{"id":2512,"date":"2014-09-24T01:57:20","date_gmt":"2014-09-24T01:57:20","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2512"},"modified":"2014-09-23T22:00:28","modified_gmt":"2014-09-23T22:00:28","slug":"emmanuel-levinas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/emmanuel-levinas\/","title":{"rendered":"Emmanuel Levinas"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h3>\n\tEmmanuel Levinas<\/h3>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h3>\n\tEmmanuel Levinas<\/h3>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPhilosophe fran&ccedil;ais, Emmanuel Levinas est n&eacute; le 12 janvier 1906 &agrave; Knovo (Lituanie).<br \/>\n\tSon enfance est marqu&eacute;e par la culture russe et v&eacute;cue selon le &quot;rythme de la vie juive&quot;. Les &eacute;tudes secondaires se feront en Lituanie et en Russie. En 1923, c&#39;est le d&eacute;part pour la France et l&#39;installation &agrave; Strasbourg o&ugrave; il commence des &eacute;tudes de philosophie et rencontre Maurice Blanchot.<br \/>\n\tLa d&eacute;couverte philosophique fondamentale est celle d&#39;Edmund Husserl et de la ph&eacute;nom&eacute;nologie o&ugrave; se pr&eacute;sentent de &quot;nouvelles possibilit&eacute;s de penser&quot;. Sa th&egrave;se universitaire, r&eacute;dig&eacute;e &agrave; vingt-quatre ans et publi&eacute;e en 1930, porte sur <i>La Th&eacute;orie de l&#39;intuition dans la ph&eacute;nom&eacute;nologie de Husserl<\/i>. Emmanuel Levinas reviendra constamment sur l&#39;oeuvre de Husserl, soit pour en d&eacute;gager les limites afin d&#39;indiquer ce qui serait au-del&agrave; de la ph&eacute;nom&eacute;nologie, soit, au contraire, pour marquer comment tel th&egrave;me husserlien suppose ou conduit &agrave; la transcendance.<br \/>\n\tEn 1928-29, il se rend d&#39;ailleurs &agrave; Fribourg-en-Brisgau pour suivre les cours de Husserl. Mais c&#39;est alors la pens&eacute;e de Martin Heidegger qu&#39;il d&eacute;couvre. Malgr&eacute; l&#39;engagement politique de Heidegger, qui ne sera certes jamais oubli&eacute;, et malgr&eacute; l&#39;&eacute;volution de la pens&eacute;e heidegg&eacute;rienne qu&#39;il d&eacute;noncera comme mythologie et paganisme, Levinas insistera toujours sur l&#39;&eacute;blouissement que lui fut la lecture de <i>&Ecirc;tre et temps<\/i>. L&#39;interpr&eacute;tation critique de Heidegger traverse toute son oeuvre.<br \/>\n\tEmmanuel Levinas entre dans l&#39;administration de l&#39;oeuvre scolaire de l&#39;Alliance isra&eacute;lite universelle. En 1936, il publie le texte <i>De l&#39;&eacute;vasion<\/i> (r&eacute;&eacute;dit&eacute; en 1982). Lorsque survient la Seconde Guerre mondiale, Levinas, naturalis&eacute; fran&ccedil;ais en 1930, sera mobilis&eacute;. Fait prisonnier, l&#39;uniforme fran&ccedil;ais le prot&eacute;gera et il passera la guerre dans un camp de captivit&eacute; allemand. Les nazis extermineront une partie de sa famille.<br \/>\n\tEn 1947, il publie <i>De l&#39;existence &agrave; l&#39;existant<\/i> et donne au Coll&egrave;ge philosophique de Jean Wahl des conf&eacute;rences republi&eacute;es en 1979 sous le titre <i>Le Temps et l&#39;Autre<\/i>. En 1949 para&icirc;t <i>En d&eacute;couvrant l&#39;existence avec Husserl et Heidegger<\/i>, ouvrage augment&eacute; jusqu&#39;&agrave; l&#39;&eacute;dition de 1982 d&#39;essais importants pour la compr&eacute;hension de sa pens&eacute;e. C&#39;est &eacute;galement durant ces ann&eacute;es qu&#39;il rencontre Chouchani, aupr&egrave;s duquel il commence l&#39;&eacute;tude du Talmud.<br \/>\n\tEn 1957, il donne sa premi&egrave;re conf&eacute;rence sur les textes talmudiques. Elle sera publi&eacute;e dans <i>Difficile libert&eacute;: Essais sur le juda&iuml;sme<\/i> (1963). Viendront ensuite, pour ce qui est de cette dimension de la pens&eacute;e levinassienne, <i>Quatre lectures talmudiques<\/i> (1968), <i>Du sacr&eacute; au saint<\/i> (1977), <i>L&#39;Au-del&agrave; du verset<\/i> (1982) et <i>&Agrave; l&#39;heure des nations<\/i> (1988).<br \/>\n\tEn 1961 est publi&eacute; <i>Totalit&eacute; et Infini: Essai sur l&#39;ext&eacute;riorit&eacute;<\/i>, qui est au centre de l&#39;oeuvre d&#39;Emmanuel Levinas. Il s&#39;agit d&#39;abord d&#39;une critique de la &quot;totalit&eacute;&quot;, et du projet philosophique de penser et d&#39;effectuer la totalit&eacute; dans une synth&egrave;se universelle sans reste qui, d&#39;une part, nie l&#39;individu et, d&#39;autre part, rend toute ext&eacute;riorit&eacute; impossible. Contre cette &quot;pens&eacute;e aboslue&quot; (Levinas songe &agrave; Hegel), le livre cherche &agrave; d&eacute;crire ce qui va au-del&agrave; de la totalit&eacute;: le rapport &agrave; autrui dans un espace asym&eacute;trique qui interdit &agrave; une conscience de le surplomber pour le lier synth&eacute;tiquement, l&#39;alt&eacute;rit&eacute; inenglobable d&#39;autrui ou encore l&#39;id&eacute;e de l&#39;Infini en moi.<br \/>\n\tEmmanuel Levinas est alors professeur &agrave; l&#39;universit&eacute; de Poitiers, puis, de 1967 &agrave; 1973, &agrave; Nanterre. Il enseigne ensuite, jusqu&#39;&agrave; sa retraite en 1976, &agrave; la Sorbonne, o&ugrave; jusqu&#39;en 1984 il continue &agrave; tenir un s&eacute;minaire qui porte le plus souvent sur des th&egrave;mes husserliens. <i>Autrement qu&#39;&ecirc;tre ou au-del&agrave; de l&#39;essence<\/i>, que l&#39;on peut consid&eacute;rer comme son oeuvre majeure, para&icirc;t en 1974.<br \/>\n\tLa pens&eacute;e d&#39;Emmanuel levinas se pr&eacute;sente comme une pens&eacute;e de l&#39;alt&eacute;rit&eacute;, de la transcendance et de l&#39;&eacute;thique. L&#39;alt&eacute;rit&eacute; est d&#39;abord celle d&#39;autrui. Elle ne tient pas &agrave; quelque diff&eacute;rence de qualit&eacute;s, toujours relative, ni &agrave; la position spatiale qui fait que je suis ici et l&#39;autre l&agrave;-bas. Il faut dire qu&#39;autrui est absolument autre, d&#39;une alt&eacute;rit&eacute; qui &eacute;chappe &agrave; toute identification. L&#39;alt&eacute;rit&eacute; est aussi celle de Dieu. D&egrave;s lors, l&#39;Autre est, comme tel, inassimilable; il demeure essentiellement ext&eacute;rieur, il est s&eacute;par&eacute;: transcendant. Cette transcendance cependant se signifie &agrave; nous comme telle: c&#39;est, par exemple, le sens de l&#39;id&eacute;e d&#39;Infini, th&egrave;me que Levinas reprend de Descartes.<br \/>\n\tL&#39;id&eacute;e d&#39;Infini en moi est une exception car elle est la seule id&eacute;e ne pouvant &ecirc;tre form&eacute;e par le sujet de cette id&eacute;e. Elle accomplit ce paradoxe d&#39;&ecirc;tre en moi sans pouvoir &ecirc;tre contenue par moi. L&#39;id&eacute;e d&#39;Infini se pr&eacute;sente n&eacute;cessairement &agrave; moi comme venant de l&#39;Autre. Enfin, et surtout, cette pens&eacute;e est une &eacute;thique, ant&eacute;rieure &agrave; toute ontologie. D&#39;embl&eacute;e je suis face &agrave; autrui, au &quot;visage&quot; qui est exposition de la mis&egrave;re d&#39;autrui, de son &ecirc;tre-sans-d&eacute;fense. Autrui est un appel. D&egrave;s lors, le visage (qui, d&eacute;bordant sa propre forme plastique, est langage) me commande une non-indiff&eacute;rence envers autrui dont je suis responsable sans r&eacute;serve. Cette obligation est la trace du passage de Dieu. On retrouve ces th&egrave;mes, et quelques autres, dans le recueil <i>De Dieu qui vient &agrave; l&#39;id&eacute;e<\/i> (1982).<br \/>\n\tEmmanuel Levinas est mort &agrave; Paris le 25 d&eacute;cembre 1995, &agrave; l&#39;&acirc;ge de 89 ans.<\/p>\n<address class=\"copyright\">\n\tCopyright &copy; <a href=\"http:\/\/dafina.net\/gazette\/node\/add\/jacques-colleony.php\" title=\"Auteur\">Jacques Colleony<\/a> \/ <a href=\"http:\/\/www.republique-des-lettres.fr\/\">La R&eacute;publique des Lettres<\/a><\/address>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Emmanuel Levinas &nbsp; &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16152,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[271,10,23,412,136,44,169,1],"tags":[],"class_list":["post-2512","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-emmanuel-levinas","category-france","category-litterature","category-lituanie","category-maurice","category-russie","category-strasbourg","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2512","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2512"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2512\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16152"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2512"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2512"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2512"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}