{"id":25014,"date":"2026-09-30T00:05:26","date_gmt":"2026-09-30T00:05:26","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=25014"},"modified":"2026-09-30T02:01:07","modified_gmt":"2026-09-30T02:01:07","slug":"rebi-miyer-et-rebi-chimyone-par-albert-simeoni","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/rebi-miyer-et-rebi-chimyone-par-albert-simeoni\/","title":{"rendered":"REBI MIYER et REBI CHIMYONE, par Albert Simeoni"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p><b>Chez nous, nous honorions Rebi Chimyone.<\/p>\n<p> Chaque famille juive avait sa fa\u00e7on de respecter la f\u00eate de son saint patron.<\/p>\n<p> Deux jours avant la tradition &lsquo;\u00e9l \u00e2\u00e2d\u00e9&rsquo;, mon p\u00e8re nous apportait des bandes de papiers en petites coupures, en nombre et couleur unie, d&rsquo;environ 15 cm de long sur trois centim\u00e8tres de large. Il nous les posait sur la table en tas bien rang\u00e9s et nous indiquait la marche \u00e0 suivre pour en faire des petits anneaux qui mis bout \u00e0 bout donner naissance \u00e0 de cours serpentins entrelac\u00e9s les uns aux autres, qui se transformaient plus tard en longs rubans.<\/p>\n<p> Il \u00e9tait tr\u00e8s attentif sur la marche \u00e0 suivre, surveillait du coin de l&rsquo;\u0153il notre progression et ne voulait surtout que nous nous ne trompions d&rsquo;ordre; une bande rouge, une bande verte, une bande rose etc\u2026.Il pr\u00e9parait sa colle sp\u00e9ciale, de l&rsquo;eau avec de la farine tandis que nous d\u00e9barrassions la table avant de commencer notre tache. Avec soin.<\/p>\n<p> Nous imbibions, par la mixture, une extr\u00e9mit\u00e9 de la pelure avec l&rsquo;autre et le tour \u00e9tait jou\u00e9. Puis \u00e0 mesure que nous entrelacions nos petits ronds, mon p\u00e8re nous indiquait la longueur \u00e0 respecter environ quatre m\u00e8tres, pas plus. Juste les longueurs des deux diagonales des deux chambres \u00e0 orner. De coin \u00e0 coin.<\/p>\n<p> Nous avions ainsi une quinzaine de &lsquo;merguez&rsquo; en papier multicolore que nous posions avec soin sur le lit. Quant tous les rubans \u00e9taient pr\u00eats, mon p\u00e8re se chargeait de les faire passer par le lustre et de clouer l\u00e9g\u00e8rement les extr\u00e9mit\u00e9s du ruban aux coins des chambres. Ainsi elles \u00e9taient toutes enguirland\u00e9es par ces colliers sans parfum mais agr\u00e9ables \u00e0 la vue. Il rehaussait le lustre avec un d\u00e9cor fait de sa propre main, toujours en papier enroul\u00e9..<\/p>\n<p> La soir\u00e9e de la f\u00eate, ma maman nous habillait de neuf, et nous remettait des bougies garnies par un bouquet de fleurs nou\u00e9 au tronc, que nous avions pr\u00e9alablement pr\u00e9par\u00e9 avec des \u0153illets et roses de l&rsquo;Ariana.<\/p>\n<p> Vers les 20 heures de ce fameux soir, nous cheminions vers la &lsquo;choule&rsquo;, \u00e0 la queue leu leu, avec nos cierges allum\u00e9s depuis la sortie de la maison. Nous abritions des fois la flamme du vent avec nos mains, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re abri, afin qu&rsquo;elles ne s&rsquo;\u00e9teignent pas. Nous parions des fois entre nous, les fr\u00e8res, pour la garder ainsi longtemps allum\u00e9e.<\/p>\n<p> Sur place, une odeur acre de bougies nous titillait les narines , d\u00e9s que nous franchissions le seuil de la syna de l&rsquo;H\u00f4pital. Tous nos amis et voisins \u00e9taient l\u00e0. Les femmes \u00e9taient &lsquo;mkartine&rsquo; ( foulard\u00e8es) assises sous les v\u00e9tustes lambris de la &lsquo;choule&rsquo;. Chaque famille avait sa f\u00e9ki\u00e8 (un m\u00e9lange de pignons, raisins secs, noix d\u00e9cortiques, &lsquo;boufrewa&rsquo; ( noisettes) etc\u2026 bref toute sorte de fruits secs. Ces derniers seront \u00e9chang\u00e9s entre les familles une fois la &lsquo;s\u00e9houda&rsquo; termin\u00e9e. Avant la sortie.<\/p>\n<p> Mon p\u00e8re avait pris l&rsquo;habitude d&rsquo;impr\u00e9gner nos paupi\u00e8res par son index tremp\u00e9 dans l&rsquo;huile sainte du &lsquo;marabi&rsquo;. Un geste que nous redoutions \u00e0 chaque f\u00eate. Souvent, l&rsquo;un de nous, voulant \u00e9chapper \u00e0 ce rituel, se cachait dans une encoignure de la syna, c&rsquo;\u00e9tait sans compter avec mon papa qui le prenait par surprise\u2026<\/p>\n<p> Le Rabin se devait de faire la pri\u00e8re ad\u00e9quate du vin ou de la boukha pour chaque famille qui lui en donnait l&rsquo;occasion, les verres, remplis \u00e0 ras le bord, faisaient ainsi le tour des l\u00e8vres.<\/p>\n<p> Une fois, nos bougies pos\u00e9es sur un grand plateau gorg\u00e9 de sable, nous levions le si\u00e8ge tandis que le bedeau, sans attendre la fin de l&rsquo;allumage de nos cierges, les prenait pour les d\u00e9poser dans son grand couffin. Enfin c&rsquo;\u00e9tait le bedeau. La s\u00e9ance se terminait une fois nos v\u0153ux et souhaits accomplis. Je demandais souvent que mes parents aient une longue vie. C&rsquo;est pour cela d&rsquo;ailleurs que mon p\u00e8re est mort jeune.<br \/> Une fois notre obole enfil\u00e9e dans une caisse \u00e0 r\u00e9sonance, pos\u00e9e \u00e0 cet effet, nous quittions la maison de D ieu, rass\u00e9r\u00e9n\u00e9s.<\/p>\n<p> ANECDOTES\u2026.<\/p>\n<p> Il \u00e9tait d&rsquo;usage vers le midi du lendemain de la \u00ab\u00a0ziarra&rsquo;, que des familles offraient aux voisins et amis un d\u00e9jeuner copieux parfois frugal suivant leur situation. Les rabbins avaient leur fid\u00e8le client\u00e8le. Il fallait obligatoirement la pr\u00e9sence d&rsquo;un &lsquo;mini\u00e8n&rsquo; ( dix hommes ) pour chanter les pri\u00e8res r\u00e9serv\u00e9es au saint\u2026connu\u2026\u2026.Bar Yohai\u2026<\/p>\n<p> Parfois, quand il en manquait un pour compl\u00e9ter &lsquo;la sc\u00e8ne&rsquo;, l&rsquo;un de nous, se rendait dans les caf\u00e9s avoisinants pour chercher le manquant qui souvent se d\u00e9sistait et continuait sa belote plut\u00f4t que de venir faire la mitvah.<br \/> Il nous disait..<\/p>\n<p> &lsquo; A\u00e2m\u00e8l kif m\u00e8 cheft&rsquo;nich..&rsquo; ( Fais comme si tu ne m&rsquo;as pas vu)<\/p>\n<p> Et je lui r\u00e9pondais..<\/p>\n<p> &lsquo; F\u00e9mm\u00e8 rabi k\u00e2\u00e2d i chouffik..&rsquo; ( Il y \u00e0 Dieu qui te regarde)<\/p>\n<p> Il me toisait pour me dire &lsquo; In yadin rad\u00e8k..) Juron.<\/p>\n<p> La table \u00e9tait souvent garnie de f\u00e8ves au cumin, bien fumant, de divers salades souvent coup\u00e9es en rondelles tels que navets crus (left), carottes bouillies ( mzourra) ratatouilles de tomates et de piments ( makbouba) de courgettes ( \u00e2\u00e2jlouk) pommes de terre cuites, coup\u00e9es en quartier et assaisonn\u00e9es de poivre, radis ronds, raiforts frais etc\u2026.. Plusieurs petits plats \u00e0 fond creux remplis de &lsquo;f\u00e9ki\u00e8e&rsquo; de toutes sortes, quelques lames de &lsquo;adam hout&rsquo; bien dor\u00e9es accompagnaient la smala v\u00e9g\u00e9tale. On trouvait aussi bien souvent des brikhs frites farcies aux pommes, fricass\u00e9s, quelques macarons de pizza faits maison, des toasts garnis de thon ou de hachis de poulet. La ma\u00eetresse de maison y ajoutait souvent une touche finale \u00e0 sa &lsquo;pka\u00efla&rsquo; et akoud. Un vrai d\u00e9lice servit modestement. La boukha et le vin Bokobza \u00e9tait de mise et coulaient harmonieusement dans nos intestins, sans chichi. Une ambiance conviviale r\u00e9gnait dans ses courtes joutes. Un cand\u00e9labre \u00e0 7 branches tr\u00f4nait au centre de la &lsquo;mid\u00e8h&rsquo;. Les conversations allaient bon train. Pendant le Bar Yo Hai.<\/p>\n<p> Parfois on critiquait le rabbin sur la lenteur de sa pri\u00e8re..<\/p>\n<p> -&lsquo;Chnou\u00e8 y\u00e8 r\u00e9bbi\u2026! Ech&rsquo;biy\u00e8 tw\u00e9ll\u00e8t \u00e8l hark\u00e8 \u00e9l \u00e2\u00e2m \u00e9hd\u00e8..\u2026?&rsquo;<br \/> (Eh rabbin comment se fait il que l&rsquo;affaire ( pri\u00e8re) s&rsquo;est prolong\u00e9e cette ann\u00e9e\u2026?&rsquo;<br \/> -&lsquo;Kh\u00e8llini n\u00e9kh&rsquo;d\u00e8m \u00e2\u00e2lla rouhi \u2026!Chmat\u2026!&rsquo;<br \/> (Laisse moi travailler\u2026.! Tas entendu\u2026!&rsquo;)<br \/> -&lsquo;M\u00e8nn\u00e9 khadm\u00e8\u2026!&rsquo;<br \/> (Dr\u00f4le de travail..!&rsquo;)<\/p>\n<p> Vers la fin, la maman nous offrait des g\u00e2teries orientales faites maison, souvent tr\u00e8s appr\u00e9ciables, &lsquo;manicotes&rsquo;, brikhs au miel en forme de cigare \u2026ou a en forme de losange, toujours farcies de p\u00e2te d&rsquo;amandes. Un r\u00e9gal &lsquo;palaitaire&rsquo;. Princier.<\/p>\n<p> Les d\u00e9munis s&rsquo;invitaient, d\u00e9s qu&rsquo;ils apprenaient que telle ou telle famille proc\u00e9dait \u00e0 une &lsquo;s\u00e9houda maison&rsquo;. Ils venaient souvent avec un couffin. Une fois la collation termin\u00e9e, ils empiffraient le couffin de tous les restes \u00e9miett\u00e9s qu&rsquo;ils trouvaient sur la table, un peu comme les glaneuses, ch\u00e8res \u00e0 MILLET\u2026La bagatelle \u00e9tait mise dans un d\u00e9sordre indescriptible. Parfois, les sauces, m\u00eal\u00e9es au miel, coulaient par le fond de leur couffin, laissant une coulante sal\u00e9e et douce rouge\u00e2tre sur le carrelage.<\/p>\n<p> Y\u00e8 Hassra\u2026..! A\u00e2lla \u00e9k\u00e8l wakt ehd\u00e8KKK\u2026EL M\u00e8ji\u00e8nnnnnnEEEEE\u2026.Chikh\u00e8\u2026<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\":)\" height=\"15\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/clipart\/happy.gif\" width=\"15\"\/> ): ): ): ): 5 sourires. <\/b><\/p>\n<p><b>ALBERT SIMEONI <\/b> <\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chez nous, nous honorions Rebi Chimyone. Chaque famille juive avait sa fa\u00e7on de respecter la f\u00eate de son saint patron. Deux jours avant la tradition &lsquo;\u00e9l \u00e2\u00e2d\u00e9&rsquo;, mon p\u00e8re nous apportait des bandes de papiers en petites coupures, en nombre et couleur unie, d&rsquo;environ 15 cm de long sur trois centim\u00e8tres de large. Il nous&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":23294,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[15],"tags":[],"class_list":["post-25014","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-religion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25014","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=25014"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25014\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":28669,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25014\/revisions\/28669"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23294"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25014"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=25014"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=25014"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}