{"id":24984,"date":"2026-09-30T00:05:17","date_gmt":"2026-09-30T00:05:17","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=24984"},"modified":"2026-09-30T02:00:46","modified_gmt":"2026-09-30T02:00:46","slug":"rabbi-fradji-chaouat-par-emile-tubiana","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/rabbi-fradji-chaouat-par-emile-tubiana\/","title":{"rendered":"RABBI FRADJI CHAOUAT, par Emile Tubiana"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"testour(tombe rab fradj chaouat.hqx (26137 bytes)\" height=\"285\" src=\"https:\/\/harissa.com\/harissa\/testourtombe_rab_fradj_chaouat.jpg\" width=\"341\"\/><\/p>\n<p><strong>TOMBE RABBI FRAJI CHAOUAT A TESTOUR<\/strong><\/p>\n<p><strong><\/p>\n<p> LE P\u00c8LERINAGE DE REBBI FRAJI DE TESTOUR<\/p>\n<p> INTRODUCTION<\/p>\n<p> Je me souviens des beaux p\u00e8lerinages de Testour, auquels j&rsquo;avais particip\u00e9 avec mes parents et mes cousins et cousines.  Tous les ans on allait au p\u00e8lerinage de Rebbi Fraji Chaouat de B\u00e9ja.  L&rsquo;apper\u00e7u historique se base sur la chanson de geste, chant\u00e9e par les femmes et les hommes des communaut\u00e9s qui participaient aux p\u00e8lerinages, sur les contes de mon p\u00e8re, les r\u00e9cits qu&rsquo;il me transmit de son p\u00e8re et de son grand-p\u00e8re, que je n&rsquo;avais h\u00e9las pas connus, et sur les dires de ma m\u00e8re,de ma grand-m\u00e8re paternelle et de ma grand-m\u00e8re maternelle, ainsi que sur les confirmations vivantes de mon arri\u00e8re-grand-p\u00e8re, de mon arri\u00e8re-grand-m\u00e8re et de son fr\u00e8re, qui \u00e9taient encore vivants quand j&rsquo;\u00e9tais jeune.  A cela s&rsquo;ajoutent mes propres exp\u00e9riences des p\u00e8lerinages auquels j&rsquo;avais particip\u00e9 depuis mon jeune \u00e2ge et les Maassiot (histoires) que nos rabbins nous racontaient lorsque nous \u00e9tions sages au cotab, sans oublier la communaut\u00e9 de ma ville B\u00e9ja, o\u00f9 j&rsquo;ai grandi.\u00a0<\/p>\n<p> Personne ne connaissait le nom du secr\u00e9taire du rabbin, mais vu que je consid\u00e8re son t\u00e9moignage comme une des bases de ce r\u00e9cit, j&rsquo;ai trouv\u00e9 n\u00e9cessaire de donner un nom \u00e0 un homme aussi important.  J&rsquo;ai choisi le nom de Ha\u00ef pour le secr\u00e9taire de Rebbi Fraji, car selon la tradition, une personne qui est pass\u00e9e dans l&rsquo;au-del\u00e0 est toujours vivante et on use ce nom pour se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 elle.  On dit que celui qui sert un tzadik (un juste) devient lui-m\u00eame un juste.  Dans la chanson de geste on parle de la fonction de la personne qui assitait le rabbin comme d&rsquo;un \u00ab\u00a0Gozbar\u00a0\u00bb ce qui veut dire secr\u00e9taire.<\/p>\n<p> Je sais qu&rsquo;il y a d&rsquo;autres versions, toutefois pas b\u00e9jaoises, qui sont l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rentes de la mienne et qui parlent d&rsquo;un serviteur et pas d&rsquo;un secr\u00e9taire ainsi que d&rsquo;une mule et pas d&rsquo;une jument.  De ma part je n&rsquo;ai jamais entendu parler d&rsquo;une mule \u00e0 B\u00e9ja et la chanson de geste confirme la version avec la jument.  Du reste, cela m&rsquo;aurait \u00e9tonn\u00e9 que Rebbi Fraji aurait demand\u00e9 que sont corps soit mis sur un animal crois\u00e9, pas naturel.  Je sais que mon grand-p\u00e8re qui \u00e9tait religieux et croyant ne montait jamais sur une mule.  La plupart des vieux de son \u00e2ge avaient des juments et pas des chevaux.<\/p>\n<p> LA LEGENDE<\/p>\n<p> On raconte que dans le vieux temps Rebbi Fraji Chaouat vivait \u00e0 B\u00e9ja au d\u00e9but du dix- septi\u00e8me si\u00e8cle.  Il \u00e9tait tr\u00e8s pieux et charitable et savait gu\u00e9rir les malades.  La communaut\u00e9 juive de B\u00e9ja, qui le v\u00e9n\u00e9rait pour ses connaissances de la Torah et sa gentillesse exceptionnelle avait mis \u00e0 sa disposition un secr\u00e9taire juif qui s&rsquo;occupait de ses besoins quotidiens.  Ce secr\u00e9taire avait une chambre dans la m\u00eame maison, il n&rsquo;avait qu&rsquo;\u00e0 traverser la cour int\u00e9rieure pour aller chez le rabbin.  Le nom du secr\u00e9taire \u00e9tait Ha\u00ef.  C&rsquo;\u00e9tait un vieux c\u00e9libataire qui avait presque soixante ans lors de la mort de Rebbi Fraji et qui avait servi le charitable et g\u00e9n\u00e9reux rabbin avec grand d\u00e9vouement.\u00a0<br \/> Rebbi Fraji \u00e9tait \u00e9conome et comptait chaque sou, mais quand Ha\u00ef lui faisait ses achats le rabbin tenait \u00e0 rembourser la somme d\u00e9pens\u00e9e en ajoutant toujours une somme pour honorer le secr\u00e9taire.  A chaque fois Ha\u00ef refusait de prendre de l&rsquo;argent, tant il v\u00e9n\u00e9rait le rabbin.  Un jour Rebbi Fraji lui dit:<br \/> &#8211; \u00ab\u00a0Mon cher ami, puisque D&rsquo; t&rsquo;a envoy\u00e9 \u00e0 moi Il s&rsquo;attend de moi que  je sois bon avec toi, car si j&rsquo;aurais \u00e9t\u00e9 seul, que serait-t-il devenu de moi?  Je te prie, si tu veux m&rsquo;aider, ne refuse pas l&rsquo;argent que je te dois pour tes efforts.\u00a0\u00bb  Le s\u00e9cr\u00e9taire prit l&rsquo;argent que lui offrait le rabbin et avant de s&rsquo;\u00e9loigner il lui baisa la main.  A son tour Rebbi Fraji le benit avec ces paroles h\u00e9bra\u00efques en passant la main sur sa t\u00eate:<br \/> &#8211; \u00ab\u00a0Yevarekha Adona\u00ef Veyichmerekha\u00a0\u00bb (Que D&rsquo; te b\u00e9nisse et te garde)  D&rsquo;apr\u00e8s les dires du secr\u00e9taire \u00e0 chaque fois que le rabbin le b\u00e9nissait, il sentait un courant agr\u00e9able qui traversait tout son \u00eatre et le laissait dans un \u00e9tat agr\u00e9able et paisible pour la dur\u00e9e de la journ\u00e9e.\u00a0<\/p>\n<p> Un jour avant de se retirer Ha\u00ef demanda au rabbin s&rsquo;il avait encore besoin de quelque chose.  Rebbi Fraji lui dit:<br \/> &#8211; \u00ab\u00a0Ha\u00ef, que le Seigneur te donne une longue vie, je crois que l\u00e0-haut on m&rsquo;app\u00e8le et je vais tout faire de sorte que le matin je serai lav\u00e9 et habill\u00e9 de ma robe de nuit blanche.  Quand tu rentreras le matin dans ma chambre je serai d\u00e9ja parti, mais ne t&rsquo;inqui\u00e8te de rien, tu n&rsquo;auras rien \u00e0 faire, simplement tu diras aux membres de la communaut\u00e9 juive de B\u00e9ja de mettre mon corps sur ma jument.  Elle connait le chemin vers ma loge finale sur cette terre et l\u00e0 ou elle s&rsquo;arr\u00eatera c&rsquo;est l\u00e0 o\u00f9 il faudra creuser.  Ma tombe doit \u00eatre simple et sans ornement.  Ha\u00ef \u00e9couta son ma\u00eetre, tout \u00e9mu baisa sa main et se retira lentement vers sa chambre ne sachant quoi penser de ce qu&rsquo;il venait d&rsquo;entendre de la bouche du rabbin.<\/p>\n<p> A peine rentr\u00e9 dans sa chambre il se jeta dans son lit et sans m\u00eame avoir enlev\u00e9 ses habits le fid\u00e8le s\u00e9cr\u00e9taire mit sa t\u00eate sur son oreiller et le sommeil l&#8217;emporta.  T\u00f4t le matin il se r\u00e9veilla en sursaut lorsqu&rsquo;il vit les premiers rayons de soleil p\u00e9n\u00e9trer par la fen\u00eatre qui donnait vers la cour.  Ha\u00ef s&rsquo;en voulait de ne pas s&rsquo;\u00eatre r\u00e9veill\u00e9 plus t\u00f4t pour voir le rabbin.  Il fit une rapide toilette et se dirigea vers la chambre du rabbin.<\/p>\n<p> D&rsquo;habitude lorsqu&rsquo;il s&rsquo;approchait de la chambre, le rabbin disait toujours:<br \/> &#8211; \u00ab\u00a0C&rsquo;est toi Ha\u00ef??\u00a0\u00bb  Cette fois-ci il y avait un silence et \u00e0 nouveau il sentit les m\u00eames sensations que lorsque le rabbin le b\u00e9nissait.  Il entra dans la chambre. Il trouva le rabbin allong\u00e9 sur son lit comme s&rsquo;il dormait.  Ha\u00ef ne croyait pas que le rabbin \u00e9tait mort, il s&rsquo;approcha du lit pour voir de plus pr\u00e8s et \u00e0 sa grande surprise le corps du rabbin avait les yeux ferm\u00e9s et semblait plong\u00e9 dans un sommeil \u00e9ternel.  Ha\u00ef mit sa main droite sur les yeux du rabbin et fit \u00ab\u00a0Chema Isra\u00ebl\u00a0\u00bb puis il ferma gentiment la porte pour ne pas faire du bruit et s&#8217;empressa vers la synagogue d&rsquo;Ein Echemech pour alerter les Juifs qui faisaient encore la pri\u00e8re de \u00ab\u00a0chahrit\u00a0\u00bb.  La nouvelle du d\u00e9part du rabbin secoua les pr\u00e9sents, puis tous interrompirent bri\u00e8vement la pri\u00e8re matinale pour \u00e9couter les dires de Ha\u00ef sur la derni\u00e8re volont\u00e9 du rabbin.\u00a0<\/p>\n<p> Apr\u00e8s que la pri\u00e8re matinale fut termin\u00e9e la communaut\u00e9 enti\u00e8re du petit au grand se pr\u00e9cipita vers la maison du rabbin.  Ils prirent le corps du rabbin et le mirent sur sa jument, comme le rabbin l&rsquo;avait voulu.  Ensuite, tous les pr\u00e9sents form\u00e8rent un cort\u00e8ge.  Aussit\u00f4t la jument prit la direction du sud-est et se mit en route.  Elle avan\u00e7a vers ce qui est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;avenue Sidi Frej.  Au fur et \u00e0 mesure qu&rsquo;elle avan\u00e7ait, les membres de la communaut\u00e9 juive la rattrapaient et le cort\u00e8ge s&rsquo;agrandissait.<\/p>\n<p> Dans ce temps-l\u00e0 la Tunisie \u00e9tait gouvern\u00e9e par le Bey qui \u00e9tait nomm\u00e9 par l&rsquo;Empire Ottoman. Sa fonction \u00e9tait comme celle d&rsquo;un gouverneur mais il devait rendre compte au Sultan turc pour les activit\u00e9es quotidiennes et encaisser les imp\u00f4ts des habitants et des commer\u00e7ants.  En g\u00e9n\u00e9ral le bey chargeait son fils ou d\u00e9signait un officier d&rsquo;encaisser les impots.  Il mettait \u00e0 leur disposition des jeunes soldats (des janissaires) que l&#8217;empire lui envoyait.  Le fils du bey ou l&rsquo;officier allait d&rsquo;une r\u00e9gion \u00e0 l&rsquo;autre pour encaisser les imp\u00f4ts et pour cel\u00e0 il campait dans certaines r\u00e9gions.  Dans le cas de cette histoire le campement des soldats du bey \u00e9tait dans la r\u00e9gion du nord.  On appelait ces camps des camps volants.  Quand les imp\u00f4ts \u00e9taient encaiss\u00e9s le fils du bey et ses soldats rentraient avec l&rsquo;argent \u00e0 la r\u00e9sidence du bey \u00e0 Tunis.<br \/> Apr\u00e8s des heures et des heures de marche la jument atteignit un camp volant du Bey.  Le gardien qui \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e du camp leva la main pour arr\u00eater le cort\u00e8ge et d&rsquo;apr\u00e8s les dires de papa, sa main resta en l&rsquo;air et il ne pouvait plus la rabaisser.  La jument avan\u00e7a tranquillement.  La m\u00eame chose qu&rsquo;au gardien arriva \u00e0 l&rsquo;officier qui voulait intervenir.  Les soldats qui voyaient cette sc\u00e8ne \u00e9taient furieux et ne comprenant pas ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9 accoururent pour arr\u00eater et m\u00eame frapper toutes les personnes du cort\u00e8ge.  Ces soldats \u00e0 leur tour s&rsquo;immobilis\u00e8rent devant la jument qui continuait gentiment son chemin dans la direction de Testour, sans souci.\u00a0<br \/> &#8211; \u00ab\u00a0Oh mon Dieu!\u00a0\u00bb disaient les soldats du bey, voyant que tous les bras qui voulaient frapper le saint et ses compagnons \u00e9taient paralys\u00e9s.  Chacun croyait vite intervenir, mais bient\u00f4t ils \u00e9taient plus de cent soldats avec les bras en l&rsquo;air sans pouvoir les bouger.  Le prince alarm\u00e9 par le bruit des soldats sortit de sa tente et voyant ses soldats affol\u00e9s il comprit qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de quelque chose de tr\u00e8s particulier et non pas d&rsquo;une r\u00e9volte ou d&rsquo;une attaque.  Il salua le cort\u00e8ge et demanda aux gens qui accompagnaient la jument:<br \/> &#8211; \u00ab\u00a0Qui est ce mort?\u00a0\u00bb Ha\u00ef, le secr\u00e9taire de Rebbi Fraji avan\u00e7a et se pr\u00e9senta au prince en disant:<br \/> &#8211; \u00ab\u00a0Votre Altesse Beylicale, je suis le s\u00e9cr\u00e9taire de cet honorable rabbin et c&rsquo;est sa derni\u00e8re volont\u00e9 d&rsquo;\u00eatre enterr\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 sa jument s&rsquo;arr\u00eaterait.  Nous suivons justement la jument afin que sa volont\u00e9 soit respect\u00e9e.\u00a0\u00bb  Le prince comprit et s&rsquo;exclama:<br \/> &#8211; \u00ab\u00a0Alors dites-moi que c&rsquo;est un saint!\u00a0\u00bb  Toute la communaut\u00e9 qui n&rsquo;osait pas dire un mot sur Rebbi Fraji fit comme d&rsquo;une seule voix:\u00a0<br \/> &#8211; \u00ab\u00a0Oui, notre prince, c&rsquo;est m\u00eame un grand saint!\u00a0\u00bb<br \/> Le prince se pr\u00e9cipita devant la jument et fit:<br \/> &#8211; \u00ab\u00a0Samahna Ya Sidi Ma Refnachi Karek\u00a0\u00bb (Sire, pardonnez-nous, nous ne connaissions pas votre honneur et grandeur.) Puis il s&rsquo;adressa \u00e0 ses officiers et soldats et leur dit:\u00a0<br \/> &#8211; \u00ab\u00a0Mais vous \u00eates des imb\u00e9ciles, vous ne voyez pas qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;un saint!  Allez, ex\u00e9cutez sa derni\u00e8re volont\u00e9.\u00a0\u00bb  Ensuite il s&rsquo;adressa au rabbin avec ces paroles:<br \/> &#8211; \u00ab\u00a0Ya Sidi, Enouaslouek Bel Tabal ou Bel Zokra Hata Lel Emken\u00a0\u00bb (Sire, nous vous accompagnerons avec le tambour et le biniou jusqu&rsquo;\u00e0 votre endroit.)   Et ainsi tous les soldats se trouv\u00e8rent les mains lib\u00e9r\u00e9es et se joignirent au cort\u00e8ge avec la musique et les tambours.   La jument fid\u00e8le \u00e0 son ma\u00eetre continuait son chemin et arriv\u00e9e \u00e0 Testour, \u00e0 la fin d&rsquo;une rue du village, elle s&rsquo;arr\u00eata et s&rsquo;assit comme une femme fatigu\u00e9e.  Les Juifs et les Arabes qui accompagnaient le rabbin se mirent \u00e0 creuser la tombe selon le rite juif.<br \/> Depuis ce temps, Rebbi Fraji \u00e9tait tr\u00e8s respect\u00e9 par les communaut\u00e9s juive et musulmane de B\u00e9ja.<\/p>\n<p> LE P\u00c8LERINAGE<\/p>\n<p> Depuis la mort du rabbin, tous les ans le p\u00e8lerinage se tenaient \u00e0 Testour aupr\u00e8s de sa tombe. De notre temps, la route avait chang\u00e9 et passait par les montagnes du Monchar et par Medgez-El-Bab.\u00a0<br \/> Notre tradition voulait que chaque ann\u00e9e les Juifs b\u00e9jaois et de toute la r\u00e9gion du nord, jusqu&rsquo;en Alg\u00e9rie allaient \u00e0 pied au p\u00e8lerinage de Rebbi Fraji Chaouat qui \u00e9tait enterr\u00e9 \u00e0 Testour.  Le fait que sa jument avait choisi Testour n&rsquo;\u00e9tait peut-\u00eatre pas un simple hasard.  Aujourd&rsquo;hui on sait que Testour en sum\u00e9rien veut bien dire Terre Sainte.<\/p>\n<p> Chaque ann\u00e9e on se pr\u00e9parait \u00e0 l&rsquo;avance pour ce p\u00e8lerinage, qui se tenait \u00e0 Soukot, la f\u00eate des tabernacles, qui symbolise la vie dans le d\u00e9sert durant l&rsquo;exodus des Isra\u00eblites d&rsquo;Egypte.  L&rsquo;apr\u00e8s- midi du premier jour de Hol-ha-mo\u00ebd toutes les familles juives se groupaient sur l&rsquo;esplanade de l&rsquo;avenue de la R\u00e9publique et chaque famille formait une caravane. Chacune apportaient avec elles des victuailles et un mouton.  Il y avait des familles qui pr\u00e9f\u00e9raient l&rsquo;abattre \u00e0 B\u00e9ja, d&rsquo;autres suivant le rite des sacrifices le prenaient vivant et l&rsquo;abataient \u00e0 Testour.  Les caravanes comptaient quelques centaines de personnes. Elles se formaient devant l&rsquo;ancien Caf\u00e9 Bijaoui d&rsquo;avant guerre. Les caravanes se composaient des membres de chaque famille, et \u00e0 ceux-l\u00e0 se joignaient les voisins ou certains amis qui avaient une m\u00eame affinit\u00e9. Certaines amiti\u00e9s se nouaient juste avant ou pendant les jours du p\u00e8l\u00e9rinage.<\/p>\n<p> Pour nous les enfants c&rsquo;\u00e9tait une grande excursion et aventure.  Chaque famille essayait de tenir les enfants \u00e0 c\u00f4t\u00e9, mais les familles s&rsquo;entre-m\u00ealaient et les parents commen\u00e7aient \u00e0 perdre la patience. Plus d&rsquo;une fois une famille cherchait un de leurs enfants, ou un enfant \u00e9gar\u00e9 cherchait ses parents.  Ces d\u00e9lais retardaient le d\u00e9part de la grande caravane b\u00e9jaoise.<\/p>\n<p> J&rsquo;avais plusieurs fois particip\u00e9 aux p\u00e8l\u00e9rinages.  D&rsquo;ann\u00e9e en ann\u00e9e les amiti\u00e9s changeaient.  C&rsquo;etait ainsi que les familles faisaient la connaissance des enfants, des parents et des grands-parents des autres. Les caravanes commen\u00e7aient la marche d&rsquo;abord vers le stade de football afin de s&rsquo;organiser et de cr\u00e9er des distances entre les grandes familles.  Les vieux de chaque famille \u00e9taient les chefs de file. Ceux-l\u00e0 marchaient devant, en t\u00eate de chaque famille.  Les hommes et les enfants qui pouvaient marcher allaient \u00e0 pied.  Les vieilles femmes montaient sur des charettes ou en cal\u00e8che, certains vieux montaient \u00e0 cheval ou sur les dos des \u00e2nes. Certains louaient des \u00e2nes avec leurs propri\u00e9taires.  Les jeunes hommes de chaque  famille restaient \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re pour prot\u00e9ger les femmes.  Certaines familles \u00e9taient tr\u00e8s grandes.  La caravane du p\u00e8lerinage \u00e9tait si longue qu&rsquo;on ne voyait pas la fin. Presque tout le monde \u00e9tait d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre cousin et cousine, du fait que les mariages entre B\u00e9jaois \u00e9taient fr\u00e9quents. Un jour mon p\u00e8re me disait:<br \/> &#8211; \u00ab\u00a0Si tu veux savoir, tout B\u00e9ja est une seule famille.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p> La route de B\u00e9ja \u00e0 Testour passe par Medjez-El-Bab.  La distance et d&rsquo;approximativement 70 km.  La premi\u00e8re \u00e9tape est de 45km et la deuxi\u00e8me, de Medjez-El-Bab \u00e0 Testour est de 25km.<\/p>\n<p> Les premiers kilom\u00e8tres \u00e9taient les plus agr\u00e9ables.  La route \u00e9tait plus ou moins droite, les jeunes se sentaient les plus forts, un esprit de comp\u00e9tition se cr\u00e9ait parmi eux.  Mais d\u00e8s que l&rsquo;on d\u00e9passait les vieux, nos p\u00e8res nous rappelaient qu&rsquo;il fallait ralentir pour permettre aux femmes et aux vielles personnes de maintenir le rythme avec nous.   Le trajet de B\u00e9ja jusqu&rsquo;\u00e0 Medjez-El-Bab durait jusqu&rsquo;au matin, on allait doucement, on chantaient des chants jud\u00e9o-arabes.\u00a0<\/p>\n<p> Medjez-El-Bab repr\u00e9sentait la premi\u00e8re \u00e9tape et notre caravane de B\u00e9ja \u00e9tait toujours la premi\u00e8re.  On y arrivait t\u00f4t le matin.  On attendait sous les arbres d&rsquo;eucalyptus.  On profitait de cet arr\u00eat pour manger.  Certains tiraient des sandwichs, du pain de maison, des oeufs durs, des olives, d&rsquo;autres des ma&rsquo;akoud ou des plats cuisin\u00e9s, et encore de boulous, des cakes, des bichcoutous et des fruits.  Tout \u00e9tait froid mais bien mangeable, car apr\u00e8s cette longue marche nous avions tous grande faim.  Les enfants sautaient d&rsquo;une famille \u00e0 l&rsquo;autre et se ramenaient avec des friandises que les autres familles leur offraient.  Chaque famille donnait de ses bonnes choses aux autres.<\/p>\n<p> Vers dix heures du matin les premi\u00e8res caravanes de Tunis et d&rsquo;autres villes arrivaient \u00e0 Medjez-El-Bab.  Les caravanes s&rsquo;arr\u00eataient pour se reposer et se d\u00e9barbouiller et retrouvaient les B\u00e9jaois qui les attendaient.  Les arbres d&rsquo;eucalyptus donnaient un ombrage agr\u00e9able aux familles qui se r\u00e9organisaient pour la derni\u00e8re \u00e9tape vers Testour.\u00a0<\/p>\n<p> La caravane de Tunis arrivait toujours avec des musiciens qui jouaient de la Zokra (fl\u00fbte tunisienne ou  biniou), de la Darbouka (un genre de tambour nord africain) et d&rsquo;autres qui jouaient el Oud ouel Ejrana (du luth et du violon).  On continuait ensemble la route jusqu&rsquo;\u00e0 Testour.\u00a0<\/p>\n<p> Quand on arrivait, les habitants de Testour, qui du reste \u00e9taient para\u00eet-il les descendants des Arabes et des Juifs venus ensemble d&rsquo;Andalousie apr\u00e8s la d\u00e9faite arabe en Espagne, nous attendaient avec des youyous.  Chaque famille juive s&rsquo;h\u00e9bergeait dans une maison musulmane.  Les maisons musulmanes \u00e9taient construites autour d&rsquo;une cour qui donnait acc\u00e8s \u00e0 chaque chambre.  Les habitants lib\u00e9raient une ou plusieures chambres et chaque famille juive en prenait une.  Une fois que les familles avaient pris possession temporaire des lieux celles-ci \u00e9taient libres d&rsquo;aller \u00e0 la tombe du saint \u00e0 tout moment.<\/p>\n<p> Les femmes musulmanes pr\u00e9paraient des Jradeks, un genre de pita, (les Tunisois l&rsquo;appellent \u00ab\u00a0Khobz Tabouna\u00a0\u00bb bien connue dans le nord de la Tunisie).  La plupart des Musulmans refusaient le payement pour le logis et pour les Jradeks.  Ma maman avait toujours besoin de beaucoup de temps pour s&rsquo;occupper de la famille avant d&rsquo;aller visiter la tombe.   En attendant, nous les jeunes qui \u00e9tions impatients, nous sortions dehors comme les premiers \u00e9claireurs.  Les rues de Testour \u00e9taient semblables aux rues du quartier arabe de B\u00e9ja.  Nous nous amusions \u00e0 visiter d&rsquo;autres rues sans toutefois perdre de vue la rue de notre domicile temporaire.  A cette occasion on faisait la connaissance de jeunes enfants venus d&rsquo;autres villes, certains nous invitaient chez eux, nous invitions des nouveaux amis chez nous. Ainsi nous gardions nos parents toujours en action.  On passait un jour ou deux \u00e0 Testour, pleins de joie et de gaiet\u00e9.\u00a0<\/p>\n<p> Pour les Juifs du nord de la Tunisie y compris les Juifs de Bone et de Constantine, le p\u00e8lerinage de Testour \u00e9tait aussi important que le p\u00e8lerinage de la Ghriba \u00e0 Djerba est pour les Juifs du sud tunisien.  On dit que l&rsquo;avenue Sidi Frej de B\u00e9ja \u00e9tait au nom de Rebbi Fraji.  Alors, le chemin de Testour passait par le pont Trajan, le cort\u00e8ge de Rebbi Fraji passait par le chemin qui \u00e9tait devenu Sidi Fraj.  Certaines familles faisaient le p\u00e8lerinage de la Ghriba \u00e0 Djerba, du Maarabi pr\u00e8s de Gab\u00e8s et enfin, de Rebbi Fraji \u00e0 Testour.  Les Tunisois avaient aussi leur saint \u00ab\u00a0Rebbi Hai Taieb Lo Met\u00a0\u00bb au vieux cimeti\u00e8re de Tunis.  Son p\u00e8lerinage \u00e9tait tr\u00e8s important pour les Juifs tunisois.<\/p>\n<p> Je me souviens  de notre premi\u00e8re visite \u00e0 la tombe du saint.  Le mausol\u00e9e de Rebbi Fraji \u00e9tait  plein de p\u00e8lerins.  La tombe se trouvait au centre d&rsquo;une grande salle.  Les femmes et les enfants chantaient et faisait des voeux. Puis du coup le corps des musiciens avec les binioux et les tambours jouait des sons qui r\u00e9sonnaient et \u00e9lectrisaient tous ceux qui \u00e9taient pr\u00e9sents, avec le rythme acceler\u00e9 de la chanson de Rebbi Fraji.  \u00ab\u00a0Lah Y Lana, Lah Y Lana Essayed Icoun Ema&rsquo;ana\u00a0\u00bb.  Certains rentraient dans l&rsquo;extase de la dance, certaines femmes suivaient le rythme, jusqu&rsquo;\u00e0 en perdre la t\u00eate.  Dans ce chahut je me souviens aussi du moment o\u00f9 comme un silence de l&rsquo;\u00e2me s&rsquo;accapara de moi et je sentais le rayonnement qui emplissait tout l&rsquo;espace et mon \u00eatre.  C&rsquo;est ainsi que je saisissais la croyance en une force supr\u00eame.  De m\u00eame je comprenais que cette force jaillit d\u00e8s que nous nous trouvons dans la joie.  Dans ces moments, tous les probl\u00e8mes qui nous accablent tous les jours disparaissent.  Les visiteurs donnaient des offrandes sans r\u00e9serve.  Ils apportaient des plateaux de briks, de makroud, de yoyos, des beignets au miel, des manicotti, des drag\u00e9es, des cakes, des boulous, des bichcoutous, etc.  Certains distribuait m\u00eame de l&rsquo;argent.  Une atmosph\u00e8re de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et d&rsquo;une douceur particuli\u00e8re remplissait nos coeurs.  La bont\u00e9 et la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 abondaient.  Nous nous sentions du coup des fr\u00e8res et des soeurs.  Voici ce que les souvenirs des p\u00e8lerinages de Rebbi Fraji r\u00e9veillent en moi et j&rsquo;esp\u00e8re que cette joie se r\u00e9pande sur tous ceux qui lisent ces lignes.<\/p>\n<p> J&rsquo;ai entendu beaucoup d&rsquo;histoires sur les miracles que le p\u00e8lerinage de Rebbi Fraji avait apport\u00e9.  C&rsquo;\u00e9tait devenu une tradition, que celui qui avait un voeu, allait prier sur sa tombe et son voeu \u00e9tait exauc\u00e9.  J&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin d&rsquo;une amie de ma m\u00e8re qui habitait \u00e0 Bone \u00ab\u00a0Anaba\u00a0\u00bb (Alg\u00e9rie)<br \/> et qui n&rsquo;avait pas pu avoir d&rsquo;enfants depuis qu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9tait mari\u00e9e.  Elle \u00e9tait rest\u00e9e treize ans sans enfants.  Ma m\u00e8re l&rsquo;avait invit\u00e9e \u00e0 participer avec nous au p\u00e8lerinage de \u00ab\u00a0Rebbi Fraji\u00a0\u00bb afin de prier pour un enfant.  L&rsquo;ann\u00e9e d&rsquo;apr\u00e8s, elle avait visit\u00e9 avec nous la tombe du saint et neuf mois plus tard elle avait accouch\u00e9 d&rsquo;un gar\u00e7on.  Depuis, chaque ann\u00e9e elle venait au p\u00e8lerinage avec son fils.\u00a0<\/p>\n<p> LA CHANSON DE REBBI FRAJI<\/p>\n<p> \u00c0 travers les \u00e2ges une chanson de geste a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e.  Elle nous a \u00e9t\u00e9 transmise de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration  et refl\u00e8te le c\u00f4t\u00e9 historique du personnage de Rebbi Fraji et du chemin que sa  jument avait choisi.  En toute occasion heureuse on chante cette chanson de joie et qui raffermit la foi des Juifs tunisiens.<\/p>\n<p> Voici la chanson de geste de Rebbi Fraji Chaouat, selon ma m\u00e9moire et la m\u00e9moire des membres de notre ville.  Elle est encore incompl\u00e8te.  Je remercie ceux des lecteurs qui se rappellent d&rsquo;autres versets, de bien vouloir me les transmettre, afin que je puisse les ins\u00e9rer et conserver la chanson compl\u00e8te pour les g\u00e9n\u00e9rations qui viennent.<\/p>\n<p> Lah Y Lana, Lah Y Lana, Ourebi Fraji Machi Ema&rsquo;ana           Lah Y Lana, Lah Y Lana, et Rebbi Fraji marche avec nous<br \/> Yagozbar Eija Kodami Esma Ou Matekhlefchi Klami Secr\u00e9taire, venez devant moi, \u00e9coutez et ne changez pas mes paroles<br \/> Rani Lioum Mkemel Ayami, Ou Machi A&rsquo;nd Rabbi Moulana Aujourd&rsquo;hui-m\u00eame mes jours vont s&rsquo;achever et j&rsquo;irai chez notre Seigneur<\/p>\n<p> Lah Y Lana, Lah Y Lana, Essayed Icoun Ema&rsquo;ana.    Lah Y Lana, Lah Y Lana, le seigneur* sera avec nous<br \/> Erebbi Sala Minha Oujdoudou Za&rsquo;akou Bel Farha,    Le Rabbin a pri\u00e9 Minha et ses anc\u00eatres ont cri\u00e9 de joie<br \/> Oulioum Na&rsquo;amlou Simha Le Sayed Elima&rsquo;na.          Et aujourd&rsquo;hui on fera une f\u00eate pour le seigneur* qui est avec nous.<\/p>\n<p> Lah Y Lana, Lah Y Lana, Ourebi Fraji Ichebet Ema&rsquo;ana          Lah Y Lana, Lah Y Lana, et Rebbi Fraji passera le chabat avec nous<br \/> Zaylet Erebi Mshat Ousebket Jmi El Qahal Alaha Kholtet, La jument du rabbin s&rsquo;avan\u00e7ait et la communaut\u00e9 la rattrapait<br \/> Lah Y Lana, Lah Y Lana, Al Emra El A&rsquo;yana,          Lah Y Lana, Lah Y Lana, pour la femelle fatigu\u00e9e<\/p>\n<p> Lah Y Lana, Lah Y Lana, Ourebi Fraji Machi Ema&rsquo;ana Lah Y Lana, Lah Y Lana, et Rebbi Fraji marche avec nous<br \/> El Assas Qaed Io&rsquo;ss Yebssed Yedou A&rsquo;l Leqfal, Le soldat montait la garde et sa main s&rsquo;est raidie sur la g\u00e2chette<br \/> Qal Oualah Manheb Eno&rsquo;ss Hata Yessarhni Maoulana. Il a dit: \u00ab\u00a0Pour l&rsquo;amour de Dieu, je ne veux plus garder,<br \/> Jusqu&rsquo;\u00e0 ce que ce seigneur* me lib\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p> Lah Y Lana, Lah Y Lana, Essayed Icoun Ema&rsquo;ana. Lah Y Lana, Lah Y Lana, et le seigneur* sera avec nous<br \/> Samahna Ya Sidi Ma Refnachi Karek          \u00ab\u00a0Sire, pardonnez-nous, nous ne connaissions pas votre valeur<br \/> Enouaslouek Bel Tabal ou Bel Zokra, Hata Lel Emken Nous vous accompagnerons avec le tambour et le biniou jusqu&rsquo;\u00e0 votre endroit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p> Lah Y Lana, Lah Y Lana, Ou Rebbi Fraji Ichebet Ema&rsquo;ana Lah Y Lana, Lah Y Lana, et Rebbi Fraji fera le chabat avec nous<br \/> Zayled Erebi Mshat Oosebqet OuJat Fi Qalb Testour Ouberket La jument du Rabbin marchait et devan\u00e7ait.  Elle est arriv\u00e9e au coeur de<br \/> Lah Y Lana, Lah Y Lana, Metlet Emra El A&rsquo;yana, Testour et s&rsquo;est affal\u00e9e<br \/> Lah Y Lana, Lah Y Lana, comme une femme fatigu\u00e9e.<\/p>\n<p> * Rebbi Fraji<\/p>\n<p> Emile Tubiana<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<a href=\"mailto:MIRODIRECT@AOL.COM\">MIRODIRECT@AOL.COM<\/a> <\/strong><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TOMBE RABBI FRAJI CHAOUAT A TESTOUR LE P\u00c8LERINAGE DE REBBI FRAJI DE TESTOUR INTRODUCTION Je me souviens des beaux p\u00e8lerinages de Testour, auquels j&rsquo;avais particip\u00e9 avec mes parents et mes cousins et cousines. Tous les ans on allait au p\u00e8lerinage de Rebbi Fraji Chaouat de B\u00e9ja. L&rsquo;apper\u00e7u historique se base sur la chanson de geste,&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":25757,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[15],"tags":[],"class_list":["post-24984","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-religion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24984","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=24984"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24984\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":28640,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24984\/revisions\/28640"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/25757"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=24984"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=24984"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=24984"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}