architecture est typique &agrave; la ville de Sfax, les plus fameux b&acirc;timents arch&eacute;types sont, la municipalit&eacute; avec son horloge au clocher inspir&eacute; des minarets de mosqu&eacute;es, son immeuble voisin le palais Ben-Ramdane et ses fameuses arcades ainsi que le march&eacute; central de la ville.<\/p>\n<p>\tCette ville de bord de mer, d&eacute;gage en permanence des odeurs, dans les diff&eacute;rents endroits ou l&rsquo;on s&rsquo;y trouve ; ces fragrances se d&eacute;placent aux gr&egrave;s des vents se d&eacute;ployant par rapport aux temps et aux saisons tels que, les jasmins d&eacute;gageant leurs odeurs en fin d&rsquo;apr&egrave;s midi, ou celle de l&rsquo;iode venants des produits marins &agrave; s&eacute;cher, &eacute;tal&eacute;s sur le sol des terres pleins des bords de mers par les p&eacute;cheurs, tel que les poulpes et les &eacute;ponges de mer.<\/p>\n<p>\tIl y r&egrave;gne une nu&eacute;e de parfums des fleurs pr&eacute;sentent en permanence de partout, les pois de senteurs, les &oelig;illets ou celle des roses aux subtiles et diff&eacute;rentes ar&ocirc;mes des multiples vari&eacute;t&eacute;s.<\/p>\n<p>\tOn y sent aussi, les grasses odeurs des huiles d&rsquo;olives et des grignons d&rsquo;olives quand on n&rsquo;est pas loin des usines &agrave; huile ou &agrave; savon.<\/p>\n<p>\tAu souk de la ville arabe avec son &eacute;ternel air de f&ecirc;te, les odeurs des &eacute;pices exotiques sur les &eacute;tals color&eacute;s vous enivrent, il y &agrave; des gros tas en pyramide de cumin, du henn&eacute;, de la cannelle, du carvi, du curcuma, de la muscade, du macis, de l&rsquo;anis, du fenouil, des clous de girofle, de la cardamome, du safran, de la nigelle, des graines de pavot, les diff&eacute;rents poivre en grains ou moulu, les couronnes de piments rouges s&eacute;ch&eacute;s et encore beaucoup d&rsquo;autres &eacute;pices dont uniquement les initi&eacute;s connaissent leurs vertus.<\/p>\n<p>\tTous ces produits odorants et multicolores, s&rsquo;exposent-en vrac dans des couffins tress&eacute;s avec des feuilles de palmiers, pos&eacute;s sur les dessertes des marchands cr&eacute;ant une atmosph&egrave;re d&rsquo;air de f&ecirc;te dans les souks de la ville.<\/p>\n<p>\tLa ville arabe de SFAX commence par la plus connue des portes, celle de BEB-DIWAN, grande porte a double battant faisant, face a un large boulevard commen&ccedil;ant par la municipalit&eacute; &agrave; l&rsquo;est et terminant par Beb-Diwan a l&rsquo;ouest ; il y a plusieurs portes d&rsquo;entr&eacute;es possibles tout autour des remparts qui composent cette ville arabe, les plus usuelles portes de la ville arabe, sont BEB-EL-KASBAH, BEB-EJEBLI, BEB-EL-GHORBI sans oublier BEB-EDROUJ menant au quartier de BORJ-ENNAR, c&eacute;l&egrave;bre pour &ecirc;tre le quartier de tol&eacute;rance de Sfax.<\/p>\n<p>\tCette ville dans la ville est une suite de multitudes de march&eacute;s orientaux dits &laquo; souks &raquo; en arabe et en jargon local.<\/p>\n<p>\tCe qui est int&eacute;ressant &agrave; observer dans cet imbroglio de ruelles &eacute;troites aux plafonds vo&ucirc;t&eacute;s, ou a ciel ouvert de la ville arabe, et dans tous les souks qui la composent, c&rsquo;est une sc&egrave;ne quotidienne o&ugrave; circule, s&#39;active, foisonne une population color&eacute;e, bariol&eacute;e, par&eacute;e, &eacute;tincelante, douce et &laquo; peut &ecirc;tre &raquo; adulatrice de ce d&eacute;cor oriental unique.<\/p>\n<p>\tMalgr&eacute; le fait d&rsquo;&ecirc;tre sur une terre arabe, les juifs, les maltais, les grecs, les italiens et les fran&ccedil;ais sont une partie int&eacute;gr&eacute;e et int&eacute;grante de cette ville bigarr&eacute;e.<\/p>\n<p>\tEn fait il y &agrave; une multitude de vari&eacute;t&eacute; de couleurs et de costumes diff&eacute;rents par rapport aux multiples ethnies vivant dans cette ville ou se m&eacute;lange all&eacute;grement plusieurs races, de diff&eacute;rentes religions et d&rsquo;horizons distincts.<\/p>\n<p>\tLes costumes sont d&rsquo;une gaiet&eacute;, et refl&egrave;te la joie de vivre de cette population. Il faut souligner qu&rsquo;il y &agrave; abondamment de couleurs, beaucoup de go&ucirc;t et d&rsquo;all&eacute;gresse.<\/p>\n<p>\tL&rsquo;imagination des cr&eacute;ateurs de ces costumes est tr&egrave;s inventive.<\/p>\n<p>\tEn observant bien, on s&rsquo;aper&ccedil;oit que les coloris des costumes des ethnies diff&eacute;rentes vivants &agrave; Sfax sont faits de tons violents, ou au contraire faits de nuances tendres, douces et harmonieuses.<\/p>\n<p>\tUn festin des yeux pour ceux qui savent observer.<\/p>\n<p>\tLes jebbas, les Burnous et les Guedroun, toutes ces sortes de tuniques masculines et orientales en gros lainage ou en cotonnade, qu&rsquo;elles soient de coloris sombres ou claires se m&eacute;langent all&eacute;grement aux costumes europ&eacute;ens.<\/p>\n<p>\tCes vestes, ces gilets, ces costumes, ces kha&iuml;ks (vestes orientales cintr&eacute;s) brod&eacute;s de fils d&rsquo;or et d&rsquo;argent ou de fils multicolores d&rsquo;un brillant soyeux, ces sefsaris, (voile islamique de couleur blanche qui est typique &agrave; la Tunisie et qui enveloppe la femme du haut de la t&egrave;te jusqu&rsquo;aux chevilles) ces ch&eacute;chias rouge grenats avec ou sans leurs pompons de soie noir pendants &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re de ces &laquo; bonnets de laines&raquo; que portent la majorit&eacute; des hommes.<\/p>\n<p>\tToutes les couleurs de ces accoutrements se croisent, se m&ecirc;lent et se superposent en cama&iuml;eux, des plus fines couleurs en passant par les plus ardentes qui entrelacent les plus douces.<\/p>\n<p>\tLes bleus, les blancs, les roses, les verts d&#39;eau, les verts Nil, les marines, les noirs, les terra cota, les saumon, les orang&eacute;s, les lilas, les gris, les bordeaux et beaucoup d&rsquo;autres teintes encore, semblent donner un air de d&eacute;fil&eacute; de mode f&eacute;erique et un interminable spectacle de rues.<\/p>\n<p>\tMalgr&eacute; toute cette multitude de teintes, il ne semble pas du tout qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;un d&eacute;cor criard aux notes dures, au contraire tous ces presque-d&eacute;cors semblent fins, doux, d&eacute;licats et pr&eacute;cieux.<\/p>\n<p>\tLa confusion ne semble pas g&acirc;ter ce d&eacute;cor panach&eacute; qui caresse les yeux de tous ceux qui sont partie prenante de ce spectacle color&eacute;.<\/p>\n<p>\tLes haillons que portent les mendiants ou ceux qui sont dans la mis&egrave;re, font partie de la sc&egrave;ne, sans eux, il manquerait certainement quelque chose au d&eacute;cor.<\/p>\n<p>\tLes marchands accroupis devant leurs &eacute;tals et au milieu de leurs marchandises, les mendigots assis, pare terre, affichant aux yeux de la foule leur handicap ou leur mis&egrave;re, les passants nonchalants ou press&eacute;s, se bousculant, oscillants, laissant passer de temps en temps des charrettes tir&eacute;es par une paire de bras vigoureux, demandant une priorit&eacute; de passage avec des mots incompr&eacute;hensibles.<\/p>\n<p>\tDans ces galeries sombres et ces ruelles tortueuses s&rsquo;entrecroisent les marchands, par leurs diff&eacute;rents m&eacute;tiers, assis ou debout au milieu de leurs marchandises dans des minuscules boutiques ; il y a ceux qui interpellent les passants, ou ceux qui restent immobiles comme des pantins dans ces &eacute;choppes bourr&eacute;s de marchandises, on aper&ccedil;oit des pi&egrave;ces de tissus gerb&eacute;s en piles de toutes les couleurs, de tas de sacs en cuir accroch&eacute;s a travers leurs anses, de s&eacute;ries de valises superpos&eacute;es comme des poup&eacute;es russes, des piles de v&ecirc;tements accroch&eacute;s &agrave; des barres fixes le long des murs, des montagnes de bijoux, des matelas de tapis, des chaussures et des babouches tapissant les murs, de parfums aux couleurs pastels, dans d&rsquo;&eacute;normes bouteilles de verres munis d&rsquo;un petit robinet, des longues bougies a la grandeur d&eacute;mesur&eacute;e accroch&eacute;s aux plafonds des boutiques , etc.<\/p>\n<p>\tEn fait, il y a une succession de souks que l&rsquo;on d&eacute;couvre au fil des rues et des impasses et chaque petit souk ou ruelle &agrave; sa propre corporation de commer&ccedil;ants ou d&rsquo;artisans.<br \/>\n\tEt ce, tout au long de galeries ; s&eacute;par&eacute;s par des cloisons ou des murets, les travailleurs d&rsquo;un m&ecirc;me m&eacute;tier &oelig;uvrent avec les m&ecirc;mes gestes et produisent des sons diff&eacute;rents.<\/p>\n<p>\tLe souk des tailleurs et le souk des bijoutiers sont totalement juifs, ces deux m&eacute;tiers sont exclusivement tenus par eux.<\/p>\n<p>\tD&rsquo;ailleurs les jours de samedi, les deux souks sont compl&egrave;tement d&eacute;serts car c&rsquo;est shabbat (jour de sabbat) jour f&eacute;ri&eacute; pour les juifs.<\/p>\n<p>\tDans ces souks c&#39;est un va-et-vient incessant d&#39;Arabes, de juifs et d&rsquo;autres, qui se bousculent, cherchant &agrave; se frayer un passage &agrave; travers la m&ecirc;l&eacute;e.<\/p>\n<p>\tAu nord est de la ville arabe il y a aussi le quartier des prostitu&eacute;es, tr&egrave;s fr&eacute;quent&eacute; par les nombreux marins en visite qui travaillent dans les bateaux &eacute;trangers venants de tous les coins du monde, accostants dans le port de Sfax.<\/p>\n<p>\tLa plupart des tenanci&egrave;res de ces maisons de tol&eacute;rance sont d&rsquo;origine maltaise, mais les occupantes sont de toutes les ethnies locales confondues.<\/p>\n<p>\tJ&rsquo;avais entendu dire qu&rsquo;avant l&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage en 1846 il y avait m&ecirc;me le souk des esclaves dans cette ville arabe.<\/p>\n<p>\tSans oublier les petits cireurs de chaussures qui d&eacute;ambulent dans toutes les rues et proposent leurs services.<\/p>\n<p>\tIls ont un petite boite en bois ou a l&rsquo;int&eacute;rieur il y les brosses et les boites de cirages, il vous place les pieds un a un sur la boite et assis parterre ils accomplissent leurs besogne.<\/p>\n<p>\tUn peu plus loin un autre souk de v&ecirc;tements d&#39;occasion pour femmes ou se vend entres autres des sarouals (pantalons) aux entrejambes bouffantes, des vestes en velours brod&eacute;s aux couleurs tendres, des kaftans au coloris pastel, etc.<\/p>\n<p>\tLes forgerons, les parfumeurs, les bijoutiers, les tailleurs, les &eacute;piciers, les marchands d&rsquo;&eacute;pices, sans oublier les p&acirc;tissiers vendant, les g&acirc;teaux au miel, &eacute;talant aussi leurs divers sirops de fruits dans des grosse bouteilles en verre.<br \/>\n\tLes marchands de l&eacute;gumes, les bouchers, les marchands de fruits secs, amandes, pistaches, glibettes, pois chiche, cacahu&egrave;tes, etc. chauds, tous frais grill&eacute;s.<\/p>\n<p>\tLe souk couvert et tr&egrave;s sombre des p&eacute;cheurs kerkeniens, a Beb Ejebli, habill&eacute;s en Guedroun traditionnel sont accroupis et vendent les poissons a la cri&eacute;e, dans des corbeilles assembl&eacute;es en tiges de dattes ou dans des couffins tress&eacute;s dans des feuilles de palmiers ; sbares, loups de mer, mulets, mellou, daurades, rougets, m&eacute;rous, crevettes.etc.<\/p>\n<p>\tIl y a aussi les minuscules &eacute;choppes de fabricants d&rsquo;ustensiles en bois taill&eacute;s a la main par des artisans chevronn&eacute;s travaillant assis a m&ecirc;me le sol, sans oublier les innombrables camelots et marchands ambulants proposant diverses marchandises et comestibles&#8230;.<\/p>\n<p>\tL&#39;activit&eacute;, les couleurs, la gaiet&eacute; des souks, sont impossible &agrave; d&eacute;crire, il faudrait &eacute;noncer simultan&eacute;ment les actions, le timbre ainsi que l&rsquo;ambiance.<\/p>\n<p>\tDes odeurs fortes, de mille et un parfums d&rsquo;Orient, d&#39;encens et d&#39;&eacute;pices flottent dans tous les passages et les ruelles des souks et des bazars.<\/p>\n<p>\tDe temps en temps on entend les muezzins du haut de leurs hauts minarets rappelant m&eacute;lodieusement aux fid&egrave;les musulmans qu&rsquo;il est l&rsquo;heure de la pri&egrave;re.<\/p>\n<p>\tD&eacute;s quatre heures de l&rsquo;apr&egrave;s midi, les marchands de jasmins apparaissent et vendent des &quot;meshmoum&quot;, petits bouquets de jasmins tr&egrave;s odorants.<\/p>\n<p>\tLe marchand de jasmin se d&eacute;place sur les terrasses des caf&eacute;s, interpelle les passants ou rentre dans les magasins, tenant d&rsquo;une main un &quot;meshmoum&quot; et de l&rsquo;autre un plateau d&rsquo;alfa ou de feuille de palmier tress&eacute; sur lequel plusieurs rang&eacute;es de petits bouquets de jasmin ou de boutons de fleurs d&rsquo;oranger sont expos&eacute;es &agrave; la vente ambulante.<\/p>\n<p>\tCes bouquets sont pr&eacute;par&eacute;s artisanalement, les fa&ccedil;onniers qui les fabriquent piquent un a un ces boutons de fleurs non &eacute;clos sur de fines tiges v&eacute;g&eacute;tales d&rsquo;une longueur de quinze &agrave; vingt centim&egrave;tres environ.<\/p>\n<p>\tUne cinquantaine de ces tiges garnis de leurs boutons de fleurs sont assembl&eacute;es entres elles avec du fil &agrave; coudre, ce qui forment un fuselage &agrave; l&rsquo;extr&eacute;mit&eacute; sup&eacute;rieure conique formant un petit bouquet qui ressemble a une fleur.<\/p>\n<p>\tCes bouquets tr&egrave;s odorants, dit &quot; meshmoum&quot; en jargon local sont achet&eacute;s par les hommes qui les offrent &agrave; leurs femmes le soir en rentrant a la maison.<\/p>\n<p>\tMais en attendant, en bons et loyaux sfaxiens, pour en profiter aussi, ils les placent derri&egrave;re une de leurs oreilles et les portent de temps en temps au niveau du nez pour respirer le parfum frais et subtil du jasmin ou de la fleur d&rsquo;oranger.<\/p>\n<p>\tEn effet, le jasmin commence &agrave; d&eacute;gager le maximum de son odeur en milieu d&rsquo;apr&egrave;s midi, apr&egrave;s la forte chaleur que d&eacute;gage le soleil quand il est &agrave; son z&eacute;nith.<\/p>\n<p>\tL&rsquo;odeur du jasmin se maintien a travers ce petit bouquet, toute la nuit et jusqu&rsquo;au petit matin.<\/p>\n<p>\tCette tradition d&rsquo;offrir du jasmin aux femmes est typiquement orientale, mais elle est surtout caract&eacute;ristique &agrave; la Tunisie.<\/p>\n<p>\tLe soir, d&eacute;s la tomb&eacute;e de la nuit, petit &agrave; petit les souks deviennent d&eacute;serts, apr&egrave;s la grande cohue de la journ&eacute;e, les ruelles des souks de la ville arabe vid&eacute;s de leurs chalands et de leurs badauds semblent &ecirc;tres devenues les couloirs d&#39;une ville inoccup&eacute;e, fig&eacute;e dans la p&eacute;nombre et le silence.<\/p>\n<p>\tVICTOR COHEN&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>SOUVENIR DE LA VILLE ARABE DE SFAX EN 1956 par Victor Jean Claude Cohen &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16117,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[235,459,17,344,13,9,1],"tags":[],"class_list":["post-2440","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-malte","category-sousse","category-souvenirs","category-sud-de-la-tunisie","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2440","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2440"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2440\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16117"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2440"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2440"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2440"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}