{"id":2472,"date":"2011-08-23T17:25:32","date_gmt":"2011-08-23T17:25:32","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2472"},"modified":"2011-08-23T17:25:32","modified_gmt":"2011-08-23T17:25:32","slug":"syrie-un-paria-nomme-bachar-al-assad","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/syrie-un-paria-nomme-bachar-al-assad\/","title":{"rendered":"Syrie : un paria nomm\u00e9 Bachar al-Assad"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"conteneurBoiteOutil\">\n<p>\n\t\tSyrie : un paria nomm&eacute; Bachar al-Assad<\/p>\n<div class=\"motscles\">\n\t\t<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/liste_mots_cles.php?idmotcle=2013\"><br \/>\n\t\t<\/a><\/div>\n<div class=\"motscles\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"motscles\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"motscles\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"texteModifiable\" id=\"texte\">\n<p class=\"chapo\">\n\t\tCinq mois apr&egrave;s le d&eacute;clenchement de la r&eacute;volte, le r&eacute;gime syrien de Bachar al-Assad commence &agrave; faire l&rsquo;unanimit&eacute; contre lui. Les Occidentaux durcissent le ton, la Russie et la Turquie se lassent, les pays arabes prennent leurs distances. Pendant ce temps, la r&eacute;pression continue&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo; Dieu est avec nous. Et vous&thinsp;? &raquo; Le mot d&rsquo;ordre des contestataires syriens pour le premier vendredi de ramadan, le 5 ao&ucirc;t, semble avoir enfin &eacute;veill&eacute; la compassion des dirigeants arabes. Rest&eacute;s silencieux cinq mois durant, ceux-ci prennent d&eacute;sormais leurs distances avec Bachar al-Assad, dont la r&eacute;pression brutale a d&eacute;j&agrave; fait plus de 2&thinsp;000 morts et 3&thinsp;000 disparus. Entre le 6 et le 9 ao&ucirc;t, les secr&eacute;taires g&eacute;n&eacute;raux du Conseil de coop&eacute;ration du Golfe et de la Ligue arabe condamnent les violences. L&rsquo;Arabie saoudite, Bahre&iuml;n et le Kowe&iuml;t rappellent leurs ambassadeurs. <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAJA2629p060.xml0\/\" target=\"_blank\">Le grand imam d&rsquo;Al-Azhar, au Caire<\/a>, et le pr&eacute;sident du Parlement irakien exigent la fin de l&rsquo;effusion de sang. Le ministre jordanien des Affaires &eacute;trang&egrave;res exhorte Damas &agrave; mettre en &oelig;uvre les r&eacute;formes promises. Les 10 et 11 ao&ucirc;t, les minist&egrave;res alg&eacute;rien et marocain des Affaires &eacute;trang&egrave;res leur embo&icirc;tent le pas en appelant au dialogue. Seul pays arabe &agrave; avoir fait imm&eacute;diatement preuve de fermet&eacute;, le Qatar avait rappel&eacute; son ambassadeur d&egrave;s le 18 juillet, apr&egrave;s que des milices pror&eacute;gime eurent attaqu&eacute; sa repr&eacute;sentation diplomatique.<\/p>\n<p>\n\t\tComment expliquer cette r&eacute;action en cha&icirc;ne des &Eacute;tats arabes, qui, jusque-l&agrave;, &eacute;vitaient prudemment de s&rsquo;immiscer dans les affaires syriennes&thinsp;? La d&eacute;claration tr&egrave;s critique du pr&eacute;sident du Conseil de s&eacute;curit&eacute; des Nations Unies le 3 ao&ucirc;t, le ton plus ferme de la Russie <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAWEB20110804113838\/\" target=\"_blank\">appelant Assad &agrave; engager des r&eacute;formes<\/a> et l&rsquo;impatience manifest&eacute;e par Recep Tayyip Erdogan (avant ces &eacute;v&eacute;nements, le Premier ministre turc entretenait des relations amicales avec le ra&iuml;s syrien) ont sans doute enhardi les gouvernants arabes. Pour le polito&shy;logue libanais Ziad Majed, &laquo; le tournant a &eacute;t&eacute; les massacres perp&eacute;tr&eacute;s &agrave; la veille du ramadan dans la ville de Hama, d&eacute;j&agrave; victime de la col&egrave;re de Hafez al-Assad, le p&egrave;re de Bachar, en 1982&thinsp;: les opinions arabes se sont r&eacute;volt&eacute;es et les autorit&eacute;s ne pouvaient plus rester silencieuses &raquo;. En effet, du <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/pays\/maroc\/maroc.asp\" target=\"_blank\">Maroc<\/a> au Liban, les manifestations de solidarit&eacute; se sont multipli&eacute;es devant les ambassades syriennes, sur internet et dans la presse.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Lui ou le chaos&thinsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tL&rsquo;inflexion des positions arabes et turque conforte les &Eacute;tats-Unis, la France et la Grande-Bretagne dans leur volont&eacute; d&rsquo;adopter des mesures plus s&eacute;v&egrave;res &agrave; l&rsquo;&eacute;gard du r&eacute;gime. La Russie et la Chine pourraient &agrave; leur tour perdre patience et ne plus s&rsquo;opposer &agrave; des sanctions onusiennes. Mais si Barack Obama estime depuis peu que &laquo; la Syrie se porterait mieux sans le pr&eacute;sident Assad &raquo;, chacun redoute qu&rsquo;une &eacute;ventuelle chute du ra&iuml;s ne d&eacute;stabilise la r&eacute;gion tout enti&egrave;re. L&rsquo;absence d&rsquo;une opposition structur&eacute;e renforce cette crainte. &laquo; M&ecirc;me Isra&euml;l &raquo;, officiellement en guerre avec la Syrie, mais en &eacute;tat de paix tacite depuis 1973, &laquo; pr&eacute;f&egrave;re avoir sur sa fronti&egrave;re nord un diable au visage connu plut&ocirc;t qu&rsquo;un r&eacute;gime impr&eacute;visible &raquo;, souligne Majed.<\/p>\n<p>\n\t\tEn r&eacute;alit&eacute;, le ton des puissances occidentales n&rsquo;a commenc&eacute; &agrave; se durcir qu&rsquo;apr&egrave;s <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAWEB20110711172341\/\" target=\"_blank\">les attaques des repr&eacute;sentations fran&ccedil;aises et am&eacute;ricaines &agrave; Damas<\/a>, en repr&eacute;sailles &agrave; la visite des deux ambassadeurs &agrave; Hama le 8 juillet. Jusqu&rsquo;&agrave; cette date, l&rsquo;alternative propos&eacute;e au pr&eacute;sident syrien &ndash; diriger la transition ou quitter le pouvoir &ndash; refl&eacute;tait l&rsquo;inqui&eacute;tude des Occidentaux, qui, de crainte de voir le pays sombrer dans le chaos, pr&eacute;f&eacute;raient laisser Assad g&eacute;rer l&rsquo;&eacute;volution du syst&egrave;me ou pr&eacute;parer son d&eacute;part en douceur. Aujourd&rsquo;hui, Am&eacute;ricains et Fran&ccedil;ais envisagent clairement la perspective d&rsquo;un changement&hellip; en esp&eacute;rant qu&rsquo;il se d&eacute;roulera sans grands d&eacute;g&acirc;ts.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\tSon dernier soutien : l&#39;Iran, qui lui fournit de l&#39;argent, des armes et du mat&eacute;riel de surveillance.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\tOn n&rsquo;en est pas l&agrave;. <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAJA2636p046.xml0\/\" target=\"_blank\">Longtemps proph&eacute;tis&eacute;e et encore attendue<\/a>, l&rsquo;implosion du r&eacute;gime n&rsquo;a pas lieu, malgr&eacute; les d&eacute;fections de nombreux soldats, la fronde de quelques caciques du Baas (au pouvoir) et le d&eacute;saveu d&rsquo;une partie de l&rsquo;&eacute;lite &eacute;conomique. Une intervention militaire ext&eacute;rieure est par ailleurs exclue, d&rsquo;abord parce que l&rsquo;Otan a fort &agrave; faire en Libye, ensuite parce que la Syrie, pays tr&egrave;s peupl&eacute; dans un environnement r&eacute;gional explosif, ne se pr&ecirc;te pas &agrave; ce genre d&rsquo;op&eacute;ration. Et puis, contrairement au cas libyen, l&rsquo;opposition syrienne dans son ensemble refuse cette option.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Th&eacute;orie du complot.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLes Occidentaux pr&eacute;f&egrave;rent donc <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAWEB20110523161444\/\" target=\"_blank\">accentuer les pressions &eacute;conomiques<\/a>. Cette formule laisserait au r&eacute;gime la possibilit&eacute; de mettre en &oelig;uvre des r&eacute;formes encore esp&eacute;r&eacute;es par la Russie, la Chine, la Turquie et les pays arabes. Mais elle priverait aussi Assad des moyens de financer la r&eacute;pression et lui ali&eacute;nerait le soutien de la classe moyenne. Affaibli, le clan au pouvoir n&rsquo;aurait alors d&rsquo;autre choix que la n&eacute;gociation.<\/p>\n<p>\n\t\tLes premi&egrave;res sanctions d&eacute;cid&eacute;es par les &Eacute;tats-Unis et l&rsquo;Union europ&eacute;enne ont d&rsquo;abord cibl&eacute; des hommes d&rsquo;affaires appartenant au premier cercle du pouvoir, <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAJA2625p044-045.xml0\/\" target=\"_blank\">comme Rami Makhlouf, le cousin du pr&eacute;sident,<\/a> qui contr&ocirc;lerait jusqu&rsquo;&agrave; 60 % de l&rsquo;&eacute;conomie nationale. Avec les r&eacute;centes mesures am&eacute;ricaines visant Syriatel, leader des t&eacute;l&eacute;communications, et la Commercial Bank of Syria, premi&egrave;re banque du pays, les entreprises sont directement touch&eacute;es. Am&eacute;ricains et Europ&eacute;ens r&eacute;fl&eacute;chissent d&eacute;sormais &agrave; un embargo sur le p&eacute;trole et le gaz syriens, source de pr&egrave;s du tiers des revenus &eacute;tatiques. Cependant, des voix s&rsquo;&eacute;l&egrave;vent contre de telles sanctions qui toucheraient &eacute;galement les couches les plus modestes de la population, directement d&eacute;pendantes des subsides de l&rsquo;&Eacute;tat.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAWEB20110822131229\/jordanie-bachar-al-assad-qatar-arabie-saouditesyrie-seul-contre-tous-bachar-al-assad-determine-a-rester.html\" target=\"_blank\">Face &agrave; la pression accrue de la communaut&eacute; internationale<\/a>, Bachar al-Assad, comme son p&egrave;re en son temps, n&rsquo;h&eacute;site pas &agrave; instrumentaliser sa politique &eacute;trang&egrave;re &agrave; des fins de politique int&eacute;rieure. L&rsquo;intransigeance occidentale lui permet de brandir la th&eacute;orie du complot et l&rsquo;isolement de la Syrie de jouer sur la fibre patriotique.<\/p>\n<p>\n\t\tIl peut aussi compter sur quelques pays encore bienveillants, comme la Chine et la Russie, ou inquiets, comme la Turquie, soucieuse de la stabilit&eacute; de ses fronti&egrave;res. Et, avant tout, sur l&rsquo;Iran. L&rsquo;alliance avec Assad est capitale pour les Iraniens, qui consid&egrave;rent la lutte du r&eacute;gime syrien pour sa survie comme leur propre bataille. Si l&rsquo;on peut douter de la pr&eacute;sence de milices iraniennes en Syrie, T&eacute;h&eacute;ran aide activement son alli&eacute; en lui fournissant des armes, du mat&eacute;riel de surveillance et un important soutien financier.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Objectif survie.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tMais la meilleure arme de dissuasion d&rsquo;Assad reste la menace d&rsquo;une guerre confessionnelle en Syrie et d&rsquo;une d&eacute;stabilisation de la r&eacute;gion tout enti&egrave;re. La perspective d&rsquo;une irakisation du pays et d&rsquo;affrontements fratricides entre les sunnites (72 % de la population) et les minorit&eacute;s religieuses effraie autant ses voisins que les grandes puissances. La propagande officielle a ainsi montr&eacute; des manifestants scandant&thinsp;: &laquo; Les alaouites [minorit&eacute; religieuse de la famille Assad, NDLR] au tombeau&thinsp;! Les chr&eacute;tiens &agrave; Beyrouth&thinsp;! &raquo;<\/p>\n<div class=\"encart drt\">\n<p>\n\t\t\t<strong>Diplomatie : le chaud et le froid<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAWEB20100504081729\/\" target=\"_blank\">Qualifi&eacute;e d&rsquo;&laquo; &Eacute;tat voyou &raquo; par George W. Bush en 2003<\/a>, la Syrie perd en 2005 le soutien de la France pour son implication suppos&eacute;e dans l&rsquo;assassinat de Rafic Hariri, l&rsquo;ancien Premier ministre libanais. Mais des imp&eacute;ratifs &eacute;conomiques incitent Bachar al-Assad &agrave; <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAJA_2499_p048-049.xml2\/\" target=\"_blank\">normaliser sa position sur la sc&egrave;ne internationale<\/a>. Les &eacute;lections de Nicolas Sarkozy en France et de Barack Obama aux &Eacute;tats-Unis lui en offrent l&rsquo;occasion. En 2008, il est invit&eacute; &agrave; Paris, au d&eacute;fil&eacute; du 14 Juillet. En janvier 2011, l&rsquo;envoi du premier ambassadeur am&eacute;ricain &agrave; Damas depuis 2005 conforte sa diplomatie&hellip; fusill&eacute;e en quelques mois par les tirs de son arm&eacute;e.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\tPour assurer sa survie, le r&eacute;gime pourrait, comme par le pass&eacute;, jouer la carte de la d&eacute;stabilisation r&eacute;gionale. En Irak, Bachar al-Assad a laiss&eacute; des djihadistes traverser la fronti&egrave;re au gr&eacute; de ses rapports avec Washington&thinsp;; la Turquie se souvient qu&rsquo;il y a peu la Syrie servait de base arri&egrave;re aux ind&eacute;pendantistes kurdes du PKK&thinsp;; enfin, Damas h&eacute;berge toujours des organisations palestiniennes radicales comme le Hamas, tandis qu&rsquo;au Liban le Hezbollah se mobilise pour la d&eacute;fense du r&eacute;gime contest&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\tMais cette strat&eacute;gie pourrait se r&eacute;v&eacute;ler suicidaire&thinsp;: le r&eacute;gime syrien n&rsquo;a plus sa capacit&eacute; de nuisance d&rsquo;antan et il est confront&eacute; &agrave; une menace qu&rsquo;il ne connaissait pas, celle d&rsquo;une r&eacute;volution.<\/p>\n<\/div>\n<p>\tLire l&#39;article sur Jeuneafrique.com : <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAJA2640p012-013.xml0\/#ixzz1VsDwXSgA\" style=\"color: rgb(0, 51, 153);\">Syrie : un paria nomm&eacute; Bachar al-Assad | Jeuneafrique.com &#8211; le premier site d&#39;information et d&#39;actualit&eacute; sur l&#39;Afrique<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Syrie : un paria nomm&eacute; Bachar al-Assad &nbsp; &nbsp; &nbsp; Cinq mois apr&egrave;s le d&eacute;clenchement de la r&eacute;volte, le r&eacute;gime syrien de Bachar al-Assad commence &agrave; faire l&rsquo;unanimit&eacute; contre lui. 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