{"id":24960,"date":"2026-09-30T00:05:08","date_gmt":"2026-09-30T00:05:08","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=24960"},"modified":"2026-09-30T02:00:31","modified_gmt":"2026-09-30T02:00:31","slug":"pessah-quelques-traditions-du-seder-par-avraham-bar-shay","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/pessah-quelques-traditions-du-seder-par-avraham-bar-shay\/","title":{"rendered":"PESSAH (quelques traditions du S\u00e9d\u00e9r), par Avraham Bar-Shay"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"231\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Religion\/images\/clip_image002b.jpg\" width=\"477\"\/><\/p>\n<p> <b>La c\u00e9r\u00e9monie du <i>S\u00e9der<\/i>, avec son rituel multicolore, s\u2019\u00e9tait enrichie, avec le temps et les rares interactions des communaut\u00e9s d\u2019autrefois, de plusieurs variantes locales. Ces suppl\u00e9ments, combin\u00e9s aux traditions originales, avaient form\u00e9 le patrimoine de chaque communaut\u00e9. <\/b><\/p>\n<p> <b>Nous les aimons parce qu\u2019ils nous rattachent \u00e0 notre jeunesse, \u00e0 notre famille, \u00e0 notre peuple\u00a0; et nous essayons de les transmettre \u00e0 nos enfants. <\/b><\/p>\n<p> <b>Des nuances, encore plus significatives, figurent dans les textes de la <i>Haggadah<\/i>. La lecture des chapitres se faisant par tous les convives \u00e0 tour de r\u00f4le, il devient, des fois, embarrassant de suivre un h\u00f4te qui r\u00e9cite son passage, \u00e0 partir d\u2019une \u00e9dition diff\u00e9rente.<\/b><\/p>\n<p> <b>Pour que tous comprennent les histoires de la sortie d\u2019Egypte, les <i>Haggadot<\/i> de Tunisie avaient une double traduction pour chaque paragraphe (en fran\u00e7ais et en jud\u00e9o-arabe.) On pouvait aussi lire les directives, \u00e0 remplir \u00e0 chaque phase du <i>S\u00e9der<\/i>, traduites dans les 2 langues. Ces consignes ont aid\u00e9 \u00e0 conserver une c\u00e9r\u00e9monie assez semblable dans la communaut\u00e9\u00a0; mais les rites effectu\u00e9s, en \u2018vase-clos\u2019 tribal ou familial, avaient introduit, au fil du temps, des petites variations au gr\u00e9 des n\u00e9cessit\u00e9s ou de l\u2019initiative du chef de famille. Soyez un peu indulgent si vous ne retrouverez pas exactement, dans ces lignes, ce qui se pratiquait chez vous.<\/b><\/p>\n<p> <b>D\u00e8s les premiers versets de la <i>Haggadah<\/i> on invite <i>\u00ab tous ceux qui ont faim ou qui sont n\u00e9cessiteux, de venir nous joindre.<\/i>\u00a0\u00bb La solidarit\u00e9, dans nos communaut\u00e9s, a toujours subvenu aux besoins primaires de ses malchanceux, ce qui \u00e9loigne l\u2019explication de faim et n\u00e9cessit\u00e9 physiques. Ceci s\u2019appliquerait plut\u00f4t \u00e0 un besoin spirituel, ainsi nous sommes appel\u00e9s \u00e0 faire participer ceux qui ne connaissent pas assez bien ce qu\u2019il faut faire, des \u00e9trangers qui se trouvent loin de leurs familles ou bien ceux qui n\u2019en ont pas.<\/b><\/p>\n<p> <b>On peut aussi comprendre que ceux qui n\u2019\u00e9taient pas dans la g\u00eane, n\u2019avaient pas besoin de cette invitation, la f\u00eate se d\u00e9roulant surtout dans un cercle familial. <\/b><\/p>\n<p> <b>Le tr\u00e8s int\u00e9ressant paragraphe qu\u2019on trouve dans la <i>Haggadah<\/i> tunisienne, celui qu\u2019on r\u00e9cite en tournant la corbeille du <i>S\u00e9der<\/i> sur la t\u00eate des convives, le fameux \u2018<i>Etmol hayinou a\u2019vadim\u2026\u2019<\/i>. A ma connaissance il n\u2019existe chez aucune autre communaut\u00e9. Une explication tr\u00e8s plausible \u00e0 cette particularit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment publi\u00e9e sur notre site Harissa\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.harissa.com\/D_Religion\/etmol.htm\"> https:\/\/www.harissa.com\/D_Religion\/etmol.htm<\/a><\/b><\/p>\n<p> <b>Je trouve cela tr\u00e8s beau, que nous soyons une des rares communaut\u00e9s qui pensent qu\u2019il n\u2019y a plus d\u2019esclavage apr\u00e8s la sortie d\u2019Egypte et que dans la Diaspora, <i>nous n\u2019\u00e9tions pas des esclaves, mais des hommes libres<\/i>, m\u00eame si notre libert\u00e9 n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 totale durant certaines p\u00e9riodes, o\u00f9 nous \u00e9tions trait\u00e9s en dhimmis. <\/b><\/p>\n<p> <b>Ce <i>\u00ab\u00a0Etmol <\/i>\u2026\u00a0\u00bb est devenu plus opportun aujourd\u2019hui, avec la cr\u00e9ation de l\u2019Etat d\u2019Isra\u00ebl et la vie dans des pays d\u00e9mocratiques.<\/b><\/p>\n<p> <b>\u00a0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"250\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Religion\/images\/clip_image004.jpg\" width=\"477\"\/><\/b><\/p>\n<p> <b>Malheureusement, le dernier exode, de notre terre natale vers des pays lointains, et l\u2019isolement de certains Tunes ont du affaiblir les contacts avec le pass\u00e9. <\/b><\/p>\n<p> <b>Pour certains la\u00efques, les liens (essentiels pour plusieurs d\u2019entre nous), qui existent entre traditions et pratiques religieuses, ont du les \u00e9loigner d\u2019un des plus beaux moments de leur enfance. Quoi d\u2019\u00e9tonnant qu\u2019\u00e0 un certain age ils \u00e9prouvent un besoin de combler ce vide et de renouer les maillons de la cha\u00eene afin qu\u2019ils puissent la passer fi\u00e8rement \u00e0 leurs descendants? <\/b><\/p>\n<p> <b>Dans certains cas ses descendants, d\u00e9sirant retrouver leurs racines, se mettent \u00e0 secouer notre g\u00e9n\u00e9ration pour r\u00e9animer le patrimoine de leurs anc\u00eatres.<\/b><\/p>\n<p> <b>C\u2019est pour s\u2019entraider \u00e0 faire revivre ces coutumes, que ceux qui le peuvent, doivent essayer d\u2019aider pour qu\u2019elles ne sombrent point dans l\u2019oubli. C\u2019est peut \u00eatre une derni\u00e8re chance pour notre g\u00e9n\u00e9ration de partager avec les autres ce que nous avons connu et aim\u00e9, afin de nous enrichir mutuellement des fragments d\u2019un pass\u00e9 qui s\u2019\u00e9loigne de nous.<\/b><\/p>\n<p> <b>\u00a0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"158\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Religion\/images\/clip_image006.jpg\" width=\"184\"\/><\/b><\/p>\n<p> <b><br \/> Aujourd\u2019hui plusieurs familles f\u00eatent <i>Pessah\u2019<\/i> en dehors de leur foyer, non par n\u00e9cessit\u00e9 mais plut\u00f4t suite \u00e0 des d\u00e9placements touristiques. En Isra\u00ebl, certains pr\u00e9f\u00e8rent passer la f\u00eate \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, soit pour s\u2019\u00e9pargner les tracas des rudes pr\u00e9paratifs requis pour cette f\u00eate, soit pour ne pas f\u00eater dans la solitude quand la famille devient petite. Je pense qu\u2019une salle publique ne peut exactement fournir l\u2019ambiance ni la chaleur qui existent entre amis ou en famille.<\/b><\/p>\n<p> <b>Les alliances intercommunautaires, un ph\u00e9nom\u00e8ne souhaitable en lui m\u00eame, cr\u00e9ent en fin de compte une sorte de m\u00e9lange des\u00a0 traditions. Chacun veillant au respect de l\u2019autre, la c\u00e9r\u00e9monie devient bien plus \u00e9mouvante pour tous. <\/b><\/p>\n<p> <b>Depuis la perte de mon p\u00e8re, <i>Z.L<\/i>., en 1948, je devenais le chef de la famille et devais diriger les c\u00e9r\u00e9monies de nos f\u00eates.\u00a0J\u2019avais \u00e0 peine onze ans. Le poids \u00e9tait d\u2019autant plus lourd que nous venions d\u2019arriver \u00e0 Tunis, et n\u2019avions plus le support de la \u2018tribu\u2019 qui \u00e9tait rest\u00e9e au sud du pays. La seule source \u00e9tait notre m\u00e8re\u00a0qui, n\u00e9e dans une famille de rabbins, n\u2019avait\u00a0 eu droit \u00e0 aucune instruction en dehors de la maison. Mais, arm\u00e9e, seulement de son intelligence, elle avait r\u00e9ussi \u00e0 assimiler toutes les coutumes et savait par c\u0153ur, toutes les pri\u00e8res. <\/b><\/p>\n<p> <b>Elle \u00e9tait tr\u00e8s exigeante et surveillait nos lectures de la <i>Haggada<\/i> pour que tout soit parfait. <\/b> <\/p>\n<p> <b>Ce qui sera d\u00e9crit ici est la <i>Loi-orale<\/i> qu\u2019elle nous a transmise jalousement et fait r\u00e9p\u00e9ter pendant les cinquante ann\u00e9es qu\u2019elle a surv\u00e9cues\u00a0 \u00e0 notre p\u00e8re.<\/b><\/p>\n<p> <b>Durant ce demi-si\u00e8cle, j\u2019ai pass\u00e9 tr\u00e8s peu de\u00a0 <i>S\u00e9d\u00e9rs<\/i> loin de la famille (s\u00e9jours \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ou\u00a0 sous les drapeaux \u00e0 <i>Tsahal.<\/i>) <\/b><\/p>\n<p> <b>Le <i>Sisstou<\/i>, la grande corbeille du <i>S\u00e9d\u00e9r<\/i>, devait pouvoir contenir tout le n\u00e9cessaire (selon ma m\u00e8re) et surtout le <i>Draa\u2019<\/i> (<i>Zroa\u2019<\/i>) qui est une jambe compl\u00e8te (r\u00f4tie au four) prise sur la partie <u>ant\u00e9rieure-droite<\/u>, du mouton. Quand je pense que dans toutes les illustrations de la <i>Haggada<\/i> on\u00a0 montre un petit plateau\u00a0qui pourrait \u00e0 peine contenir une jambe de poulet\u2026<\/b><\/p>\n<p> <b>M\u00eame dans ses derni\u00e8res ann\u00e9es quand les grands travaux, (commenc\u00e9s apr\u00e8s <i>Pourim<\/i> et qui ne finissaient qu\u2019\u00e0 la veille de la f\u00eate<i>)<\/i>, devenaient de plus en plus durs, ma m\u00e8re oubliait toutes ses peines et ses yeux brillaient quand finalement elle brandissait ce <i> Draa\u2019<\/i>, qui symbolisait l\u2019Ep\u00e9e Divine. Pour elle, c\u2019\u00e9tait le meilleur moment de la f\u00eate.<\/b><\/p>\n<p> <b>On commence par l\u2019arrangement de tous les composants dans le <i>Sisstou<\/i>, sans oublier les \u0153ufs durs, les grillades, les boules de <i>Harossett etc \u2026<\/i><\/b><\/p>\n<p> <b>La premi\u00e8re des \u00e9tapes du <i>S\u00e9d\u00e9r<\/i> (elles varient entre 13 et 15 selon les interpr\u00e9tations) est\u00a0 <i> Kadesh<\/i>\u00a0 qui se termine par la boisson du premier verre\u00a0: vin pour les adultes et jus de raisins pour les plus petits), ma m\u00e8re faisait du jus de raisin-sec (<i>Brakha)<\/i> \u00e9pic\u00e9 \u00e0 la cannelle.<\/b><\/p>\n<p> <b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"198\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Religion\/images\/clip_image008.jpg\" width=\"469\"\/><\/b><\/p>\n<p> <b>La 2\u00e8me \u00e9tape est\u00a0 <i> Rh\u2019ats<\/i>, o\u00f9 on se lave les mains sans faire de b\u00e9n\u00e9diction. C\u2019est un honneur pour la jeune femme qui passe parmi tous les convives assis et leur verse l\u2019eau sur les mains (mes excuses mesdames, pour cette fois seulement, mais tradition oblige.)  <\/b> <\/p>\n<p> <b>La 3\u00e8me \u00e9tape est <i> Carpass<\/i>, une branche de coriandre fra\u00eeche,\u00a0 plus am\u00e8re que la laitue, qu\u2019on trempe dans le vinaigre.<\/b><\/p>\n<p> <b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"257\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Religion\/images\/clip_image010.jpg\" width=\"416\"\/><\/b><\/p>\n<p> <b>La 4\u00e8me \u00e9tape\u00a0 <i> Yah\u2019ats<\/i>, on coupe la <i>Matsa<\/i> comme <i>Mosh\u00e9<\/i> avait coup\u00e9 la Mer Rouge. <\/b> <\/p>\n<p> <b>C\u2019est ici que se r\u00e9v\u00e8leront les talents dramatiques des benjamins de la famille. On met la moiti\u00e9 de la <i>Matsa<\/i> dans une belle serviette pli\u00e9e que le plus petit porte, sur son dos, comme ses anc\u00eatres avaient port\u00e9 leur p\u00e2te (qui n\u2019a pas eu le temps de lever.) Il peut y avoir autant \u2018d\u2019affranchis\u2019 que de petits qui le d\u00e9sirent. Il sort un instant et frappe \u00e0 la porte, rentre et se pr\u00e9sente comme un des fils d\u2019<i>Isra\u00ebl<\/i> qui vient de sortir d\u2019Egypte. Toute l\u2019audience commence alors \u00e0 le questionner en lui faisant raconter toutes les p\u00e9rip\u00e9ties qu\u2019il a \u2018endur\u00e9es\u2019\u00a0: l\u2019esclavage, les 10 plaies inflig\u00e9es aux Egyptiens,\u00a0 la travers\u00e9e de la Mer Rouge, la vie de <i> Mosh\u00e9<\/i>, etc.\u2026 Comme il est fier ce soir l\u00e0\u00a0!\u00a0 <\/b><\/p>\n<p> <b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"278\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Religion\/images\/clip_image012.jpg\" width=\"477\"\/><\/b><\/p>\n<p> <b>Le film de Walt Disney (<i>Le Prince d\u2019Egypte<\/i>) nous facilite aujourd\u2019hui la tache. Il suffit de le leur projeter 2 ou 3 fois avant la f\u00eate et ils r\u00e9pondront ais\u00e9ment \u00e0 toutes les questions.<\/b><\/p>\n<p> <b>La coutume, en Isra\u00ebl, encourage les jeunes \u00e0 \u2018voler\u2019 cette moiti\u00e9 de <i>Matsa<\/i> (<i>l\u2019Affikoman<\/i>) et d\u2019exiger un cadeau en retour, pour que la c\u00e9r\u00e9monie puisse continuer.\u00a0Ma m\u00e8re \u00e9tait contre cette pratique, qui lui \u00e9tait \u00e9trang\u00e8re. Elle avait expliqu\u00e9 \u00e0 mes enfants le cot\u00e9 non \u00e9ducatif de cet acte, mais offrait toujours un cadeau le lendemain, \u00e0 celui qui avait tenu jusqu&rsquo;\u00e0 la fin.<\/b><\/p>\n<p> <b>La 5\u00e8me \u00e9tape est <i> Maguid<\/i><\/b><b>, la lecture de la <i>Haggadah<\/i> qui commence, bien sur, par le c\u00e9l\u00e8bre <i>Etmol haynou avadim<\/i>\u2026. que tout Tunisien est si fier de chanter. Avec la sc\u00e8ne du <i>Sisstou<\/i> qu\u2019on fait tourner au-dessus des t\u00eates. Cette lourde corbeille \u2018atterrissait\u2019 de temps en temps sur une des t\u00eates en provoquant des cris de fausse surprise. Je pense que c\u2019est dommage que ces rites ne soient pas pratiqu\u00e9s dans d\u2019autres communaut\u00e9s.  <\/b> <\/p>\n<p> <b>Dans la lecture de la <i>Haggada<\/i> nos anc\u00eatres avaient essay\u00e9 d\u2019introduire des moments dramatiques qui brisent la routine de la longue veill\u00e9e en faisant participer tous les convives.<\/b><\/p>\n<p> <b><i>Messoubin<\/i> (en jud\u00e9o-arabe:<i>METTAKYINN<\/i>)<\/b><\/p>\n<p> <b>Apr\u00e8s \u00ab\u00a0<i>ha lah\u2019ma a\u2019nia..<\/i>\u00a0\u00bb vient le chapitre des \u201cquestions\u201d qui est tr\u00e8s aim\u00e9 et chant\u00e9 par les enfants Isra\u00e9liens. Le plus jeune de la famille fait l\u2019intelligent et\u00a0 pose 4 questions qui commencent toutes par\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Ma nishtana halayla haz\u00e9.<\/i>..\u00a0\u00bb (En quoi cette nuit est-elle diff\u00e9rente..\u00a0?)\u00a0: pourquoi la <i>Matsa<\/i>, le <i>Maror<\/i>, la double trempe des l\u00e9gumes dans le vinaigre, et <u>pourquoi mangeons nous, accoud\u00e9s\u00a0?<\/u> Cette 4<sup>e<\/sup> question montre que dans le temps tous les convives mangeaient, ce soir l\u00e0, \u00e9tendus sur des divans et en s\u2019appuyant sur le coude gauche. Cette position, qui voulait s\u00fbrement exprimer la situation d\u2019un homme affranchi et seigneur de son destin, \u00e9tait tr\u00e8s populaire chez les Romains. On retrouve ces salles \u00e0 manger, avec 3 divans, qu\u2019on appelle \u2018triclinium\u2019 dans\u00a0 les villas romaines antiques, ainsi que dans leurs peintures murales et leurs mosa\u00efques, o\u00f9 les h\u00f4tes sont \u00e9tendus en s\u2019appuyant sur leur coude. <\/b><\/p>\n<p> <b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"223\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Religion\/images\/clip_image014.jpg\" width=\"503\"\/><\/b><\/p>\n<p> <b><br \/> La grande surface qu\u2019occupe chaque personne et l\u2019anachronisme d\u2019un tel am\u00e9nagement, ont fait que, de nos jours, peu de personnes observent cette tradition. Elle figure pourtant comme un des signes les plus particuliers de cette nuit, que la Haggadah a jug\u00e9 utile de signaler. <\/b>\u00a0<\/p>\n<p> <b>Un des cousins m\u2019a racont\u00e9 qu\u2019il respectait cette coutume, chez lui on f\u00eate le Sedder dans cette position\u00a0: accoud\u00e9s sur des matelas, devant une grande table, basse (40 centim\u00e8tres environ).\u00a0 Je me rappelle que m\u00e8re exigeait que nous penchions symboliquement le corps vers le cot\u00e9 gauche \u00e0 chaque fois que nous buvions un des 4 verres de vin.  <\/b><\/p>\n<p> <b>A la lecture du paragraphe correspondant, on d\u00e9couvre le <i>Sisstou<\/i> et on en sort le <i>Draa\u2019<\/i> qu\u2019on brandit bien haut en disant <i>\u00ab\u00a0Bizroaa\u2019 netouya zou hah\u2019erev<\/i>\u00a0\u00bb. Le <i>Draa\u2019<\/i> fait la tourn\u00e9e, et tous les participants le brandissent aussi, du plus petit au plus grand.<\/b><\/p>\n<p> <b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"312\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Religion\/images\/clip_image016.jpg\" width=\"288\"\/><\/b><\/p>\n<p> <b>La tradition veut qu\u2019avec la lecture des <i>10\u00a0 plaies<\/i><\/b><b> on verse, apr\u00e8s chaque <i>plaie<\/i> \u00e9nonc\u00e9e, une petite quantit\u00e9 de vin dans une cuvette. Une autre personne dilue ces go\u00fbtes en les noyant d\u2019eau \u00e0 chaque fois, et en priant <i>\u00ab\u00a0Shimassilinou<\/i>\u00a0\u00bb qui est la d\u00e9formation de \u2018<i>Hash\u00e9m Yatsil\u00e9nou\u2019<\/i> qu\u2019on peut traduire par \u2018que Dieu nous sauve et nous garde\u2019. Ce m\u00e9lange (mal\u00e9fique?) de vin dilu\u00e9 est imm\u00e9diatement vers\u00e9 aux toilettes, ensuite on coule dessus un grand seau d\u2019eau pour \u00e9loigner le mauvais sort.<\/b><\/p>\n<p> <b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"266\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Religion\/images\/clip_image018.jpg\" width=\"307\"\/><\/b><\/p>\n<p> <b>La m\u00eame tourn\u00e9e que celle du <i>Draa\u2019<\/i> se r\u00e9p\u00e8te \u00e0 un autre paragraphe o\u00f9 on brandit la <i>Matsa<\/i> que chacun montre \u00e0 toute l\u2019assembl\u00e9e, en chantant <i>\u00ab\u00a0Matsa zou\u2026.<\/i>\u00a0\u00bb<\/b><\/p>\n<p> <b>La 3\u00e9me tourn\u00e9e se fait avec la laitue en disant <i>\u00ab\u00a0Maror z\u00e9\u2026<\/i>.\u00a0\u00bb<\/b><\/p>\n<p> <b>Avec ces sc\u00e8nes audio-visuelles, tout le monde retiendra que <i>Pessah<\/i> est bien la f\u00eate de la d\u00e9livrance par la force divine, du sacrifice du mouton, du pain azyme et des l\u00e9gumes am\u00e8res. <\/b><\/p>\n<p> <b>\u00a0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"250\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Religion\/images\/clip_image020.jpg\" width=\"471\"\/><\/b><\/p>\n<p> <b>Nous avons toujours eu des h\u00f4tes non Tunisiens pour cette nuit de <i>Pessah\u2019.<\/i> Nous recevions des fois des personnes qui n\u2019\u00e9taient pas habitu\u00e9es \u00e0 un <i>Seder<\/i> pareil. Je suis enchant\u00e9, \u00e0 chaque fois, de voir le plaisir qu\u2019ils prennent de participer \u00e0 cette soir\u00e9e et leur gratitude pour l\u2019exp\u00e9rience qu\u2019ils avaient v\u00e9cue.<\/b><\/p>\n<p> <b>Le reste de la c\u00e9r\u00e9monie contient moins de moments \u2018dramatiques\u2019. Il se ressemble un peu dans toutes les communaut\u00e9s et ne pr\u00e9sente, \u00e0 mon avis, presque rien de sp\u00e9cifique, sauf les balades et les pri\u00e8res chant\u00e9es apr\u00e8s la Haggadah. <\/b><\/p>\n<p> <b>Qui n\u2019a pas aim\u00e9 le r\u00e9cit du petit agneau \u00abque mon p\u00e8re m\u2019a achet\u00e9 pour 2 sous? \u00bb ou comme on le chantait en jud\u00e9o-arabe \u00ab<i>Ouah\u2019ed ejdey, ouah\u2019ed ejdey, elli shra li baba bjaouz efflous.\u00bb<\/i><\/b><\/p>\n<p> <b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"147\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Religion\/images\/clip_image022.jpg\" width=\"434\"\/><\/b><\/p>\n<p> <b>J\u2019ai essay\u00e9 de d\u00e9crire ici les traditions tunisiennes que nous pratiquons jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour. Pour les explications et les interpr\u00e9tations des textes et des pri\u00e8res, je recommande la rubrique \u2018La page de Pessah\u2019 sur notre site <i><u>Harissa.com<\/u><\/i>, qui contient plusieurs articles instructifs. <\/b><\/p>\n<p> <b>Je ne peux affirmer que ces sc\u00e8nes se passaient ainsi dans tous les foyers Juifs-tunisiens, et je ne connais pas les origines exactes de toutes nos traditions. Pourtant j\u2019y retrouve toujours ce sentiment, rassurant, d\u2019\u00eatre un maillon dans une cha\u00eene vivante qui a commenc\u00e9 avant nous et\u00a0 qui ne finira pas de si t\u00f4t.<\/b><\/p>\n<p> <b> H\u2019 A G  P E S S A H\u2019  S A M E A H\u2019<\/b><\/p>\n<p> <b><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"345\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Religion\/images\/clip_image024.jpg\" width=\"464\"\/><\/b><\/p>\n<p> <b>Epilogue personnel,<\/b><\/p>\n<p> <b>La seconde nuit\u00a0 n\u2019\u00e9tant pas obligatoire en <i>Isra\u00ebl, <\/i>ma m\u00e8re insistait des fois \u00e0 refaire le <i>S\u00e9d\u00e9r<\/i> ce soir l\u00e0, histoire de finir tout ce qu\u2019elle avait pr\u00e9par\u00e9. J\u2019ai pu alors photographier la c\u00e9r\u00e9monie, pour la post\u00e9rit\u00e9. Les illustrations de ce texte ont \u00e9t\u00e9 prises entre 1993 et 2004. Durant cette p\u00e9riode, 4 des personnes qui y figurent nous ont quitt\u00e9s\u00a0: <\/b><\/p>\n<p> <b>mon fr\u00e8re qui tient le livre du <i> Kiddoush<\/i> (dans la photo de droite on voit ses 3 enfants qui ont pris la rel\u00e8ve), ma m\u00e8re qui brandit le <i>Zroaa\u2019<\/i>, mon beau-fils qui montre la <i> Matsa<\/i> et mon beau-fr\u00e8re qui agite la laitue (<i>Maror<\/i>). Paix \u00e0 leurs \u00e2mes.<\/b><\/p>\n<p> <b>M\u00eame s\u2019ils sont toujours pr\u00e9sents dans notre esprit, leur absence se manifeste surtout dans les r\u00e9unions familiales. En leur m\u00e9moire, j\u2019ai volontairement s\u00e9lectionn\u00e9, de mon album, les photos dans lesquelles on les voit f\u00eater avec nous.<\/b><\/p>\n<p> <b>  A\u2019AMERQEM\u00a0 MA TAA\u2019RFOU\u00a0 DOUNI, <\/b><\/p>\n<p> <b> TSHOUFOU\u00a0 CAN\u00a0 EL FARH\u2019\u00a0 OU ELAA\u2019MAR\u00a0 ETOUIL,\u00a0 <\/b><\/p>\n<p> <b>  A\u2019AM\u00a0 EJJAEY, OUCOUL A\u2019AM<\/b><\/p>\n<p> <b>\u00a0Avraham Bar-Shay (Benattia)  <\/b><\/p>\n<p> <b> <a href=\"mailto:absf@netvision.net.il\"> absf@netvision.net.il<\/a><\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La c\u00e9r\u00e9monie du S\u00e9der, avec son rituel multicolore, s\u2019\u00e9tait enrichie, avec le temps et les rares interactions des communaut\u00e9s d\u2019autrefois, de plusieurs variantes locales. Ces suppl\u00e9ments, combin\u00e9s aux traditions originales, avaient form\u00e9 le patrimoine de chaque communaut\u00e9. Nous les aimons parce qu\u2019ils nous rattachent \u00e0 notre jeunesse, \u00e0 notre famille, \u00e0 notre peuple\u00a0; et nous&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":25741,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[15],"tags":[],"class_list":["post-24960","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-religion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24960","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=24960"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24960\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":28617,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24960\/revisions\/28617"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/25741"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=24960"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=24960"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=24960"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}