{"id":2506,"date":"2015-10-01T00:29:42","date_gmt":"2015-10-01T00:29:42","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2506"},"modified":"2015-10-01T00:59:59","modified_gmt":"2015-10-01T00:59:59","slug":"le-boukhoukhou-ou-lunivers-fantastique-de-lea-par-mustapha-chelbi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/le-boukhoukhou-ou-lunivers-fantastique-de-lea-par-mustapha-chelbi\/","title":{"rendered":"Le Boukhoukhou ou l\u2019univers fantastique de LEA, par Mustapha Chelbi"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe Boukhoukhou&nbsp;ou l&rsquo;univers fantastique de LEA<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOn peut refaire le monde &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;un mot, d&rsquo;une musique, d&rsquo;un po&egrave;me ou d&rsquo;un tableau. Chacun d&rsquo;entre nous a des obsessions ; avec toutefois, une&nbsp;esp&egrave;ce de puissance d&eacute;miurgique &agrave; g&eacute;rer le &laquo; d&eacute;lire int&eacute;rieur &raquo; joliment nomm&eacute; par L&eacute;a : BOUKHOUKHOU&hellip;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe Boukhoukhou&nbsp;ou l&rsquo;univers fantastique de LEA<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOn peut refaire le monde &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;un mot, d&rsquo;une musique, d&rsquo;un po&egrave;me ou d&rsquo;un tableau. Chacun d&rsquo;entre nous a des obsessions ; avec toutefois, une&nbsp;esp&egrave;ce de puissance d&eacute;miurgique &agrave; g&eacute;rer le &laquo; d&eacute;lire int&eacute;rieur &raquo; joliment nomm&eacute; par L&eacute;a : BOUKHOUKHOU&hellip;<\/p>\n<p>\n\tR&ecirc;ve d&rsquo;enfant qui se perp&eacute;tue &agrave; l&rsquo;&acirc;ge adulte, en projections utopiques et virtuelles, comme une sorte d&rsquo;alliance avec le sacr&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tOn devient ainsi le passeur de son propre Ego &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;&eacute;nergies profondes venant du chaos originel prenant le dessus sur tout ce que l&rsquo;on a b&acirc;ti de&nbsp;raisonnable.L&rsquo;univers pictural de L&eacute;a exprime la complexit&eacute; de nos rapports avec l&rsquo;amour, le sexe, l&rsquo;autre,soi&hellip;D&eacute;sordre rythm&eacute;s de visions et de&nbsp;r&ecirc;ves, anarchie balis&eacute;e de personnages fantastiques et hideux.<\/p>\n<p>\n\tChagall, Tobiasse, Raya Sorkine, Matta et Halimi no sont pas loin de cet enchantement total orchestr&eacute; par L&eacute;a&hellip;<\/p>\n<p>\n\tLa rencontre entre l&rsquo;art et L&eacute;a provoque un v&eacute;ritable s&eacute;isme entre l&rsquo;id&eacute;e de peindre et le projet de la repr&eacute;sentation : en effet il ne s&rsquo;agit plus de&nbsp;peindre la nature telle qu&rsquo;elle est en faisant de la toile le miroir sublim&eacute; de la r&eacute;alit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tD&eacute;sormais l&rsquo;objet de la peinture est autre puisque L&eacute;a s&rsquo;assigne pour but de lib&eacute;rer son imaginaire et de s&rsquo;inscrire dans le trajet ardent d&rsquo;une&nbsp;explosion cosmique engendrant une spirale onirique n&rsquo;ayant ni but , ni origine.<\/p>\n<p>\n\tErrance proph&eacute;tique dans le d&eacute;sert de la parole d&rsquo;avant l&rsquo;invention du langage : discours &agrave; l&rsquo;&eacute;tat brut comme le r&ecirc;vaient Dubuffet et Chaissac.<\/p>\n<p>\n\tL&eacute;a est claire &agrave; ce sujet : &laquo; quand je m&rsquo;installe devant la toile blanche, je ne sais ni comment la commencer, ni comment la finir&hellip;parfois, je&nbsp;commence &agrave; peindre un personnage ayant les traits d&rsquo;une femme et qui deviendra au fur et &agrave; mesure de sa conception un homme, de m&ecirc;me je peux&nbsp;peindre un clochard qui se transformera en prince&hellip;<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est pour dire qui rien ne d&eacute;termine ma libert&eacute; de peindre sinon la peinture elle-m&ecirc;me. C&rsquo;est la toile qui commande son destin&hellip;Je suis l&agrave; pour aider&nbsp;&agrave; venir quelque chose qui vient du plus profond de moi et que j&rsquo;appelle : &laquo; Boukhoukhou &raquo;.<\/p>\n<p>\n\tTelle Sh&eacute;h&eacute;razade, L&eacute;a s&rsquo;installe devant la toile et se met &agrave; raconter l&rsquo;univers romanesque dont elle est porteuse en prenant la pr&eacute;caution de mettre&nbsp;en &eacute;vidence l&rsquo;originalit&eacute; et la richesse de chaque personnage.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUN ART BRUT RAFFINE<\/p>\n<p>\n\tPo&egrave;te et plasticienne, femme de lettres et de l&rsquo;&ecirc;tre, peintre et sculpteur, L&eacute;a bouillonne de cr&eacute;ativit&eacute;s et d&rsquo;id&eacute;es nouvelles.<\/p>\n<p>\n\tJe m&rsquo;&eacute;tonne qu&rsquo;&agrave; ce jour et malgr&eacute; son travail consid&eacute;rable elle reste peu connue sur la sc&egrave;ne culturelle tunisienne et souhaite que dans un proche&nbsp;avenir on lui rende l&rsquo;hommage qu&rsquo;elle m&eacute;rite.<\/p>\n<p>\n\tDans une incroyable et &eacute;poustouflante profusion de couleurs elle met en sc&egrave;ne sur la toile les symboles mythiques de Tunisie : la main, les cinq&nbsp;doigts, l&rsquo;oeil et le poisson. Parall&egrave;lement &agrave; ses toiles, elle pratique la sculpture sur papier m&acirc;ch&eacute; et ne m&acirc;che pas ses mots.<\/p>\n<p>\n\tElle pratique un art brut fantastique et c&rsquo;est probablement cette singularit&eacute; qui la rapproche de notre compatriote Richard Halimi.<\/p>\n<p>\n\tM&ecirc;me si on ressent &ccedil;a et l&agrave; des parent&eacute;s avec Chaissac, Matta ou Halimi, son univers pictural est propre &agrave; elle et porte son identit&eacute; et les signes&nbsp;&eacute;vidents de sa riche personnalit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tSa peinture se d&eacute;ploie comme une histoire sans fin &agrave; l&rsquo;image de la com&eacute;die humaine prenant parfois l&rsquo;allure comique d&rsquo;un cirque, d&rsquo;un dessin anim&eacute;&nbsp;ou d&#39;une BD&hellip;<\/p>\n<p>\n\tL&eacute;a ne nous laisse pas insensibles, elle nous porte, nous emporte et nous transporte avec all&eacute;gresse vers son univers de r&ecirc;ve qui fait fi de la&nbsp;r&eacute;alit&eacute;&hellip;<\/p>\n<p>\n\tIl y a dans son univers quelque chose de vernaculaire qui rappelle Chaibiya et Beya&hellip;M&eacute;moire berb&egrave;re du Maghreb enfin c&eacute;l&eacute;br&eacute;e !<\/p>\n<p>\n\tLes anges et les d&eacute;mons survolant les toits de la m&eacute;dina s&rsquo;imbriquent les uns dans les autres comme dans les contes des mille et une nuits.<\/p>\n<p>\n\tDessin dans le dessin, histoire dans une histoire, personnage dans un personnage&hellip;Peuple imaginaire qui s&rsquo;invente sans cesse et qui s&rsquo;accorde le&nbsp;bonheur d&rsquo;exister m&ecirc;me s&rsquo;il est condamn&eacute; &agrave; l&rsquo;exil et &agrave; l&rsquo;errance.<\/p>\n<p>\n\tL&eacute;a est pr&eacute;sente dans ce qu&rsquo;elle peint . Elle rappelle souvent qu&rsquo;elle ne sait pas dessiner , et c&rsquo;est tant mieux, car c&rsquo;est de cette fa&ccedil;on qu&rsquo;elle a pu&nbsp;mettre en &eacute;vidence son propre dessin&hellip;N&rsquo;est-ce pas l&agrave; le sens et l&rsquo;essence de l&rsquo;art brut ?<\/p>\n<p>\n\tBien s&ucirc;r qu&rsquo;elle a &eacute;t&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;cole, au lyc&eacute;e, &agrave; l&rsquo;Universit&eacute;, en Sorbonne ; Bien s&ucirc;r qu&rsquo;elle a plein de dipl&ocirc;mes et de titres ; mais ce qui fait sa force et sa&nbsp;v&eacute;rit&eacute; c&rsquo;est qu&rsquo;en peinture elle affirme sa culture populaire en jetant par-dessus bord toutes les r&eacute;f&eacute;rences acad&eacute;miques.<\/p>\n<p>\n\tElle ne s&rsquo;embarrasse pas de dogmes ou d&rsquo;id&eacute;ologies.<\/p>\n<p>\n\tLa peinture doit couler de source comme du h&eacute;nn&eacute; sur la main , de la merdouma dans les cheveux et du harkous sur le visage .<\/p>\n<p>\n\tElle peint comme elle respire, comme elle cuisine, comme elle chante et comme elle danse.<\/p>\n<p>\n\tL&eacute;a lib&egrave;re les forces de l&rsquo;imaginaire v&eacute;hiculant ainsi une nouvelle fa&ccedil;on de lire et d&rsquo;&eacute;crire le discours pictural de Tunisie.<\/p>\n<p>\n\tSes personnages sortent d&rsquo;elle pour aller vers la toile puis sortent de ses peintures pour devenir des sculptures : double naissance et double m&eacute;tamorphose&hellip;<\/p>\n<p>\n\tHommes, femmes, enfants,animaux,&ecirc;tres &eacute;tranges,monstres et f&eacute;es circulent librement dans ce Big Bazar&hellip;Il r&egrave;gne entre les personnages de L&eacute;a&nbsp;une sorte de fraternit&eacute; subjective leur donnant un air de parent&eacute; malgr&eacute; leur spectaculaire diff&eacute;rence : c&rsquo;est ici m&ecirc;me qu&rsquo;on se trouve face au g&eacute;nie&nbsp;de L&eacute;a :c&rsquo;est la diff&eacute;rence qui fait la richesse du monde.<\/p>\n<p>\n\tChaque individu apporte, gr&acirc;ce &agrave; ses diff&eacute;rences, plus de saveur &agrave; la collectivit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tDans les tableaux de L&eacute;a personne ne ressemble &agrave; personne et pourtant chaque &eacute;l&eacute;ment du tavbleau contribue &agrave; l&rsquo;harmonie de l&rsquo;ensemble&hellip;<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est la magie de L&eacute;a qui en a d&eacute;cid&eacute; &hellip;<\/p>\n<p>\n\tElle est la souveraine d&rsquo;un univers fantastique qu&rsquo;elle explore avec bonheur et spontan&eacute;it&eacute; pour en pr&eacute;server la fraicheur et l&rsquo;innocence&hellip;<\/p>\n<p>\n\tQu&rsquo;il en soit ainsi.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMustapha Chelbi<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Le Boukhoukhou&nbsp;ou l&rsquo;univers fantastique de LEA &nbsp; &nbsp; &nbsp; On peut refaire le monde &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;un mot, d&rsquo;une musique, d&rsquo;un po&egrave;me ou d&rsquo;un tableau. Chacun d&rsquo;entre nous a des obsessions ; avec toutefois, une&nbsp;esp&egrave;ce de puissance d&eacute;miurgique &agrave; g&eacute;rer le &laquo; d&eacute;lire int&eacute;rieur &raquo; joliment nomm&eacute; par L&eacute;a : BOUKHOUKHOU&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16149,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[98,9,1,54],"tags":[],"class_list":["post-2506","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-peinture","category-tunisie","category-uncategorized","category-united-nations"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2506","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2506"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2506\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16149"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2506"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2506"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2506"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}